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  • il y a 2 jours
La Commission européenne a entrepris de réviser les objectifs de la Politique Agricole Commune à marche forcée, au détriment des agriculteurs et des consommateurs.

Analyse et réactions avec les députés européens Eric Andrieux ( S et D ) et Patrick Le Hyaric ( GUE-GVN.)

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Transcription
00:11Bonjour à tous, nouvelle politique agricole commune, qu'est-ce que prépare l'Union Européenne ?
00:18On en est ici en direct depuis le Parlement Européen de Strasbourg.
00:20Quel avenir aussi le promet-t-elle aux agriculteurs ?
00:24On en parle avec vous, Eric Andrieux, vous êtes député européen socialiste et démocrate,
00:29et Patrick Leyaric, vous êtes député européen de la gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:36Alors, on explique en deux mots l'architecture un peu de ce qui se passe à l'heure actuelle.
00:41Dans le cadre du budget de l'UE de l'Union Européenne, qui va porter sur la période 2021-2027,
00:47donc on est à long terme quand même, un rapport est sorti, a été présenté,
00:53qui a été voté d'ailleurs ce matin d'orientation, qui fixe un peu les contours de cette nouvelle PAC.
00:58Il a été voté au Parlement Européen.
01:01Est-ce qu'on peut dire s'il y a vraiment quelque chose, Eric Andrieux,
01:03qu'est-ce qu'il y a exactement dans ce rapport d'important ?
01:06Est-ce que c'est très important finalement ou pas ?
01:08Est-ce qu'il y a une procédure qui est en cours ?
01:10Il faut expliquer la procédure qui est en cours concernant la PAC, la politique à l'économie.
01:14Oui, d'abord il va s'agir d'une, vous avez parlé de 2021-2027, d'un texte législatif, donc
01:21cette période-là.
01:22Ce matin nous n'avons pas voté un texte législatif, puisque donc dans la procédure normale de reconduction d'une
01:28politique agricole commune,
01:30comme il se doit, la Commission Européenne, qui a l'initiative, a déjà réalisé, d'abord un questionnement au niveau
01:37européen,
01:38dont je trouve qu'elle ferait mieux de tenir compte dans ses propositions, c'est une petite parenthèse.
01:42Elle a fait des propositions à l'automne dernier, à travers une communication, pour donner les grands axes de sa
01:51politique.
01:53Et entre cette communication, où normalement la Commission donne les éléments précis de la future politique,
01:57ce qui n'est pas le cas ce coup-ci, on va en discuter certainement,
02:00et le moment où elle va proposer ses textes législatifs, c'est-à-dire vendredi, 1er juin,
02:06le Parlement a pour responsabilité de produire, lui, sa vision de la future réforme de la politique agricole commune.
02:13Et donc c'est à travers un rapport, qui s'appelle un rapport d'initiative au sein du Parlement européen,
02:18c'est un rapport indicatif, qui n'est pas un rapport législatif,
02:20dans lequel le Parlement est censé donner sa vision, finalement, pour les années à venir.
02:27Alors qu'est-ce qu'il y a, en gros, Patrick Ligari, qu'est-ce qu'il y a en
02:31gros dans ce rapport que vous avez voté ce matin ?
02:33Qu'est-ce qu'il y a d'important ? Qu'est-ce qu'il y a de différent, en
02:36tout cas, de nouveau ?
02:37Le rapport aborde une série de questions qui sont déjà dans la politique agricole commune,
02:46avec des propositions de modification.
02:48On a adopté ce matin un certain nombre d'amendements positifs,
02:55sur un plus grand enverdissement, sur tenir compte des enjeux environnementaux.
03:01Mais là où on reste faible, qui est une des questions principales, je crois,
03:08c'est à nouveau une régulation des marchés internationaux.
03:13On ne peut pas d'un côté dire qu'on va maintenir des prix ici,
03:17alors que les frontières sont en permanence ouvertes,
03:19et que nous faisons des accords de libre-échange un petit peu partout dans le monde.
03:25Et il y a un problème interne, à la fois au traité européen et à la politique agricolaire elle-même,
03:32c'est comment on trouve un système pour définir des prix minima,
03:39mettons, pour une quantité donnée moyenne de production.
03:41On peut même l'évaluer selon les pays pour avoir plus de souplesse.
03:46Ça, je crois que c'est la question fondamentale, c'est-à-dire la rémunération du travail
03:51et l'emploi agricole, l'emploi rural et l'emploi agricole,
03:55tout en faisant ce qui est nécessaire aujourd'hui,
03:58c'est-à-dire un modèle agricole qui soit respectueux de l'environnement.
04:02Qu'est-ce qui manque, selon vous, également, dans ces propositions,
04:07avec Andrieu, à l'heure actuelle ?
04:08Alors on va distinguer, effectivement, ce qui a été le rapport des propositions de la Commission européenne,
04:15– D'autant que tout ça va très vite, quoi.
04:16– Tout ça va très vite.
04:17– C'est un peu un marche forcée, tout de même, on a l'impression.
04:19– Nous sommes assez d'accord, oui. C'est un marche forcée.
04:21Il faut bien être précis, parce que le vrai document,
04:25qui va être la base du travail sur la loi à venir,
04:28donc, va être publié vendredi, 1er juin, par la Commission européenne.
04:33– C'est ça. C'est la Commission qui est à l'initiative.
04:36Et normalement, et là, c'est un vrai déni de démocratie, je le dis comme tel,
04:40de la part de la Commission, puisque, aujourd'hui, nous sommes mercredi,
04:44les propositions de la Commission vont être publiées vendredi.
04:47– Donc c'est fait, quoi.
04:48– En fait, on pourrait imaginer, dans un monde idéal,
04:51que la Commission va avoir deux jours pour prendre en considération
04:55les éléments portés par les parlementaires que nous sommes, Patrick,
04:58donc, qui avons voté notre rapport ce matin,
05:01et pour les transcrire dans un projet de loi qu'elle va nous soumettre vendredi.
05:04Je pense, si vous voulez, donc, si j'en crois mes informateurs,
05:07que la Commission a déjà bouclé le travail.
05:09C'est un vrai sujet. Un vrai sujet d'ordre démocratique.
05:12Normalement, les élus représentant les 500 millions, donc,
05:16des citoyens européens produisent leur travail.
05:19La Commission devrait s'inspirer de nos travaux collectifs,
05:23donc, pour pouvoir proposer un texte législatif.
05:26Or, dans cette séquence-là, ça se passe un petit peu à l'inverse.
05:29Donc, j'ai l'impression désagréable que, finalement,
05:35les parlementaires que nous sommes, nous sommes un petit peu les idiots du village,
05:38si je peux me permettre.
05:39C'est-à-dire qu'on a beaucoup travaillé ces trois derniers mois
05:41pour faire des propositions, et ce rapport, il n'est pas excellent.
05:44Mais il y a bon nombre d'éléments, entre autres,
05:46pour répondre aux questions des prix, des revenus des agriculteurs,
05:49du lien entre l'agriculture, l'environnement et la santé,
05:51du lien avec l'économie, l'emploi, les territoires.
05:54Il faut aller dans le détail.
05:55Duquel la Commission devrait s'inspirer.
05:57Et nous allons attendre, avec beaucoup d'impatience, finalement,
06:01puisque le commissaire nous dit,
06:02donc, qu'il va se servir de ce rapport-là pour faire sa proposition.
06:06Mais nous allons attendre, avec beaucoup d'impatience,
06:08sa proposition de vendredi,
06:10pour voir si, effectivement,
06:12donc, les propos ou les positions des élus que nous sommes ici
06:15sont réellement prises en compte.
06:17Vous savez d'accord, également, Patrick Luiaric,
06:19pour dire que sur des questions aussi fondamentales que celles dont on parle là,
06:22qui sont des questions qui se discutent,
06:25modèle agricole, etc., qui se discutent sur le temps,
06:28on va un peu vite en besogne à l'heure actuelle,
06:30et qu'on veut boucler un peu rapidement,
06:31que la Commission européenne veut boucler un peu rapidement
06:35une question sur laquelle on devrait travailler
06:38de manière beaucoup plus lente et beaucoup plus longue, finalement.
06:40– Beaucoup plus collectivement,
06:43et de tenir compte de l'expertise citoyenne,
06:46comme de l'expertise des centres de recherche agronomique,
06:50des centres économiques aujourd'hui,
06:52et de toutes celles et tous ceux qui nous alertent aujourd'hui
06:56sur la santé humaine à partir de l'alimentation.
07:01Quand on fait une politique agricole,
07:04c'est toujours plutôt sur le long terme.
07:07Deuxièmement, moi, je considère que la question
07:10de l'agriculture et de l'alimentation,
07:12ça devrait être une des principales politiques publiques mondiales
07:18aujourd'hui, parce que ça a à voir avec la vie humaine,
07:21c'est-à-dire la quantité d'aliments
07:25pour l'ensemble de la population mondiale,
07:27mais sa qualité, sa qualité nutritive, certes,
07:31mais maintenant il y a des problèmes de qualité
07:33au sens de la santé humaine, de la biodiversité,
07:39de la santé animale, et donc ça nécessiterait un autre débat
07:44que ce qu'on nous propose aujourd'hui.
07:49Nous disons que nous avons l'impression,
07:51mais ce n'est pas une impression,
07:52nous sommes un peu sûrs de ça,
07:54c'est que malheureusement la Commission,
07:57elle agit pour les grands centres agroalimentaires européens,
08:02et mon Dieu.
08:02Au moment même où on s'aperçoit que ces questions-là,
08:05notamment ces questions d'alimentation,
08:07de santé alimentaire, etc.,
08:10sont vraiment entrées dans le débat citoyen aujourd'hui en Europe,
08:13c'est bien sûr l'affaire des agriculteurs,
08:16mais c'est aussi l'affaire de tout le monde,
08:18ce sont des vrais débats de société
08:20auxquels on assiste à l'heure actuelle,
08:21donc on est vraiment dans un vrai débat collectif
08:23qu'on est en train peut-être un peu d'escalouter à l'heure actuelle,
08:25au niveau de l'Europe.
08:26Ah oui, ça c'est une évidence,
08:28je pense, ça vient d'être dit,
08:29il y a des enjeux qui ne sont pas mineurs,
08:32et une fois de plus,
08:33je trouve que la Commission,
08:36donc, n'est pas à la hauteur des enjeux,
08:38et on le voit à travers le budget.
08:39L'enjeu, quel est-il ?
08:41Il y a un enjeu agricole,
08:42et surtout alimentaire,
08:43pour les 30 ans qui arrivent.
08:45Tout le monde s'accorde à dire
08:46qu'on sera entre 9 et 10 milliards en 2050,
08:48mais 2050, c'est dans 30 ans, c'est demain.
08:51Donc ça veut dire que pour pouvoir alimenter
08:53la population mondiale dans les 30 ans qui viennent,
08:55il va falloir changer,
08:57et tout le monde le reconnaît,
08:58qu'on soit de droite, de gauche,
09:00chercheur, agriculteur,
09:01changer le mode de production
09:03et modifier le mode de consommation.
09:05Mais ça veut dire que pour arriver
09:07à changer le mode de production
09:08et modifier le mode de consommation,
09:11ça démarre maintenant.
09:12Nous, depuis des mois et des mois,
09:14nous disons,
09:14donc, que cette PAC-là
09:16n'est pas une PAC comme les autres,
09:18c'est une véritable,
09:18ça devrait être,
09:19une véritable PAC de transition
09:21qui inscrive les modalités d'organisation
09:24dans ce monde nouveau qui est devant nous.
09:26Ça veut dire quoi ?
09:27Qu'aujourd'hui,
09:28le problème,
09:28il n'est pas que européen,
09:30il est mondial.
09:31On l'a dit tout de suite.
09:32Donc ça veut dire qu'il faudrait
09:33que l'Union européenne
09:35mette les moyens
09:36sur ses politiques agricoles
09:38et alimentaires
09:39au regard de ses enjeux nutritifs
09:41et au niveau mondial,
09:42donc,
09:43les moyens réellement.
09:44Or, dans quel contexte sommes-nous ?
09:45Nous sommes en train
09:46de débattre sur un budget
09:48où l'incidence du non-choix
09:50proposé par la Commission
09:52aux États membres,
09:53l'impact, c'est quoi ?
09:54C'est moins 25% des aides
09:56de la PAC
09:56sur le développement rural
09:58et c'est moins 14%
10:00sur l'aide aux agriculteurs
10:01directement.
10:02Alors que tous les continents
10:04de par le monde
10:05augmentent les aides
10:06à l'alimentaire
10:07et à l'agriculture.
10:08Mais ils ne l'augmentent pas
10:10pour le plaisir
10:10des agriculteurs uniquement,
10:12parce qu'il y a
10:12des véritables éléments
10:13de stratégie,
10:14donc,
10:15alimentaires
10:16à l'échelle planétaire.
10:17Et je pense que nous sommes
10:18en train, là,
10:19collectivement,
10:20et on va le voir dans le débat
10:21qui va s'ouvrir
10:21sur les textes, donc,
10:23de manquer un vrai rendez-vous
10:25avec l'histoire.
10:26Et la question,
10:26et je partage l'avis
10:27de Patrick Le Yari,
10:28la question de l'enjeu
10:29agricole et alimentaire,
10:30il n'est pas qu'un enjeu local,
10:32il est un enjeu international.
10:34Et en matière
10:34de politique publique,
10:36la question agricole,
10:38alimentaire,
10:38santé humaine,
10:39environnement en tant
10:40que bien commun
10:41et biodiversité
10:42devrait être inscrite,
10:44je dirais,
10:44comme une véritable
10:45priorité politique
10:46à l'échelle de l'Union.
10:47Ce n'est pas le cas
10:48aujourd'hui,
10:49et donc, moi,
10:49je ne peux que le regretter.
10:50– D'autant que
10:52la politique agricole commune,
10:53c'est la base,
10:54une des bases
10:55de l'Union européenne,
10:56c'est une des parties
10:57les plus importantes
10:58de l'apport
10:59de l'Union européenne,
11:00ça veut dire quoi ?
11:01Qu'il y a une démission
11:02de l'Union européenne
11:03par rapport
11:04à la question agricole,
11:04qu'on va demander
11:05aux États
11:06de se débrouiller,
11:06comment vous voyez les choses ?
11:08Est-ce que c'est ça
11:09qui est en train
11:09de se profiler ?
11:10– Non, non,
11:11je ne crois pas.
11:12Effectivement,
11:13la politique agricole
11:13est la politique
11:14la plus intégrée.
11:16Elle devrait devenir,
11:18on devrait franchir
11:19aujourd'hui un autre cap,
11:20ça devrait devenir
11:21la politique
11:22la plus coopérative
11:23et une politique
11:25qui imagine
11:26des modèles
11:28de production,
11:29des modèles
11:29d'exploitation
11:30qui soient autres
11:32que la tendance
11:33d'aujourd'hui,
11:33qui est malheureusement
11:34une tendance
11:35à la concentration.
11:37Une démission ?
11:38Une démission ?
11:40Non,
11:41c'est évidemment
11:42le petit paysan
11:44de l'Aude
11:46ou du centre-Bretagne
11:47peut le ressentir
11:49ainsi,
11:50mais il faut bien
11:50qu'il ait en tête
11:51que ces gens-là
11:52sont quand même
11:53actifs
11:54et ils sont actifs
11:55pour les secteurs
11:56d'amont
11:57et d'aval
11:58de la production agricole.
11:59Et donc,
12:00tant qu'on aura
12:01un pilotage
12:02de la production agricole
12:03et tant qu'on considérera
12:05le paysan
12:05comme simplement
12:06un extracteur
12:08de matières premières,
12:09un extracteur
12:09de minerais
12:10et que la politique agricole
12:12est pilotée
12:13par d'autres raisons
12:15que la santé,
12:17le bien-être,
12:19la biodiversité,
12:21l'amélioration
12:24des paysages,
12:25de la vie
12:25dans nos campagnes,
12:26on aura ça.
12:27Ils ne s'en désintéressent pas
12:28mais ils le voient
12:30d'un autre point de vue
12:31que du point de vue
12:31de l'intérêt général.
12:33Vous êtes député européen,
12:35vous êtes français aussi
12:36et en France,
12:37on ne peut pas
12:38nous en parler,
12:39on vient d'adopter
12:40la nouvelle loi
12:40agriculture et alimentation.
12:42Est-ce que ce qui a été voté,
12:45ce qui a été décidé là
12:46vous laisse entendre
12:47que tout ça
12:48est un peu cohérent
12:49en glyphosate,
12:50le bien-être animal,
12:51etc.
12:51On n'a pas fait non plus
12:52très très fort
12:54avec cette nouvelle loi.
12:55Est-ce que tout ça
12:55est un peu cohérent ?
12:56Est-ce que ça va
12:57un peu dans le même sens ?
12:57Je parle de cette politique européenne
12:59et de ce qu'un pays
13:01comme la France
13:02peut être en train
13:02aujourd'hui d'adopter
13:03en matière de politique agricole,
13:05en matière d'alimentation,
13:06santé alimentaire, etc.
13:07Est-ce que vous voyez
13:08qu'il y a quelque chose
13:10de commun là-dedans ?
13:11Oui, il y a du commun.
13:14Il n'y a pas de hasard
13:15à cette espèce
13:15de cacophonie française,
13:17je veux dire,
13:18parce qu'on oublie
13:19de parler du fond
13:20et du sens.
13:21quel est l'enjeu
13:22en 2018
13:25agricole et alimentaire ?
13:27Pendant 54 ans
13:28de politique agricole commune,
13:29les conservateurs
13:30et les libéraux
13:30ont cantonné
13:31l'agriculture
13:31au seul secteur d'activité,
13:33ce qui l'a totalement
13:34marginalisé,
13:35parce que ça a donné
13:36la place
13:37à du grand,
13:39donc à du business,
13:39parce qu'on a aligné
13:40depuis 1992
13:41l'agriculture
13:42dans l'OCM,
13:43dans l'OMC,
13:44par exemple,
13:45et donc on a aligné
13:46les prix mondiaux
13:49du marché
13:50et donc on est en train,
13:51on a ruiné
13:51une grande part
13:52de notre agriculture,
13:52de nos territoires.
13:53Si on a la désertification
13:55des montagnes,
13:56des zones de Piémont,
13:57ce n'est pas le fait
13:57du hasard,
13:58c'est le fait
13:58de choix politiques,
13:59guidés par les conservateurs
14:00et les libéraux.
14:01Et quand aujourd'hui,
14:02vous l'avez dit tout à l'heure,
14:03on remet l'agriculture
14:04au cœur du débat politique,
14:06sur quoi nous nous battons
14:07depuis des années maintenant,
14:08donc ici dans ce Parlement,
14:09c'est parce qu'on a fait
14:10prendre conscience
14:11aux citoyens consommateurs
14:13que le lien
14:14entre l'aliment,
14:15donc l'agriculture
14:15et l'alimentation,
14:16c'est un lien réel.
14:17Que des problèmes
14:18de puberté précoce,
14:19des problèmes
14:20donc de fertilité,
14:22des problèmes
14:22de maladies naissantes,
14:23d'orphelines
14:24ou de cancers nouveaux,
14:25il y a du lien.
14:26Ce n'est pas pour faire peur,
14:27c'est pour dire qu'attention,
14:28le dogme n'existe pas
14:29et qu'il faut être vigilant
14:30et que le doute doit persister
14:31dans nos travaux collectifs.
14:33Et que du coup,
14:34on doit remettre
14:35l'enjeu de l'agriculture
14:36et de l'alimentation
14:37au cœur du débat sociétal.
14:38Et en France,
14:39ce qui se passe à l'heure,
14:40c'est du non-choix.
14:41Comme on n'a pas posé
14:42ces questions de fond,
14:43une fois,
14:44on a des paroles très hautes
14:45qui disent
14:46on va interdire
14:46les intrants
14:47ou les glyphosates,
14:48donc, etc.
14:49On va protéger
14:50les populations,
14:51mais dans les faits,
14:52ça ne se traduit pas
14:53par des décisions
14:53politiques réelles.
14:55Ça veut dire
14:55que le débat
14:56n'a pas eu lieu.
14:56Et moi,
14:57je regrette
14:57que ces états généraux
14:58de l'agriculture
14:59que j'avais préconisés,
15:00moi le premier,
15:01n'aient pas donné
15:02in fine
15:03une véritable ligne,
15:04une véritable vision politique
15:05au regard de l'enjeu
15:06qui est devant nous.
15:07L'enjeu qui est devant nous
15:08est certes
15:09un enjeu d'économie agricole,
15:10il faut garantir
15:11et maintenir
15:12le revenu des agriculteurs,
15:13mais il est avant tout
15:14un enjeu de santé humaine,
15:15un enjeu d'environnement
15:16au sens climatique du terme,
15:18de biodiversité,
15:19parce que c'est
15:19notre bien commun,
15:20l'eau,
15:21le sol,
15:22l'air,
15:22donc,
15:23et je crois que nous devons
15:23mener ce combat-là.
15:24Il faut hiérarchiser
15:25les priorités,
15:26il faut que l'aide publique
15:28soit dédiée
15:29au regard d'objectifs politiques.
15:30Et l'échec
15:31des états généraux
15:32en France
15:32sur l'agriculture,
15:33il est celui-là,
15:34c'est qu'on n'a pas posé
15:35ce niveau-là
15:36d'objectivité
15:36ou d'enjeu.
15:37Et ça,
15:38c'est regrettable.
15:39Comment relancer
15:40ce débat sociétal,
15:41alors,
15:41puisqu'on est bien
15:42tous d'accord
15:42pour dire que c'est pas
15:43au niveau des institutions
15:45seulement aujourd'hui
15:46que la question
15:47peut avancer,
15:47finalement ?
15:49Dans notre cas,
15:51depuis quelques jours,
15:53fin de semaine dernière,
15:55il y a quand même
15:56beaucoup d'associations,
15:59de forces politiques,
16:01de parlementaires,
16:03de maires,
16:05qui mènent ce débat,
16:07qui posent des questions
16:07et qui continuent
16:10de demander
16:11que le peu
16:12qu'avait promis
16:14le président de la République
16:17soit mis en œuvre.
16:19Malheureusement,
16:20il s'est presque détourné
16:22de tout ce qu'il avait dit
16:24pendant la campagne électorale,
16:26mais même à l'ouverture
16:27des États généraux.
16:28Parce qu'il y avait des choses
16:29à l'ouverture des États généraux
16:33où, raisonnablement,
16:34on pouvait douter,
16:35par exemple,
16:35la question de la fixation
16:37des prix de la négociation
16:38avec les grandes centrales d'achat.
16:40Moi, j'ai toujours douté
16:41de cela,
16:42de cette méthode-là,
16:44dès lors que les prix
16:45sont tributaires
16:46de décisions
16:47de la politique agricole commune.
16:49Mais,
16:49même si on mettait ça de côté,
16:51le reste d'engagement
16:54que la France aurait pu prendre
16:56et elle aurait pu être
16:58initiatrice
16:58d'un nouveau mouvement
17:01vertueux
17:01dans l'Union européenne,
17:02même ça,
17:03il ne le fait pas.
17:03Et tout le monde,
17:04et je vois dans les associations,
17:06dans les syndicats,
17:07dans des forces politiques,
17:09y compris dans la majorité
17:11présidentielle aujourd'hui,
17:12dans la presse,
17:13c'est très contesté aujourd'hui.
17:16Politique agricole commune,
17:18ça reste quelque chose
17:19de fondamental,
17:20d'important pour l'Europe.
17:22Réellement,
17:22il faut la défendre.
17:24Qu'est-ce qu'on dit aujourd'hui
17:25par rapport à ça ?
17:26Si vous voulez,
17:27c'est très intéressant
17:28ce qui se passe,
17:29même si je ne peux que le regretter,
17:31c'est qu'on n'a pas réglé
17:32la question du positionnement
17:34de l'Union européenne
17:35à l'échelle intercontinentale.
17:36Quelle place doit jouer
17:38l'Union européenne,
17:39donc,
17:40à l'échelle des autres continents ?
17:41Voilà.
17:42Et la question agricole,
17:43elle vient au cœur.
17:44Quand aujourd'hui,
17:45les propositions du commissaire,
17:47c'est de,
17:48au nom de la subsidiarité,
17:49de transférer les niveaux
17:50d'objectifs de la future PAC
17:51à l'échelle des États membres,
17:53c'est un non-sens.
17:54D'où la tentation,
17:55effectivement,
17:55Il y a une tentation très forte
17:56de, disons,
17:57il y a moins de crédit,
17:58et donc on va renationaliser
17:59et demander aux États membres
18:00de cofinancer.
18:01C'est pas sérieux.
18:02Il y a un marché,
18:03et donc, effectivement,
18:04il y a un projet politique
18:05à construire à l'échelle
18:06de 500 millions d'Européens,
18:07au lieu de l'affronter
18:09et de dire,
18:09voilà les enjeux forts
18:11à moyen et long terme
18:12sur lesquels il nous faut
18:13aller collectivement,
18:14non,
18:15on abandonne,
18:16si vous voulez,
18:16cette vision
18:16et cette lecture politique-là
18:18au sens éthique logique
18:19de la vie de la cité
18:20et on se replie
18:21sur les États membres.
18:22Mais les États membres,
18:23s'ils ne veulent pas contribuer
18:24au budget,
18:25c'est-à-dire qu'ils considèrent
18:25qu'il n'y a pas les moyens,
18:26ils ne vont pas contribuer
18:27à mettre en œuvre
18:28la future PAC.
18:29Si la commission
18:30se décharge
18:31sur les États membres,
18:32il faudra bien
18:32que quelqu'un contrôle
18:33la PAC,
18:34la mette en œuvre.
18:35Les États n'ont pas les moyens.
18:36Ils vont faire quoi ?
18:37Ils vont embaucher du personnel.
18:38Ils vont prendre les crédits.
18:39Où ?
18:39Ils vont les prendre
18:40sur la PAC.
18:41Cet argent-là n'ira pas
18:42dans les poches
18:43des agriculteurs.
18:44Donc il faut être sérieux.
18:45Je pense que nous,
18:45nous avons le devoir
18:46dans les mois qui arrivent
18:47de dénoncer
18:48l'incongruité
18:49de la proposition
18:49et de dire
18:50que l'enjeu
18:51de l'emploi
18:52sur les territoires ruraux,
18:53l'enjeu alimentaire,
18:54l'enjeu économique
18:55du maintien des revenus,
18:56l'enjeu environnemental,
18:58ce ne sont pas
18:59des questions mineures
19:00et que nous devons
19:01en responsabilité
19:02mettre les moyens
19:02là où il se doit
19:04pour pouvoir garantir
19:05l'ambition
19:06d'une politique
19:08commune européenne.
19:08Parce qu'on a
19:09une place à jouer
19:10à l'échelle intercontinentale,
19:12mais ça nous implique
19:12à changer de modèle agricole.
19:14Ça a été dit,
19:15il faut vraiment
19:15qu'on appréhende
19:16l'agriculture
19:16avec un nouveau regard.
19:18C'est un contexte sociétal
19:19totalement nouveau
19:20pour les 20 ans
19:21qui arrivent.
19:22Il y a deux manières
19:22de l'entendre communes
19:23aujourd'hui,
19:24communes bien sûr
19:24entre les États européens
19:26mais communes aussi
19:26entre l'Europe
19:28et les autres continents.
19:30Bien sûr.
19:31Ça veut dire quoi ?
19:32Qu'il va y avoir
19:32un débat très serré
19:34qui s'enlèrage là ?
19:35Parce qu'en plus,
19:36ça va devoir aller vite.
19:37On a l'impression
19:38qu'avant les élections européennes,
19:40la Commission européenne
19:40voudrait que cette affaire
19:41soit bouclée.
19:43Il va y avoir
19:43vraiment un débat dur
19:44qui va commencer
19:46là,
19:47comme on voyait les choses.
19:48Oui, forcément,
19:48parce que dans le prolongement
19:49de ce que dit Éric,
19:51il y a deux aspects
19:54qui sont très,
19:55très inquiétants.
19:56C'est la concurrence
19:58à l'intérieur
19:59de l'Union européenne
20:00avec le fait
20:01qu'on ne règle pas du tout
20:05la question du type
20:07d'agriculture qu'on veut.
20:08C'est-à-dire,
20:09on laisse plutôt
20:09la tendance
20:12aux exploitations
20:13industrialisées.
20:14Comme nous en avons...
20:15Ça commence un peu
20:16en France.
20:18Les fermes des milvages,
20:19Les fermes des milvages,
20:20les milvaux ailleurs,
20:22l'accaparement
20:23de nos vignobles
20:24par des différentes trusts,
20:28mais aussi des pays étrangers,
20:29dont la Chine.
20:30Et ça,
20:31c'est une question
20:32terrifiante.
20:33Cette concurrence-là
20:35va éliminer
20:36justement
20:37ce qui
20:38peut être
20:39la base
20:40d'une transition
20:41vers un autre modèle
20:43de production,
20:46de distribution
20:46et de consommation.
20:47Et puis,
20:48il y a l'autre
20:49versant de cela
20:50qui est aussi
20:51très inquiétant
20:52et qui est
20:53une somme
20:55de,
20:55quelque sorte,
20:57le désarmement
20:58de la politique
20:58agricole commune
20:59puisque,
21:00en ce moment même,
21:01dans les traités
21:02de libre-échange
21:03qu'on est en train
21:03de faire,
21:05on marchande
21:06l'agriculture,
21:07on marchande
21:08des quotas
21:09d'importation
21:09de lait,
21:10de mouton,
21:11de viande bovine
21:12contre de prétendus
21:15marchés
21:15pour notre industrie.
21:17Or,
21:17ce qui se passe,
21:18c'est que pour l'instant,
21:19nous n'avons
21:20ni l'un ni l'autre.
21:20Nous n'avons pas
21:21de développement
21:22de vente
21:23des avions Airbus
21:25avec le Brésil
21:26que je sache
21:27alors qu'on va
21:28prendre des quotas
21:28d'importation
21:29de viande
21:31du Mercosur.
21:32Donc,
21:32il y a quand même
21:34un lourd problème
21:35dont tout le monde
21:37devrait s'inquiéter,
21:39les producteurs
21:40comme les consommateurs.
21:41On suivra,
21:42on continuera,
21:42bien sûr,
21:43à suivre cette question
21:43puisque ça va être
21:44un débat extrêmement important
21:45dans les mois qui viennent.
21:46Merci à vous,
21:47merci beaucoup,
21:48au revoir
21:48et merci à vous
21:49qui nous avez suivis,
21:49au revoir.
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