00:00 bien sûr le droit à la propriété doit être respecté,
00:01 mais le droit au logement il est aussi important
00:03 et il a une valeur constitutionnelle.
00:05 Et on pense que c'est profondément cynique et fratricide
00:08 que de condamner des personnes à errer
00:11 et à leur interdire de pouvoir occuper des locaux vacants
00:15 quand 3 millions de logements sont vides,
00:17 que parfois ils sont abandonnés depuis plusieurs années
00:19 alors qu'ils ne dérangent personne
00:20 et que par ailleurs l'État ne remplit pas son obligation
00:23 d'hébergement inconditionnel ou de droit au logement.
00:25 [Musique]
00:39 On pense qu'il y a à peu près 280 000 ménages
00:43 qui sont en impayés de loyers en ce moment.
00:45 Les impayés y flambent avec le coût des loyers,
00:47 le coût de l'énergie surtout.
00:49 C'est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois
00:51 et dans ce contexte-là,
00:52 le fait d'accélérer la procédure d'expulsion,
00:55 ça va mécaniquement industrialiser les remises à la rue
00:57 et ça nous inquiète beaucoup.
00:58 En fait, la difficulté de ce texte,
01:00 c'est qu'il ne propose absolument aucune solution
01:02 face au mal-logement
01:03 et qu'il se contente d'enfoncer la tête sous l'eau
01:06 encore plus des personnes les plus fragiles,
01:08 là où ce qu'on attend du gouvernement et de la majorité,
01:11 ce serait plutôt de produire plus de logements sociaux,
01:13 de mieux encadrer les marchés locatifs,
01:15 d'utiliser tout le foncier vacant dans les zones les plus tendues.
01:18 Donc ça, ce seraient des vraies réponses
01:20 et aujourd'hui, on pense lutter contre le mal-logement
01:23 en s'attaquant aux mal-logés.
01:24 La République, elle est une et indivisible
01:29 et ce projet de loi, il va diviser
01:32 et il est totalement anticonstitutionnel.
01:35 On ne peut pas vous imaginer qu'on met en débat une loi
01:38 qui va criminaliser un droit reconnu par la Constitution.
01:43 C'est très, très grave.
01:45 Ça a deux aspects, c'est que, un,
01:48 ça va criminaliser les plus modestes, les plus pauvres,
01:51 tous les gens en difficulté, y compris les bas salaires,
01:54 je le dis, y compris les femmes et les hommes qui travaillent
01:57 et qui ont un bas salaire, c'est un projet de société.
02:00 Parce que quand vous criminalisez un droit,
02:03 qui est le droit au logement inscrit dans la Constitution,
02:06 c'est que vous pensez que dans la société,
02:07 il y a des gens en trop.
02:08 Tous les clignotants sont au rouge,
02:14 c'est-à-dire que le nombre de personnes
02:16 qui n'ont pas de logement,
02:17 qui sont dans des logements insalubres,
02:20 qui sont sans abri, explose.
02:23 Récemment, on nous a rapporté le cas d'un enfant de un an
02:26 qui était dans la rue.
02:28 C'est inadmissible, c'est pas pensable.
02:30 Mais aujourd'hui, non seulement les plus pauvres des plus pauvres
02:34 plongent de plus en plus dans la misère,
02:36 mais les plus riches atteignent des fortunes
02:40 avec tellement de zéros qu'on n'arrive plus à en prononcer le chiffre.
02:44 On meurt le droit au logement, le logement pour tous,
02:46 est-ce qu'il propose une vraie politique des loyers ?
02:48 Les ménages des familles reconnues prioritaires
02:50 au titre du droit au logement et non relogés
02:53 sont aujourd'hui entre 80 et 90 000.
02:56 90 000 familles, ça représente des centaines de milliers de personnes.
03:00 Donc le droit au logement ne fonctionne pas bien.
03:03 C'est-à-dire que c'est un droit reconnu, mais qui n'est pas effectif.
03:06 Et au lieu donc d'essayer de régler ces difficultés
03:09 en bloquant les loyers,
03:11 en construisant de vrais logements sociaux, etc.,
03:13 l'État choisit de punir,
03:16 les sénateurs et les députés choisissent de punir
03:18 les locataires qui en subissent des conséquences.
03:21 On est donc dans une logique de double peine,
03:23 puisque non seulement le droit au logement n'est pas mis en œuvre,
03:26 mais en plus on menace de mettre en prison
03:29 ceux qui subissent les conséquences de cette situation.
03:32 La situation de la Média résidait clairement,
03:34 il n'y a pas d'autre solution.
03:36 L'espérance de vie pour les sans-abri c'est 15 ans,
03:40 et d'essayer à l'âge moyen de 48 ou 49 ans.
03:45 Donc la rue tue, et laisser une personne dans la rue, c'est criminel.
03:48 Donc c'est normal d'aller occuper un logement vide,
03:51 pour pas mourir dans la rue.
03:53 Et c'est encore plus normal pour une personne fragile,
03:56 une personne âgée, pour une femme,
03:57 pour une famille avec des enfants.
03:59 Et là on va criminaliser le fait d'occuper un logement vacant,
04:03 alors que jamais il n'y a eu autant de logements vacants dans notre pays,
04:05 et que les lois ne sont pas appliquées.
04:07 Le deuxième point, c'est la question d'expulser toujours plus rapidement
04:11 les locataires, qui eux ont de plus en plus de difficultés à payer leur loyer.
04:15 Les locataires sont de moins en moins riches,
04:17 globalement, parce que ceux qui ont un peu d'argent ont accédé à la propriété.
04:21 Donc on a une paupérisation des locataires,
04:23 qui sont aujourd'hui en plus accablés par la hausse des loyers,
04:27 la baisse des APL, le relèvement du chauffage,
04:30 de l'énergie, des prix d'énergie, et d'inflation.
04:32 Et en plus, menacer les locataires qui se maintiennent dans leur logement
04:36 après un jugement d'expulsion de prison,
04:39 3 ans de prison, 45 000 euros d'amende,
04:42 je dirais du point de vue moral,
04:45 on soutient la cupidité et on produit de la barbarée et de la cruauté.
04:50 Mes amis, réveillons-nous.
04:53 Assez d'indifférence.
04:56 C'est la guerre.
04:58 La guerre de défense contre la misère,
05:00 qui attaque l'univers total des hommes.
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