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  • il y a 11 heures
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud reçoit Philippe de Villiers à l'occasion de la sortie de son nouveau livre "Résurrection".

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Transcription
00:00Philippe de Villiers est avec nous. Résurrection, le retour de la France éternelle, c'est chez Fayard.
00:05Et je disais évidemment, il y a des étapes importantes pour la France et 92 a été une étape très
00:11importante avec Maastricht.
00:12Écoutez ce débat lorsque vous êtes avec Jack Lang et avec Alain Juppé, puisque vous annoncez, on peut le vérifier
00:19d'ailleurs, vous annoncez ce qui va se passer ensuite.
00:22Et M. Juppé, M. Lang vous insultent, ou en tout cas vous insultent, sont particulièrement désagréables sur le plateau avec
00:29vous.
00:29Mais à l'arrivée, c'est vous qui aviez raison. Écoutons.
00:35Un Libyen qui entre en Sicile le 2 janvier 1993, c'est comme s'il était en France.
00:43Mais avant Maastricht, Philippe de Villiers...
00:44C'est-à-dire en d'autres termes que nos frontières...
00:47Avant Maastricht, il n'a pas de visa. Après Maastricht, il lui faut un visa.
00:50Il faut dire la vérité.
00:51C'est-à-dire qu'à partir du 2 janvier 1993, nos frontières...
00:56Maastricht ne sera pas...
00:58Vous êtes en train de nous dire que Maastricht ne s'appliquera pas.
01:00Plus tard.
01:02Plus tard, mais pas du tout.
01:03Quel conflit, pas du tout.
01:04Il ne faut pas tout mélanger.
01:06C'est vraiment, c'est vraiment.
01:06D'abord, il faut que Maastricht soit...
01:08L'amalgame, et ensuite, c'est ce qu'on appelle de l'amalgame.
01:12L'amalgame, c'est malhonnête intellectuellement.
01:14C'est malhonnête moralement que de mélanger tout et de tromper.
01:17Vous cherchez à tromper et à faire peur.
01:20Mais non, parce que vous manipulez les textes, vous trompez, vous dites des choses qui sont fausses.
01:24Ce n'est pas acceptable que sur une affaire aussi grave, vous puissiez jouer avec des textes.
01:27Il ne faut pas vous énerver, M. Lang.
01:28Il ne faut pas vous énerver.
01:29Mais vous, calmez-vous dans le sens d'une utilisation rigoureuse des textes.
01:35Philippe Devillé, à la parole.
01:36Tout à l'heure, lorsque vous avez parlé de la charte sociale, M. Lang, vous ne manquez pas d'air
01:40quand même.
01:41Et vous, vous ?
01:42Avec 3 millions de chômeurs, une insécurité en France comme on n'a jamais connue, le problème des prélèvements fiscaux.
01:51Et là, je pense qu'Alain Juppé sera plutôt de mon côté.
01:53Ils sont parmi les plus élevés d'entre eux.
01:54Vous êtes très sollicité ce soir, Alain Juppé.
01:56Oui, il est entre les deux.
01:58Non, je suis sur ma ligne à moi.
02:00Sa position n'est pas facile.
02:01Sur Maastricht, je crois que sa position est claire.
02:03C'est la position derrière aussi.
02:04Et vous êtes en train de nous dire, avec Maastricht, qu'on va à nouveau raser gratis.
02:09Alors, en 1981, c'était le socialisme, c'est l'emploi.
02:13On a eu 3 millions de chômeurs.
02:15En 1988, la lettre aux Français de François Mitterrand, en nous expliquant,
02:19l'Europe provoquera, selon l'importance des mesures d'accompagnement, la création de 2 à 5 millions d'emplois.
02:26Deuxième promesse mensongère.
02:28Et puis maintenant, on nous dit, avec Maastricht, on va pouvoir résoudre nos problèmes.
02:33Eh bien, moi, je dis, les grandes maladies de la France, elles vont être aggravées par Maastricht.
02:39La technocratie, les impôts, le chômage, l'immigration clandestine incontrôlée.
02:45Bon, c'est ce qui est arrivé.
02:47Mais alors, bon, Jack Lang, je le comprends, c'est un homme de gauche.
02:49Mais comment vous expliquez la faillite de la droite, et notamment d'Alain Juppé ?
02:53Ils croyaient ce qu'ils disaient, ou il y avait du cynisme ?
02:55Oui, ils croyaient.
02:57Ils se sont trompés ?
02:58Oui.
02:59Mais vous les revoyez, ces gens-là, de temps en temps ?
03:00Vous le voyez, par exemple, à Alain Juppé ?
03:02Non.
03:03Et vous lui diriez quoi, aujourd'hui ?
03:05Parce qu'ils se sont plantés.
03:06Oui.
03:07Alors, en fait, moi j'avais deux amis à l'époque, proches, Pierre Juillet et Marie-France Garraud,
03:14qui m'expliquaient ce que je vais vous dire maintenant.
03:18En fait, il y avait l'UDF, qui était un parti européiste, depuis le canuet,
03:25et le RPR, qui était un parti gaulliste, attaché donc à l'indépendance nationale.
03:30Et à un moment donné, ils ont fusionné, à ce moment-là, sur les estrades de Maastricht.
03:36C'est-à-dire que le RPR a offert son corps, les militants, et l'UDF a offert son âme,
03:44l'européisme.
03:45Et Juppé et Chirac sont devenus européistes, c'est-à-dire qu'ils ont pensé, ce que pense notre président
03:52de la République aujourd'hui,
03:54qu'il fallait passer de la souveraineté nationale à la souveraineté européenne.
04:01Ils pensaient tous ça, et ils pensent tous ça.
04:04Et en fait...
04:05Mais quel est leur intérêt ?
04:07Alors, en fait, il faut comprendre...
04:10Parce qu'ils ont perdu leur souveraineté ?
04:12Ils ont perdu leur pouvoir ?
04:14Un jour, j'ai parlé chez moi, longuement, je raconte dans mon livre,
04:19une longue conversation avec Valéry Giscard d'Estaing.
04:22Et je lui ai dit, je ne comprends pas cette idée de souveraineté européenne.
04:27Et il me dit, en fait, c'est le levier d'Archimède.
04:33C'est pour faire une plus grande France.
04:35Donc, ils ont pensé, je les défends, là, vous voyez, j'essaye d'être objectif.
04:42Ils ont pensé que la France allait devenir plus grande.
04:47Bon, ils se sont complètement plantés, puisqu'on voit bien aujourd'hui,
04:50avec l'affaire du char allemand, l'affaire de l'avion allemand, avec l'euro, etc.,
04:57que la France, il n'y a pas de levier d'Archimède,
05:01et que la France n'est plus au premier plan,
05:05et que s'il y a maintenant un couple, c'est plutôt le couple germano-italien que le couple franco
05:10-allemand.
05:10Donc, en fait, ils ont faux, ils ont tout faux, et ils continuent à être européistes.
05:15La classe politique française continue à être européiste.
05:20Au point qu'on donne 25 milliards à l'Ukraine, en ce moment, dans une guerre où on n'a
05:27rien à faire,
05:28qui n'est pas notre guerre, qui est une guerre entre deux peuples slaves,
05:32on donne 25 milliards et personne ne dit rien.
05:34Et pendant ce temps-là, l'infirmière, près de chez moi, il y a une infirmière qui m'a dit,
05:38encore hier,
05:39je ne peux plus aller voir mes malades, parce que je ne peux pas payer mon essence.
05:42Et ma coiffeuse, pareil, elle dit, je ne peux plus me déplacer parce que je ne peux plus payer mon
05:47essence.
05:47Et donc, on donne de l'argent, on donne de l'argent à l'Ukraine,
05:50et on accepte tous les jours des décisions qui nous détruisent.
05:56Et pour moi, la résurrection, c'est, et je vais au fond de votre question,
06:03c'est que quand on aura sonné la fin de l'éclipse de la conscience nationale,
06:10l'éclipse de la conscience nationale, parce qu'en fait, depuis Giscard, depuis 1974,
06:16on vit avec l'éclipse de la conscience nationale, dans toute la classe politique,
06:20pas dans le peuple, dans toute la classe politique.
06:22Qu'est-ce que ça veut dire ?
06:23Ça veut dire que si on met fin à l'éclipse de la conscience nationale,
06:27on va retrouver l'intérêt national.
06:29L'intérêt national, ça consiste, par exemple, à garantir notre sécurité,
06:36donc à rétablir nos frontières, à faire une politique de remigration.
06:40L'intérêt national, par exemple, ça veut dire réserver l'argent des Français pour les Français,
06:46plutôt que pour les Ukrainiens.
06:48L'intérêt national, ça veut dire, vous qui êtes sensibles à l'aménagement du territoire,
06:53avoir une paysannerie prospère, qui souffre tant en ce moment.
06:58Une paysannerie prospère, ça veut dire avoir du blé français, des légumes français, des fruits français,
07:03plutôt que d'importer la volaille ukrainienne et l'agrochimie du Mercosur.
07:08L'intérêt national, par exemple, c'est de protéger notre industrie,
07:12de la relocaliser, protéger notre industrie,
07:16alors qu'aujourd'hui, le marché européen est un marché planétaire de masse,
07:23ouvert au point, ouvert au monde entier,
07:25au point que l'Europe est en train de devenir une colonie technologique américaine
07:31et une colonie industrielle chinoise.
07:37L'intérêt national, ça passe par l'indépendance nationale.
07:40Alors l'indépendance, ça ne veut pas dire qu'on est tout seul dans le monde,
07:43ça veut dire que la France se retrouve dans la position où elle est.
07:45La France, c'est une nation continentale et maritime.
07:49On a le deuxième espace maritime du monde.
07:52Et donc, en fait, on est une nation américaine,
07:56on est une nation arctique, on est une nation pacifique,
07:58on est du monde entier, la France.
08:01Contrairement à l'Allemagne, par exemple, qui est un pays continental.
08:04Et donc, il faut qu'on redevienne une grande puissance.
08:07Et pour redevenir une grande puissance,
08:09il faut retrouver l'indépendance.
08:12C'est-à-dire que les décisions prises pour les Français se prennent à Paris.
08:17Bon, il y a beaucoup.

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