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  • il y a 1 jour
“Nettoyage : esclavage” est le slogan qui est répété sans cesse par les 77 agents d’entretien de Sciences Po Paris, ce jeudi 6 mars, qui se sont mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail et la sous-traitance imposée par l’école. Soutenus par la CFDT et des étudiants, ils réclament de meilleures conditions : 13e mois, primes, réintégration des heures supprimées, et surtout plus de respect et de reconnaissance.

Leur travail s’intensifie pendant que les effectifs diminuent, les salaires stagnent, et les congés maladie deviennent un luxe. Malgré la mobilisation, Sciences Po rejette la responsabilité sur la société de nettoyage et refuse d’ouvrir des négociations.

Pour l’instant, l’administration de Sciences Po reste silencieuse, laissant les grévistes déterminés à poursuivre leur lutte.

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Transcription
00:00On est là aujourd'hui, pourquoi ça change ? Parce qu'on n'est pas d'esclavage.
00:04Nous sommes à l'intérieur de l'école Sciences Po Paris où 77 agents d'entretien ont décidé de se
00:08mettre en grève
00:08afin de dénoncer leurs conditions de travail.
00:10Depuis lundi, la CFDT Propreté a engagé des discussions avec Atalian, l'employeur prestataire de cette prestigieuse école.
00:17Mais le conflit semble s'enraciner. Allons les écouter.
00:20Le ménage c'est le mal payé au monde.
00:24Parce que c'est vrai, ils cherchent le moins cher à une société qui va venir prendre la place.
00:28Pour eux c'est facile, mais pour nous c'est un enfer qui ne finit pas.
00:31On est vraiment, vraiment submergé du travail.
00:34Parce que les salariés que j'ai, ils se font deux heures et demie.
00:36On n'est pas assez de salariés. Le bâtiment fait six étages.
00:39Et ils font un étage et demi par personne.
00:42Plus, chaque personne a au moins 15 toilettes.
00:45Alors tout ce qu'on veut, c'est ajouter des salariés.
00:48Et on demande la prime de la fin de l'année parce qu'on n'a que des miettes.
00:51La mutuelle c'est une misère.
00:53On a peur de tomber malade parce que quand on tombe malade, elle n'est pas payée pendant dix jours.
00:57C'est pour ça que même malade, on ne vient.
00:59Juste hier déjà, j'ai eu un salarié qui avait la grippe, mais vraiment à l'arrivée, même pas teneur
01:03debout.
01:03Et ce n'est pas qu'il y a tous les salariés, tous les salariés dans le ménage.
01:07Tout ce qu'on demande, c'est un peu de considération.
01:09Ils ont retiré 700 heures par mois sur la prestation, des prestations de ménage qui sont restées en fait les
01:16mêmes.
01:16Donc nous on demande dans un premier temps à Sciences Po de donner les moyens aux prestataires actuels
01:21de rajouter toutes les personnes qu'ils ont retirées.
01:24On était quand même reçus par notre employeur lundi le 3, lundi le dernier.
01:30Mais elles ont les solutions, mais elles n'ont pas les moyens.
01:33Et les moyens, c'est Sciences Po qui doivent lâcher.
01:35Le changement, nous, c'est pour ça qu'on s'est dit qu'il faut prendre la décision tout de
01:39suite
01:39pour faire bouger les choses.
01:41Parce que ce changement de prestataire, c'est là où il va y avoir encore plus de dégâts.
01:50Structurellement, ces travailleurs et travailleuses ne sont pas écoutés, ne sont pas vus, ne sont pas rencontrés.
01:54On ne leur parle pas.
01:55Aujourd'hui, Sciences Po, quand on a des échanges avec eux, ils nous disent que c'est un conflit social
01:58qui ne les concerne pas.
01:59La réalité, c'est que le donneur d'ordre politique, la maison donneuse d'ordre qui établie le cahier des
02:03charges, c'est Sciences Po.
02:04Et donc eux qui sont responsables politiquement des conditions de travail de ces travailleurs.
02:07Et aujourd'hui, eux en sont bien conscients et attaquent Sciences Po et pas à Taillans, qui de toute façon
02:11s'en va au 31 mars.
02:12Dès qu'il s'agit des emplois du ménage et de la sécurité, là c'est le recours au moins
02:15disant, le recours au moins coûtant.
02:17Et on ignore, on ignore, on ignore.
02:19Aujourd'hui, nous on demande un alignement des salaires et des conditions salariales de ces travailleurs avec ceux de la
02:25FNSP,
02:25qui est donc la maison qui emploie les employés ici à Sciences Po,
02:28tout simplement pour respecter les engagements sociaux et environnementaux de cette école qui se dit l'élite de la nation.
02:35On est là aujourd'hui pour que ça change, parce qu'on n'est pas d'esclavage.
02:39Nous, on veut qu'ils nous respectent, qu'ils nous donnent nos droits.
02:43On va continuer le combat s'ils n'acceptent pas les conditions qu'on veut.
02:52Aujourd'hui, c'est toutes les universités du pays, c'est tous les hôpitaux du pays,
02:57c'est toutes les entreprises quasiment qui fonctionnent comme ça.
03:00C'est-à-dire en ayant des femmes de ménage qui viennent un petit bout le matin
03:05et à qui ce temps partiel fait un salaire partiel à l'arrivée de, on en a discuté, de 650
03:11-700 euros par mois.
03:13Ce n'est pas quelque chose d'hallucinant de penser que les gens devraient travailler juste la journée pour un
03:19salaire décent.
03:20C'est juste normal.
03:21Et on en est venu à une société où c'est le contraire qui est normal.
03:25C'est l'absurdité qui est normale, c'est le manque de respect absolu qui est normal.
03:28Et c'est ça que nous, on ne peut pas accepter.
03:30Sous-titrage Société Radio-Canada

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