- il y a 4 heures
Avec :
- Alice Belfer — Directrice de l’hôtel Baudelaire Opéra à Paris.
- Thibault Fleury — DG chez Efficience et président de Kerea
- Fabienne Broucaret — Directrice éditoriale de Courrier Cadres et Rebondir,
- Michel Khoury — Influenceur, conférencier et expert en personal branding.
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##TETE_TAF-2026-10-18##
- Alice Belfer — Directrice de l’hôtel Baudelaire Opéra à Paris.
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, la tête dans le taf, Didier Meyran, avec Kerea, l'expert des solutions de prévention en entreprise.
00:08Le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver, les prisonniers du boulot font pas de vieux
00:22sourds.
00:25Bonjour, bonjour à toutes, bonjour à tous, je suis très heureux de vous retrouver pour la tête dans le taf
00:29sur Sud Radio comme chaque week-end.
00:32Et puis vous nous accompagnez sur vos réseaux sociaux en partageant, en republiant des sujets qui touchent au travail.
00:39Vous savez bien ce travail qui nous entête, ce travail qui nous prend la tête, comme diraient les plus jeunes,
00:45et ce travail qui parfois nous fait grandir ou qui, pour l'assumer, peut-être juste utile pour remplir son
00:52chariot de course,
00:53pour parler de travail. Aujourd'hui je reçois Alice Belfer, qui est directrice d'un hôtel à Paris, l'hôtel
01:01Baudelaire Opéra.
01:03Bonjour Alice.
01:03Bonjour.
01:04Et vous nous parlerez de l'hôtellerie, du marché de l'emploi dans le secteur de l'hôtellerie et des
01:09personnes en situation de handicap dans ce secteur.
01:13Et puis nous retrouverons Thibaut Fleury pour sa cornique Bosson-Futé, il sera question de prévention de santé au travail.
01:19Nous retrouverons Fabienne Brocarré, qui est directrice des rédactions de Courrier-Cadre et de Rebondir pour sa chronique My Happy
01:28Job.
01:29Et nous verrons si les conditions de travail ont vraiment changé, si on travaille mieux.
01:35Et nous rejoindrons Michel Coury, qui est influenceur, conférencier, expérant, personal branding.
01:41Et il nous parlera de la culpabilité au travail.
01:45Mais pour le moment, faisons connaissance avec Alice Belfer, directrice de l'hôtel Baudelaire Opéra à Paris.
01:53Cet hôtel où a résidé Baudelaire.
01:56Tout à fait.
01:57Alors, il y est resté combien de temps ?
01:59Un mois et demi, donc pas très longtemps.
02:00Et nous ne savons pas dans quelle chambre tellement de clients voudraient le savoir.
02:04Mais j'imagine que son histoire, trône, flamme...
02:11Oui, je pense qu'il a laissé son empreinte.
02:13Il y a une empreinte ?
02:14Oui, il est encore là.
02:15On a beaucoup de gens qui viennent pour écrire.
02:17Donc il semblerait que ça anime un certain côté artistique chez nos clients,
02:23et chez nos réceptionnistes, et chez tout le monde en fait.
02:25Alors, ce n'était pas prévu comme question, donc ne prenez pas peur.
02:29Si je vous demandais de nous citer Baudelaire, vous choisiriez quoi ?
02:34Je ne m'en souviens plus. J'en ai trop. J'ai adoré l'Albatros.
02:37J'aime beaucoup sa poésie, et j'aime bien le personnage,
02:41parce que c'était un révolutionnaire pour son époque.
02:44Sa maman ne voulait garder le contact avec lui.
02:47Son beau-père faisait le frein entre lui et sa maman.
02:50D'ailleurs, il a écrit un courrier de l'hôtel qui demandait à sa maman
02:52soit de venir le voir, soit de lui donner de l'argent.
02:55L'histoire ne dit pas ce qui s'est passé.
02:57L'histoire ne dit pas ce qui s'est passé, mais c'était un révolutionnaire.
03:00Et dans le moment où nous nous parlons, nous ne sommes pas très loin
03:03de ces journées de très forte mobilisation dans les rues de Paris,
03:06les rues où il y a votre hôtel, avec ces jeunes qui revendiquent aussi,
03:10peut-être, une nouvelle ère, parfois même, pourquoi pas, être révolutionnaire.
03:16On a entendu parler de 1968 cette année.
03:18Comment vous regardez ces manifestations publiques,
03:22ces jeunes qui revendiquent, vous, qui êtes à la tête d'un hôtel dans Paris ?
03:27Je pense que c'est une bonne chose de manifester, surtout quand on a les convictions
03:31et d'avoir les actions qui vont dans le même sens que les convictions.
03:36Et je suis moi-même étudiante, et donc j'ai dû louper des cours.
03:39À côté de votre poste de DG, vous reprenez des études ?
03:42Oui, c'est ça. Il y a eu un blocus dans ma faculté,
03:44donc je n'ai pas eu cours, ni hier, ni aujourd'hui.
03:47Donc vous les soutenez ? Vous trouvez que ces revendications sont légitimes ?
03:50Je comprends les vraies revendications, mais je ne revendique pas moi-même
03:54parce que j'ai mon entreprise à gérer,
03:56donc je ne vais pas au blocus avec mes comparses étudiants.
04:0040% de personnes en situation de handicap dans l'entreprise, chez vous, pourquoi ?
04:09Par principe d'éthique, par nécessité morale,
04:13pour dormir sur mes deux oreilles,
04:15par envie de montrer que c'est possible.
04:18D'ailleurs, ce n'est même plus une histoire de est-ce que c'est possible,
04:21c'est juste normal chez nous.
04:23Et parce que je pense que la compensation est quelque chose qui est important
04:28pour permettre aux gens de voir le travail comme un moyen d'émancipation,
04:32ce que le travail devrait être.
04:34Qu'est-ce que c'est la compensation ?
04:35La compensation dans l'emploi, c'est faire en sorte que les gens
04:39qui ont des différences ou un handicap ne soient pas empêchés de travailler
04:44en raison de cet handicap.
04:46Et donc, on a des outils pour compenser les différences de manière de travailler.
04:50Par exemple, si vous avez mal au poignet,
04:52que vous ne pouvez pas vous servir de votre main correctement,
04:55vous avez des souris qui sont différentes,
04:57qui vous permettent d'utiliser les mêmes outils que les autres,
05:00mais avec des instruments différents.
05:02Là, vous parlez d'adaptation des postes,
05:04de voir d'abbonomie.
05:06Comment on fait avec des personnes en situation de handicap psychique ?
05:09Est-ce que vous y êtes confrontée ?
05:10Oui.
05:12Alors nous, on a un mode de fonctionnement qui n'est peut-être pas très usuel.
05:16C'est que je demande toujours, par exemple, aux nouvelles recrues
05:20qui viennent chez nous, quelles sont leurs aspirations.
05:22Déjà, comment est-ce qu'ils voient le travail ?
05:23Qu'est-ce qu'ils ont envie d'en faire ?
05:25Et je leur demande toujours comment ils voient leur travail dans les premiers jours.
05:30Déjà parce que c'est un point de vue extérieur,
05:32donc c'est très important.
05:33Et aussi parce que quand vous êtes comme moi,
05:35et que ça fait très longtemps que vous êtes dans cette branche d'activité,
05:37vous avez besoin du point de vue extérieur.
05:40Et ça permet aussi d'adapter des choses
05:43que nous, on voit comme étant évidentes,
05:45mais qui, en réalité, peuvent poser problème aux nouveaux arrivants.
05:49Donc, je vous donne la question typique que je pose toujours dans les entretiens,
05:52c'est est-ce que tu es plus du matin ou est-ce que tu es plus de l'imprimidi
05:55?
05:55Le tu est réglementaire.
05:57Chez nous, on a tendance à se tutoyer très facilement.
05:59Je vous propose de retrouver Thibaut pour sa chronique Bosson-Futé
06:03pour nous parler justement du service de prévention et de santé au travail.
06:08Bonjour Thibaut.
06:09Bonjour Didier.
06:10Avec Alice Belfer, nous parlons de handicap et de santé au travail.
06:15Quel rôle joue cet acteur mal connu
06:18qu'est le service de prévention et de santé au travail ?
06:22Et en fait, cet acteur, il aide à adapter le poste et à préserver l'emploi.
06:27Mais son rôle commence bien avant les difficultés.
06:30On le connaît encore sous le nom de médecine du travail.
06:33Pour beaucoup de salariés, c'est une visite.
06:35Pour certains employeurs, juste une cotisation.
06:38Et pour quelques-uns, une cotisation pour une visite.
06:40Mais la visite médicale, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt.
06:43Le service aide l'entreprise à réduire les risques
06:46et à éviter qu'un problème de santé vous fasse perdre votre emploi.
06:50Bref, à améliorer les conditions de travail.
06:51Alors concrètement, qu'est-ce qu'une entreprise peut lui demander
06:55à ce service de prévention et de santé au travail ?
06:58Vos salariés ont mal au dos.
07:00L'atelier est bruyant.
07:01L'équipe n'arrive plus à faire face à la charge de travail.
07:05Le service vous aide à comprendre et à trouver des solutions concrètes.
07:08Un plan de travail à la bonne hauteur.
07:10Des équipements moins bruyants.
07:12Alice l'a dit tout à l'heure.
07:13Peut-être une souris adaptée à son problème de poignet.
07:16L'objectif, évaluer les risques et agir avant que surviennent les douleurs,
07:20les accidents ou les arrêts.
07:21Alors du côté des salariés, que faut-il attendre de sa prochaine visite
07:26lorsque l'on peut rencontrer le médecin du travail ?
07:29Peut-être qu'il ne faut pas attendre sa prochaine visite,
07:31mais la déclencher directement si vous avez besoin de voir le médecin.
07:35Vous n'avez pas besoin d'avoir l'autorisation de votre employeur.
07:38Le médecin peut vous proposer des adaptations du poste ou des horaires
07:42si vous avez une douleur persistante, un épuisement, une maladie
07:45ou un handicap qui complique votre travail.
07:47Donc parlez-en et cela permettra de préparer votre retour après un arrêt.
07:53Selon le ministère du Travail, plus de 850 000 préconisations d'aménagement de poste
07:58ont été formulées en 2024.
08:00L'objectif, travailler sans y laisser sa santé.
08:03Et le secret médical s'applique.
08:05L'employeur reçoit les préconisations, pas votre diagnostic.
08:09On peut donc venir commander ces jours de télétravail ?
08:15Dire, voilà, moi je voudrais 2-3 jours de télétravail ?
08:18On peut en parler, mais ce n'est pas un supermarché.
08:21Bonjour docteur, je voudrais 2 jours de télétravail.
08:23Et puis côté employeur, pas davantage.
08:25Ce salarié, je n'arrive plus à le gérer.
08:27Vous pourriez me le déclarer inapte ?
08:29On vient exposer une difficulté, pas commander la conclusion.
08:33Le télétravail peut être utile quand la santé le justifie.
08:36L'inaptitude peut être nécessaire lorsque le poste ne peut pas être adapté
08:39et que la santé impose d'en changer.
08:42Cela repose toujours sur une évaluation médicale.
08:45Parfois le problème peut venir du management.
08:47Oui, alors si l'organisation ou les relations de travail abîment la santé,
08:51le service peut écouter, alerter et conseiller.
08:54Mais il ne remplacera jamais ni le manager, ni l'ERH, ni l'inspection du travail.
08:59Si les priorités changent 3 fois par jour, il faudra peut-être revoir l'organisation.
09:03Quel est le réflexe bosson-futé de la semaine ?
09:06Il est simple, communiquez, employeur ou salarié,
09:09parlez à votre service de prévention de vos difficultés, mais aussi de vos projets.
09:14Il est là pour vous conseiller et vous accompagner.
09:17Bref, n'attendez pas d'être dans l'impasse pour engager la conversation.
09:21Merci Thibault Fleury.
09:23Nous retrouvons votre chronique comme chaque semaine sur le site Bosson-Futé.
09:28Alice Belfer est avec nous.
09:30Elle est directrice de l'hôtel Baudelaire Opéra.
09:33Évidemment, ce n'est pas une grande chaîne d'hôtellerie.
09:36Vous ne représentez pas un gros groupe.
09:38C'était très intéressant de le dire parce que c'est aussi les ruisseaux qui font les grands fleuves en
09:45termes d'exemplarité
09:46et particulièrement sur cette question des travailleurs et des salariés en situation de handicap dans l'entreprise.
09:54Est-ce que vous revendiquez que votre modèle, il faudrait qu'il soit plus essaimé ?
10:00Alors, je le montre à d'autres hôteliers qui se posent la question.
10:03J'en parle assez souvent.
10:07Je pense que le meilleur moyen de s'en rendre compte, en fait, c'est de venir dans mon hôtel.
10:11Et ce que vous remarquerez, c'est qu'il n'y a aucune différence.
10:14C'est vraiment si simple que ça, c'est qu'on ne peut pas voir.
10:17C'est vrai que j'ai beaucoup de personnes qui ont un handicap invisible,
10:20ce qui, je pense, est parfois très dur par rapport à un handicap visible.
10:25Enfin, tous les handicaps présentent une certaine difficulté ou non.
10:29C'est une différence, en tout cas.
10:31Mais ce n'est pas remarquable quand vous arrivez dans mon hôtel.
10:37Et l'exemplarité, je pense, c'est surtout de montrer aux hôtels, aux cafés, aux restaurants
10:44et à tout le monde, en général, que le handicap ne représente pas une différence,
10:50n'est pas visible et ne change rien à la qualité de la prestation qu'on attend
10:54et des capacités que peuvent présenter les salariés.
10:58Parfois, même, les fragilités, si on peut dire qu'une personne en situation de handicap
11:02a des fragilités différentes qu'une autre,
11:04parfois, ces fragilités-là, elles deviennent aussi des forces
11:08et des failles où passe la lumière pour éclairer avec d'autres compétences
11:13qu'on n'aurait peut-être pas eues autrement.
11:14Une sacrée force, même.
11:17On a eu le cas d'une personne qui était autiste à la réception.
11:21Et c'est vrai qu'à la réception, la personne ne s'y plaisait pas.
11:25J'avais besoin d'aide en comptabilité.
11:27Je n'ai jamais eu une comptabilité aussi bien tenue.
11:30Voilà.
11:31Donc, je pense que, dépendant...
11:32En fait, il n'y a pas de médecin possible.
11:34Il y a juste des situations de poste adaptées.
11:37Ou alors, à trouver un autre lieu où la personne pourra s'épanouir pleinement.
11:42On s'interrompt quelques minutes.
11:44Puis, on se retrouve tout de suite après pour la suite de La Tête dans le taf sur Sud Radio.
11:47Il sera question du travail.
11:49Est-ce qu'on travaille mieux aujourd'hui ?
11:51Nous en parlerons avec Fabienne Broucarré pour sa chronique My Happy Job.
11:55Et puis, la culpabilité au travail.
11:57Nous en parlerons avec Michel Coury, un expert en personal branding et une star sur LinkedIn.
12:03À tout de suite.
12:05Sud Radio, la tête dans le taf.
12:08Didier Meyran.
12:09Avec Keréa, l'expert des solutions de prévention en entreprise.
12:12Le travail, c'est la santé.
12:17Rien de faire, c'est la conserver.
12:21Les prisonniers des bourreaux font pas de vieux os.
12:30Et on vous souhaite à tous de faire de vieux os au travail ou à la maison.
12:35En tout cas, nous nous parlons du travail dans le secteur de l'hôtellerie.
12:38Et je reçois Alice Belfer qui dirige l'hôtel Baudelaire à Paris.
12:43Un petit hôtel mais qui fait exemplarité.
12:45C'est pour ça qu'elle est mon invitée aujourd'hui.
12:4740% des personnes qui travaillent dans cet établissement sont des personnes en situation de handicap.
12:53Le secteur de l'hôtellerie à Alice Belfer, c'est pourtant un secteur où il est difficile de recruter.
12:59On parle de pénurie de compétences parce qu'on associe à ce travail beaucoup de pénibilité et des grandes marges
13:07horaires.
13:08C'est vrai, tout à fait.
13:09Et raison de plus pour aller diversifier le recrutement et aller dans les missions locales et dans des endroits qui
13:17sont un peu différents.
13:19Par exemple, le recrutement, quand je rencontre des gens qui sont intéressants et je vois de l'énergie ou par
13:24exemple, je vais au restaurant et je suis extrêmement bien servie.
13:27Je parle toujours de mon hôtel pour voir s'il y a la possibilité de venir travailler chez moi.
13:31En fait, c'est un recrutement que vous pouvez faire en rencontrant les gens.
13:35Le métier s'apprend.
13:36Et j'aime bien d'ailleurs généralement avoir des personnes qui n'ont pas forcément d'expérience pour pouvoir leur
13:41montrer notre manière de travailler et leur partager avec eux notre esprit de maison.
13:47Et quelle est la compétence, le métier qui est le plus difficile à recruter dans le secteur de l'hôtellerie
13:53?
13:55Est-ce qu'il y a une pénurie de compétences qui est spécifique sur des métiers comme les femmes de
14:01chambre ?
14:02Femmes de chambre, je pense que c'est un métier de réception, tout à fait.
14:05Il y a une vraie demande.
14:06Oui, oui, et puis ce sont des métiers de support pour nous.
14:09Nous, nous avons certains services qui sont externalisés parce que nous sommes petits, nous n'avons pas de service juridique,
14:14de service comptable complètement dédié.
14:16Donc oui, ce sont des positions qui sont parfois dures, pour lesquelles il est parfois dur de trouver des compétences.
14:23Est-ce que vous pensez qu'on travaille différemment aujourd'hui, qu'on travaillait dans votre métier il y a
14:30quelques années ?
14:30Il y a eu quand même des efforts de l'adaptation.
14:34Alors, il y a eu quand même des efforts de l'adaptabilité.
14:37Est-ce que les choses ont bougé ?
14:39Oui, les choses ont énormément bougé.
14:41Au lendemain du Covid, parce qu'on avait 180 000 travailleurs qui manquaient à la profession quand le Covid s
14:48'est terminé.
14:49Et certaines choses ont bougé.
14:51Par exemple, la revalorisation très importante des salaires, qui est une bonne chose.
14:56Et les conditions de travail, par exemple, je pense au restaurant où la coupure n'est pas présente maintenant.
15:00Enfin, ce n'est plus automatique quand vous travaillez en restauration de faire la coupure.
15:05Et en hôtellerie, oui, nous, enfin, en fait, on peut améliorer les conditions de travail.
15:12On peut les améliorer en changeant les plages horaires, en étant plus souples, en n'imposant pas de travailler le
15:16week-end ou tous les week-ends,
15:17en mettant des appareils qui permettent de nettoyer les chambres beaucoup plus facilement.
15:22Je pense aux lèvres-lits pour soulever les lits qui sont bas, parce que ça occasionne des lombalgies.
15:27Je pense aux fixes à couettes pour mettre les couettes plus facilement.
15:31Il y a une quantité de choses, oui.
15:32Tout un dispositif, lorsqu'on en a la volonté, qui permet d'adapter l'environnement de travail pour travailler mieux,
15:38et peut-être travailler mieux qu'il y a quelques années.
15:41Et nous retrouvons, pour en parler, Fabienne Broucaret. Bonjour.
15:44Bonjour, Didier.
15:44Je rappelle que vous êtes directrice éditoriale des magazines Courrier-Cadre et Rebondir.
15:48Rebondir. Est-ce que l'on travaille mieux aujourd'hui qu'il y a quelques années ?
15:53Eh bien oui, Didier. C'est ce que montre une grande étude publiée en septembre dernier par la DARES.
15:57Elle compare nos conditions de travail entre 2016 et 2024.
16:00Il y a de quoi se réjouir pour une fois.
16:02Pour la première fois depuis les années 1980, l'intensité du travail recule.
16:06En 2016, 43% des salariés étaient soumis à au moins trois contraintes en termes de rythme.
16:12Ils sont aujourd'hui 38%.
16:13Et l'amélioration ne concerne pas seulement les cadences.
16:16Les relations avec les collègues et la hiérarchie sont meilleures.
16:18L'isolement recule et les exigences émotionnelles également.
16:22Donc contrairement à ce que l'on entend parfois, non, tout ne va pas toujours plus mal dans le monde
16:26du travail.
16:27Est-ce qu'on peut considérer, sans être abusivement optimiste, que c'est une bonne nouvelle ?
16:33Oui, mais je dirais que cette moyenne, ce qui était un petit peu embêtant,
16:36c'est qu'elle cache quand même un tableau qui est beaucoup plus contrasté.
16:39Parce que tout le monde ne profite pas de cette amélioration de la même façon.
16:42Les employés peu qualifiés, par exemple, voient au contraire leur situation, eux, se dégrader.
16:47Leur travail s'intensifie, leur autonomie recule et ils sont davantage exposés aux comportements hostiles.
16:52Et les contraintes physiques restent très fortes.
16:54Elles concernent quand même 74% des ouvriers peu qualifiés contre seulement 8% des cadres.
16:59Et il y a aussi des écarts entre les hommes et les femmes.
17:01Les femmes sont davantage confrontées à la pression temporelle, à la surcharge,
17:05mais aussi aux exigences émotionnelles.
17:07Autrement dit, parler des conditions de travail comme d'un ensemble homogène,
17:11c'est presque un petit peu trompeur.
17:13Selon votre métier, votre qualification et votre genre,
17:15vous ne vivez pas du tout la même situation au quotidien.
17:18Et il y a un chiffre qui résume bien, je trouve, cette fragilité.
17:2141% des salariés pensent qu'ils ne pourront pas faire le même travail jusqu'à leur retraite.
17:26Alors, est-ce qu'on peut, au-delà de ces chiffres,
17:29considérer que les salariés restent fiers de leur travail et de leur appartenance à leurs compétences ?
17:37Oui, et c'est important.
17:3882% des salariés disent éprouver souvent ou toujours la fierté du travail bien fait.
17:43C'est quand même 10 points de plus qu'en 2016.
17:46Mais, car il y a forcément un mai,
17:47un salarié sur 4 estime ne pas avoir assez de temps pour faire son travail correctement.
17:52C'est ce qu'on appelle la qualité empêchée.
17:53En gros, vous savez exactement comment vous devriez faire votre travail.
17:57Vous avez envie de bien le faire,
17:58mais vous n'avez pas le temps, pas les moyens, pas les effectifs
18:01et parfois pas l'autonomie nécessaire pour bien le réaliser.
18:03Le travail peut être une source d'accomplissement,
18:05mais aussi de souffrance quand on ne peut pas le faire selon ses propres critères de qualité,
18:09en bref, comme on estime qu'on devrait le faire.
18:12Et ça, ça peut non seulement être extrêmement frustrant,
18:14mais ça peut aussi devenir un facteur important de risques psychosociaux.
18:17Donc finalement, Didier, oui, le travail va globalement un peu mieux,
18:21mais pas pour tout le monde et pas toujours dans des conditions qui permettent de bien le réaliser,
18:25voire encore mieux, qui permettent de se réaliser.
18:27Merci Fabienne Brocarré.
18:29Je rappelle que vous dirigez les magazines Rebondir et Courrier de Cadre.
18:34On retrouve votre chronique sur le site My Happy Job.
18:40Alice Belfer, vous êtes toujours avec nous,
18:43directrice de l'hôtel Baudelaire Opéra.
18:45Une exemplarité, je le disais, 40% des personnes qui travaillent dans cet hôtel sont en situation de handicap,
18:53et même de handicap psychique parfois.
18:55C'est plus difficile parce qu'il s'agit de handicap invisible.
18:58Comment est-ce que vous regardez la question de la santé mentale de vos collaborateurs ?
19:02Elle est extrêmement importante.
19:05Elle est capitale.
19:06Quand vous n'allez pas bien et que vous avez des difficultés psychiques,
19:11le travail s'en ressent et je pense que ça alourdit les conditions de travail.
19:16C'est quelque chose qui est important.
19:18On discute souvent de manière informelle dans mon hôtel pour vérifier que tout va bien
19:23et sans forcément croiser les lignes entre employeurs et salariés,
19:28mais on a des conversations assez faciles.
19:30Je pense que le fait d'en parler tous les jours et de se voir et de vérifier que ça
19:34va bien
19:35permet d'éviter des situations d'épuisement professionnel et surtout de difficultés.
19:41C'est une question de management, de se dire comment tu vas et qu'est-ce que je peux faire
19:45aujourd'hui
19:46si ça ne va pas avec toi.
19:48C'est une question de management, de se parler, d'être ensemble dans le champ, le périmètre du travail.
19:54C'est surtout que ça rend le travail beaucoup plus agréable.
19:58C'est comme ça que je vois les choses.
20:00Lorsque vous vous échouez, puisque comme dirigeante, j'imagine que vous êtes faillible,
20:05parfois vous vous êtes dit « mince, là j'ai raté quelque chose »,
20:07est-ce que vous vous sentez coupable, vous avez envie de recommencer,
20:11vous vous dites « mince, j'ai mal fait » ?
20:13Ou est-ce que vous vous dites « c'était un exercice et la prochaine fois je ferai mieux »
20:15?
20:16Je ne vois jamais les difficultés mentales comme étant un possible exercice pour moi.
20:21Je vois vraiment, j'essaie de me dire que j'ai fait au mieux,
20:24mais généralement quand je sens que la situation ne va pas mieux,
20:27de toute façon mes salariés savent qu'ils peuvent toujours aller au service santé au travail
20:31et on leur propose d'ailleurs, et je leur rappelle que c'est quelque chose qui est ouvert pour eux
20:36et que je n'ai pas à savoir s'ils y vont ou pas.
20:38Ils peuvent solliciter des rendez-vous.
20:39Je vous propose de retrouver Michel Coury pour sa chronique « Prends ta place dans le boulot »
20:45et justement, nous parlons de la culpabilité de l'entrepreneur.
20:49Bonjour Michel.
20:51Bonjour.
20:52Coupable quand il travaille, coupable quand il s'arrête.
20:57Vrai dilemme pour l'entrepreneur aussi, pour le chef d'entreprise.
21:01On est bien d'accord.
21:02Bonjour à toutes et à tous.
21:03C'est ça le problème.
21:05Il travaille le samedi, il est coupable vis-à-vis de ses enfants.
21:09Il va au spectacle de sa fille ou de son fils, il est coupable vis-à-vis de son entreprise.
21:13Il part en vacances, il est coupable vis-à-vis de son équipe.
21:17Il n'y a pas un seul endroit où il est tranquille.
21:20À la maison, il pense au travail.
21:21Au travail, il pense à la maison.
21:23Et personne ne lui dit jamais « Là, tu as assez fait ».
21:27C'est comme si c'était toujours plus.
21:29Alors d'où vient-elle cette culpabilité ?
21:32Elle vient du fait que personne ne lui met une limite.
21:35Un salarié a des horaires, une fin de journée, des congés posés.
21:39L'entrepreneur, lui, n'a rien de tout ça.
21:42Alors il n'a jamais la preuve qu'il en a assez fait.
21:45Il y a autre chose.
21:46Il se sent responsable de tout le monde.
21:48Des salaires à verser, des clients à satisfaire, de sa famille à faire vivre.
21:52Il porte tout.
21:54Et quand on porte tout, le moindre temps d'arrêt ressemble à une faute.
21:57Et ce n'est pas une faute, c'est de la respiration.
22:00Alors concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire ?
22:02Qu'est-ce que pourrait faire le chef d'entreprise pour éviter de vivre avec cette culpabilité ?
22:07Alors posez des limites vous-même, lui-même.
22:12Une heure de fin, un jour sans travail.
22:14S'il ne les pose pas, personne ne le fera pour lui.
22:18En deuxième, je dirais le soir, il faut qu'ils écrivent ce qu'ils ont fait dans la journée.
22:24Parce qu'il reste toujours des choses à faire.
22:27La culpabilité, il regarde toujours ce qui manque.
22:30Mais regarder ce qui est fait, c'est tout à fait important.
22:33En fait, il ne se félicite jamais.
22:35Et enfin, à tous les entrepreneurs, quand vous êtes avec vos proches,
22:40soyez vraiment avec le téléphone posé.
22:4220 minutes vraiment présent, va mieux que 3 heures à Moachella.
22:46Alors, le mot de la fin pour votre chronique,
22:51pour sortir les chefs d'entreprise et les entrepreneurs de la culpabilité.
22:55Alors, s'ils nous écoutent, et je pense qu'il y en a beaucoup,
22:57vous n'êtes pas un mauvais parent parce que vous travaillez,
23:00et vous n'êtes pas un mauvais patron parce que vous vous reposez.
23:04Vous êtes quelqu'un qui porte beaucoup et qui a le droit de se poser un petit peu.
23:09Qui a le droit de se poser un petit peu, comme chacun d'entre nous.
23:12Michel Coury, merci. On retrouve votre chronique « Prends ta place dans le boulot ».
23:17Et c'est aussi un peu le titre de votre livre « Prends ta place ».
23:20Alice Belfer, pour terminer, si vous étiez demain présidente de la République, vous feriez quoi ?
23:26C'est un grand rôle.
23:30J'essaierais de faire en sorte qu'il y ait plus de dialogue social,
23:34pour une dichotomie moins franche entre les employeurs et les salariés.
23:39J'essaierais d'améliorer la protection sociale et de mettre plus d'équité.
23:45Favoriser le dialogue social, favoriser le dialogue entre les employeurs et les salariés,
23:49si je vous comprends bien.
23:50Merci Alice Belfer.
23:52On a quelque peu senti les vers de Baudelaire en trame de fond.
23:58Et puis, une fois n'est pas coutume,
24:00le livre « Bleu, blanc, rouge de la santé mentale » sort chez Herman ces jours-ci.
24:04C'est un grand travail collectif, il est aussi question de travail.
24:08Eh bien, allez-y.
24:08Le livre « Bleu, blanc, rouge de la santé mentale » dans toutes les librairies de France.
24:13Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne semaine.
24:16À très vite.
24:16Merci.
24:17Kérea, l'expert des solutions de prévention en entreprise, vous a présenté
24:21Sud Radio, la tête dans le taf, Didier Meyran.