- il y a 18 heures
Le 25 août, François Bayrou avait surpris tout le monde – jusqu’à ses propres ministres – en annonçant un vote de confiance pour ce lundi 8 septembre. Mais c’est finalement le locataire de Matignon qui a été pris de court par l’annonce, dans la foulée, par toutes les oppositions de leur intention de ne pas la lui accorder. De fait, pour la première fois de l’histoire de la Vᵉ République, un gouvernement tombe lors d’un vote de confiance : 364 députés ont voté contre, 194 pour. Et maintenant ?
Le point sur les différents scénarios possibles avec Aurélien Soucheyre, chef de la rubrique politique et Sarah Nedjar
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NewsTranscription
00:00François Bayrou et son gouvernement renversé.
00:03La France vient de vivre un moment politique rare sous la Vème République.
00:06Le Premier ministre François Bayrou vient de perdre sa place
00:09après un vote devant l'Assemblée Nationale
00:11qui engageait la responsabilité de son gouvernement.
00:13Un vote qu'il avait lui-même provoqué.
00:16François Bayrou doit donc présenter automatiquement sa démission à l'Elysée
00:20ouvrant la porte à une instabilité institutionnelle
00:23dans un climat parlementaire fracturé.
00:25Et pour en parler, on est avec Aurélien,
00:27chef du service politique Aurélien Souchère.
00:30Est-ce que tu peux nous donner les détails de ce scrutin
00:32et nous dire un peu ce que ces chiffres signifient ?
00:34Oui, bien sûr. Il y a 577 députés.
00:39Il y a eu 573 votants,
00:40c'est-à-dire que presque tous les députés ont participé.
00:43Grosse participation.
00:44Il y a contre la confiance, pour la chute du gouvernement Bayrou,
00:47364 voix.
00:48C'est une très large majorité.
00:50Et les députés qui ont voté pour la confiance,
00:52pour sauver Bayrou, mais qui ont échoué,
00:54ils sont 194.
00:55Ça veut dire que même dans le bloc qui était au pouvoir,
00:58dans le socle commun, comme ils disent,
01:00où il y a les macronistes et LR,
01:02ça n'a pas fait le plein de voix.
01:03Bayrou n'a pas fait le plein chez les députés
01:05qui sont censés le soutenir.
01:06C'est une chute claire et nette, on peut le dire.
01:08Oui, là, c'est vraiment flagrant.
01:11Et après, logiquement, il doit remettre sa démission.
01:14Apparemment, il va la remettre demain matin.
01:17Macron, qui est le premier visé,
01:19parce que Bayrou est tombé,
01:21Barnier était tombé avant.
01:23Cette chute, c'est surtout une étape supplémentaire
01:25dans le rejet des politiques macronistes.
01:27Macron ne devrait pas parler avant demain.
01:30D'après les...
01:30Enfin, on a demandé à l'Élysée,
01:31ils nous ont répondu ça.
01:33Donc, à voir.
01:33Et maintenant, on l'a ballé dans son camp
01:35pour nommer un autre Premier ministre.
01:37On en reparlera tout à l'heure.
01:38Mais avant, je voulais vous parler
01:39de ce qu'a dit Bayrou pendant son discours.
01:42Oui, parce que la séance est ouverte
01:43par une prise de parole de François Bayrou.
01:45Et c'est terminé aussi par sa prise de parole.
01:48Tout à fait.
01:48Ça commence.
01:48Bayrou fait un long discours
01:49pour expliquer pourquoi il engage
01:51la responsabilité du gouvernement.
01:53Ensuite, tous les présidents de groupe parlementaires
01:56parlent les uns après les autres.
01:57Et à la fin, Bayrou reprend la parole.
01:58Et quand il a repris la parole,
02:00et c'était à la fin,
02:01c'était très défaitiste,
02:02il avait bien noté que tous les présidents de groupe,
02:04ou presque, ont dit
02:05on va voter contre la confiance.
02:06Mais ce qu'il a dit, en fait,
02:08il s'est mis dans la posture
02:10de celui qui dit la vérité
02:11et qui va tomber parce qu'il dit la vérité.
02:13Sauf qu'en fait, il ne dit pas la vérité.
02:15Il a dit, par exemple,
02:16il s'est mis en scène sur
02:17nous ne nous traitons pas une question politique,
02:19nous traitons une question historique.
02:20Donc là, il faisait comme si le rendez-vous, là,
02:23c'était au-delà de sa propre personne,
02:24alors que tout transpire,
02:26tout ce qu'il fait, ça transpire,
02:27qu'il joue une carte personnelle dans ce qu'il a fait.
02:29Avec une formule qui a un peu fait grincer des dents.
02:32Le politique, ce sont des adultes
02:33qui ne s'entendent pas entre eux,
02:34mais l'historique, c'est pour l'avenir de nos enfants.
02:37Ça a un peu fait grincer des dents
02:38avec tous les scolaires.
02:39Et donc, il a dit que le politique,
02:42c'est les questions pour la prochaine élection.
02:45Et l'historique, c'est les questions
02:46pour la prochaine génération.
02:47Donc lui, il fait comme s'il était là
02:49pour défendre la prochaine génération,
02:50alors qu'en fait, il est là
02:51pour défendre la prochaine élection,
02:53puisque son but, c'est d'être
02:55dans le martyr sacrifié
02:56qui a dit la vérité au pays,
02:58que le pays n'a pas voulu entendre,
02:59et préparer 2027,
03:02la prochaine présidentielle.
03:04Donc lui, il a provoqué
03:05un vote de confiance sur la dette.
03:07Il a dit, je cite,
03:08c'est une question d'urgence vitale
03:09dont dépend notre État,
03:10nos services publics,
03:11notre modèle social.
03:12La question du surendettement.
03:13Donc là, selon lui,
03:14on est surendetté, c'est faux.
03:15Le pays n'est pas surendetté.
03:16Il y a une dette importante,
03:18elle est de 3 300 milliards d'euros,
03:20mais elle est à peu près
03:21à 100% du PIB.
03:22C'est-à-dire que
03:23tout ce qu'on produit en une année,
03:25toutes les richesses qu'on crée
03:26en une année,
03:26c'est l'ensemble de notre dette.
03:28Donc si par exemple,
03:29quelqu'un gagne,
03:30les parallèles entre un État et un foyer,
03:32il faut toujours se méfier.
03:33Mais Bayrou le fait tout le temps.
03:34Donc on peut faire comme lui.
03:36Si quelqu'un gagne 30 000 euros par an
03:38et qu'il a une dette de 30 000 euros
03:39et qu'il a sa vie pour la rembourser,
03:41il devrait pouvoir s'en tirer.
03:42Et surtout, la France a plus d'actifs
03:44que de passifs.
03:45Elle a plus de richesses que de dettes.
03:47Donc il raconte n'importe quoi
03:48sur l'urgence vitale du surendettement.
03:51À aucun moment, il dit que le problème
03:53de la dette, c'est les marchés financiers.
03:55Alors qu'il pourrait le dire,
03:56puisqu'à un moment donné,
03:57il dit quelque chose de juste.
03:58Il y a une chose qui est vraie sur la dette,
04:00ce qu'il dit,
04:00c'est qu'il dit qu'on emprunte,
04:02donc il faut rembourser ce qu'on a emprunté,
04:04mais il y a la question des taux d'intérêt.
04:05Avec des taux d'intérêt assez fort.
04:07Et cette charge,
04:08comme la charge de la dette,
04:09c'était 50 milliards avant 2024.
04:12C'est monté petit à petit,
04:13ce sera 85 milliards en 2027,
04:15et jusqu'à 107 milliards à la fin de la décennie.
04:17Donc ça, c'est de l'argent
04:20qu'on donne aux marchés financiers.
04:22Ça, c'est un vrai problème.
04:23Et surtout, 107 milliards,
04:24c'est plus que le budget de la défense
04:25ou le budget de l'éducation nationale.
04:27Donc là, c'est vraiment de l'argent gâché.
04:28Et le but, il faudrait reprendre la main sur notre dette.
04:31Et avant, il y avait un circuit du trésor,
04:34il y avait la Banque de France,
04:34on pouvait emprunter à taux zéro
04:36à la Banque Centrale Européenne
04:37et ne pas emprunter sur les marchés financiers.
04:39Mais ça, Beyrou n'en parle pas.
04:40Il en a profité pour fustiger
04:41les personnes qui voudraient aller chercher
04:42cet argent chez les riches.
04:43Oui, tout à fait.
04:45Il a dit, je cite,
04:47que Bernard Arnault, devenu figure emblématique,
04:49lui et ses semblables sont devenus
04:51les cibles d'une pensée magique.
04:53Comme si, donc, il dit,
04:54taxer les riches comme si c'était la seule solution.
04:57Ils sont comme ces poupées vaudous
04:59dans lesquelles on plante des aiguilles
05:00dans l'idée de les atteindre au portefeuille.
05:02Donc il a fustigé ceux qui veulent augmenter
05:04les impôts sur les plus riches,
05:05alors que c'est une solution pour gagner des sous,
05:08pour de la justice fiscale,
05:09pour de la justice sociale.
05:10Et surtout, il a dit aussi,
05:13un pays comme le nôtre a besoin d'investisseurs,
05:15qu'on prendra besoin de riches,
05:17de très très riches,
05:18sauf qu'il n'y a pas de très très riches
05:19sans très très pauvres,
05:19a besoin d'investisseurs.
05:21Ceux qui sont ciblés ont une réponse très simple,
05:23ils déménagent.
05:24Ça, c'est complètement faux.
05:25On entend dire tout le temps,
05:27le gouvernement,
05:29que quand il y avait l'ISF,
05:31ça faisait fuir les plus riches,
05:32et que si demain,
05:32on remet une taxation sur le capital,
05:34ça fera fuir les plus riches.
05:35En fait, il y a une enquête
05:37qui a été faite par le Sénat.
05:38Donc le Sénat, c'est une majorité de droite,
05:39ce n'est pas une majorité de gauchistes révolutionnaires.
05:42Et l'enquête du Sénat montre
05:44que les gens assujettis à l'ISF
05:46qui quittait la France,
05:47ils étaient 0,2%
05:49et que la plupart étaient à la retraite.
05:51Donc non seulement ils sont 0,2%,
05:53donc c'est ridicule,
05:54et en plus, c'était plus des actifs.
05:56Donc la théorie de Yvon Ayer, c'est faux.
05:59Et aussi, dernière chose,
06:02Beyrou a dit que son plan,
06:05c'était en quatre années
06:07obtenir les 3% de déficit du PIB.
06:11Et pour ça, il veut taper dans la dépense publique.
06:13Donc il veut réduire les moyens
06:14pour les services publics, notamment.
06:16Ces 3% de déficit du PIB,
06:18ils ont été atteints à l'Assemblée nationale
06:21à l'automne dernier,
06:22grâce aux amendements du Nouveau Front Populaire,
06:24qui allaient chercher des sous sur les plus riches.
06:27C'était possible de les atteindre.
06:30Le gouvernement a balayé ça d'un revers de main
06:32avec le 49-3
06:33et a proposé à la place un budget
06:35qui a fait les poches des Français
06:37avec un déficit de 5%.
06:40Petite question technique.
06:41Là, pour le coup, on l'a dit,
06:43François Beyrou va déposer sa démission.
06:47Comment ça, on gouverne en attendant ?
06:50Quelles sont les semaines à venir ?
06:52Comment vont se passer les semaines à venir ?
06:53C'est une très bonne question
06:54parce qu'il y a des flous dans la Ve République sur le sujet.
06:58Donc là, c'était un vote de non-confiance.
07:01Mais dans l'histoire de la Ve République,
07:02il y a Pompidou qui a été censuré une fois.
07:05De Gaulle l'a renommée Premier ministre dans la foulée.
07:08Dans les heures qui suivaient.
07:09Comme il n'a pas été recensuré dans la foulée,
07:11ça a tenu.
07:12Mais c'est possible de renommer.
07:14Là, Macron pourrait renommer Beyrou.
07:16Ça ne marcherait pas.
07:17Je pense que là, les députés ne seraient pas du tout d'accord.
07:21Et Barnier, c'est le deuxième
07:23qui a été censuré.
07:23Donc c'était seulement il y a un an.
07:24Donc là, en un an, on a deux chutes de gouvernement.
07:26C'est du jamais vu dans l'histoire de la Ve République.
07:28Ça montre qu'il y a une crise politique très forte.
07:31Il y a eu 42 essais, je crois,
07:32depuis le début de la Ve République.
07:34Oui, il y a souvent des essais.
07:36Et on se souvient que quand Gabriel Attal
07:40était Premier ministre
07:41et que le camp macroniste
07:43a perdu les législatives,
07:45puisque c'est le nouveau populaire
07:45qui est arrivé en tête,
07:46c'était juste avant les Jeux Olympiques 2024.
07:49Ensuite, pendant tout l'été,
07:50Gabriel Attal,
07:51alors qu'il avait déposé sa démission
07:52est resté Premier ministre.
07:54Premier ministre d'un gouvernement démissionnaire.
07:55Donc là, Beyrou, il peut démissionner
07:57et il peut rester artificiellement
07:59pas mal de temps
08:00en gestion des affaires courantes.
08:02Je pense que Macron va essayer...
08:03Qu'est-ce que c'est les affaires courantes ?
08:04En fait,
08:06normalement, il n'a plus de pouvoir législatif.
08:08Il ne peut pas faire de nouvelles lois,
08:10mais il reste Premier ministre.
08:12De fait,
08:13s'il se passe quelque chose de très grave,
08:14c'est lui qui est aux manettes.
08:17Le Parlement,
08:18divisé comme il est,
08:20fragmenté comme il est,
08:22quelle stratégie, en fait,
08:23peut adopter Emmanuel Macron ?
08:25Évidemment, on ne peut pas deviner
08:26ce qu'il va faire,
08:27c'est encore trop tôt,
08:28mais quelles sont les stratégies possibles ?
08:30On parle de dissolution,
08:32on parle de nommer,
08:34quelqu'un qui ferait à peu près consensus,
08:35mais c'est ce qu'on disait aussi de Beyrou,
08:37et au final, ça ne l'a pas fait.
08:39Quelles sont les possibilités ?
08:40Là, on est dans un flou très, très épais,
08:43un brouillard très épais,
08:44comme jamais dans l'histoire
08:45de la Ve République.
08:46Donc c'est très difficile
08:49de dire quelle va être la conséquence.
08:52Par contre, on peut s'appuyer
08:53sur la pratique du pouvoir
08:55qu'a Emmanuel Macron.
08:56C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron,
08:56depuis le début,
08:58refuse de reconnaître sa défaite
09:01lors des dernières législatives,
09:02et il refuse de nommer
09:03quelqu'un de gauche au pouvoir.
09:04Parce qu'il a trop peur
09:05qu'un Premier ministre,
09:07même s'il se ferait censurer vite,
09:08prenne des décrets de suppression
09:10de la réforme des retraites,
09:12d'augmentation du SMIC,
09:14de taxation des plus riches.
09:16Et ensuite,
09:17ce Premier ministre de gauche
09:18serait censuré,
09:20mais il dirait
09:20« je suis censuré
09:20parce que vous êtes contre
09:21la hausse du SMIC
09:23et contre la suppression
09:24de la réforme des retraites. »
09:25Donc il pourrait prendre à témoin
09:26l'opinion de ça.
09:27Macron n'en veut surtout pas.
09:28Et donc son but,
09:29c'est de maintenir son cas politique
09:31contre vents et marées.
09:32Il va finir en première ligne,
09:34à jouer à ça au bout d'un moment.
09:35Donc là,
09:36ce qui est des sources qu'on a,
09:38mais ça ne veut pas dire
09:40que ça va se passer comme ça,
09:42il s'apprêterait à nommer
09:43Sébastien Lecornu,
09:44qui est le ministre des Armées.
09:45Il voulait le nommer
09:46à la place de Bayrou
09:47la dernière fois.
09:48Bayrou l'a un peu contraint
09:49à le choisir.
09:51Et il veut maintenir sa politique.
09:53C'est-à-dire faire la même chose
09:55qu'avec Barnier et Bayrou.
09:56Et au final,
09:58c'est le RN,
09:58l'extrême droite,
09:59qui est la béquille du gouvernement.
10:01Le problème,
10:02donc déjà c'est un problème,
10:03c'est un très grave problème
10:05de se mettre dans les mains
10:05de l'extrême droite.
10:06Mais l'autre souci,
10:07c'est que pendant un an,
10:09Macron ne pouvait pas dissoudre.
10:11Un président n'a pas le droit
10:12de dissoudre pendant un an
10:13une fois qu'il a dissous.
10:14Ce délai est passé.
10:15Et maintenant,
10:15le RN veut une dissolution.
10:16Avant, le RN disait
10:17bon, on ne peut pas,
10:19je cite,
10:19on ne peut pas y avoir
10:21de dissolution,
10:22autant qu'on soit responsable,
10:24puisqu'il essaie
10:24d'apparaître responsable.
10:26D'ailleurs, au passage,
10:27ils ne défendent plus du tout
10:29les couches populaires,
10:30mais ils sont vraiment
10:31en train d'essayer
10:32de séduire le MEDEF.
10:33Mais ils disaient,
10:33bon, on va composer
10:34avec le Premier ministre,
10:35puisqu'on ne peut pas dissoudre.
10:36Mais maintenant,
10:36on peut dissoudre.
10:37Donc, ils veulent une dissolution
10:38parce qu'ils pensent
10:39qu'ils auront encore plus
10:40de députés ensuite.
10:41Donc, si ça se trouve,
10:42à moins qu'il y ait un deal
10:43politique très fort
10:43entre le Cornu et le RN,
10:45si le Cornu est nommé président,
10:47c'est...
10:47Premier ministre.
10:48Oui, Premier ministre,
10:49pardon, merci.
10:50Si ça se trouve,
10:51très vite,
10:51le Cornu va être censuré
10:52à son tour.
10:54Il y a d'autres groupes politiques
10:55qui ont fait part
10:56de leur volonté
10:57d'être nommés,
10:58notamment le PS.
10:59Boris Vallaud,
11:01dans une...
11:02On va dire...
11:04Sa prise de parole
11:04qui était quand même
11:05assez chargée
11:05contre Bayrou,
11:07disait qu'il pouvait être
11:09prêt à gouverner...
11:10Avoir quelqu'un
11:11qui était du PS,
11:12pardon,
11:13ça pouvait être fort,
11:13par exemple.
11:16C'est impossible
11:17qu'Emmanuel Macron
11:18ait cherché
11:19dans d'autres groupes ?
11:22Alors, pour le moment,
11:23Emmanuel Macron a dit
11:23qu'il souhaitait élargir
11:25le socle commun au PS.
11:26Le socle commun,
11:27c'est les groupes parlementaires
11:29macronistes,
11:29donc Renaissance,
11:30le parti d'Attal,
11:31le parti de Macron,
11:33le Modem,
11:34le parti de Bayrou,
11:35et Horizon,
11:37le parti d'Edouard Philippe.
11:39Et dans le socle commun,
11:40il y a aussi l'LR,
11:41avec Wauquiez,
11:42Rotaillot, etc.
11:43Donc, lui,
11:44Macron a proposé
11:45d'élargir ce socle au PS.
11:47Le PS a dit
11:47« Non, nous,
11:48on ne va pas aller
11:48dans un gouvernement
11:49avec les macronistes
11:50et l'LR. »
11:51Et le PS veut gouverner
11:54officiellement.
11:54Le PS fait acte de candidature,
11:56demande à être nommé
11:57à Matignon,
11:58mais ils disent
11:58« Sans la France insoumise ».
12:00Donc, ça veut dire
12:01qu'ils auraient,
12:01déjà,
12:02s'ils avaient la France insoumise,
12:03s'il y avait le NFP,
12:04si c'était un Premier ministre
12:05PS pour le NFP
12:06ou un Premier ministre du NFP,
12:07même hors PS,
12:08ils n'auraient pas
12:09la majorité absolue,
12:10ils auraient une majorité relative
12:11et il faudrait
12:12qu'ils soient comptes
12:14sur un accord
12:14de non-censure
12:15ou d'abstention
12:16des autres députés
12:17ou aller chercher
12:18des majorités
12:19texte par texte
12:20pour que des réformes passent.
12:21Donc, même problème
12:22de majorité,
12:22on en resterait bloqué.
12:26Donc, ça veut dire
12:27que derrière,
12:28d'ailleurs,
12:28c'est ce que disent
12:29les socialistes,
12:29ils disent « Mais oui,
12:30mais on veut gouverner
12:31sur la IFI,
12:31mais si demain,
12:32on propose une hausse
12:33des salaires,
12:34on sait que la IFI la votera
12:34et sans doute
12:35que la IFI la voterait,
12:36sauf que les macronistes
12:37ne la voteront pas
12:37et le RN non plus.
12:38Donc, on est dans un jeu
12:39là où, de toute façon,
12:41quand on a vu le résultat
12:41des dernières législatives
12:42il y a un an,
12:43on savait qu'on était parti
12:44dans une phase de flou
12:45et d'instabilité politique,
12:47potentiellement jusqu'à
12:48la prochaine présidentielle,
12:49sauf si la présidentielle
12:51est avancée.
12:52Dernière question,
12:52on revient sur l'un des nœuds
12:54de toute cette chute
12:55de gouvernement,
12:56finalement, c'est le budget.
12:57Il faut du temps
12:58pour voter un budget,
12:59faire l'aller-retour,
13:00la navette
13:00entre les différentes
13:01chambres parlementaires.
13:03Comment est-ce que ça va
13:04se passer dans les prochains mois ?
13:07Quelle est l'échéance
13:08qu'il faudrait ne pas rater
13:09avant d'avoir un gouvernement
13:11qui tient à peu près la route ?
13:12Alors, tout va dépendre
13:13de qui sera Premier ministre,
13:14de quel budget il va présenter,
13:16de quelle place il va laisser
13:18au débat parlementaire
13:19et comment il va construire
13:20une majorité ou non.
13:22Mais le budget,
13:23c'est le projet de loi
13:25chaque année.
13:25Il y a le budget de l'État
13:27et le budget de la sécurité sociale
13:28qui est énorme aussi.
13:29Et ces deux textes budgétaires,
13:31c'est les lois
13:31les plus importantes de l'année
13:32parce que c'est
13:33toutes les finances de la nation,
13:35toutes les aides sociales,
13:36tous les investissements,
13:37toute la fiscalité,
13:38c'est des textes.
13:39Ça détermine la politique
13:40d'un pays,
13:40ça détermine la couleur politique
13:42d'un gouvernement.
13:43Donc c'est un très,
13:44très gros débat.
13:46Après,
13:47comment ça va se passer ?
13:48Là, c'est vraiment
13:48l'inconnu.
13:49Sur est-ce qu'il existe
13:50des dates butoirs
13:51pour présenter un budget ?
13:52Il y en a,
13:53mais en fait,
13:54il y a toujours
13:54des textes
13:56qui sont faits pour.
13:57On peut toujours
13:58se débrouiller
13:59pour revoter un budget.
14:00La dernière fois,
14:00Marnier est tombé
14:01sur son budget
14:02avant la fin de l'année 2024.
14:05Et Bayrou,
14:06ensuite,
14:06a fait passer
14:06un autre budget.
14:07Donc,
14:08il y a à dire
14:09qu'on serait...
14:10Ça n'existe pas
14:10le risque de shutdown
14:12ou de France sans budget.
14:13Comme aux États-Unis
14:14où les fonctionnaires
14:15ne peuvent plus être payés
14:17avant que le budget
14:18soit voté ?
14:19Exactement.
14:20Ça n'existe pas
14:21une situation en France
14:22où les caisses
14:24d'allocations
14:26fermeraient,
14:27les services publics
14:28fermeraient
14:29et les fonctionnaires
14:30ne seraient pas payés.
14:31Ça,
14:31ça n'existe pas.
14:31Après,
14:33des très mauvais budgets,
14:34ça existe.
14:35On en a déjà connu
14:36quelques-uns.
14:36Et le risque
14:38d'une année blanche
14:38en fonction de qui
14:39est au pouvoir
14:40ou le risque
14:41d'un très mauvais budget
14:42pire que celui
14:43de Bayrou
14:44avec les 44 milliards,
14:46ce n'est pas impossible.
14:47On ne sait pas.
14:47Merci pour cette analyse.
14:49À chaud.
14:50Merci de l'avoir suivi.
14:51N'hésitez pas
14:52à vous abonner
14:52à la chaîne de l'UMA
14:53pour plus d'analyse politique.
14:54Et à bientôt.
14:55À bientôt.