- il y a 3 semaines
La dénonciation des violences policières a pris une ampleur sans précédent. Une génération de jeunes, issus des quartiers populaires jusque-là éloignés de la lutte collective, s’engagent. Leur action interroge les organisations et les formes de luttes.
Avec Assa Traoré, du Comité Adama, Ramata Dieng, du Comité vérité et justice pour Lamine Dieng et Vanessa Codaccioni, Historienne et politologue.
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NewsTranscription
00:00Bonjour à toutes et tous, merci d'être présents aujourd'hui à la fête de l'Huma pour parler avec
00:05nous de cette nouvelle génération qui se lève contre les violences policières.
00:10On l'a vu le 2 et le 13 juin dernier, ils étaient des milliers dans les rues à déferler
00:16pour dénoncer les violences policières, les humiliations quotidiennes et le racisme.
00:21Pour en parler, nous avons avec nous Assa Traoré, la sœur d'Adama Traoré, mort en 2016 après une violente
00:31interpellation et cofondratrice du Comité Justice et Vérité pour Adama.
00:37Nous avons également Ramata Diang, qui est la sœur de l'amil Diang, qui est mort étouffée dans un camion
00:45en 2007 à Paris et qui est la cofondatrice du collectif Vivolé.
00:51Et enfin, nous avons Vanessa Kodacioni, qui est maîtresse de conférences en sciences politiques à Paris 8, qui est également
00:58politologue et historienne.
01:01Pour commencer, nous allons revenir sur ces mobilisations du 2 et 13 juin dernier.
01:08Comme je l'ai dit, ils étaient plusieurs milliers dans les rues à l'appel du Comité Adama pour dénoncer
01:14les violences policières et le racisme.
01:16D'abord, je vais me tourner vers vous, Assa Traoré. Est-ce que vous avez été surprise par l'ampleur
01:22des mobilisations séjournelles ?
01:25Bonjour à vous et chaque année de continuer à porter le combat et à le soutenir et à travers la
01:33fête de l'humanité.
01:35On ne va pas dire qu'on était surpris. Sincèrement, on s'attendait peut-être à 10 000 personnes. Il
01:41faut savoir que c'est un appel à un rassemblement que nous allons faire au moment où l'expertise va
01:46tomber et qui va dédouaner clairement les gendarmes.
01:50Cette expertise qui va tomber le jeudi, le vendredi, on fait un appel qu'on va lancer à 20h, qu
01:56'on va lancer sur tous les réseaux sociaux, 4 jours.
01:59Et en 4 jours, la vidéo, elle arrive à près de 2 millions de vues. Donc on s'est dit,
02:04oui, effectivement, il y aura du monde, mais on ne pensait pas qu'il y aurait eu autant de monde.
02:09On n'est pas surpris parce qu'il faut savoir aussi que quand on fait le 2 juin, quand on
02:14fait le 13 juin, ça n'arrive pas comme ça.
02:17C'est 4 ans de travail, c'est 4 ans de lutte, c'est 4 ans de combat. Il faut
02:20savoir que quand le comité Adama, quand on arrive, au début, on sillonne toutes les villes de France.
02:29On se retrouve dans les villes les plus reculées de France. Je me suis déjà retrouvée dans un village au
02:33fin fond de la Bretagne
02:34où la seule personne noire, c'était la mère qui avait été adoptée, une fille au Mali. Et quand je
02:41suis arrivée, ils l'ont appelée.
02:44Donc c'est des petits villages comme ça qu'on a sillonnés pendant 4 ans, qui soutiennent le combat Adama.
02:49Pendant 4 ans, on a fait des tournées de quartiers, des tournées de quartiers à travers, surtout en Ile-de
02:54-France, mais beaucoup aussi en France.
02:56Aujourd'hui, par exemple, tous les autres membres du comité Adama, on est dispersés sur 3 quartiers aujourd'hui en
03:02Ile-de-France
03:02où on continue les tournées de quartiers. Parce que c'est important que dans ce combat, leur voix soit aussi
03:09portée.
03:10C'est 4 ans où aussi, quand on dit qu'on dénonce de l'injustice, c'est de dénoncer toute
03:17forme d'injustice.
03:18Quand on dit qu'on dénonce les violences policières, quand une autre injustice se met face à nous, c'est
03:23important d'être présents.
03:24Donc on était auprès des femmes des ménages de honnêtes pour les Gilets jaunes, les étudiants, la communauté LGBT, les
03:34associations de quartiers.
03:37Énormément d'injustice. Et à chaque fois, on allait à l'encontre et on allait en tout cas créer de
03:45la solidarité.
03:45Nous, on n'utilise pas la convergence des luttes, parce qu'on s'est dit qu'on va créer de
03:49la solidarité, on va créer des alliances.
03:51Et en créant des solidarités, on crée un combat ensemble.
03:55Et on arrive au 2 juin, où on arrive au 13 juin, où il y a plus de 80 000
04:02personnes à 100 000 personnes la première fois,
04:04plus de 20 000 personnes sur la place de la République, où il y a toute classe sociale,
04:10venant des quartiers populaires, ceux qui ne viennent pas des quartiers populaires, ceux qui la subissent et ceux qui ne
04:14la subissent pas.
04:15Et c'est de dire, pendant 4 ans, le discours qu'on avait, c'est de dire,
04:18ce n'est pas parce que tu ne subis pas la violence policière qu'on va te jeter la pierre,
04:22mais au contraire, tu ne la subis pas. Allons-y ensemble, allons-y la défendre.
04:26On avait tout âge, on avait beaucoup de jeunes des quartiers, on avait beaucoup de jeunes aussi,
04:32ici, des autres quartiers qui ne subissent pas les violences policières.
04:36Et là, ce jour-là, on avait tous le même mot d'ordre, entourés, bien évidemment, de toutes les autres
04:40familles de victimes,
04:41où pendant 4 ans, c'est un combat que nous avons porté ensemble.
04:45Quand nous on arrive, il y a déjà Ramata Djen qui est là, qui va soutenir le combat à Dama,
04:51dès les premiers instants, à Beaumont-sur-Oise.
04:53Et c'est 4 ans de travail, parce que les gens, ils ont l'impression que quand on arrive le
04:572 juin,
04:57on nous pose souvent la question, mais que s'est-il passé ?
05:01En fait, c'était juste, les projecteurs étaient là pendant 4 ans,
05:04sauf que la lumière, elle ne s'était pas allumée.
05:07Et malheureusement, ça va coïncider aussi avec la mort de George Floyd,
05:10cette mort qui va glacer la planète entière,
05:14et cette mort qui va faire écho tout de suite avec le nom de mon petit frère sur les réseaux
05:17sociaux,
05:18le nom d'Adama Traoré va sortir.
05:20Ils sont morts exactement de la même façon, ils ont eu les mêmes mots avant de mourir,
05:24je n'arrive plus à respirer, je n'arrive plus à respirer.
05:27Et cet engouement va se prendre.
05:29Et au même moment, on a cette expertise qui sort 2 jours après,
05:34vraiment, qui se croise, qui se coïncide,
05:37et on va faire cet appel, et on décide, on se dit,
05:39bon ben, en 4 jours, on prend le risque et on y va.
05:43Et ça va être une marche historique,
05:45parce que c'est la première fois qu'il y a autant de monde dans les rues de Paris,
05:49c'est la première fois qu'il y a autant de monde devant un lieu symbolique,
05:52le tribunal de Paris,
05:53mais ça se passe à Clichy, ça se passe pour les violences policières.
05:56Et ce jour-là, tout le monde est là, tout le monde a le même mot d'ordre,
05:59c'est pas de justice, pas de paix,
06:02l'injustice contre la violence sociale,
06:04contre la violence raciale,
06:05et on va tous le dénoncer ensemble.
06:07Donc ces 4 ans de combat,
06:10ces 4 ans de lutte, ces 4 ans de travail,
06:12je rappelle aussi qu'aujourd'hui,
06:14on est là, on est invité un peu partout,
06:16mais ces 4 ans où on arrive, on commence,
06:18où on vend des t-shirts
06:20sur des événements,
06:21on s'est déjà retrouvés dans les premières années
06:23à faire 4 à 3 événements
06:27dans la même journée
06:28sur des départements différents
06:30pour pouvoir financer la lutte,
06:32pour pouvoir vendre quelques t-shirts,
06:33se déplacer de ville en ville.
06:36On a fait un gros travail local,
06:38ce travail local,
06:39qui est le travail à Beaumont-sur-Oise,
06:41pendant un an,
06:42et qui porte ses fruits aujourd'hui.
06:44Aujourd'hui, si le combat d'Amaïd est là,
06:45encore aujourd'hui,
06:46c'est qu'il y a un travail local
06:47qui a été fait pendant un an,
06:49où on demandait aux gens
06:50de venir vers le local,
06:52de traverser cette périphérie,
06:53de venir à Beaumont,
06:54et 4 ans après,
06:55le combat,
06:56il est encore là sur ses bases,
06:58sur son socle,
06:59et il y a le 2 juin,
07:00et il y a le 13 juin,
07:01et il y a le 10 juillet
07:03qui va arriver,
07:04et tout ce qui va en suivre après,
07:06et il y a cette génération,
07:07cette nouvelle génération,
07:08la génération Adama,
07:09qui se lève,
07:10qui suit le mouvement,
07:11qui suit le mouvement
07:11des violences policières
07:12derrière toutes les familles de victimes,
07:15et qui vont le dénoncer,
07:16parce que quand on dit
07:17violence policière,
07:18il y a forcément
07:19de la violence sociale,
07:20il y a de la précarité,
07:22il y a de l'injustice,
07:23et toute personne
07:24qui subit de l'injustice
07:26se reconnaît à travers ce mouvement,
07:28comme on le dit,
07:29peu importe d'où tu viens,
07:30peu importe qui tu es,
07:31peu importe ton appartenance religieuse,
07:33peu importe ton appartenance sexuelle,
07:34c'est un combat
07:35qui appartient à tout le monde,
07:36aujourd'hui c'est un combat
07:37qui n'appartient plus
07:38qu'à la famille Traoré,
07:39mais qui appartient à un peuple,
07:41parce que ce jour-là,
07:42c'était le peuple qui était là,
07:43et le peuple français,
07:44aujourd'hui,
07:45porte ce combat
07:46et on demande tous
07:47la vérité et la justice.
07:48Et les manifestants
07:49ont exprimé
07:50des revendications
07:51fortes parmi lesquelles...
07:54Applaudissements
07:59...
08:01...
08:02...
08:02Je disais que les manifestants
08:03avaient exprimé
08:04des revendications
08:05très fortes parmi lesquelles
08:06on retrouve notamment
08:07l'interdiction du placage entre eux.
08:09C'est une technique
08:10de mobilisation dangereuse
08:11qui est à l'origine
08:12de la mort notamment,
08:13d'Adama Traoré,
08:14mais également de la Mille Plante
08:16et de Porte-en-Foye
08:17des Etats-Unis.
08:19Je sais que Ramata
08:20est jeune pour le collectif.
08:21Volé a beaucoup travaillé
08:22sur ces questions-là,
08:24sur ces techniques
08:25d'immobilisation dangereuses,
08:26que sont le placage ventral,
08:28mais également le pliage
08:29et la clé d'étranglement.
08:31Quels sont les risques, Ramata,
08:33liés à ces techniques
08:34d'immobilisation
08:36qui sont pratiquées
08:38par la police française aujourd'hui ?
08:41Ces trois techniques,
08:44comme vous l'avez rappelé,
08:46ces trois techniques
08:47ont vocation à étouffer,
08:49à se fixer.
08:50Et donc,
08:51la clé d'étranglement,
08:52comme son nom l'indique,
08:55c'est qu'on appuie sur le cou,
08:57voilà,
08:57on étrangle quelqu'un
08:58et donc ça appuie sur les carotides
09:00et donc la personne manque d'oxygène.
09:05Le placage ventral,
09:06c'est ce qu'a subi mon frère,
09:08la Min Dieng,
09:09qui a été tué
09:11avec cette technique
09:12en 2007,
09:14le 17 juin 2007.
09:15Il a été monoté
09:18sur la nuque,
09:19un bras passé par-dessus l'épaule,
09:21les chevilles attachées
09:22avec une ceinture de contention
09:23en cuir.
09:24Il était plaqué au sol
09:25pendant 30 minutes.
09:27Les policiers se sont
09:28agenoués sur son dos
09:29pendant qu'ils étaient sur lui.
09:32il a vomi
09:34et respiré son vomi.
09:35L'autopsie va révéler du vomi
09:37dans tout son appareil respiratoire
09:39et la conclusion
09:40de la contre-expertise,
09:42parce qu'il y a eu
09:43une première autopsie
09:44avant même
09:45que nous ne soyons informés
09:46de la mort de la mine,
09:47alors que ça se passe
09:48à 500 mètres
09:48du domicile familial.
09:52Il y a eu
09:52une première autopsie
09:53qui disait
09:53qu'il est mort d'une overdose.
09:55Donc nous avons déposé plainte
09:57une semaine plus tard
09:58et demandé
10:00une contre-expertise
10:01médico-légale.
10:01Et c'est cette contre-expertise
10:03qui a donné
10:04le résultat final
10:05qui indique
10:06que la mine est morte
10:06d'une asphyxie mécanique
10:08par suffocation
10:09due à l'appui facial
10:10contre le sol
10:11avec pression
10:12du sommet de la tête.
10:13Donc voilà,
10:14la mine a été écrasée
10:15pendant 30 minutes
10:16par environ
10:17le poids
10:18de 5 policiers.
10:20Donc il a vomi,
10:21il a respiré son vomi
10:22et ses résultats
10:24sont entrés
10:24dans le dossier
10:256 mois
10:26après la mort de la mine.
10:27mais le magistrat instructeur
10:29ne va pas en tenir compte.
10:31Il va attendre
10:312010 pour placer
10:33les policiers
10:33sous le statut
10:34de témoin assisté.
10:35En 2012,
10:36il va organiser
10:36une confrontation
10:37dans son cabinet
10:39et une pseudo-reconstitution
10:41également
10:41dans son cabinet.
10:42Alors que nous avons demandé
10:44en fait
10:44à ce que la reconstitution
10:45se fasse sur les lieux,
10:46sur la scène de crime
10:49et malheureusement
10:50le juge va refuser.
10:52Et donc en fait
10:52la technique
10:53comme je viens
10:54de vous l'expliquer
10:54c'est une technique
10:55qui a quelqu'un
10:57qui est face contre terre
10:59avec plusieurs policiers
11:01qui s'agenouillent
11:02sur cette personne.
11:03Donc en fait
11:04personne ne peut
11:05survivre à ça.
11:07La mine n'a pas survécu.
11:10Le pliage
11:12ça consiste en fait
11:13à plaquer la tête
11:15sur les genoux
11:15de la personne
11:16donc à la plier en deux
11:17en fait
11:18et à la maintenir
11:19dans cette position.
11:20Cette technique
11:20a tué monsieur
11:21Aliziri
11:22à Argenteuil
11:23en 2009
11:25et donc
11:26ils ne sont pas
11:27les seuls
11:27malheureusement.
11:28Cette technique
11:28avait déjà tué
11:29précédemment
11:30notamment en 98
11:32Mohamed Saoud
11:33qui justement
11:34le dossier
11:35a fait jurisprudence
11:36à la Cour européenne
11:37des droits de l'homme
11:38c'est-à-dire
11:38que la Cour
11:39a condamné la France
11:40dans ce dossier-là.
11:42C'est pour ça
11:43que nous
11:44on continue
11:45à dénoncer
11:46ces techniques
11:46voilà
11:47on a commencé
11:47on a lancé
11:48une campagne
11:49en fait
11:49pour demander
11:49l'interdiction
11:50de l'utilisation
11:51de ces techniques
11:51par les policiers
11:52parce que
11:53effectivement
11:53comme vous le constatez
11:54c'est létal.
11:57La Cour européenne
11:58elle-même
11:59a fait des recommandations
12:00la CNDS
12:01anciennement
12:02commission nationale
12:03de la déontologie
12:04avait fait également
12:05des recommandations
12:06à l'État français
12:06sur ces techniques-là
12:08parce que ça avait déjà
12:09causé la mort
12:10de plusieurs personnes.
12:11en 2015
12:13Amadou Koumé
12:14également
12:15étouffé
12:15à Gare du Nord
12:16avec la même technique
12:18voilà
12:18je pourrais vous en citer
12:19d'autres
12:20le but n'est pas là
12:22c'est que ce sont
12:22des techniques
12:23qui sont interdites
12:24dans certains États
12:25aux États-Unis
12:26et en Europe
12:28également
12:28dans certains pays
12:29notamment en Allemagne
12:30et donc
12:31voilà
12:31il faut absolument
12:32qu'elle soit interdite
12:33parce que
12:34elle tue
12:35tout simplement
12:36et que ce n'est pas
12:37nécessaire quoi.
12:39donc la campagne
12:40en question
12:41s'appelle
12:41Laissez-nous respirer
12:42et elle est en ligne
12:43sur change.org
12:46voilà
12:47elle a collecté
12:48jusqu'à présent
12:4970 000 signatures
12:52et malheureusement
12:54l'État
12:54le gouvernement
12:55en place
12:56n'a pas donné
12:57suite
12:57à cette revendication
13:00on a eu
13:01un effet d'annonce
13:02suite à la mort
13:03justement
13:03de George Floyd
13:04et avec le rassemblement
13:06du 2 juin
13:06au tribunal
13:07où il y a eu
13:08plusieurs dizaines
13:09de milliers de personnes
13:10là il y a eu
13:11un effet d'annonce
13:12de la part du gouvernement
13:12notamment d'Armanin
13:14qui indiquait
13:14que la clé d'étranglement
13:16allait être interdite
13:17jusqu'à trouver
13:18jusqu'à ce qu'ils mettent
13:19en place
13:20un nouveau dispositif
13:21d'immobilisation
13:22enfin voilà
13:23donc
13:23mais il a rétro-pédalé
13:25lorsque les forces de police
13:27ont manifesté
13:28pour contester
13:30cette décision
13:30voilà
13:31ils ont manifesté
13:32pour avoir le droit
13:34continuer à avoir le droit
13:35d'étouffer les gens
13:36en fait
13:38voilà
13:38donc on en est là
13:39aujourd'hui en France
13:40et on pense sincèrement
13:42que
13:43ben enfin
13:44voilà
13:44il faut que ça s'arrête
13:45quoi
13:45il faut que ça s'arrête
13:47si on considère
13:48si on tient compte
13:49du fait que
13:50depuis 1981
13:51la peine de mort
13:52est abolie en France
13:53on ne comprend pas
13:54pourquoi est-ce que
13:56des techniques
13:57qui tuent
13:58continuent à être utilisées
14:00pourquoi est-ce que
14:01les policiers
14:01s'entraînent
14:02sur des bustes
14:03donc
14:03sur les parties
14:05vitales
14:05des personnes
14:07s'entraînent à tirer
14:08là-dessus
14:08au lieu de tirer
14:09dans les mains
14:10ou les pieds
14:11pour désarmer
14:11les personnes
14:12qui sont
14:13susceptibles d'être armées
14:14et donc voilà
14:15on en est là
14:16si on veut réellement
14:17que ça
14:18enfin
14:19qu'il n'y ait plus de mort
14:20dans les commissariats
14:21ou dans les fourbons de police
14:22ben en fait
14:23il faut que
14:23ces techniques soient interdites
14:35et si je peux me permettre
14:37d'aller au plus loin
14:38il n'y a pas que ces techniques là
14:40on demande également
14:42à ce que
14:43les armes de guerre
14:44ne soient pas utilisées
14:46dans le maintien de l'ordre
14:47quotidien
14:48et dans le maintien de l'ordre
14:49dans le cadre des manifestations
14:51à savoir
14:52le flashball
14:54le pistolet à impulsion électrique
14:56donc le taser
14:57et les grenades
14:59de désencerclement
15:00pardon
15:00j'y arrive
15:02voilà
15:02ce sont des armes
15:03qui mutilent
15:04qui ont mutilé
15:05plusieurs personnes
15:06au cours des deux dernières années
15:08voire depuis 2015
15:09depuis la loi travail
15:11on a connu
15:12on connaît les gilets jaunes
15:13depuis 2018
15:14et on s'aperçoit
15:15effectivement
15:15que les victimes
15:16ne cessent de se multiplier
15:17et pourtant
15:18il n'y a aucun
15:19aucune décision politique
15:21qui est prise
15:21pour justement
15:23empêcher
15:23que les personnes
15:25se retrouvent mutilées
15:26parce qu'elles sont
15:27parties manifestées
15:35on a vu aussi
15:37durant les manifestations
15:38donc beaucoup de jeunes
15:39issus des quartiers populaires
15:41pour la plupart
15:41c'est leur première manif
15:42et c'était assez frappant
15:44de voir que tous
15:45dénonçaient
15:45l'impunité policière
15:49Vanessa Codatouni
15:50vous avez étudié
15:51plusieurs procès
15:52pour violences policières
15:53et leur traitement judiciaire
15:55quels sont les points
15:57communs entre ces affaires
15:58et considérez-vous
16:00qu'il existe
16:00une impunité policière
16:01aujourd'hui
16:02dès lors qu'un policier
16:03est mis en cause
16:04dans une affaire
16:05de violences policières
16:06oui oui tout à fait
16:07l'impunité n'est pas
16:08qu'un mot
16:09l'impunité ce sont
16:10des faits
16:11ce sont des procès
16:11en réalité
16:12qui n'ont jamais lieu
16:13puisque ce qu'on observe
16:15quand on prend
16:16une perspective très longue
16:17sur l'histoire de France
16:18on s'aperçoit
16:19que les policiers
16:20qui tuent
16:20ou même les gendarmes
16:21qui tuent
16:22ne sont pas jugés
16:24c'est à dire
16:25déjà ils ne passent pas
16:26la barre de la criminalisation
16:27première
16:28les juges
16:29ne les inculpent pas
16:30pourquoi ?
16:32il y a plusieurs raisons
16:33à ça
16:33évidemment on peut parler
16:34du contexte politique
16:35les violences policières
16:37c'est un système
16:38c'est un système répressif
16:40mais qui s'ancre
16:41dans un système
16:41beaucoup plus large
16:42et les soutiens politiques
16:43le contexte politique
16:45les paroles haineuses
16:46des politiques
16:47peuvent aussi
16:48contribuer
16:49à augmenter
16:49les violences policières
16:50et surtout
16:52on voit bien
16:52que les politiques
16:53soutiennent les policiers
16:54on voit bien
16:54que les gouvernements
16:55les gouvernants
16:56soutiennent les policiers
16:57on le voit aujourd'hui
16:58avec notre ministre
16:59de l'intérieur
17:00ça c'est la première chose
17:01il y a un contexte politique
17:02il y a un soutien politique
17:03qui fait que
17:05mais il y a aussi
17:05des questions judiciaires
17:08pourquoi est-ce que
17:09les policiers
17:09sont impunis ?
17:11c'est parce qu'ils vont
17:12mobiliser une notion
17:13que vous connaissez tous
17:14et qui s'appelle
17:15la légitime défense
17:16dès qu'ils vont tuer
17:18un individu
17:19lors d'un contrôle de police
17:21par exemple
17:21ou lors d'un contrôle routier
17:24ils vont invoquer
17:24la légitime défense
17:25c'est à dire
17:26ils vont dire
17:27soit qu'ils étaient en danger
17:28soit que leurs collègues
17:29étaient en danger
17:30soit qu'ils protégeaient
17:31un passant
17:33une passante
17:34des personnes
17:35qui étaient là
17:35et c'est cette invocation
17:37de la légitime
17:38qui invalide
17:39complètement
17:40les capacités
17:41de résistance
17:41de solidarité
17:42de mobilisation
17:43des familles
17:43car face à la légitime défense
17:45il est très compliqué
17:45de montrer que le policier
17:47ne se défendait pas
17:48ou qu'il défendait autrui
17:51il faut dire par ailleurs
17:52que dans les affaires
17:52que j'ai étudiées
17:53on voit très bien
17:54que les policiers
17:54peuvent maquiller
17:56la scène
17:57ils peuvent maquiller
17:58la scène de crime
17:58ils peuvent organiser
18:00des complicités internes
18:01pour modifier
18:01ce récit policier
18:03de l'autoprotection
18:04de la légitime défense
18:06et donc en réalité
18:07les juges ont tendance
18:08à ne pas poursuivre
18:09les policiers
18:09et lorsque les policiers
18:11sont jugés
18:12ils sont soit
18:14acquittés
18:15soit condamnés
18:17très rarement
18:18à des peines
18:18avec sursis
18:19le seul cas
18:20il y a un cas historique
18:21où un policier
18:21dans les années 80
18:22a été condamné
18:23à de la prison ferme
18:24c'était deux ans
18:25mais c'était un multirécidiviste
18:28qui avait par deux fois
18:30tiré à bout portant
18:31sur des algériens
18:32et donc on voit bien
18:33qu'il y a une forme
18:33d'impunité
18:35le soutien politique
18:37le soutien de certains juges
18:38il faut dire
18:39la légitime défense
18:40et il y a un autre phénomène
18:42qui est très important
18:43de souligner
18:43et qu'on voit
18:44dans toutes les affaires
18:44de violences policières
18:46c'est la criminalisation
18:47des victimes
18:48pourquoi est-ce que
18:49les policiers sont impunis
18:50c'est parce qu'on va
18:51noircir
18:53le, la victime
18:54sa mémoire
18:55ses comportements
18:56ses discours
18:57on va dire que
18:58c'était un délinquant
18:59on va dire que
19:00c'était de la racaille
19:01on va dire que
19:01c'était un drogué
19:02on va dire que
19:03c'était quelqu'un
19:03qui avait commis
19:04de multiples infractions
19:05et donc
19:06ça va justifier
19:08la violence policière
19:10et que cette personne-là
19:11au moment où
19:12elle a été tuée
19:13elle ait fait quelque chose
19:14de répréhensible
19:15ou non
19:15si on peut montrer
19:17qu'elle avait
19:18une défaillance
19:18une déviance
19:19qu'elle avait commis
19:20des infractions
19:21qu'elle avait
19:21encore plus
19:22un casier judiciaire
19:23le policier
19:24va être légitimé
19:25dans les violences
19:26policières mortelles
19:27qu'il a commis
19:28et donc
19:29à l'impunité
19:30policière
19:31s'adjoint toujours
19:32une criminalisation
19:33post-mortem
19:35des victimes
19:36des violences policières
19:37et ça je crois
19:37que c'est très important
19:38et si on regarde
19:40l'histoire
19:40on voit que
19:41les mobilisations
19:41elles sont très difficiles
19:42à aboutir
19:43je prends un cas
19:44qui est exemplaire
19:44c'est celui de
19:45Mohamed Diab
19:46qui était un chauffeur
19:48poids lourd
19:48qui a été assassiné
19:50dans un commissariat
19:51à Versailles
19:52je crois
19:52par un brigadier
19:53il a été tué
19:54par une rafale
19:54de mitraillettes
19:56et le brigadier
19:57au moment où il a tué
19:58a dit
19:58je te tue
19:58sale race
19:59je te tue
20:00il a invoqué
20:01la légitime défense
20:02des dizaines d'années
20:04après
20:04malgré le combat
20:05de sa soeur
20:06Fatna
20:06malgré la mobilisation
20:08intellectuelle
20:08de Foucault
20:09de Sartre
20:09de Beauvoir
20:10ce policier
20:11ce brigadier
20:12n'a jamais été jugé
20:14voilà
20:15je sais pas si vous souhaitez
20:16ajouter
20:23si vous souhaitez ajouter
20:25quelque chose
20:25à Mata
20:26ou à ça
20:27oui
20:28pour mon frère
20:30ils n'ont pas évoqué
20:31la légitime défense
20:33ils ont dit
20:34qu'il l'avait déjà
20:35interpellé
20:36pour sa propre sécurité
20:38voilà
20:39dans le cabinet
20:40du juge
20:40et ensuite
20:42ils évoquent
20:43la résistance
20:45de la mine
20:45un homme
20:46non armé
20:47seul
20:48face à 8 policiers
20:49eux
20:49formés
20:50et armés
20:53sur un homme
20:54qui était face
20:54contre terre
20:55pendant 30 minutes
20:56ils se sont
20:58enfin
20:59ils disent avoir paniqué
21:00voilà
21:00avoir perdu le contrôle
21:02de la situation
21:02comment comprendre ça
21:04impossible
21:05et le magistrat
21:06lorsqu'il prononce
21:07le non-lieu
21:07dans le dossier
21:08de la mine
21:09le magistrat instructeur
21:10au bout de 7 ans
21:11d'instruction
21:12va évoquer
21:13que la mine
21:14en fait
21:15il est incapable
21:16de savoir
21:17quelle est la cause
21:17du décès de la mine
21:18parce que
21:19la première autopsie
21:21dit que c'est une overdose
21:22que la deuxième autopsie
21:23dit que c'est
21:24effectivement
21:24la technique
21:26du platage ventral
21:27qui l'a étouffé
21:29donc le magistrat
21:31en fait
21:31va rester dans
21:31un espèce de flou
21:32pour dire
21:34ok
21:34ne pouvant déterminer
21:35la cause précise
21:36du décès
21:37je prononce
21:38un non-lieu
21:38on va faire appel
21:41un an plus tard
21:42on va passer
21:42devant la chambre
21:43de l'instruction
21:43de Paris
21:44qui lui
21:45va confirmer
21:46aussi le non-lieu
21:48sachant
21:48je précise quand même
21:49que le magistrat
21:50instruit à décharge
21:52dans tous les dossiers
21:53qu'on a pu voir
21:55y compris celui
21:56de mon frère
21:57c'est à décharge
21:58et il n'y a pas
21:59de contradiction
22:00il n'y a pas non plus
22:01enfin voilà
22:02il n'instruit pas
22:03pour la vérité
22:04parce que la vérité
22:05ne l'intéresse pas
22:06la vérité elle est là
22:07elle est scientifique
22:08elle est incontestable
22:09et pourtant
22:10les magistrats
22:11prononcent des non-lieu
22:12systématiquement
22:12comme le disait Vanessa
22:14par égard pour l'uniforme
22:15parce qu'ils travaillent
22:16avec l'uniforme
22:17tout au long de l'année
22:17et donc voilà
22:18ils répugnent en fait
22:21à mettre des policiers
22:22en examen
22:22et encore moins
22:23à les condamner
22:25donc effectivement
22:26la légitime défense
22:27est une première chose
22:28derrière laquelle
22:29ils se cachent
22:29pour ne pas avoir
22:30à affronter
22:31à faire face
22:32à leurs responsabilités
22:33mais il n'y a pas que ça
22:34il y a juste
22:35la connivence
22:36des magistrats
22:37avec le corps policier
22:38qui fait qu'on a
22:39que des non-lieux
22:40il y a un refus
22:41d'admettre
22:42que des policiers
22:43puissent mentir
22:44alors que la preuve
22:44a été faite
22:45qu'ils ont fait
22:45des faux en écriture
22:47dans plusieurs dossiers
22:49en écriture publique
22:51les témoignages sont là
22:52les preuves scientifiques
22:53sont là
22:54donc en fait
22:54qu'est-ce qu'il faut apporter
22:55aujourd'hui
22:56je pose la question ouverte
22:57qu'est-ce qu'il faut apporter
22:58aujourd'hui
22:59aux magistrats français
23:00pour qu'enfin
23:01ils ouvrent des procès
23:02pour des violences policières
23:05parce que le droit commun
23:06visiblement
23:06le code pénal
23:07ne s'applique plus
23:08lorsqu'il s'agit de policiers
23:10donc si le système actuel
23:11ne fonctionne pas
23:13parce que
23:13quand les policiers
23:14sont des criminels
23:16et qu'on n'est pas
23:17dans le cadre
23:17de la légitime défense
23:19ça veut dire
23:19qu'il faut qu'on change
23:20le système
23:20ça veut dire
23:21qu'il faut
23:22un organe autonome
23:23et indépendant
23:24d'une part
23:25qui enquête
23:26à la place de l'IGPN
23:27et ensuite
23:28qu'il faut un autre tribunal
23:30pour juger ces policiers
23:32autrement
23:32ça continuera
23:33comme ça en fait
23:34parce que tout a été essayé
23:45moi ce que je voudrais rajouter
23:47c'est que
23:47effectivement
23:48on parle de la police
23:49on parle de l'état
23:50mais il y a aussi
23:51une grande remise en question
23:52de la part du peuple
23:54à avoir
23:55aux personnes
23:57qui sont autour
23:58et qui ne subissent pas
23:59les violences policières
23:59et qui sont spectateurs
24:00c'est qu'on ne peut pas
24:01rester spectateur
24:03des violences policières
24:04qu'on peut avoir
24:05ou des actes racistes
24:06qu'un voisin peut avoir
24:08ça veut dire que
24:09depuis trop longtemps
24:11un acte raciste
24:12tant qu'on ne dit pas
24:12qu'il y a du racisme
24:14quand j'écris le livre
24:15Lettre à Adama
24:16on me dit
24:16Assa Traoré
24:18le mot racisme
24:19ou raciste
24:19ne revient pas souvent
24:21je réponds
24:22mais je leur dis
24:22j'ai pas fait de thèse
24:23sur le racisme
24:25moi je vous parle
24:26de mon vécu
24:26et de mon histoire
24:27mais si après
24:28notre histoire
24:29mon histoire
24:29vous ne comprenez pas
24:30qu'Adama Traoré
24:31ou Lamin Deng
24:32sont morts
24:33parce qu'ils sont noirs
24:33parce qu'ils viennent
24:34des quartiers populaires
24:35c'est qu'il y a un problème
24:36c'est à dire que
24:37déjà vous-même
24:37il faut vous poser
24:39la question
24:39le peuple a toujours
24:41été divisé
24:41et s'indé en deux
24:42une partie oppressée
24:44une partie soulagée
24:45et en fait
24:46les autres faisaient
24:47comme s'ils ne voyaient rien
24:47ou comme s'ils n'entendaient pas
24:48ou comme s'ils ne voyaient pas
24:49et l'exemple que je prends
24:51très fréquemment souvent
24:52on peut aller à la boulangerie
24:53on peut être spectateur
24:54d'un acte raciste
24:55le boulanger n'a pas besoin
24:57de dire
24:57attention
24:58c'est un acte raciste
24:59vous devez réagir
25:00c'est à dire
25:00on doit réagir systématiquement
25:02tout le monde
25:03en fait on ne doit pas
25:04laisser passer
25:05une injustice
25:06une violence policière
25:07ou un acte raciste
25:08et faire comme si
25:09de rien n'était
25:09ça ne me concerne pas
25:11donc je passe
25:12le chemin
25:13ça veut dire qu'il faut
25:14parce qu'aujourd'hui
25:14on est dans un racisme
25:15qui est systémique
25:16la France ne veut pas
25:17entendre parler
25:18de racisme systémique
25:19il faut le dire
25:19la France
25:20nous sommes dans un racisme
25:21systémique
25:22qui a été construit
25:23sur ça
25:24la violence policière
25:24elle ne sort pas
25:25du jour au lendemain
25:25comme ça
25:26elle a été construite
25:28elle a été travaillée
25:29quand on écrit
25:30le deuxième livre
25:32Combat d'âme
25:33avec Geoffroy de la Gannerie
25:34on le présente
25:34comme un contre-manuel
25:35parce qu'en fait
25:36nous avons un état
25:37un état qui est en face de nous
25:38un état qui est un manuel
25:39un manuel qui va sortir
25:40à chaque fois
25:41qu'un de nos frères
25:42va mourir
25:43à chaque fois
25:43qu'un des personnes
25:44des quartiers populaires
25:45va mourir
25:46et en fait
25:47on aura des réponses
25:47dans ce manuel-là
25:48quand on parle
25:49de déshumanisation
25:50et de criminalisation
25:52en fait nos frères
25:52ne sont même pas vus
25:53comme des humains
25:53ils vont prendre ce manuel-là
25:55et ils vont dire
25:56voilà
25:56lui il est mort de cause cardiaque
25:57l'autre il est mort sous l'emprise
25:59de la drogue
26:00l'autre il est mort
26:02parce qu'il avait fumé
26:04l'autre il est mort
26:04parce qu'il avait
26:05une maladie exotique
26:06et en fait
26:07tout ça c'est construit
26:08c'est comme si
26:08ils avaient un manuel
26:09et en fait
26:10aujourd'hui
26:10ce que nous
26:10on est en train
26:11ce qu'on doit faire
26:12c'est de réécrire
26:13ce manuel-là
26:13et mettre notre manuel
26:15en face de nous
26:15et il y a un gros problème
26:17aussi avec la violence policière
26:19et de la façon
26:20dont elle est construite
26:21et qui est systémique
26:22où il faut qu'on arrive
26:24à dire les choses
26:27à sortir les choses
26:27c'est qu'en fait
26:28les violences policières
26:29aujourd'hui
26:30elles découlent directement
26:31de l'esclavagisme
26:32et du colonialisme
26:32ça la France
26:33ne veut pas l'entendre
26:34elle ne veut pas
26:35qu'on en parle
26:36mais c'est une réalité
26:36Adama Traoré
26:38quand il se fait contrôler
26:39parce qu'il n'a pas
26:39sa pièce d'identité
26:40la cour européenne
26:41a été condamnée
26:43pour le contrôle au faciès
26:44le contrôle au faciès
26:45quand on cherche
26:46dans l'histoire de la France
26:47quand on cherche
26:47dans l'historique
26:48Elsa Dornin
26:49elle écrit une partie
26:51dedans dans son livre
26:52le premier papier officiel
26:55et d'identité
26:55a été créé
26:56pour l'esclave noir
26:57quand un esclave noir
26:58sortait dans la rue
26:58on avait le droit
26:59d'abattre cet esclave noir
27:00parce qu'il n'avait pas
27:01ce document là
27:02le code noir de Colbert
27:03et en fait
27:04ça a été construit sur ça
27:06ça ne sort pas de nulle part
27:07et en fait
27:07quand on parle
27:08quand on dit
27:08contrôle au faciès
27:09en fait il ne faut pas
27:10juste dire contrôle au faciès
27:11il faut dire
27:12oui il y a contrôle au faciès
27:13mais en fait
27:13il y a un historique
27:14sur ce contrôle au faciès
27:15ce contrôle au faciès
27:16l'historique
27:16il vient de l'esclavage
27:17il vient de ces hommes noirs
27:19quand il sortait dans la rue
27:20et qu'il n'avait pas
27:21ce document officiel
27:21on avait le droit
27:22de les abattre
27:23de les tuer
27:23en toute impunité
27:24et on est en 2016
27:25on est en 2020
27:26on est en 2021
27:27ou dans les années 80
27:29en 90
27:29on continue
27:30à subir les contrôles au faciès
27:31et il faut savoir
27:32que majoritairement
27:33un contrôle au faciès
27:34il l'emmène systématiquement
27:35à la mort
27:35et quand on dit
27:36que nos combats
27:38quand on dit
27:38que les violences policières
27:39et les morts
27:40de nos frères
27:42découlent directement
27:43de l'esclavage
27:44et du colonialisme
27:44peut-être que
27:45ça peut être violent
27:46pour certains
27:46mais c'est une réalité
27:47ne serait-ce que
27:48le rapport au corps
27:49ils ont un rapport
27:50au corps noir
27:51ils ont un rapport
27:52au corps arabe
27:53ils ont un rapport
27:54au corps non blanc
27:55très violent
27:55qui a été entretenu
27:57depuis toujours
27:57très longtemps
27:58qui a été entretenu
28:01et qui a été construite
28:03et la police française
28:04a été construite
28:05sur ce système là
28:06quand on cherche
28:07bien dans l'histoire
28:07sauf que ça
28:08c'est une partie
28:09de l'histoire
28:09que la France
28:10ne va pas dire
28:10mais quand on parle
28:11de violences policières
28:12il faut faire un bond
28:15très loin
28:16sur l'esclavage
28:17les gens vont dire
28:18l'esclavage
28:18c'était une horreur
28:19et bien évidemment
28:19aujourd'hui
28:20ce qu'on subit
28:20c'est pas l'esclavage
28:21pur et dur
28:22mais c'est assez sur moi
28:23et ce sont des restes
28:24des restes que nous avons
28:25c'est comme si
28:26que nous vivions
28:26des non-dits
28:27aujourd'hui
28:28quand il y a un non-dit
28:29dans une famille
28:29on le prend
28:29en plein visage
28:32nous aujourd'hui
28:33ces non-dits là
28:33on les prend
28:33avec des armes
28:34on les prend
28:34dans le quartier populaire
28:35on se fait tuer
28:36quand nos frères
28:38meurent
28:38nos frères meurent
28:39parce qu'ils sont noirs
28:40nos frères meurent
28:41parce qu'ils viennent
28:42des quartiers
28:42parce qu'ils sont arabes
28:43parce qu'ils sont non-blancs
28:44nos frères meurent
28:45parce qu'ils ont été
28:46invisibilisés
28:46depuis trop longtemps
28:49dans la France
28:50parce qu'en fait
28:52si nos frères
28:52n'avaient pas été invisibilisés
28:54si nos frères
28:55avaient été considérés
28:56comme des êtres humains
28:58si nos frères
28:58avaient été considérés
28:59comme des hommes
29:00si nos frères
29:01avaient été considérés
29:01comme des personnes
29:02pouvant participer
29:03à la construction
29:04de ce monde
29:04si nos frères
29:05avaient été considérés
29:06comme pouvant participer
29:07à la construction
29:08de cette France, si nos frères avaient été considérés
29:11comme pouvant participer à la construction de leur propre vie
29:13comme vous qui êtes là ou comme d'autres personnes blanches
29:16qui vont sortir dans la rue, mon frère ne serait pas mort
29:18ce 19 juillet 2016, le jour de ses 24 ans, le jour de son anniversaire.
29:22Lamin Djang ne serait pas mort, Gaye Kamara ne serait pas mort,
29:25Bacar Gaye pareil.
29:26C'est-à-dire qu'il y a aussi une humanisation qu'il faut retravailler,
29:30qu'il faut refaire.
29:31Parce qu'en fait, on peut dénoncer les violences policières,
29:33on peut tout le travail qu'on va faire,
29:35mais il y a tout un travail que tout le monde doit faire
29:37et doit se poser la question, c'est quel regard on pose
29:41sur nos frères, quel regard on pose sur nos quartiers.
29:43Et ça, c'est un travail qu'on est en train de construire,
29:46c'est un travail qu'on est en train de faire
29:47et c'est un travail qu'on va faire ensemble.
29:48C'est pour ça que quand on parle de la marche du 2 juin ou du 13 juin,
29:51ce qui est fort et ce qui est beau, c'est qu'on ne dit pas
29:54les familles de victimes, on ne dit pas les quartiers populaires,
29:57on dit le peuple.
29:57Parce que là, c'est le peuple qui dit ce qui sort
29:59et même ceux qui ne la subissent pas, qui disent
30:02on va dénoncer ça parce qu'on ne veut pas être spectateur
30:04de ce qui peut arriver.
30:05Et il arrive malheureusement en novembre 2018 les gilets jaunes.
30:10Les gilets jaunes, c'est important d'en parler,
30:13c'est important de le rappeler, mais c'est important de dire
30:14qu'il ne faut pas faire la même erreur que le système français,
30:17il ne faut pas faire la même erreur que l'État français,
30:20c'est d'oublier l'historique et d'oublier l'histoire.
30:22Quand on parle des gilets jaunes en novembre 2018
30:24avec toutes les violences policières qui arrivent,
30:26quand on parle des gilets jaunes, il y a un historique avant,
30:28c'est historique, c'est dans les quartiers populaires.
30:30Nous, on n'a pas besoin d'aller dans la rue pour subir la violence,
30:33la violence, elle vient depuis des années.
30:35Et en fait, quand on rappelle l'effet,
30:37quand on rappelle l'effet historique,
30:38on comprend beaucoup mieux les choses
30:40et on peut mieux la travailler.
30:43Et aujourd'hui, quand nous, on demande la vérité et la justice,
30:47en fait, ce n'est pas normal,
30:47parce que comme ça a été construit sur du racisme systémique,
30:52comment se fait-il qu'une femme noire,
30:55Ramatadjeng ou Assa Traoré,
30:57ou une femme arabe se lève pour demander la vérité et la justice
30:59pour un frère, alors que ce frère n'est même pas considéré
31:02comme pouvant participer à la construction de cette France ?
31:04Donc pour eux, déjà, dans leur imaginaire,
31:07ce n'est même pas possible.
31:09Donc il y a tout un travail à faire.
31:11Et on ne peut pas vaincre les violences policières
31:14si de l'intérieur, les policiers même,
31:16les gendarmes même, n'ont pas fait un travail.
31:18En vérité, c'est facile de dire,
31:21oui, mais certains, effectivement,
31:22tous les policiers ne sont pas racistes
31:24ou tous les gendarmes ne sont pas racistes.
31:26Mais moi, j'ai envie de prendre l'exemple concret,
31:27qui est le mien.
31:28Quand Adama Traoré va mourir,
31:30Adama Traoré meurt dans une caserne de gendarmerie.
31:32Une caserne de gendarmerie,
31:33ils ne meurent pas dans un coin de rue
31:35avec trois ou quatre ou cinq policiers.
31:38Mais en fait, où sont ces policiers-là ?
31:40Aujourd'hui, on porte plainte contre trois policiers.
31:42Mais dans cette caserne de gendarmerie,
31:43il y avait plusieurs gendarmes.
31:45Où sont ces gendarmes ?
31:46Pour dénoncer le comportement de ces gendarmes-là.
31:49Et tant que ces gendarmes-là,
31:50tant que ces policiers-là
31:51ne sortiront pas pour dénoncer
31:53le comportement de leurs collègues,
31:56en fait, pour moi, c'est les mêmes.
31:57En fait, il ne faut pas nous dire
31:59un tel est raciste, un tel n'est pas raciste.
32:00Si tu veux qu'on te dise
32:01que tu n'es pas un policier raciste
32:02ou un gendarme raciste,
32:03tu viens, tu prends la parole
32:05et tu te dénonces et tu ne participes pas.
32:07Dans l'affaire de mon frère,
32:08on porte plainte contre une gendarme
32:09qui a fait un faux PV
32:11un jour après la mort de mon frère
32:12qui dit qu'Adama Traoré s'est rebellée
32:14alors qu'elle n'était même pas sur les lieux.
32:16Et ça, c'est un système qui est créé.
32:19C'est-à-dire que les violences policières,
32:20nous, on peut aller dans la rue,
32:20on peut se battre,
32:22on peut venir à la fête de l'Huma chaque année.
32:24Mais si à l'intérieur,
32:25ce n'est pas réformé,
32:25ce n'est pas cassé
32:26et qu'on change cette police-là,
32:28cette police qui est raciste,
32:29dans l'affaire de mon frère,
32:31les gendarmes,
32:32leur avocat, c'est Marine Le Pen.
32:33C'est l'avocat de Marine Le Pen.
32:34Donc ça en dit long sur leur état d'esprit,
32:36ça en dit long sur leur façon de penser.
32:38Ils ont des propos très racistes
32:40quand ils rentrent dans nos quartiers.
32:42Ils tutoient, ils crachent,
32:43ils violentent.
32:44Il n'y a pas de dialogue.
32:45Ils viennent avec des boucliers,
32:47ils viennent avec des masques.
32:48Donc il y a un rapport de force tout de suite
32:50et violent qui se met en place.
32:52Donc oui, il faut la...
32:53Ça veut dire qu'aujourd'hui,
32:54il y a la violence policière
32:55que les familles se battent,
32:57se battent pour arriver à une justice.
33:00Il y a aussi le peuple qui doit prendre...
33:03qui doit réagir,
33:04qui doit prendre conscience
33:05que ce peuple-là, vous,
33:06le peuple, ne peut pas assister
33:08et être spectateur de tout ça.
33:09Il y a aussi la police
33:10qui doit être réformée de l'intérieur,
33:12qu'il faut casser.
33:13Et en fait, si on arrive à avoir
33:14tous ces trois-là,
33:15on arrivera peut-être à quelque chose.
33:16Mais aujourd'hui, on a un point
33:17qui manque, on a le peuple,
33:19on a les familles,
33:19mais on a la police, en tout cas,
33:21aujourd'hui, qui va manifester,
33:23qui met les menottes à terre
33:25parce qu'elle ne veut pas
33:26que ces techniques d'immobilisation
33:28soient interdites.
33:29Et ça, ça représente vraiment la France.
33:41Et on a pu voir aussi
33:43que les colères de ces jeunes
33:44s'expriment en dehors
33:45des partis politiques traditionnels,
33:48des syndicats
33:48et même des organisations antiracistes,
33:51classiques, type SOS Racisme, etc.
33:54Comment vous l'expliquez aujourd'hui
33:55que ces jeunes répondent
33:57massivement présents
33:58à l'appel du comité Adama
34:01et que d'autres organisations
34:03comme SOS Racisme, par exemple,
34:05eux, n'y arrivent pas
34:06ou n'y arrivent plus ?
34:07Comment vous l'expliquez, ça ?
34:10Pour moi, on a été trop longtemps
34:12étouffés dans la voix
34:14de porte-parole.
34:14Par exemple, quand on dit
34:15à Sa Traoré,
34:16porte-parole des violences policières,
34:17je leur dis que je ne suis pas
34:17porte-parole des violences policières.
34:19Moi, je suis juste
34:21une famille de victimes
34:21et c'est important aussi
34:22de nous restituer, nous,
34:24en tant que famille de victimes.
34:25C'est nous qui avons subi
34:26cette violence-là,
34:28c'est nous qui perdons un frère
34:30et notre famille est victime.
34:31Notre famille est victime
34:32de ce système-là
34:33et c'est important de dire
34:34que nous sommes les victimes.
34:36C'est nous qui réclamons
34:37la vérité et la justice
34:38et bien évidemment,
34:39avec le nom de mon petit frère,
34:41tout ce qu'on pourra changer
34:42et faire, on le fera.
34:45Et cette jeunesse,
34:46quand elle vient dans la rue
34:48et qu'elle répond à l'appel,
34:50c'est une jeunesse
34:51qui se reconnaît en ce mouvement,
34:52c'est une jeunesse
34:53qui se reconnaît
34:54au mouvement Adama,
34:56c'est une jeunesse
34:56qu'on appelle
34:57la génération Adama.
34:58Et c'est aussi,
34:59on a fait 4 ans de travail,
35:01on allait dans les quartiers populaires,
35:03des fois,
35:03on faisait 3 villes
35:05sur 3 départements,
35:06on rentrait des fois,
35:06il était 1h du matin,
35:072h du matin,
35:08on restait super longtemps.
35:10C'est tout un travail aussi
35:11qui est fait.
35:12Et c'est de dire,
35:14en fait,
35:14il n'y a pas de porte-parole.
35:15En fait,
35:16on a trop longtemps étouffé
35:18dans des porte-parole
35:20qui ont étouffé nos voix,
35:21qui ont étouffé la voix du peuple,
35:23qui ont étouffé la voix des quartiers,
35:25qui ont étouffé la voix
35:25de ceux qui veulent s'exprimer
35:27parce que l'État
35:28va désigner un porte-parole
35:29mais ce porte-parole-là
35:30ne vient pas dans les quartiers,
35:32ce porte-parole-là
35:32ne vient pas auprès des familles,
35:34ce porte-parole-là
35:34ne sait même pas
35:36quelles souffrances
35:37on subit,
35:38ce porte-parole-là
35:39ne nous connaît même pas.
35:40Et en fait,
35:41on a un porte-parole
35:41qui va être désigné
35:42et qui va aller parler
35:44à notre place
35:44et en fait,
35:45non,
35:46aujourd'hui,
35:46personne ne parle à notre place.
35:47On prend la parole nous-mêmes,
35:49on s'exprime chacun
35:50et la voix de chaque personne
35:51est importante.
35:52En fait,
35:53l'idée,
35:53c'est de créer des porte-parole partout.
35:55Aujourd'hui,
35:55on est là à la fête de l'Huma,
35:56c'est de dire
35:57que la parole de chaque personne
35:58qui est ici,
35:58elle est aussi importante
36:00qu'une autre personne
36:01dans une ville
36:01et quand on arrive
36:02à créer plusieurs porte-parole,
36:04quand on sort dans la rue,
36:05on est beaucoup plus fort
36:05et chacun se sent important,
36:08se sent reconnu
36:09et ne se sent pas étouffé
36:11comme depuis des années,
36:13comme ça a été fait en France
36:14où on désigne un sort de porte-parole
36:16qu'on ne sait même pas,
36:17des fois,
36:17on ne connaît même pas son nom
36:18et lui,
36:19il va aller s'exprimer
36:20à notre place
36:20ou soi-disant défendre notre cause
36:22mais en vérité,
36:23il ne défend rien du tout
36:24parce qu'il ne nous connaît pas
36:25et quand cette jeunesse-là
36:27sort dans la rue,
36:28c'est une jeunesse aujourd'hui
36:28qui n'a plus peur,
36:30c'est une jeunesse
36:30qui va vers l'interdit.
36:32Quand on fait cette marche
36:33du 2 juin,
36:34il faut savoir
36:35qu'une heure avant,
36:37le préfet d'Allemand
36:37envoie la police à mon domicile
36:39pour venir m'arrêter.
36:40J'étais sortie
36:41même pas 15 minutes avant.
36:42Si j'avais été à mon domicile,
36:44je ne serais pas
36:45à la marche du 2 juin.
36:47Les policiers m'appellent,
36:48je leur dis,
36:49je suis devant le tribunal,
36:50venez me chercher là.
36:51Aujourd'hui,
36:52on n'a plus peur.
36:52En fait,
36:52il y a une limite
36:54qui a été franchie.
36:55En fait,
36:55c'est cette limite
36:56de l'interdit
36:57d'aller contre l'autorisation
36:59de sortir de cet espace public
37:01qui nous a été réservé,
37:02cet espace public
37:04qui a été formaté par eux
37:06et c'est-à-dire
37:06qu'aujourd'hui,
37:07on sort du cadre.
37:08Aujourd'hui,
37:08on va tous sur ce même
37:09terrain de foot-là
37:09et on va aller même
37:10sur le même terrain que vous
37:11et cet interdit-là,
37:12on n'a plus peur.
37:13Cette jeunesse-là
37:14n'a plus peur d'aller,
37:15n'a plus peur de s'exprimer
37:16et c'est une jeunesse
37:17qui n'a plus envie de se taire
37:18et aujourd'hui,
37:19ça y est,
37:20c'est une génération qui part
37:21et c'est une génération...
37:23C'est beau parce qu'en fait,
37:24on passe le relais.
37:25Ça veut dire qu'il y a
37:26un travail qui est fait.
37:27Aujourd'hui,
37:27si on est là,
37:28nous,
37:29c'est qu'il y a des anciens
37:30qui ont fait un travail énorme.
37:33Ramata Djang a rappelé
37:33le MIB,
37:34nous,
37:34dans la continuité du MIB,
37:35la continuité des familles
37:38de Vivolet
37:39et aujourd'hui,
37:39on passe au relais-là,
37:40cette génération
37:41qui aussi va évoluer
37:43mais c'est une génération,
37:44c'est une jeunesse
37:45qui vient de partout,
37:46qui vient aussi
37:46des quartiers
37:47qui ne subissent pas
37:48la violence policière
37:49où se sont reconnus,
37:50se disent,
37:50voilà,
37:51on ne peut pas
37:51rester spectateur.
37:52En fait,
37:52ils n'ont plus peur,
37:53ils n'ont plus peur
37:54d'aller vers cet interdit-là
37:55et quand on brave l'interdit,
37:57en fait,
37:58on dit,
37:58voilà,
37:59je l'ai fait
37:59et c'est surtout de dire
38:01qu'un pays sans justice
38:02est un pays
38:02qui appelle à la révolte.
38:03La révolte est un sentiment légitime,
38:05la révolte est un sentiment normal,
38:07la révolte est un sentiment
38:08qui a été exprimé,
38:10on va juste prendre
38:11la date mai 68,
38:12qui a été exprimé
38:13en France,
38:14qu'on nous apprend à l'école,
38:15aujourd'hui,
38:16en France,
38:16nous aujourd'hui,
38:17nous sommes révoltés,
38:18nous exprimons notre révolte
38:19dans la rue
38:20et nous continuerons
38:21à exprimer cette révolte
38:22et ça paye
38:23et bien évidemment,
38:24ça paye,
38:24ça paye parce que
38:27le lendemain,
38:28on a le président
38:28qui va parler,
38:29quelques jours après,
38:30il y a Castagnère
38:30qui va faire cette annonce
38:31et qui va reculer,
38:32on a la ministre Belloubet
38:34qui va tenter de nous inviter,
38:36au mois de juillet,
38:37nous avons dit
38:39à la conférence de presse
38:40que si les juges
38:41dans l'affaire Adama
38:42n'étaient pas récusés,
38:43nous appellerons
38:45à un nouveau rassemblement
38:45devant le tribunal
38:46et hier,
38:47la nouvelle,
38:47elle tombe,
38:47les trois juges
38:48partent du dossier,
38:50donc aujourd'hui,
38:51on est dans un...
38:52le peuple est plus fort,
38:53en fait,
38:53si on est organisé,
38:54si on y va ensemble
38:55et que chaque injustice,
38:57c'est pas de dire
38:58qu'on défend que
38:59la violence policière,
39:00c'est pour ça que moi,
39:01quand je dis
39:01convergence des luttes,
39:02chacun a son combat,
39:03chacun garde la nature
39:04de son combat,
39:05chacun défend son combat,
39:06mais par contre,
39:07on crée des solidarités
39:08ensemble,
39:09toi,
39:09je vais aller avec ton combat,
39:10ton combat sera aussi le mien,
39:12mais en créant juste
39:13une solidarité
39:14et on ira vaincre
39:15toutes ces injustices-là,
39:16toutes ces interdictions-là
39:17face à l'État,
39:18parce qu'en vérité,
39:19nous avons tous
39:20le même système oppresseur
39:21en face de nous,
39:22qui est l'État,
39:23cette machine de guerre,
39:24cette machine de guerre
39:25qui n'a ni sentiment,
39:26qui n'a ni remords,
39:27qui n'a ni état d'âme,
39:28et dès qu'elle se met en place,
39:29c'est une broyeuse,
39:30c'est une broyeuse
39:31qui se met en place
39:31et qui écrase tout
39:33devant elle,
39:34sauf qu'en face,
39:35cette machine,
39:35elle a créé des soldats.
39:36Aujourd'hui,
39:37nous sommes tous devenus,
39:38si vous êtes là aujourd'hui,
39:39c'est que vous êtes des soldats,
39:40devenus des soldats,
39:41malgré vous,
39:42si vous êtes là aujourd'hui,
39:43c'est qu'aujourd'hui,
39:44vous êtes,
39:45on ne va pas dire
39:46qu'on parle entre convaincus,
39:47mais si vous êtes là aujourd'hui,
39:48ça veut dire que vous êtes
39:49des soldats en vous,
39:51vous avez été des soldats,
39:52malgré vous,
39:53parce que vous êtes
39:53contre l'injustice sociale,
39:55contre l'injustice raciale,
39:56contre la violence policière,
39:58en fait,
39:58ils ont créé
39:59cette machine de guerre-là,
40:00qui est l'État,
40:01qui est le système,
40:02a créé des dizaines
40:03et des milliers
40:05de soldats,
40:06s'il faut continuer
40:07à aller dans la rue,
40:08on ira dans la rue,
40:09et on sera encore plus nombreux,
40:10encore plus organisés,
40:11et en fait,
40:12tant que cette machine de guerre
40:13ne tombera pas,
40:14on n'arrêtera pas,
40:15en fait,
40:15aujourd'hui,
40:16on ne demande que
40:19de vivre en paix,
40:20on ne demande juste
40:20à vivre tranquillement,
40:22on ne demande juste
40:22à ce que nos frères
40:23ne soient pas tués,
40:24on ne demande juste
40:24que la précarité soit finie,
40:26on ne demande juste
40:26que toutes formes d'injustice
40:29soient terminées,
40:30on a juste le même mot d'ordre,
40:31c'est de vivre
40:32dans une tranquillité,
40:33et aujourd'hui,
40:33on a un système oppresseur
40:35qui ne l'entend pas.
40:46On a pu voir
40:47que ces derniers temps,
40:48les questions sécuritaires
40:49ont été brusquement
40:51placées sur le devant
40:52de la scène,
40:54et des politiques sécuritaires
40:55s'accélèrent aussi,
40:57avec l'annonce faite jeudi
40:58par le ministre de l'Intérieur
41:00d'interdire la diffusion
41:01des images,
41:03des visages
41:04des policiers en opération.
41:05Je me tourne vers vous,
41:07en quoi cela représente-t-il
41:08selon vous
41:09des dangers
41:11pour les libertés ?
41:16En fait,
41:16c'est très important
41:17cette question-là
41:18parce que ça répond aussi
41:19à ce que disait Assa
41:21sur
41:22on ne peut pas rester
41:23que spectateur
41:24où il faut faire quelque chose,
41:25et en réalité,
41:26ce qu'on voit,
41:27c'est que l'impunité policière,
41:28elle commence à être
41:29un petit peu démolie,
41:30en tout cas dans certaines affaires,
41:31parce que des citoyennes
41:32et des citoyens
41:33ont filmé
41:34les violences policières.
41:36Et dans des cas
41:36où les policiers
41:37ont donné une version,
41:39je protégeais
41:40une telle personne,
41:41etc.,
41:42la personne m'a foncé dessus,
41:43les vidéos,
41:44les smartphones
41:45ont permis de démontrer
41:46que ce n'était pas vrai.
41:48Donc il y a tout un enjeu
41:50autour de la visibilisation
41:52des violences policières.
41:54C'est ce que les politiques
41:55de droite
41:56et d'extrême droite
41:57ont bien compris,
41:58et c'est la raison
41:59pour laquelle,
41:59depuis des années,
42:00ils essaient
42:01d'empêcher de filmer
42:04en notamment
42:05faisant voter des lois,
42:06en essayant de faire voter des lois
42:07en ce sens.
42:08Et cette proposition-là,
42:09elle s'inscrit dans ça,
42:10dans une lutte contre
42:11la visibilisation
42:12des violences policières.
42:13Et donc je crois
42:14que c'est un bel appel
42:15pour continuer
42:16à filmer les policiers.
42:26Oui, effectivement,
42:27et je pense que pour compléter,
42:29que ça va dans la direction
42:31aussi de nous empêcher
42:34de porter plainte
42:35contre les violences policières.
42:37C'est dans cette lignée-là.
42:39Parce que quand,
42:40avec la loi qui a été,
42:42comment dire,
42:44promulguée début 2018,
42:45ou plutôt au mois de mars,
42:47début mars 2018,
42:49que nous appelons
42:51le permis de tuer,
42:52qui est la loi 434.1,
42:54il me semble,
42:55et donc en fait
42:56qui élargit le cadre
42:57de la légitime défense,
42:59qui l'étend donc,
43:01il assouplit en fait,
43:03et permet donc aux policiers
43:04de faire usage
43:05de l'arme à feu.
43:06On a constaté
43:07qu'il y a eu
43:07une explosion justement
43:09des personnes tuées
43:10par arme à feu
43:11depuis cette loi.
43:13Et donc voilà,
43:15il y a également
43:15le cas de,
43:16je vais vous donner
43:17un autre cas,
43:17c'est celui
43:18d'Angelo Garand.
43:19Cette loi a permis
43:20justement
43:21de légitimer
43:23et de légaliser
43:24en fait
43:25la mise à mort
43:26d'Angelo Garand.
43:28Un jeune,
43:29enfin un homme
43:30de 37 ans,
43:31père de famille,
43:31qui a été tué
43:32dans une remise
43:33par le GIGN.
43:35Ils ont évoqué
43:36également
43:36la légitime défense
43:37alors qu'il n'était pas armé.
43:39Il n'avait pas de pistolet,
43:40il avait quoi ?
43:41Un couteau de table,
43:42une forme,
43:42si je ne dis pas de bêtises.
43:44Et donc voilà,
43:45ils ne pouvaient pas
43:46s'enfuir,
43:47ils ne pouvaient absolument
43:47rien faire
43:48et ils l'ont abattu
43:50lors d'un repas
43:51de famille,
43:52il y avait sa famille
43:52qui était juste à côté.
43:54Et donc depuis cette loi,
43:55en fait,
43:57c'est une logique,
43:58j'ai envie de vous dire,
43:59c'est de bonne guerre
44:00en même temps,
44:01c'est-à-dire que
44:02ils font tout,
44:03tout est mis en œuvre
44:05pour l'escalade
44:07sécuritaire.
44:08Ça veut dire quoi ?
44:09Qu'on ne pourra plus
44:09porter plainte contre les policiers,
44:11on ne pourra plus les filmer,
44:12donc on ne pourra plus
44:13documenter,
44:13on ne pourra plus
44:16comment dire,
44:17faire le recensement
44:17des victimes
44:18parce que ce recensement
44:19nous permet quoi ?
44:20De constater
44:21qu'il y a une répétition
44:22du crime
44:22sur plusieurs dizaines d'années
44:24et cette répétition du crime,
44:25c'est ce qu'on dénonce
44:27tous,
44:27c'est-à-dire que
44:28ça fait partie du système.
44:30Et donc l'impunité
44:32aussi fait partie du système.
44:35Donc voilà,
44:36je pense qu'effectivement
44:37il y a quelque chose
44:39à faire à ce niveau-là
44:40parce qu'il s'agit
44:41des libertés
44:42de chacun d'entre nous
44:43qui est en cause.
44:44Et si on ne réagit pas,
44:46évidemment,
44:47on en arrivera,
44:48enfin pour moi,
44:49ça sera une dictature.
44:49C'est très court.
44:58Déjà qu'on a des vidéos,
45:00même avec des vidéos,
45:01des scènes qui sont filmées,
45:03c'est très compliqué.
45:04Ils arrivent toujours
45:07à mentir,
45:08à interpréter la vidéo
45:10de leur façon
45:10quand on peut prendre
45:11l'affaire Théo
45:12que celle que tout le monde
45:13a suivie.
45:13Quand on voit l'affaire Théo
45:14et qu'en fait,
45:15ce sont eux
45:16qui sortent la vidéo
45:16en premier
45:17et qu'elle est interprétée
45:19par leur façon
45:20et avec des écrits,
45:22en fait,
45:22ils nous font croire
45:23que dans cette vidéo-là,
45:25que c'est Théo
45:25qui vient,
45:26qui cherche la violence
45:27alors qu'on voit
45:28dans la vidéo.
45:29Mais il y a une interprétation
45:30qui est faite dans la vidéo,
45:30c'est-à-dire que même
45:31avec des vidéos,
45:32c'est tellement compliqué.
45:33C'est-à-dire que sans vidéo,
45:34là, on tombe,
45:35on va refaire
45:37dix pas en arrière
45:39et on va interdire
45:40les vidéos.
45:40Il faut savoir
45:41qu'ils interditent
45:43même la liberté d'expression
45:44parce qu'ils le font
45:45très sournoisement.
45:46Mais dès qu'on dit
45:47quelque chose,
45:48on nous attaque
45:48pour diffamation.
45:49Moi, par exemple,
45:50aujourd'hui,
45:50j'ai quatre plaintes
45:52dont une mise en examen
45:53parce que j'ai dit
45:53à Dama Traoré,
45:54les gendarmes t'ont tué,
45:55ils ne tueront pas ton nom.
45:56Et je suis mise en examen
45:57pour ça.
45:58J'ai été convoquée
45:58au tribunal de Paris
45:59par les policiers
46:00en me disant
46:01qu'il faut retirer les noms.
46:02Je leur ai dit
46:02que je ne retire pas les noms.
46:03On m'a dit
46:03que vous serez mise en examen.
46:04Donc, il y a une oppression
46:06qui est faite
46:06même dans la liberté d'expression
46:09parce qu'en vérité,
46:10on n'a pas le droit
46:11de dire ce qu'on veut.
46:11On n'a pas le droit
46:12de s'exprimer comme on veut.
46:13Donc, on ne peut plus filmer.
46:15Après, il y aura une loi
46:16où on va dire
46:16vous n'avez même plus le droit
46:17de parler
46:17et après, on va nous dire
46:20vous n'avez même plus le droit
46:21d'aller manifester.
46:22Donc, ça veut dire
46:22qu'au-delà d'interdire
46:24de filmer,
46:25en fait,
46:26ils n'interdissent pas
46:27que de filmer.
46:28Ça veut dire
46:28qu'ils interdisent tout.
46:29Ils interdisent déjà
46:30la liberté de circuler,
46:32d'être là
46:33et la liberté,
46:34en tout cas,
46:34de s'exprimer.
46:36Donc, on va tout interdire.
46:37Donc, ça veut dire
46:37que demain,
46:38s'il y a un rassemblement
46:39sur ça,
46:39il faut que tout le monde sorte.
46:41Parce que la prochaine étape,
46:42c'est interdiction
46:43de regarder
46:43ce qu'a fait la police
46:45dans l'espace public.
46:47Très rapidement.
46:48Quelle suite
46:49vous comptez donner
46:50à ces mobilisations,
46:51donc celle du 2,
46:52celle du 13,
46:52également celle du mois de juillet.
46:54Quelle suite
46:55comptez-vous donner
46:56à ces mobilisations
46:56pour qu'elles continuent
46:57de grossir
46:58et de dénoncer
46:59ces violences-là ?
47:00Très rapidement.
47:01Alors, déjà,
47:02c'est très important
47:02de répondre à l'appel
47:04de toutes les familles
47:05qui vont manifester.
47:07qui demandent la vérité
47:08et la justice.
47:09En fait,
47:09il faut être nombreux
47:10à chaque fois.
47:11La prochaine date
47:12qui arrive,
47:12c'est le 19 septembre,
47:15la marche de Sabri,
47:16Sabri qui est mort
47:16à Argenteuil.
47:18Il fait partie
47:18d'un des dernières dates
47:19où c'est une percussion
47:21avec une altercation
47:23en moto
47:24et en voiture
47:25avec la BAC
47:25et qui va mourir.
47:27C'est de dire,
47:27c'est de ne pas relâcher
47:28en tout cas la mobilisation
47:30et à chaque fois
47:32qu'une famille
47:34fait un appel,
47:35c'est de sortir
47:36encore plus nombreux
47:38parce qu'on a tous
47:39le même mot d'ordre,
47:40on a tous
47:40les mêmes revendications,
47:41c'est de demander
47:42la vérité
47:43et la justice
47:44parce qu'un de nos frères
47:45est mort.
47:46Et c'est de dire
47:46que ce combat-là,
47:47on ne lâchera pas.
47:48En fait,
47:48la rue,
47:49aujourd'hui,
47:49la rue nous appartient.
47:50C'est-à-dire,
47:51aujourd'hui,
47:51nous n'avons plus peur
47:52de l'interdit.
47:52si on doit ressortir
47:54pour aller manifester,
47:57pour redemander
47:58la vérité
47:58et la justice
47:59et faire un appel
48:01en nombre,
48:01on retournera.
48:02C'est-à-dire,
48:03il y a eu le 2 juin,
48:04il y a eu le 13 juin,
48:05il y a eu le 18 juillet,
48:08il y aura le 19 septembre
48:09avec Sabri.
48:10C'est-à-dire que la mobilisation
48:11ne s'arrête pas là.
48:12On continue.
48:13Hier,
48:15ça a porté ses fruits.
48:17On a trois juges
48:18qui sont dessaisis de l'affaire
48:20et trois nouveaux juges
48:21qui vont arriver.
48:22On a 17 investigations
48:23juste après ces marchés-là
48:24dans l'affaire Adama
48:25qui arrive.
48:26On a les vidéos
48:27de Cédric Chouvia
48:28qui vont sortir.
48:29On a la vidéo
48:30d'Amadou Koumé
48:31qui va sortir.
48:32Mais c'est tout un travail.
48:33Ça veut dire qu'à chaque fois
48:34qu'on va donner quelque chose
48:35pour une famille,
48:36en fait,
48:36c'est tout le travail
48:37qui a été mené,
48:38même si c'est le comité Adama
48:39qui fait l'appel.
48:40Il y a toujours une répercussion
48:41sur les familles,
48:44sur leurs demandes
48:45et leurs revendications.
48:46Aujourd'hui,
48:46on est dans une guerre d'expertise
48:47avec le comité Adama.
48:49La France est tellement incompétente
48:50que l'expertise
48:51de l'affaire Adama
48:51va à l'étranger
48:53et arrive en Belgique.
48:54Aujourd'hui,
48:55nous attendons de pied ferme
48:56cette expertise
48:56et on répondra
48:58en conséquence
49:00de ces expertises-là.
49:01Nous avons demandé
49:0117 investigations.
49:03Nous répondrons
49:03en conséquence aussi
49:05sur ces 17 investigations-là.
49:07Et c'est de dire
49:08qu'il faut continuer
49:09à défendre toute forme
49:10d'injustice.
49:10Dès qu'une injustice
49:12est dénoncée,
49:13on va dans la rue,
49:14on y va.
49:14Et c'est surtout
49:15de continuer à relayer,
49:16de continuer à dénoncer
49:18dans le monde entier.
49:19Et c'est surtout de dire,
49:20je vais finir sur ça,
49:21qu'en fait,
49:21ça ne devrait même pas
49:23faire débat
49:23dans un pays
49:24qui se dit démocratique,
49:25dans un pays
49:26qui se dit liberté,
49:27égalité, fraternité.
49:28Ça ne devrait pas
49:29faire débat.
49:29Aujourd'hui,
49:30nous sommes en France
49:31où il faut faire attention,
49:32c'est que la peine de mort
49:32ne soit pas rétablie.
49:34Aujourd'hui,
49:34quand un de nos frères
49:35ou quand quelqu'un
49:36ou quand un gilet jaune
49:37va dans la rue,
49:38on va sortir à un casier,
49:39on va le criminaliser,
49:40on va justifier
49:41l'acte du policier
49:42et il ne faut pas
49:43rétablir la peine de mort
49:44en France.
49:45Donc, oui,
49:46on va continuer
49:46nos mobilisations
49:47et la rue,
49:48on reprendra la rue.
49:50Aujourd'hui,
49:50le peuple français
49:51a décidé de ne plus se taire.
49:53La jeunesse n'a plus peur,
49:54cette génération-là,
49:55aujourd'hui,
49:55va dans la rue.
49:56S'il faut retourner dans la rue,
49:57on y retournera.
50:08Le débat,
50:09la discussion arrive déjà
50:10à sa fin.
50:11Merci beaucoup
50:12aux intervenantes,
50:13à Assa Traoré,
50:15à Ramata Jiang
50:16et à Vanessa Kodachouni.
50:17Merci beaucoup
50:18et à une très belle fête
50:19à tout le monde encore.
50:21Merci.
50:21Juste,
50:21on a oublié de rajouter,
50:23juste pour les dates,
50:24parce qu'on a,
50:25voilà,
50:25de toute façon,
50:26toutes les dates sont mises,
50:27on partage,
50:28Vivolet partage
50:29pour les autres familles,
50:30le comité Adama partage aussi
50:31pour toutes les autres familles.
50:32Donc comme on a dit,
50:33le 19 septembre,
50:34il y a la marche de Sabri
50:34à Argenteuil.
50:35Le 6,
50:36il y a le rassemblement
50:38devant le tribunal
50:38de la cour d'appel
50:40pour Gaï Camara.
50:41Il faut rappeler
50:41que Gaï Camara
50:43a été tué il y a deux ans
50:44d'une balle dans la tête
50:45alors qu'il était dans la voiture.
50:46Il prend une balle dans la tête,
50:48il va mourir.
50:50La justice veut donner un non-lieu.
50:52Donc c'est important
50:52d'aller devant cette cour d'appel
50:54parce que si on accepte
50:55le non-lieu de Gaï Camara,
50:56on accepte des non-lieux
50:57pour les autres affaires.
50:58Donc il faut aller.
50:59Il y a aussi la marche
51:00d'Ibrahim Abba
51:02qui sera à Sarcelles
51:03qui se tiendra le 10 octobre
51:05où aujourd'hui
51:06la famille réclame
51:07des vidéos
51:09de la percussion,
51:10de la moto
51:10et des vidéos
51:11que la famille n'arrive pas à voir.
51:13Donc c'est important
51:14d'être là à chaque fois
51:15et d'être très nombreux.
51:17Il y a beaucoup de rendez-vous,
51:18Ramata,
51:18tu veux rappeler
51:19quelque chose rapidement ?
51:20Oui, je voulais juste
51:21au cas où vous ne connaîtriez pas
51:24cet ouvrage
51:24qui s'appelle
51:25« Sans portrait contre l'état policier ».
51:28Ça illustre parfaitement
51:29nos propos
51:30et ça vous donne
51:31comment dire
51:33un état des lieux.
51:35Donc je vous recommande
51:36également
51:36de vous rendre
51:37sur le site
51:38de Basta
51:39qui a fait
51:40un travail extraordinaire
51:42non seulement
51:42de recensement
51:43à partir de mai 68
51:45le travail de Maurice Rachfuss
51:47parce que Maurice Rachfuss
51:48qui est décédé récemment
51:50était le seul
51:51à faire le recensement
51:52des victimes
51:52de violences policières
51:53depuis mai 68
51:54et n'a pas arrêté
51:55jusqu'à son dernier jour.
51:58Donc Basta Mag
51:58est partie
51:59de ce travail
51:59de recensement
52:00et a également édité
52:02les suites judiciaires
52:04à savoir
52:05que 67%
52:06des cas
52:07qu'ils ont recensés
52:08n'ont pas fait
52:09l'objet
52:09d'une ouverture
52:10de procès
52:11et quand ça arrive
52:12en procès
52:12c'est des peines
52:13avec sursis.
52:16Hier
52:17j'étais
52:18à un événement
52:21similaire
52:22où quelqu'un
52:24disait
52:24que nous avions
52:25moins de droits
52:26que des animaux
52:27ou que nous étions
52:28traités comme des animaux
52:29c'est plutôt ça
52:30et en fait
52:31je ne sais pas
52:32si parmi vous
52:33vous avez vu ça
52:35un jeune homme
52:36avait filmé
52:37avait torturé
52:38un chat
52:38il l'a jeté
52:39contre un mur
52:40il a filmé ça
52:40il l'a publié
52:41sur internet
52:42ce jeune homme
52:44a été retrouvé
52:44et présenté
52:46devant la justice
52:46il a rendu des comptes
52:48comment pouvez-vous
52:50comprendre
52:51ou justifier
52:52que des familles
52:5515 en moyenne
52:56chaque année
52:57recensées
52:57par
52:58la CATE
53:00l'association chrétienne
53:01pour l'abolition
53:02de la torture
53:02dénoncées également
53:04par Amnesty International
53:05dans plusieurs rapports
53:08et enfin
53:09par le défenseur
53:10des droits
53:10Jacques Toubon
53:11qui explique
53:12que quand on a
53:13un profil
53:13noir et arabe
53:15on a 20 fois plus
53:16de risque
53:16de se faire contrôler
53:17par la police
53:19donc comment peut-on
53:20expliquer
53:20que nous soyons
53:22obligés
53:23de manifester
53:24dans la rue
53:24pour demander
53:25l'application
53:26du code pénal
53:29comment se fait-il
53:31que nous soyons
53:31obligés
53:32de démontrer
53:33nous
53:34les victimes
53:35que la police
53:36a menti
53:37et il n'y a pas
53:38de sanctions
53:38derrière
53:39ni sanctions disciplinaires
53:40ni sanctions pénales
53:41donc en fait
53:42à chaque fois
53:45c'est comme
53:46s'ils étaient
53:46récompensés
53:47parce qu'ils sont
53:47promus
53:48pendant que l'instruction
53:49est en cours
53:51et etc
53:51etc
53:53donc ils mènent
53:53une vie normale
53:54ils ne perdent pas
53:55une minute de salaire
53:57donc en fait
53:58encore une fois
53:59je pose la question
54:00comme le disait Assa
54:01là c'est à la société
54:02de répondre
54:04est-ce que c'est ça
54:04que nous voulons
54:05léguer comme société
54:06déjà
54:06léguer à nos enfants
54:07non
54:08je ne tiens pas
54:09à ce que demain
54:10ce soit mon fils
54:11qui soit tué
54:11comme mon frère
54:12a pu être tué
54:13la dimension raciste
54:15des violences policières
54:16on ne peut pas
54:16non plus l'exclure
54:17pourquoi
54:18parce que quand on regarde
54:19la liste des victimes
54:20on s'aperçoit que
54:21plus de 90% d'entre elles
54:23sont noires
54:24ou arabes
54:27on va devoir s'arrêter
54:28je suis vraiment désolée
54:29juste
54:30j'ai oublié
54:31vraiment
54:32j'ai donné
54:36plusieurs dates
54:37mais j'ai oublié
54:37de donner la date
54:38on a un procès
54:38c'est le 15 octobre
54:40c'est à Bobigny
54:41on porte plainte
54:41contre le policier
54:42qui a dit
54:43Adama violeur
54:44donc on porte plainte
54:45pour diffamation
54:46et injure
54:47et aujourd'hui
54:48nous sommes à 8 plaintes
54:49toutes les personnes
54:49qui diffameront
54:50Adama Traoré
54:51ou n'importe quelle
54:52famille de victimes
54:53aujourd'hui
54:54on a créé une histoire
54:55dans une histoire
54:55c'est vieux comme le monde
54:56pour tuer l'affaire
54:57Adama Traoré
54:58ce policier
54:59c'est énorme
55:02ce policier
55:02va se présenter
55:03en correctionnel
55:05on porte plainte
55:05contre lui
55:06la famille Traoré
55:06porte plainte
55:07contre ce policier
55:08le procès aura lieu
55:09le 15 octobre
55:10pour diffamation
55:11et injure
55:13nous avons aussi
55:13des t-shirts
55:14pour finir
55:14et des livres
55:16qui sont derrière vous
55:18et on encourage
55:19tout le monde
55:19à porter plainte
55:20systématiquement
55:21lorsqu'il y a
55:22violence policière
55:23à témoigner
55:24lorsqu'il y a
55:24violence policière
55:25et à filmer
55:27en masse
55:28il faut inonder
55:28les tribunaux
55:29d'autres plaintes
55:31merci
55:31merci beaucoup