00:00 Oui, Gilles Manseron, historien, membre de la direction de la Ligue des droits de l'Homme.
00:04 Il est ici à la fête, comme ça fait de longues années que la Ligue des droits de l'Homme est présente,
00:10 bien naturellement à la fête de l'humanité. Mais Gilles Manseron, vous allez quand même nous dire,
00:14 cette année en 2023, quel est vraiment le sens de votre présence à cette fête ?
00:20 C'est particulièrement important cette année 2023 d'être présent à la fête de l'Huma.
00:25 La Ligue des droits de l'Homme y est souvent, à de nombreuses reprises, elle a organisé des débats, des stands, etc.
00:33 Mais cette année, il y en a davantage et on constate qu'un certain nombre de ses responsables,
00:39 je pense notamment à l'avocat Harie Halimi qui a publié récemment un ouvrage sur les violations de l'état de droit,
00:51 l'état contre le droit, avec une analyse d'un certain nombre d'épisodes tragiques que l'on qualifie de bavures policières,
01:02 mais qui sont en fait des meurtres commis par des policiers.
01:05 On a eu le cas de Naël à Nanterre, on a eu d'autres cas à Marseille notamment, il y en a ailleurs.
01:11 Et donc il conclut cette étude très précise pour avoir plaidé pour des victimes de ces violences
01:21 qu'ils appartiennent à ce qu'on a appelé les gilets jaunes, à ce mouvement social important,
01:28 ou bien à des réactions des quartiers populaires à ces violences qui ont un contenu raciste post-colonial, qu'on le veuille ou non.
01:39 Et ça va être le sens de la marche du 23 septembre, samedi prochain,
01:45 où là il sera important de marquer une unité populaire contre les violations de l'état de droit.
01:54 Donc le contexte aujourd'hui en France est particulièrement dangereux et inquiétant ?
02:02 Oui, le contexte actuel de la France est dangereux et inquiétant, car la progression de la base électorale de la droite extrême,
02:13 qu'il s'agisse du Rassemblement national, de la bande à Zemmour, ou des Républicains, de M. Ciotti et d'autres,
02:22 et bien c'est des thèmes racistes, c'est des thèmes de division de notre société,
02:28 qui excluent de notre nation un certain nombre de ses composantes, qui, qu'on le veuille ou non, en font partie aujourd'hui.
02:37 Il y a eu toujours des mouvements migratoires dans la société française.
02:41 Il y en a plus particulièrement d'origine subsaharienne, africaine, au-delà de la Méditerranée,
02:52 mais ils deviennent des concitoyens. Le droit de vote des résidents étrangers doit être réaffirmé et obtenu.
03:02 Ça fait quand même 30 ans qu'on le demande et que la gauche est censée l'avoir promu.
03:08 Donc voilà, droit de vote aux élections locales de tous les résidents étrangers en France
03:15 et unité de la nation pour des règles de droit qui s'appliquent à toutes les institutions de la République, y compris la police.
03:25 Et qu'il y ait des policiers en garde à vue, ce n'est pas choquant si des choses précises leur sont reprochées par la justice.
03:33 Merci Gilles Manseron.
03:35 Merci.
03:37 Sous-titrage Société Radio-Canada
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