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  • il y a 1 jour
Dans un océan de défiance des Français envers leurs représentants, c’est l’échelon communal qui s’en sort le mieux avec un Français sur deux qui fait confiance à ses élus. Pourtant, la commune est mise à mal par la transformation des échelons territoriaux et le risque d’asphyxie financière, puisque, à travers les politiques d’austérité, l’État se défausse bien souvent sur elles pour réaliser de plus en plus de missions.

Avec Ian Brossat, adjoint PCF au logement à la Mairie de Paris, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, et Magali Fricaudet, coprésidente de l’Aitec, Association internationale de techniciens, experts et chercheurs.Un débat animé par Cédric Clérin, journaliste à l’Humanité Dimanche, depuis l’Agora de la Fête de l’Humanité.

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Transcription
00:00Bienvenue à tous pour ce débat commun-commune, l'alternative passera-t-elle par les villes ?
00:06Comme vous le savez, l'échelon communal reste l'échelon préféré des Français.
00:10Dans un océan de défiance envers leurs représentants, c'est encore le Conseil municipal qui s'en sort le mieux,
00:15puisqu'il y a un Français sur deux qui lui fait confiance, quand c'est plutôt un Français sur quatre
00:20ou un Français sur cinq,
00:22quand il s'agit de l'Assemblée nationale ou du gouvernement.
00:25Pourtant, la commune, héritée de la Révolution française, est aujourd'hui mise à mal par la transformation des échelons territoriaux.
00:31On pense notamment à la métropolisation et la mise en place des intercommunalités.
00:36L'autre danger qui menace les communes, c'est aussi l'asphyxie financière,
00:40puisque des politiques d'austérité menées par l'État, qui se défausse bien souvent sur elle,
00:47pour réaliser de plus en plus de missions, ce qui réduit d'autant plus ces marges de manœuvre.
00:54Ça, c'est le phénomène indirect, ce n'est pas la baisse des dotations de façon directe.
00:59Donc cette asphyxie est un moyen assez efficace pour étendre le domaine du marché
01:02et faire reculer sans cesse les services publics au niveau local.
01:06Donc le marché n'est pas le moindre des ennemis du progrès social, y compris à l'échelon communal.
01:12Dans cette situation, des élus battent pour préserver des politiques originales sur leur territoire,
01:18et des militants prônent également le développement de luttes locales pour changer la société.
01:24C'est le cas notamment du mouvement autour du municipalisme.
01:28Donc l'alternative peut-elle venir des villes ?
01:31Comme il est écrit dans l'attitude du débat.
01:34Comment desserrer l'étau financier pour répondre aux enjeux sociaux et écologiques ?
01:38Quelle politique locale pour changer la vie ?
01:40Toutes ces questions sont un peu l'arrière-plan des prochaines élections municipales
01:44qui auront lieu dans 6 mois et font partie des questions que nous allons aborder aujourd'hui avec nos invités,
01:51qui sont à ma droite Magali Fricaudet, qui est coprésidente de l'Association internationale des techniciens, experts et chercheurs.
01:59Merci d'être là.
02:01Philippe Bouissoux, qui est maire d'Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne, maire PCF d'Ivry-sur-Seine,
02:08et Yann Brossat, adjoint PCF également au maire de Paris en charge du logement.
02:17Alors je vais peut-être commencer tout de suite avec Yann,
02:21puisqu'on connaît ton engagement pour le logement pour tous,
02:28le volontarisme avec lequel tu es arrivé à ce poste-là en 2014
02:33pour développer le logement social et pour permettre à tous les Parisiens de se loger.
02:38Or, on a appris la semaine dernière que le prix du mètre carré à Paris avait dépassé les 10 000
02:44euros.
02:45Donc qu'est-ce que ce fait-là, d'après toi, illustre les difficultés que tu rencontres ?
02:51Est-ce que les élus locaux servent encore à quelque chose, Yann Brossat ?
02:56D'abord, c'est une excellente question. Je me la suis moi-même posée.
03:01Il est certain que si on résume la politique du logement à Paris à ce chiffre de 10 000 euros
03:08du mètre carré,
03:09le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a un certain nombre d'interrogations à avoir.
03:15Je dirais les choses de la manière suivante.
03:18Bien sûr que lorsqu'on est élu en charge du logement dans une ville comme Paris
03:23et qu'on est confronté à l'issue d'un mandat en charge du logement à ce prix-là,
03:30on se dit qu'on n'a pas tout réussi.
03:34Et j'ai envie, au fond, de répondre en deux temps.
03:37D'abord, le constat que je fais, moi, c'est qu'en même temps que les prix ont augmenté,
03:44on a par exemple produit 40 000 logements sociaux supplémentaires.
03:48Et je sais trop ce que serait la situation d'une ville comme Paris
03:52si nous n'avions pas un nombre de logements sociaux qui a énormément augmenté au cours des dernières années.
03:58On le dit trop peu, mais dans une ville comme Paris, un habitant sur quatre vit en logement social.
04:05C'est-à-dire que nous avons aujourd'hui 550 000 Parisiens qui bénéficient d'un logement social
04:12et qui, parce qu'ils bénéficient d'un logement social, sont protégés de la spéculation immobilière.
04:18Et ça, pour le coup, c'est le résultat d'une politique municipale.
04:23C'est le résultat de 20 ans au cours desquels Paris a tenté de rattraper son retard en matière de
04:29logement social
04:29sans atteindre les chiffres qu'on a dans un certain nombre de villes comme Ivry,
04:34mais en permettant quand même de passer en l'espace de 20 ans de 13% de logements sociaux
04:39à 22%, comme c'est le cas actuellement dans la capitale.
04:44Ça, c'est le travail que nous avons mené.
04:46Et c'est un travail qui a, bien sûr, nécessité du volontarisme et des moyens budgétaires
04:52puisque nous consacrons au logement social 500 millions d'euros par an,
04:57soit 3 milliards au cours de la mandature qui va s'achever l'an prochain.
05:01Ça, c'est le premier élément de la réponse.
05:03Et il faut quand même savoir que s'il n'y avait pas de logement social dans une ville comme
05:08Paris,
05:09il n'y aurait plus de classe moyenne et de famille modeste dans la capitale.
05:13Il n'y aurait plus d'infirmières, il n'y aurait plus de policiers, il n'y aurait plus d
05:18'enseignants,
05:19il n'y aurait plus d'assistantes maternelles.
05:21D'ailleurs, ce n'est pas compliqué.
05:23Le taux de logements sociaux à Paris correspond exactement au taux d'ouvriers et d'employés.
05:30C'est-à-dire que nous avons autour de 22% de logements sociaux
05:33et nous avons 22% d'ouvriers et d'employés dans la capitale.
05:38Simplement, deuxième élément de la réponse.
05:41Ce qui est terriblement frustrant pour un élu local,
05:43c'est qu'en matière de logement,
05:46nos marges de manœuvre pour agir sur le secteur privé sont extrêmement réduites.
05:53Vous vous rendez compte quand même qu'un élu de n'importe quelle ville
05:57n'a pas la possibilité de réquisitionner des bâtiments vides
06:02puisque le droit de réquisition aujourd'hui relève du préfet.
06:05Et lorsque je demande l'Ista l'appui au préfet
06:09de réquisitionner un certain nombre d'immeubles vides
06:11depuis parfois 10 ans, 20 ans, 30 ans,
06:14le préfet me répond
06:15« Je ne réquisitionne que si le propriétaire est d'accord ».
06:19Ce qui signifie pour être clair qu'il ne réquisitionne jamais
06:23sauf quand la ville de Paris lui confie un certain nombre de biens municipaux.
06:28Mais donc ça nous pose une question
06:30qui est la question de savoir si nos villes
06:33ne devraient pas se voir conférer des compétences nouvelles.
06:37Et moi je considère
06:38et je pense que nous sommes un certain nombre à plaider en ce sens
06:41que dans un certain nombre de domaines
06:44les maires devraient se voir confier des responsabilités supplémentaires
06:48qui aujourd'hui sont des responsabilités de l'Etat.
06:51Nous devrions pouvoir avoir le droit de réquisitionner les bâtiments vides.
06:56Les élus devraient avoir le droit
06:58comme les élus de Berlin d'ailleurs
07:00de limiter les résidences secondaires qui pullulent.
07:03A Paris nous en sommes à 100 000 résidences secondaires
07:06sur un peu plus d'un million de logements
07:09c'est-à-dire des logements qui sont occupés
07:11deux à trois semaines par an
07:12alors même qu'on a tant de gens qui galèrent pour trouver un logement.
07:16Pourquoi est-ce qu'une ville comme Paris
07:18à l'image de ce que fait Berlin
07:19n'aurait pas la possibilité de dire
07:22nous ne voulons plus
07:23d'achats de résidences secondaires
07:25à Paris par des investisseurs étrangers
07:27qui ne sont là que quelques semaines
07:29par an.
07:30Donc on a besoin je crois
07:32d'un nouvel acte de décentralisation
07:34qui permette aux maires
07:36aux élus
07:37aux plus proches des habitants
07:39de prendre un certain nombre de décisions
07:41qui correspondent aux intérêts du plus grand nombre.
07:44C'est une des propositions que je mets dans le débat
07:46et on aura peut-être l'occasion d'y revenir tout à l'heure.
07:49Oui.
07:53Peut-être avant d'en venir aux solutions
07:56qui évidemment ne manqueront pas de fusée dans le débat
07:58c'est aussi l'objet. Peut-être qu'on peut demander
08:00à Philippe Bouissoux son expérience en la matière
08:02pour concerner bien les problèmes auxquels vous êtes confrontés
08:04puisque vous êtes une mairie populaire
08:06une municipalité populaire aux portes de Paris
08:09qui elle aussi est confrontée
08:10à un prix de l'immobilier
08:12donc le marché qui aussi impacte
08:14les politiques municipales.
08:16Jusque là on résiste.
08:18On résiste pas mal.
08:19Mais ça nous coûte de l'argent
08:21parce que l'aménagement
08:23d'une ville, la réponse
08:26en matière de
08:27de besoin de logement
08:28forcément on peut pas le décréter tout seul.
08:31Yann l'a dit, il y a les autorisations de l'Etat.
08:33Un maire aujourd'hui dans sa commune
08:35ne peut pas décider
08:37du nombre de logements sociaux
08:39dans une opération, de l'équilibre
08:41avec l'accession à la propriété.
08:43On est soumis à des règles
08:45qui se décident en dehors de nous
08:47et surtout on est soumis
08:48à la présence des capitaux privés
08:50sur un territoire.
08:51On ne peut pas totalement
08:53d'ailleurs dans le regard
08:55de la population
08:56c'est assez souvent difficile
08:58à comprendre.
08:59Et nous jusque là
09:00on résiste avec un levier
09:01obliger les promoteurs
09:03à sortir des prix corrects
09:05sur notre territoire
09:07et surtout en mettant
09:08de l'argent public
09:09de l'argent de la commune
09:11dans l'équilibre
09:12des opérations d'aménagement
09:13pour répondre au financement
09:16des équipements publics.
09:17Et pour le moment
09:19la moyenne du prix du mètre carré
09:21sur Ivry est à 4 500 euros.
09:23Quand on voit que c'est à 10 000 à Paris
09:25il suffit de passer le périphérique
09:26on est totalement limitrophes
09:29au 13ème arrondissement
09:30donc dans une partie de la capitale
09:32on voit bien que les prix flambent
09:35et on arrive à résister comme ça.
09:37Et sur l'enjeu du logement
09:39il est essentiel
09:41c'est-à-dire que nous aujourd'hui
09:42si on ne résiste pas
09:43si on ne se bat pas
09:44pour continuer à produire
09:46du logement social
09:47et à répondre aux besoins
09:48de la population
09:50d'ailleurs c'est à l'oeuvre
09:51aujourd'hui
09:51tu as évoqué tout à l'heure
09:53dans ton introduction
09:54la perspective
09:55des élections municipales
09:57dans quelques temps
09:58pour ce qui est des villes
09:59de première couronne
10:00il va y avoir une opération
10:02terrible
10:02de la République en marche
10:04qui voudrait faire
10:05de nos territoires
10:06aujourd'hui
10:07le lieu
10:08où
10:09la spéculation immobilière
10:11à Paris
10:12pousse les classes moyennes
10:14dont Yann parlait
10:15aujourd'hui
10:16qui ont de plus en plus
10:18de difficultés
10:19à se loger
10:20dans la capitale
10:20et que du coup
10:21les catégories
10:22les plus modestes
10:23qui peuvent encore vivre
10:24à portée de métro
10:25qui peuvent encore avoir accès
10:27à des transports en commun
10:28même s'il faut continuer
10:29la bataille
10:30pour les développer
10:31toujours plus
10:32mais qui peuvent se rendre
10:33à leur travail
10:34de manière
10:34je dirais
10:35assez
10:36assez facilitée
10:37et bien de les repousser
10:38encore un petit peu plus loin
10:40dans les fin fonds
10:41de la métropole parisienne
10:42et le fait de garder
10:43j'aime pas trop le terme
10:45d'ailleurs
10:45une véritable mixité sociale
10:47parce que mixité
10:49certains l'emploient
10:50pour dire
10:50on va prendre
10:51des catégories moyennes
10:52et on va diluer
10:53les modestes
10:54les plus pauvres
10:55les plus populaires
10:56et on fait de la mixité
10:58comme ça
10:58alors que je pense
10:59que les catégories populaires
11:01aujourd'hui
11:01les salariés
11:02dont on parle
11:03parfois les gens
11:04qui vivent
11:05avec les minimas sociaux
11:06et le RSA
11:07eux aussi
11:08peuvent produire
11:10de la mixité sociale
11:11et on a dans nos villes
11:12des parcours de jeunes
11:14qui atteignent
11:15des niveaux d'excellence
11:16et qui eux-mêmes
11:17nourrissent cette mixité
11:18donc le maintien
11:19des catégories populaires
11:21on va les appeler comme ça
11:22dans les villes
11:23de première couronne
11:24c'est un enjeu fondamental
11:25et en ce moment
11:26la bataille
11:27elle est terrible là-dessus
11:28et elle va l'être encore plus
11:29à l'occasion
11:30des élections municipales
11:32et on a un véritable enjeu
11:33et puis j'aimerais dire
11:34deux mots
11:35mais peut-être pas tout de suite
11:36sur la reconfiguration
11:37qui s'opère
11:39avec les nouvelles lois
11:42la loi MAPTAM
11:43la loi Allure
11:44la loi Elan
11:45et qui font que
11:45nos offices publics
11:46de l'habitat
11:47qui sont des outils
11:49structurants
11:50de l'habitat social
11:51vont devoir se regrouper
11:53à l'échelle des territoires
11:55et qu'on va créer
11:56des monstres
11:58des monstres vraiment
12:00aux mains d'Action Logement
12:03d'ailleurs la plupart du temps
12:04qui va pouvoir diriger
12:06les choses à sa guise
12:07et nous ce qu'on a décidé
12:09sous forme de résistance
12:11on l'a soumis à nos locataires
12:13on l'a soumis
12:13au personnel de notre office
12:15c'est de se transformer
12:16en coopérative
12:17en SKIC
12:18Société coopérative
12:19d'intérêt collectif
12:20pour pouvoir garder
12:22à l'échelle de la ville
12:23une vraie autonomie
12:24structurante
12:25sur la stratégie
12:27du logement social
12:28et c'est une forme
12:29de résistance
12:29aux dispositifs de loi
12:31qui sont à l'oeuvre
12:32aujourd'hui
12:32et il y a derrière ça
12:33un enjeu très fort
12:39Merci Philippe
12:42Magali Fricaudet
12:43l'ETEC a publié
12:45un rapport
12:45qui s'appelait
12:47collectivité locale
12:47reprendre la main
12:48c'est possible
12:49il y a quelques semaines
12:51avant l'été
12:52si vous avez fait ce rapport
12:54c'est parce que
12:54vous constatez également
12:55qu'au niveau local
12:56la pression
12:58du libéralisme
12:59ambiant
13:00est forte
13:01et qu'il faut en sortir
13:04aujourd'hui
13:05ça marche ?
13:06c'est bon
13:07ça marche
13:07oui effectivement
13:08moi je voudrais revenir
13:10aussi sur cette question
13:11du logement
13:11parce qu'à mon avis
13:12elle est fondamentale
13:14dans la repolitisation
13:15citoyenne
13:16on a aujourd'hui
13:18un processus
13:19d'urbanisation
13:19et de financiarisation
13:21massive du logement
13:22au niveau global
13:23et qui
13:24dans les dynamiques
13:25espagnoles
13:26de reprise du pouvoir
13:27au niveau local
13:28a été absolument
13:29fédérateur
13:30aujourd'hui
13:32le logement
13:34représente
13:3560%
13:35des transactions
13:36commerciales
13:37au niveau mondial
13:38le marché immobilier
13:40représente
13:41163 trillions
13:42de dollars
13:43par an
13:43c'est à dire
13:44deux fois
13:44le PIB du monde
13:45ces marchés
13:47globales
13:48cette financiarisation
13:49a des répercussions
13:50extrêmement concrètes
13:51sur la vie
13:52dans la ville
13:53sur la vie
13:54des gens
13:54sur le droit
13:55à être
13:56dans la ville
13:56ça s'est traduit
13:58en Espagne
13:59par la crise
14:00des subprimes
14:00et entre
14:032008 et 2014
14:04500 000 familles
14:06se sont retrouvées
14:07expulsées
14:08de leur logement
14:09ça se traduit
14:11par des logements vides
14:12par des opérations
14:12spéculatives
14:13par des pactes
14:15ambigus
14:15entre le marché
14:17les promoteurs
14:18et parfois
14:19les collectivités
14:19qui n'ont pas d'autre
14:20remède
14:21que d'être
14:22dans une négociation
14:23avec des conditions
14:26finalement
14:27pas très équitables
14:28et cette question
14:30du logement
14:31c'est la question
14:32du droit au logement
14:33celle du droit
14:33à la ville
14:34elle a été à l'origine
14:35en Espagne
14:36de l'organisation
14:38de plateformes citoyennes
14:39qui
14:41ont ensuite
14:42convergé
14:42dans les places
14:43en 2011
14:44et qui ont repris
14:46des municipalités
14:47une soixantaine
14:48en 2014
14:49autour de cette question
14:51centrale
14:51du droit
14:52à habiter la ville
14:53et donc je pense
14:54qu'aujourd'hui
14:55puisque c'est un peu
14:56la phase ultime
14:57du capitalisme
14:58cette économie
14:59de la rente immobilière
15:01cette économie
15:03que David Harvey
15:05le géographe américain
15:07marxiste
15:07appelle
15:08l'économie
15:09de l'accumulation
15:10par dépossession
15:11c'est
15:12constitutif
15:13de nos villes
15:14et il y a un enjeu
15:15absolument fondamental
15:16à reprendre
15:17la ville
15:17à reprendre
15:18le droit à la ville
15:19alors
15:20aujourd'hui
15:21à l'ETEC
15:21dans le rapport
15:22on n'a pas tellement
15:23mis en lumière
15:25des expériences
15:26dans le logement
15:27bien qu'il y en a
15:27un certain nombre
15:28et que l'association
15:29travaille beaucoup
15:30sur l'expertise citoyenne
15:32sur le droit à la ville
15:32et au logement
15:33en appui des mouvements sociaux
15:35mais on a beaucoup
15:36analysé
15:37les alternatives
15:39locales
15:39pour
15:40relocaliser
15:41l'économie
15:42il y a
15:43106 mouvements
15:45106 remunicipalisations
15:46qui ont été faites
15:48dans les dernières années
15:49ça concerne
15:50le domaine
15:51des transports
15:52le domaine
15:52de l'eau
15:53ça concerne
15:54par exemple
15:55Toulouse
15:56Fortbac
15:57ce sont des villes
15:57qui ont remis
15:59le transport
15:59en régie
16:00qui ont ainsi pu
16:01maîtriser
16:01la mobilité
16:02dans le cadre
16:03de politiques
16:03publiques
16:04globales
16:05la remunicipalisation
16:08de l'eau
16:09effectivement
16:09il y a eu le cas
16:10de Paris
16:10mais il y en a
16:11un certain nombre
16:12la remunicipalisation
16:13des déchets
16:14et parfois
16:15ça coûte cher
16:16aux collectivités
16:16par exemple
16:18l'intercommunalité
16:19du Briançon
16:20qui a remunicipalisé
16:23l'eau
16:24ça lui a valu
16:27d'être attaqué
16:28par Suez
16:30qui lui a demandé
16:311 million d'euros
16:32d'indemnisation
16:34la ville de Grenoble
16:35a dû payer
16:3612 millions d'euros
16:38parce qu'elle a rompu
16:38son contrat
16:39avec la Lyonnaise
16:40des eaux
16:40et qu'elle a
16:40remunicipalisé l'eau
16:41donc c'est une mainmise
16:43absolue
16:44des multinationales
16:45sur des choses
16:46qui concernent
16:46nos vies
16:47nos besoins essentiels
16:49et nos droits
16:50et je crois
16:51que la question
16:51du municipalisme
16:52c'est celle-ci
16:53c'est de remettre
16:54les droits
16:54au coeur
16:55de la ville
16:56et du projet politique
16:57et il y a plein
16:59d'expériences
17:00comme ça
17:00dans le rapport
17:01que vous pouvez trouver
17:01en ligne
17:02qui s'appelle
17:02collectivité locale
17:03reprendre la main
17:04c'est possible
17:06et voilà
17:07et je pense
17:08qu'effectivement
17:08il existe
17:09à travers
17:11aussi
17:12en poussant
17:13à l'extrême
17:13les marchés
17:14publics
17:15en faisant jouer
17:16d'autres formes
17:17comme l'alotissement
17:20enfin il y a
17:21beaucoup de techniques
17:22je ne vais pas rentrer
17:23aujourd'hui
17:23dans des discours juridiques
17:26mais on peut pousser
17:28aussi
17:29à travers
17:29la commande publique
17:30à travers
17:31de nouvelles formes
17:32de prise de participation
17:34dans des sociétés coopératives
17:36où les collectivités
17:37peuvent prendre
17:37jusqu'à 50%
17:38à travers
17:39des sociétés
17:41d'économie mixte
17:42où là encore
17:43les pouvoirs publics
17:43peuvent
17:44aux côtés
17:44d'une gouvernance citoyenne
17:46gérer les biens communs
17:47on peut
17:48aujourd'hui
17:49générer
17:50une relocalisation
17:51de l'économie
17:52et il faut absolument
17:53qu'on ait ce courage politique là
17:55c'est un des enjeux forts
17:56des municipales
18:03alors justement
18:04Yann Brossal
18:05les outils
18:06pour reprendre la main
18:07sur un certain nombre
18:08de secteurs
18:09quels peuvent être
18:09les outils
18:10pour faire reculer le marché
18:11et regagner
18:12du pouvoir
18:13municipal
18:14il y a eu
18:15remunicipation
18:15de l'eau
18:16à Paris
18:18quels autres outils
18:19peut-on utiliser
18:20d'abord
18:21reprendre la main
18:24je dirais
18:25que ça passe
18:25par deux choses
18:26d'abord
18:26effectivement
18:28notamment
18:29dans nos grandes métropoles
18:30nous sommes confrontés
18:31à des puissances financières
18:33qui s'accaparent
18:34une bonne partie
18:36de nos villes
18:37et donc
18:38le premier outil
18:39dont nous disposons
18:40c'est la remunicipalisation
18:41d'un certain nombre
18:42de services publics
18:44c'est la raison
18:44pour laquelle
18:45par exemple
18:45à Paris
18:46l'un des combats
18:48identifiants
18:48menés par les élus
18:50communistes
18:51ça a été
18:51la remunicipalisation
18:53de la distribution
18:54de l'eau
18:54l'eau
18:55qui a longtemps
18:57été distribuée
18:58par des grands opérateurs
18:59bien connus
19:00et nous avons souhaité
19:01les retirer
19:03aux griffes du privé
19:04avec au fond l'idée
19:05que l'eau
19:06est un bien fondamental
19:08et qu'après tout
19:09l'eau mérite bien
19:10d'être un service public
19:11et donc
19:12nous avons cherché
19:13à conquérir
19:14un nouveau service public
19:15et c'est vrai
19:16que dans un contexte
19:17où on se bat beaucoup
19:19pour préserver
19:20les services publics
19:21existants
19:21ça n'était pas
19:22une mince bataille
19:23que d'obtenir
19:24qu'on crée
19:25un nouveau service public
19:26qu'on conquiert
19:27un service public
19:29supplémentaire
19:30nous sommes
19:30d'ailleurs
19:31en train de nous battre
19:32un peu de la même manière
19:33dans mon arrondissement
19:34le 18ème
19:35pour faire en sorte
19:36que les cantines
19:37soient remunicipalisées
19:38puisqu'en l'occurrence
19:39elles sont gérées
19:41par un grand groupe privé
19:42ce qui suscite
19:43d'ailleurs
19:44une grande insatisfaction
19:45des enfants
19:47comme de leurs parents
19:48donc la première des choses
19:50c'est la conquête
19:52de nouveaux services publics
19:54mais la deuxième
19:55et c'est peut-être
19:56un élément nouveau
19:58auquel nous sommes
19:58de plus en plus confrontés
20:01c'est que
20:01le développement
20:03de grosses entreprises
20:04américaines
20:05qui relèvent
20:06de l'économie
20:07ubérisée
20:08je pense à Uber
20:09je pense à Airbnb
20:11je pense à ces trottinettes
20:12qu'on a vu
20:13fleurir à Paris
20:14c'est quand même
20:15une question énorme
20:16qui se pose à nous
20:17on a affaire
20:19à des entreprises
20:20extrêmement puissantes
20:22qui transforment
20:23profondément
20:24nos villes
20:25regardez
20:26le développement
20:27d'Amazon
20:28et les conséquences
20:29que cela a
20:29sur le petit commerce
20:31regardez
20:32le développement
20:33de ces trottinettes
20:34qui ont complètement
20:34pourri l'espace public
20:36dans une ville
20:37comme la mienne
20:37regardez le développement
20:39d'Airbnb
20:40avec les conséquences
20:41extrêmement néfastes
20:42que cela a
20:43sur l'accès
20:44au logement
20:45notamment dans les quartiers
20:46les plus touristiques
20:47d'une ville
20:48comme Paris
20:49c'est quand même
20:49une question énorme
20:50ces entreprises
20:51en l'espace
20:53de quelques années
20:54sans demander
20:55l'autorisation
20:56à aucune autorité
20:58municipale
20:59elles transforment
21:00totalement
21:01des quartiers
21:02entiers
21:02de nos métropoles
21:03et face à ça
21:04on a des pouvoirs
21:06publics
21:07qui sont
21:07extrêmement impuissants
21:09et donc
21:10là on a
21:11une question
21:12redoutable
21:12comment on fait
21:14en sorte
21:14que nos collectivités
21:15locales
21:16retrouvent
21:17du pouvoir
21:17face à ces boîtes
21:19et soient
21:19en capacité
21:20de
21:20au moins
21:21de réguler
21:22le développement
21:23de ces entreprises
21:24quand on a été
21:25confronté
21:26au développement
21:26d'Airbnb
21:27à Paris
21:27on n'avait
21:28aucun outil
21:29législatif
21:30pour remédier
21:31à ça
21:31il a fallu
21:32qu'on mendie
21:33auprès de l'état
21:34pour obtenir
21:35le vote
21:35d'une loi
21:36qui limite
21:36le développement
21:37de ces plateformes
21:38et maintenant
21:39il faut se battre
21:39pour que l'état
21:40fasse en sorte
21:41que ces plateformes
21:42respectent les règles
21:43mais c'est sans fin
21:43parce que ces boîtes
21:45elles se développent
21:46très rapidement
21:46et en face de ça
21:48nous on perd
21:49un temps considérable
21:50à convaincre
21:51l'état
21:52en l'occurrence
21:53de la nécessité
21:54de les réguler
21:55donc là on a
21:56à mon avis
21:56une question majeure
21:57qui est une question
21:58de souveraineté
21:59pour nos territoires
22:00faire en sorte
22:01que au fond
22:02les habitants
22:03soient maîtres
22:04chez eux
22:04et puissent
22:05face à ces boîtes
22:06faire respecter
22:08un certain nombre
22:09de règles
22:09d'intérêt général
22:10mais à mon avis
22:11c'est une grande question
22:12des années qui viennent
22:19Justement
22:21Magali Fricaudet
22:22vous évoquiez
22:22tout à l'heure
22:23le municipalisme
22:23mais là
22:24est-ce qu'on ne touche pas
22:24du doigt
22:25une des contradictions
22:28comment reprendre
22:29le pouvoir
22:29à partir du local
22:30quand on est confronté
22:31à des multinationales
22:32comme ça
22:32qui ont un pouvoir immense
22:34et même une ville
22:35comme Paris
22:35a du mal
22:37à s'en sortir
22:37donc est-ce que
22:38l'échelon municipal
22:39peut se suffire
22:40à lui-même
22:40pour changer
22:42les choses
22:42en profondeur
22:46Le mouvement municipal
22:48ne peut certainement
22:49pas suffire
22:49mais il est un axe
22:51stratégique
22:52un axe d'alliance
22:53avec les citoyens
22:55un axe
22:55de contre-pouvoir
22:57vis-à-vis
22:57d'autres niveaux
22:58de décision
22:59et c'est un axe
23:02stratégique
23:03parce qu'il part aussi
23:04de l'analyse
23:06concrète
23:07des besoins
23:07quotidiens
23:08et de la démocratie
23:09qu'on appelle
23:09la démocratie
23:10du face-à-face
23:11on n'a pas
23:11de positionnement
23:12populiste
23:13au niveau local
23:14quand on a réellement
23:14une démocratie
23:15du face-à-face
23:16et qu'on met
23:17en face
23:18les uns des autres
23:19les habitants
23:20et les différents
23:22intérêts
23:22qu'ils portent
23:24donc je pense
23:25que l'échelon municipal
23:26c'est l'échelon
23:27de la reconquête
23:28du pouvoir
23:28évidemment
23:29il va falloir
23:30se battre
23:31et comme dit bien
23:33Yann
23:33défendre
23:34de nouveaux
23:35services publics
23:36et ça
23:37ça se construit
23:37aussi dans des
23:38nouvelles formes
23:39aussi de gestion
23:40des biens communs
23:41avec la participation
23:42citoyenne
23:43de façon plus
23:43systématique
23:44parce que le tout
23:45public a parfois
23:46eu aussi
23:47un certain nombre
23:49de travers
23:49et a pu alimenter
23:50des rentes
23:51de situation
23:51aujourd'hui on a
23:52besoin de transparence
23:53on a quand même
23:54besoin de contrôle
23:55citoyen
23:56on a besoin
23:57de participation
23:57dans ces entreprises
23:58publiques
23:59des usagers
24:01donc je pense
24:02qu'effectivement
24:03le logement
24:04c'est un des domaines
24:04les plus caractéristiques
24:05où l'échelon local
24:06ne suffit pas
24:07mais on peut déjà
24:08impulser tellement de choses
24:09on peut recenser
24:10les logements vacants
24:11on peut quand même
24:13avoir une maîtrise
24:14du foncier
24:15en France
24:15il nous reste
24:16quelques outils
24:16d'urbanisme
24:18on peut
24:20construire
24:21du logement social
24:22évidemment
24:23promouvoir
24:23les coopératives
24:24d'habitat
24:25et pas les coopératives
24:26que pour les bobos
24:27mais faire de ça
24:28un modèle
24:28de développement social
24:29pour aussi
24:30sortir le foncier
24:32de la spéculation
24:32immobilière
24:33il y a beaucoup
24:34de solutions
24:35qui existent
24:35et ce qui est important
24:36dans ces solutions
24:37locales
24:38c'est aussi
24:38de bien rester
24:40connecté
24:40à l'échange
24:41de politiques publiques
24:43au niveau global
24:43le réseau des villes
24:45sans peur
24:45qui s'est réuni
24:46en juin 2017
24:47à Barcelone
24:48et qui a réuni
24:48800 personnes
24:49a permis cet échange
24:51il y a un livre
24:52d'ailleurs qui va sortir
24:53au mois d'octobre
24:54en français
24:55il y a plein de plateformes
24:57il y a une plateforme
24:58pour demander un audit
24:59de citoyens
25:00des dettes publiques
25:01des collectivités
25:02il y a énormément
25:04de plateformes
25:04il y a le réseau national
25:05des villes
25:06et territoires d'accueil
25:06sur la question
25:07des migrants
25:08le niveau local
25:11nécessite des alliances
25:13citoyennes
25:13mais aussi
25:14de s'unir
25:14au niveau global
25:15pour faire face
25:16aux problèmes
25:16qui sont globaux
25:17et qui ont des répercussions
25:18très concrètes
25:19dans notre vie
25:20de tous les jours
25:25On partageait
25:26Philippe Bouisseux
25:27cet ancrage local
25:28comme base
25:29de la démocratie
25:30finalement ?
25:30Absolument
25:30je crois qu'il y a
25:31deux boussoles
25:32qu'il faut qu'on construise
25:33dans la prochaine période
25:34celle que tu viens
25:36de dire à l'instant
25:36c'est à dire
25:37celle du contrôle citoyen
25:38et de la démocratie
25:39et je crois que
25:40de ce point de vue là
25:42les villes
25:42sans peur
25:43les élus
25:44sans peur
25:44les élus
25:45un peu audacieux
25:46qui ont des envies
25:48d'innovation
25:49il faut qu'on y aille
25:51et il faut qu'on y aille
25:51sur des enjeux
25:53aussi je dirais
25:54presque d'éducation populaire
25:55c'est à dire
25:56qu'à un moment donné
25:56on ne perd pas son temps
25:57à expliquer aux habitants
25:59en permanence
26:00les mécanismes
26:02auxquels on est confronté
26:03et pas pour dire
26:04c'est pas de notre faute
26:06on n'est pas responsable
26:07c'est toujours la faute
26:08des autres
26:08mais au contraire
26:09pour donner les clés
26:10et je crois
26:11Yann le disait aussi
26:12il y a un véritable enjeu
26:13de démocratie
26:14sur la manière
26:15dont il faut qu'on prenne
26:16les choses aujourd'hui
26:17et aller au-delà
26:18de la démocratie
26:19c'est aller dans des logiques
26:21de co-gestion
26:22et d'essayer de confisquer
26:23à notre tour
26:24au fil du temps
26:26le pouvoir
26:27à ceux
26:27qui sur notre vie quotidienne
26:29finalement
26:30veulent faire de l'argent
26:31sur nos consommations
26:32sur des biens fondamentaux
26:35j'y reviendrai pas
26:36l'eau par exemple
26:37qui est un bien
26:39commun de l'humanité
26:40qui a été confisqué
26:41par des grandes multinationales
26:43depuis longtemps
26:43et contre la vie des mères
26:46bien souvent
26:46et surtout
26:47contre l'intérêt
26:48des populations
26:49si on prend par exemple
26:51l'histoire de notre pays
26:52sur la capacité
26:53de développer
26:54du service public
26:55il y a quand même
26:56eu un temps
26:56alors ça fait
26:58ancien combattant
26:59un petit peu
26:59de dire ça
27:00mais
27:00ou au sortir de la guerre
27:02les communes
27:03ont créé
27:03des grands syndicats
27:05intercommunaux
27:05qui existent toujours
27:07d'ailleurs
27:07je pense au Cédif
27:08je pense au Ciperec
27:10et je pourrais en citer
27:11plein d'autres
27:11et à cette époque là
27:12la volonté des communes
27:14par de la même
27:15les divergences politiques
27:17c'était de répondre
27:18ensemble
27:18à des besoins fondamentaux
27:20de leur population
27:21et cette volonté là
27:22qui se construisait
27:24dans un contexte
27:25qui était autrement
27:26plus dur qu'aujourd'hui
27:27en plus
27:28du point de vue
27:28des technologies
27:30du point de vue
27:31de plein de choses
27:31elles se sont dévoyées
27:34par exemple
27:35sur le Cédif
27:36aujourd'hui
27:37qui est un syndicat
27:37intercommunal
27:38c'est avant tout
27:39un outil de partenariat
27:41avec Veolia
27:41qui verse à ses actionnaires
27:44en permanence
27:46des dividendes énormes
27:47sur la consommation
27:49de nos concitoyens
27:50sur ce bien fondamental
27:51et ça
27:52il faut qu'on arrive
27:52à en sortir
27:53alors c'est pas simple
27:54parce qu'on est les braliers
27:55nous on a l'expérience
27:57en ce moment
27:57avec notre nouvel
28:00établissement public territorial
28:02on va essayer
28:02de recréer
28:03une régie publique
28:04de distribution
28:05de l'eau
28:06mais les accords
28:07qui ont été passés
28:08nous obligeront
28:08pendant encore 20 ou 30 ans
28:10à acheter notre eau
28:11à Veolia
28:12mais déjà
28:12on va essayer
28:13de sortir du système
28:14en se disant
28:15on crée un truc
28:16et puis il se passe
28:17des innovations formidables
28:19par exemple
28:20je vais donner un exemple
28:21très concret à Ivry
28:24on a en appui
28:26avec les maisons de quartier
28:27avec une association
28:28on a créé
28:29ce qu'on appelle
28:30l'étal citoyen
28:31c'est à dire
28:32que des habitants
28:32des quartiers
28:33des quartiers populaires
28:34et il y a une rencontre
28:35d'ailleurs assez extraordinaire
28:37entre le côté bobo
28:39le côté un peu
28:41voilà
28:42de la population
28:42et le côté très populaire
28:44de nos cités
28:45et on achète
28:46un producteur bio
28:48en circuit court
28:49qui est dans le nord
28:50Pas-de-Calais
28:5110% de sa production
28:53et tous les dimanches matins
28:55dans une des maisons
28:56de quartier
28:56il y a une vente
28:58de produits bio
28:58à prix coûtant
29:00du producteur
29:01au consommateur
29:01un peu ce qu'on fait
29:02avec les producteurs
29:04de légumes
29:04l'été
29:05avec le PCF
29:06mais là on le fait
29:07toutes les semaines
29:08on le fait
29:08toutes les semaines
29:09avec un producteur
29:10et il m'a dit
29:11l'autre fois
29:11qu'il écoulait
29:1210% de sa production
29:14sur Ivry
29:15mais qu'il avait
29:1750% de son chiffre
29:18d'affaires
29:19qui était lié
29:20à ces 10%
29:21c'est à dire
29:22que le reste
29:22il le vend
29:22à la grande distribution
29:24donc ça lui rapporte
29:25moins
29:26et par contre
29:27les gens achètent
29:28des produits bio
29:29à prix coûtant
29:30directement du producteur
29:32au consommateur
29:32alors je dis pas
29:33qu'on va réussir
29:34à nous tous seuls
29:35à créer une alternative
29:37à la grande distribution
29:39à Carrefour
29:40à Leclerc
29:41etc.
29:42mais en tout cas
29:43là où on essaye
29:44là où on tente
29:45des innovations
29:45et là où on essaye
29:47aussi de les faire connaître
29:49de les diffuser
29:49de donner des idées
29:51aux autres
29:51et c'est sous le contrôle citoyen
29:53c'est des habitants
29:54qui font vivre l'association
29:56qui tiennent l'étal
29:57tous les dimanches matin
29:58et petit à petit
29:59des expériences
30:00comme celle-là
30:01il faut qu'on les développe
30:02Yann parlait
30:03de la restauration scolaire
30:04nous on a depuis longtemps
30:06avec d'autres communes
30:07créé un syndicat intercommunal
30:09de production
30:10et de distribution
30:11des aliments
30:12alors je dis pas
30:12que c'est rose
30:13tous les jours
30:13parce que quand on fait
30:15les choses
30:15en liaison froide
30:16et bah forcément
30:17la qualité s'en ressent
30:18l'idéal serait
30:20d'avoir des cuisines
30:21de production
30:21dans chacune des écoles
30:23sauf qu'aujourd'hui
30:24si on décide
30:25d'investir là-dedans
30:26il y a d'autres actions
30:27qu'on peut plus faire
30:28donc au moins
30:29on a mis en commun
30:30avec plusieurs villes
30:30on a un syndicat
30:31qui s'appelle le Ciresco
30:32et au moins
30:33ce syndicat
30:34c'est nous qui le dirigeons
30:35et on a introduit
30:37un repas végétarien
30:39toutes les semaines
30:39on a introduit
30:41du bio régulier
30:42tous les jours
30:42on me souffle
30:43tous les jours
30:43il y a tous les jours
30:44une alternative
30:46aux substances carnées
30:47dans les repas
30:48etc.
30:49et on peut faire des choses
30:50et il y a des exemples
30:51qui existent
30:52et je crois que ce qui nous manque
30:53c'est de recenser
30:55tous ces exemples
30:56qui se font partout
30:57et de se donner envie
30:59les uns aux autres
31:00de bouger
31:00mais on le fera pas tout seul
31:03il faut aussi qu'un moment
31:05au niveau de l'état
31:06et à des échelons territoriaux
31:08plus importants
31:09ces logiques là
31:10prédominent aussi
31:11et la question de l'alternative
31:12on peut la nourrir
31:13on peut l'alimenter
31:15par des idées
31:16par des innovations
31:17par des luttes aussi
31:18parce qu'il faut
31:19il faut qu'on emmène
31:20et il faut quand même
31:22qu'on arrive à construire
31:23une sacrée alternative
31:24à l'échelle nationale
31:25pour essayer de s'en sortir
31:27et c'est vraiment ça
31:28qui nous manque aujourd'hui
31:29mais les communes
31:29peuvent être je crois
31:30vraiment un pôle
31:32d'exemplarité
31:33et de résistance
31:33qu'il faut qu'on continue
31:35à soutenir
31:45Yann Brossat
31:45peut-être dans le même ordre d'idée
31:47que Philippe Bouissou
31:48est-ce que les communes
31:49peuvent sortir peut-être
31:50de leur rôle
31:51là on voit
31:52quelque chose
31:53avec ce qui se passe
31:54dans les maisons de quartier
31:56sur les produits bio
31:57est-ce qu'on pourrait imaginer
31:58un magasin
32:00municipal
32:02régulier
32:02qui quelque part
32:04prenne la place
32:05des défauts
32:05de la grande distribution
32:06je crois qu'il y a
32:08une expérience
32:08à l'alimentaire
32:10à Paris
32:11est-ce que
32:12les municipalités
32:13ne doivent pas
32:14aussi
32:14essayer de reconquérir
32:17l'espace public
32:18en outrepassant
32:20leur mission
32:21quelque part
32:24de toute façon
32:25nous sommes
32:26en permanence
32:26confrontés
32:27à des habitants
32:28qui nous demandent
32:28et à juste titre
32:29de nous mêler
32:30de sujets
32:30qui ne relèvent pas
32:31de nos compétences
32:32et Philippe pourra en parler
32:33au moins aussi bien
32:35que moi
32:36sur la question
32:37des migrants
32:38par exemple
32:39on voit bien
32:40que nous sommes
32:41de plus en plus
32:42dans nos grandes métropoles
32:43confrontés
32:44à des vagues migratoires
32:46confrontés
32:47à la crise
32:47de l'accueil
32:48et confrontés
32:49à la nécessité
32:50de trouver des solutions
32:52pour ces centaines
32:54d'hommes et de femmes
32:54qui chaque mois
32:56arrivent sur nos territoires
32:57et n'ont pas
32:58de solution
32:58d'hébergement
32:59un maire
33:00qui dirait
33:01ça ne relève pas
33:02de ma compétence
33:03donc je ne fais rien
33:06serait quand même
33:07étrange
33:08enfin en tout cas
33:09un maire progressiste
33:10tel que nous prétendons
33:12l'être
33:12ne peut évidemment pas
33:14apporter une réponse
33:14comme celle-là
33:15sauf que
33:17nous sommes aujourd'hui
33:18confrontés
33:19à un état
33:20qui non seulement
33:22ne nous aide pas
33:22à trouver des solutions
33:24mais qui
33:25à bien des égards
33:26nous met des bâtons
33:27dans les roues
33:28je vais vous donner
33:29un exemple concret
33:30sur cette question
33:31des migrants
33:32précisément
33:32à Paris
33:34Porte de la Chapelle
33:36confrontée
33:37à l'arrivée
33:38de centaines
33:39de migrants
33:39nous avions décidé
33:41d'installer
33:42un centre
33:43d'accueil
33:44inconditionnel
33:45ce qu'on avait appelé
33:46une bulle
33:46Porte de la Chapelle
33:48qui visait
33:48à trouver
33:49une solution
33:50d'hébergement
33:50concrète
33:51non seulement
33:54le gouvernement
33:55actuel
33:55n'a pas souhaité
33:57nous aider
33:57à continuer
33:58cette initiative
33:59mais il a tout fait
34:01pour qu'elle prenne fin
34:02et c'est la raison
34:03pour laquelle
34:04depuis quelques mois
34:05maintenant
34:06on a une multiplication
34:07des campements
34:08avec au bout du bout
34:10des situations
34:11qui sont absolument
34:12indignes
34:13sur le plan humain
34:15et donc nous sommes
34:16aujourd'hui
34:17dans cette situation là
34:18et donc il faut
34:19continuer à se battre
34:21continuer à instaurer
34:22un rapport de force
34:23vis-à-vis de l'état
34:25un rapport de force
34:26qui ne doit pas être
34:27seulement un rapport
34:28de force entre
34:28les collectivités locales
34:30et l'état
34:30mais un rapport de force
34:31avec les populations
34:32qui vivent sur nos territoires
34:34et l'état
34:34de telle sorte
34:35qu'on fasse bouger
34:36les lignes
34:37et qu'on contraigne
34:37l'état
34:38à trouver des solutions
34:40concrètes
34:40qui permettent
34:41de remettre
34:42un peu de dignité
34:43dans ces situations
34:44qui sont devenues
34:46absolument
34:48monstrueuses
34:48je voulais donner
34:50un autre exemple
34:51qui à mon avis
34:53témoigne du fait
34:54qu'on a besoin
34:55de davantage
34:55de coopération
34:56entre nos villes
34:57je parlais tout à l'heure
34:59d'ubérisation
35:00et notamment
35:01du combat
35:02que nous menons
35:03à Paris
35:03face à Airbnb
35:05pour mieux réguler
35:06le développement
35:07de cette plateforme
35:10on a obtenu
35:11au final
35:12que l'état
35:13bouge
35:14sur cette question
35:14on a obtenu
35:16des lois
35:16qui nous permettent
35:17de réguler
35:18ce phénomène
35:19simplement
35:20que fait la plateforme
35:22que fait Airbnb
35:23il se tourne aujourd'hui
35:25vers la commission européenne
35:26il nous traîne
35:28devant la cour
35:29européenne
35:30de justice
35:30pour obtenir
35:32que toutes les réglementations
35:33que nous avons
35:34mises en place
35:35à l'échelle nationale
35:36comme à l'échelle locale
35:37soient annulées
35:39au prétexte
35:40qu'elles ne correspondent
35:41pas aux droits
35:42européens
35:42c'est quand même
35:43un sujet énorme
35:45c'est à dire
35:46que tout ce qu'on a fait
35:47tout ce pour quoi
35:48on s'est battu
35:49à la demande
35:50des habitants
35:51risque d'être remis
35:52en cause
35:53par une décision
35:54de la cour européenne
35:55de justice
35:55sur la base
35:57des directives
35:57de la commission européenne
35:59qui est complètement
36:00acquise
36:01au libéralisme
36:02le plus échevelé
36:03c'est un vrai sujet
36:05donc
36:06si on n'a pas
36:08une coopération
36:10entre les grandes villes
36:11confrontées à ce phénomène
36:12si Paris ne bosse pas
36:14avec Berlin
36:15avec Barcelone
36:16avec Madrid
36:17avec Londres
36:19avec Amsterdam
36:20au final
36:21on se retrouvera
36:22tout seul
36:22face à la commission européenne
36:24donc on a
36:25plus que jamais
36:26besoin aussi
36:27de coopération
36:28entre les villes
36:29de villes
36:30qui soient solidaires
36:31les unes avec les autres
36:32et qui portent
36:33ensemble
36:34la nécessité
36:35de lutter
36:35contre ces logiques libérales
36:47Magali Fricot
36:49Yann Brossat
36:49parle à l'instant
36:50de rapports de force
36:51à instaurer
36:52avec les populations
36:54et de besoins
36:54de coopération
36:55je crois que
36:56votre expérience
36:56à Barcelone
36:57de ce point de vue là
36:58est assez intéressante
36:59sur comment est-ce que
37:01la municipalité
37:02peut être un espace
37:02de politisation
37:03un espace
37:03de mobilisation
37:05citoyenne
37:05est-ce que vous pouvez
37:06nous raconter un peu
37:06ce que vous avez vécu
37:07à Barcelone
37:08oui
37:08effectivement
37:09j'ai été à Barcelone
37:12impliquée dans la coalition
37:13citoyenne
37:14Barcelonaine Comou
37:15où j'ai vécu
37:16trois ans
37:17jusqu'en
37:182000
37:19jusqu'en mars
37:20de l'année dernière
37:22cet échelon
37:24de la commune
37:25effectivement
37:26ça a été celui
37:27de la reconquête
37:28du pouvoir
37:28mais aussi
37:29d'un changement
37:30de manière
37:31de gouverner
37:33c'est-à-dire
37:34que ce sont
37:35des coalitions
37:35citoyennes
37:36qui ont repris
37:37la ville
37:38à travers
37:39ce qu'on appelait
37:40des assemblées
37:41de confluence
37:42et ça
37:43ça reprend
37:44un peu
37:44une utopie
37:46mais en fait
37:47une stratégie
37:48aussi politique
37:49qui a été théorisée
37:50par Murray Bookchin
37:52qui est un
37:52philosophe américain
37:55d'inspiration
37:56libertaire
37:57qui disait
37:58qu'il fallait
37:59reconstruire
38:00la démocratie
38:01à partir de l'immédiat
38:03et des lieux
38:03et des lieux
38:03de vie
38:04et que c'était
38:04donc par la ville
38:05et par la confluence
38:06des différents intérêts
38:07des différents mouvements
38:09que ce soit
38:10les mouvements
38:10féministes
38:12écologistes
38:13les luttes
38:14antiracistes
38:15et tous ces mouvements-là
38:17qu'on pouvait
38:19confluer
38:19dans des assemblées citoyennes
38:20et ça a été le cas
38:22à Barcelone
38:23où en 2014
38:25en un peu plus
38:26de 6 mois
38:28une assemblée citoyenne
38:30qui s'est d'abord appelée
38:31Guanyem-Barcelona
38:33mais qui s'est ensuite
38:33appelée
38:34Barcelona-in-Commun
38:35a repris le pouvoir
38:37sur un mode de fonctionnement
38:38très particulier
38:39d'abord
38:40sur le mode de fonctionnement
38:42une personne
38:43une voix
38:43on ne pactise pas
38:45entre organisations
38:46parties
38:46on adopte vraiment
38:49le principe
38:50de l'adhésion
38:51et dans le respect
38:52des diversités
38:53ensuite
38:55ces confluences citoyennes
38:56elles se sont
38:56organisées
38:57sous la forme
38:58de cercles
38:59avec des commissions
39:00de quartier
39:01des commissions thématiques
39:03elles ont partagé
39:04leurs propositions
39:05elles ont utilisé
39:07des logiciels libres
39:09pour les partager
39:11en ligne
39:11mais elles sont aussi
39:12allées faire des assemblées
39:13dans les quartiers
39:14dans l'espace public
39:15collecter la parole
39:17des habitants
39:18et ça a été
39:20un mode de gestion
39:22assez intéressant
39:24aussi
39:25parce que
39:26il est basé
39:27sur
39:28une autre façon
39:29de gouverner
39:29ce qu'Adacolaou
39:31appelle
39:31en reprenant
39:33le principe
39:34zapatiste
39:35du mandar
39:35obedeciendo
39:36gouverner
39:37en obéissant
39:38c'est à dire
39:39en obéissant au peuple
39:40évidemment
39:40et donc
39:41la question
39:42c'était de reprendre
39:43la municipalité
39:45en gardant toujours
39:46un pied dans la rue
39:47et en gardant
39:48un espace
39:49parce qu'elle était
39:50le mode de scrutin
39:52des municipales
39:53espagnol
39:53fait que
39:54les alliances
39:56municipales
39:57sont assez fragiles
39:57et elle gouvernait
39:58ce qu'on appelle
39:59en minorité
40:00donc il n'y avait pas
40:01de majorité absolue
40:02au sein du conseil
40:03municipal
40:03et donc elle avait
40:05besoin
40:05de la pression
40:06des mouvements sociaux
40:07aussi pour
40:08qu'à l'intérieur
40:09de l'institution
40:10elle puisse
40:11faire voter le budget
40:13se battre
40:14pour des politiques
40:14publiques
40:16radicales
40:16et donc
40:17c'est ce qu'elle a appelé
40:19cette forme
40:20de gouvernance
40:20elle était aussi
40:22basée sur un code
40:23éthique
40:23et ça c'est très important
40:24c'est ce qu'on appelle
40:26la politique
40:27du soin
40:28ou ce qu'elles
40:29ont appelé
40:30la féminisation
40:30de la politique
40:31ce qui est assez intéressant
40:33c'est à dire
40:33qu'il ne suffit pas
40:35de mettre des femmes
40:35dans les assemblées
40:36et d'atteindre
40:38un petit peu
40:39la parité
40:40mais
40:41de changer un peu
40:42de façon
40:43de faire de la politique
40:44de sortir
40:45de la compétitivité
40:46patriarcale
40:47et de toutes
40:48ces attitudes
40:51finalement
40:52très patriarcales
40:54de compétitivité
40:55de lutte
40:56perpétuelle
40:57qui ont
40:59beaucoup structuré
41:01la vie politique
41:01donc l'idée
41:02c'était vraiment
41:03d'avoir un code éthique
41:04de limiter le mandat
41:05le non-cumul
41:07de limiter
41:08le salaire
41:09des élus
41:09de donner
41:12de la transparence
41:12à Madrid
41:13les élus
41:14ont même
41:14publié
41:15leurs agendas
41:16qui aient bien
41:17un suivi
41:18citoyen possible
41:19pour savoir
41:19qui rencontrer
41:20s'ils n'étaient pas
41:21soumis au lobby
41:22il fallait s'enregistrer
41:24même quand on était
41:24une association
41:25pour justement
41:27vérifier que
41:28les élus n'étaient pas
41:29soumis
41:30à la pression
41:30de certains lobbies
41:32et donc
41:33cette nouvelle façon
41:33de faire de la politique
41:34cette façon
41:35de faire de la politique
41:35en écoutant
41:36en changeant d'attitude
41:37en travaillant
41:38avec la rue
41:40ça a été
41:42constitutif
41:42d'une vraie
41:44radicalité démocratique
41:45et ça c'est très intéressant
41:47parce qu'il ne suffit pas
41:48d'être progressiste
41:49il faut aussi avoir
41:50une attitude
41:51à mon avis
41:52politique
41:52qui permette
41:54de changer aussi
41:55les structures
41:55du pouvoir
41:56donc l'expérience
41:57de Barcelone
41:58est assez révélatrice
42:01de ce point de vue là
42:02et l'expérience
42:03de beaucoup
42:04de municipalités
42:05on peut parler
42:05de Valparaiso
42:06au Chili
42:07on peut parler
42:08avec un degré
42:10différent
42:11de ce qui se passe
42:12au Rojava
42:12au Kurdistan
42:13syrien
42:14il y a plein
42:15de façons
42:16de gouverner
42:17différemment
42:18et ça je crois
42:19que ça a été
42:19vraiment
42:19une innovation
42:22dans la façon
42:22de faire de la politique
42:28Merci Magali
42:30Nous aussi
42:30on va donner
42:31la parole au peuple
42:32s'il y a une ou deux
42:33petites questions
42:34tant éliminées
42:34on va prendre
42:35une ou deux questions
42:36alors
42:38le camarade
42:39avec le micro
42:39je crois est parti
42:43j'en ai une devant
42:44là
42:48j'ai cru comprendre
42:50qu'on était
42:50en campagne électorale
42:51donc
42:52il y a
42:53des positions politiques
42:55qui sont différentes
42:56semble-t-il
42:57enfin il vaudrait mieux
42:58et à Paris
43:00la municipalité
43:02en alliance
43:04parti socialiste
43:05et communiste
43:06ne peut pas
43:07avoir la même position
43:09du moins j'espère
43:10parce que c'est bien
43:11d'arriver à 22%
43:12de HLM à Paris
43:14c'est mieux
43:14que sous le temps gaulliste
43:15où les HLM
43:17étaient à l'extérieur
43:18pour que les classes populaires
43:21aillent se voir ailleurs
43:22mais tous les HLM
43:24ne se valent pas
43:25il y a déjà des HLM
43:27à Paris
43:28à des niveaux
43:29qui sont plutôt classe moyenne
43:31que classe populaire
43:32donc ça serait bien
43:33d'avoir les chiffres
43:33et de savoir
43:34si au PC
43:35on pense faire évoluer
43:37les choses
43:37et aussi
43:39toute la privatisation
43:40qui est en cours
43:41à Paris
43:42avec des projets pharaoniques
43:44qui ont coûté
43:44comme au hal
43:451 milliard
43:46pour finalement
43:47tomber dans les poches
43:48du Nibail
43:49et de refaire
43:49un centre commercial
43:50pas mieux
43:51ou pire
43:52moins d'espace public
43:53qu'avec Chirac
43:55énormément
43:56inventer Paris
43:57c'est inventer
43:58une nouvelle privatisation
43:59il y a très peu
44:01de HLM
44:02dans toutes les opérations
44:03même si quelques-uns
44:05sont réservés
44:06donc il faudrait avoir
44:07une position différente
44:08cette semaine
44:10on a su
44:11que
44:12toutes les familles
44:14étaient à la rue
44:14qui avaient plus
44:15de centres d'hébergement
44:16je crois que c'est
44:18le Parisien
44:19cette semaine
44:20tous les jours
44:21400 familles
44:22qui n'ont pas de place
44:23dans les hébergements
44:24donc il y a bien
44:25on va peut-être pas faire
44:26toute la politique de Paris
44:27il y a d'autres
44:27ça va répondre
44:28au moins qu'on sache
44:29s'il y a des différences
44:31entre la position
44:32du parti communiste
44:33et du parti socialiste
44:34à Paris
44:35merci on a bien compris
44:36la question
44:36merci
44:38une deuxième question
44:39peut-être
44:39là-bas
44:52j'entends dire
44:53que
44:54les maires
44:55ou les conseillers
44:56n'ont pas
44:56de pouvoir
44:57par rapport
44:59aux entreprises privées
45:00par rapport
45:01sur beaucoup de points
45:02c'est-à-dire
45:02le logement
45:05l'alimentation
45:06on pourrait parler
45:06de la santé
45:07et ainsi de suite
45:08est-ce qu'il n'y aurait pas
45:09Mme Fricaudet
45:10nous a donné
45:10des exemples espagnols
45:12moi j'aimerais
45:13donner un exemple
45:13de Marénadella
45:14en Espagne
45:16où le maire
45:18se démonte pas
45:19il y va
45:20et il est appuyé
45:21par la population
45:22alors est-ce qu'il serait
45:23pas possible
45:24alors ma
45:26interrogation
45:27est peut-être
45:27un peu radicale
45:28on peut la trouver
45:28un peu radicale
45:29mais dire que
45:30les conseillers
45:31qui soient de tout bord
45:32et de toute ville
45:33même au niveau européen
45:34pourraient se faire
45:36des confuences
45:37et dire
45:37on fait une fronde
45:39ou une désobéissance civique
45:40en disant
45:41le logement
45:42c'est un bien commun
45:43l'eau c'est un bien commun
45:44l'alimentation
45:45c'est un bien commun
45:47on fait des expropriations
45:49on passe outre
45:50on voit des maires
45:51qui aujourd'hui
45:52disent
45:52on interdit
45:53les pesticides
45:54à 150 mètres
45:55pourquoi on pourrait
45:56pas faire pareil
46:00merci
46:01une dernière question
46:08pas très féminin
46:09pas très féminin
46:09mais en fait
46:11bonjour
46:11merci pour votre intervention
46:12donc moi j'avais
46:13trois petites remarques
46:14ou questions
46:15la première
46:16ça reprend ce que
46:16la première personne a dit
46:18c'était
46:18c'est de faire un peu
46:19la distinction
46:20entre
46:21les différents
46:22logements sociaux
46:23et
46:24concernant les
46:25très bas revenus
46:26les bas revenus
46:26et puis les autres
46:27parce qu'on peut
46:28parler de développement
46:29d'évolution
46:30voilà
46:31la deuxième
46:31c'était sur
46:32le cas de Barcelone
46:33est-ce que
46:34vous avez repris
46:37il y a des systèmes
46:39de zones
46:39qui ont été mis en place
46:40de contrôle
46:41de logement
46:42quels moyens
46:43ont été mis
46:43vraiment à Paris
46:44pour reprendre
46:45ces idées là
46:45puis la troisième
46:47c'était plus
46:48sur l'accueil
46:48des migrants
46:49ou
46:51est-ce que
46:52ça n'a pas été
46:53à certains moments
46:54aussi récupéré
46:55pour
46:57faire un peu
46:58un contrôle
46:59aussi
47:00de certaines
47:01personnes
47:02et en prenant
47:03leur identité
47:03alors que
47:04c'était censé
47:05être inconditionnel
47:06voilà
47:09merci
47:09on va peut-être
47:10laisser Yann Brossat
47:11répondre
47:12mais beaucoup
47:12de questions
47:12sur Paris
47:13puis on élargira
47:14aussi un petit peu
47:14sur
47:17Yann
47:17je veux bien dire
47:18un mot sur Paris
47:19et un mot sur Barcelone
47:21et de ce que j'ai retenu
47:23de mes échanges
47:23avec la mairie de Barcelone
47:25d'abord sur Paris
47:26bien sûr
47:27Paris est une
47:28ville dirigée
47:30par des socialistes
47:31majoritairement
47:32dans lesquelles
47:32les communistes
47:34cherchent à imprimer
47:35une marque
47:35donc cela ne va pas
47:36sans un certain
47:37nombre de contradictions
47:39et
47:40si cela
47:43c'était
47:43si le rapport de force
47:45avait été différent
47:45pour le dire clairement
47:48je pense qu'il y aurait eu
47:49davantage de logements sociaux
47:50sur les projets
47:51de réinventer Paris
47:52par exemple
47:53il reste quand même
47:55qu'au final
47:57la ville de Paris
47:59a davantage acheté
48:00qu'elle n'a vendu
48:01et que
48:02le patrimoine
48:03de la ville de Paris
48:04au bout de 20 ans
48:06de majorité
48:06de gauche
48:07est beaucoup plus important
48:09aujourd'hui
48:10qu'il ne l'était
48:10il y a une vingtaine
48:12d'années
48:12et d'ailleurs
48:13quand même
48:14l'un des grands reproches
48:16que nous fait
48:17actuellement
48:18la République
48:18en marche
48:19c'est notre politique
48:21de préemption
48:21de logements
48:22c'est notre politique
48:24qui consiste
48:25à acheter
48:26chaque année
48:27des centaines
48:28de logements
48:29que nous
48:30reprenons
48:31au parc privé
48:32pour les transformer
48:33en logements
48:34sociaux
48:35d'ailleurs
48:36je lisais ce matin
48:39je lisais ce matin
48:41la 15ème interview
48:43d'une agent immobilier
48:44dans un journal
48:45du matin
48:45qui disait
48:47que c'est parce que
48:47la ville de Paris
48:48a développé
48:49le logement social
48:50que les prix de l'immobilier
48:51ont augmenté
48:51dans le secteur privé
48:53elle est bonne
48:54celle-là
48:55c'est-à-dire
48:55qu'il y a 15 ans
48:56on nous disait
48:57en développant
48:58le logement social
48:59à Paris
49:00vous allez clochardiser
49:01la ville
49:01et maintenant
49:02on nous dit
49:03comme vous avez développé
49:04le logement social
49:05à Paris
49:05vous avez fait
49:06augmenter les prix
49:07dans le parc privé
49:08ces gens réussissent
49:09toujours à inventer
49:10n'importe quoi
49:10pour expliquer
49:11que le logement social
49:12est une nuisance
49:15la réalité
49:15c'est qu'heureusement
49:16qu'on l'a fait
49:17parce qu'à chaque fois
49:18que nous rachetons
49:19un immeuble
49:20qui appartient
49:20au privé
49:21pour le transformer
49:22en logement social
49:23nous évitons
49:24à des gens
49:24de subir une vente
49:25à la découpe
49:26qui les obligerait
49:27à quitter Paris
49:29donc c'est une politique
49:30qui je crois
49:30est une bonne politique
49:32qui mérite
49:32d'être très largement
49:34amplifiée
49:35très largement amplifiée
49:37et d'ailleurs
49:38dans les années
49:38qui viennent
49:39comme on aura
49:40de moins en moins
49:40de terrain
49:41pour construire
49:42l'un des enjeux
49:43ce sera justement
49:44de racheter
49:44de plus en plus
49:45d'immeubles
49:46pour éviter
49:46qu'il ne passe
49:47au secteur privé
49:48un dernier mot
49:49sur Barcelone
49:50parce que moi
49:50ça m'a beaucoup marqué
49:51et en essayant
49:52d'être rapide
49:53quand je discute
49:54avec l'équipe municipale
49:55de Barcelone
49:57je me dis deux choses
49:58d'abord
49:59eux ils sont
50:00à 3%
50:01de logements sociaux
50:023%
50:03de logements sociaux
50:04à Barcelone
50:05parce que
50:06contrairement
50:06à nous
50:07les français
50:07ils ne disposent
50:09pas des mêmes outils
50:10pour développer
50:10le logement social
50:11donc de ce point de vue
50:13on a de la chance
50:14d'être français
50:15et en même temps
50:16quand je discute
50:16avec eux
50:17je suis envieux
50:18sur un autre point
50:19c'est qu'à Barcelone
50:21on a sur les questions
50:22du logement
50:23et d'urbanisme
50:23notamment
50:25une présence
50:26des populations
50:26qui est beaucoup
50:27plus importante
50:28que chez nous
50:29et un mouvement social
50:30sur les enjeux
50:31du logement
50:32qui est beaucoup
50:32plus puissant que nous
50:33je suis désolé
50:34de le dire comme ça
50:35mais dans une ville
50:36comme Paris
50:37les mouvements sociaux
50:38sur le logement
50:39ce sont des mouvements
50:40sociaux contre
50:40le logement social
50:41ce sont des mouvements
50:43sociaux qui se lèvent
50:44pour éviter
50:44qu'on construise
50:45du logement social
50:46des populations
50:47qui signent des pétitions
50:49qui y compris
50:49font parfois
50:50des occupations
50:51pour éviter
50:52qu'on fasse
50:52du logement social
50:53près de chez eux
50:54donc à cet égard
50:56Barcelone
50:57est une ville
50:57que nous pouvons envier
50:58mais je pense
50:59que c'est quand même
50:59une question
51:00qu'il faut qu'on se pose
51:01comment on fait en sorte
51:03que ceux qui ont besoin
51:05de logement
51:06ceux qui ont besoin
51:07qu'on régule
51:08le marché privé
51:09du logement
51:10se mobilisent
51:11et fassent entendre
51:12leur voix
51:12et qu'on n'entende pas
51:13uniquement
51:14ceux qui ne veulent pas
51:15de logement social
51:16à proximité
51:16de leur logement
51:17actuel
51:22d'autres réactions
51:26sur les interpellations
51:28qu'il y a eu
51:28Philippe
51:29ou Magali
51:30un petit mot
51:32sur la radicalité
51:34des élus locaux
51:35et sur la possibilité
51:36de contrevenir
51:37à la loi
51:38finalement
51:38à condition
51:39de mettre
51:40en mouvement
51:41les habitants
51:41et de créer
51:42un rapport de force
51:43il faut quand même
51:44avoir en tête
51:44qu'aujourd'hui
51:46il y a une bataille
51:47très très dure
51:48qui est menée
51:48par l'Etat
51:49contre les collectivités
51:50locales
51:51et qui vise
51:52à réduire
51:53et à criminaliser
51:54même je vais le dire
51:56comme ça
51:56sans excès
51:58toutes les tentatives
51:59qu'on fait
52:00de contrevenir
52:01à la loi
52:01pour porter des combats
52:03je vais donner
52:04deux exemples
52:04récemment
52:05dans ma ville
52:06à Ivry
52:07on a voulu organiser
52:08une votation citoyenne
52:10quelque chose
52:11de tout à fait modeste
52:13on ouvrait même pas
52:13tous les bureaux de vote
52:15voilà
52:15quelque chose
52:16d'un peu modeste
52:17pour consulter
52:18les habitants
52:19et nourrir le débat
52:20sur la reconstruction
52:22d'une usine d'incinération
52:23enfin etc
52:24et j'ai dû aller défendre
52:26ce projet
52:27devant le tribunal administratif
52:29parce que le préfet
52:30du Val-de-Marne
52:30m'avait interdit
52:33et c'était vraiment
52:34un truc
52:35vous voyez
52:36on n'allait pas
52:37mettre le feu
52:38c'était une petite votation
52:39un truc tout gentil
52:40mais j'ai eu interdiction
52:42et ce que je risquais
52:43si j'allais au bout
52:44de mon truc
52:44c'était
52:46l'inéligibilité
52:47pour les prochaines municipales
52:49il y avait ce risque là
52:50alors
52:50c'eût été totalement
52:52excessif
52:52et abracadabra
52:54mais il y avait
52:55quand même ce risque
52:55au final
52:56donc du coup
52:56on a trouvé le biais
52:57on a demandé
52:58à une association locale
52:59de l'organiser
53:00à ma place
53:01on les a aidés
53:02et ça a pu se faire
53:04et il faut avoir
53:05en tête aussi
53:05par exemple
53:06qu'aujourd'hui
53:07les collectivités locales
53:08sont soumises
53:09à un contrôle
53:09de l'égalité
53:10que le trésor public
53:12peut tout à fait
53:13nous fermer
53:14les robinets financiers
53:15si on mettait
53:16en oeuvre
53:17des choses
53:18qui sortent
53:19de la légalité
53:20et on est condamnable
53:22à titre personnel
53:23y compris
53:23sur ces questions
53:24et dernier truc
53:26c'est l'idée
53:27de la contractualisation
53:28qui a été mise en place
53:30pour toutes les communes
53:31qui ont un budget réel
53:33supérieur à 30 millions d'euros
53:35ce qui est notre cas
53:35on a
53:36si on dépasse
53:38le cadre d'évolution
53:39de nos dépenses
53:40d'une année sur l'autre
53:41de plus de 1,2%
53:44la somme
53:45qui dépasse
53:47on nous la repique
53:48en pénalité
53:49sur le produit fiscal
53:51de l'année suivante
53:51donc qui
53:52depuis le début
53:53du mandat présidentiel
53:54se sont mis en place
53:56des mécanismes
53:58antidémocratiques
53:59qui visent
54:00non seulement
54:00à museler
54:01le mouvement social
54:02ça on l'a tous vu
54:03mais aussi à bloquer
54:05toute velléité
54:06de résistance
54:07et de sortir du cadre
54:08de la part
54:09des collectivités locales
54:10donc on y arrivera
54:11que par l'inversion
54:12du rapport de force
54:13et la mise en mouvement
54:15aussi des habitants
54:16avec les institutions
54:17si on veut réussir
54:19à bousculer le décor
54:21et à pousser les murs
54:27peut-être pour
54:28on va arriver au terme
54:30de notre débat
54:30peut-être Magali
54:31un dernier mot
54:32sur
54:33non peut-être
54:34je voulais juste quand même
54:36je vois bien à quoi
54:37Yann faisait allusion
54:38sur les mouvements sociaux
54:40anti-HLM
54:41mais il faut quand même
54:41saluer le travail
54:42de mouvements sociaux
54:43qui défendent le droit
54:44au logement
54:44quand même
54:45notamment le DAL
54:46enfin voilà
54:48c'est pas que des réacs
54:50il y a des gens
54:51qui quand même
54:52se mobilisent
54:53et c'est d'ailleurs
54:54souvent intéressant
54:54moi en ce moment
54:55j'habite Saint-Denis
54:56et je suis membre
54:57d'un collectif
54:57parce qu'il y a
54:58des familles syriennes
54:59expulsées
54:59bon ben c'est
55:01c'est aussi un lieu
55:02de en même temps
55:03de première solidarité
55:04de mobilisation
55:05d'habitants
55:07qui cherchent
55:08comme ça
55:09pour la première fois
55:10à se solidariser
55:11et d'organisations
55:13plus anciennes
55:14et d'un mouvement
55:15culturel
55:16donc le logement
55:17c'est vrai que
55:19on n'est peut-être pas
55:20dans le cas espagnol
55:21où là il y a eu
55:21vraiment un processus
55:23d'éviction massif
55:24mais voilà
55:26je pense que c'est
55:26vraiment un des enjeux
55:27aujourd'hui
55:28de reconquête
55:28du droit à la ville
55:29et puis
55:30par rapport à
55:31Marina Aleda
55:32qui est effectivement
55:34un village andalou
55:35qui est géré
55:36depuis 30 ans
55:37par le syndicat
55:38ouvrier paysan
55:41d'une tendance
55:42plutôt anarcho-syndicaliste
55:44bon effectivement
55:45il y a là
55:47un appui
55:48de la municipalité
55:49pour ce qu'on appelle
55:50la production sociale
55:51de l'habitat
55:52c'est à dire
55:52construire soi-même
55:53des logements
55:54avec l'appui
55:55des pouvoirs publics
55:56et ensuite
55:57avoir une propriété
55:58limitée dans le temps
55:59et en même temps
56:01il y a une question
56:02d'échelle ici
56:03ce qu'on disait
56:04tout à l'heure
56:04sur l'urbanisation
56:05la spéculation
56:06c'est que
56:07le premier des biens communs
56:08qu'il faut sauver
56:09du marché
56:10c'est le foncier
56:10parce que
56:11moi je veux bien
56:12mais toutes ces
56:13toutes ces opérations
56:15immobilières
56:16quand bien même
56:17on essaye de faire
56:18du logement social
56:19on est en train
56:21de solder
56:21tout le foncier
56:22disponible
56:23et ça
56:24moi je suis assez inquiète
56:25par rapport à ça
56:27au fait qu'on avait
56:28des mécanismes
56:29qui ne sont pas
56:29des banques de terre
56:30mais qui sont
56:31des établissements
56:34publics fonciers
56:34et qu'aujourd'hui
56:36que va-t-il rester
56:37comme ressource
56:39aux communes
56:40et comme capacité
56:42de décision
56:42quand on n'aura
56:43plus de foncier
56:43et les communes
56:44de la petite périphérie
56:45sont en train
56:46de céder
56:47tous leurs fonciers
56:49voilà
56:49donc c'est quand même
56:50assez inquiétant aussi
56:52de se dire
56:52qu'est-ce qu'on fera après
56:53qu'il faut qu'on arrive
56:54à penser
56:55à cette question là
56:57merci beaucoup
56:59Magali Fricolé
57:00vous êtes le co-président
57:01de l'ETEC
57:02merci à Philippe Bouissoux
57:03le maire d'Ivry
57:04et merci à Yann Brossat
57:06maire adjoint
57:07Amérique Paris
57:07pour ce BMA
57:09les débats de l'Agora
57:10continuent
57:11merci à vous tous
57:12d'avoir été là
57:13et vous pouvez rester
57:15puisque nous allons
57:16nous intéresser maintenant
57:16au sujet de l'école
57:18dans le prochain débat
57:20les débats de l'Agora
57:21qui continuent tout le week-end
57:22merci à Yann Brossat

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