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  • il y a 1 jour
Chute annoncée du gouvernement et crainte d'un nouveau mouvement semblable aux "Gilets jaunes" : l'ordre bourgeois et le système médiatique paniquent à l'approche des 8 et 10 septembre. Cyprien Caddeo, journaliste, chef de service adjoint de la rubrique politique, fait le point sur la rentrée politique.

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Transcription
00:00Là, vous vous doutez que l'ordre bourgeois, appelons-le comme ça, le système médiatique plutôt libéral, plutôt pro-élite,
00:08pro-bourgeoisie, on va dire,
00:11là, c'est un peu la panique. Vous avez le gouvernement qui tombe, donc le chaos politique, etc.
00:16Et je reprends leurs termes, je pense que si vous avez allumé BFM ou France Info, etc., vous avez entendu
00:22ces termes largement circuler à la télévision.
00:25Et puis, évidemment, l'Odysse, la crainte d'un nouveau gilet jaune, donc on se souvient des Champs-Elysées, le
00:32saccage de l'Arc de Triomphe.
00:34Toutes ces images-là sont dans l'imaginaire charrié par les chaînes d'information en continu.
00:39Donc voilà, c'est là-dessus que ça joue.
00:40Donc, moi, je me suis intéressé un peu à commencer à réceptionner.
00:44Alors, je ne vais pas vous faire tout le refus de presse de BFM, de machin, vous pouvez le trouver
00:48assez facilement.
00:49Moi, il y a un truc qui m'intéressait plus, c'est, je ne sais pas, ça, je pense que
00:52vous ne l'avez peut-être pas suivi,
00:52mais c'était jeudi dernier, c'était le grand débat, le grand oral du MEDEF.
00:58Puisque le MEDEF, comme les partis politiques, tient une université d'été de rentrée politique, on va dire.
01:05Enfin, syndical en l'occurrence, mais aussi politique.
01:08Et donc, ça s'appelle la REF, donc la rencontre des entrepreneurs de France.
01:13Et la REF se clôturait avec une table ronde des politiques, avec les chefs de parti.
01:21Je vais vous la montrer et on va essayer d'écouter, alors non pas ce que disent les politiques, je
01:24vous ferai un résumé,
01:25mais ce n'est pas tant ça qui m'intéresse, que comment ça a été animé.
01:30Qu'est-ce que ça raconte de la panique chez les patrons et les bourgeois ?
01:39Donc, voilà, ça ressemblait alors, ça ressemblait à quoi ?
01:42Ça ressemblait, c'était à Roland-Garros qu'ils avaient privatisé pour tout l'événement, pas que pour le débat,
01:46mais en gros, ça ressemblait à ça, voilà, pour info, donc c'était jeu décisif, l'heure des choix,
01:50c'était un tout petit peu grandiloquent en termes de mise en scène, mais enfin, pourquoi pas ?
01:55Donc, sur le cours central de Roland-Garros, converti en plateau de débat,
02:02eh bien, étaient invités, donc on va regarder le plateau, étaient invités, vous les avez là,
02:08donc de gauche à droite, Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise,
02:12Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, Marine Tondelier, secrétaire national des Verts,
02:18au milieu, vous avez Apolline de Malherbe, qui est la journaliste de BFM,
02:22que vous connaissez sans doute, qui était donc la modératrice du débat,
02:26mais justement, on va y revenir, donc ça, ça s'appelle faire un ménage,
02:29c'est-à-dire qu'on est journaliste et qu'on accepte d'animer un débat pour le MEDEF,
02:32ou pour, peu importe, pour un parti politique ou pour une association,
02:36a priori, vous êtes rémunéré, donc là, a priori, elle a été rémunérée par le MEDEF
02:41pour animer pendant deux heures, le temps que ça a duré, le débat.
02:46Voilà, ensuite, à sa droite, donc, Gabriel Attal, président de Renaissance,
02:51Retailleau, Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur et président des Républicains,
02:54et Jordan Bardella, président du Rassemblement National.
02:57Voilà pour le plateau, vous aurez remarqué qu'il n'y a pas Olivier Faure,
02:59parce que, à ce moment-là, il était à Blois pour ses propres unités d'été du Parti Socialiste.
03:05Voilà, pour le casting, et donc, moi, ce qui m'intéresse, c'est le cadrage,
03:08le cadrage de ce débat, donc, le débat, c'était, la France peut-elle rester dans le jeu ?
03:13Évidemment, la sortie de Beyrou et l'actualité a changé la donne du débat,
03:20et donc, voilà comment le débat commence.
03:24C'est la Pauline de Malherbe qui donne le ton.
03:26Ici, et seulement deux, à avoir déjà dit que vous voteriez cette confiance,
03:33Gabriel Attal et Bruno Retailleau, les quatre autres, vous l'avez déjà annoncé,
03:37vous ne voterez pas cette confiance.
03:39Alors, la première question, c'est tout simplement de savoir si vous n'avez pas l'impression,
03:43les uns et les autres, de faire basculer le bateau, puisqu'il dit qu'il est en train de couler,
03:47de le faire couler totalement, Jordan Bardella ?
03:51Voilà, première question, donc, pour Jordan Bardella, puisque Jordan Bardella,
03:54le RN, a priori, ne vote pas la confiance, en tout cas, ils ont annoncé qu'ils ne la voteraient
03:56pas,
03:57la première question, c'est, c'est le chaos, là, est-ce que vous n'avez pas l'impression
04:00que vous allez faire couler le bateau ?
04:02Donc, ça, c'est la question posée à Bardella, mais ne vous inquiétez pas,
04:04donc, c'est Bardella qui répond au premier, mais ne vous inquiétez pas,
04:06la gauche aura le droit aussi, évidemment.
04:09Question, donc, après, pardon, je vous skippe Bardella, c'est sur YouTube,
04:12si vous voulez écouter tout le débat, en vrai, c'est assez intéressant,
04:15il y a un petit air de débat présidentiel avant l'heure.
04:18Et donc, deuxième relance, cette fois, c'est Marine Tondelier qui est interrogée.
04:23Sur le chemin de la lisibilité et de la stabilité.
04:26Le mot incertitude, le mot chaos, ils ont été prononcés aussi par Patrick Martin,
04:30face à cette période qui s'ouvre, est-ce que vous n'avez pas peur d'avoir une responsabilité là
04:34-dedans,
04:34Marine Tondelier, et ensuite, chacun de vous ?
04:37Mais les écologistes ont toujours eu une attitude responsable, il n'y a pas de problème.
04:41Moi, j'ai lu dans le Figaro le récit du début de votre événement.
04:44Voilà, donc, pareil, même débat, vous n'avez pas l'impression d'être responsable du chaos, finalement.
04:52Question qui ne sera pas posée, je vous fais un... je vous spoil,
04:55question qui ne sera pas posée à Gabriel Attal et à Bruno Retailleau,
04:58qui sont pourtant au gouvernement et donc qui sont potentiellement responsables de la situation politique donnée.
05:04Mais la question ne sera pas posée dans ces termes ni à Gabriel Attal, ni à Bruno Retailleau, je vous
05:08rassure.
05:10Donc, voilà, la question est reposée comme ça à Roussel aussi, elle est reposée comme ça à Bompard,
05:15je ne vous fais pas tout l'article.
05:17Moi, ce qui m'intéresse là-dessus, avant de continuer sur ça,
05:20bon, effectivement, Apolline de Malherbe, elle sait qu'il la paie, elle est extrêmement orientée.
05:28Mais justement, il y a un petit twist à ça, on va voir juste après.
05:31Moi, ce qui m'intéresse, c'est cette espèce de dialectique du chaos, là, quand même.
05:35Enfin, cette rhétorique du chaos, plutôt.
05:37Cette rhétorique du chaos, elle nous permet de dire quelque chose qui, moi, m'importe énormément,
05:44c'est de faire la peau à cette mythologie du capitalisme
05:48qui voudrait que les capitalistes adorent le risque.
05:53Mais c'est faux, en fait.
05:54Et là, c'en est la preuve.
05:55Le fait que pendant toutes les universités d'été, parce que là, je ne vous fais que le débat de
06:00fin,
06:00mais pendant toutes les universités d'été du MEDEF, ça a été la panique générale.
06:05Le « Oh mon Dieu, le chaos ! Oh mon Dieu, on ne sait pas comment va être la rentrée
06:08! »
06:08Et l'incertitude, la bourse de Paris qui se casse la gueule le jour même où François Bayrou annonce le
06:12vote de confiance,
06:13parce qu'on en connaît tous l'issue, et les boursicoteurs aussi.
06:19Boursicoteurs, oui, c'est vraiment un mot de mon grand-père, là, que je viens de sortir.
06:22Mais voilà, donc, le...
06:25Comment dire ?
06:26Une des mystiques du capitalisme, c'est de dire,
06:28pour justifier que le capital soit mieux rémunéré que le travail, par exemple,
06:32dire « Non mais attendez, d'accord, ils ne travaillent pas, les capitalistes, mais ils prennent des risques. »
06:36Je veux dire, investir, c'est faire un pari.
06:39Il y a un coup de poker, investir, c'est l'audace, quoi.
06:42Et l'audace, ça se rémunère.
06:43Ça, c'est la mystique capitaliste.
06:44C'est pour ça qu'on vous explique que c'est normal que les actionnaires touchent des dividendes
06:47et que les dividendes explosent alors que la courbe des salaires, elle, stagne.
06:50C'est pour ça qu'on vous explique que c'est normal que des business angels ou je ne sais
06:55quoi
06:56touchent des millions d'euros alors que vous, en travaillant, vous touchez que d'elle.
07:00Ça, c'est la mystique capitaliste.
07:01Or, vous voyez bien que c'est faux,
07:04que précisément quand il y a de l'incertitude, quand il y a du risque,
07:08quand ils peuvent perdre leurs billes,
07:10mais c'est la panique générale.
07:12Et encore une fois, prenons l'exemple de la bourse.
07:14La bourse de Paris s'est, pas effondrée, il ne faut pas déconner, mais a chuté largement au moment où
07:19François Bayrou a fait ces annonces.
07:21Donc voilà.
07:21Donc, je pense que c'est déjà ce moment du MEDEF qui permet de clarifier ça.
07:28Non, les patrons, les capitalistes ne sont pas des aventuriers du risque, ce sont des peureux.
07:33Et dès qu'il y a une instabilité politique ou sociale, ils sont terrifiés.
07:37Ils tremblent.
07:38Voilà. C'est ça qu'il faut retenir.
07:39Et la double date du 8 et du 10, ça met le patronat en PLS.
07:44C'est la première chose à voir.
07:45Donc, là, Apolline de Malherbe se fait la porte-voix du patronat en faisant la leçon, en disant « Mais
07:50vous n'avez pas honte, en fait ? »
07:51C'est ça qu'elle dit, « Vous n'avez pas honte de semer le bordel, en fait ? »
07:53Tout simplement.
07:54Et encore une fois, personne n'a forcé François Bayrou à déclencher un vote de confiance.
07:57Bon, il serait probablement tombé sur un vote de censure au moment du budget,
08:01mais je veux dire, c'est lui qui anticipe sa chute.
08:03Donc bon, encore une fois, posez-lui la question à lui, quoi.
08:07OK. Je... Oui, exactement, Jujo Lafride qui nous dit « Ils sont courageux quand il faut capitaliser sur les richesses.
08:13»
08:14Enfin, capitaliser les richesses, pardon, et les pertes, c'est socialiser.
08:17Évidemment, on se souvient tous, qu'on a tous, avec notre argent public,
08:23renflouer les banques après la crise des subprimes en 2008, par exemple.
08:28Bref. Donc, voilà, je ne vous fais pas tout le...
08:31Encore une fois, si vous voulez voir le débat, les arguments politiques, ce n'est pas mon objet aujourd'hui.
08:34N'hésitez pas à aller sur YouTube, vous avez les références...
08:37Attendez, oui, si je vous remets ça sur l'écran, ce serait plus simple.
08:40Voilà, vous avez les rêves, si vous voulez, sans mauvais jeu de mots,
08:43si vous voulez aller voir le débat dans son entièreté.
08:45Il est intéressant, en vrai, de le regarder.
08:47Mais, ce qui m'intéresse, c'est le twist.
08:49Alors, oui, non, avant le twist.
08:51Donc là, vous avez eu le traitement du RN et de la gauche,
08:55parce que ce sont les méchantes oppositions qui vont censurer.
08:58On est d'accord ?
08:59Et maintenant, on va voir qu'est-ce qui se passe après Retailleau.
09:04Mais demain, je pense qu'il faudra des ruptures encore plus franches.
09:07Gabriel Attal.
09:09Donc là, Retailleau a dit qu'il fallait aller plus loin dans la case du travail,
09:16dans la lutte contre la fraude sociale, etc.
09:17Bon, le discours de droite classique, applaudissement.
09:20Et regardez ce que dit Apéline de Malherbe.
09:23Je précise, je précise effectivement, pour ceux qui nous regardent en dehors de cette enceinte de Roland-Garros,
09:30que vous avez à trois reprises applaudi Bruno Retailleau.
09:34Vous n'y aviez pas eu le droit, ni les uns et les autres.
09:36On verra Gabriel Attal.
09:38Gabriel Attal, à vous.
09:39Voilà, elle compte les points.
09:41Voilà, c'est vraiment l'arbitre.
09:43C'est genre, regardez, Retailleau a été applaudi.
09:45Et vous, nous, bande de nuls.
09:46Oui, en même temps, vu les discours.
09:49Bon, bref, voilà, vous avez le ton.
09:54Attal, il se fait applaudir aussi, précisément.
09:58Donc, il a le droit, je pense.
10:00...qui explosait.
10:01Aujourd'hui, on a une population qui vieillit.
10:03Après la Seconde Guerre mondiale, on avait une économie qui était tirée par la consommation, le marché intérieur.
10:08Aujourd'hui, on a une révolution absolue qui est devant nous.
10:10On n'en a pas parlé pour l'instant.
10:11C'est l'intelligence artificielle.
10:14Après 1945, on parlait de météo, on ne parlait pas de dérèglement climatique.
10:17Tout ça, ça nous impose de changer profondément de modèle.
10:20C'est d'une réinvention de notre modèle dont la France a besoin.
10:23Et c'est à ça que je veux m'atteler avec Renaissance.
10:26Chacun ?
10:27Allez-y.
10:28Vous disiez ?
10:29Non, je dirais à Gabriel Attal.
10:32Ah bon, alors je ne dis pas.
10:33Je crois que c'était là où elle disait, ah, applaudissements pour Gabriel Attal.
10:35Bon, bref, en gros, elle a compté les points pendant tout le débat.
10:38À tel point qu'en fait, ça a fini par agacer le MEDEF, en fait.
10:43Ça a fini par agacer Patrick Martin.
10:45Donc en gros, là, je vous fais un skip.
10:46Il se passe 45 minutes où à chaque fois que la gauche parle, dans la salle, ils sont hués.
10:51OK ?
10:52Quasiment à chaque fois.
10:54Et quand LR et Renaissance parlent, ils se font applaudir.
11:00Et à chaque fois, t'as Apéline de Malherbe qui compte les points.
11:08Genre, applaudissement, un nouvel applaudissement, bravo.
11:11Voilà.
11:11Donc, et au bout d'un moment, du coup, ça énerve Patrick Martin qui dit ça.
11:17Et le moment est marrant, du coup, je vous le passe.
11:20Mes chers amis, je commence par vous rapporter une anecdote et ensuite...
11:23Donc là, en plein débat, il se lève, il prend le micro, il coupe tout le monde et il tourne
11:27le dos au plateau.
11:29Et voilà ce qu'il dit.
11:30Je me permets de vous faire une demande.
11:32L'anecdote, je suis intervenu l'an passé à la fête de l'humanité.
11:36Je me suis confronté à Sophie Binet.
11:38Et les rares fois où dans l'assistance, il y a eu des mouvements d'humeur à mon égard,
11:43quand ce n'était pas Sophie Binet elle-même, c'était le médiateur du débat qui a demandé à l
11:47'assistance de rester respectueuse.
11:50Nos invités nous font l'honneur d'intervenir devant nous.
11:59J'en déduis que c'est le dernier applaudissement qu'on entend.
12:01Nos invités nous font l'honneur d'intervenir devant nous.
12:05Chacun a sa sensibilité, ses convictions.
12:07Il n'est pas interdit d'applaudir pour autant.
12:09Mais je vous demande, c'est donc ça ma demande, de bien vouloir les respecter.
12:14Merci.
12:20Merci Patrick Martin.
12:21Merci Patrick Martin pour ce message, pour faire respecter les mêmes règles qu'à la fête de l'humanité.
12:25Vous êtes encore invité cette année.
12:28C'est le 12, 13 et 14 septembre.
12:30Je vous invite à y venir.
12:31Et c'est l'occasion de faire de la paix pour la fête de l'human au BDF.
12:34C'est quand même toujours rigolo.
12:37Je voulais vous montrer ça, parce que ça m'a quand même amusé de voir que le zèle d'Apolline
12:42de Malherbe était tellement grossier que même Patrick Martin, ça l'a saoulé.
12:44Alors que c'est lui qui paye, entre guillemets.
12:47C'est le MEDEF qui l'a débauché pour cette soirée-là et qui rappelle qu'à la fête de
12:55l'human où il sera invité, effectivement, parce qu'il débattra avec Fabien Gué sur la question du rapport parlementaire
13:00qui évalue à 211 milliards le niveau des aides d'argent public versé aux entreprises.
13:07Et il viendra donc débattre avec Fabien Gué à la fête de l'human.
13:09Comme il avait débattu l'an dernier avec Sophie Binet et que le patron du MEDEF rappelle que ça se
13:17tient mieux à la fête de l'human modérée par un journaliste de l'human qu'au MEDEF modérée par
13:22Apolline de Malherbe.
13:23Je trouve ça assez amusant et je voulais bien vous le montrer quand même.
13:29Et donc si jamais, et j'en profite pour un peu de promo, si jamais la fête de l'human,
13:32c'est le 11, 12, 13 septembre prochain.
13:35Donc on passe le week-end, le week-end d'après et vous pouvez toujours prendre vos places.
13:40Désolé Fabien, il y a le Zeevent.
13:42Ah, il y a le Zeevent.
13:43Faites les deux, faites les deux.
13:45Ok, donc voilà, je voulais vous montrer ce plateau du MEDEF.
13:48Encore une fois, allez regarder le truc en entier si ça vous intéresse.
13:52Mais voilà, ce qui est intéressant là-dessus, c'est la panique de l'ordre bourgeois, de la bourgeoisie face
13:59à une rentrée qui s'annonce compliquée pour eux.
14:01Puisque le gouvernement va tomber et il y a l'incertitude, même si potentiellement, on ne va pas se mentir,
14:09l'après Bayrou, ça peut très bien être Éric Lombard ou Sébastien Lecornu.
14:14Enfin bon, l'hypothèse de Macron nommant encore un Premier ministre macroniste pour remplacer Bayrou comme il a remplacé Barnier
14:21par Bayrou.
14:25Ce n'est pas le grand soir parce que Bayrou tombe, mais enfin voilà, c'est quand même une étape
14:32un peu incertaine pour le patronat et les gens qui profitent largement de la politique macroniste,
14:37qui auraient profité de ce budget aussi.
14:40Et puis maintenant, le 10.
14:42Alors justement, le 10, parlons du 10, puisque je vois que ça a une question qui vous taraude.
14:45Que fait-on le 10 ?
14:47En fait, c'est assez compliqué parce que pour l'instant, on a cet appel à bloquons tout, tout bloquer,
14:53d'accord, à partir du 10.
14:55Le problème, c'est que quand tu regardes les boucles, des boucles qui sont multiples d'ailleurs, Telegram ou WhatsApp
15:01de ces mouvements-là,
15:03on sent qu'il n'y a pas d'appel à un mode d'opération qui serait identique partout.
15:09Donc il y a potentiellement des endroits où les gens vont littéralement, physiquement bloquer des choses,
15:15vont être dans la rue, vont manifester, vont faire grève.
15:18Mais il y a aussi des endroits où ils parlent de s'autoconfiner, même si ça s'est un peu
15:23dilué.
15:24Mais c'était dans les premiers appels, il y avait l'idée de « on retournerait chez soi, la France
15:28s'autoconfine, du coup les rues seront vides ».
15:30Bon, le problème, c'est que si tu t'autoconfines, tu n'es pas visible.
15:33C'est-à-dire que, ok, si vraiment tout le monde rentre chez soi, ça marche,
15:37mais si c'est juste 10% de la population qui reste chez lui, ce sera invisible et indolore comme
15:41mouvement social.
15:42Donc voilà, il y a toutes ces questions-là qui sont un peu encore en suspens.
15:46Puis il y a la question de savoir c'est qui, en fait, le moment du 10 septembre,
15:49puisqu'on compare ça aux Gilets jaunes. Pourquoi on le compare aux Gilets jaunes ?
15:51On le compare parce que c'est un mouvement qui s'est fait « spontanément »,
15:56c'est-à-dire à partir de groupes assez informels sur les réseaux sociaux,
16:01d'appels sur les réseaux sociaux.
16:02Il n'y a pas, même si après les partis politiques et les syndicats se sont engouffrés dans la brèche,
16:07ce n'est pas une construction traditionnelle par les partis ou par les syndicats.
16:13Donc il y a ce côté mouvement un peu objet politique non identifié
16:18ou objet social non identifié qui fait penser aux Gilets jaunes.
16:22Je voulais vous mettre cet entretien de Antoine Bristiel, fait par Anthony Cortez pour l'UMA.
16:31Donc Antoine Bristiel, c'est qui ?
16:32C'est le directeur de l'Observateur de l'Opinion de la Fondation Jean Jaurès.
16:35Et lui, il a amené une enquête basée sur des sondages qualitatifs de C'est qui ?
16:44Demandé aux gens qui se revendiquent du mouvement Blocontour,
16:48Il a essayé de faire un portrait robot de ce mouvement sur la base de cette étude.
16:51Alors, c'est assez intéressant parce que justement la question c'est...
16:55Donc première question, est-ce que la comparaison avec les Gilets jaunes...
16:58Ben voilà, c'est la fameuse étude dont je te parle, Louis Cégix.
17:05Donc, est-ce que la comparaison avec les Gilets jaunes est valable ?
17:08Et bien Louis nous dit non, on n'est pas du tout sur le même public.
17:11A l'époque, les Gilets jaunes c'était une mini-France précarisée.
17:13Là, ce n'est pas du tout le cas. C'est une France diplômée, plus jeune, très marquée à gauche,
17:18voire à la gauche radicale.
17:19Une très large majorité des membres qu'il a interrogé, il faudrait quand même rajouter ça comme modulo quand même,
17:25parce qu'il est possible qu'il y ait des gens qui échappaient à son étude et qui se revendiqueraient
17:30quand même du mouvement.
17:31Une très large partie des membres du mouvement ont voté Jean-Luc Mélenchon à 70% ou Poutou à 10%,
17:36ce qui ferait 80% de gens qui ont voté FI ou plus à gauche.
17:42C'est quand même pas mal. Par ailleurs, seulement 27% des personnes interrogées disent avoir été un Gilet jaune
17:48par le passé.
17:50Ce qui est raccord avec le fait que si c'est un Gilet jaune, c'était comme il y a
17:547 ans, potentiellement c'est des gens qui ne se mobilisaient pas à l'époque.
17:58Le point de convergence, c'est la volonté de passer d'une démocratie représentative à une démocratie directe,
18:04avec l'idée de RIC.
18:06Elle dit « 9 personnes sur 10 veulent que le peuple fasse la loi sans passer par des représentants ».
18:10C'est vraiment une espèce de discours anti-parlementaire radical.
18:13Il faudrait voir dans le détail comment ça se concrétise, mais ça rejoindrait le RIC.
18:16Bon, le RIC qui n'empêche pas de faire la loi par le Parlement non plus,
18:19mais qui est un complément de la démocratie parlementaire.
18:23Parce qu'on ne va pas opposer non plus la démocratie parlementaire et la démocratie directe,
18:26les deux peuvent se compléter.
18:30Voilà, vous observez également un très fort taux d'abstentionnistes au second tour de la dernière élection présidentielle.
18:39Donc on dit « au premier tour, non, au premier tour, il y a moins d'abstentionnistes dans le mouvement
18:42de bloc en tout
18:43que dans l'ensemble de la population française ».
18:45Mais au second tour, en fait, l'équation Marine Le Pen-Macron ne leur va pas.
18:49Donc 68% d'entre eux déclarent s'être abstenus en refusant de mettre un bulletin Macron face à Le
18:56Pen ou l'inverse.
18:59Voilà, donc ça dit plusieurs choses, que la porosité avec l'extra-droite est quasiment nulle
19:03et qu'il existe une très forte défiance vis-à-vis de Macron, et cela bien avant le budget Beyrou.
19:08Ça, c'est une donne-donne importante aussi.
19:09Le budget Beyrou a été un déclencheur, mais évidemment, la colère ne date pas de cet été.
19:15Voilà, bon, les préoccupations principales du mouvement justice sociale, justice fiscale,
19:22protection de l'environnement et pouvoir d'achat,
19:23qui sont les items un peu classiques, par ailleurs, dans la population.
19:30Donc, voilà, encore une fois, Jolie Miller, tu as raison de donner cette précaution dans l'analyse des sondages,
19:39mais c'est quand même intéressant. Et on note qu'il n'y a pas de discours trop étrangers
19:47où les immigrés ne font pas d'efforts pour s'intégrer. Il n'est pas du tout, il ne prend
19:50pas du tout dans ce mouvement-là.
19:52Donc, il n'y a pas un fonds d'immigration au sein du mouvement, en tout cas au sein des
19:57interrogés.
19:59Voilà. Et donc, il y a une question que ça pose qui est très intéressante.
20:04Et peut-être la principale, c'est, concernant le profil sociologique des membres,
20:10vous notez bien moins d'ouvriers que dans le mouvement des Gilets jaunes,
20:13mais bien plus de cadres et d'étudiants.
20:16Et donc, à quel type de blocage doit-on s'attendre à partir de cette donnée ?
20:19Ça, c'est une vraie question, parce qu'il est évident que quand ce sont des ouvriers, etc.,
20:24il peut y avoir une certaine culture, si ce n'est syndicale, au moins une culture de la grève,
20:28une culture du blocage, de l'outil de production.
20:32Chez les étudiants, les modus en pérandi, ce n'est pas tout à fait la même chose en termes de
20:36militants.
20:37On n'est plus sur des AG, sur des blocages de fac.
20:39Enfin, ce n'est pas tout à fait la même chose.
20:40Donc, bloquer une fac, ça a quand même moins d'impact que bloquer une boîte,
20:44en termes de crispation du capitalisme.
20:47Donc, voilà.
20:50Donc, ça pose la question des modes d'opératoire militant,
20:53d'autant que, comme on l'a dit tout à l'heure,
20:55il n'y avait pas de...
20:57Tout ça était un peu flou et pas très homogène dans les appels pour l'instant.
21:03Donc, réponse de Bricial, sur à quel type de blocage doit-on s'attendre ?
21:06C'est très difficile à dire.
21:07J'ai posé une question ouverte aux interrogés.
21:08Qu'est-ce que vous comptez faire le 10 ?
21:10Pour une très large partie, la réponse a été je ne sais pas.
21:13Je me mettrai au service du mouvement,
21:14mais le mouvement n'a pas de chef.
21:18Donc, au service de quoi ? De qui ? De quel mot d'ordre ?
21:21On ne sait pas trop.
21:22Ce qui est étonnant, c'est que le mouvement a un slogan de mobilisation,
21:24mais aucun mot d'ordre sur ce qui va être fait concrètement.
21:27Cela preuve freiner ses résultats.
21:28Par ailleurs, le profil est très homogène sociologiquement et politiquement
21:31ne va pas permettre de brosser aussi large que le mouvement des Gilets jaunes
21:34qui, lui, avait une image éloignée des structures politiques et rassembleuses de profils plus variés.
21:40Donc, en gros, il dit, conclusion de toute cette affaire,
21:43on ne sait pas trop ce qui va se passer le 10 septembre.
21:46Alors, ce qu'on doit retenir du 10 septembre, néanmoins,
21:51c'est que déjà, ce n'est pas l'alpha et l'oméga de la colère.
21:54C'est-à-dire qu'il y a aussi une intersyndicale,
21:57il y a aussi des grèves de prévues.
21:59Et donc, si jamais le mouvement du 10 septembre
22:01n'était pas le grand moment de révolte
22:05et de colère attendue,
22:08d'expression de la colère attendue,
22:10les syndicats prendraient le relais.
22:12De toute façon, il y aurait encore...
22:15Ce n'est pas le 10 ou jamais.
22:18Par ailleurs, le 10,
22:20comme quelqu'un l'a dit dans le chat tout à l'heure,
22:22n'est qu'une première date.
22:24Encore une fois, ce n'est pas encore le 10 ou jamais.
22:26S'il n'y a rien du tout le 10,
22:27ce sera quand même une indication que ça part mal.
22:31Mais ça peut être l'étincelle.
22:32Il ne faut pas voir ça comme une finalité.
22:35C'est plutôt l'étincelle.
22:37Et ça va être un objet politique
22:39assez intéressant à étudier
22:40parce qu'on ne sait pas exactement,
22:42on ne sait pas ce qui se profile.
22:47On ne peut pas trop l'anticiper.
22:49Est-ce que les gens qui se sont énervés
22:51sur Internet depuis des semaines
22:52vont vraiment y aller le jour J ?
22:54Est-ce qu'ils vont trouver un débouché politique
22:56à leur colère ?
23:01Est-ce qu'il va y avoir des tentatives
23:02de s'auto-organiser comme c'était le cas
23:04avec les gilets jaunes
23:05où il y avait des assemblées,
23:06presque des mini-constituants
23:07sur les ronds-points,
23:08une espèce d'école politique
23:09à ciel ouvert ?
23:11Est-ce que tout ça va exister
23:12avec le 10 septembre ?
23:14S'il y a des gens déjà politisés
23:15qui sont sur place,
23:17peut-être que ce sera moins le cas
23:19parce qu'il y aura peut-être
23:20déjà des bagages politiques préexistants
23:22qui vont interférer.
23:24Bref, tout ça est assez vague,
23:25mais ça va être assez passionnant
23:27à étudier.
23:28Et dans tous les cas,
23:29dans tous les cas,
23:31il faut quand même,
23:32je vois difficilement comment un budget
23:34paraît,
23:34quand bien même il ne passera pas en l'état
23:36puisque Beyrouth tombera,
23:37il faudra bien en reproposer un après.
23:40Mais le discours austéritaire
23:43qui sera repris potentiellement
23:44par le successeur de François Beyrot
23:45et qui déclenche,
23:46il provoque une colère immense,
23:48je ne vois pas comment
23:48elle ne peut pas avoir de traduction
23:50ou alors c'est à désespérer.
23:52C'est à dire qu'on a un pays
23:53qui est totalement en colère
23:56et au bord de l'explosion
23:58et qui resterait apathique.
24:02Voilà, bon,
24:03c'est un peu,
24:08ce serait un peu désespérant,
24:09mais encore une fois,
24:11on n'y est pas au 10 septembre
24:12et on sera là pour streamer ce jour-là
24:14et pour vous faire des analyses
24:15et pour vous raconter ça
24:16et on sera évidemment en reportage
24:18là où la colère s'exprimera.
24:20Voilà, j'en ai fini avec le 10 septembre
24:23à moins que vous ayez des questions
24:27sur ce qui va se passer.
24:28Donc juste,
24:28je fais un petit résumé
24:29pour ceux qui nous rejoignent
24:31en cours de route,
24:31pour le 8 aussi.
24:33Donc le 8,
24:34normalement,
24:35je ne veux pas faire Nostradamus
24:36puisque si je me plante
24:37j'aurai l'art con
24:37et cet extrait va très mal vieillir,
24:39mais François Beyrot
24:40devrait nous quitter,
24:41en tout cas quitter Matignon
24:42le 8 septembre
24:44après avoir perdu le vote de confiance
24:45puisque vont voter contre
24:48le RN et ses alliés.
24:50Et puis les quatre forces de gauche
24:52qui fait une majorité
24:53pour voter la confiance,
24:55enfin contre la confiance
24:56et il n'y aura en gros
24:57que les groupes de la majorité
24:58macroniste plus LR
24:59qui vont voter pour.
25:01Et encore,
25:01je ne suis même pas sûr
25:02que tout LR vote pour.
25:04Mais bon,
25:04on verra bien.
25:05Donc voilà,
25:06Beyrot devrait nous quitter.
25:08Lui,
25:08dans sa tête,
25:09il part.
25:11Il y a un côté un peu messianique
25:12chez Beyrot,
25:13il faut le savoir,
25:13où il y a un côté,
25:15là je tombe,
25:16je me sacrifie
25:17sur un discours de vérité.
25:19J'ai dit la vérité aux Français
25:20et je m'en vais.
25:21Et si je m'en vais,
25:22c'est que les Français
25:22ne m'ont pas compris.
25:23Un peu à la De Gaulle,
25:24je me casse.
25:25Et je pense que dans sa tête,
25:27il y a la volonté
25:27de se construire
25:28un capital politique
25:29autour de ce récit
25:30et d'aller à la présidentielle
25:32en disant,
25:32mais regardez,
25:33regardez,
25:34je vous ai dit la vérité,
25:35je suis tombé,
25:36deux ans plus tard,
25:37rien n'a avancé,
25:38tout est figé,
25:38ce qui fait le pari
25:39que la situation politique
25:40ne se débloque pas
25:40avant 2027,
25:41ce qui est assez crédible.
25:45Et donc revenir en mode,
25:46regardez,
25:46je suis l'homme
25:50qui vous avait dit la vérité
25:51et que vous n'avez pas
25:53voulu entendre.
25:54Maintenant,
25:54entendez-moi
25:54et élisez-moi président.
25:56Encore une fois,
25:57c'est le pari
25:58de François Bérot
25:58qui lui appartient.

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