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Au moment où l'Europe exige de nouvelles mesures d'austérité de plus en plus dures qui empêchent toute relance de l'activité économique en Grèce, le député européen Stélios Kouloglou ( GUE-GVN ), membre de Syriza, dénonce la torture sans fin infligée par l'Europe à son pays. Entretien.

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Transcription
00:11Bonjour, bienvenue dans ce débat, cette interview au Parlement européen de Strasbourg.
00:17Bonjour à vous tous. La Grèce est-elle à nouveau en danger ?
00:21On a l'impression de se retrouver un petit peu dans une situation comparable à celle qu'a connue le
00:25pays il y a un an et demi.
00:26Oui, nouvelle mesure de rigueur, on entend exiger par l'Europe, menace de sortie de l'euro.
00:33Si on écoute certains, en tout cas, le tableau continue un peu de s'assombrir.
00:39Avec vous, Stelios Koulouglou, bonjour. Nous allons faire le point sur la situation de votre pays.
00:44Je rappelle que vous êtes député européen, vous faites partie du groupe de la gauche unitaire européenne, gauche verte nordique,
00:51et vous êtes également membre de Syriza.
00:52Alors, le Parlement européen, c'est pour ça qu'on en parle aussi avec vous, a débattu à nouveau sur
00:58la situation de la Grèce ce mardi.
01:01Tout d'abord, en deux mots, quelle est la situation financière de la Grèce ?
01:05Et pourquoi est-ce que la question revient en ce moment dans le débat ?
01:09Tout le monde semble dire que les exigences de l'Europe ont été largement respectées par la Grèce,
01:14au-delà même de ce qui avait été signé il y a un an et demi.
01:17Où est-ce qu'on en est réellement aujourd'hui ? Puisqu'il y a débat sur cette question-là.
01:21Écoutez, parce que, comme vous venez de dire, la Grèce se trouve encore en danger.
01:27Parce que les otages se trouvent toujours en danger.
01:32Et la Grèce a été prise d'otages de créanciers, et plutôt de Berlin, de M. Schäuble.
01:39M. Schäuble, le ministre des Finances allemagne, traite la Grèce comme un otage sur lequel on peut imposer n'importe
01:51qui, demander des rançons, de dire comme ça.
01:54Alors, malgré le fait que la Grèce a accompli tout...
01:59C'est ça. Tout le monde est d'accord là-dessus.
02:02Ah oui, bien sûr. À partir de Dyssenblum, Juncker, Moscovici, je ne sais pas, Dobrovski, et puis là, tout le
02:11monde.
02:11Les chiffres, pas la vie quotidienne déjà, qui n'a pas été encore améliorée, mais les chiffres sont améliorables.
02:21C'est les chiffres qui avaient été demandés, qui avaient été exigés, disons-le, par l'Europe, les instances européennes
02:28et la Troïka.
02:30Ces chiffres-là, la Grèce y répond complètement aujourd'hui.
02:32Ah oui, absolument. Il était meilleur que prévu.
02:35Mais quand même, on dit non, non, non, il faut encore.
02:37Maintenant, ils demandent que le gouvernement d'aujourd'hui adopte des lois qui vont s'appliquer après la fin du
02:50mémorandum, après la fin de l'accord.
02:54Ils disent que pour les années qui viennent, il faut aussi adopter des mesures d'austérité.
03:00plus dures que celles d'aujourd'hui. Sinon, alors sinon, on va avoir une crise, comme c'était le cas
03:07il y a deux ans.
03:08Alors, à la fin, comme vous devriez payer la dose, la dette, rembourser la tranche de la dette, alors on
03:23va vous faire menacer, citer, tout ça.
03:27Alors, il y a une échéance, entre guillemets, en tous les cas, rendez-vous le 20 février, dans quelques jours.
03:33Qu'est-ce qui se joue à ce moment-là ?
03:36Alors, il y a deux pôles. L'Allemagne, avec M. Sohib, l'Allemagne, qui ne veut pas, qui ne veut
03:46pas accepter que la dette n'est pas soutenable.
03:51À cause des raisons électorales. Il y a les fonds monétaires internationaux qui disent que, moi, je suis en faveur
04:00de...
04:01De la réduction de la dette, disons, de la restructuration, comme on dit, de la dette.
04:05Qu'est-ce que vous voulez. Mais s'ils ne voulaient pas faire ça, parce que vous avez des élections,
04:11alors il faut faire la Grèce souffre.
04:17Souffrir. Faire la Grèce souffre. Alors, comment la faire souffrir ? On adopte d'aujourd'hui des mesures supplémentaires d
04:24'austérité.
04:24Alors, il y a des... Il y a comme des monstres qui se battent entre eux. Et alors, c'est
04:30la Grèce qui paye le prix.
04:31C'est ça. Mais alors, ce qu'on a envie de comprendre, effectivement, c'est pourquoi, d'un côté, en
04:36gros, on va dire, quand même,
04:37Choblet, vous le disiez, le ministre allemand, et d'un autre côté, finalement, les institutions européennes qui sont assez favorables
04:43à la Grèce à l'heure actuelle,
04:45et le FMI, ce qui n'était pas forcément le cas il y a un an et demi, qui est
04:50plus favorable, effectivement, à rediscuter une baisse de la dette grecque.
04:54Pourquoi cette opposition à l'heure actuelle ? Pourquoi ce blocage qui fait que la situation redevient dangereuse pour la
04:59Grèce ?
05:00Parce qu'il y a des raisons politiques. À la fois, je pense que les chrétiens démocrates d'Allemagne veulent
05:08utiliser la carte grecque au débat politique avant les élections,
05:14en disant qu'en adoptant une position punitive envers la Grèce, et la punition infavorable à la Grèce à l
05:23'Allemagne.
05:23La punition éternelle, voilà.
05:25Oui, il faut punir le pêcheur. Et puis, je pense qu'il y a aussi Choblet, qui a une idée
05:34de changer toute l'Europe,
05:37Choblet veut utiliser la crise grecque pour changer l'Europe, pour établir, même au niveau institutionnel, l'hégémonie germanique en
05:49Europe.
05:49C'est un terrain d'expérimentation. Juste un petit mot, on n'a pas beaucoup de temps. Quelle est la
05:53situation économique, sociale en Grèce aujourd'hui ? Comment va la Grèce ?
05:57Non, c'est très difficile. Ça devient de plus à plus difficile, parce qu'on impose toujours de nouveaux impôts,
06:09de mesures d'austérité, selon le memorandum.
06:12Maintenant, il demande davantage. Ce qui est énorme, c'est terrible. Ce n'est pas justifié du tout. Mais on
06:20espère que, comme les chiffres améliorent,
06:25tous les chiffres sont envers, à ce moment-là, que ça sera un petit peu... On va voir ça dans
06:38le mois qui vient.
06:39Comment on peut aider la Grèce ? Qui peut aider la Grèce ? Comment, aujourd'hui ?
06:45Qui peut l'aider, la Grèce ? Est-ce que l'Europe peut aider la Grèce ? Des pays, des
06:51gouvernements peuvent aider la Grèce ?
06:53Quelles voix il faut faire entendre, aujourd'hui, finalement, par rapport à la Grèce ?
06:56Oui, mais même tous les pays sont favorables pour finir avec cette situation absurde, sauf Berlin.
07:08Mais vous avez... Berlin n'a plus pouvoir que les autres. Même la Commission est très favorable.
07:15Même la Banque Centrale Européenne est favorable, parce qu'elle voit qu'il y a une crise qui viendra.
07:21Si ce problème minéral n'est pas résolu, alors on ne le fait pas. Vraiment, nous sommes encore une fois
07:30otages.
07:31D'accord. Merci, Stélius Koulouglou. On en reparlera, bien sûr, avec vous. On continuera à suivre la situation grecque, naturellement,
07:38dans l'humanité.
07:40Il y a d'autres débats également à suivre sur le site de l'humanité.fr, un débat sur la
07:45situation et la réalité du travail des assistants parlementaires.
07:49Merci à vous de nous avoir suivis. A bientôt. Au revoir.
08:00Sous-titrage Société Radio-Canada
08:02Sous-titrage Société Radio-Canada
08:02A bientôt.

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