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  • il y a 2 minutes
À la suite du meurtre de Quentin Deranque, l’extrême droite, LR, et une partie de la Macronie peaufinent désormais un front républicain renversé, qui viserait cette fois les insoumis et leurs éventuels alliés. Le RN pense détenir là la clé de son accession au pouvoir. Le décryptage de Cyprien Caddeo.

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Transcription
00:00Le cordon sanitaire, qui originellement était pensé pour faire barrage contre l'extrême droite,
00:04est-il en train de se renverser ?
00:06C'est ce qui semble se dessiner depuis deux semaines maintenant.
00:10Suite au meurtre de Quentin Deranque, plusieurs responsables politiques,
00:14que ce soit du Rassemblement National ou encore des Républicains,
00:17mais aussi une partie de la majorité présidentielle,
00:20ont évoqué la nécessité d'un cordon sanitaire,
00:24non plus contre l'extrême droite, mais cette fois-ci contre la France Insoumise.
00:27Pour parler de tout cela, nous sommes avec Cyprien Cadéo.
00:31Salut !
00:31Cyprien, bonjour !
00:33Peut-être pour commencer, il semble important aujourd'hui de clarifier les termes.
00:37À la base, ça veut dire quoi, le cordon sanitaire ?
00:39Oui, tout à fait, il faut le dire.
00:40Le cordon sanitaire, à la base, c'est un terme qui désigne en sens politique
00:46les manœuvres de mise à distance de l'extrême droite dans des régimes parlementaires,
00:49c'est-à-dire qu'on ne fait pas d'alliance avec l'extrême droite,
00:52et comme ça, on est sûr qu'elle ne rentrera jamais dans aucune majorité parlementaire,
00:56notamment dans des régimes où il y a de la proportionnelle,
00:58et aucun parti ne peut avoir la majorité seule,
01:00donc on est sûr qu'il n'y a pas d'alliance, l'extrême droite ne sera jamais au pouvoir
01:05dans ces pays-là.
01:07En France, c'est à l'argi à l'idée de qu'on ne fait pas d'alliance avec le
01:10Rassemblement national,
01:11pour ce qui nous intéresse,
01:12et il y a une déclinaison même médiatique,
01:14notamment en Belgique, en Belgique francophone surtout,
01:17l'idée de qu'on n'invite pas l'extrême droite sur les plateaux de télé comme c'était un
01:20parti normal,
01:21il y a un cordon sanitaire médiatique en Wallonie contre l'extrême droite.
01:26Et donc là, effectivement, ce qui est intéressant,
01:27c'est de voir que ce terme est utilisé par l'extrême droite elle-même,
01:31par Jordan Bardella, qui est le premier à l'avoir dégainé,
01:34pour cette fois dégainé, enfin isolé,
01:37c'est-à-dire qu'il le dit en lui-même, c'est pour isoler la France insoumise.
01:39Donc là, un retournement complet.
01:41Complètement.
01:41Et je cite ici les propos de Jordan Bardella,
01:45donc dans le contexte de après le meurtre de Quentin Deranque.
01:49Il a dit, je cite,
01:50« Il faut constituer un cordon sanitaire pour isoler LFI en effet. »
01:53Donc là, on a effectivement une situation un peu paradoxale.
01:56Est-ce que selon toi, il s'agit d'une simple stratégie rhétorique ?
01:59Ou est-ce que c'est le signe plutôt d'une recomposition profonde
02:04du champ politique ?
02:05Un peu des deux.
02:06Je pense qu'il faut prendre le point de départ,
02:08qui est la stratégie du RN lui-même.
02:10Le RN a identifié quelque chose qui est un obstacle majeur
02:13dans sa quête du pouvoir.
02:14C'est le front républicain.
02:16On peut dire cordon sanitaire aussi,
02:18mais c'est le front républicain.
02:19C'est-à-dire qu'à chaque fois que le RN a été en position
02:22de prendre le pouvoir,
02:23donc 2002, 2017, 2022 et les législatives de 2024,
02:27où, souvenez-vous, on les annonçait quand même
02:28Gagnon et Bardella à Matignon à l'époque,
02:30à chaque fois, il y a eu un barrage républicain
02:33des électeurs qui fait que, en gros,
02:35la gauche et le centre et historiquement la droite
02:39ont voté pour le candidat qui était face au RN
02:44et donc empêchait le RN de gagner à ce moment-là.
02:46Ça, c'est l'obstacle principal identifié par le RN,
02:50logiquement, pour une victoire au second tour,
02:52notamment à la présidentielle.
02:53Donc, ils ont tout intérêt à neutraliser,
02:57à avoir la peau de ce front républicain.
02:58Or, là, le meurtre du militant néo-fasciste,
03:02Quentin de Ranck,
03:04dans lequel est impliqué un collaborateur parlementaire
03:06d'un député LFC,
03:08ça leur donne du biscuit pour dire,
03:10mais regardez, en fait, vous expliquez que c'est nous,
03:12le diable, depuis des années,
03:13mais en fait, c'est LFC, le diable, la preuve,
03:15voilà, ils ont du sang sur les mains, etc.
03:17Vous connaissez la rhétorique du RN là-dessus.
03:19Et donc, non seulement ça leur permet de neutraliser
03:23le fonds républicain, ce qui est déjà dangereux,
03:24mais en plus de le retourner,
03:26ce qui est encore une étape d'après,
03:27c'est-à-dire non seulement de l'utiliser à leur profit,
03:30c'est-à-dire qu'en gros, dans l'esprit du RN,
03:32si tout se passe bien, en 2027,
03:34Jordan Bardella pourra appeler à faire front républicain
03:37contre un candidat de gauche,
03:38un soumis en l'occurrence,
03:40pour dire, mais regardez, c'est nous,
03:42les garants de la République.
03:43Là, ce serait l'étape suprême
03:44de la banalisation de l'extrême droite.
03:46C'est, nous sommes les garants de l'ordre républicain,
03:49des bons comportements, etc.
03:51On le conduit bien, presque, voilà,
03:53là où le RN était historiquement diabolisé.
03:55Complètement.
03:56Et là, donc, on parle notamment des propos de Jordan Bardella,
04:00mais évidemment, du coup, il a été rallié par...
04:03C'est pas le seul à l'avoir dit.
04:04Ouais, c'est ça.
04:04Ouais, exactement.
04:05Et c'est là où ça rejoint ta question
04:06que tu posais, c'est sur la recomposition,
04:08parce que ce qui est intéressant,
04:09c'est que là, qui dit cordon sanitaire,
04:11à part Jordan Bardella ?
04:12C'est aussi les républicains,
04:13notamment les deux gros chefs des républicains,
04:15c'est-à-dire le chef du parti, Bruno Retailleau,
04:18ancien ministre de l'Intérieur,
04:18et Laurent Wauquiez, qui est le président des députés LR
04:23à l'Assemblée nationale.
04:24Eux deux parlent aussi de cordon sanitaire.
04:26D'ailleurs, il me semble que Laurent Wauquiez
04:28l'avait déjà employé avant même l'affaire Quentin,
04:30il en parlait sur fond d'accusation d'antisémitisme,
04:32etc. d'Alifi.
04:33Donc bon, l'islamo-gauchisme, tout ça.
04:36Donc en fait, on voit bien que c'est pas Quentin de Ranck
04:38lui-même qui est le déclencheur.
04:40C'est un accélérateur de choses qui est déjà en cours
04:42dans le paysage politique.
04:44Mais là, on se rend compte que la droite traditionnelle historique
04:47qui faisait le boulot du barrage normalement,
04:50qui avait déjà commencé à basculer,
04:52même sous Sarkozy,
04:53le Nini avait commencé sous Sarkozy, etc.
04:55On va pas refaire toute l'histoire du long dérapage
04:57de la droite dite gaulliste,
04:59qu'il est plus du tout.
05:01Mais en tout cas, là, aujourd'hui,
05:02c'est vrai que si on fait le jeu des 7 différences
05:03entre les prix des oppositions de Laurent Wauquiez,
05:05Bruno Retailleau, Jordan Bardella et Eric Ciotti,
05:07pour prendre le pôle en constitution,
05:11c'est un peu compliqué, quoi.
05:13Je vous mets au défi,
05:14et c'est vrai que les différences sont tenues.
05:15Et là, effectivement, il y a une recomposition,
05:16parce qu'on est sur cette...
05:18Ça préfigure, même si c'est pas encore fait,
05:20cette idée quand même que les droites convergent.
05:22Les droites, c'est-à-dire l'extrême droite
05:23et les droites traditionnelles,
05:25convergent quand même sur des postures stratégiques similaires.
05:30Je rappelle, par exemple, que Bruno Retailleau,
05:33il y avait une législative partielle
05:34dans le Tarn-et-Garonne en octobre dernier,
05:37dont tout le monde se foutait, plus ou moins,
05:38parce que c'était une élection avec très peu participation,
05:40comme souvent avec les législatives partielles.
05:42Mais il y avait quand même un fait important à ce moment-là,
05:44c'est que le second tour, c'était le PS,
05:46le PS, pas LFI,
05:47le PS contre un candidat UDR,
05:50donc Ciotis soutenu par le RN,
05:52consigne de vote de Bruno Retailleau,
05:54point de voix à la gauche.
05:55Donc là, c'était on vote RN,
05:57on vote extrême droite pour faire barrage au PS,
05:59à ce moment-là.
05:59Donc c'est pour vous dire que là,
06:00on parle de LFI,
06:01parce que c'est eux qui sont dans la tourmente
06:02et qui sont impliqués,
06:04qui sont touchés directement
06:05par ce qui s'est passé avec Quentin Deranque.
06:07Mais gardez en tête que pour Retailleau,
06:10c'est toute la gauche, quoi.
06:12Déjà.
06:12Donc voilà, je pense que c'est important de le mentionner.
06:15Et donc là, c'est intéressant de voir,
06:17effectivement, pour résumer un peu,
06:18qu'il y a des strates.
06:18Il y a évidemment le RN qui s'empare de ça
06:20et qui utilise toute cette situation
06:23pour diaboliser à outrance LFI.
06:25À la limite, on n'est pas étonné.
06:27Ensuite, il y a la droite traditionnelle qui se rajoute.
06:30Et ce qui est d'autant plus intéressant,
06:31c'est de voir que cette convergence-là,
06:33elle va même jusqu'à la Macronie
06:34et une partie de la majorité présidentielle.
06:38On le voit dans le contexte actuel.
06:39On est à à peine quelques semaines des municipales.
06:43Et déjà, pour les municipales du 15 et 22 mars,
06:45il y avait déjà une stratégie qui était mise en place
06:47qui est déjà en basculement, en fait,
06:49dans la notion du cordon sanitaire,
06:50qui est de dire,
06:51ni LFI, ni l'URN.
06:54Mais ça va même plus loin pour certaines personnes,
06:57dont Aurore Berger, qu'on va écouter ici.
06:59Et d'ailleurs, j'adresse la même chose,
07:01y compris à Jordan Bardella.
07:02Si vraiment, il veut mettre en place le cordon sanitaire,
07:04il y a une chose très simple à faire.
07:05C'est retirer ses candidats dans les villes
07:07où LFI peut gagner,
07:08où il sait pertinemment que le Rassemblement national
07:10n'a aucune chance.
07:11Qu'il le fasse maintenant, dès le premier tour.
07:13Parce qu'aux élégislatiers de 2024,
07:14le fait de ne pas avoir retiré
07:16un certain nombre de candidats
07:17a permis l'élection de la France insoumise
07:20dans certaines circonscriptions législatives.
07:22Donc on le rappelle, Aurore Berger
07:24qui est l'actuel ministre de l'Égalité
07:27Femmes-Hommes.
07:29Qu'est-ce que tu peux en dire de ce propos-là ?
07:31Alors, il est assez dingue, effectivement,
07:33puisqu'elle va au-delà de simplement Nini.
07:36Elle est en train de proposer l'air de rien,
07:40sur le toit un peu badin,
07:41un accord de désistement au Rassemblement national.
07:44Dans un seul sens.
07:45En gros, c'est un peu une mise au défi
07:47de Jordan Bardella,
07:48mais le discours est assez terrible.
07:50C'est, ah ben, chiche, cordon sanitaire, d'accord,
07:52mais dans ce cas, vous d'abord,
07:54retirez vos candidats au profit de nos candidats
07:56pour faire un barrage à LFI.
07:57Alors, plusieurs choses.
07:58Déjà, elle dit, en gros,
07:59elle dit, je crois que sa phrase,
08:00c'est retirer les candidats
08:02dans les villes où LFI peut gagner.
08:04Exactement.
08:04Déjà, je veux bien qu'elle nous fasse
08:05la liste de ces villes-là,
08:06parce qu'en vrai,
08:07sans vous voir désagréable envers LFI,
08:08les villes où la France insoumise peut gagner,
08:10il y en a peu,
08:11et dans ces villes-là,
08:12je ne vois pas en quoi le retrait du RN
08:14change quoi que ce soit.
08:15Retirer la candidat à LRN à Roubaix
08:16ou à Saint-Denis
08:17pour prendre des villes
08:18qui sont dans les cibles de LFI,
08:21je ne vois pas trop ce que ça change
08:22en termes d'équilibre.
08:23Donc, je ne sais pas de quoi elle parle
08:24quand elle parle de barrage.
08:26Comme s'il y avait une espèce
08:28de vague rouge insoumise
08:29qui allait sa base sur les municipales.
08:31Enfin, bon, on sait ce qu'il en est réellement.
08:32Quand bien même,
08:33les insoumis vont progresser,
08:34sans doute, à ce scrutin,
08:35ça, c'est réel.
08:36Donc, déjà, première chose.
08:38Et deuxième chose,
08:41elle est un peu seule pour l'instant,
08:42Aurore Berger.
08:43Il faut quand même avoir en tête
08:44qu'en ce moment,
08:45la Macronie est quand même
08:46beaucoup moins disciplinée
08:47qu'elle l'était.
08:47Il fut un temps sous Macron
08:49parce qu'en gros,
08:49il y avait Macron le chef,
08:50c'était très clair.
08:51Tout le monde a l'air à Macron, etc.
08:52Comme là, c'est la fin de reine de Macron
08:53qui ne va pas se représenter
08:55et qu'il n'a pas de successeur désigné
08:57et que c'est un peu...
08:58Voilà, c'est...
08:59Les cartes, les jeux sont ouverts.
09:00Il y a Attal d'un côté,
09:01Darmanin qui joue sa répartition,
09:03Bron Pivet, Édouard Philippe, bien sûr.
09:05Aurore Berger,
09:06elle aussi,
09:12elle pensait au sein des macronistes,
09:14mais il y a plein de gens
09:15qui ne pensent pas comme elle.
09:16Il faut le dire quand même.
09:18Voilà, ça reste un coup d'éclat médiatique
09:20individuel d'Aurore Berger.
09:21Donc, il faut quand même modérer
09:23un peu les conclusions
09:24qu'on en tirerait.
09:25Par contre, la stratégie du Nini
09:26que dont on a parlé au municipal,
09:27ça, c'est commun à tout le parti.
09:29Enfin, à tout l'espace macroniste.
09:31Et effectivement,
09:32ils sont passés...
09:34En fait, ce qu'il faut voir,
09:35parce que là, en gros,
09:36Aurore Berger répond à Bardella,
09:37mais ce qu'il faut avoir en tête,
09:39c'est que l'ERN a lui-même
09:42pressurisé la macronie en disant
09:43il faut faire un cordon sanitaire
09:45contre les filles,
09:45mais vous, les macronistes,
09:46vous avez une responsabilité historique
09:48parce que vous avez,
09:49au législatif 2024,
09:50fait Front républicain
09:51contre l'ERN.
09:52Et donc, vous avez permis
09:53de faire élire des députés insoumis,
09:55notamment de gauche en général.
09:56Et c'est vrai,
09:57le Front républicain de 2024,
10:00au niveau du NFP,
10:02c'était essentiellement
10:03le fait de la gauche,
10:03mais il y a quand même
10:04beaucoup de désistements
10:05de macronistes
10:06qui est arrivé 3e, 4e,
10:07dans le triangulaire
10:08pour permettre l'élection
10:10de députés de gauche.
10:10Il y a plein de députés de gauche
10:11qui doivent leur élection
10:12aussi au désistement républicain
10:14des macronistes.
10:15Et il y a aussi
10:16de plein de macronistes
10:16qui doivent leurs élections
10:17au désistement républicain
10:18de députés de gauche,
10:19enfin de candidats de gauche,
10:20y compris insoumis d'ailleurs.
10:21Bon, et donc là,
10:22ils disent,
10:22vous avez pactisé ce jour-là,
10:23en juillet 2024,
10:24enfin en juillet 2024,
10:25vous avez pactisé
10:26avec les insoumis,
10:29donc vous avez une responsabilité historique.
10:30Et du coup,
10:30les macronistes,
10:31pour ne pas être pris,
10:32enfin, en fait,
10:32pour ne pas être pris
10:33dans cette espèce de narrative
10:38on ne fera plus barrage.
10:39Si c'est les insoumis,
10:40c'est aussi dangereux que le RN.
10:42Donc il y a une bascule
10:43des macronistes
10:44sous la pression
10:45de l'extrême droite aussi.
10:46Et là, on voit
10:46qu'ils cèdent à la pression
10:47de l'extrême droite,
10:48ce qui est quand même
10:49à la fois soit
10:50une dérapage idéologique,
10:51soit une lâcheté, en fait.
10:54Ce qui préjuge pas forcément
10:56du meilleur pour la suite.
10:57Complètement.
10:58C'est important
10:58que là, tu me reparles aussi
10:59de 2024,
11:00parce que je pense
11:01qu'on va finir
11:02sur cette question-là.
11:04Est-ce que déjà,
11:05tu peux me parler un peu
11:05de comment la gauche
11:06a réagi
11:08à ce renversement
11:09de la définition
11:10du cordon sanitaire ?
11:11Mais surtout,
11:12est-ce qu'on peut encore
11:12avoir espoir
11:14en la reconduction
11:16d'un front républicain
11:17qui, lui, fonctionne
11:18et continue à faire barrage
11:19contre l'extrême droite ?
11:20Oui.
11:20Alors, ces deux questions-là,
11:21pour ce qui est de la gauche,
11:23la gauche,
11:23dans son ensemble,
11:24réagit plutôt bien
11:26et n'a pas été trop dupe
11:27de la manœuvre en cours
11:28du Ration national
11:29qui n'est quand même
11:29pas hyper subtile.
11:30Il faut l'admettre.
11:30Ça se voit quand même
11:31ce qu'ils veulent faire.
11:33Accompagné d'ailleurs dans ça
11:34dans pas mal de médias
11:35assez complaisants
11:36vis-à-vis de ça,
11:36il faut quand même le dire,
11:37y compris le service public.
11:39C'est pas le sujet,
11:39mais penchez-vous
11:40sur le traitement
11:41de France Info,
11:41de la séquence.
11:43Ça pose quand même
11:43des questions.
11:45Quand bien on est là
11:45pour défendre
11:46le service public aussi,
11:47mais voilà.
11:50La gauche, en général,
11:51n'est pas trop dupe.
11:53Il y a plein de déclarations
11:55assez fortes
11:56aux partis communistes,
11:57aux écologistes
11:58pour dire
11:58« Non, mais attendez,
11:59le monde politique
12:01marche sur la tête.
12:02On est en train
12:02de tout confondre,
12:04tout inverser, etc. »
12:05et c'est dangereux
12:05pour la République.
12:07Néanmoins,
12:08il faut quand même noter
12:08qu'il y a quelques personnes
12:09à gauche
12:10qui se sont dit
12:12« La France Insoumise
12:13est affaiblie par la séquence,
12:14c'est une aubaine.
12:16Allons-y gaiement. »
12:18Citons François Hollande,
12:19par exemple,
12:19ou citer Raphaël Glucksmann
12:20qui dit quand même
12:21qu'il ne peut pas y avoir
12:22de front contre l'extrême droite
12:23avec des partis
12:24qui ne respectent pas
12:26les fondements
12:26de la démocratie.
12:27Donc là,
12:27il parle de la France Insoumise
12:28quand il dit ça.
12:29ce qui revient
12:30un peu à renvoyer
12:31dos à dos
12:31RN et LFC
12:32à la manière
12:33des macronistes.
12:37On a
12:37Raphaël Glucksmann,
12:38on a François Hollande
12:39qui dit
12:39« Plus jamais LFC, etc. »
12:41Yannick Jadot
12:41qui dit
12:41qu'LFC doit donner
12:42des gages
12:43pour rester dans
12:43l'arc républicain.
12:44Donc, sous-entendu,
12:45ils n'y sont plus
12:46à l'heure actuelle.
12:48Il y a quand même
12:48des choses
12:49qui flirtent
12:49avec cette rhétorique
12:51qui est la rhétorique
12:51de l'excommunication
12:53de LFC
12:55du champ républicain
12:56et donc
12:56le fameux cordon sanitaire.
12:58Mais ils sont minoritaires.
13:00J'ai cité plein de gens.
13:01Raphaël Glucksmann
13:02qui est candidat
13:02à la présidentielle
13:03et qui est chef
13:03de son propre parti,
13:04certes,
13:04mais François Hollande
13:06n'incarne pas
13:07la ligne directrice
13:07du PS
13:08à l'heure actuelle.
13:09Jadot n'est pas
13:10Marine Tondelier.
13:11Et par ailleurs,
13:12on voit que chez ces gens-là
13:14que je viens de citer,
13:14Olivier Faure par exemple aussi,
13:16on a des paroles
13:16quand même un peu plus claires
13:17où ils ne sont pas
13:18en train de faire
13:19une défense inconditionnelle
13:20de la France Insoumise.
13:21D'ailleurs,
13:21ce n'est pas ce qu'on leur demande.
13:22On peut très bien être critique
13:23de la France Insoumise
13:23et de considérer
13:24qu'ils ont quand même
13:26des questions à se poser
13:27après un drame pareil.
13:29Néanmoins,
13:29ça n'en fait pas non plus
13:30des diables.
13:31Et par exemple,
13:32je citerai ça,
13:33on a un tweet assez clair
13:35de Boris Vallaud
13:36qui est le président
13:36du groupe PS
13:37qui dit
13:37« Je suis en désaccord
13:38avec les Insoumis
13:39et je ne suis pas
13:40pour m'allier avec eux
13:41à l'avenir.
13:41En revanche,
13:42le RN,
13:43tout ne se vaut pas.
13:44Le RN,
13:44c'est le RN.
13:45Et donc,
13:46s'il faut voter LFI
13:47contre le RN,
13:48on le refera.
13:49Il n'y a pas de problème.
13:50Il y a une différence
13:50entre s'allier
13:51aux élections
13:52et voter pour
13:54pour éliminer.
13:55Et même Jérôme Guet,
13:56qui est quand même
13:57un des plus anti-insoumis
13:58du PS,
13:59dit
14:00« Je ne veux pas
14:02que les Français
14:02des Insoumises
14:03soient au second tour
14:03en 2027
14:04parce que je pense
14:04qu'on s'est perdu
14:05si c'est le cas.
14:06Par contre,
14:07je voterai pour
14:08si c'est le RN.
14:09Il n'y a pas de doute.
14:11Donc,
14:13la gauche,
14:14globalement,
14:14à part quelques arrière-pensées
14:16anti-insoumises
14:17de certains
14:17qui ont leur propre carte
14:18à jouer vis-à-vis
14:19des municipales
14:20et de la présidentielle,
14:22globalement,
14:22tout le monde a compris
14:23que ça faisait peser
14:24un danger sur tout le monde.
14:25C'est un inversion.
14:26Parce qu'encore une fois,
14:27aujourd'hui,
14:28c'est à LFC,
14:29mais quand même,
14:29notons que déjà
14:31des discours de diabolisation
14:32de la gauche,
14:32les écologistes,
14:33par exemple,
14:34et c'est ce qu'ils disent,
14:34ils mettent en avant,
14:35ils font « On a connu ça,
14:36les écologistes,
14:36l'éco-terrorisme,
14:37tous ces discours-là,
14:38ils les ont connus. »
14:40Et par ailleurs,
14:40on voit que le niveau
14:41de violence qui s'abat
14:42sur la gauche
14:42avec des dégradations
14:43de locaux de campagne,
14:45des militants
14:45qui sont poursuits
14:46dans la rue
14:46par des fascistes,
14:47ça touche tout le monde.
14:48Je veux dire,
14:49là, on a fait un article
14:50il n'y a pas longtemps là-dessus.
14:50Il y a des jeunes communistes
14:51qui se sont fait suivre
14:52et tabasser.
14:53Il y a le local
14:54de la CGT Lyon
14:54qui s'est fait menacer
14:55d'une alerte à la bombe
14:56similaire à celle
14:57qui a été tombée
14:58sur le siège national
14:59de la France insoumise.
15:01On a des locaux de campagne
15:02qui se font taguer,
15:04il y a des croix gammées,
15:05etc.
15:05De tous les bords politiques,
15:06y compris pour un socialiste.
15:12qui se substituent
15:12autour de cette idée
15:13de cordon sanitaire.
15:14Donc, voilà,
15:15personne n'est libre de ça.
15:16Et la question d'après,
15:17c'était sur la...
15:18Est-ce qu'on peut
15:18quand même encore
15:19avoir espoir
15:20de la reconduction
15:21d'un front républicain
15:23qui fonctionne quand même ?
15:24Oui, alors, bon,
15:26moi, je me fie toujours des...
15:29On se fait souvent un peu peur.
15:30Alors, je n'ai pas
15:31qu'il faut être en mode
15:31tout va bien,
15:32le contexte est super,
15:33évidemment que non.
15:34Mais par contre,
15:36on a même sous nom
15:37qu'en 2024,
15:38on était nombreux à se dire
15:39mon Dieu, ça y est,
15:39c'est foutu,
15:40cette fois, il y aura la cohabitation,
15:43en réalité, la leçon,
15:44la grande leçon de 2024,
15:45et c'était il y a un an et demi,
15:47donc je ne pense pas
15:48que le paysage politique
15:50a évolué, certes,
15:51mais pas à ce point.
15:52La grande leçon de 2024,
15:53c'est qu'il y avait
15:55deux tiers, voire trois quarts
15:57de l'électorat
15:58qui ne voulaient pas
16:00du RN
16:01comme majorité au pouvoir.
16:03Ça, c'était une évidence.
16:04Et c'est pour vrai
16:04que le barrage a fonctionné,
16:05précisément.
16:06Est-ce qu'un an,
16:07trois quarts plus tard,
16:08ça n'existe plus ?
16:09Tous ces gens ont complètement
16:10basculé, ont changé
16:11d'obédience ?
16:12Moi, je n'y crois pas trop.
16:13Après, est-ce que
16:15la machine médiatique,
16:16l'effet de la machine
16:17Bolloré,
16:18plus ce qui se passe
16:19maintenant avec l'affaire de ranque,
16:20est-ce que ça affaiblit
16:22le front républicain ?
16:23Sans doute.
16:23Par exemple,
16:24si les macronistes
16:24ont décidé que maintenant,
16:25ils auraient piscine
16:26s'il y a le front républicain,
16:27s'il y a les filles,
16:28c'est inquiétant.
16:29Est-ce que ça se concrétisera ?
16:31Je ne sais pas,
16:31parce que, encore une fois,
16:32le discours qui consistait
16:34à dire que les insoumis
16:35n'étaient pas dans
16:36l'arc républicain,
16:37les macronistes le tenaient
16:38déjà avant 2024.
16:39Ils le tenaient même
16:39avant les européennes 2024.
16:41Ça ne leur a pas empêché
16:41au final de voter quand même,
16:43enfin, de faire des désistements
16:44quand même en faveur
16:45notamment de l'EFI.
16:46Donc, bon,
16:47entre ce qu'ils disent là,
16:48parce que c'est le moment politique,
16:49est-ce qu'ils feront concrètement
16:50si la situation se représente ?
16:52Il y aura encore un monde.
16:53Évidemment,
16:54ce n'est pas hyper engageant,
16:55mais bon,
16:57moi, je me suis.
16:58Je pense qu'il y a encore
16:59dans notre pays
17:00une majorité de gens
17:00qui ne veulent pas
17:02d'extrême droite au pouvoir
17:03et ces gens-là
17:03feront barrage en fait.
17:05Après, effectivement,
17:07la nouveauté,
17:08c'est qu'il y a aussi maintenant
17:08un discours de barrage
17:10contre l'EFI
17:11et donc il y aura
17:12un vote barrage
17:13contre l'EFI
17:13si dans des situations
17:15où l'EFI
17:15fasse à l'extrême droite,
17:17ça, ça n'existait pas avant
17:19et ça, c'est nouveau.
17:19Mais est-ce que ce barrage-là
17:21est en train
17:21de prendre le pas
17:22sur le bon vieux réflexe républicain
17:24des gens qui ne veulent pas
17:24l'extrême droite au pouvoir ?
17:26Ça reste à la démontrer.
17:27Pour l'instant,
17:27on n'a pas d'éléments tangés
17:28pour le prouver.
17:29Très bien.
17:30Merci beaucoup, Cyprien.
17:32Eh bien, je t'en prie.

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