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00:00Europe 1 matin, 6h, 9h, Maëlle Laurent
00:05Dimanche 18 octobre, il est 8h30 à la une de l'actualité, la mairie de Limoges brûlée, l'hôtel de
00:10ville de Marseille vandalisé, les commerces pillés, des voitures brûlées.
00:13Au lendemain de cette journée de mobilisation, le bilan de ces émeutes urbaines est lourd, 1200 interpellations au total, 150
00:18policiers et gendarmes blessés, les détails dès le début de votre journal.
00:22A la une également les propos du Premier ministre qui appelle les Français à choisir leur camp, à la suite
00:27de ces scènes de chaos, entre celui de la République ou celui des casseurs.
00:32Des restaurateurs, commerçants, victimes ou témoins des violences, certains ont dû protéger leur établissement pour éviter d'être pillés, d
00:38'autres ont même dû évacuer leurs clients.
00:40Pour les protéger, Europe 1 est allé à la rencontre. La tendance météo est-elle la fonde ?
00:44La perturbation stagne sur l'est et l'extrême sud du pays. La pluie est toujours au rendez-vous. La
00:50fraîcheur s'installe. Météo détaillé après les informations.
00:53Europe 1
00:55Votre journal de 8h30 sur Europe 1, c'est avec Pierre Vesque. Bonjour Pierre.
00:58Bonjour Maël, bonjour à tous. La France se réveille avec une terrible gueule de bois ce matin.
01:02Cette journée de mobilisation contre la vie chère a tout simplement tourné en scène de chaos.
01:06Les 550 000 manifestants comptabilisés en toute la France par le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs,
01:14devient presque anecdotique.
01:15La convergence d'éludes souhaitée a été balayée par les casseurs, maires ayant flammes ou saccagés, offices de tourisme partient
01:22en fumée, magasins pillés ou encore voitures incendiées.
01:26Plusieurs centaines de personnes ont été interpellées. Jean-Baptiste Marty.
01:29Oui, près de 1200 arrestations dont une bonne partie rien qu'à Paris.
01:34Selon les informations d'Europe 1, plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés dans les rues de la capitale.
01:39Des émeutiers dont le profil commence à se dessiner comme l'explique le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
01:45La très grande majorité d'entre eux sont des majeurs. On est loin de l'appel à manifester, du mouvement
01:51lycéen.
01:51A Paris, 90% des interpellés ont 18 ans ou plus, des jeunes hommes pour beaucoup proches de la mouvance
01:58d'ultra-gauche, selon le ministre de l'Intérieur.
02:00Il y avait des anarches autonomes, il y avait des antifas, il y avait des mouvements d'extrême-gauche radical,
02:05des syndicats étudiants qui n'hésitent pas à parfois faire le coup de poing.
02:09Je pense que le pont levé, ça vous parle, révolution permanente, ça vous parle. Ces structures-là étaient présentes.
02:13Selon plusieurs sources policières, parmi les interpellés aussi, des jeunes émeutiers venus de banlieue.
02:19Ils ont profité de la situation de chaos pour participer au pillage de certains magasins.
02:24Et puis, de nombreux blessés, côté policiers, près d'une cinquantaine.
02:27Un lourd bilan donc et des scènes de violence inédites, selon un CRS mobilisé hier sur le terrain.
02:33Jean-Baptiste Marty, du service police-justice d'Europe 1.
02:35Et dans la capitale, derrière ces paysages de désolation, il y a aussi des vies totalement bouleversées.
02:39Des restaurateurs, des commerçants ont perdu leur outil de travail en seulement quelques minutes.
02:43Arthur, patron d'une brasserie, décrit les scènes de violence dont il a été témoin au micro de Caroline Baudry
02:49pour Europe 1.
02:49C'était impressionnant, ça partait de tous les côtés.
02:51Ils ont pris tout ce qu'ils pouvaient ramasser, ils balançaient sur les forces de l'ordre.
02:55Ils ont pris des vélos pour faire des barrages.
02:57Ils ont foutu le feu à tout un tas de vélos en libre-service qui ont complètement explosé avec les
03:02batteries.
03:03Ils ont rentré la boutique de meubles juste en face.
03:06Ils ont pris le canapé, à un moment, ils ont balancé dans le feu.
03:08On a passé un coup de balai, on a retrouvé des pavés, des boulons.
03:11Là, ce n'était pas des manifestants, c'était des gens qui avaient envie de casser.
03:15C'est de la violence gratuite, sans raison, juste comme ça.
03:19Pour la première fois, j'ai vu les forces de l'ordre à l'œuvre vraiment en face.
03:22Et je me dis, ils ne méritent pas ce qu'ils se prennent dans la tête pour nous protéger.
03:25J'avais vraiment de la peine pour eux, parce que moi, je sais que je ne le ferais pas.
03:28Sentiment de détresse partagé à Marseille, là, c'est l'hôtel de ville qui a été vandalisé.
03:32La cannebière est aussi victime de casseurs, de pilleurs.
03:34Le maire de la ville, Benoît Payan, a dû demander des renforts auprès du président de la République pour protéger
03:40sa commune.
03:40Cyril Delamorinerie, de nombreux manifestants, ont réussi à entrer dans ce lieu hautement symbolique.
03:46Oui, plusieurs dizaines d'individus ont réussi à pénétrer brièvement à l'intérieur de l'hôtel de ville de Marseille.
03:51Ils ont enfoncé la grande porte à l'aide de barrières et de barres de fer.
03:54En criant, c'est la révolution, on prend la Bastille.
03:57Oh, on prend la Bastille !
04:00Oh, on prend la Bastille !
04:02Dans le hall d'entrée, un buste de Marianne, symbole de la République, a été renversé.
04:07Plusieurs murs ont été tagués.
04:08Le maire de Marseille a échangé avec le président de la République et a obtenu des renforts de police.
04:13Benoît Payan ne décolère pas contre ces individus qui ont saccagé sa mairie.
04:18Il faut, et je le demande d'ailleurs, la plus grande sévérité face à celles et ceux qui ne sont
04:22pas là pour manifester,
04:23qui n'ont aucune revendication, mais qui ne veulent faire que le mal autour d'eux.
04:26Ce sont des abrutis, des imbéciles, des voyous.
04:29Dans le centre-ville de Marseille, 30 à 40 magasins ont été vandalisés.
04:33Une violence également dénoncée par Damien Gilet Jaune, venu manifester contre la Vichère, mais certainement pas pour casser.
04:39Cette violence, on ne veut pas l'avoir.
04:41Ce n'est pas notre délire.
04:42Nous, on veut vraiment fédérer, rassembler le maximum de personnes et que ça se passe le mieux possible.
04:46On soit des millions dans la rue.
04:47Et selon le préfet de la région PACA, Jacques Witkowski, il y a eu 7 à 8000 émeutiers qui ont
04:52sévi à Marseille.
04:55Ces scénarios de violence se sont répétés dans plusieurs villes et notamment à Lyon.
04:58Des commerçants qui ont dû rester sur le qui-vive toute la nuit pour protéger leurs établissements.
05:02C'est le cas de ce patron d'une boutique de vêtements de luxe.
05:05Grâce à son intervention, il a échappé de peu à une tentative de pillage.
05:09Témoignage recueilli par Noémie Loisel, correspondante d'Europe 1 à Lyon.
05:12Au moins une dizaine d'individus avec une barre de fer ont essayé de me casser la vitrine.
05:16J'étais à l'intérieur de la boutique et quand j'ai vu ça, je suis sorti à leur courreur
05:20après.
05:21Ils sont partis en courant, donc ils ont laissé la barre par terre.
05:23Et donc si jamais je n'étais pas là, ils me dépouillaient la boutique.
05:26Je vais rester toute la nuit parce qu'ils attendent une chose, c'est que je ferme la boutique.
05:29Il y a une bonne partie des manifestants qui sont là juste pour casser, pour piller les gens en fait.
05:33J'ai l'impression de vivre une guerre civile.
05:35J'ai des voisins, des clients qui me donnent un coup de main pour sécuriser la boutique.
05:37Nous on est là pour essayer de vivre, de survivre parce que c'est compliqué déjà le commerce.
05:42Avec tout ce qui se passe, tout ce qu'on a subi, entre le Covid, les gilets jaunes, avec tout
05:46ça qui se rajoute, c'est la catastrophe.
05:48Place Belcourt, toujours dans la capitale des Gaules.
05:51L'office de tourisme a tout simplement été brûlé, parti en fumée sous le regard médusé des riverains.
05:55À Saint-Etienne, un manifestant et la main arrachée par une grenade policière lancée par les forces de l'ordre.
06:00Selon les premiers éléments, il aurait ramassé à la main le projectile.
06:03Et puis en fin de soirée, le Premier ministre, accompagné du ministre de l'Intérieur et du préfet de police
06:07de Paris, est allé saluer les forces de l'ordre.
06:10Il s'est ensuite exprimé à la presse et après cette journée de violence, il appelle tout simplement les Français
06:14à choisir leur camp.
06:16Et sans le nommer, Sébastien Lecornu attaque explicitement l'ultra-gauche et le leader insoumis.
06:20On écoute le Premier ministre.
06:22C'est désormais le moment aussi de choisir son camp.
06:24Soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l'ordre.
06:27Soit on est du côté des casseurs.
06:29Soit on est du côté de ces et ceux qui ont un projet violent pour la République et contre la
06:31République.
06:32Et maintenant, l'ambiguïté, les changements de position, attiser la violence le lundi pour mieux la condamner le vendredi,
06:39tout en disant au milieu de la semaine que ce sont les policiers ou le préfet de police de Paris
06:43qui a organisé lui-même le chaos.
06:45Je pense que là, on est désormais sur un point de non-retour.
06:47Le Premier ministre Sébastien Lecornu, hier soir, une note d'espoir pour terminer, elle nous vient du Vatican, Pierre.
06:53Le pape Léon XIV a quitté l'hôpital direction le Vatican.
06:56Le visage serein, le pape de 71 ans a salué les dizaines de personnes réunies devant l'hôpital avant de
07:03monter en voiture direction le Vatican.
07:05Mais derrière cette image rassurante, cette question, cette épreuve a-t-elle marqué son pontifiquat ?
07:10La réponse du père Arnaud Alibert, rédacteur en chef à La Croix.
07:13Oui, hier après-midi, vers 15h30, Léon XIV s'est présenté dans le hall de la polyclinique Gemelli.
07:18Le pape a été ovationné par des centaines de patients fidèles et médecins.
07:25Le chef de l'église en tenue blanche, très souriant, a pris le temps de saluer plusieurs malades.
07:30Le souverain pontife a ensuite remercié les médecins à l'extérieur.
07:33Léon XIV a rejoint à pied le SUV noir, chargé de le reconduire au Vatican.
07:37Pour le père Arnaud Alibert, rédacteur en chef à La Croix, ce séjour à l'hôpital nous a fait découvrir
07:42plusieurs facettes de la personnalité du pape.
07:45Ce que nous a montré le premier séjour du pape Léon XIV à l'hôpital est d'abord son souci
07:51de transparence, sa normalité.
07:53Il s'est comporté comme un patient parmi d'autres, rentrant par la porte d'entrée de l'hôpital.
07:59Et comme un prêtre, c'est-à-dire qu'il a tenu à célébrer la messe.
08:02À midi, le pape américain de 71 ans récitera la prière de l'Angélus depuis la fenêtre de l'appartement
08:08pontifical.
08:09Son voyage en Amérique du Sud, dans moins d'un mois, reste inscrit à l'agenda.
08:14Son médecin personnel, le juge apte à l'effectuer.
08:17Cyril de la mourinerie pour Europe 1.
08:19Merci beaucoup Pierre Vasque, c'était votre journal sur Europe 1, la météo dans un instant.
08:24Mais d'abord, place au livre avec vous Nicolas Caro.
08:26Nicolas, bonjour, vous nous parlez ce matin du dernier cru de Fabrice Caro, c'est son nouveau roman.
08:31Et il est excellent. Alaska, aux éditions Signes, Gallimard, l'histoire d'un écrivain justement, Émilien Bory.
08:36Il ne publie pas des best-sellers, mais il a quand même une petite notoriété, pas énorme.
08:40Disons qu'il est quand même toujours un peu étonné et content quand quelqu'un le reconnaît dans la rue.
08:44Ou quand il voit le passager d'un train lire un de ses livres.
08:47Et donc, quand il croise par hasard Yann Garnier, un type qui se présente à lui,
08:50et lui rappelle qu'ils étaient au collège ensemble, qu'il suit sa carrière, qu'il l'a vu dans
08:54Télématin,
08:54et que c'est super, Émilien est flatté.
08:56Même si, d'abord, il n'a jamais mis les pieds sur le plateau de Télématin, ce n'est pas
09:00grave.
09:01Et ensuite, il ne se souvient quasiment pas du gars.
09:03Mais enfin, il accepte le selfie avec plaisir, il fait un grand sourire, pousse en l'air, trop génial.
09:07Le problème, c'est qu'il ne le savait pas.
09:09Il ne suit pas trop l'actu, tout ça, les réseaux sociaux.
09:11Mais le problème, c'est que Yann Garnier, entre-temps, est devenu chef d'un mouvement néo-nazi de la
09:15pire espèce.
09:16Et il a posté la photo.
09:17Et Émilien se retrouve dans une situation très embarrassante, obligée de se justifier partout.
09:21Mais je ne savais pas, je ne connaissais pas ce mec.
09:23Ajoutez à ça qu'il vient se prendre une critique littéraire très brutale.
09:26Que le nouvel amoureux de son ex-femme, qu'il aime encore, essaye de faire ami-amie avec lui sans
09:31arrêt.
09:31Et que sa fille est tombée amoureuse d'un circassien, genre crasheur de feu, pieds nus, sarouel, qui squatte chez
09:37Émilien.
09:37Et ça va continuer.
09:38Et c'est la cruauté géniale de Fabrice Caro.
09:41C'est que nous, ça nous fait beaucoup beaucoup rire, à chaque page.
09:43Mais rire avec tendresse, bien sûr, pour ce personnage extrêmement attachant.
09:47Je vais vous dire, je les aime tous, mais c'est sans doute son meilleur roman.
09:49Alaska de Nicolas Caro, validé par Nicolas Caro.
09:52Alaska de Fabrice Caro, validé par Nicolas Caro.
09:56Ça ne s'invente pas, mais ils n'ont aucun lien en commun.
09:58Vous ne vous ne manquez pas cet après-midi de 16h à 17h.
10:01L'émission de Nicolas Caro sur Europe 1, ça s'appelle La Voix est Livre.
10:05En attendant le temps, il est comment, Estelle Lafon ?
10:07Si j'ai bien suivi vos météos, on est sensiblement dans le même cadre qu'hier.
10:11Exactement.
10:11Quelques nuances, mais ça n'a pas trop bougé.
10:13La perturbation, elle stagne sur l'extrême sud et l'est.
10:16Alors, ça pleut un peu plus sur la frange est du pays,
10:19notamment entre le sud des Alpes et le Var.
10:21Cet après-midi, on a quelques éclatements orageux du côté de la côte d'Azur ce matin.
10:26Ça peut aussi concerner toujours la zone de Manche ce matin,
10:29entre le Pas-de-Calais et la Normandie,
10:31avec là aussi quelques orages, toujours du vent et beaucoup de pluie.
10:34Sinon, pour une grande partie du nord du pays et toute la frange ouest,
10:37donc du côté de l'Atlantique, le temps est très très beau toute la journée,
10:40avec par contre au prix d'un thermomètre beaucoup plus froid.
10:43Je vous donne rapidement les valeurs.
10:44Entre 3 et 10 degrés à peine ce matin,
10:46plutôt 12 à 18 près de la Méditerranée.
10:48Et cet après-midi, on sera entre 11 et 16 degrés sur la plupart des régions
10:52et plutôt entre 17 et 18 degrés sur la Méditerranée.
10:55Merci beaucoup Estelle Lafon.