00:04On sert environ 350 à 400 personnes par jour. Beaucoup de migrants, beaucoup de SDF. On donne
00:14entre 70 à 80 familles et cela nous engage aussi à préparer des paquets de familles qui est beaucoup plus
00:24consistant.
00:31Ce sont des gens qui n'ont jamais pensé que dans leur vie, ils arriveraient à cette situation,
00:35à venir gonfler les rangs des SDF ou des personnes en grande, grande difficulté.
00:40Ce sont des gens qui travaillaient jusqu'à il n'y a pas si longtemps que ça, à mi-temps,
00:43peu importe. Mais il y avait toujours quelque chose dans le frigo, ils arrivaient à s'en
00:46sortir. Aujourd'hui, ils sont venus, ils font la queue. Et on voit dans leurs regards,
00:51on voit dans leurs gestes qu'ils sont peinés de venir et qu'ils n'ont pas d'autre choix
00:55que de venir. Il faut savoir que c'est 2000 repas qu'on donne, un peu plus de 2000 entre
00:59la solidarité Saint-Bernard et la table ouverte. Où vont aller ces gens-là ? Qu'est-ce qu'on
01:05a
01:05préparé pour eux après le 11 mai ? Parce que tout le monde parle du 11 mai, mais le 11
01:10mai,
01:11il n'y aura rien de nouveau. Ces gens-là ont toujours faim, les frigos sont toujours vides,
01:16les comptes en banque vont... Qu'est-ce qu'ils vont devenir ces gens-là ? Il faut que l
01:19'État prenne
01:19leurs responsabilités dès maintenant pour mettre en place des mesures concrètes et réelles face à la
01:24misère réelles. C'est grave. Aujourd'hui, on est en France, en 2020. Si on n'était pas là,
01:29il faut que vous sachiez qu'il y a des enfants qui ne mangeraient pas, il y a des familles
01:32qui ne mangeraient pas.
01:37Vous avez un logement ? Je suis en colocation avec un ami. Donc au moins, vous avez un toit ?
01:44Oui, c'est bien ça.
01:46Nous, on agit de manière complémentaire. On a réussi à créer un réseau à l'occasion de cette crise. Et
01:56la grande problématique aujourd'hui, ça va être de savoir comment on arrive au sein de ce réseau à dialoguer
02:01avec les pouvoirs publics.
02:03les territoires et avec l'État. Ces petites associations, habituellement, elles n'avaient pas accès à un certain nombre de
02:09fonds publics, à un certain nombre de subventions.
02:13Elles avaient beaucoup de mal à rentrer dans des partenariats pour rentrer, par exemple, dans le cadre de la politique
02:18de la ville.
02:19Et aujourd'hui, nous sommes en train de réfléchir à ce que nous pouvons faire dans le long terme pour
02:25justement avoir accès à ces crédits de la politique de la ville en 2020, 2021, 2022.
02:31On a une période qui est difficile. On a beaucoup de gens qui n'étaient pas tout à fait dans
02:46la pauvreté, qui tombent dans la pauvreté avec les baisses de revenus liées à la crise sociale qu'on a
02:53en ce moment.
02:53Et c'est vrai qu'on a aussi, comme souvent dans ce quartier, de très beaux élans de solidarité.
03:00Et il me paraît important de les saluer et de redire aussi, au regard des caricatures qu'il y a
03:06eu sur le 18e arrondissement et sur la Goutte d'Or,
03:09que ce quartier et cet arrondissement valent beaucoup mieux que ce que certains se plaisent à en dire sur les
03:14écrans de télévision très régulièrement.
03:16Et on voit bien que la crise sanitaire se double d'une crise sociale.
03:21Le gouvernement insiste beaucoup sur le sort des entreprises.
03:25Ce serait bien aussi qu'il se penche sur cette nouvelle pauvreté qui éclate avec la crise qu'on connaît.
03:33Bon, moi, je le vois aussi en tant qu'élu en charge du logement.
03:36Tout à l'heure, les gestionnaires de foyers de jeunes travailleurs me disaient qu'un tiers de leurs résidents n
03:42'arrivent pas à payer leurs redevances,
03:43ce qui est énorme.
03:44Un tiers, beaucoup de jeunes qui travaillaient dans l'hôtellerie, dans la restauration,
03:48dont le CDD n'a pas été renouvelé ou alors qui étaient en intérim, qui n'ont plus de mission.
03:53Et donc, on a toute une partie de la population qui est en train là de basculer dans la précarité.
03:59La mairie de Paris a pris le sujet à bras-le-corps très vite,
04:02puisque comme d'autres départements, comme le Val-de-Marne d'ailleurs,
04:05nous avons mis en place une aide spécifique pour les familles qui ont des petits revenus,
04:12les familles qui correspondent à nos plus petits quotients familiaux pour les cantines,
04:17parce que ces familles dont les enfants allaient à la cantine jusqu'à présent
04:21ne bénéficient plus des tarifs de cantine et elles ont du mal à se nourrir.
04:24Et donc, pour ces familles, nous avons versé directement par le biais de la CAF une aide spécifique
04:30qui peut aller jusqu'à plusieurs centaines d'euros.
04:33Et puis, par ailleurs, nous avons mis en place des paniers repas
04:37qui permettent d'alimenter les plus fragiles.
04:40Donc nous, en tout cas, on est très attentifs à cette situation.
04:44Simplement, l'action de la municipalité ne suffira pas à pallier les insuffisances de l'État.
04:50On aurait besoin aujourd'hui de toute une série de mesures d'urgence sociale.
04:54On aurait eu besoin, par exemple, que la trêve hivernale soit prolongée jusqu'au mois d'octobre.
05:00Le gouvernement a annoncé que la trêve hivernale serait prolongée jusqu'au mois de juillet.
05:04Enfin, qu'est-ce qui va se passer au mois d'août ?
05:06Est-ce qu'on ne risque pas d'avoir des milliers de familles qui se retrouvent à la porte
05:10avec l'impossibilité de retrouver une solution d'hébergement ou de logement derrière ?
05:15Par ailleurs, on aurait besoin d'une revalorisation des minimas sociaux et des petits salaires,
05:20notamment le SMIC, parce qu'après tout, ce sont quand même les SMICards, on le voit en ce moment,
05:24qui tiennent la France debout et qui ne sont pas reconnus à la hauteur de ce qu'ils apportent à
05:30notre pays.
05:32Merci beaucoup.
05:33Ça marche.