00:00Madame se détache d'une jeunesse qui veut tout casser, mais c'est pas du tout, c'est ni l
00:03'objectif, ni très majoritairement les méthodes de ce mouvement.
00:07Et je pense que pour le coup, il y a une indignation dont peut-être que Louise aurait pu la
00:12partager, comme elle le dit quand elle était plus jeune, et je pense qu'il faut juste l'orienter.
00:16Ça me paraît compliqué parce que je pense que quand on dit justement qu'on est attaché au service public,
00:21à la manière dont va notre argent, à la République, etc.,
00:24je pense qu'on ne peut pas non plus se détacher de son histoire.
00:26Et son histoire, c'est une histoire de lutte, c'est une histoire d'acquis sociaux qui n'ont pas
00:29été acquis dans le calme et la concertation.
00:32Et donc, quand on accepte la France dans laquelle on vit, la République, etc., il faut en accepter aussi cette
00:38histoire, et cette histoire, elle est vivante, elle continue.
00:40Et moi, je pense que c'est plutôt à ça que je me rattache.
00:43Vous l'acceptez, oui, ce passé, cet héritage, y compris un peu révolutionnaire.
00:48Est-ce que vous pensez que c'est par bouffée paroxystique presque révolutionnaire qu'on arrive à des acquis, comme
00:54le dit Manet Sandel ?
00:55Non, mais vous pensez que c'est par la tranquillité, le dialogue et le débat qu'on obtient ?
00:59Aujourd'hui, le débat, il est sur les revendications lycéennes, le 8h-18h, le parcoursup, et on pourra étendre le
01:03débat un peu plus loin, si vous le souhaitez.
01:05Je ne pense pas qu'il faille brûler son lycée pour obtenir des changements.
01:08Et c'est ce que je disais il y a quelques minutes.
01:10Non, non, je ne dis pas que vous l'avez dit, je dis juste que c'est ma position.
01:13Merci. Mais là, ce que je suis en train de dire, c'est qu'il y a une minorité peut
01:18-être de votre mouvement.
01:18Minorité, je n'en sais rien si elle est vraiment minoritaire quand on voit tout ce qui se passe depuis
01:21une semaine.
01:22Mais il y a des lycées qui ont été brûlés et en fait des lycéens qui ne pourront plus aller
01:26en cours pendant des semaines, voire des mois.
01:27Je pense au lycée de Nantes, Nelson Mandela.
01:29Et moi, en fait, je pense à tous ces lycéens qui avaient peut-être juste envie de manifester dans le
01:33calme
01:33et à ces petits perturbateurs qui ont décidé de brûler leur lycée alors que c'était un lycée flambant neuf.
01:38Je pense aussi aux tout premiers lycéens qui ont manifesté et à qui on ne donne plus la parole aujourd
01:42'hui.
01:43Vraiment, il faut le dire.
01:44Je pense aux gros oubliés des milieux ruraux.
01:48Moi, voilà, je viens de la campagne.
01:49J'entends le 8h-18h qui est très fatigant.
01:52Je partage ce constat avec vous.
01:53Soyez-en rassurés.
01:55Par contre, quand j'entends effectivement le gouvernement ou Gabriel Attal nous dire
01:58« Voilà, on pourra faire commencer les cours plus tard »,
02:01en fait, il faut se rendre compte que pour les gens des milieux ruraux,
02:04ça ne sera pas forcément possible parce qu'on dépend d'un ramassage scolaire
02:06qui est souvent régional ou départemental.
02:09Vous ne pensez pas que si on fait commencer les cours plus tard ?
02:10Ne me coupez pas la parole, s'il vous plaît.
02:11Non, non, mais je finis juste mon propos comme ça, vous pourrez me répondre.
02:15Mais moi, je dépendais d'un ramassage scolaire, régional, voire départemental
02:18où j'avais des collégiens, des lycéens dans mon bus.
02:20Je prenais le bus à 6h20, je rentrais, il était plus de 19h.
02:23C'était très fatigant, j'ai même fini en internat.
02:25Malheureusement, nous, on n'a pas des transports en commun toutes les 10 minutes
02:31ça veut dire qu'il y aura une minorité ou peut-être une majorité, je ne sais pas, mais favorisée
02:34et l'autre qui devra continuer à faire du 8h, 18h, parfois des employés temps bourrés.
02:38Donc une forme d'injustice, au contraire, qui serait actée.
02:41Qu'est-ce que vous répondez à cela ?
02:42Il y a deux aspects dans ce qu'elle dit qui est plutôt intéressant.
02:45Il y a une question très concrète, le ramassage.
02:48Mais vous savez que si on fait commencer tous les cours une heure plus tard,
02:50ce ne sera pas compliqué de changer l'heure de ramassage de tous les bus une heure plus tard.
02:54Et peu, par ailleurs, dans ce que vous dites, il y a une manière aussi de diviser
02:58entre les premiers qui étaient dans ce mouvement,
02:59ceux qui y sont aujourd'hui, les ruraux, la banlieue, les villes, etc.
03:03Mais les lycéens, à chaque fois qu'ils se mobilisent,
03:06et c'est très intéressant ce que vous dites en zone rurale,
03:08dans des lycées professionnels qui, auparavant,
03:10d'expérience de syndicalistes lycéens, n'étaient pas du tout des lycées mobilisés, etc.
03:14Tous sont rentrés dans ce mouvement-là, et tous avec un seul mot d'ordre
03:18qui est celui de la solidarité, où justement on n'essaie pas de...
03:21C'est pas vrai, pas tous.
03:22Est-ce qu'on a déjà eu un nombre de lycées aussi important bloqué dans notre histoire récente,
03:26et une diversité de lycées ?
03:27Vous savez le nombre de lycées qu'il y a en France ?
03:29C'est quoi, plus de 3 000 ?
03:31Et le nombre de lycées bloqués ?
03:32La semaine dernière, on était quand même de nombre de lycées à l'arrêt,
03:36soit certains qui ont été fermés parce qu'ils avaient été bloqués avant,
03:38soit ceux qui ont été bloqués, on était à à peu près 2 000.
03:41C'est un chiffre qui n'a même pas été contesté par le ministère.
03:43Et aujourd'hui, c'est beaucoup plus fort.
03:45On est à 200, donc cette solidarité, elle s'étend pas...
03:47Si, si, si, c'est les chiffres.
03:49Cette solidarité, en fait, elle n'est pas...
03:51Mais oui, mais je suis désolée, moi je vous le dis,
03:53il y a des gens qui partagent vos revendications.
03:55Je confirme que les chiffres aujourd'hui de lycées touchés par le mouvement
03:58sont vraiment...
03:59Le ministère de l'Intérieur lui-même a parlé de 30 000 lycéens devant les lycées.
04:03200 sur 3 700.
04:04Pour 200 blocages, 30 000 personnes sur 200 blocages.
04:08Mais au-delà, il n'y a pas que des lycéens qui étaient dans le mouvement.
04:11Merci, il y a beaucoup d'étudiants des milieux universitaires.
04:13Il n'y a pas que 200 blocages avec 30 000 personnes.
04:16Oui, ça reste quand même un mouvement d'ampleur.
04:17Si on veut être juste...
04:18Non, non, ça a baissé.
04:19Si on veut être juste, ça a commencé dans un lycée rural à Mayotte.
04:24À la fin du mois d'août, le lycée polyvalent du nord de Mayotte,
04:26qui est un lycée rural qui a commencé le blocus.
04:28Et dans les Outre-mer, parce que la ruralité ne s'arrête pas à l'Hexagone,
04:32il y a de nombreux lycées qui sont aussi bloqués par des personnes qui sont en milieu rural.
04:35Il faut quand même être juste et rendre à ceux qui ont commencé la mobilisation
04:38le fait qu'ils l'ont commencé.
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