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  • il y a 10 heures
Malgré l'arrivée de la candidate de la coalition de gauche, Jeannette Jara, en tête lors du premier tour, le risque est grand de bientôt voir José Antonio Kast succéder à Gabriel Boric. Les droites totalisent près de 70 % des voix. Décryptage avec Luis Reygada et Théo Bourrieau, journalistes à l'Humanité.

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Transcription
00:00Lors du premier tour de l'élection présidentielle chilienne qui a eu lieu dimanche dernier,
00:04la candidate de la gauche unie a récolté 26,85% des suffrages face à son rival d'extrême droite,
00:10José Antonio Cas, qui a obtenu 23,92%.
00:15Alors avant de parler un petit peu des enjeux du Chili, est-ce que, Louise, tu peux nous expliquer,
00:21nous faire un petit portrait de qui est cette Jeannette Jara, une communiste à la tête d'une coalition de
00:27gauche ?
00:28Alors d'abord, j'ai point à la question.
00:30Oui.
00:31Malheureusement, j'ai une mauvaise nouvelle.
00:33Malheureusement, oui, il y a de grandes chances que l'extrême droite arrive au pouvoir au Chili très prochainement.
00:38Mais bon, on y reviendra.
00:40On y revient après.
00:42Alors Jeannette Jara, c'est très intéressant parce qu'elle a réussi à s'imposer, ou plutôt à être élue,
00:49dans le cadre d'une primaire qu'il y a eu au sein des partis de la gauche chilienne.
00:55Et comme vous le savez, Jeannette Jara, elle est militante du parti communiste chilien depuis ses 14 ans.
01:03Elle était au Jeunesse communiste, puis au parti, avec des hautes responsabilités.
01:07Elle a participé au gouvernement de Michel Bachelet.
01:10Ministre du Travail, c'est ça ?
01:12Non, c'est après ça.
01:13Elle était dans le ministère du Développement Social sous Bachelet.
01:16Et comme tu le mentionnes, elle était jusqu'il y a quelques mois encore ministre du Travail sous l'actuel
01:23gouvernement de Boric.
01:24Donc elle a commencé en 2022.
01:28Et elle a terminé ses fonctions au ministère du Travail il y a quelques mois pour s'engager dans la
01:33course à la présidence.
01:36Et donc en laissant le ministère du Travail, elle s'est lancée dans cette primaire interne.
01:40Et surprise, c'est elle qui a été élue pour mener la tête d'une coalition de partis de gauche
01:48très large.
01:48Ça, c'était quelque chose d'historique, parce que c'est une coalition qui va presque de l'extrême gauche,
01:54j'ai envie de dire,
01:55enfin de la gauche radicale, du parti communiste, du front large de Boric, jusqu'au sociodémocrate chilien.
02:01– Démocrate chrétien, même, je voyais dans ton papier.
02:03– Démocrate chrétien, sociodémocrate, partis socialistes, qui sont donc vraiment une gauche très molle, une gauche de centre.
02:10Et c'est elle qui a été élue.
02:13Et elle s'est vraiment imposée avec une très large avance face à des candidats qui étaient des poids lourds
02:19du PS ou de la social-démocratie.
02:22Et ça, c'était un symbole fort.
02:24Vraiment, ça montrait qu'au sein de la gauche, il y avait une demande de…
02:27– De radicalité, finalement.
02:29– De radicalité.
02:29– Est-ce que c'est ça qui lui a permis de prendre la tête de cette coalition ?
02:33Est-ce que c'est après ces années de gouvernement de Gabriel Boric, on dit ?
02:38– Boric.
02:39– Boric, voilà.
02:39Est-ce que les gens, les électeurs et les électrices de gauche, en avaient un peu marre de cette gauche
02:45molle ?
02:45Donc c'est toi qui dis, bon, là, on veut du renouveau, on veut une vraie gauche.
02:49Donc c'est ça qui explique qu'elle a pris la tête de la coalition ?
02:52– J'ai vraiment l'impression que ça donne. Parce qu'elle, d'une part, communiste, donc la gauche de
02:57la gauche. D'autre part, c'est pas le parti de Boric. Donc là, quand même, un rejet par rapport
03:02à…
03:02– Le parti de Boric, c'est lequel ? – C'est le front large.
03:04– Front large.
03:05– Qui est aussi à gauche, à gauche de la gauche. Mais surtout, elle, c'était une des quelques ministres
03:11communistes de la coalition gouvernementale actuelle.
03:14Et c'est notamment elle qui a porté les quelques grandes avancées sociales qu'il y a eu sous ce
03:20gouvernement. Donc à la tête du ministère du Travail, notamment un recul du temps hebdomadaire du travail.
03:29Donc le Chili est passé de 45 heures à 40 heures. Mais bon, avant ça, il faut rappeler que le
03:34Chili, c'est quand même un des pays les plus ultra capitalistes du continent.
03:38– Et beaucoup d'inégalités sociales par conséquence.
03:41– Alors c'est un des pays les plus riches per capita du continent. Mais ça n'empêche pas que,
03:46comme tu le dis, il y a énormément d'inégalités.
03:49Donc c'est une richesse très mal répartie. Beaucoup de gens qui ont du mal à boucler les fins de
03:55mois, alors que c'est un pays extrêmement riche, je le répète.
03:59Et oui, donc les quelques mesures sociales qui ont pu être mises en place durant ce gouvernement…
04:04– Réduction du temps de travail.
04:06– Réduction du temps de travail. Une réforme des retraites.
04:10– Parce que qui dit capitalisme, qui dit ultra, enfin néolibéralisme, dit système des retraites vraiment désavantageux pour les travailleurs.
04:18Donc totalement privatisé. Elle a réussi à mettre en place, non pas à changer ce système, mais à mettre en
04:24place un système parallèle.
04:26Donc maintenant, on a deux modalités dans ce pays.
04:29– Le système privé.
04:32– Le système privé à l'ancienne, donc il n'a pas bougé.
04:34– Et un autre, beaucoup plus juste, où enfin les patrons participent financièrement, ce qui n'était pas le cas
04:42dans l'autre.
04:44Et voilà, donc ça, c'est le deuxième grand chantier qu'elle a pu développer et un troisième qui m
04:52'échappe.
04:52– Ce n'est pas grave. Si jamais dans le chat, vous voulez aller regarder, c'est aussi ça le
04:56principe de Twitch, si jamais on a des petits trous de mémoire, n'hésitez pas à aller regarder les avancées
05:00progressistes de Jeannette Jara.
05:02– Je l'ai retrouvé. C'est la hausse du salaire minimum.
05:07– Oui, effectivement, c'est des mesures assez phares quand même. Quand on parle de mesures progressistes, retraite, temps de
05:12travail et salaire minimum, c'est quand même…
05:14– On parle de changer la vie de millions de personnes. Et donc, c'est elle qui a mis en
05:19place ça.
05:19Et ça a sûrement joué en sa faveur pour cette primaire, parce qu'elle symbolise vraiment l'action, en fait,
05:25et vraiment les mesures progressistes.
05:27Dans un gouvernement qui en a fait très peu.
05:29– C'est ça, ce que j'ai à dire, c'est qu'en fait, elle a un peu réussi
05:30à tirer son épingle du jeu, parce que même en faisant partie d'un gouvernement qui pouvait être décrié par
05:36les gens de gauche,
05:37elle, même s'il est au gouvernement, elle a réussi à faire des avancées sociales progressistes majeures et donc à
05:42tirer son épingle du jeu.
05:44Je voyais aussi… Ouais, vas-y, tu voulais réagir ?
05:46– Vas-y, je te laisse continuer.
05:47– Je voyais aussi Gabriel Boric, donc c'est un ancien représentant étudiant, qui lui aussi, quand il a remporté
05:54la présidentielle, lui aussi, il était à la tête d'une large coalition de gauche.
05:58– Oui.
05:59– Et il a aussi fait de la lutte contre l'immigration, un des points importants de sa politique.
06:04Quand on pense à des politiques de gauche, la lutte contre l'immigration, c'est pas forcément la mesure qui
06:09nous vient en tête en premier.
06:10Comment on explique la lutte contre l'immigration du président actuel du Chili ?
06:15– Oui, le président Boric a beaucoup déçu à gauche, extrêmement, même parce qu'il y avait beaucoup d'attentes.
06:24– Bah oui.
06:24– Mais j'ai aussi envie de dire que c'est pas totalement de sa faute. Alors je développe.
06:30Si on se rappelle, quand il arrive au pouvoir, donc il est élu en 2021 pour commencer en 2022,
06:35le Chili sort de la période du Covid, qui avait marqué un cran d'arrêt à ce qu'on appelle
06:43là-bas,
06:43et les stages sociales, l'explosion sociale, l'explosion populaire.
06:47En France, on dit aussi la révolte populaire.
06:50Vous vous en souvenez peut-être.
06:51Donc c'est cet énorme mouvement populaire qu'il y a eu fin 2019, début 2020.
06:56– Qui part en fait de l'Amérique latine, ça explose un peu partout dès 2018.
06:59Et au Chili, à partir de 2019 ?
07:01– Au Chili, à partir de 2019, ça part avec les étudiants, comme souvent.
07:06Et c'est une contestation qui prend une ampleur.
07:09On parle de plus de 2 millions de personnes qui manifestaient dans la capitale, à Santiago,
07:13et dans un système donc ultra-neu-libéral.
07:15Et la jeunesse dénonce tout ça, parce qu'il faut savoir que tout est privatisé au Chili.
07:21L'éducation, la santé, le logement, enfin vraiment, c'est des conditions de vie très difficiles
07:26pour les classes populaires et les classes moyennes.
07:27Donc énorme mouvement de révolte.
07:31– Je te rapproche un peu ton micro, n'hésite pas à bien parler de bon.
07:33– À l'époque, c'est le président néolibéral Piñera, qui est aux commandes.
07:39Et donc il est « sauvé » par le Covid, qui marque un cran d'arrêt à tout ça.
07:43Mais ensuite, on a la campagne présidentielle.
07:46Et Bouric qui est élu, parce qu'en toile de fond, il y a cette révolte populaire.
07:53Donc tout le monde a dans la tête des sujets comme le logement, l'éducation, la santé.
07:59On est vraiment dans une demande progressiste.
08:02– Et puis de services publics, finalement, d'améliorer la vie de tout le monde.
08:05– Totalement. Il arrive au pouvoir.
08:07Et six mois après, oui, parce qu'un des débouchés de cette révolte,
08:12c'était la rédaction d'une nouvelle constitution.
08:15Et là, il s'est passé quelque chose de formidable.
08:17C'est que le Chili, il y a eu un processus constitutionnel.
08:20Ils étaient sur le point de mettre en place la constitution,
08:23une des plus progressistes du monde.
08:26Je ne vais pas entrer dans les détails, mais c'était vraiment très large.
08:30Et là, tout se casse la gueule.
08:34– Tu peux, tu peux. On peut dire des gros mots sur Twitch.
08:37Six mois après l'arrivée de Bouric au pouvoir,
08:40rejette cette constitution par 62% de la population.
08:44Et donc, il commence son mandat en se prenant une énorme claque dans la figure.
08:49Alors, ce n'était pas son projet constitutionnel,
08:52mais c'est ce qui allait donner l'impulsion et la couleur de son gouvernement.
08:56Donc, qu'est-ce qu'il fait ?
08:57Il prend acte. Et ce rejet constitutionnel, ce n'est pas de sa faute.
09:00C'est les électeurs qui ont fait ce choix.
09:05Lui, il prend acte de ce refus, de cette énorme claque.
09:09Il dit bon, les gens ne veulent pas suivre cette voie.
09:14Donc, il a recentré son programme et son gouvernement en donnant plus de place aux centristes dans son gouvernement.
09:22Donc, à partir de là, il a mené une politique de centre, centre-gauche très molle.
09:29Mais en même temps, s'il avait eu ce boost d'une nouvelle constitution progressiste,
09:34ça aurait été totalement différent.
09:36Et on en arrive à cinq ans plus tard, nouvelle élection présidentielle,
09:40où là, les sujets sont totalement différents.
09:43C'est-à-dire que, pour rebondir sur ce que tu disais,
09:46aujourd'hui, c'est la délinquance, l'immigration qui sont au centre du débat.
09:51Donc, c'est aussi ce qui explique les mesures que Boric a pu porter à la fin de sa présidence.
09:58On a beaucoup parlé de la gauche, mais il faut quand même qu'on parle un tout petit peu
10:01de celui qui pourrait aussi devenir le président.
10:04La mauvaise nouvelle.
10:05Oui, la mauvaise nouvelle, le point noir un petit peu de cette élection.
10:08C'est José Antonio Cast, donc candidat d'extrême droite.
10:12Peut-être que c'est important que tu nous fasses un petit profil de qui il est
10:16et pourquoi on dit que ce personnage est d'extrême droite.
10:18Alors, quand on dit d'extrême droite, ce n'est pas avec des guillemets.
10:20C'est vraiment l'extrême droite chilienne, ce qu'elle a de pire.
10:23C'est un pinochétiste assumé, admirateur de la dictature du général Pinochet.
10:30C'est un détail en même temps.
10:32Non, lui, il est fils d'un immigré allemand qui a servi, d'un nazi,
10:38qui a servi dans la Wehrmarche.
10:42Son frère a été ministre sous Pinochet, puis directeur de la banque centrale de Pinochet.
10:47Donc, voilà, c'est son ADN politique.
10:50Donc, quand on dit extrême droite, ultra droite, ce n'est pas avec des guillemets.
10:53C'est vraiment le descendant à la fois politique et puis même dans son sang.
10:56Il s'en revendique.
10:57Il se revendique proche d'Orban, de Mélanie, de Nayib Bukele, le président du Salvador.
11:05Et surtout, lui, il vient de la droite traditionnelle.
11:08Il a créé son parti en 2019 et il le dit en s'inspirant de Vox, le parti d'extrême
11:14droite espagnol.
11:17Donc, c'est vraiment quelqu'un qui...
11:19Voilà, ce n'est pas une blague quand on dit que c'est l'extrême droite.
11:21C'est extrêmement grave et préoccupant et triste de voir qu'un pays comme le Chili, le pays de Salvador
11:27Allende,
11:27le pays qui a subi cette dictature terrible, est prêt à retomber dans une... à rejoindre encore ce camp.
11:38Alors qu'il y a cinq ans, je répète, on parlait de nouvelles constitutions progressistes.
11:41C'est vraiment un basculement de l'électorat vers la droite et l'extrême droite.
11:44Et si on peut revenir sur les résultats du premier tour.
11:48Alors, je les redonne.
11:49Alors, ça, c'est peut-être un petit peu affiné depuis, parce que je les ai notés hier.
11:52Donc, 26,85% pour Jeannette Jarrah et 23,92% pour José Antonio Kast, donc ce candidat d'extrême
12:00droite assumé.
12:01Voilà, trois points d'écart seulement entre deux.
12:03Donc, c'est eux qui passent en ballotage.
12:05Mais ce qui est assez préoccupant, c'est que...
12:08Qu'est-ce qui va se passer au deuxième tour ?
12:10Jeannette Jarrah, elle a 1% de réserve de voix.
12:13C'est très, très peu.
12:14C'est rien du tout.
12:15Tandis que lui, si on voit, c'est un candidat de droite qui est arrivé en troisième position, avec, je
12:23crois, 13%.
12:24Enfin, c'est un candidat qui se dit ni de gauche ni de droite.
12:28On sait ce que ça veut dire.
12:29On sait ce que ça veut dire.
12:30Donc, c'est un populiste qui se dit de centre.
12:33Mais bon, c'est la droite.
12:36En quatrième position, c'est un autre candidat d'ultra droite.
12:41Une photocopie de Kast, mais en pire, j'ai envie de dire.
12:45En pire encore.
12:45Qui s'inspire de Millet même.
12:47Donc, qui est vraiment dans l'outrance.
12:49C'est Kainès, de mémoire, aussi un descendant d'exilé nazi.
12:56Et en cinquième position seulement, on retrouve la candidate de la droite traditionnelle, aussi d'origine allemande.
13:07Et donc, c'est assez préoccupant de voir que la droite traditionnelle est tombée à la cinquième place.
13:13Donc, ça montre bien comment l'électorat s'est fait bouffer par les idées d'extrême droite qu'ils ont
13:21pu développer tranquillement dans leur campagne.
13:23C'était vraiment une campagne très xénophobe parce qu'il y a beaucoup d'immigration au Chili, beaucoup de vénézuéliens.
13:29Et donc, il y a eu vraiment des éléments de langage, enfin pas des éléments de langage, des discours vraiment
13:35xénophobes, horribles.
13:38Et malheureusement, parce qu'il y a aussi une hausse de la délinquance, bien que ce soit un des pays
13:42les plus sûrs d'Amérique latine,
13:43on comprend que les médias ont beaucoup joué aussi pour alimenter tout ça.
13:48Au résultat, on se retrouve avec une communiste en première place, certes, mais suivie par une droite qui totalise 70%.
13:55Une droite et extrême droite qui totalisent 70%.
13:59Et est-ce que le barrage républicain, l'idée du barrage républicain, ça existe aussi au Chili ?
14:05Est-ce qu'on peut se dire que la droite, même la droite traditionnelle, ou même la droite moins traditionnelle,
14:10mais pas à l'extrême droite,
14:10est-ce qu'on peut se dire que face à la menace brune que représente José Antonio Casse,
14:17est-ce qu'on peut imaginer un barrage républicain qui fasse élire la candidate de la coalition de la gauche
14:22?
14:23Ou est-ce que, là, au vu des chiffres que tu nous donnes, est-ce que c'est déjà perdu
14:26d'avance ?
14:26Est-ce qu'en fait, le 16 décembre prochain, c'est déjà joué ?
14:29Alors, tout indique que c'est déjà joué, parce que le centre fait partie de la coalition de Jeannette Gérard,
14:36donc le centre est dans ces 20%...
14:38Oui, parce qu'on parlait des démocrates chrétiens, sociodémocrates.
14:40Voilà. Et la droite traditionnelle, donc sa candidate, Evelyne Matéi, le soir des résultats du premier tour,
14:49elle est allée dans le QG de Casse pour lui apporter son soutien.
14:54Ah oui, donc c'est...
14:55Donc c'est...
14:56C'est plié.
14:57C'est dur ce que tu nous dis, Louis.
14:59C'est très dur.
15:00Il faudrait vraiment un miracle pour que la gauche l'emporte.
15:06Et ce qu'il faut noter aussi, c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup d'abstention au
15:09premier tour.
15:10Pourquoi ? Parce que le vote est obligatoire au Chili.
15:13D'accord.
15:14Donc on a eu, je crois, 13 millions de participants sur 15.
15:17Donc quand même grosse participation.
15:20Peut-être un réveil de ces 2 millions de personnes qui ne sont pas allées voter au premier tour.
15:24Je ne sais pas, mais ça tient presque du miracle.
15:26Donc c'est très préoccupant pour l'avenir du Chili.
15:28D'accord.
15:30Je vois quelqu'un qui demandait.
15:31C'est Louis Regada, journaliste à la rubrique Monde de l'Humanité, spécialiste notamment de l'Amérique latine.
15:37Je vous mets, si vous tapez Louis Regada, l'Humanité dans Google, vous trouverez tous les articles que tu as
15:43écrits récemment.
15:44Je vous en mets quelques-uns.
15:45Ah non, je crois que je ne suis pas connecté au chat.
15:47Mais tu as fait notamment un portrait de Jeannette Jara.
15:50Tu nous as fait des petites analyses aussi de ce qui est en train de se passer au Chili.
15:54Si jamais ça vous intéresse, est-ce que je peux mettre un message ?
15:57Oui, dans cet article, je reviens aussi sur les résultats.
15:59Parce qu'il faut savoir qu'il y a eu des élections législatives en même temps que le premier tour.
16:04est, pareil, catastrophique pour la gauche, baisse du nombre de députés et de sénateurs.
16:10Et Castes et une coalition d'extrême droite s'imposent comme le premier groupe au Parlement.
16:17Donc s'il est élu, Castes pourra en plus compter sur une majorité au Parlement, c'est-à-dire à
16:24la Chambre basse et à la Chambre haute.
16:25Donc vraiment le pire des scénarios.
16:27Il sera à la tête du gouvernement et il pourra mener la politique qu'il veut puisqu'il aura le
16:30soutien des parlementaires.
16:31A priori, pas de son groupe.
16:34Son groupe n'a pas la majorité, mais la droite, les droites totalisent la majorité à la Chambre des députés
16:41et du Sénat.
16:43Donc énorme catastrophe pour le Chili.
16:45Oui, je vous lis en même temps le chat.
16:47Effectivement, ça n'a aucun espoir possible pour Jara, même minime.
16:50En écoutant Louis, l'espoir est faible.
16:53On a toujours de l'espoir, mais là, franchement, ça devient compliqué.
16:57Le seul espoir, c'est justement les candidats qui se sont fait avoir par ce candidat qui se dit de
17:03centre, qui est en fait de droite.
17:04Il a pris quand même quelques voix à gauche à voir si parmi les gens qui ont voté pour cette
17:13personne, il s'appelle Franco Parissi,
17:17qui se dit donc ni de droite ni de gauche.
17:20Est-ce que maintenant où il faut choisir entre une extrême gauche, j'ai envie de dire, une candidate de
17:26gauche, mais communiste, et un candidat d'extrême droite,
17:30est-ce que certains de ces électeurs vont se dire non, quand même là, moi, je suis plus attiré par
17:34la gauche que par l'extrême droite, que par le retour à un idole de Pinochet ?
17:39Mais bon, l'espoir minime, l'espoir quand même.
17:44Louis, je te propose qu'on passe à notre prochain sujet, parce qu'il nous reste une vingtaine de minutes
17:48avant 10h30.
17:49On a encore beaucoup de choses à traiter.
17:51Évidemment, je vous encourage encore, si vous voulez creuser le sujet du Chili, l'humanité a beaucoup écrit dessus.
17:58Donc, Louis, évidemment, avec des portraits, des analyses, etc.
18:00Il y a aussi eu des reportages qui ont été publiés en fin de semaine dernière, je crois.
18:03C'est ça, on a commandé un reportage à un journaliste sur place pour la campagne.
18:08Donc, si vous avez un peu envie de vous inspirer un peu, vous plonger dans l'ambiance au Chili en
18:14ce moment,
18:15qui n'est peut-être pas hyper heureuse, mais quand même, vous pouvez aussi aller lire ces reportages.
18:20On envisage d'envoyer quelqu'un pour le second tour.
18:22Donc, on le rappelle, dimanche 14 décembre, dans un petit mois, dans trois semaines, on est le 18, dans un
18:29petit mois.
18:30Peut-être qu'on aura l'occasion, je pense qu'avant le deuxième tour ou après le deuxième tour,
18:35peut-être qu'on refera un point ensemble, peut-être après, je ne sais pas, pour un petit peu,
18:39si jamais le candidat d'extrême droite est élu, tirer un peu le bilan et essayer d'aller de l
18:44'avant, malgré tout.
18:46Je vois que ça vous intéresse beaucoup, le chat.
18:47Peut-être qu'on peut... J'avais une dernière question et je vois qu'il y a des questions dans
18:50le chat qui la reprennent un peu.
18:52On a évidemment parlé de Pinochet, tu as mentionné Allende.
18:57C'est vrai que le Chili a une histoire politique extrêmement riche, qui a pu être violente, qui est passée
19:02par une dictature extrêmement violente.
19:08Comment... Est-ce qu'en caricaturant, on peut dire que, finalement, 50 ans, 60 ans après,
19:13en fait, c'est les descendants d'Allende face aux descendants de Pinochet ?
19:16Est-ce qu'on peut résumer la situation comme ça ou est-ce que c'est un petit peu trop
19:19caricatural ?
19:19C'est totalement ça, parce que Salvador Allende était socialiste, c'est un autre socialisme à l'époque,
19:25mais il était élu... C'était une coalition aussi qu'il représentait.
19:30Donc, on peut dire que c'est à peu près le même scénario qu'on a aujourd'hui.
19:35Sauf qu'à la fin, c'est Allende qui gagne et là, on n'est pas sûr.
19:39Voilà.

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