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  • il y a 1 jour
Le fret ferroviaire est au cœur des enjeux environnementaux, économiques et sociaux du territoire national et des régions. Les choix stratégiques à venir seront déterminants pour (re)développer un outil industriel performant. Un débat sur la pertinence des modèles de relance du fret à travers le regard des acteurs de ce défi sociétal : Cheminots, Entreprise, Gouvernement.

💬 Avec Laurent BRUN, Secrétaire général de la fédération CGT des Cheminots, Jean Pierre Farandou, Président de la SNCF, Jean Batiste Djebbari, Ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports, Pierre Garzon, Maire PCF de Villejuif.

Animé par Marion D’Allard, journaliste à l’Humanité, et Sébastien Crépel, co-directeur de la rédaction de l’Humanité.

📍Débat du lundi 7 septembre 2020 à la CGT dans le cadre de la Fête de l'Humanité 2020.

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Transcription
00:00:00Bonjour à tous, merci à nos invités d'avoir répondu présent à ce débat sur l'avenir du transport ferroviaire.
00:00:08Avec Marion Dallard qui est journaliste en charge du dossier des transports à l'humanité,
00:00:13nous allons animer cet échange dans le cadre de cette fête de l'humanité un peu particulière.
00:00:18Alors nos invités sont tous engagés à différents niveaux sur le dossier du transport ferroviaire
00:00:24et nous avons choisi de nous focaliser aujourd'hui sur le fret, son actualité, son avenir.
00:00:30A la croisée des enjeux économiques et environnementaux, le transport de marchandises par le rail est un outil d'avenir
00:00:37capable de diminuer notre impact carbone et de répondre aux besoins des entreprises et des consommateurs.
00:00:44Pourtant depuis des décennies, malgré des plans de relance successifs nombreux, le fret ferroviaire décline inexorablement.
00:00:52En dépit d'objectifs ambitieux, la route gagne chaque année du terrain sur le rail.
00:00:58Pour que chacun puisse se faire une idée, on va vous donner quelques chiffres.
00:01:02En 2017, des marchandises étaient transportées par fret SNCF.
00:01:07Aujourd'hui, sur 9,5% au total, l'opérateur public n'en convoie plus que 5%.
00:01:13La crise sanitaire que nous vivons a non seulement révélé durant le confinement la nécessité d'un transport de marchandises
00:01:21efficient,
00:01:21mais elle a aussi renforcé l'impératif de lutter contre le réchauffement climatique.
00:01:27C'est dans ce contexte que la question du fret ferroviaire est revenue au centre du débat public,
00:01:32avec la promesse du président Macron le 14 juillet, je cite, de redévelopper massivement le fret ferroviaire.
00:01:38Alors pour en discuter aujourd'hui, nous sommes heureux d'accueillir Jean-Baptiste Djebari, ministre délégué au transport.
00:01:45Bonjour, monsieur le ministre. Bonjour à vous.
00:01:48Jean-Pierre... Non, pardon, Laurent Brun, qui est de l'autre côté, en face.
00:01:52Laurent Brun, secrétaire général des cheminots CGT. Bonjour.
00:01:56Bonjour, Laurent Brun. Je reviens de l'autre côté de la table, donc, Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF.
00:02:03Bonjour. Bonjour, monsieur le président.
00:02:05Et puis Pierre Garzon, maire de Villejuif et vice-président à l'aménagement au transport et au déplacement du conseil
00:02:12départemental du Val-de-Marne.
00:02:13Bonjour, monsieur le maire. Et bonjour, monsieur le vice-président.
00:02:16Bonjour.
00:02:17Alors, première question pour monsieur le ministre. Je me tourne vers vous.
00:02:21Le contexte de la crise sanitaire invite à poser un regard neuf sur la question du transport des marchandises.
00:02:26En particulier, votre gouvernement adopte une posture volontariste, on peut dire, dans ce domaine, au moins dans les mots, car
00:02:33pour les actes, on verra, il faut attendre encore.
00:02:36Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement alors qu'à peine quelques mois avant la crise du coronavirus, le
00:02:42gouvernement d'Edouard Philippe,
00:02:43dont vous étiez déjà le ministre chargé des Transports, avait décidé la fermeture de la liaison dite du train des
00:02:50primeurs Perpignan-Ringis.
00:02:52Aujourd'hui, Jean Castex annonce sa réouverture prochaine. Mais que faut-il croire alors ? Et surtout, finalement, j'ai
00:02:58envie de vous demander, de quelle politique êtes-vous le ministre ?
00:03:02Bon, du coup, je vais faire en sorte de ne pas commencer par une polémique, parce qu'on pourrait revenir
00:03:06sur ce que vous avez dit sur le train Perpignan-Ringis,
00:03:07pour rappeler que nous avions reconstruit une offre temporaire qui devait débuter en décembre, qui n'a pas pu débuter
00:03:12pour des raisons que vous pouvez anticiper, ou en tout cas appréhender.
00:03:16Et le sujet aujourd'hui est devenu autre, c'est que nous devons trouver une solution pérenne pour Perpignan-Ringis,
00:03:22mais j'y reviendrai.
00:03:23Peut-être que si on essaie de se replacer sur les raisons du déclin du fret depuis 20 ans, 25
00:03:28ans, vous avez rappelé des chiffres qui sont intéressants,
00:03:30on peut se dire deux, trois choses. D'abord, effectivement, il y a eu une internationalisation des échanges,
00:03:35avec une concurrence de la route, une concurrence du maritime, qui s'est imposée, avec des politiques fiscales qui ont
00:03:41été décidées pour la route,
00:03:42et qui ont renchéri beaucoup le coût pour le ferroviaire. Et vous parlez du Perpignan-Ringis, quand on regarde aujourd
00:03:48'hui le prix d'un conteneur pour un chargeur,
00:03:51pour un client, il est aujourd'hui 30% plus cher par le train que par la route, ce qui
00:03:55est de fait un des avantages qui, si on ne subventionne pas davantage,
00:03:59le train, évidemment, est une entrave au développement ou à la régénération des frais de ferroviaire.
00:04:05Ensuite, notre pays s'est désindustrialisé. Et on avait énormément de frais de ferroviaire qui passaient des matériaux lourds,
00:04:11et on pourrait reprendre les chiffres des industrialisations depuis les années 2000. Ils sont assez éloquents.
00:04:17Et ça a expliqué la part du transport des marchandises par le rail, qui a beaucoup baissé dans les proportions
00:04:23que vous avez rappelées.
00:04:24Et puis, il y a eu ensuite la libéralisation du fret, on va dire les années 2004-2007, qui s
00:04:32'est traduit par une baisse de la part de marché de fret SNCF
00:04:36et par une baisse simultanée, si je puis dire, de la base de la part modèle du fret ferroviaire.
00:04:42Et tout ça, effectivement, sur fond de vétusté du réseau, sur fond peut-être d'une inadaptation de la capacité
00:04:50des opérateurs ferroviaires
00:04:51à capter des clients, des nouveaux clients, à les maintenir.
00:04:53Ça s'est traduit effectivement par un lent déclin du fret, qu'il fallait arrêter.
00:04:58Moi, vous avez raison, j'essaie d'être quelqu'un d'acte, qui pose des actes et des actes ciblés,
00:05:05qui j'espère vont donner une dynamique positive.
00:05:08Nous avons choisi de faire deux choses immédiatement.
00:05:11D'abord, baisser le niveau des péages du fret, parce que vous l'avez dit,
00:05:15pendant la crise, les opérateurs ont fonctionné, se sont engagés.
00:05:19On les a appelés les premiers de corvée, on les qualifie comme on veut, mais on n'a jamais eu
00:05:22quasiment moins de 65% du trafic fret qui est passé.
00:05:26On a eu du trafic fret, autrement dit, qui est passé en très grande majorité,
00:05:29et qui a permis d'alimenter les supermarchés, l'activité économique,
00:05:32et qui a fait en sorte que le pays tienne notamment, c'est vrai des routiers,
00:05:36mais ça a été notamment très vrai, des transporteurs ferroviaires.
00:05:40Donc nous avons choisi d'aider massivement les opérateurs de fret, tous les opérateurs, dont fret SNCF.
00:05:45Nous avons un grand sujet, qui est le sujet de la vétusté du réseau.
00:05:48Nous avons des investissements qui sont massifs et qui continuent.
00:05:51Et puis nous allons relancer, parce que je crois beaucoup au fait qu'il faut démontrer sur des axes
00:05:55que notre politique s'applique avec des résultats tangibles.
00:05:58Nous allons relancer trois axes, dont l'axe Perpignan-Ringis,
00:06:02que nous allons étendre au sud, à Barcelone, et au nord, vers les ports d'Anvers et de Dunkerque,
00:06:08parce que nous pensons qu'il y a évidemment sur ces flux un nombre de marchandises importants à capter,
00:06:12et que nous voulons favoriser évidemment le transport par le rail,
00:06:17en rappelant qu'une autoroute ferroviaire, c'est l'équivalent en moyenne de 20 000 poids lourds
00:06:22qui passeraient de la route au rail, si on raisonne comme ça, de façon un peu moyennée.
00:06:27Et puis, enfin, nous avons choisi, mais ça c'est aussi le fruit des discussions
00:06:31que nous avons pu avoir avec les syndicats et les acteurs du secteur,
00:06:34de renforcer la subvention à des secteurs qui sont stratégiques,
00:06:37mais qui aujourd'hui, effectivement, ne sont pas concurrentiels par rapport à d'autres modes de transport.
00:06:41C'est le cas de ce qu'on appelle le transport combiné,
00:06:43mettre un conteneur du camion sur le train,
00:06:47et c'est le cas du wagon isolé,
00:06:49qui a longtemps été, on peut le dire, le parent pauvre du fret ferroviaire en France.
00:06:54Et nous avons choisi, on pourra voir ce débat entre nous,
00:06:57nous avons choisi de le subventionner plus fortement,
00:06:59une action au niveau français, mais aussi au niveau européen,
00:07:01parce que ce que je dis là, globalement, tous les pays européens,
00:07:05et notamment les Allemands, rencontrent un certain nombre de difficultés similaires.
00:07:08Je serai ce soir à Hambourg avec mon homologue allemand
00:07:11pour parler notamment de ce sujet-là.
00:07:13Et le fret ferroviaire, et je finis là-dessus,
00:07:15est une des quatre grandes priorités européennes
00:07:16qui se traduira notamment financièrement dans le Green Deal européen
00:07:19qui est en train d'être construit.
00:07:22Merci, monsieur le ministre.
00:07:24Jean-Pierre Farandou, fret SNCF,
00:07:28qui évolue désormais, on l'a dit, depuis 2006 dans un environnement.
00:07:31J'ai dit, seul opérateur de fret ferroviaire en France ne l'est plus.
00:07:35Quel est l'état de cette activité au sein même du groupe SNCF,
00:07:39à l'heure où la rentabilité n'est plus assurée,
00:07:41et que fret SNCF est devenu, à la faveur de la réforme de 2018,
00:07:46une société anonyme qui n'est donc pas à l'abri de la faillite ?
00:07:50Exactement. D'abord, ce que je veux dire,
00:07:51je sais qu'il y a de nombreux cheminots qui nous regardent,
00:07:53il faut être clair, c'est que le fret ferroviaire,
00:07:55transporter les marchandises dans des trains,
00:07:57fait partie des missions fondamentales de la SNCF.
00:08:00Ça a toujours été vrai, ça a été très vrai à une certaine époque.
00:08:02Monsieur le ministre l'a rappelé, les années 70,
00:08:04l'activité principale de l'entreprise SNCF,
00:08:07c'était de transporter les marchandises.
00:08:08Bon, après, il y a eu la révolution de TGV, le TER, etc.
00:08:11Certes, aujourd'hui, l'activité est réduite, c'est un fait,
00:08:14mais c'est au cœur des missions de la SNCF pour deux raisons.
00:08:17D'abord, l'émission d'intérêt général.
00:08:19On n'est pas une entreprise comme une autre.
00:08:21Nous sommes une entreprise publique,
00:08:22et je trouve tout à fait normal, voire c'est notre devoir,
00:08:25de participer à l'effort de transition écologique,
00:08:28de décongestion des autoroutes, de santé publique.
00:08:30Donc, on retrouve là les grandes missions fondamentales,
00:08:33quelque part, de la SNCF.
00:08:34Donc, oui, la SNCF se doit de se battre,
00:08:38de rester dans ce secteur du transport des marchandises.
00:08:40Et puis, deuxièmement, je m'exprime là en tant que patron d'entreprise,
00:08:44fut-elle publique entreprise ?
00:08:45Je suis convaincu qu'on peut faire du fret une activité durable, rentable,
00:08:50n'ayons pas peur des mots,
00:08:51c'est-à-dire une activité où les produits de l'activité
00:08:54dépassent les coûts de production des services.
00:08:56C'est la seule manière de la pérenniser dans le temps.
00:08:58Voilà, pour ces deux raisons,
00:09:00vous savez que je travaille sur un projet d'entreprise,
00:09:02le fret fait partie de ce projet d'entreprise,
00:09:05il faut être très clair.
00:09:06Alors, est-ce que la situation est facile ?
00:09:08Non, non, la situation n'est pas facile.
00:09:10C'est pour ça, d'ailleurs, que je me bats.
00:09:11Depuis mon arrivée, j'ai mis le dossier du fret sur la table
00:09:14et j'en ai parlé avec les organisations syndicales,
00:09:16notamment la CGT, bien sûr.
00:09:18Je sais à quel point la CGT est engagée sur ce dossier
00:09:21depuis très longtemps, mais aussi avec le gouvernement.
00:09:23Je dois dire qu'avec le ministre Djibari,
00:09:24chacun a sa place.
00:09:26Je pense que nous nous sommes battus
00:09:27pour qu'effectivement, donner un futur,
00:09:29en tout cas sauvegarder ce secteur d'activité à court terme
00:09:32et j'espère lui donner un futur.
00:09:34Vous l'avez rappelé, la donne que j'ai trouvée en arrivant
00:09:37est une donne économique très claire.
00:09:39Le groupe s'est transformé.
00:09:40Nous sommes maintenant en société anonyme
00:09:42et le fret lui-même a une autonomie juridique
00:09:45en société anonyme, simplifiée, mais société anonyme.
00:09:48Les règles du jeu économique sont claires.
00:09:50Il y a un capital qui a été donné à cette entreprise
00:09:53de 170 millions d'euros.
00:09:54On ne pourra plus la redoter en capital
00:09:56parce que tout ça est très surveillé
00:09:58par les autorités bruxelloises européennes
00:10:00qui ont toujours peur des aides d'Etat
00:10:01et qui sont très sourcilleuses
00:10:02de la manière dont la SNCF soutient sa filiale fret.
00:10:06Il y a ce capital.
00:10:08L'actualité a joué en défaveur de fret SNCF.
00:10:13On a eu la grève des retraites.
00:10:14Forcément, une grève, ça arrête les trains.
00:10:16Ça n'a pas été une très bonne période.
00:10:17Et puis la crise du Covid.
00:10:19Certes, les trains ont roulé.
00:10:20Le ministre l'a rappelé.
00:10:21Et là encore, je rends hommage aux cheminots
00:10:22qui se sont mobilisés.
00:10:24On a beaucoup parlé des cheminots de la deuxième ligne
00:10:26qui sont sortis de chez eux tous les jours
00:10:28pour aller conduire les trains,
00:10:29pour faire les manœuvres,
00:10:30pour faire passer les trains.
00:10:31Ils l'ont fait.
00:10:32Pas que les collègues et concurrents du fret
00:10:35aussi l'ont fait, des compagnies privées.
00:10:37Mais nous l'avons fait.
00:10:39Ça a été dit,
00:10:40et le ministre lui-même l'a souligné,
00:10:42nous avons participé au fonctionnement de notre pays.
00:10:45Les denrées alimentaires, les carburants,
00:10:48les produits chimiques nécessaires au traitement de l'eau.
00:10:50On l'a fait.
00:10:51La campagne céréalière,
00:10:52on a dû amener même des trains dans des silos
00:10:54très éloignés dans des zones rurales par définition.
00:10:57Les collègues de réseau
00:10:59ont ouvert des postes d'aiguillage,
00:11:00les collègues de fret sont allés les chercher
00:11:02et on est allés amener ces marchandises
00:11:04dans des grands ports céréaliers,
00:11:05de la Rochelle par exemple.
00:11:07Voilà, on a été présent au rendez-vous
00:11:08et je crois qu'il faut le rappeler,
00:11:09cette utilité du fret ferroviaire
00:11:11et de fret SNCF a été démontrée.
00:11:14La spécificité de fret SNCF, c'est le wagon isolé.
00:11:16Pour le reste, on fait comme les autres
00:11:17et les autres font comme nous.
00:11:18Ce que nous faisons quasiment seuls maintenant en France,
00:11:21c'est le wagon isolé.
00:11:23Donc c'est une question centrale.
00:11:24Là-dessus d'ailleurs, le gouvernement montre qu'il l'a traité
00:11:27parce qu'on était à la croisée des chemins.
00:11:29Si le wagon isolé n'était pas aidé en France,
00:11:31on allait vers un arrêt des activités
00:11:33parce que le désavantage structurel avec la route
00:11:37est trop important.
00:11:37On voit bien qu'un wagon isolé, ça porte bien son nom,
00:11:39c'est un wagon ou deux wagons,
00:11:41le contracteur qui l'amène chez le client,
00:11:43l'intégration dans un train qui doit être trié une fois, deux fois
00:11:46et puis à nouveau le contracteur, ça dure quatre jours.
00:11:48Le camion, il a fait quatre fois l'aller-retour.
00:11:50Voilà, donc si on laisse faire les lois du marché,
00:11:52on connaît la fin inexorable.
00:11:54Le wagon isolé disparaîtra dans notre pays.
00:11:56Si à l'inverse, comme certains pays européens
00:11:58l'ont fait comme l'Autriche, on aide le wagon isolé
00:12:01et c'est possible, c'est-à-dire que c'est autorisé
00:12:02par l'Union Européenne puisque l'Autriche a pu le faire,
00:12:05là les parts de marché reprennent
00:12:06puisque cette incitation économique directement adressée
00:12:09au chargeur permet le sauvetage
00:12:11puis le développement du wagon isolé.
00:12:13Voilà, le wagon isolé c'est important
00:12:14parce que c'est ce qui s'adresse aux PME.
00:12:17Les grands trains, les trains massifs,
00:12:18c'est pour la grande industrie
00:12:20ou les grandes coopératives agricoles.
00:12:22Là on peut réunir 15 wagons, 20 wagons, 30 wagons.
00:12:26Il y a beaucoup d'entreprises,
00:12:27notamment les petites entreprises
00:12:28ou les moyennes entreprises qui n'ont pas ces quantités.
00:12:30Donc si on veut que ces entreprises bénéficient elles aussi
00:12:32d'un monde de transport écologique
00:12:34et donc du train, il faut vraiment rester sur le wagon isolé.
00:12:38Pour répondre à votre question économique,
00:12:40j'étais inquiet, je dois le dire.
00:12:43Les mois de ma présidence, les premiers mois de ma présidence,
00:12:45j'ai tout de suite vu qu'on était dans un toboggan dangereux
00:12:49pour fraîter SNCF puisque je voyais ces fonds propres se réduire
00:12:51et là inexorablement à un moment donné,
00:12:53on aurait été confronté à une situation difficile.
00:12:56Je dois dire que pour moi, le plan de relance,
00:12:58c'est aussi un plan de soutien,
00:12:59c'est un plan de sauvegarde
00:13:00et d'après les dispositifs que je connais maintenant de ce plan,
00:13:05j'ai la conviction que nous allons pouvoir sauvegarder
00:13:07fraîtes SNCF et petit à petit lui construire un avenir français et européen.
00:13:12On est des gens pour parler avancés
00:13:13avec les chemins de fer autrichien,
00:13:15avec les chemins de fer allemands
00:13:15qui ont exactement les mêmes problèmes que nous.
00:13:17Et autour du wagon isolé,
00:13:18je trouve que la coopération européenne
00:13:20sera aussi un levier important
00:13:21pour promouvoir ce mode de transport
00:13:23et ce service ferroviaire.
00:13:25Merci, M. le Président.
00:13:27Alors, je me tourne vers Pierre Garzon,
00:13:28vous êtes un élu de terrain.
00:13:30Et pour vous, comment vous vivez ?
00:13:32Qu'est-ce que vous observez en matière de déclin du frais de ferroviaire
00:13:36et quelles sont les conséquences sur votre territoire ?
00:13:40La première observation d'un élu de terrain
00:13:44que je suis dans le Val-de-Marne,
00:13:46c'est-à-dire aux portes de Paris,
00:13:50en centralité francilienne,
00:13:53avec des réseaux, des réseaux routiers,
00:13:55des réseaux ferroviaires, des réseaux fluviaux,
00:13:57où on cumule à peu près tout ce qu'il est possible d'utiliser
00:14:01pour transporter des marchandises,
00:14:03on voit inexorablement la montée du nombre de camions
00:14:06sur un réseau routier qui est extrêmement saturé
00:14:09et qui cumule en Val-de-Marne,
00:14:11en particulier, je pense, du côté du pont de Nogent,
00:14:15sur le réseau autoroutier d'État,
00:14:17le principal bouchon d'Europe
00:14:20et qui est le fruit aux heures de pointe
00:14:22de celui à la fois des salariés du Val-de-Marne
00:14:26et d'Île-de-France
00:14:27contraints d'utiliser leur voiture
00:14:29pour aller se déplacer et rejoindre leur lieu de travail.
00:14:32Mais par ailleurs,
00:14:33il suffit de se poster sur ce fameux pont
00:14:35pour observer que tous les jours,
00:14:37ce sont des milliers de camions
00:14:38qui transitent par notre région,
00:14:41soit pour l'alimenter,
00:14:43soit pour faire
00:14:45un passage autoroutier
00:14:47et qui viennent contribuer à la saturation
00:14:49du réseau routier
00:14:50et puis surtout contribuer
00:14:54à aggraver la situation écologique
00:14:56et du caractère respirable
00:14:58de notre région.
00:15:00Donc la première observation,
00:15:01c'est celle-ci.
00:15:02Elle est criante.
00:15:05Elle est d'autant plus criante
00:15:06et d'autant plus inquiétante
00:15:07que, je l'ai dit,
00:15:09historiquement,
00:15:09le Val-de-Marne,
00:15:10c'est une construction départementale
00:15:12qui accueille à peu près
00:15:13tous les services de logistique
00:15:14qui ont été pensés
00:15:16dans les grands plans d'État historiques.
00:15:18On a du ferré,
00:15:19on a le mine d'Orangis,
00:15:21on a des ports autonomes,
00:15:23je pense à celui de Bonneuil,
00:15:25on a le port cargo de Valenton
00:15:29et donc on a des structures
00:15:32qui sont des éléments
00:15:34de notre histoire industrielle
00:15:36et dans le terme histoire,
00:15:39on voit bien qu'il y a un côté passé
00:15:41qui est en jeu,
00:15:42là où aujourd'hui,
00:15:43je pense qu'il faut revitaliser
00:15:46pour se dire que la réponse
00:15:47aux grands défis sociaux
00:15:48et écologiques de notre époque
00:15:50passe inévitablement
00:15:51par redonner de la pertinence
00:15:54à ces outils existants,
00:15:58non entretenus,
00:15:59mais existants.
00:16:00Donc ça, c'est la première chose.
00:16:02Plus concrètement,
00:16:03j'ai fait partie de ces élus
00:16:06des deux côtés, entre guillemets,
00:16:09des rives de notre pays,
00:16:11ceux de Perpignan
00:16:12et puis ceux d'Île-de-France
00:16:14qui ont vu dans le symbole
00:16:16du Perpignan-Orangis
00:16:18un élément d'incompréhension,
00:16:20c'est-à-dire qu'au moment
00:16:21où aujourd'hui, d'ailleurs,
00:16:22aucun gouvernement,
00:16:23qu'il soit de droite
00:16:24ou qu'il soit de gauche,
00:16:25ne s'aventurerait à considérer
00:16:27qu'il serait pensable
00:16:31d'accompagner inexorablement
00:16:35le routier contre le ferroviaire,
00:16:38décider ou en tout cas
00:16:39laisser faire l'abandon
00:16:40de cette ligne.
00:16:42Et on retrouve dans les explications,
00:16:45et ça a été une bataille
00:16:46quasiment d'un an,
00:16:47d'ailleurs, on s'était rencontré,
00:16:48M. Farrand aussi,
00:16:49à l'époque,
00:16:50à sa prise de fonction,
00:16:52en essayant de se dire
00:16:54« Bon, on ne va pas révolutionner
00:16:55dans le temps court
00:16:57l'ensemble des questions
00:16:59qui sont l'objet de ce débat
00:17:00sur comment on fait
00:17:01pour relancer le fret,
00:17:02mais avant de relancer le fret,
00:17:04il faut déjà être capable
00:17:05de briser les éléments
00:17:07d'hémorragie existants. »
00:17:09Et c'était ça, ce symbole,
00:17:10à travers le Perpignan-Orangis.
00:17:12Et on a retrouvé
00:17:13les problématiques symboliques
00:17:15pour les élus que nous sommes,
00:17:18c'est-à-dire l'idée
00:17:20que finalement, aujourd'hui,
00:17:22les pleins pouvoirs
00:17:23sont dans les règles du marché,
00:17:26que la puissance publique
00:17:27se définit comme impuissante
00:17:29face à celle-ci,
00:17:30à tous les échelons,
00:17:32et que l'organisation
00:17:33de notre société
00:17:34fait qu'on compare
00:17:37des choux et des carottes,
00:17:40et qu'on compare le prix
00:17:41du transport de marchandises
00:17:43par la route,
00:17:44dont on ne comptabilise pas
00:17:45tous les coûts
00:17:46de la puissance publique
00:17:48qui sont inhérents
00:17:49à ce transport,
00:17:50qu'on ne comptabilise pas
00:17:52le coût carbone
00:17:53qui atteint un coût
00:17:55sur la santé.
00:17:56Alors, ce n'est pas
00:17:57le ministère des Transports,
00:17:58mais on pourrait étudier
00:17:59combien ça coûte
00:18:00au ministère de la Santé,
00:18:01à notre système de santé,
00:18:03et aux cotisations
00:18:03que nous payons,
00:18:04de savoir
00:18:07combien est l'impact
00:18:10de cette pollution
00:18:11générée sur notre système
00:18:13de santé,
00:18:14puisqu'on sait qu'il y a
00:18:15un lien très direct
00:18:16aujourd'hui
00:18:16sur les maladies chroniques,
00:18:18et en particulier
00:18:19dans notre région,
00:18:22etc., etc.,
00:18:23combien,
00:18:25à l'inverse,
00:18:26on demande
00:18:27au fer
00:18:28de résoudre
00:18:30des équations
00:18:31qui sont
00:18:31l'entretien
00:18:32du réseau,
00:18:33de l'entretien,
00:18:34la rénovation
00:18:35et l'innovation
00:18:36en matière
00:18:37de réseau
00:18:37de transport,
00:18:39tout en observant
00:18:41des règles
00:18:42d'austérité
00:18:44qui s'appliquent
00:18:44et qui font
00:18:45qu'on le fait
00:18:46avec moins de moyens
00:18:47humains,
00:18:47moins de moyens
00:18:49financiers,
00:18:50parfois,
00:18:52pour y arriver,
00:18:53et donc
00:18:54des problématiques
00:18:55qui font que
00:18:55pendant un an,
00:18:57autour de la table,
00:18:58il n'y avait personne
00:18:59pour remettre en cause
00:18:59le fait que
00:19:00c'était une ineptie
00:19:01de fermer ce train,
00:19:02mais personne,
00:19:03en même temps,
00:19:04n'était en situation
00:19:07de pouvoir
00:19:07prendre le manche
00:19:09et de dire
00:19:10voilà comment on va faire
00:19:11et voilà comment on va
00:19:12contester la logique
00:19:13du marché
00:19:14et donc la logique
00:19:16de fermeture
00:19:18qui s'est profilée
00:19:20et puis qui s'est avérée
00:19:22pour l'instant
00:19:23irréversible
00:19:24puisque des intentions
00:19:25on en a eu beaucoup
00:19:26mais aujourd'hui
00:19:27il n'y a toujours pas
00:19:27de train
00:19:28qui transporte
00:19:29ces marchandises.
00:19:30Donc
00:19:32le souci
00:19:33d'un élu
00:19:34que je suis
00:19:35c'est en permanence
00:19:36à la fois déjà
00:19:36porter ces débats-là,
00:19:38c'est un élément
00:19:39important
00:19:39de prise de conscience,
00:19:40on ne peut pas avoir
00:19:41des messages
00:19:42contradictoires
00:19:43et le débat
00:19:44fait partie
00:19:45des actes
00:19:45c'est-à-dire
00:19:46qu'on doit lever
00:19:47les contradictions
00:19:47entre des objectifs
00:19:49qui sont assignés
00:19:50aux grandes nations
00:19:50en matière
00:19:51de respect
00:19:54des trajectoires
00:19:55en émissions
00:19:56carbone,
00:19:57de soutien
00:19:59aux filières
00:20:01qui produisent
00:20:01peu ou pas
00:20:02de carbone
00:20:03précisément
00:20:04et de l'autre côté
00:20:05le laisser faire
00:20:07et l'organisation
00:20:08du système
00:20:09qui fait
00:20:09qu'à la fin
00:20:10des fins
00:20:10nous n'avons pas
00:20:11les moyens
00:20:12des ambitions
00:20:12que nous nous donnons
00:20:14à l'échelon national
00:20:15et à l'échelon
00:20:16international.
00:20:18Voilà
00:20:18en quelques mots
00:20:20ce qui me apparaît
00:20:21nécessaire
00:20:22et puis par ailleurs
00:20:24dans les décisions
00:20:25que nous avons
00:20:26évidemment
00:20:27cherché
00:20:28à travailler
00:20:29comme un département
00:20:30comme le Val-de-Marne
00:20:31c'est de dire
00:20:32mais au fond
00:20:33comment on conditionne
00:20:35l'investissement public
00:20:37à ses objectifs
00:20:38comment on essaye
00:20:40de faire naître
00:20:40des débats
00:20:41sur par exemple
00:20:43la notion
00:20:44de circuit court
00:20:45qui rejoint
00:20:45un petit peu
00:20:46la notion
00:20:46de wagon isolé
00:20:47dans un pays
00:20:48comme le nôtre
00:20:50comment on repense
00:20:52une doctrine
00:20:53d'intervention
00:20:55publique
00:20:56moi je note
00:20:56très positivement
00:20:57les trois points
00:20:59que vous avez évoqués
00:20:59monsieur
00:21:00et là-dessus
00:21:01monsieur Elgebari
00:21:02pardon
00:21:02je n'ai aucun
00:21:03je partage
00:21:04les trois points
00:21:05qui sont des éléments
00:21:06d'explication
00:21:07de la crise
00:21:08du fret
00:21:08mais une fois
00:21:10qu'on a ce diagnostic-là
00:21:11et bien
00:21:12qu'est-ce que cela veut dire
00:21:13lutter contre
00:21:14la désindustrialisation
00:21:15de notre pays
00:21:16qu'est-ce que cela veut dire
00:21:17concrètement
00:21:19travailler
00:21:20la notion
00:21:21de circuit court
00:21:22dans les productions
00:21:24pour lutter
00:21:25contre l'internationalisation
00:21:27des flux
00:21:28qui va croissant
00:21:29et qui est une impasse
00:21:30historique
00:21:31de nos sociétés
00:21:33donc comment cela
00:21:34s'applique
00:21:34à tous les modes
00:21:36de toutes les productions
00:21:37et puis
00:21:38comment
00:21:39puisqu'on a évoqué
00:21:39la question
00:21:41de la libéralisation
00:21:42du fret
00:21:42on redonne
00:21:43de la règle
00:21:44de court
00:21:45de moyen
00:21:45et de long terme
00:21:46pour ne pas avoir
00:21:47un énième plan
00:21:48de relance
00:21:49qui va souffrir
00:21:50et ce n'est pas
00:21:51de votre responsabilité
00:21:52mais de la suspicion
00:21:54qu'il aura
00:21:55la même durée de vie
00:21:56que les deux précédents
00:21:58c'est-à-dire
00:21:58que très très vite
00:21:59le marché
00:22:00reprend la main
00:22:02et vient redonner
00:22:03ses propres règles
00:22:05qui viennent contredire
00:22:06les objectifs
00:22:07initiaux
00:22:08des plans de relance
00:22:09que l'on a connus
00:22:10dans la période
00:22:11donc ce besoin
00:22:12de régulation
00:22:14c'est un élément
00:22:16évidemment
00:22:18inhérent
00:22:19à la réponse
00:22:20de la relance
00:22:22du fret
00:22:22j'ai plein de remarqués
00:22:23de commentaires
00:22:24mais je vais laisser
00:22:24le tour de table
00:22:25mais c'est vraiment
00:22:26je pense le cœur du sujet
00:22:27ce que vous avez évoqué
00:22:28notamment dans la dernière partie
00:22:29la capacité à réguler
00:22:30Tout à fait, merci Pierre Garzon
00:22:32effectivement on voit
00:22:33qu'apparaît déjà
00:22:34effectivement des points de débat
00:22:35et une interpellation
00:22:37envers le ministre
00:22:38sur les conséquences
00:22:41concrètes
00:22:41la déclinaison concrète
00:22:42de cette politique
00:22:43et quelles garanties
00:22:44finalement on peut donner
00:22:45mais on va y revenir
00:22:47si vous le voulez bien
00:22:48et donc avant de redonner
00:22:50la parole à monsieur le ministre
00:22:51Marion
00:22:52peut-être une question
00:22:54pour Laurent Brun
00:22:55donc le secrétaire général
00:22:56des cheminots CGT
00:22:57Laurent Brun
00:22:58on l'a vu
00:22:59le gouvernement et la direction
00:23:00de la SNCF
00:23:01s'affiche aujourd'hui volontariste
00:23:03le plan de relance
00:23:05est sur la table
00:23:05il comporte une enveloppe
00:23:06de 4,7 milliards d'euros
00:23:08consacré à la relance
00:23:10du fret
00:23:10on l'a aussi évoqué
00:23:11les plans de relance
00:23:13c'est pas nouveau
00:23:13ils se sont succédés
00:23:14depuis 2003 au moins
00:23:16alors ce plan
00:23:17est-ce que c'est le bon ?
00:23:20D'abord il est utile
00:23:21de redire
00:23:22que la libéralisation
00:23:24et la dérégulation
00:23:25dans le transport
00:23:26elle n'a pas fracassé
00:23:27que le fret ferroviaire
00:23:28si on prend le pavillon
00:23:30français routier
00:23:30par exemple
00:23:31qui représentait
00:23:3250% des flux bilatéraux
00:23:34en 1993
00:23:35aujourd'hui c'est 15%
00:23:37il a suivi
00:23:37exactement la même
00:23:39la même trajectoire
00:23:40que le fret ferroviaire
00:23:41donc l'une des premières questions
00:23:42c'est
00:23:43est-ce qu'on est en rupture
00:23:44aujourd'hui de dérégulation
00:23:45ou est-ce qu'on continue
00:23:47dans la dérégulation du transport
00:23:48et pour l'instant
00:23:50ce que l'on voit
00:23:50c'est la poursuite
00:23:51de la dérégulation
00:23:52à la SNCF
00:23:53des plans
00:23:54on en a connu
00:23:55des dizaines
00:23:56et notamment
00:23:57depuis 2003
00:23:58on a eu le plan Véron
00:23:592007 Marambo
00:24:012009
00:24:02Blaio
00:24:03etc.
00:24:04à chaque fois
00:24:05la logique
00:24:06est la même
00:24:07on est dans
00:24:08une réflexion
00:24:10trafic par trafic
00:24:11de réduction
00:24:12des coûts
00:24:13donc de destruction
00:24:14de l'outil industriel
00:24:16de fermeture
00:24:17de gare
00:24:17de suppression
00:24:19de lignes
00:24:20et évidemment
00:24:21de suppression
00:24:21d'emploi
00:24:22là aussi
00:24:23est-ce qu'aujourd'hui
00:24:24on est dans une rupture
00:24:25par rapport à ces différents plans
00:24:26mais pour l'instant
00:24:27non
00:24:27puisque cette année encore
00:24:28on nous annonce
00:24:29150 suppressions
00:24:30d'agents de conduite
00:24:32aux fret SNCF
00:24:34et donc
00:24:34on n'a pas
00:24:35de relance
00:24:36de ce point de vue là
00:24:36la casse industrielle
00:24:38elle a été
00:24:39absolument énorme
00:24:40parce que
00:24:40on est passé
00:24:4112 000 agents
00:24:42dans les années
00:24:432010
00:24:44à aujourd'hui
00:24:454500
00:24:46on ne s'imagine pas
00:24:47mais le fret SNCF
00:24:49vivrait un plan social
00:24:50chaque année
00:24:50s'il n'était pas
00:24:52entre guillemets
00:24:52sous régime public
00:24:53avec un statut
00:24:54du personnel
00:24:55et évidemment
00:24:57avec ce que
00:24:58peuvent entraîner
00:24:59de drames
00:24:59sociaux
00:25:00et familiaux
00:25:02les plans sociaux
00:25:03la casse industrielle
00:25:05c'est d'être passé
00:25:06de 19 triages
00:25:07nationaux
00:25:08c'est-à-dire quasiment
00:25:09en gros
00:25:09un par région
00:25:10à 4 aujourd'hui
00:25:11qui sont dans un état
00:25:12très préoccupant
00:25:14c'est d'être passé
00:25:15de
00:25:174500
00:25:17ce qu'on appelle
00:25:19installation
00:25:19terminale
00:25:20embranchée
00:25:20c'est-à-dire
00:25:21les voies
00:25:22des derniers kilomètres
00:25:23à aujourd'hui
00:25:241200
00:25:24on est vraiment
00:25:25dans une pulvérisation
00:25:27de l'outil industriel
00:25:28et
00:25:28il faut le dire
00:25:29à chaque fois
00:25:30que la SNCF
00:25:31a perdu
00:25:31une tonne
00:25:32de marchandises
00:25:34transportées
00:25:35la moitié
00:25:36a été à la route
00:25:37et donc
00:25:37on n'est pas du tout
00:25:38dans un système
00:25:39où la concurrence
00:25:41permet de rattraper
00:25:42les choses
00:25:42toutes les solutions
00:25:44libérales
00:25:44on les a connues
00:25:45on a connu
00:25:47déjà
00:25:47une recapitalisation
00:25:48en 2005
00:25:50800 millions
00:25:51là aussi
00:25:52sous couvert
00:25:53de la commission européenne
00:25:54pour relancer le fret
00:25:56on a connu
00:25:57y compris
00:25:58les aides au péage
00:25:59en 2016
00:26:0090 millions
00:26:01d'aides
00:26:02pour une première
00:26:03initiative
00:26:06c'est des solutions
00:26:07qui permettent
00:26:08de stabiliser
00:26:08les trafics
00:26:09mais qui ne permettent
00:26:10pas d'en regagner
00:26:11on a connu
00:26:13les autoroutes ferroviaires
00:26:14alors bon
00:26:15c'est toujours positif
00:26:17d'en annoncer
00:26:17de nouvelles
00:26:17et d'annoncer
00:26:18de nouveaux trafics
00:26:19et d'annoncer
00:26:20de nouveaux projets
00:26:20mais concrètement
00:26:21l'autoroute ferroviaire
00:26:22alpine par exemple
00:26:23c'est 2% des flux
00:26:24sur son périmètre
00:26:26et donc on est
00:26:27y compris
00:26:28en dessous
00:26:28de la moyenne nationale
00:26:29des 9% ferroviaires
00:26:30sur le transport
00:26:32ferroviaire
00:26:32donc la question
00:26:34des autoroutes ferroviaires
00:26:35c'est un mot
00:26:35qui renvoie
00:26:36aux autoroutes routières
00:26:37avec l'aspect massif
00:26:38que ça peut avoir
00:26:39mais dans le ferroviaire
00:26:40c'est pas du tout le cas
00:26:41c'est plutôt
00:26:41des opérations
00:26:42de communication
00:26:43aujourd'hui
00:26:44on est dans un système
00:26:45concurrentiel
00:26:46mais un système
00:26:46concurrentiel
00:26:47d'abord
00:26:47qui est extrêmement limité
00:26:49parce qu'en vrai
00:26:5093% du marché
00:26:53est tenu par 4 compagnies
00:26:55dont la SNCF
00:26:56est très largement
00:26:58la plus importante
00:26:59et donc la concurrence
00:27:00réelle
00:27:01mais comme toujours
00:27:01depuis le fret ferroviaire
00:27:02elle est avec la route
00:27:04et donc on n'a pas besoin
00:27:06de concurrence supplémentaire
00:27:07par contre
00:27:07l'existence
00:27:09de cette concurrence
00:27:10depuis 2006
00:27:11elle a abouti
00:27:12à une situation
00:27:13c'est que
00:27:13les quelques marchés
00:27:16rentables
00:27:16sont l'objet
00:27:17d'une concurrence
00:27:18absolument acharnée
00:27:19et quand je parle
00:27:20de quelques marchés rentables
00:27:2160% du chiffre d'affaires
00:27:23de la SNCF
00:27:24est réalisé par 20 chargeurs
00:27:25donc on mesure
00:27:26qu'on est là
00:27:27vraiment dans une situation
00:27:29où finalement
00:27:30l'outil ferroviaire
00:27:31de desserte
00:27:33des entreprises
00:27:33ne concerne plus
00:27:34qu'une poignée
00:27:35d'entreprises
00:27:36et c'est l'un
00:27:37de nos gros problèmes
00:27:39évidemment
00:27:40quand on pousse au bout
00:27:42à partir du moment
00:27:43où on a une concurrence
00:27:44acharnée
00:27:44sur quelques trafics
00:27:45on n'a pas de relance
00:27:47puisqu'il n'y a pas
00:27:48de développement
00:27:48il n'y a pas de nouvelles lignes
00:27:50qui sont ouvertes
00:27:50il n'y a pas de nouveau trafic
00:27:51en dehors de quelques épiphénomènes
00:27:55et par rapport à ce qu'on perd
00:27:57de toute façon
00:27:58ça reste très très limité
00:27:59et puis il n'y a pas
00:28:00de recherche et développement
00:28:01ou très peu
00:28:02il n'y a pas d'investissement
00:28:04dans l'infrastructure
00:28:05dans le matériel roulant
00:28:07ou très peu
00:28:07et par exemple
00:28:09le Perpignan-Ringis
00:28:10en a été un exemple
00:28:11c'est parce que justement
00:28:12il n'y avait pas eu
00:28:13d'investissement
00:28:14dans le matériel roulant
00:28:16qu'on arrive à une situation
00:28:17où on est à la limite
00:28:19de l'exploitation possible
00:28:21et donc il faut arrêter
00:28:23ou réinvestir
00:28:23et comment est-ce qu'on investit
00:28:25dans une situation
00:28:26ultra concurrentielle
00:28:27où on peut se faire souffler
00:28:28les marchés
00:28:29et où paradoxalement
00:28:30dans le ferroviaire
00:28:31il faut investir
00:28:32des dizaines de millions d'euros
00:28:33pour un trafic
00:28:35finalement on n'investit pas
00:28:36et petit à petit
00:28:37le volume se réduit
00:28:40le volume global
00:28:40donc nous aujourd'hui
00:28:42notre question principale
00:28:43c'est
00:28:44est-ce qu'on est dans la continuité
00:28:45des politiques précédentes
00:28:46dont je le dis
00:28:47on a à peu près
00:28:48tout tenté
00:28:49dans le domaine libéral
00:28:50ou alors est-ce qu'on est
00:28:51dans un plan de rupture
00:28:52qui va vraiment
00:28:53s'atteler aux problématiques
00:28:55alors on a parlé
00:28:56de l'infrastructure
00:28:57c'est pas la seule problématique
00:28:59du transport ferroviaire
00:29:00l'une des difficultés
00:29:01du transport ferroviaire
00:29:02c'est aussi
00:29:02sa concentration
00:29:04sur certains trafics
00:29:05on fait beaucoup
00:29:06de vraquiers métalliques
00:29:08de vraquiers chimiques
00:29:10on fait de la céréale
00:29:12on fait des packs d'eau
00:29:14on fait des voitures
00:29:15c'est des marchés
00:29:15qui sont extrêmement limités
00:29:17sur lesquels d'ailleurs
00:29:18on pourrait regarder le fait
00:29:19que la part du ferroviaire
00:29:20sur ces marchés-là
00:29:21elle n'est pas si mauvaise
00:29:22que ça
00:29:22par contre
00:29:23on ne fait pas tout le reste
00:29:24on ne fait quasiment plus de bois
00:29:25on ne fait quasiment plus
00:29:29de palettes
00:29:30on ne fait quasiment plus
00:29:32de trafic comme ça
00:29:33on ne fait pas du tout
00:29:34de déchets par exemple
00:29:35les déchets sont
00:29:36un volume de transport important
00:29:37et on ne fait plus
00:29:40depuis la fermeture
00:29:41du Perpignan-Ragis
00:29:42de produits frais
00:29:44réfrigérés
00:29:44or ces produits
00:29:46les produits palettisés
00:29:47les produits frais
00:29:48ces produits-là
00:29:49c'est les produits
00:29:50qui se développent
00:29:51dans la société
00:29:52et évidemment
00:29:52quand on a une compagnie
00:29:54et un système
00:29:56qui ne peut plus investir
00:29:57dans la recherche et développement
00:29:58sur les nouveaux wagons
00:30:00qui ne peut plus investir
00:30:01dans le fait
00:30:02de relier
00:30:03les nouvelles zones
00:30:04enfin d'ailleurs
00:30:05même pas forcément nouvelles
00:30:06mais de relier
00:30:07les zones industrielles
00:30:08ou les choses comme ça
00:30:08et bien
00:30:09on a un système
00:30:10qui s'effondre
00:30:12et le principe
00:30:13de subventionner
00:30:14les trafics existants
00:30:15évidemment
00:30:16limiter la casse
00:30:17et limiter
00:30:18les déficits
00:30:19de toutes les compagnies
00:30:20parce que je tiens aussi
00:30:20à dire que
00:30:22toutes les compagnies
00:30:22ferroviaires
00:30:23et quand je parlais
00:30:23des quatre principales
00:30:24il y en a une seule
00:30:26qui est à l'équilibre
00:30:27mais elle est à l'équilibre
00:30:28toutes les autres
00:30:28sont en déficit
00:30:29donc limiter ces déficits
00:30:31pour éviter
00:30:32que les compagnies
00:30:33coulent
00:30:33c'est quelque chose
00:30:34qu'on ne peut pas critiquer
00:30:35mais ça n'est pas
00:30:36de la relance
00:30:37c'est de la stabilisation
00:30:38et pour la relance
00:30:39il faut poser
00:30:40un certain nombre de choses
00:30:41sur l'outil industriel
00:30:42sur l'outil économique
00:30:44et sur l'outil public
00:30:46de réponse
00:30:47à ces besoins là
00:30:49Merci Laurent
00:30:51alors je crois que là
00:30:52le cadre du débat
00:30:53est posé
00:30:54il y a des interpellations
00:30:55notamment
00:30:55alors qui concernent
00:30:57évidemment monsieur le ministre
00:30:58avec ce qu'a dit
00:30:59tout à l'heure
00:30:59Pierre Garzon
00:31:01le maire de Villejuif
00:31:02mais également
00:31:03des interpellations
00:31:04qui vous concernent
00:31:05tous les deux
00:31:05finalement
00:31:06président de la SNCF
00:31:07et puis monsieur Diébari
00:31:11notamment pour
00:31:12ce que dit
00:31:13Laurent Brun
00:31:14quand il pose la question
00:31:15est-ce qu'on est dans la continuité
00:31:17ou un plan de rupture
00:31:18finalement
00:31:18on a l'impression que
00:31:20pour l'instant
00:31:20les choses ne sont pas encore
00:31:22complètement
00:31:22complètement claires
00:31:23en tout cas
00:31:24pour ceux qui vous écoutent
00:31:25alors qui commence ?
00:31:26Je vais peut-être
00:31:27commencer
00:31:27et peut-être vous surprend
00:31:28moi je suis assez en accord
00:31:29avec beaucoup de choses
00:31:30qui ont été dites
00:31:31mais peut-être pour illustrer
00:31:32le Perpignan-Ragis
00:31:33et les difficultés concrètes
00:31:35auxquelles nous nous sommes confrontés
00:31:36les difficultés
00:31:37elles sont relativement simples
00:31:39nous avons par exemple
00:31:40des difficultés
00:31:41à faire arriver
00:31:42comme nous avons cherché
00:31:43à reconstruire l'offre temporaire
00:31:44à faire arriver
00:31:45les marchandises
00:31:45avant 5h du matin
00:31:47si vous ne faites pas arriver
00:31:48les marchandises
00:31:48avant 5h du matin
00:31:49vous n'avez aucun chargeur
00:31:50aucun client
00:31:51qui va affriter le train
00:31:52ou une partie du train
00:31:53et ça ça renvoie
00:31:55à la vétusté du réseau
00:31:56aux travaux
00:31:56qui sont aujourd'hui massifs
00:31:57et qui se font de nuit
00:31:58ça renvoie à toutes les politiques
00:32:00finalement
00:32:00qui ont créé de l'inertie
00:32:02dans le système ferroviaire
00:32:04un élément étonnant
00:32:05quand vous regardez
00:32:06le Perpignan-Ragis
00:32:07c'est que vous avez
00:32:082 tiers des marchandises
00:32:10qui arrivent
00:32:11en région parisienne
00:32:11et qui sont immédiatement
00:32:14retransportées par la route
00:32:14pour aller rejoindre
00:32:15les grandes centrales
00:32:16de distribution
00:32:17la grande distribution
00:32:18et donc si on veut faire
00:32:19une vraie ligne Perpignan-Ragis
00:32:21il faut qu'on ait une gare
00:32:22à Rangis
00:32:23pardon
00:32:23ligne de Rangis
00:32:24qui soit vraiment adaptée
00:32:25pour faire du transport combiné
00:32:26ça suscite
00:32:27ou ça nécessite
00:32:28des investissements
00:32:29de quelques dizaines
00:32:29de millions d'euros
00:32:30ce que nous allons faire
00:32:31dans le cas du plan de relance
00:32:32mais ça
00:32:32je voulais le dire
00:32:33parce que ça renvoie
00:32:34à des dimensions
00:32:35extrêmement concrètes
00:32:36et qu'il n'y a pas eu
00:32:38de décision politique
00:32:39à priori pour se dire
00:32:40ce symbole-là
00:32:41on va en faire quelque chose
00:32:43qui démontrerait
00:32:45la volonté du gouvernement
00:32:46de diminuer encore le fret
00:32:47ou en tout cas
00:32:48de ne pas cesser son déclin
00:32:50moi je suis assez d'accord
00:32:51qu'on est dans un moment
00:32:52entre rupture et continuité
00:32:53et je suis même
00:32:55assez d'accord
00:32:56pour dire que
00:32:57la logique
00:32:59libérale
00:32:59en tout cas
00:33:00la logique
00:33:00d'une concurrence
00:33:02organisée
00:33:02a fait en sorte
00:33:03que la plupart
00:33:04des opérateurs de fret
00:33:05parce qu'ils ont perdu
00:33:06des parts de marché
00:33:06se sont en gros
00:33:08affaiblis chez eux
00:33:09et n'ont jamais été
00:33:10en capacité
00:33:10de construire
00:33:11de vrais champions européens
00:33:12parce que les marchés
00:33:13un tout petit peu moins vrais
00:33:14sur le fret ferroviaire
00:33:16que sur le fret maritime
00:33:17par exemple
00:33:17n'ont pas été en capacité
00:33:18de trouver
00:33:19ne serait-ce que
00:33:21les bons critères
00:33:23les bonnes organisations
00:33:24de coopération technique
00:33:25donc on est dans un moment
00:33:26où on doit se dire
00:33:27est-ce que fondamentalement
00:33:29le droit de la concurrence
00:33:30s'applique pour tous les transports
00:33:31et singulièrement
00:33:31pour le transport ferroviaire
00:33:33est-ce qu'on n'a pas
00:33:34des choses à faire
00:33:34sur l'ensemble des réseaux
00:33:35pour isoler en quelque sorte
00:33:39dans le marché
00:33:40ce qui a vraiment trait
00:33:42à des activités
00:33:42qui sont essentielles
00:33:43qui participent
00:33:44à l'activité économique
00:33:45de l'action
00:33:46et on l'a vu encore une fois
00:33:47je crois que la grève
00:33:47est un vrai révélateur
00:33:48et on aura ce débat là
00:33:49à voir
00:33:49moi je l'ai posé au niveau
00:33:50du conseil européen
00:33:51des transports
00:33:52c'est un débat d'ailleurs
00:33:52qui est partagé
00:33:53par beaucoup de collègues
00:33:56européens
00:33:56notamment l'allemand
00:33:57parce que je le disais
00:33:57ils sont confrontés
00:33:58au même sujet
00:33:59après le sujet français
00:34:00c'est de savoir effectivement
00:34:01comment on redynamise
00:34:03le marché
00:34:04je crois que Laurent Vrain
00:34:04l'a très bien dit
00:34:05quand il dit que 60%
00:34:06des contrats sont finalement
00:34:08ou du chiffre d'affaires
00:34:10se situe sur les 20 mêmes contrats
00:34:11on voit bien
00:34:12qu'on a une très forte concentration
00:34:14du cœur rentable
00:34:15de l'activité fret
00:34:15donc une solution
00:34:16qui aurait été facile
00:34:17pour Fret SNCF
00:34:18c'est de se dire
00:34:19nous on se recentre
00:34:20sur le cœur rentable
00:34:21de l'activité
00:34:21c'est pas ce qu'on a choisi
00:34:23parce que quand vous regardez
00:34:24le marché fret
00:34:25vous avez en gros
00:34:2570% de l'activité
00:34:28qui sont des trains massifs
00:34:29et c'est là-dedans
00:34:30qu'on situe plutôt
00:34:31le cœur des activités rentables
00:34:3320% qui sont du transport combiné
00:34:35pour des conteneurs
00:34:36sur des rails
00:34:37et 10% du wagon isolé
00:34:39donc la facilité
00:34:40aurait été celle-là
00:34:40nous prenons le chemin inverse
00:34:42et nous disons
00:34:43que nous voulons reconstruire
00:34:44après ce qui est sûr
00:34:45c'est que ça renvoie
00:34:46à des politiques industrielles
00:34:47de relocalisation
00:34:48de l'activité médicale
00:34:51de nouveaux secteurs industriels
00:34:52à ouvrière
00:34:52on a pris des orientations
00:34:54assez fortes
00:34:55sur l'industrie aéronautique
00:34:56par exemple
00:34:56pour relocaliser
00:34:57beaucoup d'activités
00:34:58chez nous
00:34:58ça renvoie sur notre souveraineté
00:35:00notre capacité à construire
00:35:02une souveraineté énergétique
00:35:03tout le plan hydrogène
00:35:04que nous allons mettre en oeuvre
00:35:05bref ça renvoie
00:35:06à des dimensions très concrètes
00:35:07parce que ce qui est sûr
00:35:08c'est que l'activité
00:35:09fret ferroviaire
00:35:10ne pourra répondre
00:35:11qu'à un marché qui existe
00:35:12demain
00:35:13et nous voulons rééquilibrer
00:35:14effectivement
00:35:15la part modale
00:35:16entre la route
00:35:17et le fer
00:35:19la doctrine
00:35:20de l'intervention publique
00:35:21je crois que c'est essentiel
00:35:22et moi je salue
00:35:24la création
00:35:25d'un haut commissariat
00:35:26au plan
00:35:26pour se redonner aussi
00:35:28d'abord la capacité
00:35:29de réfléchir
00:35:30à 20-30 ans
00:35:32et les chinois
00:35:32François Bayrou
00:35:33le disait assez bien
00:35:34les chinois pensent
00:35:35à 20-30 ans
00:35:36quand les français
00:35:36pensent à 20-30 semaines
00:35:38on a un vrai sujet
00:35:41de capacité
00:35:41ou d'incapacité
00:35:42au niveau français et européen
00:35:43à construire
00:35:45les réseaux de demain
00:35:46et donc du coup
00:35:47à construire
00:35:48ce qui sera
00:35:49pour parler
00:35:52en économiste libéral
00:35:54pour construire
00:35:55les sentiers de croissance
00:35:55de demain
00:35:56parce que c'est de ça
00:35:57quand même
00:35:57dont on parle aujourd'hui
00:35:58mais moi je pense
00:35:59qu'on n'est pas
00:35:59dans un moment libéral
00:36:00et encore moins néolibéral
00:36:02le libéralisme
00:36:03ou le néolibéralisme
00:36:04c'est laisser
00:36:04les forces du marché
00:36:05s'exercer
00:36:06comme on l'a fait
00:36:06peut-être trop
00:36:07pendant assez longtemps
00:36:08on est dans un moment
00:36:08où l'État
00:36:09est extraordinairement de retour
00:36:11pas une entité
00:36:12on est capable de faire
00:36:13ce que l'État a fait
00:36:14et d'ailleurs
00:36:14les États européens
00:36:16on est capable de faire
00:36:16ce que l'État a fait
00:36:17là en quelques mois
00:36:19en nationalisant
00:36:20la plus grande partie
00:36:21des salaires
00:36:2212 millions et demi
00:36:22de salariés ont été
00:36:23pris en charge par l'État
00:36:24et c'était bien normal
00:36:25et en mettant en œuvre
00:36:26un plan de relance
00:36:27qui est considérable
00:36:28moi je pense
00:36:29qu'on est dans une rupture
00:36:31et que cette rupture
00:36:31il faut l'accompagner
00:36:32il faut convaincre
00:36:33il faut avoir des partenaires
00:36:33parce qu'on est sur des secteurs
00:36:34qui sont par nature
00:36:36internationalisés
00:36:36mais je pense
00:36:37et c'est vraiment le point d'accord
00:36:39qu'on peut avoir ici
00:36:40que si effectivement
00:36:41ce plan-là
00:36:41c'est une continuité
00:36:43qui fait passer une bosse
00:36:44alors il y aura d'autres bosses
00:36:46il y aura d'autres ruptures
00:36:47et on sera encore là
00:36:47peut-être
00:36:48vous peut-être
00:36:49moi peut-être pas
00:36:49mais dans quelques années
00:36:50pour se dire
00:36:51que ça aura été
00:36:51un unième plan de relance
00:36:53et un plan de soutien en fret
00:36:54qui n'aura pas porté ses fruits
00:36:54donc on a besoin d'une rupture
00:36:56pour être encore plus concret
00:36:58merci
00:36:59Jean-Pierre Farandou
00:37:00Laurent Brun le signalait tout à l'heure
00:37:02peut-être sur la fermeture de gares
00:37:04fermeture de lichées
00:37:06baisse des effectifs
00:37:07comment est-ce qu'on répond aux ambitions
00:37:10comment est-ce que 377
00:37:11se donne les moyens industriels
00:37:13de répondre aux ambitions politiques
00:37:14je crois que l'analyse
00:37:16et le débat que nous avons
00:37:17il illustre qu'on a
00:37:18on a une addition de deux phénomènes
00:37:19on a la conséquence de décisions
00:37:22qui ont été prises il y a 20 ans
00:37:23qu'il faut gérer
00:37:24et on a peut-être un momentum
00:37:26où il faut prendre maintenant
00:37:27les décisions qui vont éclairer
00:37:28les 20 ans qui viennent
00:37:29et moi en tant que patron d'entreprise
00:37:31je dois gérer les deux
00:37:32parce que moi je suis dans la vraie vie
00:37:35sur le premier mouvement
00:37:37moi je ne bouge pas le fait
00:37:38que le gouvernement ait créé
00:37:39les conditions d'un sauvetage
00:37:41d'une sauvegarde
00:37:42de l'activité du frais dans le pays
00:37:44c'était pas gagné il y a quelques mois
00:37:45c'était pas gagné
00:37:47je crois qu'on le tient
00:37:48donc ça c'est important
00:37:49parce que si ça n'avait pas été ça
00:37:50on aurait été très mal
00:37:51très très mal
00:37:52je ne sais pas comment ça serait fini
00:37:54mais peut-être pas très bien
00:37:55là ça permet d'avoir une perspective
00:37:57ça permet de passer
00:37:58l'impact du Covid
00:37:59qui est quand même redoutable
00:38:00je veux dire
00:38:01ou de la Covid
00:38:02voilà
00:38:04là aujourd'hui
00:38:05on est à
00:38:06parce que l'activité du fret
00:38:07elle est directement liée
00:38:08à l'activité économique du pays
00:38:09c'est pas une activité en soi
00:38:10le fret fonctionne
00:38:11quand les entreprises fonctionnent
00:38:13là en ce moment
00:38:14pour parler de fret SNCF
00:38:15on est à moins 15%
00:38:16par rapport à ce qu'on pouvait
00:38:18transporter l'année dernière
00:38:19alors ça aurait pu être pire
00:38:21mais c'est quand même moins 15%
00:38:24donc il n'est donc pas anormal
00:38:25dans ces conditions
00:38:26tout simplement
00:38:26de s'ajuster
00:38:27voilà
00:38:28c'est un ajustement
00:38:30on a cité l'exemple
00:38:31des conducteurs de train
00:38:33côté fret
00:38:34ils étaient mal utilisés
00:38:35puisqu'il y a 15%
00:38:35d'activité en moins
00:38:36on a la chance
00:38:37d'être un groupe unifié
00:38:38alors ça
00:38:38comptez sur moi
00:38:39pour que ça dure d'ailleurs
00:38:40je suis vraiment
00:38:42convaincu que
00:38:42la SNCF doit être unifiée
00:38:44à la fois
00:38:45c'est un en soi
00:38:45mais aussi en termes d'efficacité
00:38:47ça permet tout simplement
00:38:48d'orienter
00:38:49ces conducteurs du fret
00:38:50va les conduire vers le voyageur
00:38:51les choses sont plus simples
00:38:52parce que nous sommes
00:38:53un groupe unifié
00:38:54donc ça c'est de l'ajustement
00:38:55et on doit le faire
00:38:56deuxièmement
00:38:58moi c'est pas moi
00:38:59qui fais les cadres législatifs
00:39:01et réglementaires
00:39:01qui s'appliquent à moi
00:39:03on est dans une logique
00:39:05de concurrence
00:39:06la logique de concurrence
00:39:07elle renvoie à la compétitivité
00:39:09il faut appeler un chat un chat
00:39:10la compétitivité
00:39:11on est tous des consommateurs
00:39:12on fait jouer nous même
00:39:13parfois la concurrence
00:39:14quand on va acheter un frigo
00:39:15ou une télévision
00:39:16c'est le rapport qualité-coût
00:39:17on regarde la qualité
00:39:18le coût
00:39:19et puis on choisit
00:39:19en tant que consommateur
00:39:20donc ce sont des sujets
00:39:22que forcément
00:39:22la direction du fret doit regarder
00:39:23et donc
00:39:24l'ajustement des coûts de transport
00:39:27au marché concurrentiel
00:39:28dans la double concurrence
00:39:29concurrence ferroviaire
00:39:30concurrence routière
00:39:31il faut la regarder
00:39:32la bonne nouvelle
00:39:33c'est que côté concurrence routière
00:39:35et là dessus
00:39:35Laurent Brun l'a évoqué
00:39:37on va avoir
00:39:39là pour le coup
00:39:39un rééquilibrage
00:39:40pour moi je le redis
00:39:41la grosse innovation
00:39:43qu'on attendait depuis longtemps
00:39:44c'est l'aide aux wagons isolés
00:39:45voilà
00:39:46ça
00:39:47ça n'a jamais été fait
00:39:48voilà
00:39:49il y a des choses qui ont été faites
00:39:49voilà un élément nouveau
00:39:51en tout cas
00:39:51ce qui me paraît moins majeur
00:39:52et par rapport à la démonstration
00:39:54faite par M. le ministre
00:39:56on voit bien
00:39:56parce que c'est celui
00:39:57qui peut le plus développer
00:39:58en fait
00:39:58les traits massifs
00:40:00au bout d'un moment
00:40:00c'est pas la route
00:40:01qui fait du massif
00:40:02ou mal
00:40:02et bon voilà
00:40:03le potentiel développement
00:40:04sur le trait massif
00:40:05renvoie à l'industrialisation
00:40:07des cycles longs
00:40:08ça c'est des cycles longs
00:40:08il faut le faire
00:40:09moi je suis un des premiers partisans
00:40:11en tant que citoyen
00:40:11que notre pays
00:40:12soit davantage industrialisé
00:40:13et ça forcément
00:40:14il y aura des conséquences positives
00:40:16pour les traits massifs
00:40:17ou les containers avec les ports
00:40:19le wagon isolé
00:40:20on est très petit aujourd'hui
00:40:21il n'y a que nous qui le faisons
00:40:21ça c'est une bonne nouvelle
00:40:23parce que le marché potentiel
00:40:24est considérable
00:40:25et aujourd'hui
00:40:26il y a des frais majeurs
00:40:27il y en a plusieurs
00:40:27mais il y a le prix
00:40:28si le système d'aide
00:40:30qui va être mis en place
00:40:30permet de réduire
00:40:31voire de réduire à zéro
00:40:33ce désavantage
00:40:34en prix du train
00:40:35par rapport à la route
00:40:36là je n'y vois
00:40:37moi le levier important
00:40:38de petit à petit
00:40:38regagner des parts de marché
00:40:39regagner du volume
00:40:40en plus c'est un cercle vertueux
00:40:42parce que vous savez que
00:40:42c'est vrai du ferroviaire en général
00:40:44mais c'est vrai du fret aussi
00:40:45excusez-moi de jargonner
00:40:47un peu en économique
00:40:47mais il faut le faire
00:40:48on est une activité de coût fixe
00:40:50c'est-à-dire que le train
00:40:50il a sa locomotive
00:40:51il a son péage
00:40:52il a son conducteur
00:40:53qui est un wagon
00:40:5410 wagons
00:40:5440 wagons
00:40:55en gros il coûte la même chose
00:40:57l'énergie de traction
00:40:57est peut-être un peu moins
00:40:59non mais quand même
00:40:59donc on voit que
00:41:00ces wagons isolés
00:41:01qui se rajouteraient
00:41:02un wagon
00:41:03deux wagons
00:41:0310 wagons
00:41:0420 wagons
00:41:04ils changent complètement
00:41:06le modèle économique
00:41:07de l'activité du fret ferroviaire
00:41:08voilà donc c'est pour ça que
00:41:09moi je crois
00:41:10que c'était absolument décisif
00:41:12et là c'est une décision
00:41:13de court terme
00:41:13qu'il faut exploiter
00:41:14on a avec ce virage
00:41:16du wagon isolé
00:41:17à la fois l'arrêt
00:41:18de la spirale dangereuse
00:41:20sur laquelle on glissait
00:41:21et deuxièmement
00:41:22un vrai potentiel de croissance
00:41:23donc moi sur le court terme
00:41:24oui il faut assumer
00:41:26les règles économiques
00:41:27mais en se disant
00:41:28qu'on a les bases
00:41:29pour avancer
00:41:31sur le long terme
00:41:33moi je suis d'accord
00:41:34avec tout ce qui a été dit
00:41:34à la fois en tant que patron
00:41:36d'une entreprise de fret
00:41:37mais aussi en tant que citoyen
00:41:39il faut absolument
00:41:40qu'il y ait davantage
00:41:41de marchandises sur les trains
00:41:42moins sur les camions
00:41:42voilà c'est une vérité de base
00:41:44je rappelle quand même
00:41:45quelques éléments
00:41:46que l'on connaît
00:41:47mais qu'il faut se redire
00:41:47le train pollue
00:41:4920 fois moins
00:41:50que les camions
00:41:51donc si dans les politiques publiques
00:41:52on intègre
00:41:53de plus en plus
00:41:54les critères
00:41:54de verdissement
00:41:55de l'économie
00:41:56c'est une espèce d'évidence
00:41:57on se demande même
00:41:58comment on n'y est pas davantage
00:41:59donc c'est peut-être
00:42:00la prise de conscience
00:42:01aussi du momentum
00:42:02pousser des jeunes
00:42:04sensibilité écologique
00:42:04plus forte
00:42:05mouvement très fort
00:42:06qui est dans toute l'Europe
00:42:07qui est peut-être
00:42:08une caractéristique de l'Europe
00:42:09d'ailleurs
00:42:09quand on se compare
00:42:10aux autres continents
00:42:10à l'Asie et aux Amériques
00:42:12dans ce continent européen
00:42:14on sent une sensibilité
00:42:15très forte
00:42:15au sujet écologique
00:42:16et forcément
00:42:17ça doit pousser
00:42:18vers des décisions publiques
00:42:19en faveur du fret
00:42:20deuxièmement
00:42:21l'énergie
00:42:21on n'en parle pas non plus
00:42:23mais les évidences
00:42:24que l'on rappelle
00:42:25et les cheminots le savent bien
00:42:26une roue en fer
00:42:27qui roule sur un rail
00:42:28en acier
00:42:28il n'y a pas de frottement
00:42:29donc quand le convoi
00:42:30a été branlé
00:42:31il consomme beaucoup moins
00:42:32d'énergie
00:42:33ce qui fait qu'à la tonne
00:42:34transportée
00:42:35une tonne transportée
00:42:36en fret
00:42:37ferroviaire
00:42:37elle consomme
00:42:38six fois moins d'énergie
00:42:39que le camion
00:42:40voilà
00:42:40dans les avantages physiques
00:42:42ils sont évidents
00:42:43on ne peut pas passer
00:42:44à côté de ces avantages
00:42:45là pour le coup
00:42:46pour aller révéler
00:42:47ces avantages
00:42:48il faut des politiques publiques
00:42:49pas que françaises
00:42:50européennes
00:42:51je pense que la solution
00:42:52du long terme
00:42:53si on réfléchit au long terme
00:42:55il faut réfléchir à l'Europe
00:42:56pour ça
00:42:57je pense que
00:42:58le combat est ouvert
00:43:00il est possible
00:43:01il est ouvert
00:43:01il faut profiter du Green Deal
00:43:03du deal vert
00:43:04l'Union Européenne
00:43:06là pour le coup
00:43:06affiche des ambitions très fortes
00:43:08doublement de la part de marché
00:43:09on sait très bien que ça
00:43:10c'est pas avec le réseau existant
00:43:11si on veut doubler la part de marché
00:43:13il faudra créer des infrastructures
00:43:14parce que notre réseau ferroviaire
00:43:16en France
00:43:16mais c'est vrai ailleurs en Europe
00:43:17il est bien garni
00:43:19sur les axes principaux
00:43:20il est bien rempli
00:43:20vous l'avez évoqué
00:43:21même quand on rentre
00:43:22en région parisienne
00:43:23on a du mal à mettre
00:43:24des trains de banlieue supplémentaires
00:43:25on a du mal à mettre
00:43:26des trains de frais supplémentaires
00:43:28donc si on veut
00:43:29doubler la part de marché
00:43:30c'est peut-être pas
00:43:31deux fois plus de trains
00:43:32mais presque
00:43:32là pour le coup
00:43:33il faudra un vrai programme
00:43:35sur 10 ans
00:43:36sur 15 ans
00:43:36on crée pas des infrastructures
00:43:37ferroviaires en claquant les doigts
00:43:38mais là pour le coup
00:43:39et l'impulsion doit être européenne
00:43:41la bonne nouvelle
00:43:42si j'ai bien compris
00:43:42c'est qu'il y a des ressources
00:43:44le nerf de la guerre
00:43:45il est là
00:43:46on parle de 40 milliards d'euros
00:43:48au niveau européen
00:43:49qui pourraient être consacrés
00:43:49à l'amélioration
00:43:51du réseau ferroviaire européen
00:43:52là c'est très très important
00:43:53de concrétiser ses ambitions
00:43:55pour moi il y a un enjeu majeur
00:43:56d'ailleurs je vais en faire
00:43:57un point fort
00:43:58de mon action de président de la SNCF
00:43:59bien sûr pas tout seul
00:44:01vous savez on est plus efficace
00:44:02quand on est plusieurs
00:44:03et avec mon collègue allemand
00:44:05nous allons entreprendre
00:44:06effectivement des discussions
00:44:08importantes dans les semaines
00:44:09qui viennent
00:44:10pour effectivement
00:44:11tirer parti de cette ambition
00:44:12moi je pense que le long terme
00:44:14doit se penser européen
00:44:15les grands courants de trafic
00:44:16vers les ports
00:44:16par exemple allemands
00:44:18belges néerlandais
00:44:19et français
00:44:20doivent se faire
00:44:21avec du ferroviaire
00:44:22or la connexion au port
00:44:23n'est pas si simple que ça
00:44:24on sait qu'on a aussi
00:44:26des sujets à régler là dessus
00:44:27donc voilà
00:44:28donc moi je pense qu'il y a
00:44:29en tant que président
00:44:30de cette entreprise
00:44:31moi je vois deux échéances
00:44:32la première c'est
00:44:33je veux dire
00:44:34sauvegarder ce qu'il est
00:44:35avec
00:44:35en tirant parti au maximum
00:44:37du plan de relance
00:44:38et des composantes
00:44:39orientées en particulier
00:44:40vers le wagon isolé
00:44:41et deuxièmement
00:44:42alors pour le coup
00:44:42militer tous ensemble
00:44:44pour que des grandes décisions
00:44:45de long terme
00:44:46au plan européen
00:44:47soient prises
00:44:48pour donner du corps
00:44:49à cette ambition formidable
00:44:51d'adoublement du part de marché
00:44:52je pense que
00:44:52c'est ce qu'on souhaite tous
00:44:53en fait
00:44:54on souhaite tous effectivement
00:44:55que les conditions soient créées
00:44:56pour que
00:44:56moins de marchandises
00:44:58sur les wagons
00:44:59sur les camions
00:45:00davantage sur les wagons
00:45:01avec quelques regrets
00:45:02ça sert à rien de revenir
00:45:04au passé
00:45:05quoique
00:45:05il faut trouver des formes nouvelles
00:45:07mais l'éco-taxe
00:45:08restera quand même
00:45:09moi en titre personnel
00:45:10un regret formidable
00:45:11on avait trouvé le moyen
00:45:12effectivement
00:45:12de rééquilibrer le report modal
00:45:14et à la fois
00:45:14de gagner la substance économique
00:45:16pour favoriser
00:45:17le frais de ferroviaire
00:45:18on fera pas le passé
00:45:19il faut le penser différemment
00:45:21mais ce genre d'outil
00:45:23on a besoin de ce genre d'outil
00:45:24pour effectivement
00:45:25apporter des corrections
00:45:26structurelles
00:45:27dans le report modal
00:45:28entre le camion
00:45:30et entre le train
00:45:32dernier petit point
00:45:33c'est pas
00:45:34dans ce que je dis là
00:45:35ça peut être un peu caricatural
00:45:37et mal compris
00:45:37par les gens du routier
00:45:39c'est pas contre le routier
00:45:41par exemple
00:45:42sur le combiné
00:45:43il y a toujours
00:45:43un bout du trajet
00:45:45qui se fait en camion
00:45:46le combiné
00:45:47on parlait du Perpignan-Régis
00:45:49quand on va arriver
00:45:50à Régis
00:45:51il y aura du camion
00:45:52et du camion
00:45:54mais sur la courte distance
00:45:54donc en gros
00:45:55la longue distance
00:45:56c'est le train
00:45:57la capillarité fine
00:45:58peut être faite par la route
00:45:59voilà
00:46:00donc je pense que c'est bon
00:46:01on peut aussi raisonner
00:46:02en complémentarité
00:46:03voilà
00:46:03donc je pense que c'est
00:46:04sur ces bases là
00:46:05qu'il faut avoir cette ambition
00:46:06et le momentum
00:46:07effectivement est très bon
00:46:08la convention citoyenne
00:46:09l'a dit d'ailleurs
00:46:10la convention citoyenne
00:46:11c'est les citoyens
00:46:12qui s'expriment
00:46:13je crois que la première
00:46:14ou la toute première recommandation
00:46:15elle est autour du train
00:46:16qui apparaît comme
00:46:17la solution de mobilité
00:46:18pour le fret
00:46:19mais aussi pour les voyageurs
00:46:20d'ailleurs
00:46:21aujourd'hui on n'est pas là
00:46:21pour parler des voyageurs
00:46:22mais en tout cas
00:46:23il y a une envie de train
00:46:24pas que pour nous
00:46:25qui sommes dans le
00:46:26j'allais dire
00:46:26le microcombe des transports
00:46:27élu en charge des transports
00:46:29syndicat qui veut avancer
00:46:30sur les transports
00:46:31patron d'une entreprise
00:46:32de transport
00:46:32ministre des transports
00:46:33mais au delà même
00:46:34de notre écosystème
00:46:36les citoyens
00:46:37dans la grande majorité
00:46:38veulent davantage de trains
00:46:39veulent davantage de fret
00:46:40à nous de saisir ce momentum
00:46:41pour avancer
00:46:43voilà donc je crois que là
00:46:44avec l'intervention
00:46:45de Jean-Pierre Farandou
00:46:46on voit qu'on passe
00:46:47à une autre partie du débat
00:46:48qui est
00:46:48on est passé du bilan
00:46:49et de l'état des lieux
00:46:50aux questions de perspectives
00:46:51d'avenir
00:46:52et donc comment on se projette
00:46:54finalement dans les 10
00:46:5415 20 ans à venir
00:46:56alors dans ce que dit
00:46:57monsieur le président
00:46:58de la SNCF
00:46:59on note qu'il pourrait y avoir
00:47:02finalement des préoccupations
00:47:03partagées
00:47:03par exemple la question
00:47:05de la prise en compte
00:47:06du coût écologique
00:47:07des transports
00:47:08et dans ce cas là
00:47:09l'avantage effectivement
00:47:10comparatif du fret
00:47:11par rapport à la route
00:47:13et donc comment
00:47:14on prend en compte cela
00:47:16moi j'y vois une correspondance
00:47:17avec ce que Pierre Garzon
00:47:19vous évoquiez tout à l'heure
00:47:20sur la question
00:47:22des coûts cachés
00:47:23en quelque sorte
00:47:23de la route
00:47:24et notamment
00:47:25sur les questions écologiques
00:47:27et puis
00:47:29le deuxième point fort
00:47:31je dirais
00:47:31c'est cette question
00:47:32d'aide aux wagons isolés
00:47:33comme finalement le levier
00:47:35tout à l'heure
00:47:37monsieur le ministre
00:47:37parlait de retour de l'État
00:47:39retour extraordinaire de l'État
00:47:40dans ce retour de l'État
00:47:42visiblement
00:47:42il y a donc
00:47:43cette question du soutien
00:47:44soutien en tout cas
00:47:46affiché comme résolu
00:47:47à la politique
00:47:49du wagon isolé
00:47:49alors est-ce que là
00:47:50on trouve des pistes
00:47:51de solutions
00:47:52qui permettraient
00:47:53je dirais
00:47:54une relance effective
00:47:56du fret
00:47:57votre avis Pierre Garzon
00:47:58alors plusieurs choses
00:48:00d'abord dire
00:48:00effectivement
00:48:01qu'il ne faut jamais bouder
00:48:02en situation de crise
00:48:03l'apport et le soutien
00:48:05de l'État
00:48:05mais il ne peut pas se résumer
00:48:07seulement aux périodes de crise
00:48:09et à la socialisation
00:48:10des pertes
00:48:11même s'il faut le faire
00:48:12évidemment
00:48:12parce qu'il n'y aurait
00:48:13rien de pire
00:48:13que d'avoir
00:48:15tout à reconstruire
00:48:17même quand mon propos
00:48:18est critique
00:48:19sur l'outil actuel
00:48:20donc on a un outil
00:48:21on a
00:48:22vous l'avez dit
00:48:23à votre manière
00:48:24monsieur Farandou
00:48:25on a quand même
00:48:25un atout dans notre pays
00:48:26on a une histoire ferroviaire
00:48:28donc on a des lignes
00:48:28qui sont mal en point
00:48:29abandonnées
00:48:30pas suffisamment
00:48:32entretenues
00:48:32et en capacité
00:48:33pour accueillir
00:48:34les différents enjeux
00:48:36que l'on a évoqués
00:48:36transport de voyageurs
00:48:37ou en l'occurrence
00:48:38dans notre débat
00:48:39celui de marchandises
00:48:41mais il a existé
00:48:42et en général
00:48:43donc
00:48:43on va dire
00:48:44qu'en matière d'aménagement
00:48:46on a des aspects
00:48:47dans notre pays
00:48:48qui nous permettent
00:48:49de dire
00:48:49on peut retrouver
00:48:50cette capillarité
00:48:52il faut y travailler
00:48:54donc un état
00:48:55qui soit en orientation
00:48:57un état
00:48:57pas nécessairement
00:48:59d'ailleurs central
00:49:00mais bien évidemment
00:49:01là aussi
00:49:02en capillarité
00:49:03d'idées
00:49:03de projections
00:49:04d'aménagement
00:49:05du territoire
00:49:07pour se dire
00:49:08au fond
00:49:08parce que
00:49:09c'est quand même
00:49:10la subtilité
00:49:11du transport
00:49:13c'est de savoir
00:49:14pas seulement
00:49:15ce que l'on
00:49:15transporte dessus
00:49:16mais
00:49:17qu'est-ce qu'on a
00:49:18en bout de chaîne
00:49:19comment
00:49:20et c'était
00:49:20très révélateur
00:49:21on en revient toujours
00:49:22à l'exemple
00:49:24du Perpignan de Rangis
00:49:25Perpignan Rangis
00:49:26c'était de savoir
00:49:27qu'est-ce qu'on ramène
00:49:28de l'autre côté
00:49:28finalement
00:49:29comment on crée
00:49:30une logique
00:49:31de bout en bout
00:49:32et d'aller-retour
00:49:33qui justifie
00:49:34pleinement
00:49:35l'usage
00:49:36d'une ligne
00:49:37et sa défense
00:49:39donc on a besoin
00:49:40de poser
00:49:41les choses
00:49:42poser les débats
00:49:43poser
00:49:44les
00:49:45les enjeux
00:49:45d'investissement
00:49:46qui soient utiles
00:49:47à cela
00:49:48moi je considère
00:49:50qu'on a
00:49:51en la matière
00:49:52deux enjeux
00:49:54un de très court terme
00:49:55très très court terme
00:49:56c'est celui de sauver
00:49:56les outils
00:49:58de moyen terme
00:49:59qui est de
00:50:00effectivement
00:50:00passer d'un plan
00:50:02de sauvegarde
00:50:02à un plan
00:50:03effectif
00:50:04de relance
00:50:04qui reste à faire
00:50:05de mon point de vue
00:50:06et qui comprend
00:50:07à la fois
00:50:08la question
00:50:08des moyens financiers
00:50:09à la fois
00:50:10la projection
00:50:11donc je fais aussi
00:50:12partie
00:50:14de ceux
00:50:15qui considèrent
00:50:15et qui va investir
00:50:18le champ
00:50:18de monsieur Béroud
00:50:19puisqu'il est nommé
00:50:20au commissaire
00:50:21au plan
00:50:22pour dire
00:50:22on va l'écrire
00:50:23cette feuille de route
00:50:24et on va l'écrire
00:50:25avec les citoyens
00:50:26qui effectivement
00:50:26sont en exigence
00:50:28sociale
00:50:28de sauvegarder
00:50:29l'emploi
00:50:30dans un pays
00:50:31qui s'est très largement
00:50:33séparé
00:50:33de son tissu
00:50:35industriel
00:50:35qui est le principal
00:50:37pourvoyeur d'emplois
00:50:39de sa jeunesse
00:50:41qui regarde
00:50:42avec inquiétude
00:50:43légitime
00:50:44la transformation
00:50:46de notre monde
00:50:47avec cet été
00:50:49encore
00:50:49les températures
00:50:51les plus hautes
00:50:51enregistrées
00:50:52dans l'histoire
00:50:52des différents
00:50:54organismes
00:50:55de mesure
00:50:55des températures
00:50:56sur notre planète
00:50:58donc une tendance
00:51:00qui mobilise
00:51:01et politise
00:51:02les consciences
00:51:03de la jeunesse
00:51:04dont on a trop souvent
00:51:05dit qu'elle était
00:51:05dépolitisée
00:51:06mais en fait
00:51:07qui s'intéresse
00:51:07à sa capacité
00:51:09à pouvoir se projeter
00:51:10dans l'avenir
00:51:10à travers le prisme
00:51:11de la dimension écologique
00:51:13et cette dimension écologique
00:51:15nécessairement
00:51:16elle interroge
00:51:17notre fonctionnement
00:51:18de société
00:51:19où on produit
00:51:20qu'est-ce qu'on produit
00:51:21comment on consomme
00:51:22comment on transporte
00:51:23et comment tout ça
00:51:26se régule
00:51:27de telle façon
00:51:28que les
00:51:28je le redis
00:51:29que les objectifs
00:51:31ne soient pas
00:51:32contradictoires
00:51:33avec les moyens
00:51:34dont on se dote
00:51:36donc il y a une notion
00:51:36très clairement
00:51:37ça a été dit
00:51:38de service public
00:51:40comme on imagine
00:51:41qu'il y a
00:51:41des aspects
00:51:42de notre société
00:51:43qui doivent échapper
00:51:44à la règle du marché
00:51:45très clairement
00:51:46pour moi
00:51:46le transport
00:51:48de voyageurs
00:51:49et de marchandises
00:51:49parce qu'il doit répondre
00:51:50à des objectifs
00:51:51qui sont supérieurs
00:51:52à la logique du court terme
00:51:54du marché
00:51:54qui sont supérieurs
00:51:56à la logique
00:51:56de rentabilité
00:51:57ce qui ne veut pas dire
00:51:58qu'on ne réfléchit pas
00:51:59les équilibres
00:52:00entre dépenses et recettes
00:52:01je ne suis pas
00:52:02le partisan
00:52:02du déséquilibre
00:52:03mais je dis
00:52:04que sur des temps longs
00:52:05vous le dites vous-même
00:52:06et vous êtes bien placé
00:52:07pour le savoir
00:52:08monsieur Farandou
00:52:09qu'une ligne de transport
00:52:10elle ne se conçoit pas
00:52:11pour demain
00:52:13et pour qu'elle dure
00:52:14quelques années
00:52:15ou quelques dizaines d'années
00:52:17on construit les choses
00:52:20au moins pour le siècle
00:52:22donc il faut réfléchir
00:52:24sur des temps longs
00:52:24qui sont totalement incompatibles
00:52:26avec la logique du marché
00:52:28donc il faut accepter
00:52:29de le dire
00:52:29il faut accepter
00:52:30de revisiter
00:52:31les règles
00:52:32qui ont présidé
00:52:33depuis plusieurs décennies
00:52:34maintenant
00:52:35à l'organisation
00:52:36de notre société
00:52:37et où au fur et à mesure
00:52:38on a détricoté
00:52:39ce qui apparaissait
00:52:40comme des éléments
00:52:41de régulation
00:52:42là où aujourd'hui
00:52:43la période
00:52:44dans laquelle on est
00:52:46précisément
00:52:46elle remet sur le devant
00:52:47de la scène
00:52:48peut-être moins la notion
00:52:49d'état
00:52:49mais la notion
00:52:50de régulation
00:52:51alors la régulation
00:52:52c'est par le bas
00:52:53et c'est par le haut
00:52:54moi je crois
00:52:54qu'il y a
00:52:55des aspirations populaires
00:52:56qui portent
00:52:58des éléments de régulation
00:52:59on a fait référence
00:53:01donc à mon activité
00:53:02d'élu
00:53:03de
00:53:05locale
00:53:06c'est précisément
00:53:07là-dessus
00:53:08qu'on est
00:53:08qu'on est interpellé
00:53:10concrètement
00:53:10qu'est-ce que l'on fait
00:53:11pour que
00:53:12le matin
00:53:13quand j'ai déjà
00:53:13de la pénibilité
00:53:15à rejoindre mon travail
00:53:16et bien on me dégage
00:53:17mes routes
00:53:18donc alors
00:53:19il y a probablement
00:53:21des choses à travailler
00:53:23au plus près
00:53:24avec les élus
00:53:25justement
00:53:25pour regarder
00:53:26à faire en sorte
00:53:28qu'on vienne tordre
00:53:29la facilité
00:53:30qu'ont les camions
00:53:30à circuler sur les routes
00:53:32quand cela
00:53:32vient contribuer
00:53:34à l'aggravation
00:53:38de la crise climatique
00:53:39que l'on connaît
00:53:39mais que ça vient aussi
00:53:40contribuer
00:53:41à la malvie
00:53:43dont souffrent
00:53:44les citadins
00:53:45pour se rendre
00:53:46sur leur lieu de travail
00:53:47il faut aussi
00:53:48le relier
00:53:49à des enjeux
00:53:50plus généraux
00:53:52moi je crois
00:53:53qu'il y a
00:53:55des choses
00:53:56à regarder
00:53:57de telle manière
00:53:58que l'on privilégie
00:53:59du consommateur
00:54:00au producteur
00:54:02aux activités publiques
00:54:03le fait que
00:54:04c'est mieux
00:54:05une marchandise
00:54:05transportée par le train
00:54:06que par le camion
00:54:08mais ça doit se voir
00:54:08et ça doit se compter
00:54:09ça doit se monnayer
00:54:11c'est-à-dire qu'à un moment donné
00:54:12on doit accepter
00:54:14de tordre le coût
00:54:15d'homme
00:54:15qui fait que le camion
00:54:16aujourd'hui
00:54:17paye peu
00:54:17ou pas grand chose
00:54:18finalement
00:54:20des infrastructures
00:54:20qu'il paye
00:54:22aujourd'hui
00:54:23donc il y a
00:54:24des rééquilibres
00:54:25qui interrogent
00:54:26très très vite
00:54:27la façon
00:54:28qu'on a
00:54:29de concevoir
00:54:30cela
00:54:31je vais prendre
00:54:32un exemple
00:54:33simple
00:54:33aujourd'hui
00:54:34souvent
00:54:34et c'est d'ailleurs
00:54:36la limite
00:54:36des exercices
00:54:37et des plans
00:54:39de soutien
00:54:40c'est-à-dire
00:54:41qu'on conditionne
00:54:42souvent dans la même doctrine
00:54:43le soutien
00:54:45ça a été évoqué
00:54:46par Laurent Brun
00:54:47à des rattrapages
00:54:49de productivité
00:54:50des choses
00:54:50qui en fait
00:54:51ne sont pas toujours
00:54:52compréhensibles
00:54:53pour ceux qui nous écoutent
00:54:54mais qui globalement
00:54:55en fait
00:54:55signifient
00:54:56qu'on va faire plus
00:54:58avec moins
00:54:58et on a surtout vu
00:54:59que quand on fait
00:55:00avec moins
00:55:01on a toujours moins
00:55:02que l'objectif
00:55:03que l'on visait
00:55:05donc je pense
00:55:06qu'il faut
00:55:07non pas retirer
00:55:08la notion de condition
00:55:09quand on vient aider
00:55:10mais changer
00:55:11les critères
00:55:12de conditions
00:55:14sur lesquels
00:55:15on exige
00:55:15une entreprise
00:55:16qu'elle travaille
00:55:20autre élément
00:55:21donc par exemple
00:55:22pour être extrêmement concret
00:55:24moi je pense
00:55:25que sur cette question
00:55:26pour avoir des propositions
00:55:28extrêmement précises
00:55:29on a besoin
00:55:30de conditionner
00:55:31l'aide
00:55:32que l'on apporte
00:55:33offert
00:55:34à un caractère pérenne
00:55:37c'est-à-dire
00:55:37qui ne change pas
00:55:38d'un gouvernement
00:55:39à un autre
00:55:39d'une période
00:55:40à un autre
00:55:40d'une injonction
00:55:42à une autre
00:55:43j'ai un exemple
00:55:44en tête
00:55:45c'est le Grand Paris Express
00:55:46quand on s'est battu
00:55:47le département
00:55:48du Val-de-Marne
00:55:48il y a 20 ans
00:55:49de cela
00:55:49pour construire
00:55:50le métro
00:55:51de banlieue
00:55:52à banlieue
00:55:52et qu'on a créé
00:55:53l'association Orbival
00:55:55qui regroupait
00:55:56toutes les communes
00:55:57du département
00:55:58du Val-de-Marne
00:55:58quelle que soit
00:55:59leur sensibilité politique
00:56:00autour d'un objectif
00:56:01c'est quand même
00:56:02incroyable
00:56:03qu'en début
00:56:04du deuxième millénaire
00:56:05on soit encore
00:56:06à devoir se véhiculer
00:56:07en voiture
00:56:08parce que
00:56:09la densité
00:56:10de transport collectif
00:56:11n'était pas au rendez-vous
00:56:12à l'époque
00:56:13en 20 ans
00:56:14ce qui apparaît long
00:56:15à l'échelle d'une vie
00:56:15mais à l'échelle
00:56:16des infrastructures
00:56:17est assez court
00:56:18finalement
00:56:19on en est au chantier
00:56:20du métro
00:56:22si on avait
00:56:23fait comme on sait faire
00:56:24d'habitude
00:56:25exiger du gouvernement
00:56:26que dans les orientations
00:56:28de loi budgétaire
00:56:30il y ait une somme
00:56:31à louer
00:56:31sur les 30 ans
00:56:32qui viennent
00:56:32pour la construction
00:56:33de ce métro
00:56:34je pense qu'on n'en serait
00:56:34pas au chantier
00:56:36je pense que
00:56:37de gouvernement
00:56:37au gouvernement
00:56:38de situation
00:56:40de crise ou pas
00:56:41on serait venu
00:56:43prendre
00:56:43quelques milliards
00:56:45par-ci
00:56:45quelques milliards
00:56:46par-là
00:56:46et on serait
00:56:47à se bagarrer
00:56:49pour savoir
00:56:49comment on finance
00:56:50le métro
00:56:51on a en fait
00:56:52isolé
00:56:55le financement
00:56:57pour le relier
00:56:58à l'objectif
00:56:59et pas
00:56:59à la notion
00:57:01éphémère
00:57:02du budget
00:57:03de l'État
00:57:03même s'il est
00:57:04important
00:57:05je pense que
00:57:05c'est une des dimensions
00:57:06très importantes
00:57:07c'est-à-dire qu'on a
00:57:09créé des taxes
00:57:10on a créé des impôts
00:57:11spécifiques
00:57:11qui sont dédiés
00:57:12dont personne
00:57:13va pouvoir aller
00:57:13le prendre
00:57:14pour faire autre chose
00:57:15que cela
00:57:16que de se concentrer
00:57:17sur l'effort
00:57:17entre guillemets
00:57:18de guerre
00:57:19même si j'aime pas le terme
00:57:20qui était de construire
00:57:21ce métro
00:57:21en région parisienne
00:57:23c'est des dizaines
00:57:24de milliards
00:57:25je vais arrêter là-dessus
00:57:26mais je pense qu'il faut
00:57:27un peu réfléchir
00:57:28comme cela
00:57:29alors on l'appelle
00:57:30comme on veut
00:57:30mais il faut que les camions
00:57:32payent
00:57:34une redevance
00:57:35qui est d'autant plus long
00:57:36donc d'autant plus important
00:57:39que le chemin est long
00:57:40de la marchandise
00:57:40d'autant plus important
00:57:43s'il y avait une alternative
00:57:44par le faire
00:57:45évidemment
00:57:45on va pas demander
00:57:46aux camions
00:57:47de se substituer au faire
00:57:48s'il n'y a pas la ligne
00:57:49qui existe
00:57:49mais par contre
00:57:50je pense qu'il y a des choses
00:57:51qui se modulent
00:57:52et qui contribuent
00:57:53et qui doivent être fléchées
00:57:54pour aller directement
00:57:56financer le faire
00:57:57puisqu'on dit
00:57:58que c'est la priorité
00:57:59et qu'on est d'accord
00:57:59pour dire que c'est la priorité
00:58:00voilà ce type de réflexion
00:58:03et d'état d'esprit
00:58:04dont il me semble
00:58:06nous pourrions
00:58:07sur lequel nous pourrions
00:58:08travailler
00:58:10élus locaux
00:58:11gouvernement
00:58:13entreprise
00:58:13au sens large
00:58:14pas seulement de transport
00:58:15mais citoyen
00:58:17pour dire
00:58:17voilà
00:58:17on a
00:58:18puisque c'est ça l'objectif
00:58:19puisqu'on semble être d'accord
00:58:21pour dire
00:58:22on doit faire autrement
00:58:23alors
00:58:24on se donne les moyens
00:58:25de travailler
00:58:25sur un financement pérenne
00:58:27durable
00:58:28inviolable
00:58:29excusez-moi du terme
00:58:30pour atteindre
00:58:31sur ces temps longs
00:58:32les objectifs
00:58:33que l'on se donne
00:58:34merci beaucoup
00:58:35Pierre Garzon
00:58:35Laurent Brun
00:58:36une réaction
00:58:37sur cette
00:58:39oui
00:58:40d'abord
00:58:40nous non plus
00:58:41on ne crache pas
00:58:41sur les plans d'aide
00:58:42du gouvernement
00:58:42mais quand même
00:58:43dire aussi
00:58:44que le gouvernement
00:58:45sauve le fret
00:58:46après lui avoir
00:58:46mis la tête
00:58:47sur le bio
00:58:47parce que
00:58:48la réforme de 2018
00:58:49qui fait
00:58:50du fret SNCF
00:58:51une SAS
00:58:53autonome
00:58:53dans une situation
00:58:54de déséquilibre financier
00:58:55tout le monde voyait
00:58:56que
00:58:57un an
00:58:57deux ans
00:58:58ou trois ans
00:58:58plus tard
00:58:59ce serait
00:58:59le mur
00:59:00donc
00:59:00je tempère
00:59:02quand même
00:59:02un peu
00:59:04la joie
00:59:05des plans
00:59:06du gouvernement
00:59:07bon
00:59:07le deuxième élément
00:59:08c'est quand même
00:59:08de remettre
00:59:09les choses
00:59:09de recontextualiser
00:59:11sur le temps long
00:59:11les efforts
00:59:12qu'on a à fournir
00:59:13aujourd'hui
00:59:14on l'a dit
00:59:1533 milliards
00:59:16de tonnes kilomètres
00:59:179%
00:59:17de parts modales
00:59:19la CGT
00:59:21dans un document
00:59:21qu'elle a proposé
00:59:24à l'occasion
00:59:24de la réforme ferroviaire
00:59:26comme une alternative
00:59:27disait
00:59:27à l'échéance
00:59:282050
00:59:29il faut que la part modale
00:59:30soit de 25%
00:59:31pour le ferroviaire
00:59:32c'est un objectif
00:59:33qui revient
00:59:34de manière très régulière
00:59:35nous on y mettait
00:59:35des éléments concrets
00:59:36derrière
00:59:36pour l'atteindre
00:59:37mais 25%
00:59:39de parts modales
00:59:39en 2050
00:59:40ça veut dire quoi
00:59:41ça veut dire
00:59:421000 Perpignan-Ringis
00:59:441000 Perpignan-Ringis
00:59:46à faire rouler
00:59:47en plus
00:59:47d'ici là
00:59:48bon
00:59:49donc
00:59:50il va falloir
00:59:51s'atteler au premier
00:59:51mais va vite
00:59:52falloir trouver les autres
00:59:53parce que
00:59:54en vérité
00:59:55le volume
00:59:56de marchandises
00:59:57qui se transportent
01:00:00augmente chaque année
01:00:01et si on veut
01:00:02regagner du terrain
01:00:03il ne faut pas être
01:00:04simplement sur
01:00:05nous on en a fait
01:00:06une bataille symbolique
01:00:07de cette ligne
01:00:08le Perpignan-Ringis
01:00:09parce que
01:00:09c'était la disparition
01:00:11du fret
01:00:11sur des infrastructures
01:00:14symboliques
01:00:14elles aussi
01:00:15le marché
01:00:16Saint-Charles à Perpignan
01:00:17et le mine de Ringis
01:00:19si on n'arrive pas
01:00:20à faire du train
01:00:20entre ces deux sites là
01:00:23c'est qu'on n'arrivera
01:00:24jamais à en faire
01:00:24nulle part
01:00:25donc c'était une bataille
01:00:26symbolique pour nous
01:00:27mais un symbole
01:00:28on ne peut pas en rester à ça
01:00:29l'objectif c'est
01:00:301000 Perpignan-Ringis
01:00:32d'ici 2050
01:00:32faire multiplier par 1000
01:00:34c'est ça
01:00:34le trafic
01:00:35trouver 1000 équivalents
01:00:36du Perpignan-Ringis
01:00:37en termes de nouvelles charges
01:00:39sur le fer
01:00:41sur le train
01:00:42donc ça place
01:00:44les enjeux
01:00:45à un niveau
01:00:46extrêmement important
01:00:47ça fait plus d'une trentaine
01:00:49par an
01:00:49à trouver
01:00:50donc voilà
01:00:50aujourd'hui
01:00:51je le redis
01:00:53le Perpignan-Ringis
01:00:55bien sûr qu'il faut
01:00:56travailler sur une solution
01:00:57la solution
01:00:58elle était existante
01:00:59c'était
01:00:59les wagons classiques
01:01:01qui eux
01:01:01permettaient d'arriver
01:01:02avant 5 heures
01:01:03puisqu'on le faisait
01:01:04jusqu'à présent
01:01:05il n'y avait pas de raison
01:01:06d'être en incapacité
01:01:08de le faire
01:01:08il y avait y compris
01:01:09pour la question des travaux
01:01:10des itinéraires alternatifs
01:01:13la question des travaux
01:01:15est une bonne question
01:01:15si aujourd'hui
01:01:17pour le développement
01:01:18du fret ferroviaire
01:01:19le travail de nuit
01:01:21massifié
01:01:21pour les travaux
01:01:23est un problème
01:01:23alors peut-être
01:01:24faut-il revoir
01:01:25cette logique industrielle
01:01:27de SNCF Réseau
01:01:30qui fait qu'on fait
01:01:31les travaux massifiés de nuit
01:01:32on fait les travaux massifiés de nuit
01:01:33pourquoi ?
01:01:34parce qu'il y a
01:01:35très peu de financement public
01:01:36sur les travaux
01:01:38qu'on a des ressources
01:01:38qui sont extrêmement rares
01:01:40et donc on les concentre
01:01:41sur des grandes opérations
01:01:43mais on pourrait faire
01:01:44les travaux autrement
01:01:45en maintenant
01:01:46y compris
01:01:46la circulation des trains
01:01:48c'est-à-dire
01:01:48sans qu'il y ait de coupure
01:01:50pendant des mois
01:01:51voire des années
01:01:52sur les lignes
01:01:53par contre
01:01:54évidemment
01:01:55ça coûterait un peu plus cher
01:01:56et donc la question
01:01:57du financement
01:01:58elle passe aussi
01:01:58par là
01:02:01le fret
01:02:02il peut répondre
01:02:02aux marchés existants
01:02:03mais les marchés existent
01:02:04je vous donne un exemple
01:02:07en Normandie
01:02:10on a une entreprise
01:02:11qui s'appelle
01:02:12les carrières
01:02:12de la Roche-Blain
01:02:13qui veut faire du ferroviaire
01:02:16il y a une volonté
01:02:17il y a de la masse
01:02:19donc il y a une capacité
01:02:20à faire
01:02:21le problème
01:02:22c'est qu'SNC Fréseau
01:02:23refuse
01:02:23de remettre en place
01:02:25de remettre en état
01:02:26la ligne de Blainville
01:02:27qui permettrait
01:02:28de réaliser ce trafic
01:02:29parce que
01:02:30évidemment
01:02:31quand on fait rouler
01:02:31des trains lourds
01:02:32il faut que la voie
01:02:32soit un peu plus résistante
01:02:33que ce qu'elle est
01:02:34pour du simple voyageur
01:02:35et donc il faut faire
01:02:36quelques travaux d'aménagement
01:02:38pourquoi SNC Fréseau
01:02:39est dans cette situation là
01:02:40parce qu'encore une fois
01:02:41on est toujours
01:02:41sur la même situation
01:02:43les ressources d'ingénierie
01:02:45les ressources de production
01:02:46qui sont nécessaires
01:02:48pour faire les travaux
01:02:48sont aujourd'hui
01:02:49toutes mobilisées
01:02:51essentiellement
01:02:51sur la région parisienne
01:02:52et sur ce qu'on appelle
01:02:53le réseau structurant
01:02:54si on veut arriver
01:02:55à pouvoir répondre
01:02:56positivement à ces travaux là
01:02:58il faut non seulement
01:02:58du financement
01:02:59mais il faut aussi
01:02:59du personnel
01:03:00et donc pour fermer
01:03:021000 trains
01:03:02Perpignan-Ringis
01:03:03il va falloir embaucher
01:03:05des agents de conduite
01:03:07embaucher du personnel
01:03:08de maintenance
01:03:09embaucher du personnel
01:03:11de manœuvre
01:03:12mais pour faire
01:03:13les travaux des voies
01:03:15de manière à ce que
01:03:16le réseau puisse
01:03:17à nouveau accueillir
01:03:18des trains lourds
01:03:19qu'on puisse les faire
01:03:20rouler de nuit
01:03:21etc.
01:03:21il faut aussi du personnel
01:03:22donc nous nous croirons
01:03:24personnellement
01:03:24au plan de relance
01:03:25et à la rupture
01:03:26avec le passé
01:03:27quand on verra
01:03:28des créations d'emplois
01:03:29aujourd'hui
01:03:30c'est pas du tout
01:03:31ce qui se profile
01:03:32on est dans l'attrition
01:03:33dans la poursuite
01:03:34de l'attrition
01:03:35et donc
01:03:35il n'y a pas de mystère
01:03:36on peut en sous-traiter
01:03:37un bout
01:03:37on peut essayer
01:03:39de tout trouver
01:03:40on peut casser
01:03:41les conditions
01:03:41de travail des salariés
01:03:42mais tout ça
01:03:43a une limite objective
01:03:44et à un moment donné
01:03:45il faut quand même
01:03:45des moyens
01:03:46je le redis
01:03:471000 Perpignan-Ringis
01:03:49ça se fera pas
01:03:49par les gains de productivité
01:03:50ça se fera par
01:03:51des créations d'emplois
01:03:53et des choses comme ça
01:03:54ensuite
01:03:56je vais au bout
01:03:57de ma réflexion
01:03:58mais pour redévelopper
01:04:00du trafic ferroviaire
01:04:00il ne suffit pas
01:04:01de mettre de la subvention
01:04:03il faut organiser
01:04:04le système
01:04:04de cette manière
01:04:05si je reprends
01:04:06le Perpignan-Ringis
01:04:07bien sûr
01:04:08qu'il faut desservir
01:04:10le mine de Ringis
01:04:10mais les 15 autres mines
01:04:12on en fait quoi ?
01:04:14parce que concrètement
01:04:15si on avait développé
01:04:16un réseau
01:04:17de dessert
01:04:18de transport
01:04:20de frais
01:04:22sur les 15 mines
01:04:24les ports
01:04:25les zones
01:04:27logistiques
01:04:28sur lesquelles sont concentrées
01:04:29les productions françaises
01:04:31de fruits et de légumes
01:04:32et bien concrètement
01:04:33on aurait nettement
01:04:34moins de problématiques
01:04:36de coûts
01:04:36parce que par exemple
01:04:37le train ne reviendrait pas à vide
01:04:39il ferait un circuit complexe
01:04:40il chargerait à des endroits
01:04:41il déchargerait à d'autres endroits
01:04:42etc.
01:04:43aujourd'hui pour créer ça
01:04:44on compte sur l'initiative privée
01:04:46l'initiative privée
01:04:47ne générera jamais
01:04:49un réseau de cette nature là
01:04:51ce qu'il faut
01:04:52c'est une initiative publique
01:04:53c'est mettre les acteurs
01:04:55autour de la table
01:04:56pour à la fois faire de la politique
01:04:58de la demande
01:04:59et la subvention
01:05:00c'est de la politique de la demande
01:05:01on encourage la demande
01:05:02mais il faut aussi
01:05:03de la politique de l'offre
01:05:04et donc
01:05:05il faut faire se rencontrer
01:05:07l'offre et la demande
01:05:08ce n'est pas très compliqué
01:05:09et qui peut répondre à ça
01:05:11qui peut
01:05:11sur la demande de l'Etat
01:05:14la commande politique
01:05:15de l'Etat d'ailleurs
01:05:16ou des collectivités
01:05:17peu importe
01:05:17mais qui sur la demande
01:05:19de l'autorité publique
01:05:21peut répondre
01:05:22en disant
01:05:22moi j'investis
01:05:23demain
01:05:24des centaines de millions d'euros
01:05:26dans l'achat de matériel
01:05:27j'investis dans la construction
01:05:28de nouvelles installations
01:05:29de dessert
01:05:31etc
01:05:31sans avoir réellement
01:05:33de garantie
01:05:35sur ce que ça va pouvoir donner
01:05:37parce que c'est une orientation politique
01:05:38c'est l'outil public SNCF
01:05:40et
01:05:41on a voulu ces dernières années
01:05:43considérer
01:05:43comme un certain nombre
01:05:44d'autres entreprises publiques
01:05:46la SNCF
01:05:47comme une entreprise
01:05:47comme les autres
01:05:48qui doit répondre
01:05:49aux mêmes règles que les autres
01:05:50si elle répond aux mêmes règles
01:05:52que les autres
01:05:52effectivement
01:05:53elle ne répond plus
01:05:54à la commande publique
01:05:54parce qu'elle est soumise
01:05:56aux mêmes contraintes
01:05:56de rentabilité
01:05:58de l'investissement
01:05:58etc
01:05:59c'est ce qu'on a vu
01:05:59dans le Perpignan-Régis
01:06:00la commande politique
01:06:01était passée
01:06:03systématiquement
01:06:03et systématiquement
01:06:04il n'y avait pas de réponse
01:06:05si on veut
01:06:06que la commande politique
01:06:07soit respectée
01:06:08d'abord il faut qu'elle soit
01:06:10à la hauteur
01:06:10et ensuite
01:06:11il faut qu'on ait
01:06:12une entreprise
01:06:13un outil
01:06:13qui ne réponde pas
01:06:14aux règles de marché
01:06:16et c'est le principe
01:06:17de l'entreprise publique
01:06:18avec les règles
01:06:18qui lui sont attribuées
01:06:20je termine sur un élément
01:06:21dans les éléments
01:06:22de financement
01:06:24et de subvention
01:06:24il n'y a pas que la question
01:06:26de la subvention directe
01:06:27l'un des gros problèmes
01:06:28de fret SNCF
01:06:29aujourd'hui
01:06:29c'est qu'il n'est pas
01:06:30en capacité
01:06:31de mutualiser ses moyens
01:06:32avec les autres activités SNCF
01:06:33et quand je parlais
01:06:34des agents de conduite
01:06:35quand vous avez
01:06:36dans certaines régions
01:06:37un ou deux trains
01:06:38qui restent
01:06:39avec une poignée
01:06:41d'agents de conduite
01:06:41qui restent
01:06:43si vous voulez
01:06:43redévelopper de l'activité
01:06:44la logique
01:06:46ce serait que
01:06:46les mêmes conducteurs
01:06:47qui font
01:06:48les trains de voyageurs
01:06:49qui sont eux
01:06:50par ailleurs
01:06:50très nombreux
01:06:51dans la région
01:06:51puissent aussi
01:06:53faire du train de fret
01:06:53on aurait une forme
01:06:54de mutualisation
01:06:55qui n'empêcherait pas
01:06:57la séparation
01:06:58des coûts
01:06:59mais qui permettrait
01:07:01de rendre très efficace
01:07:03sans casser l'emploi
01:07:05la production industrielle
01:07:06donc voilà
01:07:07les propositions
01:07:07que la CGT
01:07:09met sur la table
01:07:10et qu'elle rendra publique
01:07:11d'ici quelques temps
01:07:12très bien
01:07:13on arrive là
01:07:13à la fin de notre débat
01:07:15donc il va falloir
01:07:16si vous voulez réagir
01:07:17il faut que ce soit
01:07:18de manière brève
01:07:19je vois que
01:07:19monsieur le ministre
01:07:20vous aviez levé la main
01:07:21donc je vous donne la parole
01:07:23j'aurais voulu aussi
01:07:23d'ailleurs une réaction
01:07:24même brève de votre part
01:07:25mais aux propositions
01:07:26de Pierre Garzon
01:07:27sur la question du financement
01:07:29dédié au transport
01:07:30qui s'émancipe
01:07:31des logiques du marché
01:07:31je peux rajouter un quatrième point
01:07:33alors mais en trois points
01:07:34rapides
01:07:34et en guise de conclusion
01:07:36je partage beaucoup de choses
01:07:37qui ont été dites
01:07:37peut-être la première chose
01:07:39c'est sur la quantification
01:07:40on fait un plan de relance
01:07:41à quoi ça sert
01:07:42on a quantifié
01:07:43sur les relances
01:07:44des 11 milliards 5 transports
01:07:45que ça créerait
01:07:46tout ça évidemment
01:07:47ce sont des hypothèses
01:07:48mais ça créerait 80 000 emplois
01:07:51directs et indirects
01:07:52et que ça permettrait
01:07:52d'éviter 12 millions de tonnes
01:07:53de CO2
01:07:54sur les deux ans qui viennent
01:07:55c'est un travail
01:07:56c'est encore
01:07:56qui va devoir être affiné
01:07:57qui va être mis
01:07:59au tamis de la réalité des faits
01:08:03mais en tout cas
01:08:03c'est une ambition
01:08:04qui est forte
01:08:04deuxième sujet
01:08:05c'est la complémentarité
01:08:06des modes
01:08:07ça a été évoqué
01:08:07par certains d'entre vous
01:08:09dire un mot
01:08:09sur les routiers
01:08:10quand même
01:08:10parce que moi évidemment
01:08:11je suis en charge
01:08:11de l'ensemble
01:08:12du secteur des transports
01:08:13les routiers
01:08:14sur la dimension écologique
01:08:15ont fait beaucoup d'efforts
01:08:16je rappelle quand même
01:08:17c'est un chiffre qui est mal connu
01:08:17mais entre 2007 et 2017
01:08:19on a eu sur l'ensemble
01:08:20de l'activité routière
01:08:21moins 60%
01:08:22en moyenne
01:08:23des baisses
01:08:23de soufre
01:08:24de particules fines
01:08:25d'émissions de CO2
01:08:26donc c'est un secteur
01:08:27qui est aussi en transition écologique
01:08:28et qui en complémentarité
01:08:30apporte le bout
01:08:31de ses solutions
01:08:32moi je suis
01:08:33ni partisan
01:08:34des forces
01:08:35du marché
01:08:36qui oeuvrent
01:08:37librement à leur guise
01:08:38ni partisan
01:08:39d'une planification
01:08:41autoritaire
01:08:42de l'économie
01:08:43de l'activité humaine
01:08:43je pense que
01:08:45ce qu'il faut arriver
01:08:46à faire singulièrement
01:08:47dans notre secteur
01:08:48des transports
01:08:48c'est avoir
01:08:49une concurrence régulée
01:08:50vous avez posé
01:08:51le bon mot
01:08:51de la régulation
01:08:52la régulation sociale
01:08:53c'est vrai par exemple
01:08:54pour les routiers
01:08:55pour reprendre leur exemple
01:08:56récemment nous avons voté
01:08:57un texte sur
01:08:58le cabotage
01:08:59le repos en cabine
01:08:59tout ça ce sont
01:09:00des avancées importantes
01:09:01mais on a encore
01:09:02vraiment beaucoup
01:09:02de travail à faire
01:09:03la concurrence
01:09:04pour le coup
01:09:05le dumping social
01:09:06pour être encore plus
01:09:07direct
01:09:07s'exerce quasiment
01:09:09dans l'ensemble
01:09:09du champ des transports
01:09:11vous voyez ce qui est fait
01:09:11dans le maritime
01:09:12avec des conditions
01:09:12parfois qui relèvent
01:09:14vraiment de la traite humaine
01:09:15c'est insupportable
01:09:16d'avoir encore ça en Europe
01:09:17vous voyez ce qui s'est fait
01:09:18dans le transport aérien
01:09:19où finalement
01:09:19ont gagné
01:09:20ceux qui ont
01:09:21le plus joué
01:09:23les zones grises
01:09:23du droit européen
01:09:24donc on a ce travail là
01:09:25qui est important
01:09:25évidemment à faire
01:09:27devant nous
01:09:28je crois qu'évidemment
01:09:29le Green Deal
01:09:30ce qui a dit Jean-Pierre Farandou
01:09:31ce sera important
01:09:31parce que ça permettrait
01:09:32de donner
01:09:32de la visibilité européenne
01:09:34à long terme
01:09:35et oui 40 milliards
01:09:37on parle d'une dizaine
01:09:38de milliards
01:09:39qui seraient aujourd'hui
01:09:39consacrés aux activités
01:09:41ferroviaires
01:09:42notamment aux frais
01:09:42de ferroviaires
01:09:43pour le renouvellement
01:09:44des matériaux roulants
01:09:44vous savez que c'est un sujet
01:09:45important
01:09:46mais je crois vraiment
01:09:47que le maître mot
01:09:48de la décennie qui s'ouvre
01:09:49c'est la juste régulation
01:09:51c'est pas la planification
01:09:52autoreste
01:09:52c'est la juste régulation
01:09:54et je pense que nous
01:09:55en prenons le chemin
01:09:55et je souhaite que ce chemin
01:09:56soit irréversible
01:09:57merci beaucoup
01:09:58monsieur le ministre
01:09:59Jean-Pierre Farandou
01:10:00un mot en guise de conclusion
01:10:03sur les 10-15 prochaines années
01:10:05l'activité fret publique
01:10:07de la SNCF
01:10:09je vous le dis
01:10:10pour moi le fret
01:10:11est au coeur du projet
01:10:12de l'entreprise
01:10:12donc pour la double raison
01:10:13que j'ai indiqué
01:10:14intérêt général
01:10:14parce que nous sommes
01:10:15une entreprise publique
01:10:16et très fier de l'être
01:10:18et deuxièmement
01:10:19parce que d'un point de vue
01:10:20économique
01:10:21je pense que oui
01:10:22les conditions
01:10:23peuvent être créées
01:10:24d'une forme de soutenabilité
01:10:25économique
01:10:25d'une activité
01:10:26de fret ferroviaire
01:10:27donc pour ces deux raisons
01:10:29j'ai cette vision
01:10:30d'une SNCF
01:10:31qui dans 10-15 ans
01:10:32aura une activité
01:10:32de fret importante
01:10:33plus importante qu'aujourd'hui
01:10:35je pense qu'il y a deux temps
01:10:37il y a
01:10:37alors en plus
01:10:38ça se corrèle aussi
01:10:39avec la Covid
01:10:40qui nous empoisonne
01:10:41un peu dans l'économie
01:10:42pour un an, deux ans
01:10:43donc il faut tenir bon
01:10:44il faut tenir bon
01:10:45dans les deux ans qui viennent
01:10:46et on peut le faire
01:10:48avec le plan de relance
01:10:49qui nous donne l'occasion
01:10:50ça c'est dans l'action
01:10:51et dans la préparation
01:10:52des décisions
01:10:53je crois qu'il faut continuer
01:10:54le travail engagé
01:10:55de considérations
01:10:57plus larges
01:10:58sur le transport
01:11:00le mot barbare
01:11:01c'est les externalités
01:11:02on a eu du mal
01:11:03à le convertir
01:11:04pour de vrai
01:11:04et pourtant
01:11:05c'est ô combien vrai
01:11:06ça c'est un vrai sujet
01:11:07aussi d'arriver
01:11:08à faire peser
01:11:09l'ensemble des coûts
01:11:10qu'une activité a
01:11:11sur ses comptes
01:11:13il ne faut pas lâcher
01:11:14parce que ça
01:11:15on sait bien
01:11:15que c'est à mon avis
01:11:16l'élément le plus important
01:11:18il faut les raouter
01:11:18deux éléments
01:11:19qui peuvent être
01:11:20des moteurs
01:11:21pour accélérer
01:11:22finalement ce qu'on souhaite tous
01:11:23c'est à dire qu'il y a plus de marchandises
01:11:25dans les trains
01:11:25le rôle des régions
01:11:27je pense que les régions ont un rôle à jouer
01:11:29et on le voit déjà
01:11:30que certains de régions
01:11:31qui ont pris à bras le corps
01:11:32les sujets de développement économique
01:11:33de leur territoire
01:11:34ont bien compris
01:11:35pour certaines
01:11:35que oui
01:11:36le train
01:11:37le fret
01:11:38devaient jouer un rôle
01:11:38donc il faut absolument
01:11:40qu'une grande société publique
01:11:41et nationale
01:11:41comme la SNCF
01:11:42sache aussi
01:11:43travailler avec chaque région
01:11:45dans sa logique
01:11:46de développement économique
01:11:47de son territoire
01:11:48et ça croise bien aussi
01:11:49avec l'orientation
01:11:50que je souhaite donner
01:11:50de la SNCF plus régionale
01:11:52et le fret doit être au carrefour
01:11:53de ses intentions
01:11:54et puis côté label
01:11:56je pense aussi
01:11:57que la poussée des consommateurs
01:11:58c'est important
01:11:59il pourrait y avoir
01:11:59des labels
01:12:01marchandises transportées
01:12:02de manière verte
01:12:02il faudrait qu'on arrive
01:12:03à trouver
01:12:04une désignation
01:12:05de type label
01:12:06sur les paquets
01:12:07où on dira
01:12:08cette marchandise
01:12:09elle a pris le train
01:12:10si on arrivait aussi
01:12:11ça pousserait sur les consommateurs
01:12:12qui consommeraient
01:12:14peut-être davantage
01:12:14ce type de marchandises
01:12:15donc ça crée un cercle vertueux
01:12:16où les entreprises elles-mêmes
01:12:17feraient prendre davantage
01:12:19le train à leur marchandise
01:12:19enfin je crois aussi
01:12:20il ne faut pas sous-estimer
01:12:21la poussée du citoyen
01:12:22la poussée du consommateur
01:12:23qui peut être un formidable
01:12:24moyen d'évolution
01:12:25c'est en cours
01:12:26avec la filière logistique
01:12:27c'est parfait
01:12:28donc je crois que
01:12:29le momentum
01:12:30effectivement on l'a tous dit
01:12:31il est clé
01:12:33sachons nous emparer
01:12:34de tous les leviers
01:12:34pour finalement réaliser
01:12:36ce rêve
01:12:37qu'on a
01:12:37qu'on ait vraiment
01:12:38plus de frais de ferroviaire
01:12:39dans notre pays
01:12:39Merci Jean-Pierre Farandou
01:12:41vous voulez ajouter un mot
01:12:42Pierre Garzon
01:12:43éventuellement
01:12:44un mot de conclusion
01:12:45Très rapidement
01:12:46Très très très rapidement
01:12:47C'est vraiment quelques secondes
01:12:48En quelques secondes
01:12:50dire qu'on a besoin
01:12:51effectivement
01:12:52de poursuivre
01:12:53ce type d'échange
01:12:54et de formuler
01:12:55des propositions
01:12:55extrêmement précises
01:12:58L'enjeu toujours
01:13:01pour tordre le bras
01:13:02de cette concurrence
01:13:03libre et non faussée
01:13:04c'est d'objectiver
01:13:06les moyens de financement
01:13:08du transport ferroviaire
01:13:09je l'ai dit
01:13:09de le sacraliser quelque part
01:13:11alors pour que ce soit
01:13:13pas autoritaire
01:13:14on va dire
01:13:14qu'il faut que ce soit
01:13:15donc populaire
01:13:16il faut que ce soit
01:13:17porté
01:13:17relié à des objectifs
01:13:18portés par les populations
01:13:20les bassins de vie
01:13:20les bassins d'emploi
01:13:21les bassins de territoire
01:13:22avec les élus locaux
01:13:24pour identifier
01:13:25comment précisément
01:13:26on se donne des objectifs
01:13:27et comment on les atteint
01:13:29financièrement
01:13:29et en termes de politique
01:13:31de politique industrielle
01:13:33et en reliant tout ça
01:13:34je crois qu'il y a
01:13:35quelque chose
01:13:36à travailler de très fort
01:13:37ça suppose aussi
01:13:38une vision de l'aménagement
01:13:39qui n'est pas assez présente
01:13:41à mon avis
01:13:41dans notre réflexion
01:13:43mais qui est évidemment
01:13:45inséparable
01:13:45de la notion de transport
01:13:47et d'implantation
01:13:50d'objets de production
01:13:51Merci Pierre
01:13:52Laurent Brun
01:13:52le mot de la fin
01:13:53pour vous
01:13:55Oui très très vite
01:13:57les cheminots CGT
01:13:59comme je l'ai dit
01:13:59on a une
01:14:00on va dire
01:14:02une
01:14:03la tension particulière
01:14:05sur les objectifs
01:14:05long terme
01:14:06qui sont donnés
01:14:06mais on n'est pas
01:14:07que sur le long terme
01:14:08on est aussi nous
01:14:09dans le concret
01:14:10et dans le concret
01:14:12aujourd'hui
01:14:12on a un certain nombre
01:14:13de triages
01:14:14dont les voies
01:14:14sont par exemple
01:14:15en train d'être déposées
01:14:16on a un certain nombre
01:14:18d'installations
01:14:19terminales en brancher
01:14:19qui sont en train
01:14:20d'être fermées
01:14:21ou qui ne sont plus utilisées
01:14:22et on a des poursuites
01:14:23de suppression d'emploi
01:14:24on croira vraiment
01:14:26au plan de relance
01:14:27et à la rupture
01:14:27avec le passé
01:14:28quand on verra
01:14:29les 80 000 emplois
01:14:30alors M. Fardou
01:14:31je ne sais pas combien
01:14:31il en a à sa charge
01:14:33mais les 80 000 emplois
01:14:35créés
01:14:37et quand on reverra
01:14:38du positif
01:14:39dans les créations
01:14:40d'emplois
01:14:41à la SNCF
01:14:41parce que c'est un indicateur
01:14:42qui est pour nous
01:14:45pragmatique
01:14:46concret
01:14:47ensuite
01:14:48justement
01:14:49l'autoritarisme
01:14:50on l'a vu
01:14:50dans les années 2003
01:14:51à partir de 2003
01:14:52quand on a supprimé
01:14:54un certain nombre
01:14:55d'activités
01:14:56et on croira aussi
01:14:57à la relance
01:14:57dans le fret
01:14:58quand on s'emparera
01:14:59de nouvelles activités
01:15:01l'un des premiers segments
01:15:04qui a été abandonné
01:15:05à cette époque-là
01:15:06de manière très violente
01:15:08c'est les garbois
01:15:09demain si on nous annonce
01:15:10des réouvertures
01:15:11de garbois
01:15:12on pourra envisager
01:15:14qu'effectivement
01:15:16il y a une politique
01:15:16originale
01:15:17qui est en train
01:15:17de se mettre en place
01:15:18et qui donne
01:15:19des perspectives
01:15:20au transport ferroviaire
01:15:21en tout cas
01:15:22on va militer pour ça
01:15:22dans les jours qui viennent
01:15:24et bien merci beaucoup
01:15:25Laurent Brun
01:15:26pour ce mot de la fin
01:15:27merci à tous
01:15:28d'avoir participé
01:15:29à ce débat
01:15:29de ceux contradictoires
01:15:31qui font aussi
01:15:32la marque
01:15:32de la fête de l'humanité
01:15:34alors le temps
01:15:34nous était un peu
01:15:35compté aujourd'hui
01:15:36mais la question
01:15:37du ferroviaire
01:15:38la défense du service
01:15:39public du ferroviaire
01:15:41irrigue aussi
01:15:42les productions
01:15:42de l'humanité
01:15:43donc tout au long
01:15:44de l'année
01:15:44dans nos journaux
01:15:45sur notre plateforme internet
01:15:47c'est des débats fondamentaux
01:15:48qui ne se résument pas
01:15:50en une heure et demie
01:15:51une fois par an
01:15:52merci à vous tous
01:15:53et puis il reste à vous souhaiter
01:15:55une bien bonne journée
01:15:56merci
01:15:57merci à vous
01:15:58merci
01:15:58merci

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