00:00Près de 8000 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement lycéen,
00:04dont une très très large majorité de mineurs.
00:07Et je voudrais qu'on écoute ce qu'a dit tout à l'heure, le mot utilisé,
00:10vraiment prêter attention à ce mot, utilisé par le ministre de l'Éducation nationale.
00:13Quand il parle là, j'insiste, des casseurs, des émeutiers et des destructeurs.
00:18Voici ce qu'il a dit.
00:20Le dialogue, il existe.
00:22Il a déjà débouché, c'est un acte, il a débouché sur d'autres dans les jours à venir.
00:26Mais les gens qui font ça, ça s'appellent les criminels.
00:28Ceux qui ont incendié les bureaux hier et qui ont incendié les bâtiments,
00:31qui ici ont privé des jeunes en incendiant leurs bâtiments d'une formation,
00:37ça s'appelle un crime, c'est du pénal.
00:39Mais un état de scolaire, je suis désolé, mais il y a quand même des limites.
00:45Donc, tenez bon.
00:48Ceux qui ont fait ça, ce sont des criminels, Béatrice Brugger.
00:51Et pour certains, et même pour la très grande majorité, ce sont des mineurs.
00:55Et pour certains même, il y a des profils, d'après ce que disent les forces de l'ordre,
01:00que l'on n'avait jamais vus.
01:01Il y a même des casiers vierges.
01:03Aujourd'hui, que vous inspirent ces profils ?
01:06Alors, juste avant d'essayer de répondre sur les profils,
01:10moi, c'est la phrase du ministre qui m'inspire, c'est « le dialogue, il existe ».
01:16Cette phrase, elle est assez intéressante, parce que quand un bon dialogue existe,
01:21en général, il n'y a pas de manifestation ni de violence.
01:25Je dis ça parce que, alors là, pour le coup, je prends ma casquette de syndicaliste
01:29depuis plusieurs années, et je me rends compte que finalement,
01:32ce qu'on appelle largement le dialogue social,
01:35ne suffit pas à se résumer à une rencontre.
01:39On vous a écouté, merci, au revoir.
01:41C'est pas ça le dialogue.
01:43Le dialogue, c'est la capacité, bien sûr, à rencontrer, bien sûr, à écouter,
01:48mais à prendre en compte aussi ce que l'autre vous dit.
01:51Et c'est là où, parfois, cette troisième partie, elle n'existe pas.
01:54Et je dis ça parce que, moi-même, je trouve que le dialogue social est très pauvre.
02:00Je parle pour, évidemment, mon ministère.
02:03On est reçu, on ne peut pas dire qu'on n'est pas reçu.
02:05On est écouté, on ne peut pas dire qu'on n'est pas écouté.
02:07Mais il n'y a rien après.
02:08Mais il ne se passe pas grand-chose en vrai après.
02:10Là, ça veut dire qu'il ne faut pas être étonné aussi de voir les conséquences dans la rue.
02:14Et c'est pour ça que je pense qu'il faut avoir un petit peu d'honnêteté sur ce qui
02:19se passe aujourd'hui.
02:21Pas pour dire qui a raison, qui a tort, parce que je ne suis pas là pour ça.
02:25Mais peut-être pour expliquer aussi pourquoi on en arrive là.
02:28Cette violence, aujourd'hui, évidemment, elle est extrêmement importante.
02:32Mais j'allais dire presque qu'elle n'est pas étonnante.
02:37Elle n'est pas tellement étonnante.
02:38Tout le monde sait, depuis longtemps, qu'on est sur un terreau qui monte de violence,
02:47de, je ne dirais pas d'un mépris, mais en tout cas d'une non-écoute des revendications.
02:52Alors après, je ne connais pas précisément les revendications des lycéens.
02:58D'ailleurs, je ne sais pas qui les connaît précisément dans ce brouhaha, au passage.
03:03Mais si quelqu'un les connaît, je voudrais bien les savoir.
03:05Ce qui est sûr, c'est qu'il y a quand même des difficultés et que ça fonctionne mal.
03:11Là-dessus, je parle pour votre question sur les profils.
03:16Évidemment, ces profils ne sont pas du tout homogènes.
03:18Parce que vous avez, je pense, des gens qui sont extrêmement sincères en disant
03:22« Écoutez, nous, on en a assez, Parcoursup, ça ne marche pas, les profs ne sont pas là. »
03:26Moi, je suis maman, j'ai quatre enfants.
03:28Je suis basée par Parcoursup.
03:30Donc, je vois très bien à quoi ça correspond.
03:33Et je vois très bien ce que ça peut faire aussi comme dégâts.
03:36Je vois très bien aussi quand les profs ne sont pas là, etc.
03:40Donc, il y a une réalité aussi d'un délabrement des services publics qu'on ne peut pas ignorer.
03:45Et ce n'est pas parce qu'on dit « Oui, je vous ai entendu » que ça va fonctionner.
03:50Mais deuxièmement, là-dessus, vous avez évidemment, et on a l'habitude, une occurrence pour des délinquants,
03:56ce qu'on appelle classiquement des casseurs, les bas de bloc, etc.,
04:00qui viennent se greffer pour, entre guillemets, changer le sort de la manifestation.
04:06Je ne sais pas si vous ne...