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Les tests sur la nocivité des vapeurs de diesel, effectués par des constructeurs automobiles allemands sur des humains et sur des singes, posent des questions fondamentales sur la manipulation des recherches scientifiques par les multinationales. Débat avec les eurodéputé.e.s Christine Revault d'Allonnes, Pascal Durand et Younous Omarjee.
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00:11Bonjour à tous et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15Encore un scandale qui éclabousse les constructeurs automobiles allemands
00:19qui auraient financé un centre de recherche qui fait des tests de nocivité de vapeur de diesel
00:26sur des humains et sur des singes. Certains autour de cette table d'entre vous ont parlé de monkey gate,
00:31nouveau tollé donc en Europe. Comment est-ce qu'on en est arrivé là et surtout comment faire pour que
00:36ça change ?
00:37On en parle avec vous. Christine Ravaud-Allonne, bonjour. Bonne fois. Je rajoute l'autre partie de votre nom.
00:42Vous êtes député socialiste et démocrate, c'est important. Younous Omarji, merci d'être là bien sûr.
00:47Younous Omarji, vous êtes député gauche unitaire européenne gauche verte Tordic et puis Pascal Durand,
00:52vous êtes député Vert Alliance Libre Europe. Alors en deux mots, on rappelle les faits,
00:55une agence américaine, une enquête judiciaire américaine qui a été relayée en Europe par un journal allemand,
01:02le Stuttgart Zeitung, qui a révélé que plusieurs constructeurs allemands, donc il y a là-dedans Volkswagen,
01:07il y a Daimler et puis il y a BMW. Il y a Bosch. Il y a Bosch d'équipe
01:10mondiale.
01:11Voilà, et Bosch, voilà. Oui, on complète à la...
01:12A chaque fois, on vit, c'est dans la chaîne. Voilà, Bosch n'est pas loin.
01:15Les Français auraient financé, donc, ont financé un centre de recherche privé pour effectuer des tests de nocivité de vapeur
01:23de diesel
01:23sur des singes et sur des humains. C'est vrai que ça fait un peu froid dans le dos quand
01:27on le dit comme ça.
01:28Et ça pose surtout une série de problèmes. Qui a le droit, et je pense que les gens qui nous
01:33écoutent,
01:34les citoyens européens ont le droit de savoir, qui a le droit de faire des tests scientifiques,
01:38dans quel but, qu'est-ce qui garantit la validité de ces tests, sachant, on en parlera, vous en parlerez
01:42tout à l'heure,
01:43qu'un grand nombre de décisions qui sont prises à l'échelle de l'Union européenne sont prises sur la
01:47base de tests.
01:49C'est très important. C'est pas simplement une question technique ni une question juridique.
01:52C'est aussi une question, je crois que vous allez nous le dire aussi, de démocratie, tout simplement.
01:57En quoi les citoyens, au fond, peuvent-ils avoir confiance ? C'est peut-être ça, la vraie question.
02:01Alors, simplement, votre réaction quand vous avez encore appris une nouvelle fois cette histoire de scandale.
02:06Et puis, surtout, expliquez-nous peut-être un peu s'il y a une réglementation européenne,
02:11où on en est de cette réglementation européenne sur les tests. Parce que là, c'est quand même un gros
02:15couac.
02:15On commence avec vous, Christine Vaudanane.
02:17Il y a une réglementation européenne, et elle est relativement précise sur la question des tests,
02:22que ce soit sur les animaux ou sur les humains, évidemment.
02:25Simplement, le problème que nous avons là sur cette affaire, c'est que c'est pas encore extrêmement clair
02:30sur les conditions dans lesquelles ils les ont faites, s'ils ont obtenu les autorisations,
02:34ce qui me paraît extrêmement compliqué, compte tenu de ce qu'ils ont voulu faire,
02:39et pourquoi il n'y a pas eu de procédure pour les sanctionner immédiatement.
02:44Ce qui est vraiment désolant, c'est qu'il y ait encore ce genre de choses qui sortent.
02:48Et pourtant, c'est pas récent, ça date de 2014.
02:51Les premières informations, on est en 2018.
02:54C'est 4 ans après qu'on apprend qu'il y a ce genre de tests qui sont faits.
02:58Normalement, les normes sont là.
02:59Mais c'est un problème récurrent qu'on a au niveau européen.
03:02On fait des normes que vote le Parlement européen.
03:06Généralement, de façon beaucoup plus restrictive que la façon dont lisse le Conseil des États membres derrière nous.
03:10Et après, on n'a pas la procédure de contrôle, d'évaluation et de sanction dès lors qu'elles sont
03:18frappes.
03:18On ne suit pas la totalité du processus.
03:20Et donc, la protection des Européens, elle passe à la trappe.
03:24Et ça, c'est insupportable.
03:26Alors, c'est vrai qu'après les logiciels truqués de Volkswagen pour diminuer les émissions de gaz,
03:31ça fait tout de même beaucoup dans la barque.
03:34Donc, Pascal Durand, vous en pensez quoi ?
03:37Comment vous avez réagi encore une fois sur cette affaire ?
03:41Parce qu'à force de parler de scrandale, on use un peu le mot aussi.
03:44Alors voilà, le problème, c'est qu'on s'aperçoit petit bout par petit bout
03:48que l'industrie automobile se comporte à peu près de la même manière dont s'est comportée dans le temps
03:54l'industrie du tabac
03:55et dont elle continue à se comporter d'ailleurs.
03:57C'est-à-dire, et sans mauvais jeu de mots, derrière des écrans de fumée
04:01qui ont vocation à porter atteinte au crédit d'études scientifiques réelles, connues,
04:10qui ont été publiées selon des procédures qui sont des procédures transparentes
04:14ou qui émanent de l'OMS, de l'Organisation Mondiale de la Santé ou autres,
04:18ils essayent de semer le doute.
04:20Et donc, ils inventent leur propre système d'analyse, leur propre laboratoire.
04:25Évidemment, ces laboratoires qui n'ont aucune indépendance,
04:27qui sont payées directement par les lobbies industriels,
04:30avec la complicité de grands noms, de professeurs de médecine,
04:36de parfois de prix Nobel ou autres,
04:37qui viennent faire des ménages,
04:40qui se font payer pour mettre leur nom sur ces études.
04:44Et effectivement, on arrive à une situation qui est une situation très difficile,
04:48qui est le doute qu'on essaye d'inciter petit bout par petit bout sur une réalité
04:57qui est une réalité, Christine le répète souvent dans la commission transport,
05:01mais pas simplement dans la commission transport,
05:03une réalité qui touche 400 000 citoyens européens par an
05:08sur des décès prématurés liés à des maladies respiratoires.
05:11C'est des ouvriers qui travaillent dans des conditions qui sont scandaleuses.
05:15Ce sont des bébés qui respirent des émissions toxiques
05:20quand ils se promènent dans leur landau dans la rue.
05:22Voilà, c'est ça la réalité.
05:24Donc, évidemment, on ne devrait pas jouer avec ça.
05:26La loi du profit que les industriels, là, défendent,
05:32évidemment, est contraire à l'intérêt général européen.
05:36Alors, Yannou Sparchi, on pourrait même dire que là,
05:38il y a plusieurs scandales dans le scandale.
05:39Il y a aussi le scandale des testes, tout simplement, eux-mêmes, j'allais dire,
05:43qui posent quand même un certain nombre de problèmes,
05:45en dehors de ce qui vient déjà d'être dit.
05:47C'est une affaire qui ouvre sur plusieurs sujets
05:51et qui est d'une telle violence
05:53qu'on n'a pas besoin, au fond, d'en rajouter avec la violence des mots,
05:58tellement que cela a pu choquer plusieurs sujets.
06:02Il y a aussi la question de l'expérimentation animale,
06:07qui est un combat qui doit être menée
06:11par rapport aux utilisations des animaux aujourd'hui
06:14par les laboratoires pharmaceutiques.
06:17Pascal et moi, on est très engagés sur cette question
06:20et on essaie de promouvoir des alternatives
06:23à l'expérimentation animale.
06:25Mais ce que je veux dire,
06:27concernant les cobayes humains,
06:30cela renseigne aussi sur l'état de notre société.
06:34Comment se fait-il que des personnes
06:37qu'on présente comme volontaires
06:39puissent accepter de respirer des gaz toxiques ?
06:44Cela montre leur situation de faiblesse extraordinaire,
06:49sans doute pour des raisons d'argent,
06:51parce qu'elles sont dans la pauvreté
06:53ou ce sont des étudiants qui ont besoin de se faire de l'argent.
06:56On doit aussi se poser la question sur
06:59comment cela peut germer dans l'esprit de personne
07:03que de faire respirer des gaz toxiques à des singes
07:06et à des cobayes humains.
07:08Notre société est une société malade.
07:11Et l'industrie automobile en particulier,
07:15mais les industriels en général,
07:18tous ces lobbies contre lesquels nous nous battons,
07:20c'est une occupation, vous savez, à temps plein
07:22pour les députés européens,
07:24qui n'est pas terminée,
07:25par appétit du gain,
07:28sont prêts à tout,
07:29renoncent à toute morale,
07:32à toute loi et à toute éthique.
07:34Et ici, nous sommes au Parlement européen
07:36et nous avons le devoir de ramener la loi
07:39et de ramener l'éthique
07:41dans la gestion des affaires publiques.
07:45Et c'est pourquoi j'ai demandé une enquête
07:48et que nous demandons des sanctions
07:50contre les industriels,
07:52c'est extrêmement important.
07:54Mais le problème, c'est qu'effectivement,
07:56il faut qu'il y ait les sanctions.
07:57La réponse de la commissaire Binkowska sur cette affaire,
08:00c'est je me retourne devant les États membres
08:04et là, typiquement, il s'agit de l'Allemagne
08:06pour qu'elle mette en place ces sanctions
08:08parce qu'aujourd'hui,
08:09les sanctions ne peuvent pas être directement portées
08:11par la Commission européenne
08:13vers les industriels qui ont été clairement cités.
08:17Il faut passer par le filtre de l'État.
08:20Et on sait très bien que,
08:22et on l'a vu sur la première phase du Dieselgate,
08:25que les États membres,
08:26par rapport à leurs constructeurs automobiles,
08:29typiquement l'Allemagne,
08:30ils mettent beaucoup, beaucoup de freins
08:33pour aller jusqu'au bout du processus.
08:34Beaucoup de mauvaise volonté.
08:35Et considérer que protéger l'industrie
08:37au prétexte qu'on protège l'emploi
08:40est plus important que protéger la situation
08:42de leurs travailleurs
08:44et de l'ensemble des Européens,
08:46c'est absolument abominable.
08:48On est nul en protection des citoyens
08:50au niveau européen
08:51et c'est un enjeu majeur.
08:52Et tu as raison,
08:53c'est un enjeu de démocratie européenne aussi.
08:56Parce qu'aujourd'hui,
08:57il n'existe pas d'autorité européenne
09:02totalement indépendante.
09:02Ils n'en veulent pas et laissent aux États membres
09:05le soin de protéger.
09:06Allez-y.
09:07Juste ajouter un mot.
09:08Là, quand même, la réalité,
09:09ce qu'on oublie un peu de dire,
09:11mais nous, on le sait,
09:12mais il faut le rappeler,
09:13c'est que si ces tests sont mis en œuvre
09:15par Volkswagen et ses amis,
09:17c'est pour essayer d'échapper
09:20à une réalité objective
09:23qui est celle des logiciels truqueurs
09:26dans les émissions de leurs véhicules.
09:27C'est-à-dire que plutôt
09:29que d'écouter ce qu'a dit
09:30la commission d'enquête,
09:32ce qu'ont dit les autorités américaines,
09:34etc.,
09:34plutôt que d'essayer
09:35de faire des voitures
09:37qui polluent moins
09:38et qui ne soient pas attentatoires
09:39à la santé des gens,
09:41plutôt que de respecter les normes,
09:42on préfère truander.
09:44Il n'y a pas d'autres mots.
09:45Je veux dire,
09:45ça serait n'importe...
09:46Un gamin ferait ça à l'école,
09:47il serait exclu.
09:48Mais je veux dire,
09:49il faut arrêter.
09:50Eux, ils font ce qu'ils veulent,
09:51ils trichent,
09:52ils montent,
09:53ils polluent,
09:54ils assassinent
09:55de manière quasi indirecte,
09:57mais il y a quand même ça.
09:58Je veux dire,
09:58il y a des gens qui meurent
09:59à cause de ces comportements-là
10:01et puis,
10:02on nous explique
10:03que bon, finalement...
10:05Et ce qui est terrible,
10:06pour rebondir juste
10:07sur ce qu'a dit Christine
10:09tout à l'heure,
10:11les salariés
10:12n'y gagnent rien.
10:13C'est-à-dire que le chantage
10:14qu'on est en train de nous faire
10:15en disant
10:16oui, mais avec vos normes,
10:17vous portez atteinte à l'emploi.
10:18L'emploi en Europe,
10:19dans l'industrie automobile,
10:21il est en train de mourir
10:22justement de ces comportements-là.
10:24Il suffit d'aller
10:24à la sortie d'une usine
10:25pour le savoir.
10:26Ça n'est pas protéger
10:27l'emploi en Europe
10:28que de laisser les constructeurs
10:31frauder la loi
10:31et continuer à développer
10:33des particules gaiselles
10:34qui portent atteinte
10:35à la santé des gens.
10:36Simplement une petite question,
10:37un petit éclairage
10:38sur cette collusion
10:39dont vous avez parlé tout à l'heure
10:40entre la recherche,
10:41certains scientifiques,
10:43et les intérêts privés
10:44et les recherches faites
10:45par les multinationales.
10:47C'est-à-dire,
10:48c'est pareil,
10:48c'est une question de fond aussi
10:49de démocratie
10:50qui intéresse tout le monde.
10:53comment faire
10:54pour que cette promiscuité dangereuse
10:58on passe par...
10:59On a tous une réponse,
11:00moi, si je puis me permettre.
11:01C'est juste un point
11:01qui est très important
11:02pour nous.
11:04C'est le fait de développer
11:05et de financer
11:06une expertise européenne
11:07indépendante.
11:08Indépendante.
11:09qui ne soit plus
11:10directement liée
11:11aux intérêts financiers
11:13ou aux intérêts égoïstes
11:15de certains États.
11:16Il faut arrêter
11:16la schizophrénie.
11:17On ne peut pas demander
11:18à un État
11:19qui a des centaines
11:20de milliers d'emplois
11:21liés à l'industrie automobile
11:22d'être objectif
11:24sur ces sujets-là.
11:24Vous devez savoir,
11:26et j'espère que j'aurai
11:27le soutien
11:27de vos groupes politiques,
11:29que j'ai objecté
11:30contre un règlement,
11:33enfin un acte délégué
11:34de la Commission européenne
11:35qui confie le soin
11:37de lutter contre
11:39le commerce parallèle
11:40et criminel du tabac
11:43à l'industrie du tabac.
11:45Et c'est quelque chose
11:46d'extrêmement grave.
11:48Et ce que nous demandons,
11:50c'est que l'Union européenne
11:51se dote des moyens
11:53de contrôle et de surveillance
11:55plutôt que de s'en remettre
11:56à ceux qui alimentent
11:58ce marché criminel.
11:59Sur le dossier,
12:00des perturbateurs,
12:01enfin endocriniens,
12:02des pesticides,
12:03du glyphosate,
12:04du tabac.
12:05C'est ce qu'on va lui dire.
12:05C'est toujours la même affaire.
12:06Les EGM, etc.,
12:07on a eu tous ce même problème
12:08à chaque fois.
12:09Tous.
12:10Et donc,
12:10si nous voulons progresser
12:11pour la démocratie européenne,
12:13il faut poser des principes
12:15forts,
12:17experts,
12:18indépendants,
12:19autorités
12:19et financement indépendants.
12:21C'est pas très colloquée,
12:22finalement.
12:23Ma proposition,
12:24c'est pas que ma proposition,
12:25c'est ce qu'on a dit
12:27dans la commission d'enquête
12:28du Parlement européen
12:29sur l'affaire du diesel
12:30parce qu'on l'a observée.
12:32La collusion
12:33entre le centre communautaire
12:35de recherche,
12:35le GRC,
12:36avec les lobbies
12:38industriels
12:38qui ont fait,
12:40en fait,
12:40qui ont préparé
12:41les lois,
12:42les normes
12:42et les façons
12:43de pouvoir les détourner,
12:45c'est parce qu'ils ont
12:46un accès direct
12:47à la commission
12:47sur la procédure
12:49d'élaboration de la loi
12:50et de suivi de la loi.
12:52Et ça,
12:53c'est plus possible.
12:54On l'a indiqué
12:54dans la commission d'enquête
12:55et ça a été acté
12:56par un vote majoritaire
12:57des députés européens.
12:58C'est terminé.
12:59La commission européenne
13:00ne peut plus uniquement
13:02travailler avec ces secteurs
13:04qui sont ensemble
13:05et sans en faire venir
13:07jamais
13:07les associations
13:09de consommateurs,
13:10les associations
13:11ONG type transport
13:13et environnement
13:13qui peuvent aussi
13:14et doivent aussi
13:15être présents
13:16dans le débat.
13:17Mais on a vraiment
13:18cette difficulté-là
13:19de sortir de l'Union européenne
13:22économie de marché
13:23à l'Union européenne
13:25pour les citoyens européens
13:27où tout est mis sur la table
13:28et on n'est pas
13:29au service
13:30de lobby industriel.
13:31C'est plus possible.
13:32C'est un vrai chantier, quoi.
13:34C'est un vrai chantier
13:36auquel tout le monde
13:37est attentif, quand même.
13:38C'est la question,
13:39une des questions majeures
13:40et je crois qu'on le porte
13:41tous les trois,
13:42mais au-delà de nous,
13:43mais c'est une question majeure
13:44de la démocratie
13:45au XXIe siècle,
13:46les espaces de défense
13:48de l'intérêt général.
13:50Pendant des années,
13:51le service public
13:51a joué ce rôle-là.
13:52Le service public,
13:53pour des raisons X ou Y,
13:54a été détruit,
13:55on le définance,
13:56on le marginalise,
13:57on les rôde dans l'extérieur.
13:58Il faut qu'on arrive
13:59à reconstituer
14:00des espaces
14:01qui soient des espaces
14:02où, effectivement,
14:04on puisse défendre
14:05l'intérêt général européen.
14:06J'ai un dernier point,
14:07peut-être là,
14:07je ne vais pas me faire
14:08que des amis,
14:08mais je vais le dire quand même.
14:09Les syndicats aussi
14:10ont une part de responsabilité
14:12dans cette situation.
14:13Les syndicats ont la capacité
14:15aussi d'agir
14:17à l'intérieur des industries,
14:18à l'intérieur
14:19des branches professionnelles
14:20pour faire en sorte
14:21que ces scandales
14:21ne soient pas non plus
14:23étouffés en interne.
14:24Ça devient un enjeu
14:26de démocratie sociale.
14:27On ne les voit pas
14:28souvent au sein d'ailleurs,
14:28je ne vais pas m'ajouter.
14:29On ne les voit pas
14:30c'est au nom de la défense
14:30de l'emploi,
14:31je comprends très bien,
14:32mais ça n'est pas vraiment
14:33défendre l'emploi,
14:34encore une fois,
14:35que laisser se développer
14:36ce type de pratique.
14:38Il faut que nous soyons
14:39tous unis,
14:40tous unis,
14:41tous ceux qui défendent
14:41l'intérêt général
14:42et les camarades syndicalistes
14:46seraient vraiment
14:46les bienvenus
14:47sur ce chantier-là.
14:48Et tu vois,
14:48lorsqu'on disait
14:50que cette Europe
14:51est l'Europe des multinationales
14:53et l'Europe des banques,
14:54on nous disait
14:55mais vous,
14:55vous êtes d'extrême gauche
14:56et vous êtes radicale.
14:58Eh bien,
14:58je pense que les faits,
15:00malheureusement,
15:01parlent pour nous.
15:01On voit que c'est
15:02comme ça que ça marche.
15:03Alors,
15:03perpétuelle question,
15:04ce sera la dernière,
15:05au-delà de la dénonciation
15:06de ce scandale,
15:07encore une fois,
15:08qu'est-ce que vous faites,
15:10qu'est-ce que vous allez faire,
15:11sur quoi vous allez vous engager
15:12là maintenant concrètement
15:13tout de même ?
15:15Christine Ronalane.
15:16Il faut ne pas lâcher
15:18sur les procédures d'infraction,
15:21il y en a cinq
15:21qui concernent la France,
15:23qu'a lancé la Commission européenne
15:25parce qu'elle n'a pas respecté
15:26un certain nombre de normes
15:27liées aux différentes pollutions
15:29qui existent.
15:30Sur cette question-là,
15:31il y a une opacité aujourd'hui,
15:33c'est-à-dire qu'on sait
15:34quels sont les pays
15:35ciblés par une infraction
15:36de la Commission européenne.
15:37En revanche,
15:38on n'a pas accès
15:39aux échanges d'informations
15:40qui se donnent
15:41les uns les autres
15:42et quand la commissaire
15:43Binkowska revient vers nous
15:44en nous disant
15:45« j'ai relancé »,
15:46ce n'est pas suivi des faits.
15:48Donc là,
15:49on a un problème
15:49dans le processus législatif
15:51qui est son évaluation
15:52et le système de sanctions.
15:54Donc là-dessus,
15:55il faut qu'on avance davantage
15:57dans la protection
15:57des consommateurs,
15:58dans la protection démocratique
15:59des Européens
16:00pour que quand il y a
16:01une procédure d'infraction lancée,
16:03l'État est mis en demeure,
16:04faute de quoi ?
16:05Eh bien moi,
16:05je pense qu'il faut
16:06qu'il y ait des sanctions financières derrière.
16:08Il n'y a que ça qui fonctionne.
16:10Pascal Durand
16:11veut immédiatement
16:12la que faire, donc ?
16:14Qu'un certain nombre
16:15de politiques
16:16arrêtent d'avoir
16:17des doubles langages
16:18et des doubles actes,
16:19c'est-à-dire que
16:19si on veut
16:20une Europe qui protège,
16:22si on veut effectivement
16:23mettre un terme
16:24à un certain nombre
16:25de pratiques
16:25qui sont des pratiques
16:26frauduleuses et illégales,
16:27il faut que les sanctions tombent.
16:29Il faut qu'à un moment,
16:31on ne nous explique pas
16:33que oui,
16:34l'Europe, etc.
16:35et puis à côté de ça,
16:36au moment des votes,
16:37moi, typiquement,
16:38à la suite de la commission
16:39d'enquête émise,
16:40j'ai vu,
16:41mais pour l'avoir vécu
16:42au quotidien,
16:43comment la droite,
16:44notamment,
16:45et une partie des libéraux,
16:46se sont opposés,
16:48et quand je dis une partie,
16:49malheureusement,
16:50la quasi-totalité,
16:51se sont opposés
16:53à mettre en œuvre
16:55des éléments clairs
16:56de contrôle
16:57et de surveillance de marché.
16:58Donc,
16:59il faut sortir
17:00du double langage,
17:01c'est insupportable,
17:02et donc,
17:03il faut concrètement
17:05que des majorités politiques
17:06se fassent ici
17:07pour défendre l'intérêt.
17:08un peu au même point.
17:09– Et toujours.
17:10– Et je crois que ça sera toujours
17:12la même conclusion.
17:13– Jusqu'à ce qu'on y arrive.
17:15– Un mot de conclusion,
17:16alors du coup,
17:16de la conclusion,
17:17de la conclusion.
17:17– Immédiatement,
17:18continuer les combats,
17:20les combats sur le glyphosate,
17:22les combats sur le tabac,
17:24les combats sur le paquet mobilité.
17:26– Ce qu'ils disent là,
17:27c'est toujours pas fini quand même.
17:29– Ah mais non,
17:29mais avec l'argent qu'ils mettent,
17:31ils ont tant que tenir longtemps.
17:32– Concernant le paquet mobilité,
17:33on sait que déjà,
17:34la commission européenne
17:35est en deçà
17:36de tout ce qu'on attendait
17:38concernant les émissions de CO2.
17:40On va recevoir en commission en vie
17:42la commissaire
17:43et je vais lui poser la question
17:45parce que la presse
17:46en a fait état
17:47des coups de téléphone
17:48entre l'industrie automobile
17:50et la commission
17:52pour aller dans le sens
17:53de la baisse des exigences.
17:55Donc il y a beaucoup de combats,
17:57c'est toujours les mêmes combats
17:59contre cette collusion
18:00entre la commission européenne
18:02et les lobbies
18:02et l'Europe qui protège
18:04c'est une incantation
18:05mais malheureusement
18:06la réalité
18:07c'est qu'aujourd'hui
18:08elle fragilise
18:09tous les citoyens européens.
18:10– On suivra,
18:10comme on dit toujours rituellement
18:11autour de ces tables,
18:12on va bien sûr suivre ça
18:13de très près.
18:14Merci à vous,
18:15merci à vous qui nous avez suivis
18:16et puis ne manquez pas
18:18l'autre débat
18:19sur le site de l'humanité.fr
18:20qui est consacré
18:21à la situation en Turquie,
18:23à l'attaque de la Turquie
18:25contre le canton d'Afrine
18:26en Syrie
18:27peuplé en majorité
18:28par les Kurdes.
18:29Merci à vous,
18:30à bientôt,
18:30au revoir.
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