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En pleine journée nationale de mobilisation des soignants en France, les collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux de l'hôpital Saint-Louis (Paris, 20ème) ont manifesté leur colère sur leur lieu de travail.
A l'approche de la deuxième vague et trois mois seulement après les annonces du Ségur de la santé, les soignants ont alerté une fois de plus sur la dégradation de leurs conditions de travail.
Malgré les recrutements promis par le Ségur, ils sont toujours aussi nombreux à quitter leur service, et déplorent également le manque de lits disponibles pour les malades.
Un reportage de l'Humanité.

#soignants

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Transcription
00:00L'ambiance actuelle, du désarroi, du dépit.
00:17On a mis des pansements sur des jambes de bois.
00:20Il y a des services entiers qui sont décimés.
00:24Depuis le Ségur, les gens continuent de partir.
00:27Je dirais même qu'ils partent encore plus vite.
00:30Personnellement, il y a deux semaines, j'ai fait quatre nuits dans quatre services différents.
00:36J'ai appris que quatre personnes s'en allaient.
00:38On pensait qu'il y allait y avoir des grandes choses de fait.
00:42Une restructuration en profondeur.
00:45Là, comme je le disais tout à l'heure, ça a été pansement sur jambes de bois.
00:50On s'est dit, allez hop, on va leur donner un petit peu d'argent.
00:5580 euros et puis encore 80 euros.
00:58Ça va les faire rester, ça va les faire revenir.
01:00Non, ce n'est pas comme ça qu'on restructure un hôpital.
01:03Ce n'est pas comme ça qu'on peut rouvrir des lits.
01:05Ce n'est pas comme ça qu'on fidélise le personnel avec ce qu'il a vécu pendant la crise
01:10du Covid
01:10et avec ce qu'il vit depuis, on va dire, une vingtaine d'années.
01:13À partir du moment où on fait des économies sur l'hôpital,
01:17ça veut dire qu'on ne peut pas soigner les gens correctement.
01:19Ça veut dire que les gens, on ne peut pas faire de prévention.
01:21Il faut axer sur la prévention et il faut ouvrir des lits
01:25de manière à ce que les gens, on les soigne dès le début de la maladie.
01:28Si on tarde, ça augmente.
01:30Moi, j'ai eu un patient, je crois qu'il a été décédé il y a trois semaines,
01:35qui ne voulait pas se soigner pendant la période du Covid.
01:39Résultat, il est mort parce qu'il n'a pas eu ses cures de chimio, etc.
01:43On est obligé de repousser sans arrêt les opérations, les cures de chimio.
01:47C'est très, très grave parce que ça aussi, ça fait des décès.
01:50Je trouve que dans cet hôpital, malgré tous nos efforts,
01:54toute notre bienveillance, toute notre capacité, c'est un superbe hôpital ici.
01:59Les conditions de travail sont pénies, parfois dangereuses, on le sait.
02:03Mais le pire, c'est la façon dont on accueille les patients maintenant,
02:07les durées d'attente, les brancards agglutinés.
02:10Moi, je travaille aux urgences la moitié de mon temps.
02:14Les personnels soignants qui se bat la nuit, vraiment seuls, pour trouver des lits,
02:19ça n'a pas changé.
02:20Tout le monde s'en fout, nous n'avons aucun indicateur qui est pris en compte par nos directions.
02:26Je ne supporte pas que les urgences soient négligées à ce point
02:30et que les malades soient de plus en plus isolés sur leurs brancards, les personnes âgées.
02:37C'est de la maltraitance.
02:38Et la maltraitance aux patients, c'est aussi de la maltraitance aux soignants de façon indirecte et réciproquement.
02:43Voilà pourquoi je pars.
02:45Nous avons malheureusement une direction totalement absente, malgré toutes les lettres que nous leur avons faites,
02:51malgré toutes les remarques que nous avons écrites.
02:54Ils ne viennent pas nous voir, ils n'essaient pas de régler nos problèmes.
02:58Ils règlent leurs problèmes, mais pas les problèmes des soignants, ni les problèmes des patients.
03:03Et donc j'ai vraiment beaucoup de regrets.
03:05Je pense que je serai utile ailleurs, mais je fais partie des gens qui vont partir.
03:08On a survécu au mois de mars, mais là, la difficulté, elle est de plus en plus importante.
03:15Et je pense qu'il faut que le gouvernement entende qu'on ne va pas pouvoir assumer la deuxième vague.
03:23Là, on a du mal à recruter au niveau renfort.
03:26La première fois au mois de mars, on a pu avoir de l'aide de Bordeaux, de Montpellier, de Toulouse.
03:30Mais là, on est un peu coincé.
03:34Donc ils essaient de trouver des solutions, mais c'est compliqué.
03:39On était des héros et les premiers de cordée au mois de mars.
03:43Mais là, on a l'impression d'être... On est les oubliés.
03:47Voilà. Aucun mot pour nous, aucune solution.
03:51Je pense que le temps, ils n'ont pas réfléchi.
03:53Le Covid ne va pas s'arrêter à 21h.
03:56Et en tout cas, nous qui voyons autour de nous les gens malades,
04:01il n'y a pas un temps horaire, en fait.
04:05Il n'y a pas de temps horaire.
04:06Donc on ne comprend pas sa position, en fait.
04:08On n'a pas compris.
04:11Sous-titrage Société Radio-Canada
04:16Sous-titrage Société Radio-Canada

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