00:06On combat la LPPR parce que la LPPR pour nous ça signifie loi de privatisation et de précarisation de la
00:10recherche.
00:11C'est une loi qui favorise le financement par l'état de la recherche privée qui sert des intérêts privés,
00:17le transfert des résultats de la recherche publique vers le privé
00:20et c'est également une loi qui précarise encore plus à la fois les travailleurs et les travailleuses de l
00:24'université de la recherche
00:25mais également les financements de la recherche.
00:27Cette loi accroît la part des financements par projet dans le total des financements
00:33et plus la recherche est financée par projet et moins la recherche ne peut être de qualité
00:39puisque les projets de recherche sont moins pérennes, ils sont interrompus en fonction de la mode,
00:45des idératas de telle ou telle agence de financement public ou privé
00:49et s'ils ne sont pas les chercheurs et les chercheuses qui définissent eux-mêmes quels sont les sujets qui
00:55sont dignes d'intérêt
00:56alors forcément la recherche est de moins bonne qualité.
00:58Aujourd'hui l'entrée en poste titulaire en moyenne c'est 34 ans en France.
01:03C'est-à-dire que jusqu'à 34 ans on ne peut pas louer un appartement sans garant,
01:07on ne peut pas faire de crédit bancaire évidemment,
01:09on est précaire jusqu'à son premier poste de titulaire à 34 ans en moyenne.
01:13Donc c'est déjà un problème.
01:15Évidemment il y a des degrés de précarité différentes mais il y a une part croissante de chercheurs et chercheuses
01:20qui sont financées par le RSA et pour les plus chanceux et chanceuses par l'assurance chômage.
01:26Et puis il y a une petite élite qui parvient à avoir des contrats courts d'attachés temporaires d'enseignement
01:31et de recherche
01:32ou de post-doc.
01:33Évidemment quand je dis petite élite, j'utilise le terme entre guillemets.
01:37Évidemment cette hiérarchisation-là des chercheurs et des chercheuses, je ne la reprends pas à mon compte
01:41mais c'est la façon dont résonne Frédéric Vidal et dont résonne ce gouvernement.
01:44Dans un système précarisé, la recherche est moins efficace, elle est de moins bonne qualité.
01:50Parce qu'évidemment quand on est rentré sur un projet de recherche pour quelques mois,
01:55on a mis énormément d'efforts, on a probablement travaillé 70 heures, 80 heures par semaine
02:00pour rattraper sa connaissance de la thématique de recherche, du projet de recherche en particulier.
02:05On a investi énormément de temps sur les premiers mois
02:07et puis au bout de six mois, un an, on doit changer de projet de recherche
02:10parce que notre contrat n'est pas renouvelé.
02:11Et ça c'est énormément d'énergie perdue.
02:14Donc c'est évidemment des drames humains pour les chercheurs et pour les chercheuses
02:17mais c'est surtout une perte colossale pour la société.
02:20S'il n'y a plus de liberté de recherche, alors on peut contraindre les chercheurs et les chercheuses
02:23à se concentrer uniquement sur ce qui va être pensé comme rentable, comme rentable à court terme
02:28et dans une logique simplement d'innovation pour les entreprises,
02:31pour transférer le plus rapidement possible les fruits de la recherche publique
02:35vers le privé qui va le breveter et qui va en tirer profit.
02:39Donc les attaques répétées contre le statut qui protège les enseignants et enseignantes,
02:46chercheurs et chercheuses, les chercheurs et chercheuses,
02:48ce sont des attaques qui sont extrêmement graves parce qu'elles menacent l'intégrité de la recherche scientifique.
02:53D'abord je suis très content de savoir que la fête de l'humanité aura bien lieu,
02:56à la fois avec les outils numériques mais aussi dans quelques lieux à Paris.
03:02Ce que j'en attends c'est, comme chaque année, à la fois d'échanger,
03:06de discuter entre camarades pour voir comment on peut s'organiser, comment on peut lutter.
03:10On vit tous et toutes dans tous les secteurs de la société aujourd'hui une crise extrêmement violente,
03:15qui est une crise sanitaire mais qui est aussi une crise économique et politique extrêmement importante,
03:20sans parler de la crise écologique à laquelle on doit aussi se confronter.
03:24Donc évidemment c'est un espace d'échange pour se ressourcer, pour s'organiser collectivement,
03:29qui est extrêmement important et donc j'espère que cette année, comme toutes les années,
03:32on pourra le faire avec les outils numériques.
03:35Quand on était mobilisés cet hiver, on a continué à se mobiliser avec les outils numériques,
03:39c'est un peu frustrant mais malgré tout ça permet de continuer la lutte et puis de se rester organisé
03:43et prêt
03:43pour le moment où on pourra collectivement, massivement, rejoindre à nouveau les rues.
03:47Et puis juste après la fête de l'Humanité, il y aura le 17 septembre qui est un grand rendez
03:52-vous,
03:52donc espérons aussi que la fête de l'Humanité servira de tremplin pour ce 17 septembre.