00:00Un loyer, c'est 560 euros, c'est le prix de mon RSA.
00:07Du coup, je n'ai pas les moyens de...
00:11Si je ne suis pas en couple, je reste dehors en tant que femme.
00:16Ce samedi 18 janvier, sous des températures glaciales,
00:20l'association Réchauffons d'OSDF organise une maraude, Place de la République à Paris.
00:26Des maraudes l'hiver, des maraudes l'été.
00:31Mais notre travail essentiel, c'est la stabilisation de personnes sans abri,
00:35grâce aux dons des citoyens, bien sûr.
00:38Donc le but, c'est de trouver un travail, de les aider à trouver un travail,
00:41et ensuite de les aider à trouver un appartement.
00:44Et après, on les laisse voler de leurs propres ailes et de reprendre tout simplement leur vie.
00:48Il y a Maria aussi qui est ici, qui était une grand-mère dans un parking à Putot.
00:53Voilà, donc oui, on en est à 210 personnes pour l'instant.
00:56C'est un début.
00:57Je remercie tout le monde, ça fait un grand plaisir.
01:01Ça m'a super bien vu que je dormais dans un parking,
01:04alors le fait que tu m'appelles et que tu me tendes la main, c'est vraiment très très fort.
01:07Et moi, encore et encore remercier, énormément aider.
01:12Aujourd'hui, et c'est le plus bouleversant, vous avez des familles entières, vous avez des femmes avec enfants,
01:19vous avez des femmes qui accouchent dans la rue, vous avez nos retraités.
01:24Et ça, je le dis, des retraités, des gens qui, à l'époque, n'auraient jamais pu terminer à la
01:31rue parce que c'était pas concevable.
01:32Mais aujourd'hui, ils ont commencé par manger dans les poubelles.
01:35Et comme la situation est toujours en train de s'aggraver, et nous le voyons, de toute façon, on a
01:39beau faire appel au gouvernement,
01:40il n'y a rien qui change.
01:42Et au final, ces personnes retraitées finissent tout simplement à la rue.
01:47Un loyer, c'est 560 euros. C'est le prix de mon RSA. Du coup, je n'ai pas les
01:58moyens.
01:59Si je ne suis pas en couple, je reste dehors en tant que femme. On n'a pas assez.
02:08Moi, j'ai mon projet de faire mon concours d'aide-soignante.
02:12J'essaie de m'en sortir, mais avec 526, ça fait trois mois, là, je n'y arrive pas.
02:19Je suis obligée de faire la manche. Je suis obligée de venir aux associations pour manger.
02:26Me laver. Et ouais, c'est compliqué. En tant que femme, dehors, c'est compliqué.
02:35On ferme des places d'hébergement. On arrête de construire du logement social.
02:40Tout ça, ce n'est pas vraiment très bon. Heureusement qu'il y a le soutien qui est au quotidien.
02:46C'est vrai que c'est un peu souvent de l'urgence.
02:49Donc, de la nourriture, des habits, des choses comme ça.
02:53Mais c'est quasiment vital.
02:56Mais il y a aussi le côté orienté les gens vers d'autres associations,
03:01vers des travailleurs sociaux et des mises à l'abri qui sont faites,
03:06comme le fait Sarah et Réchauffons nos SDF.
03:09Mais oui, la situation, elle n'est vraiment, vraiment pas en train de s'améliorer.
03:14Ça empire de jour en jour.
03:15Et puis, c'est surtout un moment de rencontre qu'on essaie de faire régulièrement.
03:22Donc là, ici, c'est République. Mais la semaine dernière, c'était à Saint-Nazaire.
03:25Avant, c'était à Montparnasse.
03:26On essaie de faire les choses comme on peut, pallier aux défaillances du système, en fait.
03:33Donc, si on ne le fait pas, qui va le faire ?
03:36Et puis, ça fait plaisir, les gens qui ne sortent pas de leur trou, on va dire.
03:42Là, ils viennent, à ce coup, ils font la démarche de venir.
03:45Ils savent qu'ils auront un petit sac avec des petites choses dedans, etc.
03:49C'est déjà pas mal. C'est comme quand on fait les marottes de Noël,
03:51des plateaux repas, des petits cadeaux symboliques.
03:53Mais ça réchauffe, ça réchauffe. Ça fait du bien.
03:57Là, on commence déjà un début d'histoire, parce qu'il y a deux femmes qu'on va stabiliser.
04:03Marina et Karima. Donc, c'est incroyable.
04:06Là, je suis contente, je suis émue, en fait.
04:08Mais bon, voilà, je suis super contente.
04:11Merci.
04:13Merci.