00:00On est là aujourd'hui, pourquoi ça change ? Parce qu'on n'est pas d'esclavage.
00:04Nous sommes à l'intérieur de l'école Sciences Po Paris où 77 agents d'entretien ont décidé de se
00:08mettre en grève
00:08afin de dénoncer leurs conditions de travail.
00:10Depuis lundi, la CFDT Propreté a engagé des discussions avec Atalian, l'employeur prestataire de cette prestigieuse école.
00:17Mais le conflit semble s'enraciner. Allons les écouter.
00:20Le ménage c'est le mal payé au monde.
00:24Parce que c'est vrai, ils cherchent le moins cher à une société qui va venir prendre la place.
00:28Pour eux c'est facile, mais pour nous c'est un enfer qui ne finit pas.
00:31On est vraiment, vraiment submergé du travail.
00:34Parce que les salariés que j'ai, ils se font deux heures et demie.
00:36On n'est pas assez de salariés. Le bâtiment fait six étages.
00:39Et ils font un étage et demi par personne.
00:42Plus, chaque personne a au moins 15 toilettes.
00:45Alors tout ce qu'on veut, c'est ajouter des salariés.
00:48Et on demande la prime de la fin de l'année parce qu'on n'a que des miettes.
00:51La mutuelle c'est une misère.
00:53On a peur de tomber malade parce que quand on tombe malade, elle n'est pas payée pendant dix jours.
00:57C'est pour ça que même malade, on ne vient.
00:59Juste hier déjà, j'ai eu un salarié qui avait la grippe, mais vraiment à l'arrivée, même pas teneur
01:03debout.
01:03Et ce n'est pas qu'il y a tous les salariés, tous les salariés dans le ménage.
01:07Tout ce qu'on demande, c'est un peu de considération.
01:09Ils ont retiré 700 heures par mois sur la prestation, des prestations de ménage qui sont restées en fait les
01:16mêmes.
01:16Donc nous on demande dans un premier temps à Sciences Po de donner les moyens aux prestataires actuels
01:21de rajouter toutes les personnes qu'ils ont retirées.
01:24On était quand même reçus par notre employeur lundi le 3, lundi le dernier.
01:30Mais elles ont les solutions, mais elles n'ont pas les moyens.
01:33Et les moyens, c'est Sciences Po qui doivent lâcher.
01:35Le changement, nous, c'est pour ça qu'on s'est dit qu'il faut prendre la décision tout de
01:39suite
01:39pour faire bouger les choses.
01:41Parce que ce changement de prestataire, c'est là où il va y avoir encore plus de dégâts.
01:50Structurellement, ces travailleurs et travailleuses ne sont pas écoutés, ne sont pas vus, ne sont pas rencontrés.
01:54On ne leur parle pas.
01:55Aujourd'hui, Sciences Po, quand on a des échanges avec eux, ils nous disent que c'est un conflit social
01:58qui ne les concerne pas.
01:59La réalité, c'est que le donneur d'ordre politique, la maison donneuse d'ordre qui établie le cahier des
02:03charges, c'est Sciences Po.
02:04Et donc eux qui sont responsables politiquement des conditions de travail de ces travailleurs.
02:07Et aujourd'hui, eux en sont bien conscients et attaquent Sciences Po et pas à Taillans, qui de toute façon
02:11s'en va au 31 mars.
02:12Dès qu'il s'agit des emplois du ménage et de la sécurité, là c'est le recours au moins
02:15disant, le recours au moins coûtant.
02:17Et on ignore, on ignore, on ignore.
02:19Aujourd'hui, nous on demande un alignement des salaires et des conditions salariales de ces travailleurs avec ceux de la
02:25FNSP,
02:25qui est donc la maison qui emploie les employés ici à Sciences Po,
02:28tout simplement pour respecter les engagements sociaux et environnementaux de cette école qui se dit l'élite de la nation.
02:35On est là aujourd'hui pour que ça change, parce qu'on n'est pas d'esclavage.
02:39Nous, on veut qu'ils nous respectent, qu'ils nous donnent nos droits.
02:43On va continuer le combat s'ils n'acceptent pas les conditions qu'on veut.
02:52Aujourd'hui, c'est toutes les universités du pays, c'est tous les hôpitaux du pays,
02:57c'est toutes les entreprises quasiment qui fonctionnent comme ça.
03:00C'est-à-dire en ayant des femmes de ménage qui viennent un petit bout le matin
03:05et à qui ce temps partiel fait un salaire partiel à l'arrivée de, on en a discuté, de 650
03:11-700 euros par mois.
03:13Ce n'est pas quelque chose d'hallucinant de penser que les gens devraient travailler juste la journée pour un
03:19salaire décent.
03:20C'est juste normal.
03:21Et on en est venu à une société où c'est le contraire qui est normal.
03:25C'est l'absurdité qui est normale, c'est le manque de respect absolu qui est normal.
03:28Et c'est ça que nous, on ne peut pas accepter.
03:30Sous-titrage Société Radio-Canada