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  • il y a 20 heures
Groupements ou sociétés de personnes, les structures de l'Économie Sociale et Solidaire (ESS) sont liées aux territoires où vivent et oeuvrent ces personnes. Fondées sur l’égalité, la démocratie et la solidarité, elles sont à l’origine des initiatives citoyennes de même nature que les mouvements qui émergent dans ces territoires et dont les dernières municipales ont vu bien des traductions politiques.
L’ESS, quand elle demeure fidèle à ses fondamentaux, est de ces « futurs présents » définis par Jean et Lucien Sève dans « Capitalexit ou catastrophe » et cette capacité transformatrice s’exprime principalement sur les territoires

Débat dans le cadre de la fête de l'Humanité, en partenariat avec le Groupement des Organismes Employeurs de l'Économie Sociale (GOEES), le mercredi 9 septembre 2020 au siège parisien de la Mutuelle générale de l'Éducation Nationale (MGEN).

Avec :
Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers,
Eric Chenut, vice-président de la MGEN
Eric Forti, président de la CRESS IdF et vice-président d’ESS France
Jean Claude Tufferi, président du GOEES

Le débat est animé par Jean Philippe Milesy, délégué des Rencontres sociales.

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Transcription
00:00Bonsoir à toutes et à tous.
00:02Nous vous remercions une fois de plus de suivre ces débats
00:07qui prennent la place du village de l'économie sociale de la fête de l'UMA,
00:13dans cette fête de l'UMA Autrement.
00:15Et d'ailleurs, nous voulons remercier la MGEN de son accueil dans son amphithéâtre
00:21pour nous permettre de tenir ces débats dans les meilleures conditions.
00:28Nous allons parler ce soir essentiellement des rapports entre économie sociale et territoire.
00:37Dans la crise que nous avons vécue, il y a eu beaucoup de déclarations démagogiques
00:45à part du pouvoir, voire iréniques, et beaucoup d'espoir de la part de trop nombreuses personnes
00:53qui ont cru que, par un effet magique, la crise allait produire par elle-même
01:00un monde d'après plein de paix et de roses.
01:06Et nous savons pertinemment que ce n'est pas vraiment le cas.
01:11Et quand nous voyons les mesures qui sont prises,
01:14notamment par exemple autour du plan de relance,
01:16nous avons encore beaucoup de choses à conquérir,
01:21nous militants d'une économie sociale de transformation sociale.
01:25Donc, ce sont des responsables de cette économie sociale de transformation sociale
01:30que nous avons réunis ce soir.
01:33Éric Forty, qui est vice-président de SS France
01:37et président de la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire d'Île-de-France.
01:42Éric Chenu, qui est vice-président de la MGEN
01:46et qui est au groupe VIVE, nous en reparlerons.
01:50Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers.
01:53Et Jean-Claude Tufferry, président du GOS,
01:58le groupement des organismes employeurs de l'économie sociale et solidaire,
02:01qui est notre partenaire pour ce débat de ce soir.
02:04D'ailleurs, le GOS a été présent dans ces débats du village de l'ESS
02:09dès la première édition en 2013.
02:12Et nous tenions vraiment à ce qu'il soit présent
02:14dans ces débats un peu particuliers de cette année.
02:20Et puisque j'ai là, avant de donner la parole à mes, à mes, à nos invités,
02:26je voudrais signaler, parce que nous sommes là pour l'humanité
02:32et que ce livre est édité par les éditions de l'Humanité.
02:37Et puis parce que c'est un manifeste communiste
02:41pour une conception communiste de l'économie sociale et solidaire.
02:46Et que le Parti communiste et ses organisations
02:51sont adhérentes du GOS qui nous accueille ce soir.
02:55Voilà, je vous présente ce manifeste pour une conception communiste
03:00qui vient de paraître aux éditions de l'Humanité
03:03et qui est une contribution à ce qui sous-tend notre débat de ce soir,
03:10c'est-à-dire la dimension politique
03:14qu'il nous faut donner à nos combats d'économie sociale et solidaire
03:19pour devenir ce que souhaite Jérôme Sadié, le président de l'ESS France,
03:25pour essayer de devenir la norme de l'économie de demain.
03:29Et nous voyons que, quand nous considérons les premières déclarations
03:33de la nouvelle secrétaire d'État à l'économie sociale et solidaire,
03:38que nous sommes peut-être un peu loin du compte.
03:42Donc je vais donner la parole d'abord à, puisqu'il s'agit de territoire,
03:47à Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers,
03:49qui est par ailleurs très engagé sur les questions d'économie sociale
03:53au niveau du département des Hauts-de-Seine,
03:57de nous dire ce qu'il fait avec les organisations d'économie sociale et solidaire
04:06de son territoire, ce qu'il en attend et ce qu'il espère faire davantage avec elles
04:11pour peut-être un peu que nos autres participants essayent de contribuer
04:16à combler ces espérances.
04:20Patrice, tu as la parole.
04:21Merci, bonsoir à toutes et tous.
04:25D'abord, je ne suis plus au Conseil départemental,
04:27donc je me suis replié sur Gennevilliers, si on peut dire.
04:32Ce qu'on attend, alors moi j'ai bien conscience,
04:34et d'ailleurs le manifeste qui est fait là est intéressant dans son titre,
04:37parce que l'ESS n'est pas un modèle homogène.
04:42Il y a au moins deux ou trois conceptions d'économie sociale et solidaire,
04:46et moi ce qui m'intéresse dans l'économie sociale et solidaire,
04:49c'est son côté transformateur.
04:51Ce que j'en attends, c'est au moins deux choses, deux choses minimum,
04:55puisque j'ai la prétention comme maire communiste
04:57de vouloir essayer de changer les choses et de changer ce monde,
04:59changer la vie et changer la vie des gens.
05:02Et donc de l'ESS, ce que j'attends, c'est qu'elle nous aide à faire ça.
05:05Au moins sur deux plans, d'une part sur le plan démocratique,
05:08c'est-à-dire de faire la démonstration qu'on peut gérer à plusieurs
05:12et en faire une gestion démocratique des entreprises concernées.
05:17Et le deuxième plan, c'est de montrer qu'il est important et possible,
05:22et même mieux pour l'économie et les hommes et les femmes,
05:26de répartir différemment la richesse.
05:28Je crois que ce sont les deux pieds sur lesquels il faut s'appuyer
05:32pour une économie sociale et solidaire transformatrice.
05:36Alors déjà, ça changerait beaucoup de choses dans une ville
05:39si ce modèle économique était dominant.
05:42Aujourd'hui, il est un peu, je dirais, minoritaire.
05:47L'idéologie dominante n'est pas sur ce champ-là.
05:50Alors dans notre ville, on a décidé de favoriser l'économie sociale et solidaire.
05:54Quand je dis favoriser, il faut voir d'où on est.
05:57C'est-à-dire qu'il y a 43 000 emplois à Gennevilliers,
06:00il y en a 2 000 qui sont de l'économie sociale et solidaire.
06:04On a 80 structures de l'économie sociale et solidaire dans notre ville.
06:08Pour progresser, on a travaillé dès le début du mandat précédent, 2014,
06:14avec une coopérative d'ailleurs, à faire un diagnostic de notre ville
06:18et des propositions pour être plus attractif sur l'économie sociale et solidaire
06:23et essayer de le développer.
06:24C'est ce qui nous a fait progresser de 2,5 % en un mandat.
06:28C'est petit, et en même temps, c'est un progrès, donc on avance.
06:33Et les structures de l'économie sociale et solidaire dans notre ville
06:37nous aident sur plusieurs plans.
06:38D'abord, en général, elles développent du lien social.
06:42Elles développent l'idée de l'intérêt commun, du bien commun,
06:46et de la solidarité entre les hommes et les femmes sur un espace ou sur un thème.
06:52Et cela change la vie, en vrai.
06:55Je vois, on a Bicyclède dans notre ville,
06:58qui est une entreprise de réparation de vélos et de vente,
07:02qui va, en lien avec l'office HLM, faire le tour des immeubles
07:07pour aider les gens à réparer leurs vélos.
07:11Ça génère des tas de choses, des comportements différents.
07:14Un vélo, une pièce de cassé, on ne va pas le changer à décathlon.
07:18On le répare, on apprend à le réparer avec eux.
07:21Ça crée du lien entre des personnes qui savent, d'autres qui savent moins.
07:24Ça fait des transferts de savoirs.
07:26Ça fait des reconnaissances de métier.
07:28Ça fait le développement aussi du vélo,
07:31parce qu'en même temps, ils font une école pour le vélo, pour les adultes.
07:34Parce que, contrairement à ce qu'on pense, tout le monde ne sait pas faire du vélo à l'âge
07:38adulte.
07:39Et donc, ça génère ce lien, ça génère de l'activité.
07:43Mais on a d'autres activités de ce type.
07:46D'ailleurs, c'est plus souvent les petites entreprises de l'économie sociale et solidaire
07:49qui créent du lien social,
07:50quand les grandes entreprises, nous, on a aussi HUP, Chèque Déjeuner,
07:54qui a un rapport beaucoup plus distant à notre ville.
07:58Par contre, ils aident, plutôt sous forme de mécénat,
08:01au club d'Andy Basket.
08:05Donc, ils essayent quand même d'avoir ce lien,
08:07mais ce n'est pas le poisson pilote,
08:09contrairement à ce qu'on aurait aimé,
08:10du développement de l'économie sociale et solidaire locale.
08:14Les petites structures ont davantage.
08:16Et puis, on travaille à essayer de pervertir le système, on dira,
08:21en favorisant, en faisant, en essayant de libérer des locaux
08:25pour que des entreprises de l'économie sociale et solidaire s'installent.
08:29Toutes les réunions qu'on fait avec les entreprises, en général, capitalistes, pour aller vite,
08:35on invite les entreprises de l'économie sociale et solidaire
08:37pour qu'elles se fassent connaître et trouvent des débouchés à l'activité.
08:41On a Tricycle qui s'est installé,
08:43qui fait, par exemple, des meubles de bureaux avec des matériaux de récupération.
08:51Et on arrive à développer cela.
08:53Est-ce que des entreprises capitalistes utilisent ces entreprises de l'économie sociale et solidaire
08:57pour leurs propres besoins ?
09:00Donc, c'est un tas de...
09:03L'idée, c'est d'arriver à faire système au bout d'un moment
09:06pour faire basculer des idées dans la population.
09:08Alors, ça ne suffira pas.
09:09Il ne faut pas que l'économie sociale et solidaire,
09:11mais il faut engager aussi du débat public autour de ces notions de répartition de richesses,
09:17de pouvoirs démocratiques dans l'entreprise,
09:19de penser l'économie autrement,
09:21voire de frugalité heureuse.
09:23C'est-à-dire que ce n'est pas la consommation à tout va,
09:26c'est comment on consomme ce dont on a besoin sans chercher plus
09:30et comment on est économe en ressources.
09:33De ce point de vue-là, les acteurs de l'économie sociale et solidaire
09:36sont, peut-être pas tous, mais très souvent sensibles
09:39et nous aident à développer ces idées.
09:43Et est-ce que vous avez une participation particulière
09:46des associations, des centres de santé mutualistes ou associatifs
09:50ou dans la ville de Gennevilliers,
09:55sur le versant, j'allais dire réparation,
09:58celui auquel on ne veut pas contenir l'économie sociale,
10:03mais qui est quand même une chose importante dans la période
10:07et sur laquelle nous reviendrons avec Eric ?
10:10Ça fait bien que tu le dises parce qu'il ne faudrait pas
10:12que l'économie sociale et solidaire soit le prolongement
10:15des abandons du service public.
10:17Et donc, l'économie sociale et solidaire est un système économique
10:21qui doit vivre et se développer selon les interactions
10:26entre des individus qui veulent créer un projet économique.
10:29Et par exemple, dans le domaine de la santé,
10:32il n'y a pas beaucoup d'espace pour ce type de structure
10:36puisque nous avons deux CMS municipaux dans notre ville,
10:40ce qui ne nous empêche pas de travailler, par exemple,
10:41avec la Mutuelle Mayotte,
10:44qui est chassée d'une autre ville par le département des Hauts-de-Seine,
10:47et donc que nous avons récupéré dans notre ville
10:50pour créer une crèche à l'accueil de petits-enfants
10:52pour des enfants porteurs du syndrome d'autisme.
10:55Donc, on peut travailler à ce type de collaboration.
10:57Mais c'est vrai, le risque, c'est comme en direction
11:02de l'économie sociale et solidaire,
11:03mais comme du monde associatif en général, je dirais,
11:06c'est que ce monde associatif soit le palliatif
11:08d'abandon de service public dans le domaine de l'État
11:12ou dans le domaine municipal.
11:14Donc, il faut faire attention à cela.
11:17Par contre, toutes les collaborations, oui, sont à jouer.
11:19Donc, on a un service public puissant de lien avec les habitants,
11:24je pense aux personnes âgées, de repas à domicile,
11:27c'est la ville qui assume ce type de dispositif.
11:31Mais si on avait besoin, on le ferait avec, bien entendu,
11:34plutôt des entreprises de l'économie sociale et solidaire,
11:37plutôt qu'avec des entreprises privées.
11:41Marchand, merci.
11:42Parce qu'elles sont privées aussi.
11:43Vous avez raison, c'est de l'économie privée.
11:46Éric Fortu, aux deux titres, de vice-président de SS France
11:50et de président de la Grèce, puisque M. Nuvillier est en Ile-de-France,
11:54est-ce que l'économie sociale est en mesure d'abord de répondre aux attentes
11:59et est-ce qu'elle porte véritablement cette dimension d'intervention citoyenne ?
12:06On a bien vu aux dernières municipales, dans pas mal de villes,
12:11le poids qu'on prit, parfois pas forcément décisif, mais important,
12:16dans la constitution de listes de changement.
12:19Je pense à Marseille, je pense à Strasbourg, je pense à Poitiers, etc.
12:24Donc est-ce que l'économie sociale est en mesure d'abord de répondre
12:28aux attentes d'un maire comme Patrice
12:31et de le faire dans une perspective plus large de transformation ?
12:37Alors je rajouterai un troisième titre qui justifie ma présence ici,
12:43c'est que je suis citoyen d'un pays habitant notamment
12:46et agissant autant que je le peux,
12:50sur la transformation de mon territoire.
12:54Globalement, l'ESS est dans une situation
12:58qu'on va qualifier de particulière dans ce contexte.
13:02Tu l'as évoqué, Jean-Philippe,
13:04nous sommes sortis d'une période où
13:07les représentations territoriales de l'ESS à travers les CRESS
13:12étaient à côté de cette structure nationale de représentation de l'ESS.
13:19qui s'appelle maintenant ESS France, on a rassemblé tout ça.
13:23C'est ce que préside Jérôme Sadier, que tu citais tout à l'heure.
13:26Et donc j'ai l'honneur de faire partie du bureau d'ESS France
13:30qui a vocation à représenter l'ESS nationalement et internationalement
13:35et également sur les territoires à travers les CRESS qui continuent de réaliser leur mission
13:41telle que la loi ESS 2014 leur a octroyée, dévolue.
13:47La question que tu poses, elle est particulièrement importante
13:50dans le rapport de l'ESS aux capacités de transformer la société.
13:56Et ça, il faut bien le dire, et ça fait 150 ans que ça dure,
14:00les dirigeants, les entrepreneurs de l'ESS,
14:04les représentants de ces réseaux divers et variés qui constituent l'ESS,
14:08je ne reviens pas sur le périmètre de l'ESS tel que défini dans la loi,
14:13ces acteurs de l'ESS n'ont pas tous la même volonté de transformer la société.
14:19Pour beaucoup, je ne saurais pas quantifier la proportion,
14:26pour beaucoup, l'ESS, c'est des principes, c'est des principes d'organisation,
14:31c'est des modes de production collective qui produisent des biens et des services,
14:38mais ils ne vont pas jusqu'à, et c'est au grand dame,
14:41une bonne partie des acteurs dont je fais partie,
14:44ne vont pas jusqu'à conscientiser l'importance qu'ont ces principes
14:49dans la définition des modes de production, de distribution des richesses
14:53et de consommation des biens et des produits,
14:56eu égard à une volonté de transformer le système,
15:00transformer la société.
15:02Je fais partie de ceux, comme de plus en plus nombreux,
15:05qui pensent que c'est quand même de ça dont on doit partir,
15:08et c'est quand même sur ces bases-là qu'il faut qu'on arrive à réfléchir
15:12sur la proposition de solutions à toutes les crises
15:17ou à toutes les difficultés que nous sommes en train de constater
15:20ou que nous devons anticiper en matière d'organisation collective.
15:26Et en ça, la crise Covid-19, finalement, paradoxalement,
15:32nous a empli d'espoir.
15:35Tu l'as dit un peu dans ton introduction.
15:37Alors, ESS France, qu'on soit clair, travaillait depuis plusieurs mois
15:41à la conception d'un certain nombre de propositions,
15:45considérant que nous étions tous d'accord à minima
15:48pour dire que les principes de l'ESS,
15:51derrière les définitions que nous portons,
15:54pouvaient apporter des solutions
15:55à cette crise de transition écologique, sociale,
16:02et donc politique, que nous sentions,
16:05que nous sentons depuis plusieurs années.
16:07La nécessité de construire autrement les choses,
16:11de produire autrement, de consommer autrement
16:13pour des raisons écologiques,
16:15de redistribuer les richesses créées collectivement
16:18pour des raisons sociales évidentes.
16:20On sait tous, on ne peut pas le nier,
16:22que les inégalités se creusent
16:24et que la tension derrière ces inégalités qui se creusent
16:27est exacerbée et que, dans certains territoires,
16:29c'est les uns contre les autres
16:31au nom de cette compétitivité, de cette concurrence
16:33qui est devenu l'objectif numéro un du système dominant
16:39puisque tout est basé sur l'amélioration
16:41de la compétitivité, de la concurrence
16:43et de l'organisation, du développement
16:45de ce qu'on appelle la croissance
16:47dans un monde qui ne nous permet pas
16:49d'espérer une croissance infinie.
16:51Tout le monde est d'accord là-dessus.
16:53Donc ces solutions, on pensait bien pouvoir
16:56les faire comprendre, les faire partager
16:58par le plus grand nombre et y compris et surtout
17:00par les gouvernants, les élus locaux
17:02au moment de cette crise Covid-19.
17:05Surtout quand, comme tous les citoyens,
17:08on a entendu un certain nombre de responsables politiques,
17:10dont le président de la République,
17:12nous parler du jour d'après,
17:14des choses qui ne seraient plus comme avant,
17:16qu'on allait devoir aborder une résilience collective
17:22sur les problèmes que nous constations.
17:25Bon, il n'en a pas été ainsi.
17:27C'est tout ce qu'on peut dire aujourd'hui.
17:29Là, on vient de, comme tout le monde,
17:31découvrir qu'après le remaniement de juillet,
17:34nous avions une secrétaire d'État,
17:36tel que nous le souhaitions,
17:38qui est logée à Bercy, Olivia Grégoire.
17:41Donc, sur la référence, c'est le maire,
17:43c'est le ministre des Finances.
17:46Pourquoi pas ?
17:48Mais pour autant,
17:49les premiers contacts que nous avons,
17:51et surtout l'énonciation du plan de relance
17:54de Castex dernièrement,
17:55nous ont montré, du premier ministre, pardon,
17:58nous ont montré que
17:59tout ce que nous avions commencé à défricher
18:02comme possible solution,
18:04tout ce que nous avions abordé
18:05comme modification des modes de production
18:07et de consommation et de distribution des richesses,
18:10n'est pas forcément au rendez-vous
18:12des annonces gouvernementales.
18:14Honnêtement, ce n'est pas une surprise.
18:15Mais bon, on a quand même été fortement déçus
18:18et nous sommes engagés dans une dynamique nationale
18:24que, pour l'instant, nous appelons
18:26la République de l'ESS.
18:28Alors, c'est encore en discussion,
18:30c'est en discussion interne de l'ESS France
18:33que tout le monde n'est pas d'accord
18:34sur l'utilisation de cette dénomination
18:37de notre plateforme, charte,
18:42plateforme de plaidoyer,
18:43on verra bien comment on va l'appeler,
18:46mais nous ne lâcherons pas.
18:47On ne lâchera pas sur l'absolue nécessité
18:49de profiter, entre guillemets,
18:51de cette crise pour transformer
18:53tout ce qui nous a amenés à cette crise,
18:55puisqu'on sait maintenant que cette crise,
18:56ce n'est pas le fruit d'une espèce
18:58de développement de virus spontané,
18:59et c'est le fruit également d'un impact
19:02de nos modes de production
19:04et de notre société dans son organisation planétaire
19:08sur l'environnement
19:09et tout un tas de conséquences à la clé.
19:12Alors, pour revenir au niveau local,
19:14moi, je dirais que, par définition, l'ESS,
19:17alors, je vais reprendre une définition
19:18de quelqu'un qui nous est cher ici,
19:20c'est celle de Jean-Louis Laville,
19:22par définition, c'est ce qu'il dit,
19:24en tout cas, l'ESS, c'est l'organisation solidaire
19:27de citoyens qui produisent des biens et des services,
19:30sociaux ou non, d'ailleurs,
19:31parce qu'on n'est pas forcément confinés
19:33dans la réponse sociale,
19:35pour répondre à des besoins
19:38peu ou mal couverts par le marché
19:40ou par les pouvoirs publics.
19:41Il y a cette notion territoriale
19:43de citoyens qui s'organisent
19:45pour construire les réponses,
19:47sociales ou non, dont ils ont besoin,
19:49et qui font de la solidarité
19:50un mécanisme de construction collective
19:52et de production de ces réponses.
19:55À partir de là, la réponse à ta question,
19:57elle est contenue dans la définition
19:59de ce qu'est génériquement, historiquement,
20:01l'ESS, ou ce qu'elle devrait être,
20:03parce qu'on sait bien que dans l'histoire de l'ESS,
20:05il y a eu, parfois, ici et là,
20:07dans certains secteurs d'activité,
20:08des dérapages où les principes
20:09n'ont pas forcément été respectés à la lettre.
20:12Mais au départ, c'est ça, l'ESS.
20:13C'est, pour prendre un exemple local,
20:15comme celui que donnait le maire de Gennevilliers,
20:18des citoyens qui, n'ayant pas assez de place
20:20en crèche dans les services publics,
20:22organisent des coopératives pour accueillir des crèches.
20:25Il y a un réseau de coopératives de crèches
20:27en Ile-de-France qui est assez développé,
20:30un peu partout dans les territoires,
20:33pour répondre à des besoins de garde de petits-enfants.
20:36Les citoyens se sont organisés
20:37pour construire cette réponse.
20:40La deuxième particularité,
20:42c'est que c'est ce que tu abordais
20:43en parlant de cohésion sociale,
20:45d'agir ensemble pour vivre ensemble.
20:48Ces citoyens qui s'organisent
20:49pour produire leurs réponses.
20:51En plus, ils sont acteurs de la production
20:54des services dont ils ont besoin.
20:56Ils ne sont pas dans une relation
20:58usagers ou clients d'un service public
21:00ou d'une production marchande.
21:02Donc, ça a des intérêts dans une société
21:05qui mérite d'être abordée
21:06sous un angle de nécessité
21:09de renforcement de la cohésion
21:10et du vivre ensemble.
21:12Un des concepts qui peut être sous-jacent
21:14au développement de l'ESS,
21:15c'est que quand on travaille ensemble,
21:17quand on coopère,
21:18quand on est solidairement engagé
21:20dans la production collective,
21:23on s'accepte mieux,
21:25on se connaît mieux,
21:25on vit mieux ensemble.
21:27On est dans des rapports
21:28qui peuvent espérer renforcer
21:30cette logique de société
21:32qui, aujourd'hui, me semble-t-il,
21:34fait défaut
21:35sur des bases aussi simples
21:37que la compétitivité exacerbée,
21:39la concurrence.
21:42Autre réponse immédiate,
21:44dans la crise notamment,
21:47ça a été cette inertie
21:49de l'État
21:50qui, comme on le sait en France,
21:53alors là, je m'avance sur des logiques
21:54qui vont sûrement occasionner
21:56des échanges et des débats.
21:58Je ne suis pas un girondin
22:00et je ne suis pas un anti-républicain,
22:02jacobin,
22:03je considère que l'État
22:05a une fonction régulatrice incontournable,
22:07mais il y a un moment,
22:09dans des urgences comme celles
22:10qu'on a connues,
22:11la capacité qu'ont eues
22:13les élus locaux
22:14à organiser des choses
22:16en s'appuyant sur la société civile
22:18quand elle était prête
22:20à s'organiser pour ça
22:21et quand elle avait conscience
22:23de pouvoir agir collectivement,
22:25a permis de constater
22:26des réponses
22:27beaucoup plus efficaces,
22:28beaucoup plus rapides,
22:29beaucoup plus adaptées aux besoins.
22:32En gros,
22:33l'aspect local de l'ESS
22:35est prépondérant
22:36puisque, par définition,
22:38quand on la définit
22:39comme une économie
22:40qui est basée,
22:42portée par des citoyens
22:43qui s'organisent
22:44pour répondre à leurs besoins,
22:46on peut penser
22:47que les productions
22:48qu'ils vont avoir,
22:49qu'ils vont réaliser,
22:51vont être mieux adaptées
22:52que n'importe quelle offre
22:53qui viendrait de,
22:55je ne sais quelle,
22:57structure marchande
22:58ou voire même parfois du public.
23:00Alors,
23:01c'est la petite évolution possible
23:03dans les rapports
23:04qui doivent continuer
23:05à s'installer
23:05entre les pouvoirs publics locaux,
23:08les citoyens
23:08et les principes du marché
23:10qui ne sont peut-être pas
23:11à foutre complètement
23:12à la poubelle.
23:13Il y a un moment
23:14où cette triangularisation,
23:15il s'agit de la rééquilibrer
23:18pour qu'aucune des pointes
23:19de ce triangle
23:20ne domine les deux autres.
23:22Mais il y a un moment
23:23où on peut espérer
23:24que sur des territoires,
23:26dans une logique
23:26d'intelligence collective,
23:28c'est un grand mot,
23:29je ne sais pas exactement
23:30ce que ça veut dire,
23:31mais en tout cas
23:31dans un rapport constructif,
23:33les pouvoirs publics,
23:34les services publics
23:35qu'ils développent
23:36et les citoyens usagers
23:37de ces services publics,
23:39puissent à un moment donné
23:40trouver des réponses
23:41hybridées
23:42où ils sont producteurs
23:44et administrateurs
23:46communément
23:47d'intérêts collectifs
23:49ou généraux.
23:50Voilà.
23:50C'est une autre définition
23:52de l'ESS
23:52qui, sur les territoires,
23:55a sa pertinence,
23:56c'est-à-dire permettre aux citoyens,
23:58aux habitants des territoires,
23:59de co-administrer avec les élus
24:01dans un rapport démocratique,
24:03constructif,
24:04des réponses
24:05à leurs besoins.
24:07Merci, Éric.
24:09On va revenir
24:11sur ces questions.
24:12D'abord,
24:12je voudrais poser
24:13à Éric Chenu
24:15une question
24:16plus circonscrite.
24:20À travers la crise hospitalière,
24:22il y a eu des revendications.
24:23À travers la crise
24:26et les luttes
24:28au sein de l'hôpital public,
24:29à travers la crise du Covid,
24:31il y a eu des aspirations
24:32à une démocratie sanitaire
24:36et à un changement
24:38de l'appréhension
24:40de la protection sociale
24:42et de toutes ces questions.
24:45Comment une mutuelle militante
24:47comme la MGEN,
24:49partie du groupe VIVE,
24:50partie de la fédération,
24:52peut prendre en charge,
24:54notamment dans sa liaison
24:55au territoire,
24:57ces questions
24:59de la démocratie sanitaire
25:01et apporter des réponses
25:02aux besoins
25:03qui se sont exprimés ?
25:05On a vu à travers la crise
25:07qu'il y avait des différences
25:08criantes
25:09entre les territoires,
25:11des différences criantes,
25:13des différences sociales,
25:15mais surtout territoriales.
25:16Donc, comment une mutuelle
25:18comme la tienne
25:20peut apporter des réponses
25:23et peut animer un débat
25:25sur la démocratie sanitaire ?
25:28Bonjour à tous et toutes.
25:30Je dirais tout simplement
25:31en devenant ce que nous sommes,
25:32en étant réellement
25:34des structures
25:35de l'économie sociale et solidaire,
25:37mutualiste,
25:37c'est-à-dire ancrées,
25:39comme tu l'as dit,
25:41dans les territoires,
25:42en s'appuyant sur des militants
25:44et des militantes,
25:46des femmes,
25:47des hommes engagés
25:49qui représentent les adhérents,
25:51qui s'emparent
25:51de ces sujets-là,
25:53qui créent les conditions
25:56du débat,
25:57en faisant en sorte
25:58qu'on ne devienne pas
26:00nous-mêmes
26:01représentants des adhérents,
26:02des sachants,
26:02mais qu'à un moment donné,
26:04on crée en permanence
26:05les conditions
26:05pour que celles et ceux
26:07qu'on représente
26:08soient en capacité
26:09de décider,
26:11de délibérer collectivement.
26:13Pour ça,
26:14on a essayé
26:15différentes modalités.
26:16On a les rencontres mutuelles
26:18où on va à la rencontre
26:20d'adhérents, d'adhérents
26:21pour savoir
26:23si ce qui est mis en place
26:24par la mutuelle
26:25correspond à ce qu'ils attendent.
26:27Il y a quelques années,
26:28on avait fait les rencontres
26:29« Ma santé et moi ».
26:31Alors, tout simplement,
26:32c'était quoi l'idée ?
26:33C'était déjà de renforcer
26:34et de conforter la place
26:35des adhérents
26:36au sein de la mutuelle,
26:36mais c'était aussi
26:38montrer aux gens
26:39qu'il n'y avait pas besoin
26:40d'être pris Nobel de médecine
26:43pour pouvoir parler
26:43de questions de santé.
26:44Ce n'était pas une question technique,
26:46c'est une question
26:46éminemment politique
26:47de choix,
26:48d'organisation, etc.
26:50Et qu'en fait,
26:51quand on donnait
26:52la possibilité aux gens
26:53de s'exprimer,
26:54eh bien,
26:55ils avaient souvent des...
26:56Déjà, un,
26:57ils avaient des idées
26:57et souvent des très bonnes idées.
26:59Et qu'en faisant,
27:01en travaillant ensemble,
27:03c'était des soirées
27:04où on regroupait
27:05300, 400, 500 personnes
27:07sur les questions de santé,
27:09eh bien,
27:09il y avait des choses
27:10qui émergeaient,
27:10il y avait des consensus
27:11qui émergeaient.
27:12Et il y avait cette capacité
27:13d'être et de faire ensemble.
27:15Pour moi,
27:16c'est aussi ça,
27:17l'engagement mutuel.
27:18Et donc,
27:19c'est tout ça
27:20qu'il faut qu'on arrive
27:21à faire vivre.
27:22Aujourd'hui,
27:23on voit bien,
27:25soit les grandes...
27:26La crise de la Covid
27:28a révélé
27:30qu'il y avait
27:30un manque d'investissement
27:31en santé publique
27:32dans notre pays.
27:33On est sur un système
27:34de santé
27:35qui est trop curatif.
27:36Ça fait des années
27:36qu'on le dit.
27:37On n'investit pas assez
27:38sur la prévention primaire,
27:39sur le dépistage,
27:41etc.
27:41Même s'il y a des efforts
27:42qui ont été faits,
27:43parce qu'il y a plus de choses.
27:44Mais globalement,
27:46par rapport à d'autres pays,
27:47on fait moins.
27:48Par rapport à d'autres pays,
27:51l'éducation pour la santé,
27:53la promotion de la santé
27:55n'est pas suffisamment investie.
27:57Il y a des efforts
27:58de la part de collectivité locale,
28:00de l'assurance maladie,
28:01mais la mayonnaise
28:02ne prend pas complètement.
28:04Alors,
28:04elle ne prend pas...
28:05Il y a plein d'explications
28:07au fait qu'elle ne prenne pas,
28:08parce que ce n'est pas d'aujourd'hui
28:08le souci en France.
28:11Mais le fossé,
28:12il est grandissant.
28:14Par exemple,
28:15le côté vaccino-sceptique
28:18qui existe,
28:19pas seulement en France,
28:21il est particulièrement développé
28:22en France.
28:23Et il est même particulièrement développé
28:25auprès de populations
28:26bien informées.
28:28Par exemple,
28:28les adhérents de la MGEN,
28:30notamment les enseignants,
28:33font partie des catégories
28:35socioprofessionnelles
28:35qui doutent le plus.
28:36Donc,
28:37ça suppose,
28:38à un moment donné,
28:39qu'on redonne des moyens
28:41à la culture scientifique,
28:43qu'on arrive à faire en sorte
28:44que,
28:46là,
28:46pour le coup,
28:47les vrais sachants,
28:48les chercheurs,
28:49les scientifiques,
28:50les universitaires,
28:51qu'on crée les conditions
28:53de la médiation
28:54pour que,
28:55quand ils parlent
28:57à l'ensemble de la société,
28:58ça soit compris,
28:59entendu,
28:59qu'il y ait du débat,
29:00parce qu'il peut y avoir des sujets
29:01qui peuvent faire débat,
29:02mais à un moment donné,
29:04que des avancées,
29:05qui sont des avancées fondamentales
29:07pour la santé collective,
29:09pour la santé publique,
29:10eh bien,
29:11soient vraiment pris
29:11comme des avancées fondamentales
29:12et pas comme,
29:14oulala,
29:14il y a un grand complot,
29:17etc.,
29:17etc.
29:18Donc,
29:18ça fait partie de sujets
29:20sur lesquels il faut absolument
29:21qu'on débatte,
29:23mais qu'on débatte
29:24sans se battre.
29:25Et ça me fait penser
29:26à une initiative
29:27qu'on a prise,
29:27là,
29:28depuis un peu plus d'un an,
29:28maintenant,
29:29où on organise
29:30ce qu'on appelle
29:31les jeudis mutuels,
29:31donc c'est des soirées
29:32qu'on organise ici,
29:33un peu comme sur le format
29:34de ce qu'on fait ce soir,
29:35des formats de deux heures,
29:37et où on invite
29:39des acteurs,
29:39des partenaires,
29:40etc.,
29:41à échanger,
29:42alors avec nous ou pas,
29:43d'ailleurs,
29:43parce qu'il y a des fois
29:43où on n'est même pas
29:45autour de la table
29:46pour discuter,
29:47mais juste sur des débats,
29:48sur des questions
29:49qui nous semblent
29:50absolument essentielles.
29:50On l'a fait sur la question
29:52d'une approche genrée
29:53de la médecine et de la santé,
29:55parce que par rapport
29:57à la question
29:57de la santé des femmes,
29:58ça nous semblait essentiel,
29:59sur la question
30:00de l'utilisation
30:00des données de santé
30:02en numérique,
30:04etc.,
30:04etc.
30:05Et l'enjeu
30:07de ces moments-là,
30:09de ces échanges-là,
30:10c'est vraiment d'éclairer,
30:12de montrer
30:13la complexité des sujets.
30:15Parce qu'aujourd'hui,
30:17du fait des chaînes
30:18d'information continue,
30:19du fait des réseaux sociaux,
30:22on est plutôt,
30:23les uns et les autres,
30:24amenés à nos sphères
30:24de confort.
30:25Et à un moment donné,
30:26il faut aussi
30:27qu'au contraire,
30:29on fasse un peu
30:31œuvre d'éducation
30:32populaire et citoyenne.
30:34des organisations
30:35comme les nôtres.
30:36Qu'on aille chercher
30:38nos concitoyens,
30:39nos concitoyennes
30:40et qu'on les tire
30:42vers le haut.
30:43Qu'on leur montre
30:44que les sujets
30:46sont peut-être
30:46un petit peu
30:47plus complexes que ça.
30:48Ça ne veut pas
30:48pour autant dire
30:48qu'ils n'ont pas
30:49la capacité
30:50de les appréhender,
30:51de les comprendre,
30:52d'y prendre leur part,
30:53d'avoir leurs propres opinions,
30:55mais d'entendre
30:56les opinions des autres.
30:57ce qui a été dit
30:58il y a quelques instants
31:00par le vice-président
31:01de l'ESS.
31:02Moi, je le partage
31:02complètement.
31:03Notre rôle, à nous,
31:04ce n'est pas juste
31:05de gérer une complémentaire santé
31:06de la prévoyance
31:07de manière solidaire.
31:08C'est évidemment ça,
31:09c'est le cœur
31:09de notre activité.
31:10Mais à un moment donné,
31:12on a une ambition.
31:13On a une ambition
31:14qui est de promouvoir
31:16les valeurs de la République,
31:17de solidarité,
31:18de laïcité,
31:18de transformer la société
31:20pour qu'elle soit
31:20plus juste,
31:22laïque et humaine.
31:23C'est ça,
31:24notre projet.
31:25C'est de faire en sorte
31:26que celles et ceux
31:28qu'on protège,
31:29mais plus largement,
31:30les gens,
31:31ne soient pas contraints
31:32par un aléa de santé,
31:34ne soient pas contraints
31:35à la misère,
31:35ne soient pas contraints
31:36à renoncer
31:37à leur vie personnelle,
31:38professionnelle, familiale.
31:39C'est de leur donner
31:40les outils,
31:42finalement,
31:43un,
31:43de leur libre-arbitre,
31:45mais aussi de mener
31:46leur vie
31:46comme ils le souhaitent.
31:49Et ça,
31:50il faut absolument
31:51qu'on ne perde pas
31:53ça de vue
31:54parce qu'autrement,
31:55à un moment donné,
31:56le moyen
31:57qui est la protection sociale
31:58devient la finalité.
32:00Non,
32:00la protection sociale,
32:01ce n'est pas une finalité.
32:02C'est un moyen
32:03de se protéger
32:04de l'aléa,
32:04de l'aléa en santé,
32:05de l'aléa d'un accident
32:06de la vie.
32:07Et donc,
32:07c'est ça qu'il faut
32:08qu'en permanence,
32:09on réinterroge
32:10pour savoir si,
32:11aujourd'hui,
32:12les réponses
32:13qu'on met en œuvre,
32:14nous,
32:15à l'échelle de la M.Johan,
32:16à l'échelle de Vivre,
32:17c'est toujours les bonnes.
32:18Et c'est aussi pour ça
32:19qu'avec d'autres mutuelles,
32:22avec Harmonie,
32:23avec MGFI,
32:24avec MNT,
32:25la M.Johan a souhaité
32:27constituer le groupe Vivre
32:28parce qu'il nous semblait,
32:30aujourd'hui,
32:31que sur certaines questions,
32:33il y avait des enjeux
32:34fondamentaux
32:35et c'était en proximité
32:37dans les territoires
32:37qu'il fallait les construire,
32:39avec les collectivités locales,
32:40notamment.
32:41Sur d'autres sujets,
32:43c'était d'autres formes
32:44de proximité
32:45qu'il fallait les chercher,
32:46les proximités numériques,
32:47notamment.
32:48Parce que c'est ce qui allait permettre
32:50d'amener du diagnostic,
32:52de l'expertise
32:52au plus proche
32:54des personnes,
32:57de pouvoir,
32:58comment dire,
33:00gommer certaines fractures
33:01qui peuvent exister,
33:03etc.
33:04Sans en créer d'autres,
33:05bien évidemment.
33:06Mais aussi,
33:07sur un certain nombre de sujets,
33:09il fallait qu'on ait,
33:09il y avait des effets de taille.
33:11C'est-à-dire qu'à un moment donné,
33:12même nous,
33:13MGEAN,
33:13où on protège
33:14un peu plus de 4 millions de personnes,
33:16Harmonie autant,
33:17eh bien,
33:18on n'avait plus les tailles critiques
33:19pour pouvoir investir
33:21sur certains sujets,
33:23pour pouvoir innover.
33:24Ou alors,
33:24ça allait prendre beaucoup de temps.
33:26Alors qu'en se regroupant,
33:28non seulement,
33:29déjà,
33:29on allait continuer
33:30à appréhender les sujets
33:31autour de nos valeurs,
33:32autour de notre projet,
33:34qui est celui
33:35de donner les clés,
33:38les leviers
33:38à celles et ceux
33:39qu'on protège
33:40pour qu'ils décident
33:41de ce qui était bien pour eux,
33:43de ce qui était utile pour eux.
33:45Mais aussi,
33:46créer les conditions
33:47d'une alternative.
33:49Voir comment on pouvait,
33:50finalement,
33:51contribuer à la réduction
33:52des inégalités économiques,
33:54territoriales et sociales
33:55dans l'accès aux soins.
33:56Participer à l'efficience
33:58du système de santé.
33:59Conforter la démocratie sanitaire.
34:02C'est notamment faire en sorte
34:04que quand on est
34:07un assuré social,
34:08un patient,
34:08une personne malade
34:09en situation de handicap
34:10ou de dépendance,
34:11on n'est pas sujet,
34:12voire objet de soins,
34:14quelquefois,
34:14mais on est bien acteur
34:15de son parcours.
34:17Et donc,
34:17ça veut dire
34:17comment on organise ça,
34:19comment on accompagne
34:20toutes les situations de vie,
34:22heureuses, malheureuses,
34:22une situation de maternité,
34:24en général,
34:24plutôt heureuse,
34:25un décès
34:26ou une pathologie lourde.
34:28Qu'est-ce qu'on met en œuvre
34:29pour que la personne
34:30ait le bon soin
34:32en bon moment,
34:32qu'on évite la perte de chance
34:34parce que c'est aussi ça
34:35qui fait peur
34:35à nos concitoyens ?
34:36La santé,
34:37ce n'est pas au moment
34:38de la Covid
34:38que c'est devenu
34:39une préoccupation première.
34:40C'est une préoccupation première
34:42depuis une dizaine d'années.
34:44Mais ça n'apparaissait pas,
34:46sauf à la dernière présidentielle,
34:48grâce à la mutualité française
34:49et à l'initiative
34:51qu'avait prise Thierry Baudet,
34:53le président de la FNMF,
34:54de créer place de la santé.
34:57Et ce qui a fait
34:58que tous les candidats
34:59à la présidentielle
35:00sont venus débattre
35:02en fonction de leurs propositions,
35:05etc.,
35:06des sujets de santé.
35:07Et donc,
35:07on est arrivé à faire en sorte
35:09que ça redevienne
35:12un sujet politique.
35:14Parce que c'est un sujet politique.
35:16La dernière fois avant,
35:16c'était en 1995,
35:18au moment de l'élection
35:19de Jacques Chirac
35:22et du thème de la fracture sociale,
35:24puisque c'était un thème central
35:25à l'époque.
35:26Mais pendant plusieurs présidentielles,
35:28en 2002,
35:29en 2007,
35:30en 2012,
35:31alors que c'est la deuxième préoccupation
35:33des Français après le chômage,
35:34on ne traite pas de questions de santé.
35:36Les seules élections
35:37où on traite des questions de santé
35:38en général,
35:39c'est les municipales.
35:40Voilà.
35:41Alors que c'est une préoccupation
35:44absolument majeure.
35:45Donc c'est quand même
35:47quelque chose d'étonnant,
35:49finalement,
35:51d'une certaine façon,
35:53de voir que,
35:53alors que c'est une question politique,
35:57c'est devenu dans la tête des gens
35:58quelque chose de compliqué
35:59et qu'en gros,
36:00il faut forcément être expert
36:01pour pouvoir en parler.
36:02Non.
36:03Tout le monde,
36:04aujourd'hui,
36:05peut avoir des idées,
36:07peut s'emparer de ces sujets-là.
36:09Et nous,
36:09notre rôle,
36:10c'est de leur donner les moyens
36:11de prendre pied dans ce débat
36:13et d'en devenir acteur.
36:16Merci beaucoup, Eric.
36:17c'est tout à fait dans le sens
36:21du débat qu'on voulait organiser.
36:23Jean-Claude,
36:25tu es président
36:27d'un groupement d'employeurs
36:29de l'économie sociale,
36:30avec des comités d'entreprise,
36:32des associations,
36:33des coopératives,
36:35avec le soutien de Mutuel.
36:37mais tu as été amené
36:40à prendre,
36:40le gosse a été amené
36:42à prendre des positions différentes
36:45de l'organisation majoritaire
36:48des employeurs
36:48de l'économie sociale,
36:50notamment sur la question
36:51des lois de travail,
36:52des ordonnances,
36:54et plus généralement
36:55la question des rapports salariaux
36:59et des rapports sociaux
37:00à l'intérieur,
37:01d'entreprendre vraiment autrement.
37:06On a parlé de...
37:09Eric a admis
37:10qu'il pouvait y avoir
37:11des diversités de situations
37:13à l'intérieur de l'économie sociale,
37:16ce dont nous sommes tous conscients.
37:19Comment, à quelles conditions
37:22l'économie sociale,
37:23dans ce mouvement,
37:24qui est en résonance
37:26avec les aspirations citoyennes,
37:28peut véritablement
37:33gagner en crédibilité,
37:35notamment sur ces questions sociales,
37:38et donc obtenir l'adhésion
37:40du plus grand nombre
37:41dans cette volonté
37:42à devenir la norme
37:43de l'économie de demain ?
37:45Cinq minutes.
37:46Très, oui, très bien.
37:48Non, mais juste avant,
37:50tu as fait référence
37:51au fait que nous étions
37:53depuis 2013
37:54au village de l'économie sociale
37:56et solidaire.
37:57Je rappelle aussi quand même
37:58que l'humanité,
37:59sauf erreur de ma part,
38:01est le seul,
38:02voire le rare,
38:03l'unique quotidien
38:04qui régulièrement
38:05publie un cas de page
38:06consacré essentiellement
38:08à l'économie sociale
38:09et solidaire.
38:10C'est important,
38:11le débat que nous avons là
38:12est important
38:12puisque l'humanité
38:14traite de ces questions
38:15assez régulièrement
38:16et sur l'ensemble des sujets
38:17dans leur grande diversité
38:19parce qu'effectivement,
38:20l'économie sociale
38:20et solidaire,
38:21en dehors des diversités
38:22d'idées,
38:23il y a des diversités
38:24de champs
38:25sur lesquels
38:25elle peut intervenir.
38:27Et le gauche,
38:28justement,
38:29je dirais qu'il a
38:30un regard particulier
38:31parce qu'effectivement,
38:33on a dans nos adhérents
38:34effectivement
38:34cette diversité
38:36associations,
38:38coopératives,
38:39SIC,
38:41mutuelles,
38:42partenaires
38:42et d'autres partenaires
38:44qui n'étant pas
38:45de l'économie sociale
38:46et solidaire
38:46partagent nos valeurs
38:47comme des avocats,
38:48des cabinets d'experts
38:49qui travaillent
38:50sur ces questions.
38:51Donc, on essaie
38:52de réfléchir
38:53à la problématique
38:54que tu viens
38:56de poser.
38:58Et donc,
38:59effectivement,
39:00nous,
39:00on fait partie
39:00de ceux
39:01qui se fixent
39:02l'objectif
39:03de transformation
39:03de la société.
39:05Et on ne s'en cache pas.
39:06Et je crois
39:06qu'il faut l'affirmer
39:07parce qu'effectivement,
39:08ce débat doit avoir lieu
39:10à l'intérieur
39:11de l'ESS
39:12malgré les approches
39:13différentes
39:14qu'il peut y avoir
39:15entre les uns
39:16et les autres.
39:17Mais quand on dit ça,
39:18c'est aller au-delà
39:19du discours.
39:21Nous, ce que nous souhaitons,
39:22c'est le mettre
39:22en pratique.
39:24Et donc,
39:24le mettre en pratique,
39:26ce n'est pas pour
39:27qu'on soit exemplaire
39:27en soi.
39:28Ça n'a pas d'intérêt.
39:30Mais c'est pour contester
39:31au capitalisme
39:32le terrain
39:35de l'économie.
39:36Je crois qu'il faut
39:37faire la démonstration
39:38que sur le terrain
39:39de l'économie,
39:39il y a d'autres solutions
39:41que la solution
39:43que nous propose
39:44le système actuel.
39:45D'ailleurs,
39:45le néolibéralisme,
39:46on l'appellera
39:47comme on voudra.
39:48Donc,
39:49nous avons,
39:49je pense,
39:50raison d'y croire
39:51à cette volonté
39:52de changement
39:52qui peut s'exprimer
39:54parce que,
39:55ça a été dit
39:55dans un débat précédent,
39:57la grande majorité
39:58des économistes,
39:59quelles que soient
40:00leurs écoles,
40:01je dis bien
40:01quelles que soient
40:02leurs écoles,
40:02ont reconnu
40:04lors de la crise
40:04de 2008
40:05cette fameuse capacité
40:06dont tout le monde parle
40:07de résilience
40:08de l'économie sociale
40:09et solidaire.
40:10Donc,
40:11si ça a été reconnu,
40:12c'est qu'il y a une raison
40:13et une raison
40:14qui est partagée.
40:15Après,
40:16ça ne veut pas dire
40:17que ceux qui disent
40:18que nous avons
40:19cet esprit de résilience
40:20sont les premiers
40:21à nous suivre
40:22dans la volonté
40:23de transformation
40:23de la société.
40:24C'est un autre débat.
40:26C'est pourquoi
40:27je pense effectivement
40:28que,
40:29comme tu l'as cité,
40:30Jérôme Sadi,
40:31moi,
40:31je pense qu'aujourd'hui
40:32il aura été cité
40:33plusieurs fois
40:33dans les débats
40:34sur l'économie sociale
40:35et solidaire,
40:36mais sur cette idée
40:38que l'ESS
40:38doit devenir la norme,
40:40je pense que c'est
40:41un débat interne
40:42important
40:43qui doit avoir lieu
40:44au sein de l'ESS France,
40:45au sein des CRESS,
40:47au sein de toutes les structures
40:48où se retrouvent
40:49les membres
40:50de l'ESS.
40:52Notre volonté à nous,
40:53c'est d'associer
40:55à cette démarche
40:56tous les citoyens.
40:57Et donc,
40:58tu vas comprendre
40:59que je reviendrai
41:00sur les salariés
41:00à un moment donné
41:01puisque tous les citoyens,
41:02les salariés de l'ESS
41:03sont aussi des citoyens
41:05à part entière
41:05et dans le rôle
41:06de l'ESS,
41:07quelles places
41:07peuvent avoir
41:08les salariés
41:09dans ce...
41:10Les citoyens,
41:11pourquoi ?
41:12Parce que les citoyens
41:12sont dans les territoires.
41:14Les citoyens,
41:15ils ne sont pas...
41:15Ce n'est pas quelque chose
41:16d'abstrait.
41:17Un citoyen est ancré
41:19dans son territoire.
41:20Et en l'associant
41:21à la réflexion
41:22sur l'économie sociale
41:23et solidaire,
41:23on associe cette dernière
41:25à la réflexion
41:25dans son territoire.
41:27Moi, je ne sais pas
41:28si beaucoup se sont mêlés
41:30dans le débat
41:31des municipales,
41:31mais j'ai entendu parler
41:32beaucoup des associations
41:33dans le débat
41:34des municipales.
41:35Donc, on voit
41:36qu'il y a quelque chose
41:37qui peut germer,
41:39notamment des associations,
41:40alors qu'ils étaient
41:41plus sur des bases,
41:42je dirais,
41:43de réponses
41:44à des besoins immédiats,
41:45sociaux, etc.
41:46Mais je pense
41:47que c'est une bonne nouvelle
41:50qu'on ait ce débat.
41:52Moi, je crois
41:53que ce qui est important
41:54et ce qui fera
41:55notre différence
41:56dans l'ESS,
41:57on dit gestion démocratique.
41:59Oui, gestion démocratique
42:00parce qu'on élu
42:01un conseil d'administration,
42:02on élu un bureau,
42:03on élu un président,
42:04donc on dit gestion démocratique.
42:06Mais pour moi,
42:06la gestion démocratique
42:07va beaucoup plus loin.
42:08C'est comment on associe
42:09les salariés
42:10de l'ESS
42:12à la gestion.
42:14Je suis un ancien syndicaliste.
42:16Je me battais
42:17dans les entreprises
42:18du secteur marchand
42:19pour dire
42:20qu'il faut associer
42:21les salariés
42:21à la gestion
42:22de l'entreprise.
42:23Pas la co-gestion,
42:24mais les associer
42:25à la gestion
42:26de l'entreprise,
42:26notamment à travers
42:28le comité d'entreprise.
42:30Je constate
42:31que dans l'ESS,
42:32il y a encore
42:33très peu d'entreprises
42:34qui associent
42:35les institutions
42:35représentatives
42:36du personnel
42:37à la gestion
42:39de leur entreprise.
42:41Donc,
42:42on est dans l'ESS,
42:43on pourrait paraître
42:45donneur de leçons
42:46sur ce que devrait être
42:47la démocratie
42:47au sein de l'entreprise
42:48et on ne se la pique pas
42:50à nous-mêmes.
42:50Donc là,
42:51on a un vrai débat
42:52et une vraie politique.
42:55Il faut politique
42:57aux défauts
42:57et donc,
42:58on pourrait faire
42:58le tour allègrement
43:00de beaucoup d'entreprises
43:01de l'ESS,
43:01y compris chez nos adhérents.
43:04c'est vraiment
43:05pour le débat
43:08général.
43:09C'est pour ça
43:09que nous,
43:09on souhaite travailler
43:10avec les confédérations
43:11syndicales
43:12parce qu'elles ont
43:13à apporter aussi
43:14dans la réflexion
43:15sur l'économie sociale
43:16et solidaire.
43:17Or,
43:17il y en a qui s'en occupent
43:18plus ou moins,
43:20mais il faut quand même
43:21essayer de voir
43:22avec elles
43:22comment on peut mieux
43:24travailler cette question
43:25parce qu'elles ont
43:25vraiment à nous apporter.
43:27Je crois que
43:28la notion de dialogue social
43:30dans l'ESS,
43:30ça ne doit pas être
43:31un slogan,
43:32mais ça doit être
43:32une réalité.
43:33Et ça,
43:34on a encore des efforts
43:35à faire là-dessus.
43:36Là où le capitalisme
43:37a échoué
43:38pour répondre
43:39aux besoins sociaux
43:41des populations
43:42et où la dictature
43:44du marché,
43:45je n'aime pas le mot,
43:46mais je l'utilise,
43:47dictature du marché
43:48dans une économie
43:49où seulement
43:49c'est la concurrence
43:53loyale et non faussée
43:54qui est la règle,
43:56nous nous jouons
43:57sur solidarité,
44:01coopération
44:01entre entreprises,
44:03dans les territoires,
44:04entre territoires,
44:05et la loi NOTRe n'aidera pas
44:07à défaire les territoires
44:10puisqu'en créant
44:10ces grandes régions,
44:11elle ne crée pas
44:11les meilleures conditions
44:12de la coopération.
44:13c'est plus facile
44:14de coopérer
44:15entre petites régions
44:16qu'entre régions monstrueuses.
44:18Je pense notamment
44:19à mes petits collègues
44:20du tourisme social
44:21qui se trouvent
44:21dans la région
44:22Nouvelle-Aquitaine,
44:23entre Saint-Jean-de-Luz
44:24et Poitiers.
44:26Je ne pense pas
44:27que c'est tout à fait
44:27les mêmes contextes
44:29de développement
44:30qui doivent se mettre
44:31en œuvre.
44:32Donc on voit bien
44:32que les politiques
44:34gouvernementales
44:35n'aident pas
44:35l'économie sociale
44:36à travailler aussi
44:37dans les territoires
44:38par la destruction
44:39qu'elle fait elle-même
44:40des territoires
44:41en Ile-de-France.
44:43La volonté
44:43de faire disparaître
44:45les départements
44:46de la Petite Couronne,
44:48de créer ce Grand Paris
44:49où disparaîtraient
44:50peut-être les communes,
44:51c'est une volonté politique
44:54affirmée,
44:56sous le boisseau souvent,
44:57mais il y a cette volonté
44:59qui existe.
44:59Et donc je crois
45:00que là on a des valeurs
45:01à défendre
45:01de la territorialité
45:03et encore une fois
45:04ce n'est pas
45:05girondin
45:06ou anti-jacobin
45:07que de le dire
45:08mais la proximité
45:09c'est le lieu
45:10où effectivement
45:10on peut mieux
45:11développer les valeurs.
45:13Donc nous avons
45:13vraiment besoin
45:14de mener cette bataille
45:16et on en revient
45:18au débat
45:18qu'il y avait eu
45:19précédemment
45:19sur le plan,
45:21le plan gouvernemental,
45:23la petite part
45:24qui est faite
45:24à l'ESS
45:25alors qu'on a lâché
45:27des milliards
45:28sur le CICE,
45:29le crédit impôt recherche
45:30là on vient encore
45:32de lâcher 30 milliards
45:32aux entreprises
45:33qui essentiellement
45:34seront celles du 440
45:35qui vont en profiter
45:36sans leur demander
45:37de contrepartie
45:39sans exigence.
45:40Donc je crois
45:40que l'ESS
45:41elle a des exigences
45:43elle doit se les donner
45:44et elle peut faire
45:45la démonstration
45:46au gouvernement
45:46que si elles étaient aidées
45:48elles auraient encore
45:49plus la facilité
45:50de répondre
45:51aux besoins
45:51auxquels
45:52elles aspirent.
45:53Et donc je crois
45:53que ça c'est notre différence
45:55avec le secteur
45:56le secteur marchand.
45:58Voilà j'en dirai pas plus
45:59parce que sinon
46:00je pourrais être très très long
46:01sur ces questions
46:02mais les associations
46:03par exemple
46:04les associations
46:05vous avez eu le forum
46:07des associations
46:07samedi à Gennevilliers
46:09je suis au courant
46:09de la politique
46:10de Gennevilliers
46:10et Parker
46:11normal c'est le centre du monde
46:14donc on voit bien
46:16que les associations
46:17dans une commune
46:18et c'est pas la seule commune
46:20à avoir le forum
46:20des associations
46:21heureusement
46:22il y en a beaucoup
46:22qui font le forum
46:23des associations
46:24parce que ça veut dire
46:25que les communes
46:26sont conscientes
46:27comme les associations
46:28sont conscientes
46:29qu'elles ne peuvent pas vivre
46:30en dehors de ce lien
46:31avec la municipalité
46:32dans laquelle
46:33elles exercent
46:34leur activité
46:35et je crois que c'est ça
46:36qui fait la force
46:37de l'ESS
46:38on a des communes
46:40qui font parfois
46:41des rendez-vous
46:42avec les entreprises
46:43de la localité
46:44mais ce n'est pas du tout
46:46le même sens
46:47et la même valeur
46:47donc on a intérêt
46:49à développer
46:50ce type de lien
46:51avec les municipalités
46:53pour terminer
46:54je dirais que
46:55dans ce cadre
46:56des territoires
46:57les élus politiques
47:00Patrice en est un
47:01mais les élus politiques
47:02de toute nature
47:03je pense à ceux
47:04qui partagent
47:05des valeurs communes
47:06avec nous
47:06ont intérêt
47:06à prendre toute leur place
47:07dans ce débat
47:08tu l'as dit
47:09il y a une secrétaire d'état
47:10maintenant
47:11qui est dédiée
47:12aux questions
47:12de l'économie sociale
47:13et solitaire
47:14comment les élus politiques
47:15nous aident
47:16dans ce débat
47:17avec la secrétaire d'état
47:18parce que je pense
47:19que de l'Assemblée nationale
47:21aux communes
47:22il y a vraiment
47:23un débat politique
47:23à avoir
47:24sur les vraies valeurs
47:25de l'économie sociale
47:26et solidaire
47:27merci Jean-Claude
47:32je viens de regarder
47:34le chronomètre
47:37et nous arrivons
47:38au bout
47:39de notre exercice
47:40alors
47:41comme on ne va pas
47:42refaire tout un tour
47:43je voudrais simplement
47:44demander à
47:45à Patrice
47:47s'il est content
47:49s'il a entendu
47:50des réponses
47:52qui sont dans sa quête
47:55de territoire
47:56de transformation
47:57démocratique et sociale
47:58oui ça me conforte
48:00mais en regardant
48:01toute la complexité
48:02parce que
48:03même sur la définition
48:04donnée de l'ESS
48:05sur des citoyens
48:07qui se regroupent
48:07il faut faire aussi
48:08attention à l'entre-soi
48:10et qui peut être excluant
48:11parce qu'on peut se regrouper
48:12entre soi
48:13et de ne pas accepter
48:14on a l'expérience
48:16nous sur les AMAP
48:17on a créé
48:17une boutique associative bio
48:20qui c'est toujours
48:21un débat
48:22pour voir comment
48:23on s'ouvre aux autres
48:24aux gens différents
48:25de nous
48:26pour que ce soit des lieux
48:27c'est pour ça
48:28que ça me permet aussi
48:28de faire un petit hommage
48:29à Michel Besson
48:30il faut que dans l'ESS
48:31il y ait aussi
48:31le mot équitable
48:32qui soit développé
48:34parce que ça doit être
48:35du commerce équitable
48:36qui se met en ligne
48:37justement
48:37pour que les salariés
48:39soient bien traités
48:40que les consommateurs
48:41soient bien traités
48:42quand ce sont des entreprises
48:43de production
48:45de biens
48:45ou de services
48:46mais ce sont des éléments
48:48extrêmement importants
48:49et puis
48:52malgré ce qu'il se dit
48:52sur le monde associatif
48:54malheureusement
48:55je suis un peu pessimiste
48:56parce qu'il ne se renouvelle
48:57pas beaucoup
49:00la vie est plus contradictoire
49:02et complexe que ça
49:03mais il y a des gens
49:03qui se regroupent
49:04en même temps
49:05on n'a pas
49:06tant que ça
49:07au niveau local
49:08des associations
49:09qui se battent
49:10sur les questions
49:10d'intérêt général
49:11et ça reste une question
49:15c'est pour ça que le SS
49:16et ses acteurs
49:17et ses actrices
49:18peuvent nous aider localement
49:19à combattre
49:21des idéologies dominantes
49:23à pouvoir
49:24faire faire l'expérience
49:26parce qu'en fait
49:26les idées sont aussi
49:27le produit de pratiques
49:28et quand on a des pratiques
49:30différentes
49:30de consommation
49:31des pratiques différentes
49:32comme vous le disiez
49:33de coopération
49:34dans une structure économique
49:36ou dans ses relations
49:37à la santé
49:37ça change aussi les idées
49:39donc je ne suis pas capable
49:42de dire ce qui est promis
49:42entre les idées
49:43et la pratique
49:44certainement
49:45qu'il faut articuler les deux
49:46mais en tout cas
49:47le SS peut nous aider
49:48dans cette articulation
49:49dans les deux côtés
49:51bon mais je vais vous remercier
49:53je vais vous dire
49:54que simplement
49:55je vais profiter
49:56du micro
49:57qui nous est donné
49:58pour dire
49:58qu'un tel débat
50:00sur les territoires
50:02et l'économie sociale
50:04et la transformation
50:04démocratique
50:05et sociale
50:06va reprendre
50:08dans le cadre
50:09du mois
50:10de l'économie sociale
50:11notamment le 13
50:13et le 14 novembre
50:14à la bourse du travail
50:16de Saint-Denis
50:18où les rencontres
50:19de la plaine
50:20dont le gosse
50:20et rencontres sociales
50:23sont cofondateurs
50:25avec la plaine commune
50:28vont reprendre
50:30ces discussions
50:36en élargissant
50:37le panel
50:37et surtout
50:38en ayant un peu plus de temps
50:40pour aller jusqu'au bout
50:42de notre débat
50:43pour aller plus loin
50:45dans notre débat
50:46voilà
50:47donc merci Patrice
50:49merci Éric Chenu
50:50merci Éric Forty
50:51merci Jean-Claude
50:53merci à vous toutes et tous
50:54et puis donc
50:57j'espère que vous serez nombreux
51:00à nous retrouver
51:00sur le site dédié
51:02par la fête de l'humanité
51:04sur la reprise
51:06de ces débats
51:07qui auront été
51:09tout au long de la journée
51:10fort intéressants
51:11merci beaucoup
51:12merci beaucoup

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