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  • il y a 7 minutes
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud reçoit Éric Naulleau à l'occasion de la sortie de son livre "Le jour où je suis devenu OQTF".

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Transcription
00:00Le jour où je suis devenu au QTF avec Eric Nolot, c'est aux éditions Fayard, je dis c'est
00:04un livre, alors achetez ce livre
00:06et si vous n'êtes pas content on le rembourse, parce qu'il est formidable, franchement il est formidable, d
00:10'abord il est merveilleusement bien écrit
00:11et je disais tout à l'heure, il vous ressemble tellement parce que, d'abord c'est très drôle Thomas,
00:16moi j'ai beaucoup ri dans ce livre
00:18mais c'est pas drôle en fait, tu ries mais c'est pas drôle, donc c'est quand même très
00:21ennuyeux.
00:23Bon, comment dire, la scène originelle, bon, il s'arrêta à ma hauteur, vous êtes dans un tramway, il s
00:31'arrêta à Belleville,
00:33il s'arrêta à ma hauteur, planta ses yeux dans les miens et demanda, vous êtes bien Eric Nolot ?
00:38J'acquiesçais mécaniquement, je sentis le crachat dégouliner le long de ma joue, le type parti à toutes jambes,
00:46personne n'avait réagi autour de moi, non par lâcheté ou à indifférence, mais parce que personne n'avait été
00:51témoin de l'agression
00:52qu'un passager ne s'était détourné de son écran.
00:54Je parvins à sa hauteur, au moment où il allait franchir les portes automatiques, lui taper sur l'épaule,
01:00pareille expression de stupéfaction ne s'était plus peinte sur un visage,
01:04depuis la réapparition d'Edmond Dantes aux yeux des ennemis du comte de Montecristo,
01:08je lui décochais, droit entre les sourcils, un abondant jet de salive et ponctuait la salve d'un ample bras
01:15d'honneur.
01:16Ça c'est la scène originelle qui fait que vous allez quitter Belleville.
01:19Oui parce qu'en fait c'est le point de départ, c'est le point de départ du livre et
01:23en effet moi j'ai été surpris par ma propre réaction.
01:25Quand le type m'a craché à la gueule, pour dire les choses un peu clairement,
01:29je suis resté cinq secondes interdits et je me suis lancé à sa poursuite.
01:33Mais vous m'auriez demandé ce que j'aurais fait cinq secondes avant, je vous aurais dit je ne sais
01:37pas.
01:37Et en effet le type, comme je n'avais pas réagi tout de suite, il ne s'est pas retourné
01:40et je l'ai rattrapé.
01:41Et je lui ai craché à la gueule moi aussi, je lui ai fait un bras d'honneur et il
01:44s'est barré.
01:44Alors c'est à la fois le point de départ et puis le point d'arrivée parce que cette agression,
01:47ça vient comme point d'ordre d'insultes, de menaces.
01:51Vous savez quand vous avez dix types qui tiennent le mur et qui à votre passage vous font le signe
01:56de l'égorgement en criant votre adresse à voix haute,
01:59ça fait un drôle d'effet.
02:00Alors à partir de là, je me suis dit mais en fait qu'est-ce qui se passe dans ce
02:03quartier de Belleville ?
02:04Qu'est-ce qui se passe dans l'Est parisien ?
02:06Il se passe que ce quart de Paris est mis en coupe réglée par trois tribus, il y a les
02:10racailles qui sont en abondance, il y a les islamistes et il y a les bobos.
02:14Alors pour l'instant ils s'entendent à peu près bien, sachant que les uns finiront par égorger les autres,
02:19mais je montre la dérive de tout ce quartier qui est livré à la délinquance, au bon sentiment et qui
02:27est maintenant cornaqué par la France insoumise.
02:30Moi, mon ancienne députée, puisque j'ai quitté ce quartier, c'était Sophia Chiquirou, élue au premier tour, grâce à
02:36la retape dans toutes les cités alentours.
02:39Donc en fait, d'après les premiers témoignages de lecteurs ou sur la simple vue de la quatrième découverture, je
02:45sens que c'est un sentiment très partagé.
02:48Les gens veulent quitter leur quartier ou s'en tenter de le faire ou même veulent quitter le pays.
02:52Et comme Belleville est aussi un lieu traditionnel d'implantation de la communauté juive, je suis devenu une sorte de
02:58juif honoraire en fait.
03:00Les juifs venaient me parler, les français juifs venaient me parler en me disant, nous on veut partir, on a
03:05peur, etc.
03:07C'est un carnet d'exil.
03:08Alors vous parlez beaucoup de l'Est, la mémoire de gauche, il chaussait ses bottes de sept lieux, de Bastille
03:12à République, de Nation au mur des fédérés,
03:14des locaux de libération au siège du PC en passant par le métro Charonne.
03:19L'Est, c'est aussi pour moi le rock, J-Bus ou Bataclan, musique de première importance dans ma vie,
03:24sans autre transition que les Rolling Stones.
03:26J'étais passé des émissions de Marietti et Gilbert Carpentier au Sex Pistols, au Stranglers et à mon idole Graham
03:32Parker.
03:33C'était l'idéal d'une population mélangée. On ne parlait pas encore de multiculturalisme.
03:38Vous êtes né où ?
03:39Non, moi je suis né en Allemagne.
03:40Oui.
03:41Comme souvent dans les familles militaires, on est à l'étranger.
03:45Mais vous avez, quand vous étiez ado, vous étiez...
03:47Moi j'étais à Bayonne, et puis quand j'étais à Paris, moi j'étais vraiment un petit gars de
03:51l'Est parisien, ça me plaisait beaucoup l'Est parisien.
03:53Il y avait le siège de Libé, il y avait le Bataclan où j'allais voir des concerts, il y
03:58avait toute cette mémoire de gauche, il y avait le Père Lachaise, le mur des fédérés, etc.
04:03Et puis ce qui était le lieu de la mémoire de la gauche est devenu un lieu d'épouvante, parce
04:09que le quartier où j'habitais c'est le Bataclan, c'est Charlie.
04:13Moi, la rue où j'habitais, quand je donnais mon adresse à un chauffeur de taxi, en général ils ne
04:17connaissaient pas.
04:18Et cette rue est devenue célèbre du jour au lendemain, parce que c'est la rue où a été défenestrée
04:22et assassinée Sarah Halimi.
04:24Et j'explique qu'en fait, ce n'est pas un fait divers, aussi atroce soit-il, c'est l
04:30'antisémitisme d'atmosphère qui baigne ce quartier.
04:32Qui a mené à l'assassinat de Madame Halimi.
04:35Donc ce quartier qui était extrêmement sympathique, qui était un peu caricatural, moi je lisais Libé en prenant mon petit
04:41déjeuner, etc.
04:42est devenu un lieu d'épouvante et de rejet.
04:44Tout ce qui m'attirait, désormais me rejetait.
04:47Donc j'ai fini par partir, et je me suis évidemment senti d'abord en exil et sous le coup
04:51d'une OQTF.
04:52C'est-à-dire que je craignais pour ma vie, je craignais pour ma sécurité, et je voyais surtout une
04:57sorte de laboratoire de ce que va devenir la France.
04:59Éric Nolot est avec nous ce matin sur l'antenne d'Europe 1, sur celle de CNews.
05:02Le jour où je suis devenu OQTF, il y a un vrai plaisir de lecture chez vous, et comme il
05:07y a un plaisir de vous écouter, vous parliez d'éloquence du Gérald de Gaulle tout à l'heure,
05:10mais il y a quelque chose de très éloquent chez vous et de très agréable lorsqu'on vous écoute, lorsqu
05:14'on vous lit et on sourit.
05:15Que la lecture exige calme, mise à l'écart et retour sur soi, que le cinéma, le théâtre et la
05:21musique, oui, la musique, s'apprécient dans des salles closes et dans l'obscurité, dans une forme de solitude au
05:26milieu d'autrui,
05:26et non en plein air, sous la chape du réchauffement climatique et dans l'effroyable promiscuité de la canaille,
05:32englué dans la tourbe des petites âmes grises, frappé d'annulation par la foultitude.
05:39– Ça c'est la fête de la musique, c'est-à-dire que…
05:43– Le récit, la description de la fête de la musique par Eric Nolov, c'est là qu'il faut
05:46le lire.
05:46– Vous êtes vraiment drôle, d'abord, vous avez beaucoup de talent.
05:49– Merci beaucoup.
05:50– Non mais c'est vrai, vous avez beaucoup de talent et c'est drôle, c'est drôle, mais il
05:54y a quelque chose de désespéré chez vous,
05:56parce que vous êtes le président du parti foutuiste.
05:58– Oui, qui engrange les adhésions, d'ailleurs c'est déclaratif, il suffit de dire c'est foutu, et vous
06:04êtes membre du parti,
06:04donc c'est assez pratique, mais en effet, moi je décris la fête de la musique parce que pour moi
06:10c'est le cauchemar total,
06:13c'est-à-dire que la culture c'est pas ça.
06:15– Et vous ne l'aviez pas vu venir, alors en 81 vous avez voté pour qui ?
06:18– Pour Mitterrand, oui.
06:19– Bon, et Mathias Leboff aussi, sans doute, en 81.
06:22– En 81, je n'étais pas en situation de voter.
06:24– Non mais regardez, deux enfants de Mitterrand, l'un qui a bien tourné, l'autre qui est resté…
06:28– L'autre qui est resté…
06:31– Je ne me mets pas.
06:32– Non mais, parce que moi je comprends, Éric Nolot, on a à peu près le même âge,
06:36vous aviez touche pas à mon pote, moi j'ai pu dans les facs comprendre.
06:39– Non, je ne sais jamais pas ça quand même.
06:41Je ne suis pas tombé dans tous les panneaux, je suis tombé dans beaucoup de panneaux.
06:44– Vous êtes en train de dire qu'Éric Nolot n'est plus de gauche ?
06:47– Mais au contraire, il est de gauche, c'est les autres qui ne sont plus de gauche, lui il
06:53est de gauche.
06:54– Par exemple, on parlait beaucoup des mouvements lycéens, enfin d'une partie des lycéens,
06:59le projet de gauche c'était quand même d'éduquer une génération.
07:03Maintenant c'est fini, on a décidé qu'il ne fallait pas élever le niveau,
07:06mais qu'il fallait baisser le niveau jusqu'à l'inculture générale.
07:09Le projet de gauche des hussards de la République, c'était un projet typiquement de gauche.
07:13On l'a abandonné, la République on l'a abandonné.
07:16M. Mélenchon a abandonné le concept de République, au profit de celui d'islamo-gauchisme par exemple.
07:21Moi je pense être resté fidèle à beaucoup de fondamentaux de la gauche,
07:24mais la gauche, qui est représentée par M. Mélenchon, s'en est éloignée et la même bafouée.
07:29– Et la sélection, alors bon, le style nolo, au café par exemple,
07:33l'apprêté au gain se dissimulait autrefois sous la côtelle,
07:36elle se voile aujourd'hui des apparences du cool,
07:39fusion de la brocante et du café, table bancale et zinc de récupération.
07:43L'autantoc, tous les magiciens vous le confirmeront,
07:47l'escamotage du réel exige au préalable de détourner l'attention du spectateur,
07:50la reconstitution d'un rad populaire du siècle passé aussi factice qu'un décor de cinéma
07:56fera oublier la médiocre qualité de la cuisine,
07:59la désinvolture du service et le sel de l'addition.
08:02Je viens de dire quand je dis que j'ai beaucoup ri,
08:04franchement je me suis marre, je ne sais pas combien de temps,
08:07si vous êtes amusé en écrivant tout ça.
08:10– Oui quand même, parce que c'est libérateur,
08:12mais c'est vrai que ce règne du factice de l'Est parisien,
08:15où vous entrez dans un café qui singe,
08:17les vieux cafés d'autrefois, les tables sont bancales, le zinc est sale,
08:21la bouffe est immangeable,
08:23et on vous dit non mais tout ça est gauche donc tout va bien.
08:25– Non, en fait non, ce n'est pas ça la gauche,
08:28la gauche n'est pas le factice, on mangeait très bien dans les rats populaires,
08:31là c'est imbouffable et ça coûte un prix dingue, donc non.
08:34– Mais ce quartier ne fait pas de quartier,
08:37les bobos y pratiquent une impitoyable épuration sociale,
08:39à faire chasser les couches populaires,
08:42remplacées par des êtres venus d'ailleurs,
08:44taillables et corvéables à Bercy,
08:46ce quartier ne fait pas de quartier,
08:48les islamistes y pratiquent une impitoyable épuration religieuse,
08:51afin d'en évincer ceux qui croient à un autre ciel,
08:54et ceux qui ne croient à aucun ciel,
08:55à l'intersection de ces deux ensembles,
08:58du populo et du culturel,
09:00les juifs, à Babelville,
09:02les idées et la bière se servent avec un faux col,
09:04à Babelville, l'exploitation de l'homme par l'homme,
09:06se dit inclusion et tolérance, multiculturalisme et ouverture,
09:09égare à celui qui dénonce la contrefaçon.
09:12C'est brillantissime.
09:13Pour moi, c'est le plus important,
09:15c'est que c'est en fait la trahison des mots,
09:19parce que ce qu'on appelle inclusion,
09:21ce qu'on appelle Babelville,
09:22Babelville est surnommé Babelville,
09:24en fait ça consiste en une agglomération
09:26d'étudiants en sociologie à la terrasse des cafés,
09:29qui après commanderont un sandwich à bas prix
09:32aux esclaves qui souvent patientent
09:35à l'extérieur du café sur leur bicyclette,
09:37et ils trouvent ça formidable.
09:38Ben oui, puisqu'ils ont à portée de main
09:40des gens taillables et corvoyables à Merci,
09:42qui à 3h du matin leur apporteront leur sandwich favori.
09:45Tout ça est une arnaque phénoménale.
09:47Voilà, donc j'essaie de la décrire en effet
09:48avec un peu d'humour,
09:50mais vous avez raison,
09:50au fond de l'humour, il y a beaucoup de désespoir.
09:52On va voir une petite archive de Belleville
09:53que nous avons retrouvée avec Lucas Busutile ce matin.
09:57C'était un magazine, je crois,
09:59qui s'appelait Sagacité,
10:01qui devait passer sur FR3,
10:03et il y avait une...
10:04Alors c'est un long reportage de 20 minutes
10:06qui est formidable d'ailleurs,
10:07et la service publique en ce temps-là,
10:09c'était en 95,
10:10savait bien faire les choses.
10:12Et on va voir juste le début du reportage
10:13de Belleville avec un cordonnier notamment
10:16que vous allez pouvoir entendre.
10:17Écoutez ces quelques secondes.
10:22C'est sans doute à la belle vue
10:24qu'une colline offrait sur Paris
10:25et ses environs
10:26que ce quartier de l'Est parisien
10:28doit son nom, Belleville.
10:31Vergés, vignes et potagers,
10:33on a du mal aujourd'hui
10:34à imaginer qu'il y a à peine 150 ans,
10:36Belleville était un village,
10:38un coin de campagne
10:39peuplé d'agriculteurs,
10:40de vignerons,
10:41produisant le guinguet,
10:42une piquette destinée,
10:44comme leur nom l'indique,
10:45aux guinguettes.
10:46Dès le début du XIXe siècle,
10:48les champs céderont la place
10:49aux ateliers d'artisans
10:50et aux petites industries.
10:52Rattachée à Paris en 1860,
10:54Belleville va très vite accueillir
10:55les familles les plus modestes
10:57de la capitale,
10:58des familles auxquelles on sait
10:59déjà faire comprendre
11:00que le centre de la ville
11:01n'est pas fait pour elles.
11:08À partir des années 1920,
11:10on pourra lire ici
11:11l'histoire des vagues successives
11:13de migrants,
11:14polonais, grecs et arméniens,
11:16arabes, puis asiatiques.
11:18C'est sur les traces
11:19de cette mémoire
11:20de quelques-uns
11:21des Bellevillois
11:21les plus anciens
11:22qu'est partie Nadia Compagnon
11:24avec un premier arrêt
11:26chez Maurice Arnoux,
11:27bottier à Belleville
11:28depuis plus de 50 ans.
11:30Je suis arrivé à Paris
11:32en 1921,
11:34alors que j'avais 14 ans.
11:36Et alors,
11:37l'immigration arménienne,
11:38grecque,
11:39qui faisait suite
11:41à une émigration,
11:42mais avant la guerre,
11:44d'Italien et d'Espagnol,
11:46j'ai retrouvé
11:47tous ces gens-là
11:47au niveau de mon travail.
11:51Le son des hommes,
11:53ça marque.
11:54– C'est passionnant.
11:55– Non, mais c'est émouvant
11:57parce que, en fait,
11:58ça n'existe plus
11:59qu'à l'état de parodie.
12:01C'est-à-dire,
12:01vous avez encore
12:02des accordéonistes,
12:03mais qui sont des intermittents
12:04du spectacle
12:04qui se produisent,
12:06ce n'est pas des vrais accordéonistes.
12:07Vous avez des gens,
12:08il doit rester des cordonniers,
12:09mais qui se déguisent
12:10en cordonniers jadis.
12:11Tout ça est complètement factice
12:13et puis surtout
12:13a été boboisé,
12:14c'est-à-dire que
12:14les gens qu'on voit
12:15ne peuvent plus habiter là
12:17à cause du prix
12:18du mètre carré,
12:19tout simplement.
12:19Non, c'est un excellent
12:21quand même laboratoire
12:22de l'arnaque
12:24de la fausse gauche
12:25Belleville,
12:25et l'Est parisien
12:26plus généralement.
12:27– Chez Esther Teilhard,
12:28qui est Esther Teilhard ?
12:29– Une jeune romancière.
12:30– Bon, chez Esther Teilhard,
12:31quand on pousse la porte
12:32d'un café de Belleville,
12:33c'est pour y découvrir
12:34le réalisateur
12:36Abdeladitif Kéchiche
12:37en pleine péroraison.
12:38Chez Esther Teilhard,
12:40quand on pousse la porte
12:40d'une librairie,
12:41c'est pour y entendre
12:42l'impeccable prose
12:43du journal de Mireille Havet,
12:44l'icône lesbienne
12:45déclamée par une comédienne
12:47concernée engagée
12:48quand je pousse la porte
12:49d'un café ou d'une librairie
12:51du voisinage,
12:51c'est pour découvrir
12:52que j'en aurais été banni,
12:54que je n'y trouve plus ma place.
12:56– J'interview Esther Teilhard
12:58qui avait fait un livre
12:59qui était situé à Belleville
13:00et je lui dis
13:01mais qu'est-ce que vous voyez
13:02à Belleville
13:03que je ne vois pas ?
13:03Qu'est-ce qui se passe ?
13:04Moi, je ne vois que
13:05les choses négatives.
13:06Il y a le pire
13:07de toutes les communautés,
13:08il y a 100 prostituées chinoises
13:09jour et nuit
13:10entre Belleville
13:11et colonel Fabien,
13:12jour et nuit.
13:13Il y a les dealers
13:13qu'on n'ose même plus déloger.
13:15Moi, je ne vois que le négatif.
13:16Alors, elle commence
13:17à m'expliquer.
13:17Mais surtout,
13:18moi, je n'étais pas
13:19le bienvenu dans les librairies.
13:21Belleville,
13:22l'Est parisien,
13:23c'est la plus grande
13:23concentration de librairies
13:24au monde.
13:25Il y en a partout.
13:25Mais moi, je n'étais pas
13:26le bienvenu.
13:27En tant qu'auteur,
13:28mes livres étaient interdits quasiment.
13:29Et même en tant que client,
13:31j'étais accueilli
13:36un peu étrange.
13:37Surtout que j'étais
13:38un bon client, quand même.
13:39Moi, je reçois beaucoup de livres,
13:40mais j'en achète encore plus.
13:42Et ce phénomène de rejet
13:44qui est plutôt, d'ailleurs,
13:46j'ai décrit les trois tribus,
13:47c'est plutôt les bobos
13:48qui étaient en tête
13:51pour m'ostraciser
13:52et me virer.
13:53Les islamistes,
13:54ils attendent la fin de l'histoire.
13:55Ils savent qu'ils vont gagner
13:55à la fin.
13:56La racaille est menacée.
13:58Mais les bobos,
13:58ils font un travail
13:59de harcèlement partout.
14:00Dans la rue,
14:01dans une salle de sport
14:02où une dame me dit
14:03mais je suis très étonné
14:05de vous voir dans ce quartier.
14:06Alors, je dis à cette dame,
14:07ça fait 30 ans
14:07que j'habite dans ce quartier,
14:08donc c'est votre étonnement
14:09qui m'étonne.
14:10Elle me dit,
14:10mais monsieur,
14:11moi, votre présence me gêne,
14:12il faut partir.
14:13J'ai jamais sélectionné.
14:14Présence me gêne,
14:14il faut partir.
14:15J'avais sélectionné ce passage.
14:17Mais c'est les mêmes
14:17qu'on retrouve à France Inter
14:18et les petits marquis.
14:20Mais c'est un système.
14:22Bien sûr.
14:23Alors, comme c'est sur une base quotidienne,
14:24au bout d'un moment,
14:25c'est usant.
14:25Bon, l'extrême droite,
14:26vous en parlez beaucoup.
14:27Alors, comment expliquer
14:28qu'un bon petit gars
14:29dans mon jardre
14:29soit frappé d'OQTF littéraire
14:30quand Virginie Despentes
14:31échappe à toute sanction
14:32après avoir chanté
14:33son amour pour les frères Quachy,
14:35les massacraires de Charlie ?
14:37Je qualifie d'extrême droite
14:38quiconque entend imposer
14:39ses idées par la violence
14:40ou se montre favorable
14:41à de pareilles méthodes.
14:43Sous cet aspect,
14:43il apparaît que l'extrême droite
14:44est souvent d'extrême gauche.
14:47Écoutez,
14:48ce qui m'étonne,
14:49c'est que
14:49tout ce qu'il dit,
14:51vous ne soyez pas d'accord
14:52à 100%.
14:53Je n'ai pas lu le livre.
14:54Là, tout ce que je dis là...
14:56Je vais le dire avec vous.
14:57Les passages que vous avez cités
15:00me font penser à Philippe Moret.
15:01Je ne sais pas si c'est un...
15:03Oui, mais il y a un peu de...
15:04Ce qui m'étonne,
15:06c'est que tous les gens de gauche
15:07n'adhèrent pas à ça.
15:10Parce que, vous savez,
15:10il y a une chose,
15:11c'est qu'on ne voit
15:12que ce qu'on regarde aussi.
15:13C'est-à-dire qu'à un moment donné,
15:14c'est aussi l'œil
15:15que l'on pose sur les choses
15:16qui va déterminer
15:17la façon dont vous allez percevoir les choses.
15:19Je ne dis pas que...
15:20Alors, il y a le factuel
15:23qu'Éric décrit
15:24et que je trouve pathétique
15:26parce que si c'est le cas,
15:27c'est dramatique.
15:28Et puis, vous dites
15:29si c'est le cas...
15:30Vous allez à Belleville de temps en temps ?
15:31Moi, j'y vais...
15:32Oui, ça m'arrive, effectivement.
15:33Vous avez entendu, par exemple,
15:35Rachida Dati,
15:36lorsqu'elle a fait sa campagne.
15:37Et je lui avais dit, d'ailleurs,
15:38mais il faudrait dire ça à l'antenne
15:39parce qu'on parlait
15:40après l'émission et tout ça.
15:41Elle dit, mais ce qu'elle a découvert
15:42elle-même, maire de Paris,
15:44quand elle faisait sa campagne,
15:45aller dans des endroits
15:47où plus personne ne va,
15:49qui sont des endroits interdits,
15:51où vous ne pouvez plus rentrer...
15:52Rachida Dati, elle a découvert
15:53que Belleville n'était pas
15:54le septième arrondissement.
15:55Bon, la belle affaire, quoi.
15:58Mais là, on ne peut pas parler.
16:00Pardonnez-moi,
16:00on ne peut pas parler si vous...
16:02Je sais bien que Belleville,
16:04ce n'est pas le septième arrondissement.
16:05Mathias, vous me dites
16:06si c'est le cas.
16:07Eric Nolot.
16:07Sur le dernier passage
16:08sur les gens d'extrême droite
16:10sont souvent d'extrême gauche.
16:11Virginie Despentes dit,
16:13au lendemain des attentats
16:14contre Charlie,
16:15j'ai été pris par un rayon d'amour
16:18pour les victimes
16:19et pour les frères Kouachi
16:21et pour les frères Kouachi
16:22parce qu'ils ont préféré
16:24mourir debout
16:25que de vivre à genoux.
16:27On se dit,
16:28c'est des propos d'extrême droite.
16:29Bon, elle est élue
16:30à l'académie Goncourt.
16:32Bon, Alain Mabankou
16:34chante son amour
16:35pour Angela Davis.
16:37Angela Davis a passé
16:38toute sa vie
16:39à célébrer
16:41les dictatures communistes
16:43en Europe de l'Est.
16:44Elle a reçu
16:44toutes les médailles
16:46et c'est une icône.
16:47Et quelqu'un
16:47qui est de bon choix
16:48comme Alain Mabankou
16:49ne voit pas
16:49où est le problème.
16:51En fait,
16:51tous ces gens-là
16:52célèbrent la violence
16:53du moment que c'est
16:54la violence de Gaulle.
16:55Allez, la pause.
16:56Non, non,
16:57mais c'est bien évidemment
16:57condamnable
16:58et en particulier
16:59juste une chose
16:59sur les frères Kouachi.
17:01Moi, je connaissais Charb
17:02et Charb,
17:04j'étais copain avec lui.
17:07Une de mes plus grandes fiertés
17:08c'est que Charb,
17:08un jour,
17:09m'a fait un cadeau
17:10d'un dessin
17:11pour illustrer
17:12une chronique sur la bêtise.
17:13Donc, je n'ai aucune tolérance.
17:17Je n'ai aucune tolérance
17:19pour ça.
17:20Après,
17:20est-ce que c'est représentatif
17:21de la gauche ?
17:22Je ne crois pas.
17:23Je ne crois pas.
17:25Que les extrêmes
17:28se rejoignent,
17:29bien évidemment.
17:31Mais Mathias Lebeuf,
17:32Virginie Despentes
17:32est à l'Académie de Goncourt.
17:35Vous vous rendez compte
17:35de ce qu'on dit ?
17:36Elle n'y est plus ?
17:37Elle n'y est plus maintenant.
17:38Elle a été élue après ça.
17:39Le J.D. News.
17:40On va marquer une pause.
17:42David Disnard,
17:42il se passe quelque chose.
17:43David Disnard.
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