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00:00Europe 1, le journal de 20h. Avec vous Frédéric Joncheret, bonsoir.
00:05Bonsoir Pierre, bonsoir à tous, ravi de vous retrouver pour une demi-heure d'information.
00:11C'est un mouvement de violence urbaine, Sébastien Lecornu dénonce la transformation de la mobilisation lycéenne.
00:17Le Premier ministre déplore l'intensité croissante des violences, vous l'entendrez.
00:22On les voit partout en marge des manifestations, des armes par destination qui causent de nombreuses blessures.
00:28Le point sur les mortiers d'artifice dans cette édition.
00:32Nombreux dysfonctionnements systémiques dans le périscolaire, manque de formation, agression tue, animateurs déplacés.
00:39Voici quelques exemples mis au jour dans le rapport de la commission d'enquête du Sénat.
00:44Et juste après ce journal, retrouvez les signatures d'Europe 1 matin qui vous réveillent chaque jour entre 7h et
00:499h autour de Dimitri Pavlenko.
00:51Vous retrouverez l'édito politique d'Alexis Brézé, celui international de Vincent Hervouet et l'édito « Ça nous a
00:58énervé » de Laurent Tessier.
01:03La colère lycéenne se poursuit.
01:06Des établissements sont encore bloqués ce jeudi.
01:08Près de Bordeaux, le ministre de l'Éducation nationale s'est rendu ce matin au lycée Les Iris à Lormont
01:13en Gironde.
01:14En partie saccagée la semaine dernière, au moins 250 000 euros de dégâts selon la région.
01:21Edouard Géffaret promet notamment des mesures sur Parcoursup d'ici la fin du mois.
01:25Mais à Matignon, le ton se durcit.
01:28Arthur Delaborde, Sébastien Lecornu alerte sur le risque d'une escalade.
01:31Des tirs de mortier jusque dans les établissements, des intrusions.
01:35Pour Sébastien Lecornu, ces attaques n'ont rien d'une revendication lycéenne.
01:39Ça ne ressemble plus à un mouvement lycéen.
01:40Là, on a un mouvement de violence urbaine.
01:42D'ailleurs, l'intensité de la violence a encore augmenté ces derniers jours.
01:47Singulièrement, en zone urbaine précise, Paris, Créteil, Lyon, quelques points disséminés sur le territoire.
01:53Et dans lequel, il y a pour le coup un appel de violence qui est absolument épouvantable.
01:57Le chef du gouvernement s'en prend aussi à la récupération politique du mouvement.
02:01Il accuse certains partis de vouloir transformer la fatigue des Français en voix pour la présidentielle.
02:06Une allusion à la France insoumise, sans la nommer.
02:09Autre cible, l'ultra-gauche, qui l'accuse de s'infiltrer dans les cortèges.
02:13Et c'est déjà la journée de samedi qui inquiète Matignon, avec les manifestations contre la vie chère.
02:18Sébastien Lecornu le reconnaît.
02:20Il redoute de nouvelles violences.
02:21Après les mots de fermeté, l'exécutif sera donc attendu sur sa capacité à faire respecter l'ordre.
02:26Arthur Delabor du service politique d'Europe 1.
02:30Le problème des professeurs remplaçants sera résolu à la rentrée des vacances de la Toussaint.
02:35Déclaration du ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray.
02:38Selon lui, sur les 114 établissements qu'il qualifie en rouge, ils ne sont plus que 47 ce matin en
02:43souffrance de professeurs.
02:45Les deux tiers des 3000 professeurs titulaires remplaçants ont déjà été affectés.
02:50La mobilisation lycéenne va-t-elle s'essouffler avec les vacances demain soir ?
02:55Ou reprendra-t-elle de plus belles à la rentrée ?
02:57Pour l'heure, on enregistre 7950 gardes à vue, donc 85% de mineurs.
03:02Seulement 9 mineurs sont incarcérés à cette date, selon les chiffres de la chancellerie.
03:06Des adolescents pour la plupart poursuivis pour des dégradations graves ou des violences sur les forces de l'ordre.
03:12Avec de temps en temps le recours aux engins pyrotechniques, cocktails Molotov, mortiers d'artifice.
03:17Des armes très dangereuses pour les policiers, mais aussi pour les lycéens, William Molinier.
03:22Les incidents se multiplient depuis 10 jours.
03:24A Strasbourg, un jeune de 16 ans s'est gravement blessé à la main avec des gros pétards.
03:28Une lycéenne au Blanc-Ménil a été brûlée au dos après avoir reçu des mortiers d'artifice tirés par ses
03:33propres camarades.
03:35A Saint-Cyr-l'école, c'est même un bébé d'un an qui a été victime la semaine dernière
03:39d'acouphènes à cause d'engins pyrotechniques.
03:42937 membres des forces de l'ordre ont été blessés depuis le début du mouvement.
03:46Selon les informations d'Europe 1, un quart souffre de brûlures et d'acouphènes à cause de ces mortiers.
03:52Des armes qui se diversifient, notent les spécialistes de la préfecture de police.
03:56A côté des traditionnelles chandelles apparaissent désormais des acides, des bombes et des batteries d'artifice.
04:02Certains matériels permettent de garder à distance les policiers sans qu'ils puissent riposter.
04:07D'autres sont envoyés spécifiquement pour blessés et tués.
04:10C'est le cas des cocktails Molotov, composés de chlorate et d'acide sulfurique.
04:15Un mélange assez accessible et qui peut infliger de gros dégâts, surtout lorsqu'il est employé dans des endroits fermés
04:22comme à l'intérieur des lycées.
04:23Un William Molinier du service police-justice d'Europe 1.
04:27Et notez que près de 3000 policiers ont manifesté aujourd'hui dans Paris à l'appel du syndicat Unité.
04:32Après trois semaines de mobilisation lycéenne, ils dénoncent leurs conditions de travail avec en priorité un manque de moyens.
04:38On se fait tirer comme des pigeons.
04:40On s'indigne le porte-parole du syndicat Unité Île-de-France.
04:43Rappelons que le syndicat Alliance a déposé hier une plainte contre l'État pour mise en danger de la vie
04:47d'autrui.
04:49Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, avait concédé le caractère systémique des agressions sexuelles dans le périscolaire au printemps dernier.
04:56Et le détail de ces dysfonctionnements qui ont mené au scandale est désormais révélé dans un rapport sénatorial présenté aujourd
05:02'hui.
05:03Quatre mois d'enquête pour documenter et alerter sur de graves défaillances à l'échelle du pays.
05:08Caroline Baudry.
05:09Oui, le rapport adopté à l'unanimité par le Sénat s'attarde longuement sur la situation à Paris.
05:14Mais le reste de la France n'est pas épargné.
05:16D'abord parce que tout partirait de ce qu'Agnès-Sévrenne, sénatrice à l'air et rapporteur du texte, appelle
05:21le péché originel que serait la réforme des rythmes scolaires en 2013.
05:25A l'origine, il y a eu la loi Payon. On est passé de quatre jours à quatre jours et
05:29demi.
05:29Cette réforme a été déployée pour des raisons purement idéologiques dans l'urgence, en recrutant massivement des animateurs et surtout
05:37des vacateurs, sans formation ni même aucune expérience.
05:40Sauf que toujours selon cette enquête, le passé judiciaire des animateurs n'est pas réellement contrôlé et en cas d
05:46'agression, la responsabilité est diluée entre l'école, le périscolaire et la justice.
05:50Il me semble absolument essentiel également qu'il y ait une meilleure circulation entre les deux équipes, l'équipe du
05:58scolaire et l'équipe du périscolaire.
06:00Et je propose par exemple que désormais le périscolaire siège au conseil d'école. Ça n'est pas le cas
06:06aujourd'hui.
06:06Parmi les autres mesures proposées par la mission sénatoriale, renforcer la formation des candidats, bien sûr, créer une sanction pénale
06:13en cas de non-signalement au préfet des incidents graves,
06:16comme c'est le cas dans les clubs de sport aujourd'hui, ou encore présenter aux familles un organigramme clair
06:21de l'accueil périscolaire.
06:22Caroline Baudry pour Europe 1.
06:24Une pause et nous parlerons du rejet des députés de baisser le plafond de l'abattement des retraités,
06:30mais aussi de la présidentielle avec Bruno Rotaillot qui refuse toute alliance avec les héritiers du macronisme.
06:45Les députés refusent de toucher à l'avantage fiscal des retraités.
06:49Ils ont supprimé ce jeudi la baisse du plafond de l'abattement de 10% qui devait rapporter 1,4
06:55milliard d'euros à l'État.
06:56Un effort limité défendait le gouvernement.
06:59Et ces 1,4 milliard, s'ils ne sont pas rétablis dans la suite du débat budgétaire, il faudra bien
07:04les trouver ailleurs, Jacques Serret.
07:06Oui, les députés ont refusé de ramener de 4 439 euros à 3 000 euros le plafond de l'abattement
07:12fiscal de 10% accordé aux retraités.
07:15Un amendement de suppression de cette mesure du gouvernement était notamment porté par Laurent Wauquiez et la droite républicaine.
07:21Il a été soutenu par la gauche jusqu'au Rassemblement National.
07:25En face, le gouvernement, les députés EPR et du Modem défendaient cette mesure au nom de l'effort demandé aux
07:32retraités et de la solidarité entre générations.
07:34Le député Guillaume Casbarian a notamment dénoncé l'électoralisme primaire.
07:39Vous regretterez votre vote quand vous irez ensuite voir des retraités qui vous diront mais pourquoi est-ce que vous
07:44avez maintenu intégralement cet avantage ?
07:45Moi j'étais prêt à faire un effort pour mes enfants et petits-enfants.
07:48Vous aurez honte à ce moment-là.
07:49Quand vous irez voir les lycéens et que vous direz on est avec vous, ils vous diront mais qu'est
07:53-ce que vous avez fait comme geste intergénérationnel ?
07:55Et vous direz bah rien, vous aurez honte.
07:57Car derrière ce vote, une question demeure qui va payer à la place si cette mesure n'est pas rétablie.
08:04Il faudra donc retrouver ces 1,4 milliard d'euros par de nouvelles recettes ou de nouvelles économies ailleurs.
08:11Jacques Serret du service politique d'Europe 1.
08:14Bruno Rotaillot était cet après-midi l'invité exceptionnel de Pascal Praud et vous.
08:18Tous les jours, de 16h à 18h sur Europe 1 et à cette occasion, le candidat des Républicains est revenu
08:24sur sa stratégie pour la présidentielle 2027
08:27et son refus catégorique de toute alliance avec les héritiers d'Emmanuel Macron.
08:32La situation, le bilan d'Emmanuel Macron, il est désastreux.
08:36Après 10 ans d'En marche, plus rien ne marche.
08:39Regardez l'école, regardez l'hôpital, David est délégué hospitalier, regardez la justice, etc.
08:46Plus rien ne marche.
08:47On est au bord d'une crise.
08:49Peut-être qu'il y aura une crise d'ailleurs à la grecque,
08:51ce qui serait terrible pour nos compatriotes d'ailleurs les plus modestes, les plus vulnérables,
08:55avant l'élection présidentielle.
08:57Par conséquent, ce bilan va disqualifier, écoutez-moi bien,
09:01les anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron.
09:03Ils n'arriveront pas à s'éloigner de ce bilan.
09:06Ils seront rattrapés.
09:08Bruno Rotaillot qui a par ailleurs affirmé qu'il est évident que David Lysnard et lui se retrouvent,
09:13car il estime en effet qu'il porte lui aussi un projet libéral, tout comme le candidat Nouvelle Énergie.
09:20Et notez que Marine Le Pen sera l'invité ce soir à 21h de Laurence Ferrari dans Objectif Élysée 2027.
09:26Une émission avec la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée
09:30est candidate à la présidentielle à suivre en direct sur Europe 1 et CNews.
09:34Le pape Léon XIV a entamé sa convalescence à l'hôpital Gémilie de Rome.
09:39Après avoir subi une opération chirurgicale pour retirer un nodule cancéreux au poumon,
09:44le Saint-Siège se veut rassurant.
09:46L'opération s'est bien déroulée.
09:48Mais deux semaines après la venue du Saint-Père en France,
09:50les catholiques qui ont suivi de près son voyage apostolique sont inquiets.
09:54Le reportage à Paris de Laura Legault.
09:56C'est avec stupeur que Frédéric, 58 ans, a appris que le pape Léon XIV est atteint d'un cancer
10:01du poumon.
10:02Ça a été un choc parce que quand on l'a vu sur Paris, il était tellement resplendissant, souriant.
10:07Frédéric a assisté à la messe à la Concorde à Paris.
10:10Deux semaines plus tard, elle est bouleversée.
10:12Ça a été une parenthèse enchantée et vraiment on était dans l'osmose.
10:15Et maintenant il y a un peu d'inquiétude.
10:17Tout à fait. Je suis assez émue.
10:19Je pense que les chrétiens vont s'associer à la prière.
10:23Comme elle, tous ont une pensée pour le pape dans leur prière.
10:25J'ai fait une prière pour lui.
10:27Il nous a beaucoup donné. Je pense qu'on peut aussi beaucoup lui donner.
10:30J'ai confié le Saint-Père et sa santé dans ma prière d'espérance, de demande.
10:34Rose s'est elle aussi recueillie à l'église et repense au pèlerinage de Léon XIV à Lourdes.
10:39Je me suis dit, ça tombe bien, il était à Lourdes en pèlerinage.
10:42Et en général, quand on va à Lourdes, on reçoit une délivrance.
10:45La Vierge saura quoi faire.
10:46La mère de famille garde espoir pour la santé du Saint-Père, persuadée que ses prières seront entendues.
10:53Le reportage de Laura Legault pour Europe 1.
10:56Un mot de football après la Ligue des champions.
10:59Place aux deux autres Coupes d'Europe ce soir.
11:01En Ligue Europe 1, Lyon reçoit les Anglais de Crystal Palace.
11:04Et ça se passe bien pour les Lyonnais.
11:06Ils mènent deux buts à un après 65 minutes de jeu.
11:08Et en Europea Conférence, Monaco mène sur le terrain du CSK Sofia 2 à 0.
11:14C'est des matchs à suivre sur Canal+.
11:16Et vous pourrez également suivre à 21h en Ligue Europea.
11:19Rennes, OFI Crète et Marseille Olympiakos.
11:23Après, à présent, le retour de la météo avec le bulletin de demain.
11:28Et vous, Marlène Duré, ça sera perturbé à l'ouest et ensoleillé à l'est.
11:31Effectivement.
11:31En ce moment, il y a une perturbation au-dessus des îles britanniques
11:34qui va arriver dans des conditions quand même anticycloniques.
11:37Ça veut dire que cette perturbation sera très atténuée.
11:39À minuit, elle va allonger les côtes atlantiques jusqu'en Baie-de-Seine
11:42avec tous ces nombreux nuages.
11:44Et ces nuages, on va les retrouver à l'ouest, effectivement, demain.
11:47Donc, un ciel assez gris qui va envahir les régions
11:50jusque dans les Hauts-de-France, jusqu'en région parisienne.
11:53En continuant vers la région de Bourges, dans le Béry,
11:56la Haute-Vienne, le Périgord, l'ouest de Midi-Pyrénées.
11:59Quelques petites éclaircies peuvent percer très temporairement
12:02entre la Vendée, la Touraine, l'Île-de-France et les Hauts-de-France.
12:05Et puis, il y a aussi des petites pluies faibles
12:06qui vont arriver par la Bretagne
12:08et qui vont se décaler en direction des Pays de la Loire
12:11et des départements bordant la Manche.
12:13L'Est du pays profitera encore d'un grand soleil, effectivement,
12:16parfois tardivement dans certaines régions.
12:18Et les températures, elles vont bien baisser à l'ouest
12:21sous la perturbation.
12:23Ailleurs, elles seront plutôt stationnaires.
12:2415 degrés prévus à Caen, 16 à Rennes, 19 à Lille,
12:2720 à La Rochelle, 21 à Paris-Biarritz,
12:30noté 22 à Strasbourg et à 7,
12:3123 à Périgueux, 24 à Reims et Toulouse,
12:3525 à Nancy et jusqu'à 26 à Clermont-Ferrand.
12:37Merci beaucoup, Marlène Duré.
12:39Europe 1, 20h14.
12:42Dans un instant, retrouvez les éditoriaux d'Europe 1 Matin.
12:55Retrouvez à présent les éditoriaux d'Europe 1 Matin,
12:57diffusés ce jeudi dans l'émission de Dimitri Pavlenko
13:00et nous commençons avec l'édito politique d'Alexis Brézé.
13:07Vous savez qu'avant l'examen du budget en séance,
13:09il y a l'examen en commission.
13:11C'est une sorte de répétition générale sans conséquence,
13:14mais qui donne une idée assez précise de ce qui va suivre.
13:17Et en l'occurrence, cet examen en commission a tourné au désastre pour les finances publiques.
13:22Les députés, toutes tendances confondues,
13:25y compris les philippistes, y compris les macronistes,
13:27ont fait preuve d'une totale irresponsabilité.
13:30Alors que la crise financière nous pend au nez,
13:33alors que le FMI nous réprimande,
13:35que la BCE nous morigène,
13:37que la Commission européenne nous avertit,
13:39que les agences de notation nous menacent à mot à peine couvert,
13:43eh bien, tout ce petit monde y est allé gaiement,
13:46augmentant les dépenses, supprimant les économies
13:48et ajoutant au passage quelques impôts imbéciles.
13:51Bref, pendant la faillite, la démagogie continue.
13:55Heureusement que ce budget ne sera jamais adopté
13:58et qu'on reviendra, soit par le 49.3, soit par les ordonnances,
14:02à la version initiale du gouvernement,
14:04sinon ce serait une catastrophe.
14:06Bon, mais si à la fin, on revient au point de départ,
14:08ce qui se passe à l'Assemblée ces jours-ci,
14:09finalement, n'est pas si grave,
14:11ce n'est qu'un mauvais moment à passer ?
14:12Eh bien, je crois, au contraire, Dimitri,
14:14que c'est très grave, et pour deux raisons.
14:16D'abord, parce que ce spectacle navrant
14:18est observé depuis l'étranger par nos créanciers.
14:21Et comment ne serait-il pas affolé
14:23par ce pays à la dérive,
14:25où l'on jette la dette au feu,
14:26les poubelles de lycée au milieu,
14:28et où les députés qui continuent
14:30de courir vers la falaise en sifflotant ?
14:32Évidemment, nos prêteurs sont inquiets,
14:35et on ne peut pas leur donner tort.
14:36Ils sont inquiets aussi pour une seconde raison.
14:39C'est que le budget initial,
14:41celui auquel on reviendra très probablement
14:43à la fin des discussions,
14:44eh bien, il est certes moins dément
14:45que la version dont les parlementaires vont accoucher,
14:48mais vu la gravité de la situation,
14:50il est tout de même très en dessous
14:52de ce qu'il faudrait faire.
14:53Un déficit affiché de 5%,
14:55il dérapera évidemment,
14:57qui se creuse de 160 milliards supplémentaires,
15:00la dette qui bondit à 122% du PIB,
15:02mais c'est vertigineux.
15:04Et donc, même si ce budget est adopté,
15:07ça ne suffira évidemment pas
15:09à rassurer tous ceux qui estiment
15:12que la question n'est pas de savoir
15:13si nous allons subir une crise financière,
15:16mais quand elle interviendra,
15:18avant ou après l'élection présidentielle.
15:19Vous pensez, Alexis, qu'il n'y a plus rien à faire
15:21pour rassurer les marchés ?
15:23En fait, au-delà de la simple adoption d'un budget,
15:26il faudrait arriver à convaincre nos bailleurs de fonds
15:29que ce gouvernement et les suivants
15:31tenteront vraiment de rétablir
15:33nos finances publiques.
15:34Et pour cela, il y a encore une arme,
15:37c'est la règle d'or budgétaire
15:39qui fixe une limite au déficit.
15:41La règle d'or, il se trouve qu'aujourd'hui,
15:44tout le monde est pour du RN,
15:45et c'est un sacré tournant opéré par Marine Le Pen
15:47jusqu'au centriste,
15:48en passant par la droite et les macronistes.
15:50Il se trouve aussi que la règle d'or
15:53a déjà été votée en termes identiques
15:55par l'Assemblée nationale en 2011.
15:57Et donc, pour en faire une règle constitutionnelle,
15:59il suffit qu'elle soit adoptée aux deux tiers
16:01par le Parlement réunion au Congrès.
16:03Mais qu'attend donc Emmanuel Macron
16:05pour le convoquer, ce Congrès ?
16:07Ça, ça serait un vrai signal symbolique,
16:10concret, adressant au marché.
16:11En prenant cette ultime décision,
16:13le président rendrait un fier service
16:16à tous les candidats,
16:17enfin, ceux qui peuvent espérer gouverner,
16:18et surtout à la France,
16:20qui, sans cela, va se retrouver très vite
16:22sous la tutelle de la BCE et du FMI.
16:25Bon, évidemment, cela supposerait
16:27qu'il reconnaisse publiquement
16:29que la situation est gravissime
16:30et que son double quinquennat
16:32n'est pas exactement
16:33ce qu'on peut appeler un franc succès.
16:35Et ça, on le sait,
16:37ça n'est pas vraiment le genre de la maison.
16:38Europe 1, le journal de 20h.
16:41Frédéric Jean Chret.
16:43Poursuivons notre rendez-vous
16:45avec l'édito international de Vincent Hervouet
16:48aux côtés de Dimitri Pavlenko
16:49dans Europe 1 matin.
16:50Europe 1, le journal de 20h.
16:53Alors, on imagine que les magistrats allemands
16:56marchent sur des oeufs
16:57parce que les crimes de guerre,
16:58ils s'en commettent tous les jours
16:59en Ukraine comme en Russie
17:00à chaque fois que des civils
17:02sont pris pour cibles,
17:03alors que le sabotage
17:05d'une infrastructure stratégique
17:06appartenant à l'ennemi
17:07est légitime en temps de guerre.
17:09Ajoutez à ça que depuis bientôt 5 ans,
17:12l'Allemagne arme, renseigne,
17:14encourage les Ukrainiens
17:15en prétendant que leur combat est le sien.
17:17Elle devrait donc décréter,
17:19décorer plutôt un soldat d'élite
17:21plutôt que de juger pour ses faits d'armes.
17:25Et puis enfin, Nord Stream représente
17:26le sommet de ce qu'a été
17:27l'oste politique de l'Allemagne,
17:29le symbole de sa dépendance
17:31à l'énergie russe,
17:32pour ne pas dire sa complaisance
17:34envers le Kremlin.
17:35Et on se dit que c'est l'accusé
17:37qui devrait demander des comptes.
17:38Si la Russie n'avait pas eu le sentiment
17:40de tenir l'Europe sous sa coupe,
17:43peut-être qu'elle n'aurait pas osé
17:44envahir l'Ukraine.
17:45Mais il y a une raison plus simple
17:47au malaise que suscite le procès,
17:49c'est que l'histoire est cousue de Chilibou.
17:51Alors, les enquêteurs allemands,
17:52en effet, ont rassemblé toutes les preuves
17:54contre un commando d'Ukrainien
17:55qui a loué un bateau
17:57avec des faux papiers
17:58à bord duquel
17:58on a retrouvé des traces d'explosifs.
18:01C'est un scénario pour Hollywood.
18:02D'ailleurs, le film va sortir.
18:04Il est au montage.
18:05En Italie, un deuxième Ukrainien
18:07a été arrêté,
18:08un plongeur du commando
18:09qui conseillait l'équipe de tournage.
18:11La réalité a ainsi rattrapé la fiction.
18:14L'histoire est racontée
18:15par un correspondant
18:16de Wall Street Journal
18:17qui a reçu les confidences
18:19du chef des services ukrainiens
18:20et des membres du commando.
18:22Tous très, très bavards.
18:24Imaginez une unité secrète
18:26appelée la Start-up.
18:27Nom de code de l'opération,
18:29le Diamètre.
18:30Le chef à bord s'appelle le Capitaine.
18:32C'est lui qui est dans le boxe.
18:33Sa vie est un roman,
18:34un alcoolique repenti,
18:36devenu vegan et chrétien.
18:37Sous ses ordres,
18:38il y a Skipper,
18:39qui a l'expérience
18:40des régates internationales.
18:42Solder,
18:43un ancien des forces spéciales
18:45qui a travaillé pour la mafia
18:46et puis Cousteau,
18:47l'artificier.
18:47Lui aussi,
18:48une bonne brute.
18:49Ajoutez,
18:50trois moniteurs de plongée.
18:52Iceman,
18:52Smiley et Freya.
18:54C'est Ocean Eleven,
18:55sauf qu'ils sont sept.
18:56La seule femme à bord,
18:58c'est Freya,
18:59un top modèle
18:59d'une beauté saisissante
19:01qui porte des robes en lamée
19:03quand elle ne pose pas nue
19:04en couverture de magazine.
19:05Et bien sûr,
19:06c'est elle qui pousse
19:07les héros à tenir bon.
19:08On vous sent un peu moqueur,
19:10un peu sceptique.
19:11Ce rêve éveillé,
19:12c'est de la BD.
19:13James Bond plonge
19:14à 80 mètres de profondeur,
19:15mieux que les nageurs de combat,
19:16dans des eaux troubles,
19:18glacés,
19:18agités par des courants puissants,
19:20sans chambre de décompression
19:21à bord du voilier,
19:22avec des explosifs
19:24planqués dans des bouteilles de plongée
19:25et ils font sauter
19:26en 20 minutes
19:27des canalisations blindées
19:29enrobées de béton.
19:30Autant aller à la chasse au lion
19:32avec un pistolet à bouchons.
19:34Le mieux dans l'affaire
19:35étant les indices
19:36que laisse le commando derrière lui,
19:38les faux papiers grossiers
19:39de l'équipage,
19:40les négligences
19:41qu'ils font remarquer au port,
19:43les traces d'explosifs à bord,
19:44les empreintes digitales,
19:45la voiture flashée
19:46par un radar,
19:47la mèche de cheveux
19:48de Mattan Harry,
19:49on dirait qu'ils l'ont fait exprès.
19:51Pourtant,
19:51la presse américaine,
19:52elle croit à dur comme fer
19:53à ce scénario, Vincent.
19:55Oui,
19:55et les médias français
19:56croyaient il y a 4 ans
19:57que c'était un coup des russes
19:58au mépris de toute logique.
20:00Moi,
20:00je ne sais rien,
20:01mais je me souviens
20:02que Joe Biden
20:04promettait publiquement
20:05si la Russie
20:06envahit l'Ukraine,
20:07nous mettrons fin
20:08à Nord Stream.
20:09Europe 1,
20:10le journal de 20h,
20:12Frédéric Jean Chrey.
20:14Place maintenant
20:14à l'édito de Laurent Tessier,
20:16ça nous a énervés,
20:17toujours aux côtés
20:18Dimitri Pavlenko
20:19dans Europe 1 matin.
20:20C'est vrai que vous entendez
20:21parler de l'augmentation
20:22de la dette depuis des années.
20:23Quand Emmanuel Macron
20:24a été élu en 2017
20:25président de la République,
20:26elle atteignait
20:272200 milliards d'euros.
20:28Aujourd'hui,
20:29on est quasiment
20:29à 3600 milliards.
20:30Pas besoin d'avoir
20:31un grand niveau
20:32en mathématiques
20:32pour comprendre.
20:33Alors on peut ressortir
20:34la carte,
20:34nous avons connu
20:35des crises
20:36comme le Covid.
20:36Bruno Rotaillot,
20:37le président des Républicains,
20:38a répondu en début
20:39de semaine
20:39à cet argument.
20:40Ceux qui ont allumé
20:41la mèche
20:41ne peuvent pas
20:42prétendre l'éteindre.
20:431400 milliards
20:45de plus
20:46depuis 10 ans.
20:47On me dira
20:48mais le Covid,
20:48oui non,
20:49le Covid c'est
20:49400,
20:50450 milliards.
20:52Il reste quasiment
20:521000 milliards.
20:53Et après le Covid,
20:54nous en avons entendu
20:55des promesses,
20:56des discours
20:56avec le recul,
20:58c'est assez désespérant.
20:58En décembre 2021,
21:00Bruno Le Maire,
21:00alors ministre
21:01de l'économie
21:02et des finances
21:02était l'invité
21:03de Laurence Ferrari
21:03sur CNews.
21:04La dette,
21:05c'était son affaire.
21:06Ça suppose
21:07d'être intraitable
21:08sur le remboursement
21:09de la dette.
21:10Je serai intraitable
21:12sur le remboursement
21:13de la dette française.
21:14Je serai intraitable
21:16sur le remboursement
21:17de la dette française.
21:18Phrase de Bruno Le Maire,
21:19ancien ministre
21:20de l'économie
21:20et des finances
21:21en décembre 2021.
21:22La suite
21:22est encore plus glorieuse.
21:23La clarté
21:24de notre méthode
21:25et la détermination
21:27personnelle
21:27du ministre des Finances,
21:29ça rassure les marchés.
21:30Et c'est ce qui garantit
21:31aux Français
21:32que la question
21:32de la dette
21:33qui m'occupe
21:33tous les jours
21:34sera traitée
21:35en temps et en heure
21:36avec efficacité
21:38et avec rigueur.
21:40C'est loupé,
21:41c'est pire,
21:41la dette a explosé.
21:42Depuis fin août,
21:43il est vrai
21:43que j'ai ressorti
21:44de mon placard
21:44à archive
21:45plusieurs fausses promesses
21:46d'Emmanuel Macron.
21:47Ce matin,
21:47j'en rajoute
21:48une nouvelle
21:48dans ma collection.
21:49Je pourrais en faire un livre.
21:50Par exemple,
21:51le 12 juillet 2021
21:52lors d'une allocution.
21:53Nos réformes
21:53ne seront pas davantage financées
21:55en laissant filer la dette.
21:56La nouvelle génération
21:57doit déjà assumer
21:59la dette écologique.
22:00Je n'ajouterai pas
22:00à ce fardeau
22:01la dette financière.
22:03C'est loupé.
22:03Et vraiment,
22:04ces neuf dernières années,
22:05nous avons à chaque fois
22:06entendu la même chose.
22:06Nous nous attaquerons
22:07à la dette.
22:08Nous protégerons
22:08les jeunes générations.
22:09Nous serons au rendez-vous
22:10et à chaque déclaration
22:12de politique générale
22:13à l'Assemblée nationale,
22:14le même blabla.
22:14Elisabeth Borne,
22:15première ministre
22:16en juillet 2022.
22:16C'est un devoir
22:17vis-à-vis des générations futures.
22:20Nos objectifs
22:21sont eux aussi clairs.
22:23En 2026,
22:24nous devons commencer
22:25à baisser la dette.
22:27En 2027,
22:28nous devrons ramener
22:29le déficit
22:30sous les 3%.
22:31Baisser la dette
22:32en 2026,
22:33c'est loupé.
22:34Ramener le déficit
22:34en 2027
22:35sous les 3%,
22:36c'est loupé.
22:37L'objectif est maintenant
22:37de 5%.
22:38Donc c'est un échec
22:39sur toute la ligne.
22:39C'est encore une fois
22:40la rubrique
22:41des fausses promesses.
22:42Emmanuel Macron et la dette,
22:43c'est comme la chanson
22:43de Tina Arena.
22:52C'était l'édito
22:53de Laurent Tessier
22:54dans Europe 1 Matin
22:55avec Dimitri Pavlenko.
22:57Retrouvez dans un instant
22:58le journal permanent
23:00suivi de La France Bouge
23:01avec Elisabeth Assaillat.
23:03Sous-titrage Société Radio-Canada