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  • il y a 2 jours
De nombreuses associations se sont mobilisées devant le Sénat contre le projet de loi Kasbarian-Bergé qui prévoit de criminaliser les locataires précaires mais aussi les squatteurs.

La ligue des droits de l'homme et de nombreuses associations de défense du logement, dont le DAL, se sont mobilisés devant le Sénat alors que la chambre haute doit examiner un projet de loi qui a pour objectif de durcir les sanctions contre les locataires précaires et les sans logis.

Trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. C'est la peine maximale autorisée par la proposition de loi "Kasbarian-Bergé", portée par deux parlementaires de la majorité, visant à protéger les logements contre l'occupation illicite".

La proposition de loi, portée par les groupes Renaissance et Horizons (majorité présidentielle) et soutenue par la droite et le RN, a été votée en première lecture avec 40 voix contre 13. Elle doit désormais être examinée par le Sénat.

Installé sous un barnum face au Sénat, Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l'association Droit au logement, martèle : « Laisser une personne à la rue est criminel donc c'est normal d'occuper un logement vide afin de ne pas mourir !». Le militant précise : « D'un point de vu moral, on soutient la cupidité et on produit de la barbarie et de la cruauté».

La gauche, vent debout contre une loi "anti-locataires" et la "criminalisation de tous les mal-logés", comme plusieurs acteurs associatifs, reproche au texte le risque de mettre à la rue des locataires fragilisés par l'inflation et l'explosion des prix de l'énergie.

L'une des mesures emblématiques triple les sanctions encourues par les squatteurs, jusqu'à 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende.

« Le droit à la propriété doit être respecté mais le droit au logement a aussi une valeur constitutionnelle alors que 3 millions de logements sont vides en France » souligne Ninon Overhoff, porte-parole du Secours Catholique, peu présent habituellement dans les mobilisations pour le logement.

« Aujourd'hui, les plus pauvres plongent dans la misère alors que les plus riches comptabilisent des fortunes avec tellement de zéro qu'on n'arrive plus à prononcer le chiffre », déclare Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme.

Pour les loyers impayés, le texte accélère les procédures judiciaires dans les litiges locatifs, en incluant notamment de manière systématique dans les contrats de bail une "clause de résiliation de plein droit".
Activer cette clause permettrait à un propriétaire d'obtenir la résiliation du bail sans avoir à engager une action en justice, et de pouvoir ainsi obtenir plus rapidement une expulsion.

"On parle énormément des squatteurs, mais la plupart des gens qui vont être impactés sont des gens qui sont entrés régulièrement dans un logement et qui se retrouvent dans une procédure d'expulsion à cause d'impayés de loyers", a fustigé de son côté le député LFI William Martinet, disant craindre une "bombe sociale".

"Il va y avo

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Transcription
00:00Bien sûr, le droit à la propriété doit être respecté, mais le droit au logement, il est aussi important et
00:04il a une valeur constitutionnelle.
00:05Et on pense que c'est profondément cynique et fratricide que de condamner des personnes à errer et à leur
00:13interdire de pouvoir occuper des locaux vacants
00:15quand 3 millions de logements sont vides, que parfois ils sont abandonnés depuis plusieurs années alors qu'ils dérangent personne
00:20et que par ailleurs l'État ne remplit pas son obligation d'hébergement inconditionnel ou de droit au logement.
00:40On pense qu'il y a à peu près 280 000 ménages qui sont en impayés de loyer en ce
00:44moment.
00:45Les impayés, ils flambent avec le coût des loyers, le coût de l'énergie surtout.
00:49C'est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois et dans ce contexte-là, le fait
00:53d'accélérer la procédure d'expulsion,
00:55ça va mécaniquement industrialiser les remises à la rue et ça nous inquiète beaucoup.
00:59En fait, la difficulté de ce texte, c'est qu'il ne propose absolument aucune solution face au mal-logement
01:03et qu'il se contente d'enfoncer la tête sous l'eau encore plus des personnes les plus fragiles.
01:08Là où ce qu'on attend du gouvernement et de la majorité, ce serait plutôt de produire plus de logements
01:13sociaux,
01:13de mieux encadrer les marchés locatifs, d'utiliser tout le foncier vacant dans les zones les plus tendues.
01:19Donc ça, ce serait des vraies réponses et aujourd'hui, on pense lutter contre le mal-logement en s'attaquant
01:24au mal-loger.
01:27La République, elle est une et indivisible et ce projet de loi, il va diviser et il est totalement anticonstitutionnel.
01:35On ne peut pas vous imaginer qu'on met en débat une loi qui va criminaliser un droit reconnu par
01:41la Constitution.
01:43C'est très très grave. C'est à la fois, ça a deux aspects, c'est que un, ça va
01:48criminaliser les plus modestes, les plus pauvres,
01:51tous les gens en difficulté, y compris les bas salaires, je le dis, y compris les femmes et les hommes
01:56qui travaillent et qui ont un bas salaire.
01:58C'est un projet de société. Parce que quand vous criminalisez un droit, qui est le droit au logement, inscrit
02:05dans la Constitution,
02:06c'est que vous pensez que dans la société, il y a des gens en tronc ?
02:12Tous les clignotants sont au rouge. C'est-à-dire que le nombre de personnes qui n'ont pas de
02:17logement,
02:18qui sont dans des logements insalubres, qui sont sans abri, explose.
02:23Récemment, on nous a rapporté le cas d'un enfant de un an qui était dans la rue.
02:28C'est inadmissible, c'est pas pensable.
02:31Mais aujourd'hui, non seulement les plus pauvres des plus pauvres pongent de plus en plus dans la misère,
02:36mais les plus riches atteignent des fortunes avec tellement de zéro qu'on n'arrive plus à en prononcer le
02:43chiffre.
02:44Le droit au logement, le logement pour tous, est-ce qu'il propose une vraie politique déloyée ?
02:48Les ménages, les familles reconnues prioritaires au titre du droit au logement et non relogés,
02:53sont aujourd'hui entre 80 et 90 000. 90 000 familles, ça représente des centaines de milliers de personnes.
03:00Donc le droit au logement ne fonctionne pas bien. C'est-à-dire que c'est un droit reconnu, mais
03:05qui n'est pas effectif.
03:06Et au lieu donc d'essayer de régler ces difficultés en bloquant les loyers, en construisant de vrais logements sociaux,
03:12etc.,
03:13l'État choisit de punir, les sénateurs et les députés choisissent de punir les locataires qui en subissent les conséquences.
03:21On est donc dans une logique de double peine, puisque non seulement le droit au logement n'est pas mis
03:26en œuvre,
03:27mais en plus, on menace de mettre en prison ceux qui subissent les conséquences de cette situation.
03:36L'espérance de vie pour les sans-abri, c'est 15 ans, et décès à l'âge moyen de 48
03:43ou 49 ans.
03:45Donc la rue tue et laisser une personne dans la rue, c'est criminel.
03:48Donc c'est normal d'aller occuper un logement vide pour ne pas mourir dans la rue.
03:53Et c'est encore plus normal pour une personne fragile, une personne âgée, pour une femme, pour une famille avec
03:58des enfants.
03:59Et là, on va criminaliser le fait d'occuper un logement vacant alors que jamais il y a eu autant
04:04de logements vacants dans notre pays
04:05et que les lois ne sont pas appliquées.
04:07Le deuxième point, c'est la question d'expulser toujours plus rapidement les locataires
04:12qui, eux, ont de plus en plus de difficultés à payer leurs loyers.
04:15Les locataires sont de moins en moins riches, globalement, parce que ceux qui ont un peu d'argent ont accédé
04:19à la propriété.
04:21Donc on a une paupérisation des locataires qui sont aujourd'hui, en plus, accablés par la hausse des loyers,
04:27la baisse des APL, le relèvement du chauffage, de l'énergie, des prix d'énergie et d'inflation.
04:32Et en plus, menacer les locataires qui se maintiennent dans leur logement après un jugement d'expulsion de prison,
04:40trois ans de prison, 45 000 euros d'amende, j'irais du point de vue moral,
04:45c'est qu'on soutient la cupidité et on produit de la barbairie et de la cruauté.
04:49Mes amis, réveillons-nous, assez d'indifférence.
04:56C'est la guerre, la guerre de défense contre la misère qui attaque l'univers total des hommes.
05:04C'est la guerre, la guerre de défense contre la misère qui attaque l'univers total des hommes.

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