Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 minutes
Jeudi 15 octobre, Hedwige Chevrillon, Ludovic De Sautez ainsi qu'Emmanuel Lechypre reçoivent Christophe Périllat, directeur général de Valeo et Luc Chatel, ancien ministre, président de la Plateforme automobile (PFA), dans l'émission La grande interview BFM la tribune sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00EFM Business, émission spéciale mondiale de l'auto, Edwige Chevrion.
00:08Bonsoir à tous, bienvenue dans cette émission spéciale consacrée au mondial de l'auto.
00:13C'est le 91e mondial de l'auto, en tous les cas ce qu'on peut dire c'est que
00:17ça a ouvert ses portes lundi,
00:18mais que le public est là au rendez-vous, on y a été tout à l'heure, je peux vous
00:23dire qu'il y a eu plein de monde,
00:24et puis aussi il y a plus de 60 marques qui sont présentes, beaucoup de Chinois justement, on en reparlera.
00:29Alors évidemment je suis avec mes deux compères, comme tous les jeudis soirs, Ludovic de Sautet,
00:33directeur de la rédaction de la Tribune, Emmanuel Lechypre, éditorialiste à BFM Business, RMC, BFM TV.
00:38Bonsoir messieurs, merci d'être là.
00:40Deux grands témoins dans cette émission, d'abord un qui est déjà en studio avec nous, c'est Christophe Perriard,
00:45c'est le patron de Valeo, c'est l'un des plus grands équipementiers mondiales.
00:48Bonsoir, merci d'être avec nous.
00:52En deux mots, Valeo c'est 21 milliards de chiffre d'affaires à peu près.
00:55Oui, 100 000 collaborateurs dans 29 pays, et on est équipementiers automobiles,
01:00donc on fournit des technologies aux constructeurs automobiles.
01:03Et puis vous êtes en plus un peu dans l'IA, vous mettez une graine de l'IA,
01:07alors les marchés achetés de votre action, vous êtes une anomalie boursière.
01:11On va revenir là-dessus dans un instant, puis après c'est Luc Châtel qui est le président
01:15de la plateforme automobile, l'ancien ministre de l'éducation nationale,
01:18qui nous fera part de ses inquiétudes.
01:20Il publie « Arrêtons le massacre », puis on écoutera le patron de Renault,
01:25le patron de Stenantis, dont les propos ont été recueillis par Justine Vassogne
01:29au Mondial de l'Auto, vous verrez, je vous ferai réagir sur ce qu'ils disent.
01:33Alors Christophe Perriard, en deux mots, vous avez dit, vous faites des phares,
01:37notamment peut-être les phares de la 2 chevaux, mais vous faites d'autres choses aussi.
01:41Oui, bien sûr, on fait des moteurs électriques, on fait des onduleurs,
01:44c'est-à-dire ce qui commande le moteur électrique, on fait des chargeurs,
01:48on refroidit, on réchauffe, on fait des phares, on fait des essuyages,
01:52on rend le véhicule autonome, c'est-à-dire qu'on a des capteurs, des calculateurs,
01:56des logiciels, voilà. Donc plein de technologies dans trois métiers.
02:00On est assez focalisés, même si je viens de citer de nombreux produits,
02:03mais on fournit beaucoup, beaucoup de technologies.
02:05Il n'y a pas une voiture dans le monde sans des produits Valeo.
02:08Waouh, ça fait rêver Emmanuel.
02:11Oui, d'ailleurs, on va commencer par là, parce que c'est quand même le salon,
02:15on va essayer d'aborder les sujets un peu durs après,
02:19mais d'abord, on aimerait bien que vous nous mettiez des paillettes un peu dans les yeux.
02:23Qu'est-ce qui vous a bluffé ?
02:27Qu'est-ce qu'il y a comme innovations qui sont apparues lors de ce salon ?
02:32Qu'est-ce qui s'accélère ?
02:33Ou bien au contraire, est-ce qu'il y a des voix qui paraissaient prometteuses
02:36et qu'ils sont moins ? Qu'est-ce qui est bluffant dans ce salon de l'automobile ?
02:41Et dans vos secrets, parce que moi j'ai eu la chance de les visiter une fois,
02:45mais Valeo, je peux vous dire que même si vous montrez pâtes blanches,
02:48on ne rentre pas dans le sein des seins où il y a toutes les innovations.
02:52Voilà, on a une zone confidentielle pour nos clients.
02:55On essaie de leur montrer les cinq ans qui viennent, les cinq ans à venir.
02:58Et ils font leur marché parmi les technologies de Valeo.
03:01Non, ce qui est frappant dans ce salon, c'est que c'est la confirmation,
03:06ça nous apporte la confirmation de ce que Valeo dit depuis dix ans.
03:09Depuis dix ans, on dit que le véhicule deviendra électrifié,
03:15on dit que le véhicule deviendra autonome,
03:18et on dit que le véhicule devient software, devient logiciel.
03:22Et ça parce que le moteur à combustion sort de la voiture.
03:25Donc avant, vous définissiez une voiture par son moteur.
03:28C'était un moteur, quand vous achetez une voiture, on vous disait
03:31il y a combien de chevaux, c'est quoi comme moteur ?
03:33Ce sont des questions qu'on ne vous pose plus.
03:35Aujourd'hui, la voiture, elle devient de l'électrification,
03:40le véhicule autonome dont j'annonce qu'il arrive maintenant,
03:43et ça c'est comme une très grande nouveauté de ce salon et de cette année,
03:47et puis ça devient logiciel, et ça change tout.
03:50Oui, mais justement, est-ce que vous êtes conscient
03:51du bouleversement anthropologique que ça provoque ?
03:54C'est-à-dire qu'en gros, la voiture, c'était la liberté,
03:57c'était l'individu.
03:59Si vous nous mettez dans des voitures autonomes,
04:04où sera encore le plaisir de la liberté de l'automobiliste ?
04:08On est en train de le réinventer, ce plaisir.
04:11Il n'y a pas de gêne à se reposer dans le futur,
04:17ou à travailler dans sa voiture,
04:19alors qu'aujourd'hui, vous conduisez.
04:21Vous aurez toujours cette liberté de mouvement,
04:24cette mobilité individuelle dont les gens...
04:25Oui, mais on ne pourra pas changer déjà plus les vitesses.
04:27On ne peut plus, je ne sais pas, prendre un virage, négocier un virage.
04:30Vous apprendrez à conduire ou être conduit par une voiture différente,
04:33et je suis absolument persuadé que vous aimerez cette expérience.
04:36Vous m'attendez, la voiture autonome, vous en parlez depuis combien de temps ?
04:38On n'est toujours pas la voiture autonome, non ?
04:39Alors moi, je n'ai jamais dit qu'elle arrivait.
04:41Je le dis maintenant, aujourd'hui, pour la première fois,
04:44en tout cas cette année, pour une raison qui est technologique.
04:47Beaucoup de gens ont annoncé la voiture autonome,
04:49vous ne l'avez jamais vue encore, cette voiture autonome.
04:51Il y a des expérimentations, mais elle n'est pas là pour vous et moi.
04:55Là, je dis qu'elle arrive dans les 5 à 10 ans,
04:58pour une raison technologique.
05:00Je suis obligé de parler un tout petit peu de techno,
05:02parce qu'on est une boîte techno.
05:04Mais dans la vie d'avant,
05:07chaque situation, vous deviez la spécifier,
05:10l'identifier et la coder avec du logiciel.
05:13Alors, qu'est-ce qui se passe ?
05:14Il y a un piéton ici, un cycliste là,
05:15qu'est-ce que fait la voiture ?
05:17Dans le monde d'après, c'est-à-dire le monde de l'intelligence artificielle,
05:20celui avec les nouveaux modèles,
05:23vous apprenez à votre voiture,
05:26vous lui apprenez à conduire.
05:28Et donc, elle va être capable de réagir à des situations
05:31que vous n'avez pas spécifiées,
05:33que vous n'avez pas identifiées,
05:34que vous n'avez pas codées.
05:35Et ça, ça change tout.
05:36Ça veut dire que la voiture a vraiment appris à conduire.
05:39On lui fait avaler des millions, des millions,
05:42des millions de kilomètres, des milliards de kilomètres.
05:44Elle va acquérir une expérience de conduite
05:46qu'aucun humain n'est capable d'accumuler dans sa vie.
05:50Et elle saura conduire mieux que vous.
05:53Et ça, c'est demain.
05:55Et demain, c'est quand ?
05:57Demain, à l'échelle d'un équipementier
05:59qui prépare les dix ans qui viennent,
06:01c'est dans les dix ans qui viennent.
06:02Et on sera encore en vie ?
06:03Oui, oui, oui, je l'espère.
06:07Dans les ruptures que vous venez de partager,
06:10c'est-à-dire les dix dernières années,
06:11la voiture software, on va le dire, pour faire vite,
06:15naturellement, il y a un point que vous ne citez pas,
06:16et là, je vais quitter un peu les paillettes,
06:18il y a la voiture qui est devenue chinoise aussi.
06:20Et ça, c'est aussi un autre sujet.
06:22Oui, c'est-à-dire que quand on se promène dans les allées,
06:24il y a des marques qu'on n'aurait pas vues
06:26il y a quelques années.
06:27Oui, bien sûr.
06:28Qu'est-ce que ça raconte ?
06:29Qu'est-ce que ça provoque pour un groupe comme Valeo ?
06:31C'est un tremblement de terre dans l'industrie automobile.
06:34Un tremblement de terre, c'est vraiment le...
06:36Oui, aujourd'hui...
06:37C'est un cauchemar chinois.
06:38La Chine était le premier marché mondial
06:41depuis très longtemps, avec 30 millions de voitures.
06:44C'est aujourd'hui le premier producteur mondial de voitures.
06:48Et c'est devenu cette année,
06:51ou peut-être l'année dernière,
06:52le premier exportateur de voitures.
06:54La Chine exportera en 2026
06:57plus de 10 millions de voitures
06:59sur un marché mondial de 90 millions.
07:01Mais tout à l'heure, vous disiez que dans toutes les voitures,
07:02il y avait du Valeo, y compris dans les voitures chinois.
07:04Oui, bien sûr.
07:05Parce que nous, on est équipementier,
07:06on sert tous les constructeurs.
07:07On est en Chine depuis 30 ans.
07:10Quand on est arrivé en Chine, en 1994,
07:12il s'y produisait 250 000 voitures.
07:14Voilà, on a été là le premier jour.
07:17Et on est encore là aujourd'hui.
07:18Et on participe à...
07:21Ce qui veut dire que toutes les voitures chinoises
07:23ont du Valeo en elles.
07:24Oui, bien sûr.
07:25Autant qu'une voiture européenne ?
07:26Non, pas autant.
07:27Le contenu par voiture n'est pas exactement le même.
07:29Mais évidemment, on n'a pas la même relation
07:31avec un nouveau constructeur chinois
07:33qu'on a établi avec des marques
07:36et des constructeurs qui sont historiques.
07:39Mais on travaille beaucoup
07:42pour parvenir à avoir des contenus par voiture
07:44qui soient les mêmes.
07:45Mais est-ce que vous êtes neutre
07:46dans la bagarre entre les constructeurs européens
07:49et les constructeurs chinois ?
07:51Ou est-ce que vous avez quand même une préférence
07:52pour les constructeurs européens ?
07:54Et est-ce que vous vous dites
07:54qu'il faut qu'on se protège quand même
07:57d'une certaine façon
07:58pour durcir les conditions d'accès
08:00au marché européen ?
08:01Moi, je suis très clair sur le sujet.
08:02Et d'ailleurs, je crois que j'ai commencé
08:04cette campagne chez vous
08:06il y a deux ans
08:07pour un contenu européen
08:11minimum sur les voitures.
08:13Pour expliquer les choses clairement
08:16Valeo est partout dans le monde.
08:1829 pays, je le disais tout à l'heure.
08:19On est en Chine, on est en Europe.
08:21On va y venir là aussi, mais ensuite.
08:24La Chine de Valeo
08:25est 35% plus compétitive
08:27que l'Europe de Valeo.
08:29On produit quelquefois le même produit
08:31dans une usine...
08:32Allez, je ne vais pas prendre la France et l'Allemagne
08:34parce que vous allez me dire
08:34que j'ai biaisé l'exemple
08:36avec des pays qui sont plus chers
08:38en Europe que d'autres.
08:39Donc je prends un produit en Pologne,
08:40je prends un produit en République Tchèque.
08:42On le fabrique.
08:43On connaît son coût.
08:44Vous imaginez l'industrie automobile,
08:45on connaît son coût au centime près.
08:47Et puis on le produit de la même manière
08:49en Chine.
08:49On a 35% d'écart aujourd'hui en Pologne.
08:52Mais comment ça se fait ?
08:53Parce que la part de la main d'œuvre
08:55n'est pas si grande que ça.
08:57Qu'est-ce qui explique cette différence ?
08:58Mais tout est moins cher.
09:00L'électricité est moins chère.
09:01L'énergie est moins chère.
09:03Bien sûr, les salaires, etc.
09:04Mais les composants que vous achetez
09:06sont également moins chers.
09:08Les investissements sont moins chers.
09:10Les bâtiments sont moins chers.
09:11Tout est moins cher.
09:11Et ce n'est pas seulement l'industrie automobile.
09:13Vous connaissez très bien l'économie et l'industrie.
09:16Aujourd'hui, c'est toutes les industries
09:19qui sont traversées par le même diagnostic.
09:21L'Europe a perdu 35% de compétitivité
09:23par rapport à la Chine en 5 ans.
09:25Pourquoi ?
09:25Parce qu'on a eu 5 ans de déflation continue en Chine.
09:28Et dans le même temps,
09:29on a eu 5 ans d'inflation continue en Europe.
09:32Et probablement, on est en train de remettre une pièce dans la machine.
09:37Donc, quand on dit ça, moi, ma bataille,
09:39ce n'est pas constructeur chinois ou constructeur européen.
09:43Parce que je suis pour la compétition.
09:45C'est emploi européen ou emploi chinois.
09:48Avec cette idée qui est assez simple de dire
09:50un véhicule qui va être vendu en Europe
09:53doit être assemblé en Europe
09:55avec des composants produits en Europe.
09:59Donc, un vrai contenu local européen.
10:02Et vous allez me dire, je suis protectionniste.
10:03Et je vais vous répondre non.
10:05Parce que je regarde autour du monde.
10:07On est partout dans le monde.
10:08Je regarde ce que font les Américains.
10:10L'Amérique du Nord.
10:12Pour qu'une voiture soit vendue en Amérique du Nord,
10:14il faut qu'elle ait 75% de contenu local.
10:16Et le président Trump va monter ça à 82%.
10:19Pour qu'une voiture soit vendue en Inde,
10:21il faut qu'elle ait 80% de contenu local.
10:24Pour qu'elle soit vendue au Mercosur,
10:25il faut qu'elle ait 55% ou 60% de contenu local.
10:27En Chine ?
10:28En Chine, de fait, c'est 100%.
10:30De fait, c'est 100%.
10:32Puisque nous avons tous été incités
10:34à y aller pour y produire localement
10:37depuis 30 ans.
10:38La seule région du monde
10:40qui ne se protège pas,
10:42la seule qui n'exige pas
10:44pour l'automobile
10:45que les véhicules y soient produits
10:48avec du contenu local,
10:49c'est l'Europe.
10:51Et donc, c'est ce qu'il faut changer.
10:52D'où le combat que moi,
10:54j'ai mené depuis deux ans.
10:56Et aujourd'hui, on reboucle la boucle
10:58puisque je pense qu'on est tout près
11:00d'un accord franco-allemand sur le sujet
11:02pour qu'une voiture européenne
11:04ait un contenu européen
11:06et soit assemblée en Europe.
11:07Comment vous expliquez ce retard européen,
11:10ce temps perdu pour comprendre
11:12ce jeu de la concurrence biaisée ?
11:13Je ne m'intéresse pas tellement
11:15à cette question.
11:16Je m'intéresse au fait
11:18qu'on y est arrivé.
11:20Voilà.
11:20Il y a deux ans.
11:20Alors, est-ce qu'on y est arrivé ?
11:22Parce que même, pour l'instant,
11:23on parle de 70%.
11:24Vous, vous dites,
11:25il faudrait 75%.
11:27Non, j'ai dit 75%.
11:28Donc, de fait,
11:29de produits en Europe.
11:31Non, 70, c'est bien.
11:32Attendez.
11:33Aujourd'hui, on n'a rien.
11:35On est d'accord.
11:35Il n'y a rien qui protège
11:37l'industrie automobile européenne.
11:39Ayez en tête que
11:41beaucoup d'industries sont parties.
11:43Il n'y a pas un téléphone portable
11:45produit en Europe.
11:47Il n'y a pas un ordinateur
11:48assemblé en Europe.
11:49Beaucoup d'industries sont parties.
11:51L'électronique est partie.
11:54L'industrie automobile,
11:56c'est la première industrie en Europe.
11:58Et elle n'est pas délocalisée.
12:01Donc, avant de parler de réindustrialisation,
12:04il faut arrêter les délocalisations.
12:06Et donc, il faut maintenir
12:07la première industrie européenne
12:09qui est l'automobile
12:10en Europe.
12:11Il faut maintenir les jobs,
12:12il faut maintenir les emplois en Europe.
12:14Et ça, ça s'appelle le contenu local.
12:15Mais ça veut dire qu'il faudra
12:16quand même, malgré ça,
12:19faire un effort
12:20pour réduire cet écart
12:21de compétitivité
12:23que vous avez indiqué
12:24entre l'Europe et la Chine.
12:26C'est-à-dire qu'il faudra bien
12:27regagner 15-20 points
12:29de compétitivité.
12:31Comment on fait ?
12:32On fait notre travail.
12:33Les industriels font ce travail
12:34depuis la nuit des temps.
12:36On travaille tous les jours
12:38sur la compétitivité.
12:39Mais vous posiez la question,
12:40pourquoi il a fallu deux ans ?
12:42Parce que c'est un changement
12:43fondamental de doctrine.
12:45La doctrine de l'Europe,
12:46ça a toujours été
12:47la défense du consommateur
12:49et la recherche du prix le plus bas.
12:52Et aujourd'hui,
12:53on se dit que la bonne doctrine,
12:55en tout cas,
12:56le changement de doctrine
12:57qu'on voit apparaître
12:58pour la première fois
12:59avec ce projet de texte
13:00de la Commission,
13:01c'est la défense des industriels,
13:05la défense de l'emploi,
13:06la défense des entreprises.
13:07Et donc,
13:07c'est une révolution doctrinale.
13:11C'est pour ça que ça prend
13:11un petit peu de temps.
13:12Et Christophe Berriard,
13:13juste une question,
13:14parce qu'on dit que l'accord
13:16est quasiment bouclé.
13:17On attend la prémature des Allemands.
13:20Alors, il y a des questions politiques,
13:22parce que là-bas,
13:22il y a une coalition,
13:23c'est compliqué.
13:24Mais si on reste sur le plan industriel,
13:26est-ce que vos confrères
13:29concurrents allemands
13:30sont sur la même longueur d'onde
13:31que vous ?
13:32Mais aujourd'hui, oui.
13:34Au sommet,
13:35donc mardi matin,
13:36vous allez passer quelques extraits.
13:37Vous avez entendu Antonio Filosa,
13:39le patron de Stellantis,
13:40dire « il faut du made in Europe ».
13:42C'est l'autre mot de contenu local.
13:44Vous avez entendu Oliver Blume,
13:46le patron de Volkswagen,
13:47dire « il faut du made in Europe ».
13:49Vous avez entendu
13:49tous les patrons allemands dire
13:53« il faut du made in Europe ».
13:54Donc aujourd'hui,
13:55dans la filière automobile,
13:58il y a un accord,
13:59il y a un consensus
14:01pour mettre en œuvre en Europe
14:02du made in Europe.
14:04Oui.
14:04Alors maintenant,
14:04la question qu'on peut se poser,
14:06et après je passerai la parole,
14:07évidemment, à Ludovic,
14:09c'est « est-ce qu'on peut produire en France ? »
14:11Est-ce que c'est encore possible ?
14:12Et à quelles conditions ?
14:14Je vous propose d'écouter
14:15François Prouveau,
14:16qui est le directeur général de Renault.
14:18Il a dit « moi,
14:19Renault, on joue à la carte France,
14:21mais il y a un mot,
14:23on l'écoute,
14:24et puis après vous allez nous dire
14:25comment vous réagissez,
14:27et Ludovic ira vous poser la question. »
14:31Face à cette crise existentielle,
14:33que faisons-nous ?
14:33Allons-nous nous contenter de gémir,
14:35de quémander des aides ?
14:37Certainement pas.
14:38Si nous demandons
14:39que l'Europe change de cap,
14:40nous avons le devoir
14:41d'apporter nous-mêmes,
14:42sur le terrain,
14:44la preuve indiscutable
14:45de notre résilience.
14:49La preuve par le produit d'abord,
14:51la preuve par l'ancrage
14:52français-européen ensuite,
14:54la France est et restera
14:55le cœur battant de Renault Group.
14:57Près de 40% de nos salariés,
14:5922% de nos ventes,
15:01la moitié de notre R&D mondiale
15:03sont ici, en France.
15:05Nous y avons investi
15:0713 milliards d'euros depuis 2021,
15:09et nous réinvestirons
15:10plus de 10 milliards d'euros
15:11d'ici 2030,
15:12si les conditions économiques,
15:14sociales et politiques
15:16le permettent.
15:18Important, donc,
15:18François Provo,
15:19le directeur général de Renault.
15:21Christophe Perria,
15:22quand on entend Renault,
15:23est-ce que c'est un scénario
15:24crédible possible ?
15:26Oui, il a raison.
15:27Il a raison,
15:28mais là, je parle de la possibilité,
15:29Il y a pas mal de bains, quand même.
15:31Il y a des bains,
15:32mais je viens d'expliquer
15:34pourquoi moi,
15:35je me bats pour l'emploi européen,
15:37mais on se bat aussi
15:37pour l'emploi français.
15:39Valeo, de la même manière
15:41que ça a été exprimé
15:42par François Provo
15:42est une entreprise française,
15:45ancrée en France,
15:46avec une quantité de recherche
15:49et de développement
15:49et d'innovation
15:50très importante en France.
15:53Regardez notre dispositif industriel,
15:55on a une vingtaine d'usines en France.
15:56Quand la France produisait
15:59plus de 3 millions de voitures,
16:01on avait une vingtaine d'usines.
16:03Aujourd'hui,
16:04on en produit un million trois,
16:06on a toujours une vingtaine d'usines.
16:08Sauf qu'on exporte
16:10depuis nos usines
16:1180% de notre production française
16:13en dehors de France,
16:14en Europe.
16:15Donc oui,
16:16on porte à bout de bras
16:18nos usines françaises.
16:20Mais aujourd'hui,
16:20si vous aviez à construire
16:20une nouvelle usine,
16:21vous la construirez où ?
16:23On la construirait...
16:24Ailleurs ?
16:25Bien sûr.
16:26Bien sûr.
16:26Donc aujourd'hui,
16:27on porte à bout de bras
16:28nos usines françaises,
16:29on les modernise,
16:30on les automatise,
16:32on y met
16:33les meilleures technologies,
16:34on essaye d'y mettre
16:34des produits
16:35à plus forte valeur ajoutée.
16:37Mais évidemment,
16:39on est en concurrence.
16:40Chaque appel d'offres
16:41de Valeo,
16:42sur chaque appel d'offres
16:43sur lequel nous nous battons,
16:45on est en concurrence
16:45avec une boîte indienne,
16:47avec un concurrent chinois,
16:48avec un concurrent coréen,
16:50avec un concurrent,
16:51je ne sais pas,
16:52allemand,
16:53etc.
16:54Donc,
16:54c'est une industrie
16:56qui demande
16:58une compétitivité considérable.
17:00Je me rappelle,
17:00vous avez 149 usines,
17:01donc vous avez dit
17:02une vingtaine d'usines
17:04en France.
17:05Vous dites que
17:06vous les portez
17:07à bout de bras,
17:08c'est quand même
17:08une expression très forte.
17:10Vous aviez,
17:10je crois que c'est en juillet 2020,
17:12vous aviez annoncé
17:13beaucoup de suppressions
17:14d'emplois,
17:14deux par le monde,
17:15mais notamment
17:162000 en France.
17:18Est-ce que vous allez
17:19continuer
17:20à supprimer
17:21des emplois en France ?
17:22Est-ce que vous allez
17:23fermer des usines
17:24en France ?
17:24Parce que porter à bout de bras,
17:26il y a un moment,
17:26c'est trop lourd.
17:28On a fait beaucoup de travail
17:29pour rationaliser
17:31notre site de production
17:32et je suis coutume
17:34de dire que l'emploi,
17:34ce n'est que la conséquence
17:36de l'activité.
17:36Donc,
17:37quelle sera l'activité
17:37en 2027 ?
17:39Que va dire
17:40l'accord franco-allemand
17:41exactement dans ses détails ?
17:43De quelle manière
17:44ça va protéger
17:45l'emploi français
17:46et l'emploi européen ?
17:46On ne peut pas répondre
17:47encore aujourd'hui
17:48à ces questions,
17:49mais on fait ce qu'il faut
17:50pour moderniser nos usines,
17:52pour les mettre
17:52au même niveau
17:54que l'ensemble
17:55des usines
17:56que nous avons ailleurs.
17:57Maintenant,
17:58oui,
17:59on a un certain nombre
18:00de boulets au pied.
18:02L'équation de Valeo,
18:03c'est une équation
18:04qui est connue.
18:04On a 12%
18:05de nos effectifs,
18:0611% de nos effectifs
18:08en France.
18:09On y a 30%
18:10des charges sociales
18:11mondiales
18:11que nous payons.
18:12Voilà.
18:13Donc,
18:1311% des effectifs,
18:1530% des charges sociales.
18:17Il y a un sujet.
18:18Et je pense que ce sujet,
18:20il faut le porter
18:20sur la place publique
18:21et puis il faut y travailler.
18:23On ne va pas passer
18:24de 30% à 20%
18:26en 2 ans,
18:27en 5 ans.
18:27Mais il faut d'abord
18:29regarder les choses en face,
18:30il faut se dire les choses
18:31et puis après,
18:32il faut travailler.
18:33Dans les nombreux défis
18:34que vous décrivez,
18:36il y a l'écart de 35%,
18:37on va dire,
18:38en termes de coût de production.
18:40À la fin,
18:41qui va payer cet écart ?
18:43Parce qu'on voit bien
18:44que ce mondial
18:45est quand même orienté
18:45sur la bataille
18:47de la bagnole abordable.
18:48quelque part.
18:49C'est une bataille
18:50que l'Europe peut livrer
18:51aujourd'hui ?
18:52Oui,
18:52parce que justement,
18:53cette industrie automobile européenne,
18:55elle n'est pas encore partie.
18:57Elle n'est pas encore partie.
18:59Mais elle peut arriver
18:59en compétitive
19:00sur les prix.
19:02Le pourcentage aujourd'hui,
19:04le pourcentage de contenu local
19:06d'une voiture européenne,
19:07c'est 70%.
19:08Si demain,
19:10il y a,
19:10et je pense que demain,
19:12il y aura un règlement européen
19:14pour dire
19:14qu'il faut maintenir les 70%,
19:17vous n'augmentez pas le coût,
19:18vous comprenez bien,
19:19puisque c'est un statut quo.
19:21Mais après,
19:21nous, nous travaillons,
19:22et c'est notre métier
19:23d'équipementier,
19:24nous travaillons pour faire baisser
19:25le coût de la voiture
19:27en améliorant
19:28les technologies.
19:30A chaque génération
19:31de véhicules électriques,
19:32vous voyez aujourd'hui
19:33qu'on baisse le coût de la voiture
19:35et donc des composants Valeo
19:37qui sont à l'intérieur
19:38de 10 à 20%
19:39à chaque génération.
19:40Donc ce travail,
19:41nous le faisons collectivement
19:43dans la filière.
19:44Mais le fait que les constructeurs
19:45européens soient allés
19:46sur des modèles électriques
19:47plutôt haut de gamme,
19:49alors qu'aujourd'hui,
19:50on voit bien que les pouvoirs publics
19:51sont prêts à encourager
19:53la fabrication
19:54de petites voitures électriques,
19:55la voiture à 10 000 euros,
19:57est-ce que ça a été
19:57une erreur stratégique
19:59ou est-ce que c'était
20:02parce que finalement
20:03on n'avait pas les atouts
20:04pour être capable
20:05de fabriquer
20:05des petites voitures compétitives ?
20:07Ce qui était quand même
20:07le point fort
20:08des constructeurs français
20:09notamment.
20:10Oui, mais je ne vous rejoie pas forcément.
20:11Vous avez une magnifique
20:12C3 électrique,
20:14vous avez une R5 électrique
20:17qui a d'ailleurs
20:17beaucoup de succès,
20:18qui est une voiture formidable,
20:19vous avez la R4,
20:20la nouvelle R4
20:21qui est électrique.
20:22Donc il y a
20:22des petites voitures électriques
20:24dont encore une fois
20:25le coût,
20:25parce que le coût
20:26du véhicule électrique
20:27va continuer à baisser
20:29génération après génération
20:30parce qu'on fait
20:31sur les conceptions,
20:32on fait des progrès
20:34qui sont considérables
20:35et puis parce qu'on est
20:36une industrie de volume
20:37et que les volumes augmentent.
20:39Vous avez vu
20:39les ventes de voitures électriques
20:43en France
20:44ces deux, trois derniers mois,
20:45on commence à être proche
20:47ou au niveau de 50%.
20:48Le moteur thermique
20:49c'est définitivement condamné
20:50pour vous,
20:51il n'y a pas de...
20:51Il n'y a pas de retour
20:52en arrière,
20:53une demi-mesure.
20:54Il n'y a pas de nouvelles
20:55technologies
20:56qui seraient susceptibles
20:57d'offrir encore
20:58une alternative ?
21:00Non,
21:01il n'y a qu'une manière
21:02de décarboner la mobilité,
21:03c'est l'électrique
21:05et l'électrique,
21:06ça ne sera pas l'hydrogène.
21:08Nous on le dit
21:08depuis dix ans.
21:09Donc il faut oublier
21:10la voiture hydrogène,
21:11en tout cas c'est notre position,
21:13c'est le pari qu'on a fait
21:14parce que ça tient...
21:16parce que ça n'a pas
21:17la performance
21:20que peut avoir
21:20une voiture électrique
21:21à batterie.
21:22Donc oui,
21:22l'avenir c'est la voiture
21:24électrifiée.
21:25Alors après on peut
21:25le décliner en 2035,
21:27on n'est pas obligé
21:27d'avoir 100%
21:28de véhicules électriques,
21:30on peut avoir
21:31une part d'hybride
21:33quand vous avez
21:34un véhicule hybride.
21:35Vous croyez en hybride ?
21:36Oui, bien sûr.
21:37D'accord.
21:37Il y a des constructeurs
21:39qui n'y croient plus.
21:39Oui mais vous n'avez peut-être
21:40pas le même usage
21:41de votre voiture que moi,
21:42je ne sais pas
21:43où vous allez le week-end,
21:44si vous restez chez vous
21:45en région parisienne
21:46ou si vous avez l'habitude
21:46de partir,
21:47vous n'allez pas avoir
21:48le même besoin,
21:49donc il faut une voiture
21:50pour chaque usage
21:51et tout le monde
21:52ne se convertira pas
21:54instantanément
21:54au véhicule électrique.
21:55Un véhicule hybride
21:57rechargeable
21:57avec une batterie,
21:58une autonomie
21:59de plus de 100 km,
22:00ça fait le job
22:01du lundi au vendredi
22:03et puis ça vous permet
22:04de partir
22:05où vous voulez
22:06le week-end
22:06et vous réduisez
22:08les émissions de CO2
22:08de 90%.
22:09Quelle autre industrie
22:11a fait le travail
22:13et la réduction
22:14des émissions de CO2
22:15que l'industrie automobile
22:17est en train de faire ?
22:17C'est ce que l'industrie
22:19fait et est remarquable.
22:20Une petite question,
22:20Christophe Périat,
22:21parmi les stars du Mondial,
22:23on en parlait tout à l'heure,
22:23il y a la 2 chevaux électrique.
22:25J'avais envie de dire
22:27la Due Cavalli
22:28puisqu'elle va être produite
22:29en Italie.
22:30Est-ce que Valeo
22:30va être dedans ?
22:32Est-ce que ça vous fait mal
22:32au club ?
22:33Une 2 chevaux soit produite
22:34en Italie ?
22:34Déjà, il y a un produit
22:35sur lequel on souhaiterait
22:36vraiment être dedans,
22:37c'est le phare.
22:39Pourquoi ?
22:39Parce que depuis 1948,
22:41je crois que c'est en 1948
22:42que la 2 chevaux a été créée.
22:44Depuis 1998,
22:46on a fait tous les phares
22:47de toutes les 2 chevaux,
22:49sous des marques différentes
22:49parce qu'on s'est appelé
22:50Sibier,
22:51on s'est appelé Marshall,
22:52on s'est appelé Dusselier.
22:53Et puis maintenant,
22:54on s'appelle Valeo,
22:56mais c'était la même société,
22:57c'est la même boîte
22:58et donc on a fabriqué
22:59tous les phares.
23:00On va travailler dur.
23:02Vous n'êtes pas sûr
23:04que ce sera vous ?
23:04Oui, c'est ça qui est incroyable.
23:05Ce n'est pas encore
23:06totalement décidé.
23:07Attendez,
23:07elle est présentée au salon,
23:09c'est la vedette.
23:10C'est un concept car.
23:11Je suis d'accord,
23:11mais enfin,
23:11il dit que ça sera prêt
23:12dans deux ans
23:13et il n'y a toujours pas la...
23:14Deux ans,
23:15c'est le temps qu'il nous faut
23:16pour industrialiser.
23:19Donc,
23:19les décisions d'achat
23:20vont être prises rapidement
23:22et j'espère qu'on sera
23:23le fournisseur de phare.
23:24En tout cas,
23:25on va se battre pour l'être.
23:26Vous avez dit tout à l'heure
23:27à Christophe Péria
23:28que vous étiez en concurrence
23:29forcément avec des Chinois,
23:33des Indiens,
23:34etc.,
23:34d'autres équipementiers.
23:36En France,
23:36il y a...
23:37Alors,
23:37vous ne faites pas tous
23:38la même chose,
23:38mais grosso modo,
23:39il y a trois équipementiers.
23:40Il y a vous,
23:41il y a Valeo,
23:42il y a Forvia
23:42et puis il y a OP Mobility
23:45d'une certaine manière.
23:46Est-ce qu'il y a un moment
23:47où on ne peut pas avoir
23:48une force France,
23:49une seule force de frappe,
23:50une restructuration,
23:51un rapprochement
23:52entre les trois
23:53ou au moins entre les deux ?
23:55Non,
23:55je ne crois pas
23:56que ça ait de sens.
23:57Qu'est-ce qui a du sens ?
23:58C'est pour nous.
23:59Dans notre métier,
24:01c'est d'avoir,
24:02sur les produits que nous faisons,
24:03sur les technologies
24:04que nous développons,
24:04c'est d'avoir une part
24:05de marché importante.
24:07Donc,
24:08grossir pour multiplier
24:10le nombre de produits
24:10et de technologies,
24:11ça n'a pas de sens.
24:12Par contre,
24:13dans les technologies
24:14que vous avez choisies,
24:15et nous,
24:16on en a trois,
24:17comme vous l'avez dit
24:18au tout début
24:18de cet entretien,
24:21avoir la part de marché
24:23qui soit la plus importante,
24:24être leader mondial,
24:26finalement,
24:26sur chacune des technologies,
24:27a beaucoup plus de sens
24:28qu'être un numéro 3,
24:304, 5,
24:30de beaucoup de produits,
24:32d'avoir tous les produits
24:33de la voiture.
24:34Donc,
24:34ce qui nous intéresse,
24:35en tout cas,
24:36notre stratégie,
24:36dans l'automobile,
24:37parce qu'on fait aussi,
24:38vous l'avez dit tout à l'heure,
24:39des produits en dehors,
24:40on va faire des produits
24:41en dehors de l'automobile.
24:42C'est la dernière question là-dessus.
24:43Notre stratégie,
24:45c'est d'être numéro 1 mondial
24:46sur chacun des produits de Valeo.
24:48Oui.
24:48Cela semble donner
24:49la nouvelle diversification
24:50dans l'intelligence artificielle
24:52qui plaît tant au marché.
24:54Ça consiste en quoi exactement ?
24:56À part l'habillage,
24:57on comprend,
24:58vous avez raison.
24:59Non,
24:59mais c'est une idée super simple.
25:01Qu'est-ce qui,
25:02aujourd'hui,
25:02définit Valeo ?
25:03Est-ce que c'est dire
25:04qu'on est un équipement
25:05anti-automobile ?
25:06Et j'ai commencé par ça
25:06dans une dernière série.
25:08Ou est-ce que ce sont
25:08les technologies
25:09que nous avons développées
25:11qui sont finalement premières
25:12par rapport à l'industrie
25:15dans laquelle nous avons choisi
25:16d'appliquer ces technologies ?
25:18Or,
25:19voilà,
25:19encore une fois,
25:19quand la voiture
25:20c'était le moteur,
25:21c'était assez facile.
25:22Voilà,
25:22l'automobile c'était le moteur.
25:24Mais aujourd'hui,
25:24les technologies,
25:26c'est l'électrification,
25:27les technologies,
25:27c'est le logiciel,
25:28les technologies,
25:29c'est l'intelligence artificielle.
25:31Et ces technologies-là,
25:32elles ne sont pas automobiles.
25:34Elles peuvent être déployées
25:35dans beaucoup d'autres secteurs
25:36et en particulier
25:37dans les centres de données,
25:38mais pas seulement.
25:39On fait de la défense,
25:40on va faire des composants
25:42pour les humanoïdes,
25:42on va faire plein de choses
25:43parce que nos technologies
25:46qui sont vraiment très avancées
25:49sont utiles
25:49et peuvent être déployées
25:51dans d'autres secteurs.
25:52Donc,
25:52il faut refroidir
25:53les centres de données.
25:55Les centres de données
25:55vont marcher avec du 800 volts.
25:58800 volts vont être alimentés
25:59par du 800 volts.
26:00C'est la technologie
26:01de l'automobile.
26:02Donc,
26:02vous voyez,
26:02il y a une convergence
26:03des technologies
26:04entre l'automobile
26:06et le reste des industries.
26:07Au-delà de la convergence,
26:08c'est aussi une forme
26:08de diversification
26:10par rapport à un secteur automobile
26:11qui, quand même,
26:12patine.
26:12On ne va pas se mentir.
26:13Oui, bien sûr.
26:14C'est une réponse
26:16au fait que notre marché
26:17ne croit plus.
26:19Donc,
26:19si vous êtes sur un marché
26:20qui ne croit plus,
26:21qu'est-ce que vous faites ?
26:22Un,
26:22vous augmentez votre contenu
26:23par voiture.
26:24Le chiffre d'affaires,
26:24c'est le nombre de voitures
26:25fois le contenu.
26:26Donc,
26:26on augmente les contenus.
26:27Donc,
26:27on est très technologique.
26:28Donc,
26:28on s'est mis sur les technologies
26:30de demain.
26:31Ça,
26:31c'est le premier axe.
26:32Et puis,
26:32ces technologies
26:33qu'on a déployées,
26:34développées,
26:35on les déploie
26:36sur tout un tas
26:37d'autres secteurs
26:37qui utilisent
26:38les mêmes technologies.
26:39On a près de 8000
26:41ingénieurs logiciels.
26:42On a 200 ingénieurs
26:43en intelligence artificielle.
26:45En France ?
26:45Pardon,
26:46excusez-moi de sortir
26:47de ce moment.
26:47Oui,
26:48les 200 en intelligence artificielle.
26:50Pas tous les ingénieurs,
26:52mais sur la cybersécurité,
26:54on en a 100.
26:55Sur l'intelligence artificielle,
26:56on en a 200.
26:57Oui,
26:57ils sont principalement en France.
26:58Une petite question,
26:59parce qu'on parlait tout à l'heure
27:00avec Emmanuel de la voiture
27:01abordable,
27:02c'est un défi de la voiture
27:03d'ailleurs plus à 15 000 euros
27:05qu'à 10 000 euros,
27:05c'est un peu le seuil.
27:07Moi,
27:07j'incluais les ristournes.
27:08Oui,
27:08bien sûr.
27:10Les aides gouvernementales.
27:12Au-delà de ça,
27:13on a quand même tous constaté
27:14que la voiture est un produit
27:15qui a été victime
27:16fortement d'inflation,
27:17que ça va devenir
27:18un objet très technologique
27:19dans lequel,
27:19dès qu'on s'assoit,
27:20il y a 40 trucs qui bipent,
27:2250 écrans qui s'allument
27:23et tout ça.
27:24C'est un défi
27:25pour un équipement entier
27:25d'aller vers une voie,
27:26de resimplifier la voiture
27:28parce que ça va être
27:28une perte de marge
27:29pour vous,
27:29des voitures plus simples demain.
27:31C'est moins d'équipement aussi.
27:32Non,
27:32nous,
27:33notre métier,
27:33c'est de développer
27:34les technologies
27:34et de les amener
27:35sur toutes les voitures.
27:37Oui,
27:37mais demain,
27:38on va probablement
27:40faire un modèle de voiture
27:41un peu plus simplifié.
27:42C'est-à-dire que vous pouvez
27:43éventuellement mordre
27:44sur un truc
27:45sans qu'elle vous hurle
27:46dans les oreilles,
27:46vous voyez ?
27:47Vous voyez ce que je veux dire ?
27:50Qui a inventé
27:51ce bip sur les ceintures ?
27:53Vous voyez,
27:54chacun,
27:54on peut tous le faire là.
27:55C'est facile pour moi
27:56parce qu'on ne fait pas
27:57de ceinture.
27:58Mais on a...
28:01Un petit 1,
28:02il faut décarboner
28:03la mobilité.
28:04On est tous d'accord
28:05que les émissions de CO2,
28:06il n'en faut plus.
28:07C'est ce que la voiture
28:08est en train de faire.
28:09Petit 2,
28:10il y a 1,3 million de morts
28:11sur la route
28:12tous les ans dans le monde
28:13et 50 millions de baissés.
28:14Il faut arriver
28:15à une voiture
28:16qui soit parfaitement sûre
28:19où vous allez
28:19d'un point A
28:20à un point B
28:22sans accident
28:23et sans blesser personne.
28:24Ça veut dire
28:25qu'on retire l'humain
28:25de la conduite,
28:26on va dire.
28:26Et pas seulement
28:27la personne qui est
28:28dans la voiture,
28:28mais toutes les personnes
28:29vulnérables
28:30qui sont au tour,
28:31les piétons,
28:31les cyclistes
28:32et ça,
28:33c'est les technologies
28:33de Valeo.
28:34Donc celles-là,
28:35il faut les garder
28:36dans la voiture.
28:36Vous avez quoi
28:37comme voiture ?
28:38J'ai une DS8.
28:39D'accord,
28:39ok.
28:40Vous n'êtes pas une chinoise ?
28:41Non,
28:41j'ai une DS8.
28:42D'accord.
28:43Merci beaucoup
28:44parce que le Mondial
28:45de l'Auto vous réclame.
28:46Merci d'être venu ici
28:46en studio
28:47à Christopher Perrier
28:48parce qu'on sait
28:48que vous êtes tous
28:48extrêmement sollicités
28:50dans un instant.
28:51Justement,
28:51c'est Luc Châtel
28:52qui sera avec nous
28:53puis on écoutera
28:54Antonio Filosa,
28:55donc le patron
28:56de Stellantis.
28:57Toujours sur cette question,
28:58qu'est-ce qu'on peut faire
28:59pour sauver notre industrie
29:00automobile ?
29:01A tout de suite.
29:02EFM Business,
29:03émission spéciale
29:05mondiale de l'auto.
29:06Edwige Chevrion.
29:10Retour dans cette émission spéciale
29:11toujours avec Ludovic de Sautet
29:13et Emmanuel Le Chypre.
29:14On a parlé beaucoup
29:16avec Christophe Perrier
29:16de comment faire
29:18peut-être pour sauver
29:18l'industrie automobile française
29:20et puis surtout
29:20comment on peut continuer
29:21à produire en France.
29:23Il a peut-être trouvé
29:23la solution,
29:24je ne sais pas
29:24ce que vous en pensez
29:24messieurs,
29:25en parlant de l'intelligence
29:26artificielle,
29:28une vraie diversification,
29:29c'est sans doute
29:30par là que ça se passe.
29:31Mais je vous propose
29:32d'écouter tout de suite
29:33Luc Châtel.
29:34Lui,
29:34il est ancien ministre
29:35de l'éducation nationale,
29:36bien sûr,
29:36il est président
29:37de la plateforme automobile.
29:39On l'a rencontré
29:39juste avant
29:40cette émission
29:41au Mondial de l'Auto
29:42parce qu'il ne pouvait
29:43pas venir ici,
29:44il avait rendez-vous
29:45avec tous les ministres
29:46qui défilent.
29:47Intéressant d'abord
29:48vous poser la question
29:49comment ça se passe
29:50ce salon de l'auto.
29:51On l'écoute
29:51et puis après
29:52on se retrouve
29:52avec Ludovic et Emmanuel.
29:55Bonjour Luc Châtel.
29:56Bonjour.
29:57Merci d'être avec nous
29:58ancien ministre,
29:59vous êtes président
29:59de la plateforme automobile.
30:01Vous êtes un peu clé aussi
30:02ici au salon mondial
30:05de l'automobile.
30:05On est à peu près
30:07à aller à mi-course
30:08puisque ça a ouvert
30:09lundi dernier.
30:10Mi-course,
30:11est-ce que vous diriez
30:12que c'est un salon
30:14mondial plutôt réussi ?
30:15Nous sommes très satisfaits
30:17l'ensemble de la filière
30:18automobile française
30:19parce que d'abord
30:21nous avons beaucoup plus
30:22d'exposants
30:23qu'il y a deux ans,
30:2450% de plus.
30:25Ensuite,
30:26parce que nous avons
30:26beaucoup de nouveautés,
30:27d'innovations,
30:29de produits
30:30qui font rêver.
30:30on revient aux origines
30:33du mondial de l'auto
30:33et ensuite parce que
30:35c'est un grand succès
30:36populaire.
30:36C'est la fête
30:37de l'automobile.
30:38Vous retrouvez le partage
30:40de cette passion
30:41des gens de tous horizons
30:43qui viennent partager
30:44ici pendant quelques heures
30:46leur passion de l'automobile.
30:48Mais juste avant le salon,
30:50je vais vous citer,
30:51vous avez dit,
30:52attention,
30:53il est moins,
30:53minuit moins une.
30:55vous aviez tiré
30:56la sonnette d'alarme,
30:58vous avez dit
30:58c'est une parenthèse
30:59enchantée
30:59dans un océan
31:00de désolation.
31:02Vous avez même publié
31:03un livre qui s'appelle
31:04Arrêtons le massacre
31:04chez Flammarion.
31:06Bon, on ne peut pas dire
31:07que ça soit tout rose ici
31:08même s'il y a beaucoup
31:09de gens autour de nous
31:10notamment.
31:11Non, c'est ce que
31:11vous disiez,
31:13que j'ai évoqué
31:13la semaine dernière,
31:14c'est que faisons en sorte
31:15que ce salon ne soit pas
31:16cette parenthèse enchantée
31:18où effectivement
31:19c'est un rendez-vous
31:21où l'ensemble
31:22des amoureux
31:22de l'automobile
31:22se retrouvent,
31:23mais tout ça
31:24dans un contexte
31:25horriblement difficile
31:26pour la filière industrielle
31:27en Europe.
31:29Je rappelle que
31:30le marché
31:31est à moins 25%
31:32par rapport
31:33à 2019,
31:34qu'on a perdu
31:35un volume
31:36de 3 millions
31:36de voitures en Europe,
31:38on a perdu 50 000 emplois
31:39en France
31:39dans l'industrie automobile
31:40depuis 5 ans.
31:42Donc tout ça,
31:42c'est un contexte
31:44qui est horriblement difficile
31:45pour toutes les entreprises,
31:46les 3 500 entreprises
31:48de la filière automobile française.
31:50Parmi les baramètres,
31:51Luc Châtel,
31:52vous disiez tout à l'heure
31:53qu'il y a plus d'exposants
31:54cette année,
31:5450% en plus.
31:56Parmi ces nouveaux exposants,
31:58il y a les Chinois
31:59qui sont extrêmement présents.
32:01Est-ce que c'est une forme
32:02presque aujourd'hui
32:03d'invasion chinoise ?
32:05Est-ce que ça vous inquiète
32:06cette présence ?
32:07Est-ce que c'est un cauchemar ?
32:08Il y a clairement une vague
32:09chinoise en Europe
32:12dans l'automobile.
32:14La Chine,
32:15c'était 500 000 voitures
32:16en 1999.
32:19C'est aujourd'hui 35 millions.
32:21Il y a plus de 300 constructeurs
32:23automobiles chinois
32:24qui développent des véhicules
32:26qui sont des véhicules de qualité,
32:28innovants,
32:30attractifs.
32:32Voilà.
32:32Et le Mondial de l'Auto
32:33qui est un peu la vitrine
32:34de l'industrie automobile mondiale
32:36se doit de présenter
32:38tous les constructeurs
32:39quels qu'ils soient.
32:40Donc,
32:40c'est important
32:41que les clients finaux,
32:43les consommateurs
32:44se rendent compte
32:45de ce qui est en train
32:45de se passer
32:46et tous les produits
32:47qui sont proposés
32:48aux clients.
32:49Mais avant,
32:50c'était une démonstration
32:50de force des Allemands,
32:52des industriels allemands.
32:53On s'en souvient,
32:53il y a des centres gigantesques
32:54de BMW,
32:56Porsche,
32:56Volkswagen.
32:57Là, maintenant,
32:57ce sont les Chinois.
32:58C'est un monde
32:59qui s'est complètement inversé
33:01du moins sur le plan géographique.
33:03Est-ce que malgré tout,
33:04vous dites
33:04que c'est quand même dommage
33:05d'avoir donné les clés
33:07de l'industrie automobile
33:08européenne aux Chinois ?
33:09Alors,
33:10nous ne donnons pas les clés
33:11et justement,
33:12toutes les propositions
33:13de la filière,
33:14c'est de faire en sorte
33:15que nous existions encore
33:17dans 5 ou 10 ans.
33:19Vous savez,
33:20l'industrie automobile européenne,
33:21elle a résisté.
33:21Vraiment,
33:22le mot,
33:22c'est exister ?
33:23Bien sûr,
33:23bien sûr.
33:24Il y a un risque.
33:25Je l'ai dit d'ailleurs,
33:27déjà au micro de BFM Business,
33:30il y a un risque de survie
33:31pour l'industrie automobile européenne.
33:34En même temps,
33:34cette industrie,
33:35elle est assez résiliente,
33:36elle est agile,
33:37elle est incroyablement innovante.
33:39Regardez,
33:39il y a dans ce salon
33:40des voitures
33:41qui ont été développées
33:42en moins de 2 ans,
33:44c'est-à-dire
33:44depuis le dernier mondial de l'auto.
33:46L'industrie automobile européenne,
33:48elle a vu
33:48arriver les Japonais
33:50dans les années 70,
33:51elle a vu arriver
33:52les Coréens
33:52dans les années 90,
33:53elle a une capacité
33:55de résilience extraordinaire.
33:56Nous,
33:58que les Chinois
33:58arrivent en Europe,
33:59c'est normal,
34:00ils sont en surcapacité,
34:02ils ne peuvent pas aller
34:03aux Etats-Unis,
34:04l'Europe devient
34:05leur terrain de jeu.
34:06Ce que nous disons simplement,
34:07c'est qu'il faut
34:08qu'on ait des règles
34:08de concurrence
34:09qui soient loyales,
34:10c'est-à-dire
34:11qu'on ne soit pas
34:11dans une situation
34:13où on est en infériorité,
34:15on est en concurrence
34:16déloyale.
34:16Mais pour l'instant,
34:17ce n'est pas le cas.
34:18Est-ce que vous dites
34:18quand même,
34:19les Européens,
34:19alors il y a un accord,
34:20donc là qui est sur la table,
34:22est-ce que vous vous dites,
34:24on aurait dû quand même
34:26se réveiller,
34:27un, plus tôt,
34:28deux,
34:29les politiques
34:29n'ont pas fait grand-chose,
34:31trois,
34:31c'est trop tard,
34:32et j'ai envie de dire,
34:33quatre,
34:33c'est quoi un bon accord
34:34pour vous ?
34:34Alors,
34:35nous,
34:36nous disons,
34:37il est minuit moins une,
34:38c'est-à-dire,
34:39il faut réagir vite,
34:40parce que chaque semaine,
34:42nous voyons des entreprises
34:44de la filière,
34:45des PME,
34:46des équipementiers,
34:47parfois des constructeurs,
34:48regardez ce qui se passe
34:49en Allemagne
34:50avec Volkswagen,
34:51perdent des emplois,
34:53annoncées des suppressions
34:54d'emplois.
34:55Deux,
34:56nous avons été naïfs,
34:57oui,
34:58l'Europe a été naïve,
34:59parce que l'Europe,
35:00elle a toujours placé
35:02au-dessus de tout,
35:03la question de la concurrence,
35:05la question du consommateur,
35:06et de l'écologie,
35:07plutôt que la question
35:08et de l'écologie,
35:09mais surtout dans sa doctrine
35:11idéologique,
35:12elle a placé la concurrence
35:13au-dessus de la stratégie
35:15industrielle.
35:16Voilà,
35:16nous nous disons aujourd'hui,
35:18bien sûr,
35:19il faut décarboner,
35:20et l'industrie automobile,
35:21ici,
35:22vous avez toutes les technologies
35:23pour décarboner,
35:24et on obtient déjà
35:25des résultats fantastiques.
35:26Le mois dernier,
35:27on était à plus de 40%
35:28par des marchés électriques
35:29en France.
35:30Vous avez aussi
35:31d'autres technologies
35:31qui permettent
35:32de décarboner
35:32qui sont là,
35:33l'hydrogène,
35:34même les hybrides,
35:35c'est toujours mieux
35:36que le parc qui vieillit,
35:38il y a 40 millions de voitures
35:39qui ont plus de 12 ans.
35:40Enfin,
35:41nous,
35:42ce que nous disons,
35:42c'est qu'il faut mettre
35:43en place des règles.
35:44Finalement,
35:45les règles que les Chinois
35:47avaient mises en place
35:48il y a 25 ans,
35:49quand ils ont demandé
35:50aux Européens
35:51de venir en Chine,
35:52d'avoir ouvert le marché,
35:54étaient bonnes.
35:55C'est-à-dire qu'ils ont dit,
35:56vous venez,
35:57mais un,
35:58vous signez
35:58des joint ventures,
36:00deux,
36:01on met en place
36:01des transferts de technologie
36:03et trois,
36:04on peut mettre
36:05des barrières douanières
36:05quand c'est nécessaire
36:06et quatre,
36:07il faut du contenu local,
36:09c'est-à-dire que
36:10les pièces
36:11soient produites
36:12sur le continent.
36:13C'est ce que nous demandons
36:14aujourd'hui.
36:15Aujourd'hui,
36:16quand vous regardez
36:16une voiture
36:17qui est assemblée
36:18en Europe,
36:19elle a 75%
36:21de contenu local,
36:22c'est-à-dire que
36:23les pièces
36:24des fournisseurs
36:25de cette automobile
36:25viennent d'Europe.
36:26si on ne fait rien,
36:28dans cinq ans,
36:29on va passer
36:30de 75%
36:31à 35%.
36:32On va perdre
36:3240%
36:33dans la chaîne
36:34de valeur.
36:35Donc,
36:35c'est là
36:36le message d'alerte
36:37et l'appel
36:37au sursaut
36:38que je ne cesse
36:39d'évoquer
36:40et il nous faut
36:41prendre des mesures
36:42radicales
36:43et c'est toute l'histoire
36:44de l'IAA,
36:45International Industrial
36:47Act,
36:48qui vise
36:49à mettre en place
36:50des clauses
36:51de contenu local.
36:52Il y a une autre
36:53actualité un peu
36:53immédiate,
36:54c'est le prix
36:55de l'énergie,
36:55le prix des carburants.
36:57Quel impact ?
36:58Est-ce que ça pousse
36:59à la transformation ?
36:59C'est un formidable
37:00accélérateur,
37:01mais aussi ça met
37:03sous tension
37:03l'industrie européenne
37:04qui n'a pas été
37:05aussi rapide
37:06sur l'électrique
37:06que l'industrie chinoise ?
37:08Alors,
37:08d'abord,
37:09on le voit,
37:10l'accélération
37:11des ventes
37:12de l'électrique,
37:12elle est due
37:13à plusieurs facteurs.
37:15Elle est due
37:15au fait que
37:16les constructeurs
37:17et l'ensemble
37:17de leurs fournisseurs
37:19ont beaucoup progressé
37:20sur l'autonomie
37:22des véhicules,
37:22sur le prix
37:23qui commence à baisser.
37:24Deuxième élément,
37:25les incentives,
37:26les bonus,
37:27qui ont un impact
37:28très fort
37:28sur le prix
37:29des voitures
37:30et indispensables
37:31encore aujourd'hui.
37:31Et les idées
37:32sociales.
37:33Absolument.
37:34Et enfin,
37:34troisième élément,
37:35le contexte géopolitique
37:36qui fait qu'avec
37:37un litre
37:38à 2,30€
37:39ou 40€,
37:40évidemment,
37:41tout le monde
37:41fait le calcul
37:42et se dit...
37:42C'est un retour
37:43sans arrière
37:43aujourd'hui ?
37:45Alors,
37:45on voit
37:46qu'il peut y avoir
37:48un frein
37:48sur l'électrique
37:49et souvent,
37:50l'essayer,
37:50c'est l'adopter.
37:51C'est-à-dire
37:51que les consommateurs
37:53trouvent qu'en termes
37:54d'usage,
37:55le couple,
37:56l'accélération,
37:57le confort,
37:58le manque de bruit,
37:59la disparition du bruit,
38:01tout ça,
38:01ce sont des plus
38:02pour l'électrique.
38:04Maintenant,
38:04nous considérons,
38:05nous continuons
38:05à considérer
38:06qu'il ne faut pas
38:08une technologie unique.
38:10Et d'ailleurs,
38:11les Chinois
38:11ne s'y sont pas trompés
38:13puisque les Chinois,
38:14ils sont les champions
38:15du monde de l'électrique.
38:1680% des batteries
38:17dans le monde
38:18sont fabriquées
38:19en Chine.
38:1990% des terres rares
38:21sont raffinées
38:22en Chine.
38:23Donc,
38:23ils ont et maîtrisent
38:24la chaîne de valeur.
38:25Mais,
38:25ils n'ont pas mis
38:26tous les yeux
38:26dans le même panier
38:27et les Chinois,
38:28ils continuent
38:29à développer
38:29les autres technologies
38:30thermiques.
38:31Luc Châtel,
38:32dernière question,
38:33peut-être une et demie,
38:34dernière question.
38:35Lorsque vous voyez
38:36la deux-chevaux
38:38qui est vraiment
38:39un peu la vedette
38:40aussi ici,
38:41deux-chevaux électriques,
38:43mais qui est construit
38:44et assemblée en Italie ?
38:46Est-ce que vous dites
38:46que même PESA,
38:48en plus maintenant
38:48qui est dirigé
38:49par un non-français,
38:51est-ce que c'est difficile
38:51parce que finalement
38:52comme groupe français,
38:53il ne reste que Renault ?
38:54Alors,
38:55les localisations
38:57de production
38:59se négocient,
39:00se discutent
39:00pour des groupes mondiaux
39:02comme Renault
39:02ou comme Stellantis
39:04à l'échelle de l'Europe.
39:05À l'échelle de l'Europe
39:06parce que peut-être
39:07qu'elle sera assemblée
39:08en Italie
39:08mais elle aura 75%
39:10de contenu européen
39:11et là-dedans,
39:13Citroën choisira
39:14des fournisseurs
39:15avec lesquels
39:16elle a l'habitude
39:17de travailler
39:17et dont l'immense majorité
39:19est en France.
39:20Est-ce que vous êtes bluffé
39:21par une voiture chinoise ?
39:22Ludovic n'osait pas
39:22vous poser la question.
39:23C'est quoi votre voiture
39:24chinoise préférée ?
39:25Bien sûr,
39:26moi je trouve
39:26qu'il y a des choses
39:27formidables
39:28sur les stands
39:29de Denza,
39:30sur le stand
39:30d'Xpeng,
39:32sur les stands
39:32de Ziker.
39:33C'est intéressant
39:34parce que c'est
39:35beaucoup d'innovation,
39:36du confort,
39:37de la technologie,
39:39des prix raisonnables.
39:40Évidemment,
39:41ils ont des aides
39:41donc ça aide
39:42mais donc c'est bien
39:44que les consommateurs,
39:45les clients
39:45viennent au Mondial de l'Auto
39:47pour voir
39:48ce qui est en train
39:48de se passer
39:49dans l'industrie automobile mondiale.
39:50Merci Luc Châtel
39:52d'avoir été avec nous.
39:53Allez,
39:53retour en plateau maintenant.
39:55Voilà donc
39:56Luc Châtel
39:57qui était notre invité
39:58qu'on a rencontré
39:59juste avant
40:00cette émission
40:01parce qu'il était coincé
40:02par l'arrivée
40:04de plusieurs ministres.
40:05Alors ça y est,
40:05l'accord il vient de tomber.
40:07On a appris
40:07que la France
40:08et l'Allemagne
40:09trouvaient enfin un accord
40:10sur l'avenir
40:11de l'industrie automobile.
40:12Si on écoute
40:13ce que disait Luc Châtel
40:14à l'instant,
40:14si on lui disait
40:15est-ce que Christophe Perri
40:16est le patron de Valeo ?
40:18En fait,
40:18c'est assez décisif
40:19qu'il va se passer
40:20Ludovic de Sauter
40:21et Manel Le Chypre.
40:22Parce que cet accord
40:23qui encadre
40:24on va dire
40:24l'industrie européenne
40:25était très très attendu.
40:27On savait que la France
40:28et l'Allemagne
40:29n'était pas alignée
40:29jusqu'au dernier moment.
40:30Vous l'avez cité
40:31tout à l'heure Edwige.
40:33Ça y est,
40:33l'accord sort
40:34sur la dernière ligne droite.
40:36Emmanuel Macron
40:36avait dit lundi
40:37qu'il était probablement imminent.
40:38Mais avec un petit jeu
40:39de concession
40:40à ce qu'il apparaît.
40:40En gros,
40:41la France lâche un peu
40:42sur le jeu
40:43des émissions de CO2
40:44en repoussant un peu
40:45le calendrier
40:46jusqu'à 2035.
40:47Là où l'Allemagne
40:48fait un effort
40:50sur le côté,
40:51le quota européen.
40:52Donc on va voir
40:53les détails de l'accord
40:53qui vont tomber
40:54dans les heures qui viennent
40:56précisément.
40:57Mais symboliquement,
40:58il s'est passé quand même
40:59deux choses
41:00à une semaine d'écart.
41:01La première,
41:01je le rappelle
41:02vendredi dernier,
41:02il y a eu Sefcovitch,
41:03le commissaire européen
41:04qui était à Pékin,
41:05qui a obtenu
41:06quand même
41:06une première logique
41:08de quota
41:08sur les véhicules hybrides
41:09en limitant la Chine.
41:11Et là,
41:12enfin un accord
41:13entre l'Allemagne
41:14et la France
41:14sur le fait de dire
41:15maintenant,
41:16on y va
41:16sur le made in Europe.
41:17C'est deux étapes importantes
41:18à 7 jours d'écart.
41:20Ce qui est quand même
41:20une bonne nouvelle
41:21parce qu'on avait quand même
41:22pas mal de dossiers
41:23ces derniers temps
41:24où on voyait que finalement
41:27les dissensions franco-allemandes
41:29étaient importantes.
41:30Sur la défense,
41:31par exemple,
41:32ça a été flagrant.
41:33Sur le spatial.
41:34Exactement.
41:34Sur la défense,
41:35il y a eu l'avion,
41:37le skarcher,
41:38il y a eu le char.
41:40Effectivement,
41:40le spatial,
41:41c'est pareil.
41:42Et on se disait
41:43mais quand même
41:46avec les Allemands,
41:47c'est de plus en plus compliqué.
41:48On a l'impression
41:49qu'on a des intérêts
41:49de plus en plus divergents.
41:50Là, sur l'automobile,
41:52c'est quand même
41:52effectivement
41:52une très bonne nouvelle.
41:54Il faut dire
41:55qu'ils sont quand même
41:55très touchés
41:56de leur industrie automobile
41:57lorsqu'on voit
41:57ce qui se passe
41:58du côté de Volkswagen.
41:59C'est vrai
42:00que l'addition à payer
42:00est très très lourde.
42:02Peut-être que c'est
42:02l'avenir, en fait,
42:03ça y est,
42:04de l'industrie automobile
42:06européenne
42:06qui est en train
42:07de se redessiner
42:08dans le bon sens.
42:09C'est ce qu'on peut dire.
42:09En tout cas,
42:10c'est un nouvel équilibre.
42:11J'allais dire,
42:12malheureusement pour l'Allemagne,
42:13c'est-à-dire
42:13l'industrie automobile européenne
42:15avec Volkswagen
42:16qui a enchaîné
42:16deux plans successifs
42:18à 50 000 emplois supprimés,
42:20ce qui est colossal
42:20sur la table.
42:22Gérard L'Industrie
42:22Allemande Automobile
42:24a rejoint l'état
42:25de l'industrie automobile
42:26française
42:27qui crée cet accord.
42:28Le retour du couple
42:29franco-allemande.
42:30Il n'empêche que
42:31les retournements
42:33de situation
42:33dans l'industrie automobile
42:35pour des entreprises
42:37qui sont souvent
42:37des mastodontes
42:38sont quand même
42:39généralement assez rapides
42:40et assez spectaculaires.
42:42On se rappelle
42:43qu'il y a des grands constructeurs
42:46qui étaient au fond du trou
42:47et qui,
42:48en 4-5 ans,
42:49ont réussi à se redresser.
42:50Ça a été le cas
42:51de Volkswagen
42:51par le passé
42:52dans les années 90.
42:54Il y a eu des entreprises
42:55comme Fiat.
42:56Il y a eu des constructeurs
42:57français aussi
42:58qui prenaient Peugeot
43:00qui a eu des moments
43:02très difficiles.
43:03Et puis après,
43:04il y a eu des redressements
43:04spectaculaires.
43:05Donc,
43:05c'est assez fascinant
43:06de voir que cette industrie
43:07finalement connaît
43:08des retournements
43:09de situation
43:10alors que ce sont quand même
43:11des énormes industries.
43:13On ne voit pas ça
43:14dans tous les secteurs.
43:15Oui, vous avez raison.
43:16Merci beaucoup.
43:16Merci.
43:17Ça y est,
43:17c'est tombé sur le fil.
43:18C'est parfait.
43:19Merci Emmanuel
43:20d'avoir été avec nous.
43:20Merci Ludovic.
43:22Rendez-vous jeudi prochain.
43:23Merci de votre audition.
43:25On peut dire ça comme ça.
43:27et merci de nous avoir suivis.
43:29Tout de suite,
43:30vous vous retrouvez bien
43:30sur Techalco.
43:33Émission spéciale mondiale de l'auto
43:35sur BFM Business.

Recommandations