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  • il y a 20 heures
REPORTAGE - En ce 68e et dernier jour de la distribution alimentaire gratuite, les bénévoles de l’association « La table ouverte » nous ont livré leurs ressentis, leurs craintes et leurs espoirs, un peu de leur histoire aussi.

Dans cet espace de la friche Polonceau, « terrain de la friche à déchiffrer » au cœur du quartier populaire de la Goutte d’or à Paris, Roschdy l'acteur césarisé côtoie Habiba l'éboueure si fière de l'être, Myriam la violoncelliste, Jacky le guide conférencier, Sonia la designer, Cherif l’entrepreneur qui organise des maraudes pour les SDF, Dialikatou l'étudiante… Commencée aux premiers jours du confinement, poursuivie pendant le Ramadan, la distribution prend fin, faute de moyens.

Présidente de l’association des commerçants de la Goutte d’or - Chapelle, Sonia se dit plus inquiète de la suite que de l’avant car « beaucoup de magasins ne tiendront pas, l’économie va s’effondrer partout et beaucoup de gens vont être oubliés ».

"La vraie question, selon Roschdy Zem, c'est comment va t-on faire aujourd'hui pour que les gens défavorisés ne le soient pas encore d'avantage, et comment fait-on pour les sortir du marasme dans lequel ils se trouvent. On sent bien qu'il y a une situation qui va s'accentuer du fait de ce virus. Il faudra qu'on participe tous, l'État évidemment, mais aussi tous ceux dont je fais partie, c'est à dire les privilégiés".

Les bénévoles poussent un « cri d'alarme ». « Les gens dans la rue ont faim », nous dit Sonia, designer de mode, qui veut rester positive et croire en une société « où la solidarité va être un des moteurs premiers. »

Roschy Zem le dit, il n’est pas là totalement par hasard : "Ça résonne avec mon histoire personnelle car moi-même, j'ai été aidé, soutenu par des associations, à l’époque par le Secours catholique. Évidemment, avec le parcours que j'ai, la question qui se pose c'est : comment donner en retour ce que moi j’ai pu obtenir? ».

Il poursuit : « quand je vois la spontanéité de ces jeunes, c’est assez rassurant. Cette jeunesse soucieuse, solidaire, avec une forme d’empathie qui les envahit, ils viennent aider dans une démarche naturelle, à côté de leur travail, pour que des gens puissent avoir accès à un repas chaud, que les enfants puissent avoir du lait, puisse manger du pain. Ce sont des jeunes très impliqués, très engagés. C’est assez rassurant. Je trouve qu’on a une jeunesse qui me laisse penser que dans l’avenir, il y a des choses intéressantes et rassurantes qui peuvent arriver ».

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Transcription
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00:20Bonjour Nicolas
00:23Ça va ? Oui ça va et toi ?
00:25Oui ? Y a ? Y a des sacs en bas
00:27On va le donner aussi
00:29Vous voulez du pot madame ?
00:31Alors comment ça se passe cette dissolution ?
00:34Ça se passe super bien
00:35C'est le dernier jour
00:37Fidèle au poste
00:39Ça fait combien de jours que ça a commencé ?
00:40Ça a commencé depuis le confinement
00:44Après il y a eu un changement d'horaire
00:46Pendant le mois du ramadan
00:47Et après le ramadan il y a un rebelote
00:49Sauf qu'on a changé de décor
00:52On est à la friche
00:53C'est plus agréable
00:54On est à l'extérieur
00:56Mais malheureusement aujourd'hui c'est le dernier jour
00:59Alors malheureusement pourquoi ?
01:01Parce que les gens ils ont besoin de ça
01:03Et c'est une action qui touche à sa fin
01:06Et c'est malheureux
01:09C'est malheureux
01:10Et j'ai appris ce matin qu'il y a beaucoup d'associations
01:13Qui vont fermer en juillet-août
01:16Vous imaginez ?
01:19Bonjour le 3
01:49La fin, la fin de l'août
01:50C'est une période un peu délicate, compliquée
01:54On découvre tous
01:55Et j'ai cherché aussi à mon niveau
01:58Comment je pouvais participer
02:00Comment donner aussi un sens à ma vie
02:01Dans cette espèce de parenthèse
02:02Où finalement on se sent assez inutile
02:05Et très vite je me suis tourné vers l'associatif
02:09Et cette distribution de repas gratuits
02:11Aux gens qui vivent dans ce quartier du 18ème arrondissement
02:14Ça m'a semblé une démarche tout à fait naturelle
02:18Voilà, donner de mon temps, donner de mon énergie
02:21C'était pour moi un minimum
02:25Ce confinement forcé a eu un impact
02:28Et nous a fait tous réfléchir
02:29Tous autant que nous sommes
02:30Sur la place qu'on doit avoir dans cette société
02:37Par rapport à l'individualisme
02:39Voilà, évidemment à la consommation etc
02:40Donc voilà, c'est essayer de trouver
02:42Une espèce de cohésion sociale
02:46Et ma place là-dedans
02:47Quelle est-elle ?
02:49Bon voilà, ça fait partie des démarches
02:52Qui pour moi maintenant
02:54Dans un avenir proche
02:56À très court terme
02:57Doivent devenir naturelles
02:59Il y a une grotte de lait
03:02Du pain, des fruits
03:04Ensuite il y a une sardine
03:07De la confot de France
03:09Et un plat
03:10Une petite salade de niçois
03:12La vraie question c'est
03:13Comment va-t-on faire aujourd'hui
03:16Pour que les gens défavorisés
03:17Ne le soient pas encore davantage
03:19Et comment on fait
03:19Pour les sortir de ce marasme
03:22Dans lequel ils se trouvent
03:23Et dans lequel on sent bien
03:26Qu'il y a une situation qui va s'accentuer
03:28Du fait de ce virus
03:31Donc voilà
03:34Faudra qu'on participe tous
03:35L'Etat évidemment
03:37Mais aussi tous
03:40Ceux dont je fais partie
03:41À savoir les privilégiés
03:44Bonjour, reculez s'il vous plaît
03:45Pour refléter la distance
03:46Merci
03:47La distribution alimentaire
03:49Là aujourd'hui c'est notre dernier jour
03:51Malheureusement
03:52Mais c'est aussi le 68ème jour
03:53Donc ça fait déjà un petit moment
03:56Qu'on a commencé
03:56Donc aujourd'hui on pousse un cri d'alarme
03:59Vraiment
03:59Aux politiques
04:00Aux responsables
04:02On les appelle à l'aide
04:03On leur demande de réagir
04:05Les gens dans la rue ont faim
04:06C'est la pauvreté qui change
04:08C'est un visage nouveau
04:09Alors moi je le découvre aussi
04:11Parce que je suis nouvelle dans l'association
04:13Je vois en fait
04:13Je vois la pauvreté
04:16Je vois la faim
04:17Mais je vois surtout des personnes
04:18De notre âge
04:19De ma génération
04:20Qui perdent leur travail
04:21J'ai l'impression
04:22Que c'est quelque chose d'énorme
04:23Qui souffre
04:23C'est une fente énorme
04:25Alors vous-même
04:26Vous n'avez pas toujours été bénévole
04:27De l'association
04:28Vous êtes nouvelle
04:29Comment ça s'est passé ?
04:30Je suis voisine en fait
04:32Des locaux
04:33Où se situe l'association
04:34Donc le café de Lissy
04:35Où est le restaurant solidaire
04:37De la table ouverte
04:38Rue Léon
04:38Dans le 18ème arrondissement
04:39Et en fait
04:40Je voyais ça au tout début
04:41Du mois de mars
04:42Quand ils ont commencé à donner à manger
04:43Ils distribuaient les midis
04:45Une cinquantaine de sacs
04:46De repas
04:47Je voyais ça de ma fenêtre
04:48Je venais voir ce qu'il se passait
04:49Parce que j'étais confinée
04:50Chez moi
04:50Je ne travaillais pas
04:51Et je me suis rendu compte
04:53Qu'en fait
04:53De jour en jour
04:54On avait des dizaines de personnes en plus
04:56Ils ont commencé avec 50 personnes
04:57Et quand on a fini
04:58A la rue Léon
04:59On était à 250 personnes
05:00En plein milieu de l'épidémie
05:01Qu'est-ce qui fait que
05:02Quand on s'engage comme ça
05:03Dans du bénévolat
05:04Un jour
05:04On reste aussi longtemps ?
05:06Et comment on fait
05:07Quand on boit de la faim
05:08Tous les jours dans la rue
05:09En fait
05:11Je pense qu'on n'a pas le choix
05:12En fait
05:12On commence un engagement
05:13Et on s'y tient
05:14C'est une fidélité aussi
05:15C'est aussi un respect
05:16Pour nos bénéficiaires
05:17Qui viennent chercher à manger
05:18Tous les jours
05:19Et puis parce qu'on sent
05:20Qu'il y a besoin de monde
05:21En fait
05:21On a besoin de mains
05:22On a besoin de mains
05:23De cerveaux
05:24On a besoin de compétences
05:25De plein de gens différents
05:25Pour faire avancer l'association
05:27On ne peut pas partir comme ça
05:31J'étais oisif chez moi
05:32J'ai vu ça sur Facebook
05:33Le Facebook de Rachid
05:34Qui a fondé cette association
05:36Et je me suis dit
05:36Bah voilà
05:37Autant de rendre routine
05:38Donc c'est une association
05:39Qui fait deux choses
05:40Qui gère un restaurant associatif
05:42Dans l'Institut des cultures d'islam
05:43Rue Léon
05:43Donc moi
05:44En tant que voisin
05:45Je fréquente beaucoup ce restaurant
05:47Et c'est comme ça
05:47Que j'ai rencontré Rachid
05:48Qui est devenu un ami
05:50Et en plus
05:51Rachid avec son association
05:53Donc Abderrahman
05:55Shérif
05:56Nordin
05:56Tous les autres
05:58Prépare régulièrement des repas
05:59Et font des maraudes
06:00Le soir
06:02Il y a eu deux phases
06:02C'est à dire que pendant le ramadan
06:03Le public était essentiellement formé d'hommes maghrébins
06:08Et depuis la fin du
06:10Alors ça c'était les distributions l'après-midi
06:12Et depuis la fin du ramadan
06:14Avec des distributions à midi
06:15Le public c'est essentiellement des femmes maghrébines
06:18Et des hommes d'Afrique subsaharienne
06:20Donc on a eu deux publics complètement différents
06:24Bon c'est vrai que pendant le ramadan
06:25Les gens étaient à jeun
06:27C'était un peu tendu
06:28Souvent la police passait
06:30On obligeait les gens à respecter les distances
06:31Dans la file d'attente
06:33Parfois il y avait des éclats de voix
06:34Mais bon globalement ça s'est toujours bien passé
06:36On avait un entre guillemets
06:38Un service d'ordre formé de jeunes du quartier
06:41Donc ça ça s'est très bien passé
06:42Et là maintenant vous voyez on n'a plus de service d'ordre
06:46C'est beaucoup plus simple en règle générale
06:49Moi j'ai découvert des gens que je ne connaissais pas
06:52Et on a fait même une soirée de déconfinement
06:57Chez un voisin entre bénévoles un soir après le travail
07:01Et on a ri comme des bossus
07:03Donc c'est très sympa
07:04Moi j'ai rencontré pas mal de gens
07:06Et c'est très agréable également
07:08Est-ce que ça a créé des liens avec Jackie
07:10Ou avec d'autres bénévoles comme ça ?
07:12Oui évidemment on a des mascottes
07:14On a Jackie la mascotte conférencier
07:16Qui nous fait vivre des moments incroyables
07:18Pendant les distributions
07:19Donc ça amène beaucoup de bonne humeur
07:20On a Myriam qui habite aussi à côté de la Friche
07:23Qui est professeure de musique
07:24Qui nous fait partager aussi ses passions
07:26Voilà on a Khadija
07:27Qui s'occupe aussi avec moi
07:28De gérer tous les bénévoles
07:29D'essayer d'encadrer un peu
07:30Et de rythmer tout ça aussi avec le sourire
07:42En fait j'avais plutôt besoin moi de sortir
07:45De me promener, de rencontrer des gens
07:47Et puis j'ai été saisie par l'ambiance de l'association
07:51La qualité des relations avec les personnes
07:53Le fait que je sentais beaucoup de générosité
07:55D'attention aussi aux personnes démunies
07:58Avec la volonté de leur apporter quelque chose
08:01Qui les soutienne mais qui leur fasse du bien
08:04Et puis voilà j'ai eu envie de participer à ce mouvement
08:08Dans une période où...
08:10Moi j'étais en vacances aussi
08:11Donc c'est ce qui m'a permis de m'impliquer à ce moment-là
08:14Je trouve que c'est un lieu qui est au croisement
08:17De beaucoup de réalités différentes
08:20De communautés
08:21Que ça soit des communautés religieuses, confessionnelles
08:24Que ça soit aussi des milieux sociaux
08:25Très différents et variés
08:27Et ce que j'ai trouvé très fort dans cet espace
08:30Et dans ce temps des 68 jours
08:32C'est que voilà il y a des itinéraires qui se sont croisés
08:36Des rencontres qui se sont faites
08:37Où on a pu à la fois recevoir, donner
08:41Qu'on soit bénéficiaire ou qu'on soit bénévole
08:44Voilà donc pour moi l'espace de la friche
08:46Ce terrain en friche à déchiffrer
08:50C'est un lieu de...
08:52Où des choses s'inventent, se poursuivent
08:54De façon parfois un petit peu décousue, inattendue
08:57Mais c'est ce qui fait toute la richesse du lieu je pense
09:00Tout espace est propice au partage
09:02Après je pense que le fait qu'on soit dans un quartier populaire
09:06C'est une richesse dans le sens où voilà
09:10Les gens ont l'habitude aussi peut-être de se côtoyer dans leurs différences
09:15Parfois on se côtoie ou même on se jauge
09:19Voire on se juge
09:20Mais voilà la force de l'association je pense que c'est d'avoir permis justement peut-être de dépasser
09:25certains a priori
09:26Et effectivement c'est le côté populaire du quartier qui a permis ces croisements je pense
09:39Et alors comment ça s'est passé ce confinement ?
09:42Ouais très bien très bien honnêtement on a fait ce qu'on pouvait voilà
09:48Voilà comme tu as vu on est en train de préparer même des sacs pour les SDF
09:52C'est une maraude que je vais faire tous les jours
09:55Tous les jours tu vas faire une maraude ?
09:56Ouais fin de journée
09:58Alors en quoi ça consiste ?
10:00De leur donner à manger
10:01J'ai vu ça pendant le confinement quand j'ai distribué pour une famille la nourriture
10:06J'ai trouvé un SDF allongé entre les vélos
10:08Je lui ai proposé juste un petit plat que j'avais en plus
10:12Et dès que j'ai vu qu'il a sauté sur le plat et qu'il a commencé à manger
10:15Je me suis dit il y a plein de monde pendant le confinement
10:18Qu'ils n'ont pas le moyen de manger ou qu'ils ne trouvent pas où manger
10:22Alors depuis ce jour là j'ai commencé à faire la maraude fin de journée pour les SDF
10:27Il n'y a pas mal qui m'attendent
10:29Le quartier tu le connais bien ?
10:30Je le connais très bien parce que je suis arrivée dans ce quartier j'avais à peine un an
10:34Voilà et puis après je suis plus partie
10:36Les commerçants voilà chacun a été comme il pouvait
10:38Certains produits ont pris d'achat sans prendre de marge dessus pour aider
10:42D'autres avec des dons
10:43C'est un puzzle qui s'est mis en place pour donner forme à l'action à la tranche
10:47Et pourquoi les commerçants du quartier ont été solidaires de cette distribution gratuite ?
10:53La solidarité dans le quartier elle est normale
10:55C'est même pas pourquoi le mot pourquoi il se pose pas
10:57Parce qu'on est solidaires de base
10:59Voilà c'est tout simplement ça
11:01C'est naturel
11:02Moi je suis plus inquiète de ce qui va se passer après
11:05Que ce qui s'est passé avant
11:06Parce que beaucoup de magasins ne tiendront pas
11:08Beaucoup de restaurateurs ne tiendront pas
11:10Une économie qui va s'effondrer partout
11:12Et ça me fait plus peur
11:13Parce que je pense que voilà là il y aura beaucoup de gens qui vont être oubliés
11:16Comment tu vois la suite ?
11:19Je reste positive
11:21J'espère que notre cri d'alarme va être entendu
11:24J'espère qu'il va y avoir des réactions
11:26Et j'espère qu'en fait on va être dans une société maintenant
11:29Où la solidarité va être un des moteurs premiers
11:31Et qu'on va réussir à créer de nouveaux mécanismes
11:34De nouvelles structures
11:35Avec tous ces jeunes qui ont commencé ces actions solidaires
11:37Et les autres aussi, les restaurateurs, tout le monde
11:39Voilà pour moi le politique doit aussi s'engager
11:42Le fait qu'il y ait des bénévoles comme Sonia et d'autres
11:45Qui se sont engagés depuis le début
11:46Est-ce que ça résonne en vous ?
11:48Et ça résonne dans votre histoire personnelle ?
11:50Bien sûr, ça résonne dans mon histoire personnelle
11:52C'est parce que moi-même j'ai été aidé, soutenu par des associations
11:56A l'époque du Secours Catholique
12:01Et évidemment avec le parcours que j'ai
12:04La question qui se pose naturellement
12:07C'est comment rendre en retour ce que moi j'ai pu obtenir
12:13Et quand je vois la spontanéité de ces jeunes
12:15Je parle de Sonia mais quand je parle des jeunes qui le font de façon tout à fait spontanée
12:20Non intéressée
12:21C'est assez rassurant de voir cette jeunesse
12:24Soucieuse
12:27Solidaire
12:27Et
12:30Une espèce d'empathie naturelle
12:33Qui est
12:36Qui les envahit j'ai envie de dire
12:38Et qui ont cette démarche naturelle
12:40A côté de leur travail
12:41De venir aider comme ça
12:43Et de mettre la main à la pâte
12:45Pour qu'il y ait des gens
12:46Qui eux un peu plus défavorisés
12:48Puissent avoir accès à un repas
12:51Chaud
12:52Que les enfants puissent avoir du lait
12:54Qu'ils puissent manger du pain
12:57On sent bien que voilà
13:00C'est des jeunes qui sont très impliqués
13:02Qui sont très engagés j'ai envie de dire
13:04Et ça c'est assez rassurant
13:06Moi je trouve qu'on a une jeunesse
13:08Qui me laisse penser que dans la vie
13:09Il y a des choses intéressantes
13:11Et rassurantes
13:12Qui peuvent arriver
13:14Par cette action
13:16J'essaye de transmettre à mes enfants
13:19Une conduite
13:21Dans la vie
13:22J'espère que
13:24Je vais réussir
13:26Parce que c'est pas évident avec la nouvelle génération
13:29Virtuelle
13:30Comme je les appelle
13:31Mais c'est ça l'objectif
13:33Je me dis le fait
13:34Nous on a vu nos parents donner aux autres
13:37Et ça nous a donné envie de faire pareil
13:39Je me dis par cette action
13:42Peut-être que plus tard mes enfants
13:44Quand ils seront adultes
13:45Ils vont reproduire le même geste
13:48Et ça c'est tout ce qu'il faut
13:51Voilà
13:52Éboueur
13:53Avec un E à la fin
13:55Alors tu es éboueur avec un E à la fin
13:57Oui
13:57Et on t'applaudit dans les rues
13:59Comme les infirmières ?
14:00Oui, oui, oui, oui
14:02On se fait applaudir
14:03Il y a un monsieur sur rue
14:05Acduc
14:06A chaque fois que je passe
14:08Il ouvre la fenêtre
14:09Et il commence à nous applaudir
14:11Et je trouve ça génial
14:12On m'a offert des macarons
14:14On m'a offert des chocolats
14:16Franchement, c'est adorable
14:19Quand on est enfant
14:20On ne va pas se dire plus tard
14:22Quand je serai adulte
14:23Je vais devenir éboueur
14:24C'est plutôt
14:24Je serai footballeur
14:26Je serai médecin
14:27Je serai journaliste
14:28Avocat
14:29Mais pas éboueur
14:30Mais moi c'était un choix personnel
14:33J'ai une carrière professionnelle
14:35Assez atypique
14:36J'étais secrétaire
14:37J'étais assistante maternelle
14:39A une certaine époque
14:40J'étais vendeuse
14:41Et là, ce choix-là
14:43Un tournant de ma vie
14:45Mes enfants, ils sont un peu autonomes
14:47Maintenant, c'est bon
14:48Je me suis dit
14:49Tiens, pourquoi pas ?
14:51On est à l'extérieur
14:53On rend service
14:55D'une certaine manière
14:57C'est du social ce qu'on fait
14:59Nettoyer les rues de Paris
15:02Et moi, je me suis dit
15:04Pourquoi pas ?
15:05Et je ne regrette pas
15:06Une seconde mon choix
15:08Je m'épanouis dans ce métier
15:11Et alors, quand tu n'es pas dans les rues de Paris
15:14À faire cette action
15:16Qui est reconnue par les Parisiens aujourd'hui
15:17Et qui est applaudie
15:18Tu viens ici à la table ouverte
15:20Pour distribuer des repas gratuits
15:22Oui
15:23Est-ce que tu vois une continuité ?
15:26Ben oui
15:26Oui, c'est la même chose
15:28Par exemple, ce matin
15:29Mes collègues
15:31Ils m'ont dit
15:32Ah, tu as pris deux heures de RC ?
15:33Je leur ai dit oui
15:34Il y en a un
15:35Parce qu'on en avait discuté
15:37Il me dit
15:37Tu as pris deux heures de RC
15:38Pour aller faire du social
15:40En plus
15:41Il m'a dit
15:42Ça ne t'a pas suffit
15:42Ce que tu es en train de faire
15:44Je lui dis
15:44Mais c'est bien
15:46C'est bien de continuer
15:48C'est...
15:50Moi, c'est ma façon de fonctionner
15:53J'ai rencontré
15:54J'ai fait connaissance
15:56Avec des personnes
15:57Mais de très belles personnes
16:00Et je me dis
16:01C'est par l'intermédiaire
16:02De cette action
16:03Que j'ai pu faire connaissance
16:05Avec eux
16:06Il y a des amitiés
16:07Qui se sont créées
16:08Et ils se sont tellement engagés
16:10Depuis le premier jour
16:12Et ils ont de l'énergie
16:14Ils ont...
16:15Ils ont un amour
16:16Envers les autres
16:17Franchement
16:18Moi, ça m'a...
16:19Ça m'a laissé...
16:21Ça m'a scotché
16:30Moi, je sais que...
16:32Toutes les personnes
16:32Qui se sont investies
16:33Comme moi
16:34Pour aider les autres
16:36Là, ils sont un peu en stress
16:38Parce qu'on ne sait pas
16:39Qu'est-ce que ça va être la suite
16:41On aimerait bien se recycler
16:42Parce que là, aujourd'hui
16:43C'était le dernier jour
16:44Pour la table ouverte
16:45Je crois demain
16:46Ou après-demain
16:47Pour l'association
16:48Aurore aussi
16:49Pour la distribution
16:50L'église Saint-Bernard
16:51Ça fait plus d'une semaine
16:53Qu'ils ont arrêté
16:54Et...
16:55Et du coup
16:55On est tous inquiets
16:56On a essayé d'alerter
16:57Les élus
16:58Pour leur dire
17:00L'heure est grave
17:01Tout s'arrête
17:02Mais la misère
17:03Elle continue
17:04A progresser
17:05Et...
17:06Et la crise économique
17:07C'est pas aujourd'hui
17:08C'est plus demain
17:10Parce que les retombées
17:12Vont arriver
17:13Et ça va être très très compliqué
17:15Pour les personnes qu'on aide
17:17D'aller se procurer
17:19A manger

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