Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Les étudiants sont frappés de plein fouet par la crise sanitaire, beaucoup basculent dans la précarité et doivent désormais recourir à l’aide alimentaire pour se nourrir.

À la Cité universitaire internationale, située dans le 14ème arrondissement de Paris, le besoin est tel que les Restos du Coeur y tiennent une épicerie chaque mercredi, depuis le mois de septembre, réservée aux étudiants du campus.

Les bénéficiaires peuvent s’y approvisionner gratuitement: pâtes, riz, conserves, fromages, des oeufs, quelques légumes… Mais aussi des produits de “ramasse”, frais, en provenance des supermarchés, fournis en date limite.

De 120 bénéficiaires au lancement, l’affluence d’étudiants en difficulté vient de dépasser les 400 personnes. Pour faire face à la demande, l’association vient d’instaurer une deuxième date hebdomadaire pour la distribution.

Avec un campus de 6 000 étudiants, regroupant 150 nationalités, nombre des étudiants présents dans la file sont étrangers. Comme leurs camarades français, les étudiants étrangers accusent le coup des pertes d’emploi liées au Covid-19, mais aussi d’une plus grande difficulté à trouver un petit boulot en raison de la barrière de la langue. Certains font également face à une baisse conséquente de l’aide familiale dans leur pays d’origine.

Axel, étudiant argentin a perdu son travail lors du deuxième confinement: “Pour moi, ces distributions sont vitales. Sans elles, je ne pourrais pas m’alimenter” raconte-t-il.

Zaira vient du Mexique : “Je n’aurais jamais pensé que ça m’arriverait un jour!” reconnaît l’étudiante de la Cité universitaire internationale, contrainte de se rendre ici alors que l’aide de sa famille -elle-même en difficulté- a diminué avec la pandémie.

Une situation qui pousse les Restos du Coeur à opérer à la Cité U chaque mercredi, comme en atteste Kévin, bénévole. “Ce n’est pas normal de devoir venir aux restos du coeur pour pouvoir manger. On devrait pouvoir les aider, pour qu’ils puissent étudier tranquillement, sans avoir à se soucier de ce qu’ils vont manger le soir”.

La distribution se tient les mercredis et jeudis, de 18h à 21h, uniquement pour les étudiants de la Cité internationale universitaire de Paris.

Chapitres
0:00 Axel: “Pour moi, c’est vital”
0:23 Les étudiants font la queue le mercredi soir
0:46 Marc Deniau, responsable de l’antenne Restos du Coeur
1:30 Mélanie, bénévole
1:40 Zaira: “Je ne pensais pas que ce jour arriverait”
2:07 Kévin, bénévole
2:25 Mohamed, “On est dans le pétrin”
2:54 Francine, bénévole
3:10 Juana, étudiante argentine

📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ
La fête de l'Humanité : https://fete.humanite.fr/
Tous nos articles : https://www.humanite.fr/
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/humanite.fr/
Twitter : https://twitter.com/humanite_fr
#Covid19#Pauvreté#Étudiants

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Ça m'aide beaucoup économiquement car j'ai perdu mon travail avec le deuxième confinement.
00:04Et avec ça, je tire toute la semaine, presque.
00:07Sans les Restos du Coeur, tu n'arriverais pas à t'alimenter ?
00:10Non, exact. En plus, j'y vais aussi à une chose comme ça, mais à la fac.
00:14Et donc avec ça de la fac et ça de Restos du Coeur, j'arrive.
00:18Mais sinon, non, c'est indigne.
00:21Mais bon, c'est comme ça, on ne peut rien faire.
00:45On sert à peu près l'équivalent de 6 repas pour la semaine.
00:49On sert des conserves de poisson, des pâtes, du riz, des féculents, des choses comme ça,
00:54des yaourts, quelques conserves de légumes, du fromage, des oeufs, des produits de ramasse
01:02qui sont amenés tout frais.
01:05Là, ce sont des produits frais qui sont des supermarchés, des choses comme ça,
01:09qui sont donnés en date limite, bien sûr.
01:12Même s'ils ont des APL, il ne leur reste plus grand-chose pour manger.
01:17Et donc, c'est ça le profil.
01:18Et puis les familles ne pouvaient pas forcément les aider non plus
01:22ou les aident déjà pour le loyer.
01:24Mais après, ça s'arrête là, quoi.
01:26Vous en mettez aussi d'eau ?
01:27Oui.
01:30Bénéficiaires, il y en a de plus en plus des jeunes.
01:31Même en dehors d'ici, depuis 5 ans, j'en vois de plus en plus dans l'arbre.
01:35Les personnes âgées, c'est les deux qui sont le plus souvent.
01:39Je n'ai jamais pensé que ce jour arriverait.
01:43Déjà, on vient dans un pays étranger, c'est beaucoup plus compliqué.
01:47L'aide que normalement j'ai de ma famille a diminué aussi.
01:51J'aimerais juste remercier vraiment l'association, pas seulement celle-ci,
01:57mais les autres qui font aussi un travail exceptionnel pour aider les personnes
02:02qui ont le plus besoin maintenant avec la situation Covid.
02:07C'est pas normal qu'ils aient besoin de venir au Resto du Carre, je trouve, pour pouvoir manger en
02:13fait, tout simplement.
02:15Normalement, on devrait pouvoir les aider ou ils devraient pouvoir subvenir à leurs besoins
02:18et pouvoir étudier tranquillement à côté sans avoir à se soucier de ce qu'ils vont manger le soir.
02:24On est dans le pétrin, comment dire, parce que c'était vraiment trop compliqué.
02:29Même avec le job étudiant, mais ça reste le loyer un peu cher pour nous.
02:34Et voilà, avec l'association Resto du Carre, c'était vraiment un espace de détente.
02:39Parce qu'il y a beaucoup de trucs chaque semaine et c'est comme un soutien pour nous.
02:45Vraiment, on est dans la prison plus en moins.
02:49Ah bah oui, c'est un soutien psychologique, un soutien social et bien sûr alimentaire.
02:54Ils sont enfermés dans leur chambre et ils sont obligés de venir quémander.
02:57Je trouve ça catastrophique.
02:59Au départ, on en avait 120.
03:00Maintenant, on en est à plus de 400.
03:02Donc non, ça progresse.
03:05Plus au départ, ils ne savaient pas qu'on était là.
03:07Maintenant, ils le savent.
03:08On vient tous ensemble, on s'écrit pour venir tous ensemble.
03:10C'est vraiment quelque chose qu'on se rappelle de faire tous les mercredis.
03:15C'est joyeux en ce temps-là.
03:18C'est vraiment, ça change.
03:20Ce qui leur manque, c'est le contact dans une salle de classe.
03:25Il y a quand même le mélange de tout le monde qui peut discuter, qui peut amener.
03:29Et là, ça leur manque énormément.
03:31Donc oui, il y a de la détresse financière et psychologique.
03:45Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations