Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 19 heures
Mardi 6 mai 2025, jour de grève à la SNCF, Sarah Nedjar et Naïm Sakhi ont reçu Thierry Nier, secrétaire général CGT-cheminots, pour nous parler du mouvement qui a débuté le lundi 5 mai.

Thierry Nier revient sur les revendications de la CGT, qui demande l’ouverture de négociations avec la direction concernant l’organisation des plannings, les primes et la reconnaissance de la pénibilité sur les carrières longues des agents...

Pour ne pas manquer nos prochains live Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr

00:00 Présentations
2:20 Pourquoi la grève ?
21:10 La SNCF contre ses travailleurs
35:30 Quelles sont les conditions de travail
45:50 Le Fret
59:30 Plus de machines et moins d'humain
1:14:42 Conclusions


ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/

📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr

✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite

📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00On va parler de la grève SNCF qui a commencé ce 5 mai à l'appel de la CGT.
00:00:06De son côté, Sudrail appelle aussi à un mouvement qui s'étale sur la semaine.
00:00:10Et conséquence, le trafic des trains, vous l'avez peut-être remarqué, a été perturbé, notamment en Ile-de-France.
00:00:15Et elle devrait aussi l'être pour le pont.
00:00:182 mai, en première ligne de cette mobilisation, on parle des agents roulants, c'est-à-dire les conducteurs et
00:00:24les contrôleurs.
00:00:25Et ils dénoncent à la fois une dégradation de leurs conditions de travail, de nouveaux logiciels qui réduisent la visibilité,
00:00:32on va dire, du planning de travail sur la durée et des modifications de services à peine 24 heures en
00:00:39avance.
00:00:40Donc, c'est-à-dire pas vraiment de possibilité de voir si on peut être mobilisable sur 24 heures.
00:00:48On va en parler ensemble et on va voir très concrètement ce que ça veut dire pour les personnes qui
00:00:52travaillent.
00:00:52En gros, c'est une instabilité professionnelle que tu dénonces et qui est de plus en plus compliquée à gérer
00:00:58pour les agents.
00:01:00Il y a aussi la question des primes dont on va parler, des conducteurs et des contrôleurs.
00:01:07Et du coup, voilà, je suis très contente de t'accueillir.
00:01:09Est-ce que pour les gens qui y sont arrivés, on nous dit très intéressés d'en savoir plus.
00:01:13Merci d'être là.
00:01:14Merci à toi d'être là.
00:01:15Éco-Lucie, on va répondre à tes questions si tu en as.
00:01:18Voilà, donc voilà, encore une fois, je représente Thierry, qui est secrétaire général de la CGT Cheminot.
00:01:24Merci d'être là.
00:01:25C'est le premier syndicat de la SNCF et tu demandes l'ouverture de négociations avec la direction.
00:01:31On va parler ensemble de tes demandes, notamment concernant du coup, ces primes, l'organisation des plannings.
00:01:37Et ça va être un entretien aiguillé par, est-ce qu'on peut te dire spécialiste de la question ?
00:01:43Spécialiste, je ne sais pas, mais en tout cas, je suis spécialiste, je ne sais pas, mais en tout cas,
00:01:48suivi de la question.
00:01:50Oui, tu suis les questions éco-sociales dans le transport depuis combien de temps ?
00:01:55Ça va faire deux ans et demi.
00:01:57Donc, ça va à la fois de l'actualité à la SNCF, de l'ouverture à la concurrence et des
00:02:03fidélisations dans le cas des appels d'offres, notamment TVR,
00:02:06mais aussi de tout ce qui se passe actuellement en Ile-de-France avec Ile-de-France Mobilité et la
00:02:11privatisation des lignes de bus,
00:02:13puis des métros du ferroviaire dans les années à venir.
00:02:19Ok, super. Écoutez, on va se lancer dans le chat. En premier lieu, je pense que le plus important, c
00:02:25'est d'expliquer pourquoi ce mouvement social,
00:02:28les raisons de ce mouvement qui démarre dans un climat un peu de tension sur les conditions de travail,
00:02:33de ce qu'on appelait les agents roulants de la SNCF. Encore une fois, agent roulant, c'est conducteur et
00:02:38contrôleur.
00:02:38Je parle sous votre contrôle, qu'on appelle aussi les ASCT. C'est pourquoi cet acronyme ?
00:02:45Agent du service commercial train. Voilà, tout simplement.
00:02:48Naïm, tu as signé un papier qu'on va afficher tout de suite à l'antenne. Sur le mouvement et
00:02:54ses conséquences,
00:02:55est-ce que tu peux nous résumer un petit peu à quoi ressemble ce mouvement dans son organisation pour l
00:02:59'instant ?
00:02:59Pour l'instant, il y a deux syndicats à la SNCF, qui sont la CGT, le syndicat majoritaire, comme on
00:03:05dit,
00:03:06qui a appelé à la grève dès le 5, et Sudrail, qui est un autre syndicat qui a appel progressivement
00:03:12en différents corps de métier à partir de ce mardi. Sur deux revendications, la révision de la prime de travail
00:03:20ou de traction en fonction qu'on soit conducteur ou qu'on soit contrôleur.
00:03:25Et également la révision, une remise à plat des nouveaux logiciels astuces et scores,
00:03:32qui sont les logiciels de roulement, c'est-à-dire de fabrication, de planning, etc.
00:03:38Et là où avant, un cheminot avait un an de prévision sur ses plannings, aujourd'hui c'est passé à
00:03:42trois mois.
00:03:43Et du fait du manque de moyens et de la flexibilisation des cheminots,
00:03:50certains cheminots sont prévenus 24 ans en avance pour travailler,
00:03:56ce qui provoque des agréments dans la vie privée et familiale bien légitimes.
00:04:01Et donc ce mouvement s'appuie sur ses syndicats. Il y a aussi un troisième acteur qui est,
00:04:07on en reviendra peut-être avec Thierry, mais qui est aussi la conséquence de la casse des droits syndicaux,
00:04:12des ordonnances Macron, qui est le CNA, à savoir le collectif national des ASCD,
00:04:16qui s'est créé sur Facebook et qui regroupe une seule corporation.
00:04:20C'est donc les contrôleurs divulgurement qui lui appelle à se mobiliser aussi ce week-end.
00:04:25Et donc il y a cette petite convergence qui s'est construite.
00:04:32Thierry, on résume souvent vos revendications pour cette grève à deux pôles clés.
00:04:38D'un côté, il y a l'organisation du travail, comme on vient de le dire, de l'autre côté
00:04:42la prime.
00:04:43Est-ce qu'on peut déjà parler de l'organisation du travail ensemble ?
00:04:46Ce que vient de nous dire Naïm, c'est qu'au final, sous 24 heures, vous pouvez être mobilisable sans
00:04:51pouvoir le prévoir.
00:04:53Et c'est surtout que de six mois de visibilité, vous vous passez à trois mois.
00:04:57Qu'est-ce que ça veut dire concrètement dans la vie d'un agent ?
00:05:00Déjà, il me semble important de pouvoir s'y resituer le fait que de résumer notre revendication sur l'organisation
00:05:09du travail à des plannings,
00:05:10en effet, ça peut paraître très réducteur et incompréhensible.
00:05:13Donc il s'agit bien d'organisation du travail.
00:05:14Ça, c'est super important de le dire parce que ça inclut quoi ?
00:05:18Ça inclut le fameux logiciel qui a été mis en œuvre depuis quelques années maintenant, qui impacte le quotidien.
00:05:23En fait, c'est une grosse bécane, on va dire comme ça, qui intègre à la fois les moyens matériels
00:05:29pour pouvoir faire circuler un train,
00:05:31les conducteurs de train.
00:05:32Et quand il y a des conducteurs sur les trains, puisque sur tous les TER, il n'y en a
00:05:35pas,
00:05:36il y a aussi les contrôleurs qui pourraient être sollicités pour pouvoir faire circuler ce train.
00:05:42Donc la machine, elle brasse, voilà, un engin moteur, par exemple une RAM TER, un conducteur,
00:05:48et puis là, on a de la chance, il y aura un contrôleur, voilà, et ça fait la journée de
00:05:52travail de ces agents-là.
00:05:55Cette bécane, elle tourne, elle tourne, elle tourne, elle tourne en permanence,
00:05:58et quand il y a des aléas, par exemple des suppressions de trains ou d'autres problématiques sur le réseau,
00:06:03elle rebrasse et elle peut recréer aussi des nouveaux roulements,
00:06:07et potentiellement, c'est souvent ça, d'ailleurs, qui impacte le quotidien de certains agents.
00:06:12Donc ça pose un gros problème.
00:06:13Alors ça, c'est le logiciel dont on parle.
00:06:16Donc il y a des mesures de paramétrage, c'est contrôlé aussi par l'encadrement de proximité,
00:06:22qui lui subit d'ailleurs aussi ce désagrément d'une machine qui ne cesse de brasser, brasser, brasser,
00:06:28puisque d'un côté, la machine, elle brasse en permanence,
00:06:31donc ça peut modifier les journées de travail, comme on l'a dit,
00:06:33et en même temps, cet encadrement de proximité doit aussi, entre guillemets, supporter la colère,
00:06:40le mécontentement des agents d'exécution.
00:06:42Donc on a aussi cette catégorie de personnel dont on parle peu,
00:06:45qui est aussi très impactée par ce logiciel.
00:06:49On a aussi et surtout, nous on le met en avant, dans le cadre du conflit qui est engagé depuis
00:06:54hier,
00:06:55la question de l'emploi, qui est aussi centrale.
00:06:57Quand on dit organisation du travail, si on veut pouvoir retrouver plus de souplesse dans l'attribution des congés,
00:07:04dans aussi les amplitudes de travail, on a besoin de plus d'emplois,
00:07:08et on a aussi besoin d'avoir plus d'emplois pour pouvoir recréer ce qu'on appelle des réserves de
00:07:13personnel
00:07:13qui permettent de, comment dire, de supplier aux aléas.
00:07:17Par exemple, un agent malade qui ne peut pas prendre son service le matin,
00:07:21si on a un agent de réserve à disposition, hop, le train peut partir à l'heure, etc.
00:07:27Donc la question de l'emploi, pour nous, elle est aussi prégnante.
00:07:29Donc oui, nous parlons bien de problématiques d'organisation du travail.
00:07:32Et c'est essentiel de lire parce que quelques chroniqueurs, commentateurs, un petit peu,
00:07:38poussent le bouchon à réduire notre vendication à une question de planning.
00:07:41Et forcément, posé comme ça, le commande des mortels se dit,
00:07:44mais enfin, les cheminots, la CGT, pour des plannings, que faites-vous ?
00:07:47Donc c'est bien de resituer le sujet et de redonner quand même quelques clés de lecture.
00:07:51On est vraiment sur des enjeux d'organisation du travail sur la durée, c'est important.
00:07:54Quand tu parles d'agent de réserve, est-ce qu'il existe un statut d'astreinte ?
00:07:58Si tu es l'agent qui peut être, on va dire, mobilisé dans les 24 heures,
00:08:04est-ce que tu as une façon de le savoir et est-ce que c'est satisfaisant pour l'instant
00:08:10?
00:08:11Le statut d'astreinte existe dans d'autres métiers.
00:08:13C'est-à-dire qu'on a dans d'autres métiers des agents qui sont disponibles en cas d'aléas,
00:08:21notamment sur les voies, c'est souvent dans les métiers de l'équipement, mais pas que.
00:08:24Nous, la question de la réserve, c'est quelque chose qui a existé il n'y a pas très longtemps.
00:08:27C'était, y compris jusqu'à 2010, par là, c'est quand même pas la préhistoire,
00:08:34où on avait un nombre de cheminots qui étaient à disposition et qui ne faisaient pas que ça.
00:08:41Ils étaient aussi sur des journées de travail programmées, mais de part et d'autre, de temps à autre,
00:08:45ils étaient à disposition à la gare et ils étaient sollicités en fonction d'aller.
00:08:50Alors, ils pouvaient ne pas rentrer en cabine et faire rouler un train.
00:08:54Mais par contre, dès lors qu'il y avait une problématique, étant à disposition,
00:08:57ils permettaient, et cette souplesse, cette réactivité surtout.
00:09:00C'est ça qui est important. Donc, renouer avec ça, oui.
00:09:03Pourquoi la direction lorgne là-dessus ? Parce que c'est de l'emploi supplémentaire.
00:09:08Et en l'occurrence, la direction, vue de sa fenêtre, c'est potentiellement de l'emploi non productif.
00:09:12Parce qu'il se pourrait qu'elle ou lui ne rentre pas dans le train et ne fasse circuler le
00:09:17train.
00:09:18Donc, c'est ça qui pose problème. Il y a une logique de gestion de la masse salariale.
00:09:21Donc, nous, cette question d'emploi, elle est prégnante dans les revendications qu'on porte dans le cadre du conflit.
00:09:25Et c'est un sujet qu'on souhaite mettre en avant parce que c'est vrai pour les conducteurs et
00:09:28contrôleurs,
00:09:29mais c'est vrai aussi dans l'ensemble des métiers de la SNCF.
00:09:31Oui. Sur l'emploi, peut-être pour que tu nous expliques, en fait, vous roulez à fuit tendu, en fait.
00:09:37C'est bien ça la situation. Parce qu'on entend dire, Jean-Pierre Farandou,
00:09:39qu'on n'a jamais autant embauché actuellement à la SNCF.
00:09:43Est-ce que c'est le cas ?
00:09:44Donc, tu précises qu'il y a...
00:09:45Jean-Pierre Farandou est le PDG de la SNCF, qu'on n'a jamais autant embauché.
00:09:49Mais du coup, si aujourd'hui, vous êtes amené à avoir une flexibilité dans les derniers instants dans vos journées
00:09:57de travail,
00:09:57c'est bien qu'il y ait un manque d'emploi.
00:10:00Tout à fait. Alors oui, Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, se gargarise d'embaucher beaucoup.
00:10:05Alors, il n'y a pas peu d'embauches.
00:10:08On est quand même sur des rythmes importants, autour de 7000, etc.
00:10:12Bon, c'est quand même quelque chose de conséquent.
00:10:14Mais enfin, ça pallie à la fois les départs à la retraite,
00:10:16et puis tout un tas d'autres aléas, type les décès, etc.
00:10:20Et puis, il y a aussi un élément qui est peu mis en avant.
00:10:23Typiquement, le chiffre annoncé 2024, c'est 1400 recrutements aux agents de conduite.
00:10:29Qu'est-ce qui se passe quand on embauche un agent de conduite ?
00:10:31C'est quoi un agent de conduite ?
00:10:32Un conducteur de train.
00:10:34J'aurais pu dire ADC, en plus.
00:10:36Non, je n'ai qu'un conducteur de train.
00:10:38Dites-moi dans le chat si, évidemment, il y a un jargon que vous voulez qu'on précise.
00:10:4210 mois de formation.
00:10:43Qu'est-ce qui se passe à la sortie des formations ?
00:10:45Bien souvent, entre eux, le niveau de connaissance nécessaire,
00:10:49mais aussi une réalité de ce que pourra être leur quotidien au travail,
00:10:54c'est-à-dire travailler les fériés, la nuit pour certains, dimanche et fête, etc.
00:11:00Bon, certains se désistent.
00:11:01Et puis, on est en gros à la sortie de la formation après, parfois, de 40% d'échecs.
00:11:06Si on n'anticipe pas ces échecs à la sortie de formation,
00:11:10c'est autant d'agents de conduite, de conducteurs de train qui manqueront dans les effectifs
00:11:13pour faire circuler les trains sur l'ensemble du territoire.
00:11:15Donc, on a aussi besoin d'anticiper cet effet-là.
00:11:18C'est pourquoi nous disons, certes, le volet emploi du budget annonce 7000 et quelques recrutements,
00:11:23mais il faut aller plus loin pour devancer les situations d'échecs qu'on connaît.
00:11:27C'est un exemple chez les agents de conduite, mais enfin, c'est vrai aussi dans d'autres métiers.
00:11:31Donc oui, on a besoin de recruter plus.
00:11:33Et puis, vis-à-vis de la charge de travail réelle au quotidien,
00:11:37la CGT, nous considérons qu'on a un besoin d'emploi supplémentaire.
00:11:41Et c'est aussi toutes les batailles qu'on tente de mener au quotidien.
00:11:45Mais d'ailleurs, très en local, on a nos équipes militantes qui travaillent à l'appui de chiffres
00:11:50avec ce qu'on appelle la décoration charge-ressources.
00:11:53Il y a une charge de travail stabilisée, tant de trains à faire circuler,
00:11:56sur une amplitude de telle durée, combien de cheminots j'ai besoin.
00:11:59Et à la fois pour être dans le train, à la conduite, évidemment, et l'accompagner.
00:12:03Ça, c'est les contrôleurs.
00:12:04Les contrôleurs qui contrôlent, c'est bien connu,
00:12:07sauf que les contrôleurs, ils ont une responsabilité qui est de plus en plus détournée,
00:12:11c'est celle d'assumer, d'assurer la circulation, la sécurité de la circulation et des personnels.
00:12:18Le contrôleur est chargé aussi d'assumer la sûreté à bord du train.
00:12:23Il peut y avoir des aléas particuliers,
00:12:25liés à des comportements un peu agressifs, peut-être des bagarres, etc.
00:12:29Il est là pour ça.
00:12:30Et d'assumer, d'assurer la sécurité des usagers.
00:12:32Descendre d'un train, ça paraît bête, mais enfin,
00:12:34quelqu'un qui se prend le pied ou dans le marche-pied ou qui trébuche à la sortie,
00:12:39les contrôleurs doivent vérifier qu'ils se remettent debout, qu'ils ne soient pas blessés, etc.
00:12:43avant de fermer ses portes et repartir.
00:12:44C'est ça, le métier aussi de contrôleur.
00:12:46Donc, on peut toujours, comment dire, ou vulgariser,
00:12:50ou affaiblir un petit peu ce qu'est la portée de ces professions-là.
00:12:56Mais c'est des métiers à haute pénibilité.
00:12:59Parce que, en plus, je vous dis, dans le cadre des formations,
00:13:02beaucoup découvrent.
00:13:03C'est quoi les heures décalées ?
00:13:05Les horaires décalées ?
00:13:06C'est quoi travailler le week-end et les jours fériés ?
00:13:09C'est quoi d'être un peu souple, des fois, sur...
00:13:11Voilà.
00:13:12Oh là là, de découcher.
00:13:13De découcher.
00:13:14On y viendra peut-être tout à l'heure, mais il y a un rythme de travail.
00:13:18Alors, d'aucuns pourraient dire,
00:13:19oh, mais quand même, quand même pas compliqué.
00:13:22On monte dans le train, on se laisse aller.
00:13:23Oui, enfin, on informe.
00:13:25Voilà.
00:13:25Bonjour madame, bonjour monsieur, vous allez où ?
00:13:27Titre de transport, aucun machin.
00:13:28Ah, une information, vous allez à tel endroit ?
00:13:30Oui, oui, correspondance sera assurée, etc.
00:13:32C'est tous les jours.
00:13:33Mais c'est leur rôle, plus la sécurité dont je parlais.
00:13:35Et puis, il y a un petit élément que personne ne connaît,
00:13:38parce que ce n'est pas suffisamment mis en exergue,
00:13:40que ce soit les conducteurs de train ou les contrôleurs,
00:13:44en moyenne, sur 30 ans de carrière,
00:13:47ils passent 5 ans hors de chez eux.
00:13:49Puisque quand on prend un train et qu'on l'amène à bon port,
00:13:54bien souvent, contrôleurs et conducteurs s'arrêtent à l'endroit où ils arrivent.
00:13:58Voilà, je fais, je ne sais pas moi, un Is Paris, au hasard.
00:14:01J'arrive à Paris, ils opèrent ce qu'on appelle un découché.
00:14:04C'est un repos hors résidence, un RHR, voilà,
00:14:08qui fait qu'ils ne dors pas chez eux pour repartir le lendemain matin.
00:14:10C'est vrai sur ces lignes-là, TGV, c'est vrai au TLR aussi,
00:14:13en fonction des circulations et pour les trains en grande ligne.
00:14:16Voilà, c'est évidemment un peu moins vrai, voire pas pour le Transilien,
00:14:19mais il empêche qu'aussi dans le Transilien,
00:14:21il y a des effets directement liés à des situations de travail,
00:14:27des multiplications d'arrêts, des conducteurs souvent seuls,
00:14:30puisque les contrôleurs agissent en groupe,
00:14:34ponctuellement viennent, mais ça, c'est la décision de l'entreprise,
00:14:37agir comme ça.
00:14:38Donc il y a une forme de déshumanisation des gares et des trains aussi,
00:14:41qui est très palpable en région parisienne.
00:14:42Le conducteur est donc seul et doit assumer fermeture des portes,
00:14:47vérifier qu'il n'y ait pas d'accident, voilà,
00:14:49potentiellement être informé s'il y a des problématiques dans la rame.
00:14:52Bon, on voit bien que toute une carrière comme ça,
00:14:54ça crée de la charge mentale et une haute responsabilité.
00:14:57Donc ces deux métiers, ils sont des métiers, on va dire, importants,
00:15:01mais c'est deux métiers qui ne peuvent pas agir seuls pour faire circuler un train.
00:15:05Voilà, donc j'y reviendrai parce que c'est aussi important.
00:15:08La production d'un train, elle intègre énormément de métiers.
00:15:10Ce pourquoi nous, la CGT, nous proposons aussi,
00:15:13nous avons des propositions sur des sujets de toute nature
00:15:16pour l'ensemble des cheminots, pas exclusivement contrôleurs conducteurs,
00:15:20dont on s'occupe actuellement, évidemment,
00:15:22et ce pourquoi on est en grève depuis le début de la semaine.
00:15:26Peut-être pour revenir sur le calendrier de négociation,
00:15:31aujourd'hui, il y a différentes dates qui ont été mises en place,
00:15:33qui ont été annoncées par la direction,
00:15:36que ce soit sur la question des primes ou sur la question des logiciels.
00:15:39Il y a Jean-Pierre Farandou, le PDG de SNCF,
00:15:42qui annonce qu'un audit va être porté sur ces fameux logiciels.
00:15:47Est-ce que c'est suffisant pour le moment,
00:15:49les réponses du côté de la direction de la SNCF ?
00:15:52Et puis, aujourd'hui, comment tu qualifierais le climat social à la SNCF ?
00:15:58Alors, on va commencer par le début, climat social tendu.
00:16:02Climat social tendu, parce que depuis de nombreuses années maintenant,
00:16:06un peu plus de 10 ans,
00:16:09on est confronté à des réformes structurantes, lourdes,
00:16:13au sein de la SNCF, qui a modifié en profondeur la réalité de la SNCF,
00:16:19de ce qu'elle était, notamment.
00:16:20C'est-à-dire qu'il y a eu une première explosion directement liée à la loi de 2014 en
00:16:253 épiques,
00:16:26puis la loi de 2018, pacte ferroviaire, qui a explosé en 5 entités.
00:16:30Voilà, 4 SA et une SAS qui a été liquidée, le fret, au 31 décembre 2024,
00:16:36mais on pourra certainement y revenir.
00:16:37Donc, tous ces éléments-là constituent un environnement de déstabilisation permanente,
00:16:42avec une entreprise qui mute, dans une logique de répondre aux velléités de Bruxelles,
00:16:48pour appliquer les paquets ferroviaires qui imposent l'ouverture à la concurrence,
00:16:53et à la fois dans le transport de marchandises et de voyageurs.
00:16:55Donc, cet environnement concurrentiel pèse énormément,
00:16:57parce qu'il met en compétition les cheminots entre eux, avec d'autres entreprises.
00:17:02Il met, comment dire, une logique de productivité au cœur du quotidien des agents,
00:17:08qui fait que beaucoup se sentent pressés, pour ne pas dire oppressés.
00:17:13Ça répond à une question du chat de Yiddensen, qui nous dit,
00:17:16est-ce que la SNCF, à l'image des autres services publics,
00:17:18ne serait pas, encore une fois, soumise à des pressions pour l'affaiblir et la privatiser ?
00:17:22Oui, on est tout à fait dans ce schéma.
00:17:25D'ailleurs, nous, nous parlons de processus de privatisation,
00:17:28ce qu'on combat et qu'on continue de combattre.
00:17:30Donc, cet environnement-là, j'y reviendrai, de concurrence, etc., est pesant.
00:17:34Donc, ça, ça crée beaucoup, beaucoup de crispations,
00:17:36y compris avec des cheminots qui, depuis le 1er janvier 2020,
00:17:40rentrent sans avoir le statut qu'avaient les autres cheminots avant le 1er janvier 2020.
00:17:46Nous, ce qu'on veut, c'est recréer ce ciment social
00:17:47entre les cheminots qui sont embauchés depuis le 1er janvier 2020
00:17:51et ceux qui l'ont été avant.
00:17:53Pourquoi reparler de ciment social ?
00:17:55On produit tous du train, qu'on soit en CDI ou au statut.
00:18:00Il y a aujourd'hui des différenciations de salaire, de formation, de contenu de métier.
00:18:07Nous devons impérativement renouer avec ce qui nous tient à cœur,
00:18:11et ce n'est pas que des mots, une grande famille cheminote
00:18:14qui réponde aux besoins de services publics.
00:18:16Mais pour ça, il faut à la fois des droits transverses,
00:18:19il faut que chacun puisse se trouver bien dans son métier,
00:18:22qu'il puisse accéder au même niveau de formation,
00:18:26qu'il puisse accéder à la même connaissance de l'entreprise,
00:18:29le système ferroviaire dans sa globalité,
00:18:31les synergies entre activités,
00:18:33les impacts que peut avoir tel ou tel choix d'une activité par rapport à l'autre,
00:18:37où il se situe, lui ou elle-même d'ailleurs, dans la chaîne de production,
00:18:41et puis retrouver, et à la fois du lien,
00:18:44mais des liens créés, réels, entre métiers,
00:18:47parce que, comme je le disais tout à l'heure, produire un train,
00:18:49ça dépasse évidemment les seuls conducteurs et contrôleurs,
00:18:53il y a énormément de cheminots, de personnels,
00:18:56il y a ceux et celles qui sont dans les ateliers de maintenance,
00:18:59qui permettent à ce que les rames ressortent dans de bonnes conditions,
00:19:03pour éviter les accidents, mais aussi améliorer le confort,
00:19:07il y a toutes celles et celles qui sont sur les voies,
00:19:09qui permettent la circulation des trains,
00:19:11les agents de l'équipement,
00:19:12il y a celles et ceux qui sont dans les gares,
00:19:15malheureusement pas suffisamment,
00:19:17sur les quais,
00:19:18de moins en moins,
00:19:20les vendeurs, etc.
00:19:22Et puis il y a ceux et celles qu'on voit beaucoup moins,
00:19:24qui sont dans les bureaux administratifs,
00:19:27dans les cabinets médicaux,
00:19:28tous ceux et celles qui font entre guillemets,
00:19:30même pas entre guillemets d'ailleurs,
00:19:31le service public du service public,
00:19:32ceux et celles qui conceptionnent nos payes,
00:19:34nos feuilles de payes,
00:19:35qui répondent à nos problématiques individuelles,
00:19:37au regard des dossiers de chacun,
00:19:38voilà, c'est ça le monde ferroviaire,
00:19:40c'est ça la famille cheminote,
00:19:42et c'est ce pourquoi nous,
00:19:43la Fédération CDT des cheminots,
00:19:45on propose de travailler
00:19:47un nouveau statut du travail cheminot,
00:19:49pour faire ciment entre chacun et chacune,
00:19:53et nous avons voulu aborder ce sujet
00:19:54avec des questions très quotidiennes,
00:19:57que sont la formation professionnelle,
00:19:59il est temps de renouer avec une formation
00:20:01qui soit un peu plus consistante,
00:20:02il faut arriver, il faut arrêter,
00:20:04à faire des économies,
00:20:05sur des choses qui pourraient à la fois fidéliser
00:20:07les cheminots,
00:20:08et surtout les mettre bien
00:20:09dans l'exercice de leur métier.
00:20:11Et puis on a un autre élément
00:20:12qu'on met en exergue,
00:20:13qui va pouvoir répondre,
00:20:14qui devrait répondre aussi
00:20:15aux problématiques sous-jacentes
00:20:16de pouvoir d'achat en large,
00:20:18c'est l'établissement d'une grille unique
00:20:20des salaires pour les cheminots contractuels
00:20:22et statutaires.
00:20:23Donc voilà, on est à l'offensive
00:20:24pour véritablement entrevoir
00:20:26des droits transverses,
00:20:27qui doivent permettre de faire ciment
00:20:28de tous les cheminots et les cheminotes,
00:20:32et ça, pour nous, c'est l'essentiel.
00:20:34Aujourd'hui, là, particulièrement dans cette semaine,
00:20:37nous devons répondre aux problématiques
00:20:39des conducteurs et contrôleurs,
00:20:40mais des problématiques qui ne les touchent pas
00:20:43que si on parle de la prime de travail,
00:20:45on verra que d'autres cheminots
00:20:47seront aussi confrontés,
00:20:48puisque c'est un élément constitutif
00:20:49de la rémunération d'un cheminot.
00:20:51Vu qu'on en est à parler justement
00:20:54au climat qu'il y a en ce moment
00:20:56entre vous, vos revendications,
00:20:57et peut-être la direction,
00:20:59j'aimerais bien vous faire réagir
00:21:00à cette vidéo de Jean-Pierre Farandou,
00:21:02justement président du groupe SNCF,
00:21:04qui était ce matin au micro de France Inter,
00:21:06et qui s'est limite un petit peu excusé
00:21:08au nom du groupe,
00:21:09par rapport à cette grève
00:21:11qui survient une semaine
00:21:15et un week-end de pont.
00:21:16Je te laisse mettre ton casque
00:21:18pour pouvoir entendre,
00:21:19et pour pouvoir réagir juste après.
00:21:24D'abord, je voudrais avoir une pensée
00:21:26pour les voyageurs,
00:21:26je suis désolé qu'on les embête
00:21:27avec ces grèves.
00:21:28Il y a des voyageurs de TGV,
00:21:30mais il y a aussi des voyageurs
00:21:30du service public,
00:21:32il y a des lignes de banlieue
00:21:33en Ile-de-France qui sont touchées,
00:21:34quelques TER en province,
00:21:36voilà, nous, on fait tout,
00:21:37effectivement, pour offrir des trains
00:21:39à nos clients.
00:21:40En ce qui concerne les TGV,
00:21:41ce pont, on est assez confiant,
00:21:43tous les départs vont bien se passer,
00:21:45puisqu'en fait,
00:21:45il n'y a quasiment pas de grève
00:21:47mercredi, jeudi,
00:21:48donc c'est un service quasi normal.
00:21:50Mais les retours ?
00:21:51Voilà, la question,
00:21:52c'est les retours,
00:21:53puisque la grève des chefs de bord,
00:21:55des contrôleurs et du collectif
00:21:57démarrent 9, 10, 11.
00:22:00Ce qu'on peut dire,
00:22:01c'est qu'on va faire rouler
00:22:03un maximum de trains,
00:22:04on va prévenir chacun de nos clients,
00:22:06qui saura exactement
00:22:07s'il a eu un train au départ,
00:22:08ou un train au retour.
00:22:10On pense qu'on pourra ramener
00:22:11tout le monde,
00:22:11pas forcément le train précis,
00:22:13mais un train,
00:22:14il y aura un train dimanche
00:22:15pour ramener tout le monde,
00:22:16personne ne sera laissé à quai,
00:22:17on se mobilise pour arriver
00:22:19à faire revenir tous nos clients,
00:22:21bien évidemment.
00:22:23Alors, il explique,
00:22:25en s'excusant un peu
00:22:26au nom du groupe,
00:22:28qu'on est désolé
00:22:29d'embêter les usagers.
00:22:32J'ai envie de te poser la question,
00:22:33au moment où on décide d'une grève,
00:22:35une semaine de pont,
00:22:37c'est aussi lourd
00:22:40quand ça pèse dans une décision
00:22:42de faire grève,
00:22:44vous y pensez aussi ?
00:22:45Oui, alors déjà,
00:22:46juste rétablir une situation
00:22:48qui est la nôtre,
00:22:49la Fédération CGT des cheminots
00:22:50a appelé depuis le lundi 5 mai
00:22:53les conducteurs
00:22:54et les contrôleurs
00:22:55à la grève
00:22:56de manière simultanée
00:22:58sur des sujets
00:22:59qui les touchent
00:22:59de manière parallèle.
00:23:01C'est une modalité
00:23:03qui confère la responsabilité
00:23:05aux grévistes
00:23:06de reconduire ou pas
00:23:08le mouvement,
00:23:09ce qui a été fait
00:23:10de manière très majoritaire
00:23:11à l'issue des assemblées générales hier,
00:23:13nous, la Fédération des cheminots,
00:23:15nous avons engagé le conflit
00:23:16à partir de lundi 5,
00:23:18par période de 24 heures
00:23:19de manière reconductible,
00:23:20les grévistes se décident
00:23:22de la poursuite ou non,
00:23:24ce qui aussi permet
00:23:26et doit permettre aussi
00:23:27alors déjà d'entrevoir
00:23:28le niveau de rapport de force
00:23:29qui est plutôt pas négligeable
00:23:31et à ce que l'entreprise
00:23:33ouvre de vraies négociations.
00:23:35Donc voilà,
00:23:35pour ce qui concerne la CGT,
00:23:37nous avons entamé
00:23:38ce mouvement
00:23:39à partir du 5
00:23:39et les décisions
00:23:40de poursuite ou non
00:23:41appartiennent aux grévistes.
00:23:44Je voulais te faire réagir
00:23:46sur aussi une déclaration
00:23:47de Jean-Pierre Farandou
00:23:49de ce matin
00:23:49qui annonce que ce week-end,
00:23:50il y aura 90% des TGV
00:23:52qui seront maintenus.
00:23:54Pourtant, il y a une grève,
00:23:55on le voit,
00:23:56qui est quand même
00:23:56assez suivie
00:23:58chez les personnels concernés.
00:24:01Comment est-ce qu'il arrive
00:24:02à ce chiffre ?
00:24:03Est-ce qu'aujourd'hui
00:24:03des modes de réquisition
00:24:06sont entrepris à la SNCF ?
00:24:09Oui, alors réquisition
00:24:10apparaîtra toujours
00:24:11comme quelque chose
00:24:12d'un petit peu barbare.
00:24:13On parlera de mobilisation
00:24:14de personnels
00:24:15qui sont ou à disposition
00:24:17plus ou moins volontaires
00:24:18pour certains et certaines
00:24:19qui seront sollicités
00:24:21pour accompagner les trains
00:24:22et permettre de les faire circuler.
00:24:24C'est déjà arrivé
00:24:24parce que d'ailleurs
00:24:25quand la CGT
00:24:26avait lancé au mois de mars
00:24:29un mouvement similaire
00:24:31en termes de contenu
00:24:32vis-à-vis des contrôleurs
00:24:33de la partie sud-est
00:24:35qui va de Dijon
00:24:36jusqu'à Montpellier,
00:24:3775% de grévistes
00:24:39à l'appel de la CGT
00:24:40sur les sujets
00:24:41de primes de travail
00:24:42et d'organisation du travail,
00:24:44quasi indolore
00:24:45parce que la direction
00:24:46a fait couvert les trains
00:24:48avec les fameux volontaires.
00:24:5075% de grévistes,
00:24:51elle n'a pas jugé
00:24:52pertinent
00:24:53d'ouvrir des négociations.
00:24:54Voilà d'où on part
00:24:55sur les sujets
00:24:56dont on traite aujourd'hui,
00:24:58sachant que nous,
00:24:59nous les traitons
00:24:59de manière très approfondie
00:25:01depuis 2001.
00:25:02Si je peux me permettre
00:25:04la réaction
00:25:05vis-à-vis des propos
00:25:06du président.
00:25:07Bon, mais il est dans son rôle.
00:25:09C'est rare qu'un président
00:25:10d'une entreprise
00:25:11ou d'un patron d'entreprise
00:25:12arrive sur un plateau
00:25:13en disant
00:25:14« Chouette les gars,
00:25:15une petite grève,
00:25:15allez-y ! »
00:25:16Bon, donc il est dans son rôle.
00:25:17On ne peut pas y reprocher.
00:25:19Par contre,
00:25:20il est désolé
00:25:21pour les usagers,
00:25:22notamment ceux du quotidien,
00:25:24etc.
00:25:24Alors lui, il dit client d'ailleurs.
00:25:26Il ne dit pas usager,
00:25:26il dit client.
00:25:27Oui, je crois qu'il a parlé
00:25:28pour les TR, etc.
00:25:29Les usagers,
00:25:30mais enfin, limite,
00:25:30oui, c'est la petite subtilité.
00:25:33Oui, alors moi, j'ai envie de dire,
00:25:35il faut être désolé,
00:25:36malheureusement,
00:25:36toute l'année.
00:25:3898% des désagréments
00:25:41que subissent les usagers
00:25:42toute l'année
00:25:43n'ont rien à voir
00:25:44avec les grèves.
00:25:44Ils n'ont rien à voir
00:25:45avec les grèves.
00:25:46C'est soit des suppressions
00:25:48de trains,
00:25:49c'est soit des problématiques
00:25:50liées au manque de matériel
00:25:52ou d'agents,
00:25:53c'est d'autres problématiques
00:25:54liées à l'organisation
00:25:55de la production.
00:25:5698% des désagréments
00:25:58vécus au quotidien
00:25:59par les usagers
00:26:00n'ont rien à voir
00:26:01avec la grève.
00:26:01Donc, moi,
00:26:03au nom de la Fédération
00:26:04de la société des cheminots,
00:26:05je suis aussi désolé
00:26:06vis-à-vis de ces usagers
00:26:07qui au quotidien
00:26:07ne trouvent pas
00:26:08l'offre ferroviaire adéquate
00:26:10alors qu'il suffirait,
00:26:12même si ce n'est pas simple,
00:26:12de mettre des moyens supplémentaires
00:26:14et de permettre réellement
00:26:16de donner l'accès au train
00:26:17pour tout le monde
00:26:18et partout.
00:26:19Mais on pourra peut-être
00:26:19y revenir puisqu'on sait
00:26:21qu'il y a une conférence
00:26:21de financement
00:26:22qui s'est ouverte hier
00:26:23et qu'il y a des enjeux
00:26:24liés notamment
00:26:25aux zones un peu plus retranchées
00:26:28dites rurales
00:26:28pour lesquelles les usagers
00:26:30n'ont peu,
00:26:30pour ne pas dire,
00:26:31pas accès au train.
00:26:32Naïm, tu voulais parler
00:26:33de la conférence.
00:26:34Oui, moi,
00:26:35j'aurais bien aimé juste
00:26:37puisqu'on est dans les réactions.
00:26:39Oui, après,
00:26:40on prendra les questions
00:26:40du chat.
00:26:41Il y a eu 2-3 réactions.
00:26:43On a un ministre des Transports
00:26:45qui s'appelle Philippe Tabarro
00:26:46qui a déclaré
00:26:48que ce 8 mai,
00:26:49il n'y avait pas de grève
00:26:51à la SNCF
00:26:51parce que vous étiez payé double.
00:26:54Est-ce que c'est vrai ?
00:26:56Je pense que M. Tabarro,
00:26:58entre son projet de loi
00:27:00restriction du droit de grève
00:27:02et quelques fausses informations,
00:27:06tente de décrédibiliser,
00:27:09pour ne pas dire ridiculiser
00:27:10les cheminots,
00:27:10pense que ça mériterait
00:27:13de se comporter
00:27:14un peu différemment.
00:27:15Donc, non, c'est faux.
00:27:16Nous avons les agents
00:27:17qui sont soumis
00:27:19à travailler un jour férié,
00:27:22bénéficient,
00:27:22enfin, du moins,
00:27:23accès d'une majoration
00:27:25au nombre d'heures
00:27:26qui travaillent,
00:27:27d'autour de 4-5 euros.
00:27:28Voilà.
00:27:29Donc, ça ne fait pas
00:27:29un paiement double
00:27:30de la journée.
00:27:32Voilà.
00:27:32Je pense que c'est
00:27:33et à la fois décrédibiliser
00:27:34et en même temps,
00:27:37nous prendre un petit peu
00:27:38pour ce qu'on n'est pas,
00:27:39c'est-à-dire des imbéciles.
00:27:41On va prendre quelques questions
00:27:42du chat.
00:27:43Il y a des questions,
00:27:43il y a des réactions.
00:27:44Il y a Iden Sen qui dit
00:27:45c'est épuisant d'entendre
00:27:46qu'il s'excuse aux voyageurs,
00:27:48qu'il appelle,
00:27:49alors il dit aussi
00:27:50qu'ils ont été appelés
00:27:51les clients.
00:27:52On fera l'avare,
00:27:53juste après,
00:27:54on verra.
00:27:55Mais par contre,
00:27:56pas un mot sur les conditions
00:27:57de travail des employés.
00:27:58Est-ce que vous avez eu
00:27:58un retour de la direction
00:28:00par rapport à vos revendications ?
00:28:02Ce qu'on peut dire déjà,
00:28:03c'est que depuis
00:28:04qu'on a mis la pression
00:28:05avec les appels à la grève
00:28:07plutôt bien suivis par endroits
00:28:09d'ailleurs,
00:28:10et ça démontre bien
00:28:12que le mécontentement est réel,
00:28:14depuis le début
00:28:14de la mise en pression,
00:28:15il y a un certain nombre
00:28:17de rendez-vous
00:28:17qui ont été fixés
00:28:18qui n'existaient pas auparavant.
00:28:20Là, on a typiquement
00:28:21un premier rendez-vous
00:28:22pour les conducteurs de train
00:28:24le 4 juin,
00:28:25voilà,
00:28:26et un autre rendez-vous
00:28:27le 11 juin
00:28:28pour les contrôleurs.
00:28:29Bon, nous,
00:28:30ces rendez-vous n'existaient pas
00:28:31préalablement,
00:28:32donc c'est plutôt intéressant,
00:28:33ça veut dire que la pression
00:28:34qu'on exerce
00:28:34fait entendre
00:28:36la nécessité
00:28:37d'organiser ces rendez-vous.
00:28:39Maintenant,
00:28:40ces rendez-vous,
00:28:40pourquoi faire ?
00:28:41Nous, nous souhaitons
00:28:42que ces deux rendez-vous
00:28:44soient des moments
00:28:45de négociation.
00:28:46Tout le monde a la bouche,
00:28:47il faut du dialogue social,
00:28:48de la négociation,
00:28:49etc.
00:28:50Bingo,
00:28:50nous, on est prêts.
00:28:51On a deux propositions
00:28:53pour chaque métier
00:28:54concernant la prime de travail,
00:28:55avec une refonte intégrale
00:28:57de celle-ci,
00:28:59avec des...
00:28:59on peut rentrer un petit peu
00:29:00dans la technique,
00:29:02mais je ne sais pas
00:29:02si ça intéresse à tout le monde,
00:29:03mais on peut y rentrer.
00:29:04On a des projets
00:29:04très, très, très précis
00:29:05qu'on veut mettre
00:29:06sur la table des négociations.
00:29:07Nous, nous sommes prêts
00:29:08à négocier.
00:29:08Donc, on va au-delà
00:29:10de 100 euros par jour,
00:29:11on va sur une logique
00:29:13de retravailler cette prime,
00:29:15notamment à l'attraction,
00:29:16mais c'est vrai pour les contrôleurs,
00:29:17pour qu'elle puisse à la fois
00:29:18tenir compte.
00:29:19C'est pour ça qu'on voudrait
00:29:20une partie dite base garantie,
00:29:22qu'elle puisse intégrer
00:29:23les aléas de la vie,
00:29:24maladies, inaptitudes,
00:29:26etc.,
00:29:27que les agents ne choisissent pas,
00:29:28et qui permettent au moins
00:29:30sur ce niveau-là,
00:29:31donc là,
00:29:31ce serait une somme,
00:29:32une partie de cette prime
00:29:33qui serait assurée,
00:29:34ce qui sécuriserait l'octroi
00:29:36de cet élément de rémunération
00:29:38de manière mensuelle
00:29:39et qui permettent
00:29:40de pallier aux aléas de la vie.
00:29:42Une autre partie de la prime
00:29:43pourrait remettre en considération
00:29:46la technicité des agents,
00:29:48technicité directement liée
00:29:50à la forme d'un moteur
00:29:51que chacun conduit,
00:29:53alors soit TGV,
00:29:54soit un TR,
00:29:54soit un train en ligne,
00:29:56soit un transitien.
00:29:57Donc, expertise pour le coup
00:29:57de l'appareil ?
00:29:58Déjà, tenir compte
00:30:00à la fois de la charge mentale
00:30:01des agents,
00:30:02des conducteurs de train,
00:30:04des responsabilités
00:30:05qu'ils ont les uns et les autres
00:30:05en fonction du matériel,
00:30:06du nombre d'arrêts à effectuer,
00:30:09des responsabilités
00:30:10qui leur reviennent
00:30:10en matière de sécurité,
00:30:12etc.
00:30:13Tout ça doit être remis
00:30:14aussi au cœur du sujet.
00:30:16La prime de travail,
00:30:17elle porte son nom.
00:30:18C'est une prime liée
00:30:19à l'exercice du métier.
00:30:21Donc, il faut remettre
00:30:22la question du métier au cœur.
00:30:24Donc, une partie de prime
00:30:25dite technicité
00:30:26pour faire reconnaître
00:30:27réellement ce métier
00:30:29et une partie de production
00:30:30qui tiennent compte
00:30:31à la fois de l'amplitude
00:30:33sur une journée
00:30:34et dans cette journée-là,
00:30:35sur l'ensemble
00:30:36de l'amplitude,
00:30:37combien de temps
00:30:38le conducteur de train
00:30:39passe en tête de machine
00:30:40conduit sans train
00:30:41qui doit être aussi
00:30:42reconnu en tant que tel
00:30:43et puis derrière,
00:30:44il y a aussi tous les enjeux
00:30:45liés au travail de nuit.
00:30:46Nous, nous avons
00:30:46un projet
00:30:48sur trois socles
00:30:50que nous souhaitons
00:30:50mettre sur la table
00:30:51et discuter.
00:30:52Les autres organisations,
00:30:54pardon, syndicales,
00:30:54ont peut-être des propositions.
00:30:56Nous, elle est connue.
00:30:57Elle est partagée
00:30:58avec les cheminots
00:30:58et d'ailleurs,
00:30:59elle est très appréciée.
00:31:01Nous souhaitons pouvoir
00:31:01mettre ça sur la table.
00:31:02C'est notre mode
00:31:03de fonctionnement.
00:31:03On conteste,
00:31:04on propose,
00:31:06on agit,
00:31:06donc on lutte
00:31:07par la grève,
00:31:08parfois aussi,
00:31:09et on négocie.
00:31:11Voilà.
00:31:11Donc, pour nous,
00:31:11la négociation
00:31:12n'est pas un gros mot.
00:31:13Nous souhaitons
00:31:13que réellement,
00:31:14elle s'ouvre
00:31:14et maintenant,
00:31:15la mesure du mécontentement
00:31:16d'être prise,
00:31:17peut-être qu'il serait
00:31:18de bon ton
00:31:18de ne pas trop tarder
00:31:19à organiser
00:31:20des réunions
00:31:21de négociations.
00:31:23Alors,
00:31:23la direction de la SNCF
00:31:25a beaucoup communiqué
00:31:26sur un chiffre.
00:31:27Elle affirme
00:31:28que les cheminots
00:31:29ont été augmentés
00:31:29de 19,6% depuis 2022.
00:31:32C'est, je crois,
00:31:334 points au-dessus
00:31:33de l'inflation.
00:31:35Est-ce que,
00:31:35à la CGT,
00:31:36vous confirmez ce chiffre ?
00:31:37Et est-ce que tu peux
00:31:38nous expliquer aussi
00:31:39comment se compose
00:31:41la rémunération
00:31:41d'un cheminot ?
00:31:42Parce que là,
00:31:42on parle de primes,
00:31:43mais j'imagine aussi
00:31:44qu'il y a un salaire brut.
00:31:45Est-ce que tu peux
00:31:46nous en dire plus
00:31:47sur c'est quoi
00:31:47la rémunération
00:31:49d'un cheminot ?
00:31:50Bon,
00:31:50les chiffres,
00:31:52évidemment,
00:31:5219 à 20,
00:31:53alors maintenant,
00:31:54c'est 25%.
00:31:55J'ai envie de dire,
00:31:56en effet,
00:31:58cheminots,
00:31:58nous sommes ultra riches.
00:31:59Que faisons-nous
00:32:00en grève ?
00:32:01C'est, voilà.
00:32:02Non, bon,
00:32:02une fois de plus.
00:32:04Comment est calculée
00:32:05et sur quoi
00:32:07se base la direction ?
00:32:09Bon,
00:32:09elle se base
00:32:10sur une partie
00:32:12d'augmentation générale,
00:32:13mais alors qu'elle est
00:32:14infime
00:32:14par rapport
00:32:15à l'ensemble.
00:32:18Il faut dire
00:32:18qu'il y a maintenant,
00:32:20donc ça fait 2-3 ans
00:32:21qu'on arrive à retoucher
00:32:22du doigt
00:32:22des augmentations générales,
00:32:23faibles,
00:32:240,8,
00:32:251,
00:32:251,2,
00:32:261,5.
00:32:27Quand pendant 8 ans,
00:32:29nous avons subi
00:32:30un gel des salaires
00:32:31en matière d'augmentation générale.
00:32:328 ans.
00:32:33C'est justement
00:32:33ce que dit
00:32:33Milamira,
00:32:34augmentation de 19%
00:32:35depuis 2021
00:32:36et les 8 ans gelés
00:32:37sont pris en compte
00:32:38où dans ce chiffre ?
00:32:39Voilà,
00:32:39on ne se connaît pas
00:32:40mais on dit la même chose
00:32:41comme quoi on est bien cohérents.
00:32:43C'est très bien.
00:32:448 ans de gel des salaires.
00:32:46Un calcul
00:32:47sur
00:32:49les augmentations générales.
00:32:51Bon,
00:32:51plutôt infime.
00:32:52là est annoncé
00:32:532,2
00:32:54dans le cadre
00:32:55de la NAO
00:32:562025-2026
00:32:58tenant compte
00:32:59dans le 2,2
00:33:00ils y mettent
00:33:01ce qu'on appelle
00:33:02le glissement
00:33:02via cette technicité.
00:33:03En fait,
00:33:03c'est la reconnaissance
00:33:05de l'ancienneté
00:33:05que tous les cheminots
00:33:06ne perçoivent pas
00:33:07puisque c'est tous les 3 ans
00:33:08que ça s'octroie.
00:33:10Donc déjà,
00:33:10tout le monde
00:33:10n'est pas concerné.
00:33:12Et puis,
00:33:13réellement,
00:33:13si on doit parler
00:33:14d'augmentation générale
00:33:15des salaires,
00:33:16les statutaires ont une grille
00:33:18et pour mesurer
00:33:21le calcul
00:33:22du salaire
00:33:23dans le cadre
00:33:23de cette grille,
00:33:24c'est ce qu'on appelle
00:33:25la valeur du point de grille.
00:33:26Le point de grille
00:33:27a été augmenté
00:33:29depuis
00:33:315 à 6 ans
00:33:33d'à peine 4%
00:33:34quand l'inflation
00:33:36a flambé
00:33:36au niveau
00:33:37où on la connaît.
00:33:38Ce qui fait qu'en matière
00:33:38d'augmentation générale
00:33:39des salaires,
00:33:40c'est, entre guillemets,
00:33:41pas grand-chose.
00:33:42Qu'est-ce que fait la direction ?
00:33:44Elle additionne
00:33:44des allocations,
00:33:46des indemnités,
00:33:48des primes,
00:33:49des primes de travail
00:33:50qui font partie intégrante
00:33:51de la rémunération,
00:33:53des primes
00:33:53pour atteindre
00:33:54des objectifs.
00:33:56Maintenant,
00:33:56le président Fannichet,
00:33:57président de l'ASA Voyageurs,
00:33:58parle de l'intéressement
00:33:59des 1 300 euros
00:34:00que touchent 65 000 cheminots
00:34:02de l'ASA Voyageurs,
00:34:03donc pas les autres,
00:34:03déjà.
00:34:04Mais c'est surtout,
00:34:05nous,
00:34:05on dit, par exemple,
00:34:06typiquement,
00:34:06l'intéressement,
00:34:07on n'est pas fan.
00:34:08L'intéressement,
00:34:09il est calculé
00:34:10sur ce qu'on appelle
00:34:11l'excédent brut d'exploitation.
00:34:12C'est le différentiel
00:34:13entre ce qu'ils appellent
00:34:14les charges, l'emploi et les salaires
00:34:15et les recettes.
00:34:17Donc, si on veut augmenter
00:34:17les recettes,
00:34:19touche du pognon.
00:34:21Si on augmente les prix,
00:34:22touche encore plus du pognon.
00:34:24Et puis, si en plus,
00:34:24on supprime les emplois
00:34:25et qu'on gèle un peu les salaires
00:34:26ou qu'on augmente très peu,
00:34:28ça permet de rééquilibrer,
00:34:30d'asseoir aussi le fait
00:34:31qu'on peut gagner plus d'argent.
00:34:33C'est sur cette base
00:34:33que l'intéressement est calculé.
00:34:35C'est pourquoi
00:34:35nous ne sommes pas trop fans.
00:34:36Donc, l'addition
00:34:36de tous ces éléments
00:34:38de rémunération
00:34:41font que les 19 % sont calculés.
00:34:44Moi, perso,
00:34:45je n'ai pas touché ça
00:34:45en trois ans.
00:34:46Beaucoup autour de moi
00:34:47et de nous
00:34:49n'ont pas touché.
00:34:50Moi, j'ai envie de dire,
00:34:51il ne manquerait plus
00:34:51qu'ils additionnent en plus
00:34:52les gains du tiercé
00:34:53et du loto.
00:34:54Normalement,
00:34:54on devrait avoir été
00:34:55augmenté 30 %
00:34:56dans pas longtemps.
00:34:57Vous voyez,
00:34:57il faut arrêter,
00:34:58il faut être équilibré,
00:35:00mesuré.
00:35:00Si nous revendiquons
00:35:01des augmentations générales
00:35:02de salaire,
00:35:02c'est à la fois pour reconnaître
00:35:03réellement le travail
00:35:05des cheminots
00:35:05et des cheminotes.
00:35:06Mais c'est surtout que,
00:35:07oui,
00:35:08les cheminots
00:35:09ne sont pas bien payés.
00:35:12Mais il y a Ecolufi
00:35:14qui nous fait
00:35:14un petit compliment
00:35:15qui dit,
00:35:15c'est très intéressant
00:35:16de mettre les grèves
00:35:17en perspective
00:35:18avec les désagréments
00:35:19du quotidien.
00:35:20Je pense qu'elle a réagi
00:35:21au moment où tu as dit
00:35:24que 80, 90 %
00:35:26des problèmes de train
00:35:27que les usagers
00:35:28avaient tous les jours
00:35:29ne venaient pas des grèves.
00:35:31C'est peut-être une question
00:35:32qu'on ne pose pas souvent
00:35:34aux agents de la SNCF,
00:35:35mais ces désagréments
00:35:36vous les subissez
00:35:38tant que les usagers
00:35:39sur votre milieu de travail.
00:35:41Quand un train
00:35:41est annulé,
00:35:43quand une voie
00:35:43est vétuste,
00:35:44vous,
00:35:45c'est votre outil de travail
00:35:46qui fonctionne mal.
00:35:47Est-ce que ça fait aussi partie
00:35:48de cette charge mentale
00:35:49que tu dénonces ?
00:35:51Complètement,
00:35:51parce que dès lors
00:35:52qu'un train est supprimé,
00:35:54il peut aussi avoir
00:35:55des effets d'accidents,
00:35:56etc.,
00:35:57ou de problématiques
00:35:58sur les voies,
00:35:59de retard de train
00:36:00pour différentes raisons.
00:36:01Tous les agents
00:36:02présents sur les quais,
00:36:03derrière les guichets,
00:36:04quand il y en a,
00:36:05mais ils se prennent
00:36:06la rafale
00:36:07de ceux et celles
00:36:07qui ne sont pas contents,
00:36:08mais ce qu'on peut comprendre,
00:36:09on n'est jamais contents
00:36:09quand ce genre de choses
00:36:11arrivent.
00:36:12Donc ces cheminots-là
00:36:12sont aussi directement
00:36:13confrontés.
00:36:15Derrière,
00:36:15il y a toute une chaîne
00:36:16de production
00:36:17qui est impactée.
00:36:18Je dirais qu'un niveau
00:36:19de désagrément
00:36:20qui est peu mis en exergue,
00:36:22mais quand même
00:36:22une réalité
00:36:24qui se voit
00:36:25et qui risque de se voir
00:36:26si les choses ne bougent pas,
00:36:27c'est les choix
00:36:28que font certaines autorités
00:36:29organisatrices de transport,
00:36:30donc les régions,
00:36:31de supprimer des lignes.
00:36:33Voilà le plus gros
00:36:34désagrément
00:36:34que subissent les usagers.
00:36:35On ne leur permet plus
00:36:36l'accès au train public.
00:36:38C'est ça,
00:36:39le premier désagrément.
00:36:40Là, il y a une conférence
00:36:40de financement
00:36:41qui est lancée.
00:36:42Le ministre Tabarro
00:36:43n'en parle peu.
00:36:44Nous ferons-nous
00:36:45une contribution
00:36:45pour mettre en exergue
00:36:47le fait qu'il y a
00:36:47à la fois des moyens
00:36:48pour préserver,
00:36:49développer,
00:36:49réouvrir des lignes,
00:36:50des gares,
00:36:51des guichets,
00:36:52des triages
00:36:52pour le transport
00:36:53de marchandises
00:36:53et permettre l'offre
00:36:54frère Ovière,
00:36:55qu'importe où là
00:36:55on habite.
00:36:56Et le vrai sujet
00:36:57du quotidien,
00:36:58il est celui-ci.
00:36:58Les moyens
00:36:59qui manquent
00:37:00à la SNCF,
00:37:00aux cheminots
00:37:01pour bien travailler
00:37:01sont des moyens
00:37:02qui,
00:37:04c'est un manque de moyens
00:37:05qui créent
00:37:06l'ensemble
00:37:06de ces désagréments.
00:37:07Donc oui,
00:37:08ils le subissent
00:37:09et d'ailleurs,
00:37:10on sent quand même
00:37:10que, évidemment,
00:37:11qu'une grève,
00:37:12personne ne saute sur les tables
00:37:13avec une langue de belle-mère
00:37:14et un chapeau pointu.
00:37:16Personne n'est heureux
00:37:17d'être dans ces conditions-là.
00:37:18Par contre,
00:37:18ce qu'il y a de sûr,
00:37:20c'est qu'avec les usagers,
00:37:22des batailles se mènent
00:37:23sur l'ensemble,
00:37:24beaucoup de points
00:37:25du territoire
00:37:25pour préserver des lignes,
00:37:27en réouvrir
00:37:28et des gares et des guichets.
00:37:29Nous avons des luttes
00:37:30convergentes
00:37:30avec les usagers
00:37:32autour d'associations
00:37:33d'usagers.
00:37:33Nous, nous travaillons
00:37:34avec la Convergence
00:37:35nationale RAI.
00:37:36C'est une association
00:37:38d'usagers
00:37:39qui rassemble
00:37:39près de 120,
00:37:41130 comités
00:37:42de défense,
00:37:43de développement.
00:37:43Nous bossons avec eux,
00:37:44avec elles.
00:37:45Et du coup,
00:37:46il y a énormément
00:37:46d'initiatives.
00:37:47Moi, je me déplace aussi
00:37:48d'autres camarades.
00:37:50Et là,
00:37:50on crée la convergence
00:37:52d'intérêts.
00:37:52Et là,
00:37:53on reparle de leur quotidien.
00:37:54Et là,
00:37:55on justifie le fait
00:37:56qu'il y a un besoin
00:37:57de train
00:37:58et encore plus
00:37:58de besoin de train
00:37:59pour tout le monde,
00:38:00pas exclusivement
00:38:01les utilisateurs du TGV.
00:38:02C'est bien,
00:38:03il faut du TGV.
00:38:04Pour nous,
00:38:04c'est du service public.
00:38:06Le président Farandou,
00:38:07il dit que ce n'est pas
00:38:07du service public,
00:38:08ce n'est pas un train
00:38:08subventionné.
00:38:09Bon, d'accord,
00:38:10le train roule sur des voies.
00:38:11Les voies,
00:38:12en partie,
00:38:13sont subventionnées
00:38:14et elles sont,
00:38:15en plus,
00:38:16en partie,
00:38:17financées
00:38:17en matière de régénération
00:38:19par le travail
00:38:20des cheminots.
00:38:20Donc,
00:38:21indirectement,
00:38:22le TGV
00:38:22est subventionné,
00:38:23même si je comprends
00:38:24ce qu'il voulait dire,
00:38:26mais c'est aussi
00:38:27un élément
00:38:27du service public
00:38:28et d'aménagement
00:38:30du territoire.
00:38:31Cela dit,
00:38:31voilà le niveau
00:38:31de désagrément
00:38:32que subissent
00:38:32les gens tous les jours.
00:38:34Et quand on supprime
00:38:35des trains de marchandises
00:38:36ferroviaires,
00:38:37quand on supprime
00:38:38des circulations ferroviaires
00:38:39de marchandises,
00:38:39combien de camions
00:38:40en plus sur les routes,
00:38:41combien d'infrastructures
00:38:42dégradées,
00:38:43combien de niveaux
00:38:44de particules fines
00:38:45et de pollution
00:38:47supplémentaires,
00:38:47l'enjeu environnemental,
00:38:48c'est un élément
00:38:50conséquent
00:38:50du désagrément
00:38:51lié au désengagement
00:38:53de l'État vis-à-vis
00:38:53du développement
00:38:54du service public.
00:38:55Et ça,
00:38:55on en parle quand ?
00:38:56Donc voilà aussi
00:38:57ce sur quoi on se bat
00:38:58perpétuellement.
00:38:59Donc moi,
00:38:59je pense qu'il y a
00:39:00vraiment des convergences
00:39:00à travailler avec les usagers.
00:39:02Il y a certainement
00:39:02des convergences
00:39:03à travailler aussi
00:39:04avec des élus politiques.
00:39:06Ça tombe bien,
00:39:06il y a les municipales
00:39:07partout.
00:39:08Sortez de vos bureaux,
00:39:09on est prêt à agir ensemble.
00:39:10Question de Naïm.
00:39:11Oui, alors,
00:39:12puisqu'on part sur la question
00:39:13de la tarification
00:39:14et des usagers,
00:39:16il y a une musique
00:39:17qui montre
00:39:17chez les usagers
00:39:18de la SNCF,
00:39:19c'est le tarif
00:39:21des TGV.
00:39:23Il y a le sentiment
00:39:24que c'est de plus en plus cher
00:39:25et pas forcément
00:39:25que la qualité
00:39:26de l'offre derrière.
00:39:27Pourtant,
00:39:28la SNCF a généré
00:39:291,6 milliard
00:39:31de chiffre d'affaires net
00:39:33l'an passé.
00:39:34Je crois que c'est 5 milliards
00:39:34depuis 3 ou 4 ans.
00:39:37Comment expliquer
00:39:38que ce soit
00:39:39de plus en plus cher
00:39:40malgré l'ouverture
00:39:41à concurrence,
00:39:42puisqu'on nous a promis
00:39:42que l'ouverture
00:39:43à concurrence
00:39:43allait résoudre
00:39:45tous les problèmes ?
00:39:46Déjà,
00:39:47une première réponse
00:39:48à la question
00:39:49de l'atout de la concurrence,
00:39:50c'est que ça ne fera pas
00:39:51baisser les prix.
00:39:52Au moins,
00:39:52ce n'est pas nous
00:39:52qui le disons,
00:39:53c'est les faits.
00:39:55Ou du moins,
00:39:56si ça devait arriver,
00:39:57ça arrivera au début
00:39:57pour appâter le chaland,
00:39:58comme on dit.
00:39:59Et puis,
00:39:59rapidement,
00:40:00chacun des opérateurs
00:40:01va rentrer dans sa niche
00:40:03de la rentabilité
00:40:05et va vouloir capter
00:40:07un maximum de pognon
00:40:08parce que c'est ça
00:40:09la logique de la concurrence,
00:40:10c'est de faire du fric
00:40:10et d'affaiblir
00:40:11les droits sociaux
00:40:12des cheminots.
00:40:13C'est pourquoi nous bataillons
00:40:14pour un nouveau statut
00:40:14du travail cheminot.
00:40:15Bref,
00:40:15je ferme la parenthèse.
00:40:16Alors,
00:40:16les tarifs,
00:40:17ils intègrent énormément
00:40:18de choses.
00:40:20Premièrement,
00:40:21il y a un retour
00:40:23un peu,
00:40:23ce qu'on appelle
00:40:24le coût du péage.
00:40:25Pour faire circuler un train,
00:40:27chaque opérateur
00:40:27paye une espèce
00:40:28de redevance.
00:40:29On va essayer
00:40:30de vulgariser le propos.
00:40:3140%
00:40:35du prix du billet
00:40:36intègre
00:40:36le coût du péage.
00:40:38C'est énorme.
00:40:39Parce que les concurrents
00:40:39de la SNCF,
00:40:41notamment Train Italia,
00:40:41ont des ristournes.
00:40:43Ils ont des ristournes,
00:40:44en effet,
00:40:44tu as raison.
00:40:45Ils ont des ristournes,
00:40:46on a dit qu'on se tutoyait.
00:40:47Oui.
00:40:49Ils ont des ristournes
00:40:50de près de 38%
00:40:52en première année,
00:40:5422% je crois,
00:40:55la deuxième,
00:40:56et puis 18%
00:40:56la troisième.
00:40:57Donc oui,
00:40:57il y a une ristourne
00:40:58pour les faire venir
00:41:00et leur permettre
00:41:01de limiter l'impact.
00:41:03On va vulgariser.
00:41:03Sur un billet de 100 euros,
00:41:05il y a 40%
00:41:06pour payer ce péage.
00:41:08Le passage du train
00:41:09sur un segment.
00:41:10Le reste,
00:41:10les 60%.
00:41:11Les 60%,
00:41:12alors là,
00:41:13pour le coup,
00:41:13il y a plusieurs choses.
00:41:14Il y a le niveau de marge
00:41:16que compte opérer
00:41:18l'opérateur en question,
00:41:19dont la SNCF,
00:41:20d'ailleurs.
00:41:22Il parle beaucoup
00:41:22de milliards en ce moment.
00:41:24Il y a aussi,
00:41:25alors,
00:41:26c'est un élément
00:41:26qui est un peu,
00:41:27c'est des éléments tordus,
00:41:29c'est des éléments
00:41:29de captation d'argent,
00:41:30de faire les poches.
00:41:31Donc,
00:41:32c'est ce qu'on appelle
00:41:33le yield management.
00:41:34là,
00:41:35en gros,
00:41:35plus les trains sont bondés,
00:41:37plus les trains circulent
00:41:39sur des segments
00:41:40très demandés,
00:41:40plus les tarifs augmentent.
00:41:42C'est-à-dire,
00:41:43tu veux partir
00:41:44tel jour,
00:41:45telle heure
00:41:46pour aller à tel endroit,
00:41:47on sait que c'est des demandes
00:41:49un peu comme dans l'aérien,
00:41:50en définitive.
00:41:51Oui, oui.
00:41:51C'est des demandes
00:41:51très, très, très importantes.
00:41:54Les prix vont flamber.
00:41:55Tu veux aller
00:41:56dans un autre endroit
00:41:58en partant à,
00:41:59je n'en sais rien moi,
00:42:0010h15 plutôt que 7h,
00:42:01il y a moins de monde,
00:42:02le tarif va baisser.
00:42:03Ça, c'est un élément.
00:42:05Alors,
00:42:05ils intègrent d'autres éléments.
00:42:07Tu es sur une circulation
00:42:11Paris-Lille.
00:42:12Tu n'as que le train.
00:42:14En gros,
00:42:15il y a très peu de gens
00:42:16qui disent
00:42:16Paris-Lille,
00:42:17avion,
00:42:18train,
00:42:18calèche,
00:42:19allez,
00:42:19train,
00:42:19je n'ai que le train,
00:42:20je prends le train.
00:42:21Très bien,
00:42:22tu n'as que le train,
00:42:23tant pis pour toi.
00:42:24Parce que tu n'as que le train,
00:42:26j'ai t'appuyé sur le ventre
00:42:26et puis les tarifs,
00:42:27j'ai bien les fixés
00:42:28et bien les assaisonnés.
00:42:29Donc,
00:42:29une logique mercantile
00:42:30qui fait que quand on n'a pas le choix,
00:42:32le billet est plus cher.
00:42:34Un Lille-Marseille,
00:42:35ils se disent,
00:42:36il y a plusieurs options
00:42:37et pourtant,
00:42:38la distance n'est pas la même.
00:42:39Lille-Marseille,
00:42:40potentiellement,
00:42:41on peut prendre l'avion.
00:42:42Bon,
00:42:43on peut prendre l'avion,
00:42:44je baisse le prix
00:42:45pour capter un peu plus d'usagers
00:42:47pour venir prendre le TGV.
00:42:48Voilà ce qui rentre en compte aussi
00:42:49dans la tarification du billet.
00:42:52C'est pour ça que
00:42:52quand on rentre dans un train,
00:42:54je m'appelle Thierry,
00:42:56tu t'appelles Sarah,
00:42:57tu t'appelles Naïm,
00:42:58tu as payé combien ?
00:42:59Moi, 80,
00:43:00moi, 160,
00:43:01et puis moi,
00:43:02je ne sais pas,
00:43:03moi, 35.
00:43:04Tout le monde se regarde
00:43:04en chaîne de faïence,
00:43:05c'est quoi ce bordel ?
00:43:07Et donc,
00:43:07personne ne comprend.
00:43:08Donc oui,
00:43:09il y a aussi
00:43:09tous ces éléments
00:43:13de rentabilité
00:43:14qui rentrent en compte
00:43:15que nous dénonçons
00:43:16parce que nous,
00:43:17on considère
00:43:18qu'il faut rendre populaire.
00:43:19Alors,
00:43:19le président Farandou,
00:43:21il dit,
00:43:21ne vous inquiétez pas,
00:43:22il y en a pour tous les portefeuilles.
00:43:23On a les Ouigo.
00:43:25Alors les Ouigo,
00:43:26typiquement,
00:43:27c'est donc la version low cost
00:43:28du TGV,
00:43:29qui dit low cost,
00:43:30dit des prestations moindres,
00:43:33non pas de la part
00:43:33des cheminots
00:43:34qui sont dans ces trains-là
00:43:35parce qu'ils sont exemplaires
00:43:38aussi dans leur travail,
00:43:39mais par le fait
00:43:40qu'il y a un tarif de base.
00:43:42Alors là,
00:43:42c'est les tarifs d'appel,
00:43:44d'accroche.
00:43:45Plus derrière,
00:43:45on veut partir avec une valise,
00:43:47ce qui se fait
00:43:47quand on part en vacances,
00:43:48si on veut changer
00:43:49un peu de vêtements,
00:43:49bref.
00:43:50C'est en option.
00:43:51C'est une option.
00:43:52Si on veut un accès
00:43:54à une prise pour recharger,
00:43:56c'est une autre option.
00:43:57Heureusement,
00:43:58il n'y a pas encore
00:43:58l'option du siège.
00:43:59Donc ils sont assis
00:44:00sur un siège,
00:44:00sinon ils sont assis par terre.
00:44:01Mais ça ressemble
00:44:01de plus en plus à l'avion.
00:44:03C'est exactement ça,
00:44:04c'est la même logique.
00:44:05Donc le prix d'appel
00:44:06peut être attractif.
00:44:07Bon,
00:44:08la place est plutôt
00:44:09un peu réduite.
00:44:10On est nombreux
00:44:11dans la voiture.
00:44:12Il n'y a pas de voiture-barre.
00:44:13Voilà,
00:44:14donc sur une longue distance,
00:44:15si on a oublié
00:44:16d'acheter sur la bouteille d'eau,
00:44:18on est comme des cons,
00:44:19bon, là, il faut le dire.
00:44:20Donc il n'y a pas le bar.
00:44:22Bon,
00:44:22il y a quand même
00:44:22des prestations en moins
00:44:23qui font que c'est du low-cost.
00:44:25Par contre,
00:44:26nous, on considère
00:44:27que quel que soit le train,
00:44:29quel que soit le train,
00:44:30et le TGV,
00:44:31il doit redevenir
00:44:34un mode populaire.
00:44:36Le TGV,
00:44:37les fameux Inouïs,
00:44:38la marque Inouïs,
00:44:39c'est un TGV,
00:44:40tout court,
00:44:40il n'y a pas la peine
00:44:41d'aller faire des ronflonflons,
00:44:42ça doit devenir populaire.
00:44:44Il faut que des familles,
00:44:46y compris les plus modestes,
00:44:47puissent avoir accès au TGV
00:44:48pour se rendre
00:44:49d'un point A à un point B
00:44:50dans un laps de temps
00:44:51plus réduit.
00:44:53Et c'est bien
00:44:54que ça puisse convenir
00:44:55aussi à des responsables
00:44:56d'entreprise,
00:44:57à des ministres et tout ça
00:44:58pour pouvoir tripatouiller
00:45:00dans le TGV.
00:45:00Par contre,
00:45:01par contre,
00:45:02ce train,
00:45:03quel TGV,
00:45:03à l'instar du TER,
00:45:05à l'instar des grandes lignes,
00:45:06doit redevenir
00:45:07un outil
00:45:07du grand public,
00:45:09populaire.
00:45:10Ce pourquoi nous bataillons
00:45:11pour que la SNCF reste public
00:45:14avec un État qui reprenne
00:45:15sa responsabilité de stratège
00:45:17parce que le train public
00:45:19est un atout phénoménal,
00:45:20est un atout fondamental
00:45:23pour les gens.
00:45:24Et on a besoin
00:45:25de renouer avec ça.
00:45:26C'est le débat
00:45:26qu'on veut mener.
00:45:27C'est le débat
00:45:28qui était indirectement,
00:45:31comment dire,
00:45:32indirectement,
00:45:33pas pour nous,
00:45:33mais pour ceux et celles
00:45:34qui ne comprenaient pas
00:45:35la grève de fin d'année dernière,
00:45:36qui était sous-jacente.
00:45:37Une bataille d'intérêt général.
00:45:39On l'amènera
00:45:40avec les cheminots
00:45:41et les cheminottes
00:45:41et on l'amènera
00:45:42avec les usagers
00:45:43et les usagères
00:45:44du train public.
00:45:45Tu parles souvent
00:45:47de la convergence
00:45:47entre les usagers
00:45:49et les cheminots.
00:45:50Vous avez mené
00:45:51une bataille
00:45:51depuis deux ans,
00:45:53enfin plus,
00:45:53mais ça s'est intensifié
00:45:54ces deux dernières années
00:45:55sur la question
00:45:55du fret ferroviaire.
00:45:58C'est un enjeu clé
00:45:59pour décarboner
00:46:01notre économie,
00:46:02nos transports
00:46:03et atteindre
00:46:03la neutralité carbone
00:46:04d'ici 2050.
00:46:06Pour autant,
00:46:06fret SNCF
00:46:07a été liquidé
00:46:09par l'État.
00:46:09Est-ce que tu peux
00:46:10nous en dire plus ?
00:46:11Et est-ce que,
00:46:12sans un outil
00:46:13public ferroviaire
00:46:14dans le fret,
00:46:16est-ce qu'il sera possible
00:46:16de doubler
00:46:17la part modale
00:46:17du fret
00:46:18dans le transport
00:46:19de marchandises
00:46:19comme c'est l'ambition
00:46:20affichée par l'exécutif ?
00:46:22Tu as eu raison
00:46:23de te reprendre.
00:46:25Ça fait bien plus
00:46:25de deux ans.
00:46:26Nous, ça fait,
00:46:27pour ne pas dire,
00:46:28plus de 25 ans.
00:46:29Je sais que d'autres,
00:46:30ça fait à peu près
00:46:30deux ans
00:46:30qu'ils sont sur cette bataille.
00:46:31Nous, ça fait un peu plus.
00:46:35Voyons le résultat.
00:46:35La ouverture à la concurrence
00:46:37du transport ferré
00:46:38de marchandises
00:46:40baisse de la part
00:46:41dite modale,
00:46:42c'est-à-dire
00:46:42le volume
00:46:43de marchandises
00:46:45transportées
00:46:45par le train
00:46:46public
00:46:46a baissé.
00:46:48On est à un taux
00:46:49de près de moins
00:46:50de 10%
00:46:50aujourd'hui.
00:46:51Plus d'un million
00:46:52de camions
00:46:53par an
00:46:53sur les routes.
00:46:55Voilà.
00:46:56Voilà le résultat
00:46:57typiquement
00:46:58de la concurrence
00:46:58avec des concurrents
00:47:00de la SNCF
00:47:01qui, pour certains,
00:47:02ont mis la clé
00:47:03sur la porte.
00:47:04Et puis,
00:47:05surtout,
00:47:06la problématique
00:47:07toujours liée
00:47:08à l'objectif
00:47:09de rentabilité,
00:47:10c'est qu'il y a eu
00:47:12des choix.
00:47:13Des choix
00:47:13de ne pas desservir
00:47:14tel territoire.
00:47:16Des choix
00:47:16de ne pas desservir
00:47:17telle ou telle
00:47:18zone logistique
00:47:19ou industrielle.
00:47:20Le fait
00:47:20de ne pas desservir
00:47:21tel port français,
00:47:22etc.
00:47:23C'est autant de choix
00:47:24qui sont opérés
00:47:25parce que la logique
00:47:26de rentabilité
00:47:26prédomine,
00:47:27ce que nous condamnons
00:47:28et dénonçons.
00:47:28Donc,
00:47:29la logique
00:47:29de liquidation
00:47:30de frais
00:47:30de SNCF
00:47:31qui a été conduite
00:47:32par le précédent gouvernement
00:47:37en coélaboration
00:47:37avec la direction
00:47:38de la SNCF,
00:47:38il faut le dire,
00:47:39puisqu'ils se sont
00:47:41entendus
00:47:41sur la manière.
00:47:42L'objectif,
00:47:43ce n'est pas de répondre
00:47:44à la décarbonation
00:47:45ou je ne sais quoi.
00:47:45Nous,
00:47:46c'est ça l'objectif,
00:47:46c'est de travailler
00:47:47sur les enjeux
00:47:48environnementaux.
00:47:48On ne peut pas
00:47:48aller à la fois
00:47:49à en parler
00:47:49et ne jamais agir.
00:47:51Le train,
00:47:52le moins polluant
00:47:53après le fluvial.
00:47:54On en parle,
00:47:55on n'en parle pas.
00:47:55Donc,
00:47:55on y met les moyens.
00:47:56Donc,
00:47:57du coup,
00:47:57sur le fret,
00:47:57on y est.
00:47:58On continue de batailler,
00:47:59on fait des propositions.
00:48:00D'ailleurs,
00:48:00dans le cadre
00:48:00de la conférence
00:48:01de financement,
00:48:02on va aussi faire
00:48:02des propositions
00:48:03pour qu'on puisse
00:48:05entrevoir l'idée
00:48:06de financer
00:48:07la réouverture
00:48:08de triage
00:48:09pour reconfectionner
00:48:10des trains
00:48:10et permettre
00:48:11aux chargeurs
00:48:12de pouvoir
00:48:15utiliser le train
00:48:16pour le transport
00:48:17de leurs marchandises.
00:48:18Financer
00:48:18des embranchements,
00:48:19c'est des connexions
00:48:20entre une zone logistique
00:48:21ou industrielle
00:48:22au réseau ferré national
00:48:24pour permettre
00:48:24dans ces zones-là
00:48:26aux logisticiens,
00:48:27aux industriels,
00:48:27de mettre leurs matos
00:48:29sur les trains,
00:48:29de connecter,
00:48:31notamment,
00:48:31dans un premier temps,
00:48:32les principaux ports français
00:48:33au réseau ferré national.
00:48:35Voilà,
00:48:35on va faire des propositions
00:48:36de cette nature-là
00:48:36pour pouvoir aussi
00:48:38faire en sorte
00:48:38de redévelopper
00:48:39le train public
00:48:40avec des cheminots
00:48:41bien formés.
00:48:42C'est attendu,
00:48:42c'est demandé.
00:48:43Donc,
00:48:43ce qui s'est passé
00:48:44au 31 décembre 2024
00:48:46est une erreur grossière.
00:48:48Il y a encore le temps
00:48:49de la rétablir.
00:48:50Nous agirons,
00:48:51là aussi,
00:48:51en convergence
00:48:52pour permettre
00:48:53à ce que
00:48:53fret public
00:48:54retrouve
00:48:55et à la fois
00:48:56l'oxygène,
00:48:56du volume d'activité,
00:48:57et que les cheminots
00:48:58au sein de cette activité-là,
00:49:00de cette...
00:49:01Voilà,
00:49:01dans cette activité,
00:49:02pardon,
00:49:03puissent aussi
00:49:03retrouver un bol d'air
00:49:05et continuent
00:49:05d'être fiers
00:49:06de ce qu'ils font
00:49:06parce que ces cheminots
00:49:07au fret,
00:49:08avec tout ce qu'ils ont vécu
00:49:09depuis 15-20 ans,
00:49:10ils peuvent être fiers
00:49:10de ce qu'ils font.
00:49:11Alors,
00:49:11tu parles de la conférence
00:49:12de financement
00:49:13des infrastructures.
00:49:14Donc,
00:49:14pour ceux qui nous regardent,
00:49:16c'est un cycle
00:49:17de conférences
00:49:18avec des ateliers
00:49:19qui s'est lancé hier
00:49:20à Marseille
00:49:21et qui va durer
00:49:21dix semaines
00:49:22avec un rapport
00:49:22rendu
00:49:23mi- ou fin juillet
00:49:25sur le financement
00:49:26des futures infrastructures,
00:49:27que ce soit
00:49:28les RER métropolitains
00:49:29annoncés par Emmanuel Macron,
00:49:32le ferroviaire.
00:49:35Sur le ferroviaire,
00:49:37on estime
00:49:38qu'il manque
00:49:38un milliard par an
00:49:39de financement
00:49:40pour régénérer
00:49:41le réseau déjà existant.
00:49:43À la CGT,
00:49:44je crois que vous avez
00:49:45des propositions
00:49:45pour trouver ce milliard.
00:49:47Oui,
00:49:47en effet,
00:49:49on est évalué
00:49:50à peu près
00:49:504,5 milliards
00:49:54nécessaires
00:49:55pour régénérer
00:49:55annuellement
00:49:56le réseau ferré national.
00:49:58Régénérer,
00:49:58ça veut dire
00:49:59le maintenir en état.
00:50:00Ce n'est pas le développer.
00:50:01C'est le maintenir en état,
00:50:02ce qui est déjà pas mal.
00:50:03Mais enfin,
00:50:03il va falloir
00:50:04un peu plus d'un milliard
00:50:04pour aller être
00:50:06un petit peu plus ambitieux,
00:50:08notamment pour pouvoir
00:50:08réellement développer le réseau,
00:50:10réouvrir des lignes,
00:50:11etc.
00:50:11Je reviendrai.
00:50:12Donc,
00:50:12en effet,
00:50:12il y a un milliard
00:50:14pour régénérer
00:50:14qui manque.
00:50:15Aujourd'hui,
00:50:16il y a ce qu'on appelle
00:50:18un fonds de concours
00:50:19qui a été établi
00:50:19dans le cadre
00:50:20des lois rétrogrades
00:50:222014 et 2018
00:50:23pour faire en sorte
00:50:24que les profits réalisés
00:50:26par la SA Voyageurs,
00:50:27une entité de la SNCF.
00:50:29Il y a beaucoup d'entités,
00:50:30d'ailleurs,
00:50:30et on a un peu du mal
00:50:31en tant qu'usagers
00:50:32à voir ce qui correspond à quoi.
00:50:34Donc,
00:50:34la SA Voyageurs,
00:50:35comment est-ce qu'on peut
00:50:35parler du rôle de ces quantités ?
00:50:36On va vulgariser ça.
00:50:37Allez,
00:50:37il y a un groupe,
00:50:38il y a une société anonyme,
00:50:42c'est la Holding,
00:50:43peut-être.
00:50:44Il y a la SA Voyageurs,
00:50:45c'est tous les métiers,
00:50:47ayant trait aux voyageurs,
00:50:49ateliers du matériel,
00:50:51conducteurs, contrôleurs,
00:50:52agents de gare et de guichet,
00:50:53etc.
00:50:53Il y a la SA dite réseau,
00:50:55c'est les agents de circulation
00:50:57qui sont aussi
00:50:58des grands professionnels
00:50:59avec,
00:50:59et à la fois une charge mentale
00:51:00et responsabilité importante,
00:51:02les agents de circulation.
00:51:03Il y a ceux de l'équipement
00:51:04qui travaillent sur les voies
00:51:05avec la démultiplication
00:51:07de métiers
00:51:07qu'il y a en interne.
00:51:09Donc ça,
00:51:09c'est la SA dite réseau.
00:51:10Il y a Gare et Connexion
00:51:12qui est une filiale
00:51:13de premier rang
00:51:14rattachée à la SA Réseau.
00:51:16Ça,
00:51:17c'est ce qu'on appelle
00:51:18le groupe public ferroviaire.
00:51:20Et puis,
00:51:20après,
00:51:20tout l'ensemble,
00:51:22parce qu'il y a aussi
00:51:22deux autres entités
00:51:24qu'on oublie,
00:51:27c'est,
00:51:28il y a Kéolis,
00:51:29c'est le transport urbain,
00:51:30puisque,
00:51:31et Géolis,
00:51:32c'est le transport
00:51:33de marchandises par route.
00:51:34la SNCF est d'ailleurs
00:51:36le premier transporteur routier
00:51:38via Géolis.
00:51:39C'est assez particulier,
00:51:40mais c'est comme ça.
00:51:41Et puis,
00:51:42il y a maintenant RLE,
00:51:43la nouvelle entité
00:51:44qui a été créée,
00:51:45ou Exafret,
00:51:46l'entité qui a succédé
00:51:48à Fret SNCF,
00:51:49est donc intégrée là-dedans.
00:51:50Donc,
00:51:51on a toutes ces entités,
00:51:52mais purement ferroviaires.
00:51:53On a la holding de tête,
00:51:55l'ASA Réseau,
00:51:55et l'ASA Voyageurs,
00:51:57avec l'impandise,
00:51:59mais qui est une grosse impandise
00:52:00quand même,
00:52:00la gare et connexion
00:52:01qui est rattachée à Réseau.
00:52:02Ça, ça fait le cœur ferroviaire.
00:52:04Voilà.
00:52:05C'est 163 000 cheminots
00:52:06dans cet ensemble,
00:52:07122 000 statutaires,
00:52:09et vous faites la différence
00:52:10pour trouver le nombre
00:52:10de cheminots en CDI
00:52:12depuis 2020,
00:52:13à qui on pense très fort aussi.
00:52:14Et donc,
00:52:15pour schématiser,
00:52:17une grande partie
00:52:18des profits
00:52:18de l'ASA Voyageurs
00:52:19financent SNCF Réseau,
00:52:22la régénération du réseau.
00:52:23Oui.
00:52:23Il y a le fonds de concours.
00:52:24Il y a une volonté
00:52:25de tendre vers
00:52:25près de 60%
00:52:26des profits réalisés
00:52:27qui iraient
00:52:28dans ce fonds de concours.
00:52:29Ça veut dire que
00:52:30les profits réalisés
00:52:31par l'ASA Voyageurs
00:52:32une partie de cela
00:52:34montent dans la holding.
00:52:35La holding
00:52:36les rebasculent
00:52:37à l'ASA Réseau.
00:52:38Autrement dit,
00:52:39les cheminots
00:52:39se payent leur outil de travail.
00:52:41Ce qui est quand même
00:52:41assez invraisemblable.
00:52:42Ça répond de quoi ?
00:52:43Ça répond
00:52:45au cadre
00:52:45de la loi 2018
00:52:47qui a déstructuré
00:52:47l'entreprise
00:52:48dans plusieurs entités
00:52:49que je viens de citer.
00:52:50Voilà.
00:52:52Ça répond du fait
00:52:53que l'État
00:52:53a repris
00:52:54une grosse partie
00:52:55de la dette,
00:52:56enfin,
00:52:56ce qu'ils appellent la dette,
00:52:5735 milliards,
00:52:58une dette
00:52:59qui lui appartenait.
00:53:00Une dette
00:53:00qui a été générée
00:53:01par la construction
00:53:02de lignes à grande vitesse,
00:53:03par l'exigence
00:53:04d'investissement
00:53:05qui était commanditée
00:53:06par l'État.
00:53:07Donc,
00:53:07la SNCF a œuvré.
00:53:09Elle a
00:53:10cantonné cette dette
00:53:11à un moment donné.
00:53:12L'État,
00:53:13en 2018,
00:53:14a décidé de la reprendre.
00:53:15Ça lui appartenait.
00:53:16Mais en contrepartie,
00:53:17c'est de dire
00:53:17vous allez un peu
00:53:18vous autofinancer
00:53:19parce qu'on va quand même
00:53:20légèrement se désengager
00:53:21pour ne pas dire
00:53:23en totalité
00:53:23dans un certain nombre d'années.
00:53:25Le fonds de concours
00:53:26est créé pour ça,
00:53:26pour permettre
00:53:27de contribuer
00:53:28à la régénération
00:53:29du réseau.
00:53:30C'est le fruit
00:53:30du travail des cheminots
00:53:31qui contribue
00:53:32à ce financement-là
00:53:33qu'on trouve,
00:53:33nous,
00:53:34aberrant.
00:53:35Typiquement,
00:53:35c'est aberrant.
00:53:36Et nous,
00:53:37on dit oui,
00:53:37il y a d'autres moyens
00:53:38de trouver ce milliard
00:53:39qui manque.
00:53:40Typiquement,
00:53:41ça va faire partie
00:53:42des propositions
00:53:43qu'on va stipuler
00:53:44dans la contribution
00:53:45qu'on va envoyer
00:53:45à M. le ministre
00:53:47des Transports.
00:53:48Et puis,
00:53:49toute la brochette
00:53:49que j'ai vue
00:53:52de grands connaisseurs
00:53:53experts du ferroviaire,
00:53:54d'ailleurs,
00:53:55dans les différents ateliers,
00:53:57tout ça,
00:53:57il nous tarde d'y être
00:53:58si on est invité.
00:54:00Officiellement,
00:54:00ce n'est pas le cas.
00:54:02Ce n'est pas sûr ?
00:54:03Là, ce qui est sûr,
00:54:03c'est qu'on n'est pas invité.
00:54:04Après, on va voir.
00:54:05Mais bon,
00:54:05du coup,
00:54:06on va voir,
00:54:06peut-être qu'on aura
00:54:07un petit coup de fil
00:54:08dans les heures
00:54:09et les jours qui viennent.
00:54:09Mais ça,
00:54:09on verra.
00:54:10Ça,
00:54:10ce n'est même pas
00:54:10l'essentiel.
00:54:12Nous,
00:54:12ce qu'on va leur dire,
00:54:13de l'argent,
00:54:13il y en a.
00:54:15Alors,
00:54:15ça commence à fleurir,
00:54:16c'est bien.
00:54:17Concession autoroutière,
00:54:184,3 milliards de profit
00:54:20en 2024.
00:54:22Une paille.
00:54:244 milliards qui vont
00:54:25dans les poches
00:54:26des actionnaires privés
00:54:27puisque les autoroutes,
00:54:29aujourd'hui,
00:54:29sont privées.
00:54:31Nous,
00:54:32on nous demande d'ailleurs
00:54:33la renationalisation.
00:54:34La concession s'arrête
00:54:35en 2030.
00:54:36Il y a le temps
00:54:36d'y réfléchir,
00:54:37de concevoir un projet.
00:54:38Ça peut être pas mal.
00:54:39Nous porterons ça.
00:54:40Par contre,
00:54:40ce qu'on dit,
00:54:414 milliards.
00:54:43Les investissements
00:54:44dans le ferroviaire,
00:54:44c'est lourd.
00:54:45Allez,
00:54:46on dit,
00:54:46de manière tout à fait
00:54:48équilibrée,
00:54:49égalitaire,
00:54:49on en ponctionne
00:54:501 milliard pour le ferroviaire.
00:54:51Ça y est,
00:54:51on a répondu à l'équation
00:54:52à laquelle on est confronté.
00:54:54On en laisse 2
00:54:56pour l'ensemble
00:54:57des autres modes
00:54:57routiers,
00:54:59fluvial,
00:54:59aériens,
00:55:00maritimes.
00:55:01Comme quoi,
00:55:01voilà,
00:55:02et on est partageurs.
00:55:03Il en restera toujours
00:55:041 milliard
00:55:05à pouvoir,
00:55:06comment dire,
00:55:07se répartir
00:55:08pour les actionnaires.
00:55:09Tout ça doit pas mal.
00:55:10Annuellement.
00:55:11Donc là,
00:55:11on peut choper
00:55:12un peu d'argent
00:55:13pour financer.
00:55:14Ça a l'air simple,
00:55:15mais l'avantage,
00:55:16c'est que cette recette existe,
00:55:18cette ressource existe,
00:55:20qui nous permet aussi
00:55:21d'annoncer
00:55:22qu'en réfléchant
00:55:23cet argent
00:55:24qui existe,
00:55:25on ne crée
00:55:25ni d'impôts
00:55:26ni de taxes supplémentaires.
00:55:27et nous avons la taxe
00:55:29sur les produits énergétiques
00:55:30et pétroliers
00:55:30qui génèrent
00:55:3130 milliards,
00:55:32plus de 30 milliards
00:55:33d'euros par an.
00:55:3418 milliards
00:55:35sont fléchés aujourd'hui
00:55:36pour désendetter
00:55:38l'État,
00:55:39le budget de l'État.
00:55:4018 milliards.
00:55:42Plus nos impôts
00:55:43et puis tout ça.
00:55:43Bien.
00:55:44Il en reste un petit peu
00:55:45quand même.
00:55:46Donc il y a quand même
00:55:47une dizaine de milliards
00:55:47qui traînent.
00:55:48Là aussi,
00:55:49on se dit,
00:55:49bon,
00:55:50il y a besoin
00:55:51d'aller au-delà
00:55:53de la régénération,
00:55:53peut-être d'accélérer
00:55:54un certain nombre
00:55:55de niveaux de régénération.
00:55:57Peut-être aller capter
00:55:58dans ce budget-là
00:55:59une partie.
00:56:00Allez,
00:56:00un milliard de plus.
00:56:01Pour nous,
00:56:02ça en fera deux.
00:56:03Un peu aussi pour les autres.
00:56:04Comme ça,
00:56:04on continue de partager.
00:56:06On ne pourra pas dire
00:56:06qu'on est à la fois sectaire
00:56:07et puis égoïste.
00:56:08Nous sommes des grands partageurs,
00:56:09les cheminots.
00:56:10Voilà, tout ça.
00:56:11Par contre,
00:56:11ce qu'il y a turd,
00:56:12c'est que cet argent,
00:56:12il existe.
00:56:14Il faut le réfléchir.
00:56:15Donc c'est...
00:56:16Il y a ça,
00:56:16puis on a plein d'autres propositions,
00:56:18mais ça pourrait être chiant
00:56:19à les écumer ici.
00:56:22Mais on en a beaucoup
00:56:23qui démontrent
00:56:24que oui,
00:56:24il y a de l'argent.
00:56:25Oui,
00:56:26il faut qu'il soit mieux fléché.
00:56:27Et oui,
00:56:28oui,
00:56:28il permettra
00:56:29en étant mieux fléché
00:56:31d'éviter
00:56:33des augmentations d'impôts
00:56:34ou des taxes supplémentaires.
00:56:35Et dans le cadre
00:56:36d'un budget d'austérité
00:56:37annoncé
00:56:38qui s'amplifie,
00:56:39c'est important aussi
00:56:40de redire
00:56:41qu'il y a énormément
00:56:42d'argent disponible
00:56:43qu'il faudrait pouvoir
00:56:44le réfléchir.
00:56:45OK.
00:56:45On va prendre
00:56:47des questions du chat.
00:56:47Il y en a eu beaucoup
00:56:48parce qu'on a beaucoup parlé
00:56:49et on est un petit peu
00:56:50à la traîne,
00:56:51mais on ne vous oublie pas le chat.
00:56:51En attendant,
00:56:52je vais te demander
00:56:53de te rapprocher
00:56:53un tout petit peu
00:56:54si c'est possible,
00:56:55juste histoire de voir.
00:56:56Oui,
00:56:56c'est bon,
00:56:56tu es bien dans le cadre.
00:56:58Quand tu as parlé du fret,
00:56:59on a eu beaucoup
00:56:59de vive le fret,
00:57:00on veut du fret ferroviaire,
00:57:01vive le fret.
00:57:02Je crois que tout le monde,
00:57:03il y a un consensus,
00:57:03on va dire,
00:57:04sur le fret dans le chat.
00:57:06J'avais vu
00:57:07une petite question
00:57:09de Franck Yrette
00:57:10qui n'était peut-être
00:57:10pas là au début,
00:57:11qui est peut-être
00:57:11arrivé en cours de route
00:57:12et qui nous demande,
00:57:13je vais te demander
00:57:13de répondre assez court
00:57:15à ces questions-là
00:57:16pour qu'on puisse
00:57:16ensuite avancer.
00:57:17Les contrôleurs
00:57:18ont-ils leurs horaires
00:57:19régulièrement modifiés
00:57:19au dernier moment ?
00:57:20Tu nous disais que oui.
00:57:22Alors,
00:57:23régulièrement,
00:57:24c'est souvent,
00:57:24puis ça ne tombe pas
00:57:25sur les mêmes.
00:57:26Mais le moment
00:57:27où ça tombe,
00:57:28ça impacte le quotidien
00:57:30des contrôleurs
00:57:30et des contrôleuses
00:57:31en général.
00:57:32Donc,
00:57:33régulièrement,
00:57:33de plus en plus souvent,
00:57:34on va dire maintenant.
00:57:35Il y a Adibou
00:57:36qui rigole un petit peu,
00:57:37je crois qu'il le dit
00:57:38de façon sarcastique,
00:57:39mais il dit,
00:57:39bon,
00:57:39on le sait bien
00:57:40que les salaires des cheminots,
00:57:41c'est de 8 000 net
00:57:41avec des tickets resto.
00:57:43Ce n'est pas un chiffre
00:57:44que tu confirmes ?
00:57:45Je confirme
00:57:47qu'on peut diviser ça
00:57:48par 4,
00:57:49ce qui est déjà
00:57:50pour certains cheminots
00:57:51un haut niveau
00:57:51de rémunération
00:57:53brut étant entendu.
00:57:55Donc,
00:57:55on n'en est pas là du tout.
00:57:58Par contre,
00:57:59je pense
00:58:00et nous pensons
00:58:01qu'avec les 94 milliards
00:58:02de profits réalisés
00:58:03par les entreprises
00:58:04du CAC 40,
00:58:05on pourrait atteindre
00:58:06un financement
00:58:07et un salaire
00:58:08de 8 000 euros
00:58:08par cheminot
00:58:09et puis plus largement
00:58:10l'ensemble des salariés.
00:58:11Je suis pour.
00:58:12Il y a Slim Zero
00:58:13qui nous dit,
00:58:14est-ce qu'on en parle
00:58:14de nouveaux distributeurs
00:58:15qui vont remplacer
00:58:16la voiture bar ?
00:58:17Est-ce que c'est quelque chose
00:58:17qui est en cours ?
00:58:19Oui,
00:58:19alors j'ai vu ça.
00:58:20C'est dans le cas
00:58:20des nouveaux TGV,
00:58:21appelés TGV M.
00:58:23Il y a en effet
00:58:24la volonté
00:58:25de mettre
00:58:26des machines
00:58:27distributrices
00:58:27d'aliments,
00:58:29de boissons,
00:58:29etc.
00:58:30ce qu'on croit comprendre
00:58:32c'est qu'il y aurait
00:58:32quand même
00:58:33quelqu'un
00:58:33qui vigilerait
00:58:34au passage
00:58:35à la caisse
00:58:35mais voilà
00:58:36typiquement
00:58:38une logique
00:58:38de rationalisation
00:58:40et encore une fois
00:58:41de déshumanisation
00:58:43toujours agréable
00:58:43de voir le barista,
00:58:44la barista
00:58:45dans le bas,
00:58:46on discute un peu,
00:58:46on boit un coup,
00:58:47tout ça,
00:58:47on mange des chips
00:58:48et tout,
00:58:48c'est très bien,
00:58:48un bout de saucisson
00:58:49pour ceux qui en mangent.
00:58:50Bon,
00:58:51là plus rien,
00:58:52de nouveau.
00:58:53Donc là,
00:58:54on voit bien
00:58:54que la logique
00:58:55c'est d'abaisser les coûts,
00:58:56ce qu'ils appellent
00:58:57les coûts,
00:58:57en enlevant du personnel.
00:58:59Donc oui,
00:59:00oui,
00:59:01nous pouvons l'annoncer
00:59:01et je l'annonce
00:59:02de manière très claire
00:59:03aujourd'hui,
00:59:04nous allons appeler
00:59:05à agir
00:59:06les personnels
00:59:07de la restauration ferroviaire
00:59:09parce que l'avenir
00:59:09de leur métier,
00:59:10de leur emploi
00:59:11est menacé
00:59:11et nous ne pourrons pas,
00:59:13nous ne pourrons pas
00:59:14céder au chantage permanent
00:59:16et du profit
00:59:17de la rentabilité.
00:59:18On a aussi l'impression
00:59:19que ce n'est pas seulement
00:59:22dans le train,
00:59:23c'est dans les gares.
00:59:24Les gares sont
00:59:25de moins en moins humaines,
00:59:26on en parlait un peu plus tôt
00:59:27il y a de moins en moins
00:59:28de personnes
00:59:28et si on a un souci
00:59:30de machine
00:59:30ou simplement
00:59:31qu'on n'est pas à l'aise
00:59:32avec ça
00:59:32ou qu'on a un peu de l'âge,
00:59:34souvent la réponse
00:59:34elle est dans le portable,
00:59:36il y a de moins en moins
00:59:37d'humains
00:59:38dans la gare,
00:59:39dans le train.
00:59:41Mais c'est,
00:59:41oui,
00:59:41tu as raison,
00:59:42alors en plus,
00:59:43moi je fais souvent le parallèle,
00:59:45certains vont rire
00:59:46parce qu'il y a une anecdote
00:59:47récente,
00:59:47mais je ne parlerai pas ici.
00:59:49La signalétique
00:59:50dans une gare,
00:59:51pour certaines personnes,
00:59:52ce n'est pas inné
00:59:52et puis alors ça perturbe.
00:59:54Bon,
00:59:55moi typiquement,
00:59:56très rare,
00:59:57en tant que cheminot,
00:59:58je prends très rarement
00:59:58l'avion,
01:00:00la signalétique
01:00:01dans les aéroports
01:00:01me perturbe.
01:00:02Mais qu'est-ce que je fais ?
01:00:03Je charge du personnel
01:00:04pour me renseigner,
01:00:05pour pouvoir être aiguillé,
01:00:06etc.,
01:00:07sans jeu de mots.
01:00:08Voilà,
01:00:08donc ce qui est valable
01:00:09pour moi et d'autres
01:00:10des millions de personnes
01:00:11est valable à l'aéroport,
01:00:12c'est valable aussi
01:00:13dans les gardes,
01:00:13ne serait-ce que ça.
01:00:14Et ensuite,
01:00:15il y a aussi
01:00:16toutes les parties
01:00:17après-vente.
01:00:18C'est-à-dire que
01:00:18le canal de distribution
01:00:20Internet,
01:00:20c'est une option
01:00:21pour ceux qui l'ont
01:00:22et qui maîtrisent l'outil,
01:00:23mais bien souvent,
01:00:24il y a quand même
01:00:24des problématiques.
01:00:26J'ai besoin d'un renseignement
01:00:27sur un remboursement,
01:00:28j'ai besoin d'un renseignement
01:00:29sur un tarif
01:00:29que je n'ai pas bien compris
01:00:30sur machin connect,
01:00:32là.
01:00:34Bon,
01:00:34je vais à un guichet,
01:00:35je pose ma question,
01:00:36j'ai quelqu'un
01:00:37qui me répond.
01:00:38Là,
01:00:38aujourd'hui,
01:00:39c'est de moins en moins le cas.
01:00:40Et puis,
01:00:40il y a ce besoin
01:00:41d'information.
01:00:43Le développement
01:00:44des entreprises
01:00:45demain,
01:00:46il se conduira
01:00:47exclusivement
01:00:47si on remet
01:00:49des hommes et des femmes
01:00:50présents
01:00:50dans les halls de gare,
01:00:51dans les trains,
01:00:52sur les quais.
01:00:53C'est valable à la SNCF,
01:00:54c'est valable
01:00:54pour l'ensemble
01:00:55des services publics.
01:00:56Ce serait vraiment,
01:00:57s'il devait y avoir
01:00:58qu'une seule ambition,
01:00:59ce serait celle-là.
01:01:00Et un vrai développement
01:01:00de ces entreprises-là,
01:01:01ce serait vraiment
01:01:02de remettre des hommes
01:01:02et des femmes
01:01:03au cœur de l'activité
01:01:05pour nous de la SNCF.
01:01:07Il y a eu beaucoup
01:01:07de réactions dans le chat
01:01:08qui disent
01:01:08qu'on parle déjà
01:01:09de faire des économies,
01:01:10on parle déjà
01:01:10de rentabilité.
01:01:13Strabisme,
01:01:14j'ai vu ton message
01:01:14comme quand on n'entendait pas bien,
01:01:15c'est pour ça
01:01:16que j'ai monté le son.
01:01:16Tu n'étais pas fou,
01:01:17j'ai monté le son
01:01:18pendant le reportage,
01:01:19mais merci de nous avoir
01:01:20fait le retour.
01:01:21Dites-nous si vous entendez bien,
01:01:22si vous voyez bien,
01:01:23si tout se passe bien.
01:01:25Vous êtes un peu
01:01:26nos techniciens.
01:01:28Et on nous dit,
01:01:29oui, bon,
01:01:29déjà à l'époque,
01:01:30on parlait de faire
01:01:30des économies
01:01:32et de sauvegarder
01:01:34des lignes,
01:01:35pas seulement pour les emplois,
01:01:36aussi pour la façon
01:01:37dont le train,
01:01:38comme on l'a dit,
01:01:39et maille le territoire.
01:01:42Oui, alors,
01:01:43c'est vrai que pour l'anecdote,
01:01:45Élise Lucet a changé de coiffeur,
01:01:46ça, on s'en est rendu compte
01:01:47quelques années après.
01:01:48Alors, j'ai reconnu
01:01:49deux camarades aussi,
01:01:50Michel Vendziek
01:01:51et puis Christian Pelletay,
01:01:52ils ont aussi changé de coiffeur,
01:01:53mais ça,
01:01:54c'est un petit clin d'œil
01:01:54à mes deux camarades.
01:01:56C'est assez drôle.
01:01:56Vous avez déjà vu le reportage ?
01:01:57Non, du tout,
01:01:58du tout.
01:01:58Mais bon,
01:01:59voilà,
01:01:59ça se situe
01:02:01à l'année 95,
01:02:03année 95,
01:02:04fin d'année,
01:02:05énorme conflit
01:02:07mené par les cheminots,
01:02:08par la CGT,
01:02:09à la pointe,
01:02:10avec des propositions,
01:02:11qui déjà,
01:02:12à cette époque-là,
01:02:13dénonçaient
01:02:14les milliers
01:02:15de kilomètres de lignes
01:02:16menacées de fermeture
01:02:17et qui,
01:02:17grâce à leur mobilisation,
01:02:19en plus d'avoir préservé
01:02:20le régime spécial,
01:02:21d'avoir contribué
01:02:22au développement
01:02:23du ferroviaire,
01:02:24a permis de maintenir
01:02:25ces milliers de kilomètres
01:02:27de lignes.
01:02:27Ça, c'est la fierté.
01:02:29Typiquement,
01:02:29je fais la parenthèse,
01:02:30et à la fois d'être
01:02:31à la CGT,
01:02:32d'être son premier représentant
01:02:33et d'avoir des camarades
01:02:34qui se battent
01:02:36en permanence
01:02:36pour préserver tout ça.
01:02:38C'est une vraie fierté
01:02:38et c'est transmis
01:02:39aux plus jeunes,
01:02:39c'est très bien.
01:02:40Alors oui,
01:02:41les fameuses petites lignes,
01:02:43on voit bien que c'est
01:02:44un enjeu
01:02:44qui date
01:02:46depuis un petit moment.
01:02:48Il y avait ce qui est...
01:02:49Enfin,
01:02:49il existait
01:02:50un mécanisme financier
01:02:52tant que l'entreprise
01:02:53SNCF
01:02:54était unique
01:02:55et intégrée,
01:02:56comme on dit,
01:02:56c'est-à-dire rassemblée
01:02:57au sein
01:02:59d'une seule et même entité.
01:03:00Il y avait un mécanisme
01:03:01qui s'appelle
01:03:01la péréquation.
01:03:03Qu'est-ce que c'est
01:03:04que cette affaire-là ?
01:03:04La péréquation,
01:03:05c'est une logique
01:03:06qui confère
01:03:08à ce que les lignes
01:03:09dites rentables,
01:03:10qui créent du profit,
01:03:12permettent de financer
01:03:13les lignes dites
01:03:14moins rentables.
01:03:15et la logique
01:03:17de rentabilité
01:03:17d'ailleurs me gêne.
01:03:18Mais dans la logique
01:03:20capitalistique,
01:03:21les trains
01:03:22plus rentables
01:03:23permettaient de financer
01:03:24les trains
01:03:25moins rentables.
01:03:26À savoir que
01:03:27dans les années 70,
01:03:29au niveau
01:03:29d'industrialisation
01:03:31en France,
01:03:32c'est le fret,
01:03:33le transport
01:03:34de marchandises
01:03:35qui était
01:03:36le plus rentable
01:03:38et qui finançait
01:03:39des lignes
01:03:40moins rentables.
01:03:42Vous voyez,
01:03:42à peu près,
01:03:43aujourd'hui,
01:03:43c'est évidemment,
01:03:44tout le monde l'a compris,
01:03:45le TGV.
01:03:46Donc cette péréquation,
01:03:47elle devrait pouvoir
01:03:48se réhabiliter.
01:03:50Parce que
01:03:51cette logique
01:03:52de pouvoir financer
01:03:53une ligne moins rentable
01:03:54avec les profits réalisés
01:03:56par les lignes rentables,
01:03:57déjà,
01:03:58ça permettrait
01:03:59clairement
01:03:59de flécher
01:04:01l'argent
01:04:03capté
01:04:03dans l'entreprise
01:04:04là où il y en a besoin,
01:04:05de préserver les lignes,
01:04:07voilà,
01:04:07et aussi
01:04:08d'en développer d'autres.
01:04:09Donc oui,
01:04:09c'est un enjeu,
01:04:11ces petites lignes,
01:04:12ces lignes de dessert fine,
01:04:13parce qu'il y a un élément
01:04:14qu'on ne pointe pas suffisamment,
01:04:16mais qui est parlant
01:04:17et d'ailleurs
01:04:17qui doit faire écho
01:04:19à ce qu'on a vécu
01:04:21et ce qu'on vit,
01:04:22d'ailleurs,
01:04:22malheureusement,
01:04:23depuis quelques années,
01:04:24c'est la montée forte
01:04:25de l'extrême droite.
01:04:25Il est parti en sucette,
01:04:27là,
01:04:27Bébert.
01:04:28Non,
01:04:28du tout,
01:04:28le sentiment d'abandon
01:04:30dans les territoires,
01:04:30quand on sait que 38%
01:04:32de la population
01:04:32vit en zone rurale,
01:04:33plus de 58%
01:04:35d'entre elles
01:04:36utilisent sa voiture
01:04:37pour faire 10 à 100 km par jour
01:04:39pour aller au travail,
01:04:40ce sentiment d'abandon
01:04:41par les fermetures
01:04:43de lignes,
01:04:43de gares,
01:04:43de guichets,
01:04:44qui est ressenti
01:04:45par les anciens,
01:04:47malheureusement,
01:04:47usagers de la SNCF
01:04:48ou la population
01:04:49tout largement,
01:04:50crée de la frustration
01:04:51et entraîne aussi
01:04:53l'idée que,
01:04:54finalement,
01:04:55peut-être qu'il faudrait
01:04:55tenter le Front National
01:04:57qui pourrait peut-être
01:04:58répondre à financer
01:04:59un petit peu cette...
01:04:59Donc il y a ce sentiment
01:05:00d'abandon
01:05:00qui crée une recrudescence
01:05:02du vote extrême droite.
01:05:04Donc il y a aussi
01:05:05un enjeu,
01:05:06et je dirais,
01:05:06oui,
01:05:07un enjeu fondamental
01:05:08et sociétal
01:05:08de pouvoir rétablir ça,
01:05:10mais bien évidemment
01:05:11que l'objectif premier,
01:05:12c'est de permettre
01:05:13l'accès au train
01:05:14du plus grand nombre,
01:05:15quel que soit l'endroit
01:05:16où on habite
01:05:17dans le pays.
01:05:18C'est ça l'enjeu.
01:05:19Et il y a des lignes
01:05:20aujourd'hui
01:05:20qui mériteraient,
01:05:22budgétairement parlant,
01:05:23entre guillemets,
01:05:24alors pas grand-chose,
01:05:25pas grand-chose,
01:05:25tout est relatif.
01:05:26Dès qu'on parle
01:05:29on ne sait pas trop
01:05:30à quoi ça représente d'ailleurs,
01:05:32Hussel-Clairmont,
01:05:33projet de réouverture
01:05:35de lignes,
01:05:37première étude faite,
01:05:3856 millions
01:05:39pour les rouvrir,
01:05:41étude faite,
01:05:42commandité par la CGT,
01:05:4423 millions.
01:05:45Alors c'est pas une paille,
01:05:45c'est pas ce que je dis,
01:05:46mais 23 millions
01:05:47dans un budget
01:05:48en planifiant,
01:05:50en priorisant,
01:05:51ça doit pouvoir
01:05:52et à la fois
01:05:52se trouver
01:05:53et être mis sur la table
01:05:55pour développer
01:05:56cette ligne
01:05:56entre Hussel
01:05:57et Clermont-Ferrand.
01:05:58C'est vrai là,
01:05:58c'est vrai sur
01:06:00Morlaire-Roscoff
01:06:01pour trimballer
01:06:02les choux-fleurs,
01:06:03les artichauts
01:06:03et tout ça
01:06:03pour les amener
01:06:04sur Paris,
01:06:05c'est vrai pour relancer
01:06:06le Perpignan-Ringis,
01:06:07les fruits et légumes,
01:06:08c'est vrai pour pouvoir
01:06:10aussi relancer
01:06:11un certain nombre
01:06:12de territoires
01:06:12et de préserver
01:06:14des territoires
01:06:14comme le Limousin,
01:06:16le Limousin
01:06:17qui est menacé
01:06:18de la quasi-totalité
01:06:20de fermeture
01:06:21de ces lignes
01:06:21parce que du coup
01:06:22jugé non rentable.
01:06:23Il y a des situations
01:06:25complètement folles.
01:06:26la ligne du train jaune
01:06:28de Cerdagne
01:06:28dans les Pyrénées-Orientales,
01:06:30si elle n'existait pas,
01:06:32dès lors qu'il y a
01:06:33un problème sur la route
01:06:34qui est parallèle
01:06:35à cette voie ferrée,
01:06:37un camion qui se fout
01:06:37en travers,
01:06:38des mètres de neige,
01:06:39il y en a un peu moins,
01:06:40mais ça peut exister,
01:06:41des allers de toute nature,
01:06:42si la route ferme,
01:06:43il n'y a plus d'accès
01:06:44pour ceux et celles
01:06:45qui habitent
01:06:45dans les hauts cantons
01:06:46de Cerdagne,
01:06:48il n'y a plus d'accès
01:06:49à Perpignan,
01:06:50à Villefranche-Vernay-les-Bains,
01:06:51etc.
01:06:51Donc le train,
01:06:52c'est un enjeu,
01:06:53et à la fois
01:06:53de réponse aux besoins
01:06:55du quotidien
01:06:55pour aller travailler,
01:06:57assumer ses études
01:06:58et se faire hospitaliser
01:06:59malheureusement
01:06:59quand on a besoin,
01:07:00etc.
01:07:01machin,
01:07:01enfin,
01:07:01tout n'est pas grave non plus,
01:07:03etc.
01:07:03mais aussi de revitalisation
01:07:05des territoires.
01:07:06Et ça revitalise
01:07:07les territoires
01:07:09en matière économique
01:07:10et sociale,
01:07:11ça crée l'activité.
01:07:13La SNCF,
01:07:14la direction de la SNCF,
01:07:15disait à la sortie de la guerre,
01:07:18avait créé des affiches.
01:07:20Là où le rail passe,
01:07:22la vie reprend,
01:07:23le train arrive,
01:07:26je travaille.
01:07:28Nous,
01:07:28moi je considère
01:07:29que la CGT
01:07:30peut reprendre à son compte
01:07:31ce slogan,
01:07:31par contre,
01:07:32ce serait bien
01:07:33que la direction de la SNCF,
01:07:35même si elle n'est pas
01:07:36responsable de tout,
01:07:37en l'occurrence,
01:07:38puisque les régions
01:07:39et l'Etat
01:07:39doivent reprendre
01:07:40aussi sa responsabilité,
01:07:42cela dit,
01:07:43il serait temps
01:07:43qu'on renoue
01:07:44avec ce type de slogan,
01:07:45qu'on les mette en oeuvre,
01:07:46parce qu'on voit bien
01:07:46que dès lors que le train
01:07:48traverse,
01:07:49passe dans un territoire,
01:07:50il y a tout un tas
01:07:51d'activités qui se recréent
01:07:52et on a besoin de ça
01:07:54et il faut que ce train,
01:07:55le train en général,
01:07:56redevienne populaire
01:07:56et accessible.
01:07:57Donc oui,
01:07:58c'est des batailles de fond,
01:07:59c'est des batailles
01:07:59de longue haleine,
01:08:00c'est des batailles importantes
01:08:02que nous menons en convergence,
01:08:03j'insiste,
01:08:04ce pourquoi
01:08:05une grosse frange
01:08:06des usagers de la SNCF,
01:08:07même si,
01:08:08même si évidemment,
01:08:09une grève
01:08:10est toujours impactante,
01:08:11mesure
01:08:12et voit aussi
01:08:14que les cheminots,
01:08:15une grosse partie
01:08:16d'entre elles et d'entre eux,
01:08:16se battent pour l'intérêt général,
01:08:18se battent pour leur quotidien
01:08:19et eux-mêmes
01:08:20nous le rendent bien
01:08:20quand ils fréquentent
01:08:21nos trains
01:08:22avec le sourire
01:08:23et qu'ils bataillent
01:08:24avec nous
01:08:24pour préserver des lignes.
01:08:25Donc oui,
01:08:25il y a de la convergence
01:08:26à pouvoir travailler
01:08:28mais il y a surtout
01:08:29des belles perspectives
01:08:30à s'offrir
01:08:31parce qu'on ne peut pas
01:08:33à la fois parler
01:08:33des enjeux environnementaux,
01:08:36imaginer ne pas rétablir
01:08:38une situation
01:08:38qui permette
01:08:39l'accès au train
01:08:39et puis se dire
01:08:40bon ça va se rétablir
01:08:42tout seul,
01:08:42non,
01:08:42il faut rétablir du train,
01:08:44il faut redonner les moyens
01:08:45au train public,
01:08:46remettre des cheminots,
01:08:47plus de cheminots,
01:08:48c'est plus de propositions
01:08:49d'emploi notamment
01:08:50vis-à-vis de la jeunesse,
01:08:51on a besoin d'une jeunesse
01:08:52qui rentre à la SNCF,
01:08:54qui se syndique,
01:08:55plus à la CGT,
01:08:56s'il vous plaît
01:08:57et on a besoin de vous
01:08:58pour continuer à lutter.
01:09:00Alors,
01:09:00je me permets de faire
01:09:01un peu de promo
01:09:02mais dans la poursuite
01:09:04de ce que dit Thierry,
01:09:05vous pourrez découvrir
01:09:06dans l'Humanité Magazine
01:09:07du jeudi 15
01:09:09un reportage justement
01:09:10sur une bataille en cours
01:09:11menée par la CGT
01:09:13appuyée par des collectifs
01:09:14d'usagers
01:09:15et des élus de gauche
01:09:17dans l'Aude
01:09:17pour la réouverture
01:09:18d'une ligne
01:09:19dans les montagnes
01:09:20justement
01:09:21entre Carcassonne et Kian
01:09:23et donc tous les enjeux
01:09:24d'à la fois de montée
01:09:25du vote Rassemblement National
01:09:26et d'accès aux services publics
01:09:28et de dépendance
01:09:29à la voiture.
01:09:30Moi,
01:09:31je voulais te faire rebondir
01:09:32Thierry sur
01:09:32ta fait allusion
01:09:33à 95
01:09:34et aux grandes grèves
01:09:35cheminotes
01:09:35qui ont marqué
01:09:36le conflit
01:09:37contre le plomb Juppé.
01:09:39Il y a un peu
01:09:39un fantasme
01:09:40sur
01:09:41c'est quoi faire grève
01:09:43à la CGT.
01:09:45Concrètement,
01:09:45est-ce qu'il suffit
01:09:46d'un appel syndical
01:09:48pour que
01:09:49l'ensemble
01:09:50des cheminots
01:09:50se mettent en grève ?
01:09:52Est-ce qu'il faut
01:09:53au contraire
01:09:53les convaincre
01:09:53dans les services ?
01:09:55Et puis surtout,
01:09:56combien ça coûte
01:09:57une journée de grève
01:09:58pour un cheminot ?
01:10:01Non,
01:10:02alors déjà,
01:10:03la grève
01:10:04est un moyen,
01:10:05est un élément
01:10:06du rapport de force.
01:10:07La grève
01:10:08intervient.
01:10:09Évidemment,
01:10:10quand il y a des annonces
01:10:11fortes,
01:10:11comme ça a été le cas
01:10:12en 95
01:10:13mai en 2014
01:10:14en 2018,
01:10:16on intervient
01:10:18dans une logique
01:10:19de contestation
01:10:20d'un choix,
01:10:20d'un projet
01:10:21qu'on sait
01:10:23qui entraînera
01:10:24une dégradation,
01:10:25des lourdes dégradations
01:10:26et pour les usagers
01:10:28et pour les cheminots,
01:10:29on est sur l'utilisation
01:10:31de la grève
01:10:31comme un moyen
01:10:32d'élévation
01:10:34aussi du rapport de force.
01:10:35Quand il y a des négo
01:10:36qu'on réclame
01:10:38dans le conflit en cours,
01:10:40quand les négo
01:10:40n'aboutissent pas,
01:10:42on arrive
01:10:43à la grève.
01:10:44Donc tout ça,
01:10:45ça s'explique,
01:10:46ça se travaille
01:10:47et en effet,
01:10:48il faut convaincre.
01:10:49Il faut convaincre déjà
01:10:50sur la base des revendications.
01:10:51Est-ce que les revendications
01:10:52portées
01:10:53sont des sujets
01:10:54qui intéressent
01:10:55les collègues ?
01:10:56Aussi simplement que ça.
01:10:58Est-ce que les revendications
01:10:59portées
01:10:59sont des éléments
01:11:01qui donnent à voir
01:11:02que si on obtenait
01:11:03des choses de cette nature-là,
01:11:05ça améliorerait
01:11:06notre quotidien ?
01:11:07Est-ce que
01:11:07les éléments
01:11:08et les revendications
01:11:09portées
01:11:10sont des choses
01:11:11qui puissent être
01:11:13débattues
01:11:13entre nous,
01:11:14qu'elles soient
01:11:15bien comprises
01:11:16pour aussi donner
01:11:17du sens
01:11:17de l'implication
01:11:18dans la grève ?
01:11:19C'est un engagement
01:11:20que de faire grève.
01:11:21On s'engage
01:11:21dans une grève.
01:11:22On perd de l'argent,
01:11:23tu l'as dit.
01:11:25C'est du
01:11:27120 balles par jour
01:11:28avec les cotises.
01:11:30C'est quand même pas rien.
01:11:31Voilà,
01:11:31donc en effet,
01:11:32c'est un vrai engagement.
01:11:34D'autres diraient
01:11:34que c'est un investissement
01:11:35parfois,
01:11:36quand on gagne d'ailleurs.
01:11:37Mais enfin,
01:11:38voilà,
01:11:38donc non,
01:11:38on n'appuie pas
01:11:39sur un bouton.
01:11:39on partage la réflexion
01:11:41et d'ailleurs,
01:11:42c'est pourquoi nous,
01:11:43à la CGT,
01:11:45nous mettons aussi
01:11:46dans l'articulation
01:11:49de la grève
01:11:50le fait
01:11:51qu'elle appartient
01:11:52aux grévistes.
01:11:53Et c'est pas
01:11:53se dire
01:11:55les cul-de-plomb
01:11:56à la fédération,
01:11:57ils se désengagent,
01:11:57ils ne savent plus
01:11:58comment gérer.
01:11:58Non,
01:11:58il n'y a pas de ça.
01:11:59Les grévistes,
01:12:00ils gèrent leurs grèves.
01:12:01Assemblée générale
01:12:02tous les jours,
01:12:03on débat,
01:12:04on discute.
01:12:04Est-ce qu'il y a eu
01:12:05des avancées ou pas
01:12:06dans le cadre du conflit ?
01:12:07Est-ce qu'il y a eu
01:12:07des annonces
01:12:08de la direction
01:12:08ou du gouvernement
01:12:09en fonction du sujet
01:12:10qu'on traite ?
01:12:10On évalue ensemble,
01:12:12on passe au vote.
01:12:13C'est la démocratie ouvrière.
01:12:15Nous,
01:12:15à la CGT,
01:12:17avec nos syndiqués,
01:12:18on y travaille
01:12:19préalablement,
01:12:24aussi être organisé,
01:12:26structuré,
01:12:27et de mon point de vue,
01:12:28plus efficace
01:12:29que d'être un petit peu
01:12:30autonome et volatil,
01:12:31ce qui permet aussi
01:12:32et ce qui évite peut-être aussi
01:12:33de se lever le matin
01:12:34avec une idée,
01:12:35de se lever le lendemain matin
01:12:36avec une autre
01:12:37et puis de faire ça
01:12:38tous les jours.
01:12:39Non,
01:12:39il faut se structurer,
01:12:40il faut de la constance,
01:12:40il faut de la perspective.
01:12:44Et être structuré,
01:12:45c'est faire vivre la démocratie
01:12:46en direct.
01:12:47Dans les assemblées générales,
01:12:48en vrai,
01:12:48on se touche
01:12:49comme se touche
01:12:50monsieur le journaliste
01:12:51de l'humanité.
01:12:52Se dire peut-être
01:12:53des gros mots parfois,
01:12:54pas que,
01:12:54mais se dire aussi
01:12:55ce qu'on pense.
01:12:56En vrai,
01:12:56pas derrière un écran,
01:12:57même si c'est bien
01:12:58parce que ça permet
01:12:59à quelques...
01:13:00Ça se dit des chatteurs ?
01:13:02Des chatteuses ?
01:13:02Non, ça se dit pas.
01:13:03Ou on dit le chat.
01:13:04C'est le chat.
01:13:04Voilà, ça permet à des gens,
01:13:06des hommes et des femmes
01:13:06de pouvoir s'exprimer.
01:13:07On vous fait un petit coucou.
01:13:08Le chat s'appelle
01:13:09les camarades en général.
01:13:10C'est très bien.
01:13:10Ils s'appellent comme ça
01:13:11entre nous.
01:13:11Bonjour les camarades.
01:13:12D'ailleurs, il y a Poum
01:13:13qui dit bonjour
01:13:13et force à monsieur Nier
01:13:15et aux camarades
01:13:16qu'il arrive en cours de route.
01:13:17Force à tous les cheminotes
01:13:18et les cheminots,
01:13:18mais merci.
01:13:19On prend.
01:13:21Donc voilà,
01:13:21c'est aussi pouvoir
01:13:23s'affronter dans le bon sens du terme,
01:13:25dans le cadre d'échanges
01:13:26parfois vifs,
01:13:27mais argumentés, etc.
01:13:28Ça, ça,
01:13:31un petit gros mot supplémentaire,
01:13:32c'est un peu florilège aujourd'hui.
01:13:33Ça a de la gueule.
01:13:34Ça a de la gueule
01:13:35de pouvoir débattre
01:13:36de cette manière-là.
01:13:36C'est ce qui manque
01:13:37dans la société d'ailleurs.
01:13:38Des débats,
01:13:39accepter la contradiction,
01:13:40mais accepter aussi
01:13:41qu'on ne puisse pas
01:13:42emporter la timbale tout seul.
01:13:44Je suis dans un cadre collectif,
01:13:45je donne un avis.
01:13:46J'ai le droit.
01:13:46Et c'est surtout
01:13:47ce qui est de préconiser.
01:13:48Par contre,
01:13:49dans le débat collectif,
01:13:50il s'avère que d'autres camarades,
01:13:51d'autres travailleurs
01:13:52et travailleuses autour de moi
01:13:53ne sont pas d'accord.
01:13:54L'avis majoritaire
01:13:54n'était pas mon avis.
01:13:56Nous, à la CGT,
01:13:56ce qu'on dit,
01:13:57dans nos structures internes,
01:13:58on débat de cette manière-là.
01:14:00Et quand l'avis,
01:14:01la décision est tranchée
01:14:03à la majorité,
01:14:06on tente de faire appliquer
01:14:07par tout le monde
01:14:08la décision prise collectivement.
01:14:10Et ça,
01:14:10c'est la démocratie
01:14:12en interne dans la CGT.
01:14:13C'est exigeant.
01:14:14C'est exigeant.
01:14:15mais ça permet d'approfondir,
01:14:16d'appréhender,
01:14:18de maîtriser les sujets
01:14:18et puis surtout,
01:14:19derrière,
01:14:20de pouvoir les défendre
01:14:21auprès de nos collègues de travail
01:14:22pour les motiver
01:14:23et les convaincre.
01:14:23Donc oui,
01:14:24moi personnellement,
01:14:25mais je sais que
01:14:26de nombreux camarades
01:14:27autour de moi
01:14:28et dans différentes structures
01:14:29de la CGT
01:14:30sont d'accord avec ça.
01:14:31On est quand même
01:14:31beaucoup plus favorables
01:14:32à se structurer,
01:14:34s'organiser
01:14:35pour pouvoir aussi
01:14:37être constants
01:14:37dans l'effort
01:14:38et sur la durée.
01:14:40On vous annonce le chat
01:14:43qu'on va terminer
01:14:44dans quelques minutes.
01:14:45Ça fait déjà 1h20
01:14:46qu'on est ensemble.
01:14:47On a beaucoup pris vos questions.
01:14:50Ça va assez vite au final.
01:14:52C'est assez passionnant.
01:14:53Si vous avez des questions,
01:14:54c'est maintenant ou jamais
01:14:56parce qu'on va devoir
01:14:56malheureusement vous quitter
01:14:57dans quelques minutes.
01:14:58Mais avant ça,
01:14:59question de Naï.
01:15:02La CGT a une longue histoire
01:15:03de 130 ans cette année.
01:15:07On a vu les allusions
01:15:09au 8 mai
01:15:10du ministre Tabarro
01:15:11dans l'entretien.
01:15:13Le 8 mai,
01:15:14ce n'est pas une date innocente
01:15:15puisque c'est en tout cas
01:15:17cette année,
01:15:17le 80e anniversaire
01:15:19de la capitalisation
01:15:20de l'Allemagne nazie.
01:15:23Les cheminots
01:15:24et en particulier la CGT
01:15:25ont payé un lourd tribut
01:15:26pour la libération
01:15:27de la France.
01:15:28Est-ce que tu peux nous en dire
01:15:29un peu plus ?
01:15:31Est-ce que tu peux nous dire
01:15:32un mot aussi ?
01:15:33Je ne sais pas si dans le chat
01:15:34et nos auditeurs
01:15:35ont déjà fait attention
01:15:36mais il y a beaucoup de places
01:15:37ou de rues Pierre Semard
01:15:39à la broche des gares.
01:15:40Est-ce que tu peux nous dire
01:15:42qui c'était ?
01:15:43Pierre Semard est un ancien
01:15:47secrétaire général
01:15:48de notre fédération
01:15:50et membre actif
01:15:52et un responsable
01:15:54du Parti communiste français
01:15:55qui s'est fait assassiner
01:15:57par les nazis
01:15:58le 7 mars 1942
01:16:01à Évreux.
01:16:02C'est un ancien secrétaire général.
01:16:05J'espère qu'on n'aura pas
01:16:07la même trajectoire.
01:16:08Bref,
01:16:09un homme remarquable,
01:16:10très engagé bien sûr,
01:16:11pas tout seul,
01:16:12avec aussi à cette époque-là,
01:16:14il y avait près de 500 000 cheminots
01:16:16à cette époque-là,
01:16:17des cheminots qui ont décidé
01:16:19de rentrer en résistance
01:16:20contre l'occupation nazie,
01:16:22contre Pétain
01:16:23et ce gouvernement
01:16:25collaborationniste.
01:16:26Ces 9 000 cheminots
01:16:27qui,
01:16:28en large,
01:16:29avec mitraillage de convois,
01:16:32etc.,
01:16:32ont perdu la vie.
01:16:33C'est des actes,
01:16:35y compris de sabotage,
01:16:37qui ont été conduits
01:16:38pour tenter d'éviter
01:16:39les trains de la déportation.
01:16:41C'est un certain nombre
01:16:42aussi d'actes de sabotage
01:16:43sur certaines lignes
01:16:44pour éviter que les forces nazies
01:16:45rejoignent les plages de Normandie
01:16:47pour donner moins de force possible
01:16:49au moment du débarquement.
01:16:50C'est ça,
01:16:51l'engagement
01:16:51de militants de la CGT
01:16:53et du Parti communiste français
01:16:55à cette époque-là.
01:16:56C'est ça aussi
01:16:57qui fait la fierté
01:16:58d'être un militant
01:16:59de l'organisation CGT.
01:17:01C'est ça qui fait aussi
01:17:02la fierté
01:17:03d'être un cheminot
01:17:04parce qu'il y a eu
01:17:05des actes
01:17:06assez,
01:17:07je dirais,
01:17:09simples
01:17:09et en même temps
01:17:10tellement importants
01:17:11à cette époque-là.
01:17:12Des agents de gare
01:17:13qui étaient sur les quais
01:17:15faisaient passer des messages
01:17:16des fois stratégiques
01:17:18émanant de cellules
01:17:19de résistants
01:17:21via des cachettes
01:17:22qu'il y avait
01:17:23dans les locomotives
01:17:24pour pouvoir les transmettre
01:17:26à un autre endroit
01:17:27où il y avait
01:17:27d'autres groupes
01:17:28et groupes uscules
01:17:29qui attendaient ce message
01:17:30pour pouvoir se coordonner,
01:17:31travailler ensemble.
01:17:32Les cheminots ont contribué
01:17:33assez à ça,
01:17:35faire passer des messages
01:17:36et pouvoir aussi
01:17:37s'organiser
01:17:38et avec d'autres,
01:17:39évidemment,
01:17:40pas tout seul.
01:17:41Et puis,
01:17:41il y a aussi,
01:17:42il y a eu des actes,
01:17:44je pense que dans la période,
01:17:45c'est important,
01:17:47il y a eu des actes
01:17:47de commis
01:17:48qui sont,
01:17:50j'ai envie de dire,
01:17:51qui sont vraiment
01:17:52à honorer.
01:17:53Je pense qu'en plus
01:17:55de tout le reste,
01:17:55ces cheminots-là
01:17:56sont, avec d'autres,
01:17:57sont des héros.
01:17:5956 cheminots
01:18:00et cheminotes,
01:18:01donc issus
01:18:01de toutes les régions,
01:18:03ont été reconnus
01:18:04juste parmi les nations.
01:18:06Alors,
01:18:06qu'est-ce que ça veut dire ?
01:18:07Juste parmi les nations,
01:18:09ça distingue
01:18:10toute personne
01:18:11non-juive
01:18:12qui,
01:18:13au péril de sa vie
01:18:14et sans contrepartie,
01:18:16a sauvé au moins
01:18:17un juif
01:18:18au cours de la Seconde Guerre mondiale
01:18:20en tous
01:18:20ces 4 150 personnes
01:18:23qui ont été honorées
01:18:24de ce titre,
01:18:25dont 56 cheminots.
01:18:26Je crois que dans la période,
01:18:27c'est important
01:18:28de resituer aussi
01:18:29le fait que
01:18:30la solidarité,
01:18:32le vivre ensemble,
01:18:33le respect
01:18:34de l'un et de l'autre,
01:18:35donc l'appel
01:18:36à l'arrêt
01:18:36des conflits mondiaux,
01:18:37ce dans quoi
01:18:38nous sommes engagés aussi,
01:18:39nous, la CGT,
01:18:39les cheminots,
01:18:40c'est quelque chose
01:18:41qui doit aussi traverser
01:18:42les esprits,
01:18:42qui doit être débattu.
01:18:43On ne peut pas
01:18:44laisser des fous de Dieu
01:18:47à la tête des États
01:18:48comme aux États-Unis
01:18:49mais aussi dans plein d'autres
01:18:50et nous faire la guerre
01:18:52qu'elle soit commerciale
01:18:53ou autre.
01:18:54Et c'est important
01:18:55de resituer historiquement
01:18:56l'implication
01:18:57d'une corporation
01:18:58comme les cheminots
01:18:59pour la liberté,
01:19:01pour rendre la liberté
01:19:02au peuple français
01:19:03avec les Français
01:19:05et qu'aujourd'hui,
01:19:06on puisse,
01:19:07et c'est pour ça
01:19:07que tous les ans,
01:19:08on commémore
01:19:08beaucoup d'émotions
01:19:09parce que déjà,
01:19:11voilà,
01:19:13c'est une implication
01:19:13et un engagement
01:19:14qui est très fort
01:19:15mais qui rend énormément
01:19:17de fierté.
01:19:18Et moi,
01:19:18j'aimerais que ça puisse
01:19:20être un petit peu plus discuté,
01:19:21mieux connu,
01:19:22parce que,
01:19:23pas tout seul,
01:19:24je l'ai dit,
01:19:24c'était vraiment
01:19:25un investissement
01:19:26de tous les jours.
01:19:27Il y a eu vraiment
01:19:28cette volonté
01:19:28de combattre
01:19:30et de contrecarrer
01:19:31notamment le Pétain
01:19:33et l'ensemble
01:19:34des collabos.
01:19:35il faut savoir
01:19:35qu'énormément
01:19:36de cheminots
01:19:38cégétistes,
01:19:40communistes
01:19:41ont été,
01:19:43comment dire,
01:19:45ont subi,
01:19:46pardon,
01:19:47une répression
01:19:47très très lourde
01:19:48et à la fois
01:19:49vis-à-vis
01:19:49du gouvernement
01:19:51du temps de Pétain
01:19:52et d'une partie
01:19:53de la direction
01:19:55de la SNCF,
01:19:56ils ont suppris
01:19:56la répression
01:19:57des mutations,
01:19:58des licenciements,
01:19:59d'autres sanctions
01:20:00de toute nature
01:20:00parce que cégétistes
01:20:02et pour certains
01:20:03et d'entre elles
01:20:04communistes.
01:20:05Voilà ce à quoi
01:20:05nous étions confrontés
01:20:06à une époque.
01:20:07Je ne voudrais pas
01:20:08que ce type
01:20:10de situation
01:20:10se reproduise,
01:20:12je le dis
01:20:14avec un peu
01:20:15d'ironie
01:20:15mais avec
01:20:16énormément de gravité.
01:20:18Merci beaucoup
01:20:19Thierry d'avoir été là
01:20:20et de nous avoir
01:20:21expliqué
01:20:22les raisons
01:20:23de cette mobilisation.
01:20:24Petite dernière question,
01:20:25du coup,
01:20:26comment ça se passe
01:20:27dans les jours
01:20:28qui viennent,
01:20:29du coup,
01:20:29Assemblée Générale
01:20:30et ça va...
01:20:30Assemblée Générale,
01:20:31voilà,
01:20:32ça se travaille
01:20:33là dans
01:20:34fin d'après-midi,
01:20:36reconduite
01:20:36ou pas du mouvement,
01:20:38bon,
01:20:38a priori,
01:20:39on va attendre
01:20:40le résultat
01:20:41et nous,
01:20:42nous redisons
01:20:43parce que maintenant,
01:20:44il y a quand même
01:20:45une situation
01:20:46qui démontre
01:20:47qu'il y a
01:20:47une implication importante
01:20:49des cheminots
01:20:49mécontents
01:20:50de leurs conditions
01:20:51de travail
01:20:52et de leur niveau
01:20:53et de la consistance
01:20:55de leurs primes
01:20:55de travail,
01:20:56c'est réel,
01:20:56ce mécontentement
01:20:57est réel,
01:20:58il s'exprime,
01:20:58nous avons des propositions,
01:21:00nous le redisons,
01:21:00nous sommes aussi partisans
01:21:02d'un dialogue social
01:21:04constructif,
01:21:05d'un dialogue social
01:21:06productif,
01:21:06j'ai entendu récemment
01:21:08que nous étions
01:21:09à plus de 35 réunions
01:21:10et qu'on ne comprenait pas,
01:21:11mais il ne s'agit pas
01:21:12de faire,
01:21:12de démultiplier
01:21:13le nombre de réunions,
01:21:14mettons de la consistance
01:21:15dans ces réunions,
01:21:17négocions,
01:21:17s'il faut qu'on y reste
01:21:1810,
01:21:1812,
01:21:1815,
01:21:1916 heures de rang,
01:21:19nous le ferons,
01:21:21on a des propositions,
01:21:22nous sommes disponibles,
01:21:23les numéros sont connus,
01:21:25j'ai envie de dire,
01:21:25mesdames et messieurs
01:21:26les dirigeants
01:21:26de l'entreprise SNCF,
01:21:28à vous de jouer.
01:21:29Merci beaucoup.

Recommandations