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Avec François Ruffin, député FI, Fabien Roussel, député PCF, Alain Ayot, PCF et Pascal Debay dirigeant de la CGT.

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00:00Tout le monde est là, nous avons même un dernier intervenant qui est Fabien Roussel, qui est député PCF de
00:09quelle circonscription ?
00:11Saint-Amand-les-Eaux dans le Nord.
00:12Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, voilà.
00:15Et François Ruffin, député de la France Insoumise, élu lui en Picardie.
00:32Quel star ! Tu as bien fait de venir, tu me chauffes à la salle.
00:37Et puis, donc, Pascal Debet, qui est de la CGT, qui travaille au collectif de lutte contre les idées d
00:45'extrême droite, qui existe depuis...
00:49Voilà, c'est bien. Faites du bruit.
00:55Et Alain Raillot, qui est membre du PCF, du collectif national du PCF, et qui est auteur de plusieurs livres
01:05sur le Front National.
01:06Le dernier, c'est FN L'imposture, Droite le danger.
01:12Et qui a aussi la particularité d'avoir été aussi, lui, en première ligne contre l'FN, à l'époque,
01:20à Vitrolles.
01:21Voilà.
01:29Bon, est-ce qu'on va commencer peut-être de manière très simple, est-ce qu'on commence par faire
01:40un petit peu d'archéologie politique ?
01:43On parle un petit peu de la façon dont tu as combattu le Front National à Vitrolles, à l'époque,
01:55en 95-98, c'est ça ?
01:59En 97 à 2002.
02:0197 et puis même à 2002, voilà.
02:05Donc je vais te laisser la parole.
02:07On va commencer par toi, donc Alain Raillot.
02:09Voilà, vas-y.
02:11Merci.
02:12J'ai pu un applaudiment.
02:13J'ai pas l'impression d'avoir été celui qui était le plus attendu, mais bon, je vais démarrer.
02:26Je pensais pas faire référence, démarrer sur Vitrolles, mais Grégory Marin m'y incite.
02:34Et au fond, il a peut-être raison parce que c'est intéressant ce qui s'est passé à Vitrolles,
02:39à la charnière des années 90 et 2000,
02:41puisque les maigrets s'implantent, ils s'implantent dans une ville populaire, très populaire,
02:47ils s'implantent dans une ville où la crise politique est terrible, avec un maire corrompu,
02:54qui a une pratique de plus en plus antidémocratique, de plus en plus anticitoyenne.
02:59Et le croisement au fond des crises sociales et d'une crise politique et démocratique terrible
03:07va permettre aux époux maigrets, Bruno d'abord, et puis ensuite il va être déclaré inéligible,
03:15il va être obligé de mettre un faux nez, en l'occurrence sa femme, à la tête de la mairie,
03:19mais c'est lui qui dirigeait, les maigrets vont parvenir à s'implanter.
03:24Et cette idée au fond d'une montée en puissance de l'extrême droite, du Front National,
03:32dans un contexte qui est un contexte totalement vicié par à la fois la précarisation généralisée,
03:42la peur de l'avenir, et en même temps une perte totale de confiance à l'égard de ses élus,
03:51et à l'époque c'était une municipalité, on le disait de gauche, entre guillemets,
03:55puisque le maire était socialiste, et qui découvre tout d'un coup
03:59qu'ils se retrouvent dans une situation qui n'est pas celle qu'ils voulaient,
04:05et ils vont faire appel à une offre politique très populiste,
04:10très tournée vers la xénophobie, le rejet, etc.
04:14Vitrolles était une ville, est une ville où l'immigration est très présente.
04:18Et je trouve, moi, pour être rapide et laisser la parole aux autres,
04:24qu'elle m'a fait réfléchir cette expérience politique, cette expérience de terrain.
04:28On a battu les maigrets en 2002, après 3 ou 4 tentatives,
04:34on a fini par redonner des couleurs démocratiques à la ville,
04:38mais cela dit, ça redémarre aujourd'hui la progression du FN.
04:43Mais ça m'a fait réfléchir au moins sur 3 types de chantiers concrets,
04:47puisqu'on nous a dit que le débat était un débat très concret,
04:50comment vaincre concrètement dans les territoires le FN.
04:54Je crois que ça m'a fait réfléchir sur au moins 3 chantiers.
04:58Il y a un premier chantier, c'est celui de la solidarité.
05:01Comment on retrouve le lien entre les gens, entre les Français, les immigrés,
05:06entre les jeunes et les vieux, entre ceux qui viennent de l'extérieur
05:11et ceux qui sont des locaux, etc.
05:14Comment on lutte contre la division ?
05:17Parce que sans lutte contre la division, il n'y a pas, il n'y a aucune possibilité.
05:22Et là-dedans, le combat antiraciste, il est essentiel.
05:26Il est essentiel.
05:27Parce qu'aujourd'hui, vous avez une réalité, c'est qu'une grande partie des quartiers populaires,
05:32des milieux populaires, sont effectivement d'origine immigrée,
05:37et de vagues migratoires récentes, qui sont aujourd'hui stigmatisées.
05:40Donc il faut lutter contre la division.
05:42Le chantier de la solidarité, c'est la condition du développement
05:46d'une solidarité sociale et de lutte sociale pour d'autres conditions de vie, etc.
05:53Deuxième chantier, c'est le chantier de la bataille des idées.
05:58Ça, c'est un chantier essentiel.
06:00Parce qu'en réalité, le cas de Vitrolles était exemplaire,
06:04mais je l'ai constaté partout après.
06:06Ce qui m'avait amené, ce qui nous avait amené avec Pierre Laurent et Marc Brignol
06:10à sortir un bouquin qui est un manuel d'argumentaire, au fond.
06:16La bataille des idées, elle est essentielle, pourquoi ?
06:20Parce qu'elle nous permet de tenter de reconquérir les esprits.
06:24Et contrairement à ce qu'on croit,
06:27la majorité de l'électorat du FN n'est pas dans les quartiers populaires.
06:31La majorité des gens qui habitent les quartiers populaires
06:34sont dans une prise de distance maximum avec la politique.
06:38Ils sont dans l'abstention.
06:39Et donc, ils sont dans la peur, dans la précarité.
06:43Ils sont dans un contexte, un imaginaire qui est terrible.
06:46Et il faut qu'on leur apporte non seulement des outils de réflexion,
06:51de leur montrer que les valeurs fondamentales, humaines, de l'humanisme,
06:57les valeurs que nous portons sont des valeurs essentielles
07:01qui vont leur permettre de pouvoir combattre,
07:03non pas seulement contre le FN,
07:06mais aussi contre le néolibéralisme,
07:08contre les pouvoirs qui sont en train de les écraser aujourd'hui.
07:11Et cette bataille des idées, elle est essentielle pour une reconquête
07:16de ce qu'on a pris l'habitude, à la suite de Gramsci,
07:19d'appeler l'hégémonie culturelle.
07:22Et ça, c'est essentiel.
07:24Troisième chantier.
07:26Troisième chantier.
07:31Il est très politique.
07:33Il est beaucoup plus large.
07:34Et j'espère effectivement que tous ceux qui participent à ce débat
07:37vont réagir aussi à ce chantier-là.
07:39Il faut que nous parvenions aujourd'hui
07:42à démontrer que l'alternative aux politiques ultralibérales,
07:49aux politiques d'austérité, de précarité,
07:52ça ne peut pas être la xénophobie, le nationalisme, l'autoritarisme,
07:58bref, ce qui constitue la droite et l'extrême droite aujourd'hui.
08:03Il faut que nous parvenions à construire ensemble
08:07une offre politique qui trace une vision d'avenir,
08:10à nouveau de progrès social,
08:13redonner confiance dans l'avenir,
08:15et redonner confiance dans l'avenir en montrant
08:17qu'on est porteur d'une autre société,
08:20fondée sur les droits humains, etc.
08:22Je ne développe pas, vous voyez très bien de quoi je parle.
08:24Voilà. Et cette perte de confiance dans l'idée
08:28qu'il peut y avoir une autre société
08:30que celle, que le piège dans lequel veut nous enfermer
08:35d'un côté les néolibéraux et de l'autre côté les néopopulistes
08:40est essentielle, c'est décisif.
08:42Voilà. Le jour où les gens vont reprendre espoir
08:45dans autre chose, dans quelque chose de mieux,
08:48eh bien ce jour-là, ils vont commencer à se dire,
08:50au fond, on n'a pas besoin d'UFN
08:51et on va affronter la droite et l'extrême droite face à face.
09:04Donc justement, Alain, tu parlais notamment
09:08de reconstruire du lien social,
09:10de reconstruire des solidarités.
09:12Il y a un milieu, enfin des milieux,
09:16où on a pu un petit peu sentir que ça se délitait
09:19et que ça conduisait quelquefois à des incompréhensions,
09:24enfin, il fallait arriver un petit peu
09:27à aller travailler dans ce milieu-là.
09:29C'est le monde de l'entreprise.
09:32Chez les salariés, ces solidarités,
09:35qu'on disait ouvrières,
09:37ce sont quelque peu délitées.
09:39Et on crée parfois de l'isolement,
09:42de l'individualisme, du repli,
09:44et donc des terrains propices aussi
09:50au travail idéologique de l'extrême droite
09:53qui cherche à s'y implanter.
09:55Il y a eu, dans les années 90,
09:59il y a eu maigret et les tentatives
10:00de création de syndicats
10:02à la RATP, dans la police, enfin voilà.
10:06Aujourd'hui, le Front National crée
10:08des collectifs spécifiques
10:11pour s'adresser aux enseignants,
10:12pour s'adresser aux infirmiers,
10:13pour s'adresser...
10:14Ils font un très gros travail
10:15sur la fonction publique,
10:17notamment la fonction publique territoriale.
10:21Et par rapport à ça,
10:24là c'est mon expérience de journaliste
10:26qui couvre le Front National depuis 7 ans,
10:28on était un petit peu démunis quelquefois
10:31parce qu'on manquait d'outils,
10:33d'analyse et de réflexion.
10:34Et puis, à partir de 2012-2013,
10:40et ce qui s'est concrétisé en 2014,
10:44des syndicats, la CGT en pointe,
10:46ont créé des collectifs de lutte,
10:49collectifs de lutte contre les aides d'extrême droite.
10:52Pascal, qui le dirige,
10:55est-ce que tu pourrais nous dire
10:58en quoi ça consiste,
10:59comment on essaye d'aller gagner
11:03auprès des salariés,
11:05d'aller discuter avec eux
11:06pour contrer ça directement sur le terrain ?
11:10Déjà, bonjour à toutes et à tous.
11:11Merci de cette invitation à ce débat.
11:14Déjà, peut-être en préalable et en préambule,
11:15stipuler que...
11:16Parce que ça peut surprendre,
11:17ça vient dans ta question,
11:18c'est pourquoi le syndicalisme
11:19va s'occuper de ces affaires-là.
11:21Déjà, bien insister sur le fait
11:23que lorsqu'on a décidé au niveau de la Confédération
11:25de reprendre et d'accélérer
11:27une véritable campagne
11:28contre les idées d'extrême droite,
11:29y compris de lancer un certain nombre de chantiers
11:32avec d'autres organisations syndicales
11:33et de jeunesse
11:34depuis maintenant, en effet, plus de 3 ans,
11:36il faut bien insister sur le fait
11:38que c'était vraiment de dire
11:39qu'on doit aller sur une campagne à long terme
11:41et on doit s'adresser à ceux
11:43qu'on doit organiser,
11:44qu'on doit mieux organiser,
11:45qu'on doit organiser de façon
11:46beaucoup plus nombreuse
11:47et beaucoup plus structurée,
11:48c'est-à-dire les salariés
11:49et en particulier,
11:50pour ce qui concerne le débat d'aujourd'hui,
11:53les classes populaires,
11:54les classes ouvrières, employées,
11:57privées d'emploi,
11:57qui aujourd'hui, pour la plupart,
12:00continuent à travailler
12:01dans des structures d'emploi
12:02qui ne sont plus les mêmes
12:03qu'il y a quelques décennies.
12:05Moi, je viens d'une région,
12:06la Moselle,
12:07où bien sûr,
12:08la désindustrialisation,
12:09un certain nombre d'évolutions
12:10de la structuration du travail
12:11et des organisations politiques
12:13et syndicales
12:14ont des conséquences,
12:15en effet,
12:15sur le vote vers l'extrême droite,
12:17en tout cas,
12:17le refuge vers des discours
12:20sur lesquels on ne pensait pas
12:21qu'en tout cas,
12:22des camarades et des collègues
12:23qui ne sont pas forcément syndiqués,
12:25seraient sensibles à des discours.
12:26Donc, j'insiste vraiment lourdement
12:28sur cet aspect.
12:29Ici, le panel est large.
12:30Moi, je suis un syndicaliste.
12:31Je ne suis pas un homme
12:33ou une femme politique
12:34qui s'inscrit dans des élections électorales.
12:36Mais le travail qu'on mène,
12:37c'est vraiment un travail de fond
12:38et c'est d'aller sur les questions
12:40qui regardent,
12:40y compris le syndicalisme.
12:41On a sorti un certain nombre
12:43de matériaux au fur et à mesure
12:44des années
12:45pour équiper
12:46nos équipes syndicales
12:47sur le terrain,
12:48pour aller dans l'entreprise,
12:49pour aller dans les services publics,
12:52dans les hôpitaux,
12:53partout là où on a des délégués,
12:55que vraiment,
12:55ces discussions,
12:56elles soient au cœur
12:57des discussions
12:58dans le syndicat déjà
12:59parce que malheureusement,
13:01c'est peut-être des sujets
13:02qu'on avait un peu abandonnés
13:03et on sait très bien
13:04que comme beaucoup de sujets,
13:06quand on abandonne la parole,
13:07quand on abandonne l'intervention
13:08sur un certain nombre
13:09de segments
13:10qui organisent
13:11le débat politique
13:12et le débat public
13:13et le débat,
13:14quelque part,
13:15syndical
13:15pour la revendication,
13:17on voit que l'extrême droite,
13:19en tout cas,
13:20dans certains territoires,
13:21parce qu'on sait
13:22que l'extrême droite,
13:22elle a plusieurs facettes,
13:23moi,
13:24je vais me focaliser
13:24en tout cas
13:25sur les quartiers populaires,
13:26là où historiquement,
13:27la gauche était puissante,
13:28majoritaire,
13:29et c'est là aussi
13:30que nous,
13:31on doit vraiment aider,
13:32je le redis,
13:33à structurer une pensée
13:35et en tout cas,
13:36nous,
13:36que ce soit dans des formations
13:37entre guillemets d'accueil,
13:38des formations
13:39ce qu'on appelle général
13:40dans notre organisation,
13:41aborder ces questions,
13:44être réactif
13:44en termes de disponibilité
13:47pour monter des journées
13:48d'études
13:48dans nos territoires,
13:49donc tu soulignais
13:50le travail qu'on mène,
13:50y compris avec d'autres,
13:51et celui qu'on mène aussi
13:52en interne dans la CGT,
13:54je ne vous cache pas
13:55que depuis deux ans,
13:55on a démultiplié,
13:56on a inventé,
13:57on va dire ça comme ça,
13:58des journées d'études,
14:00aborder des certains
14:00nombres de thématiques,
14:01c'est-à-dire déconstruire
14:03le discours du Front National,
14:05de leurs dirigeants,
14:06ce discours avec beaucoup de guillemets
14:08soi-disant social
14:09qui viendrait surfer,
14:10reprendre des mots
14:11du lexique syndical,
14:12du lexique de la gauche,
14:14mais bon,
14:14on le sait,
14:15ça a été dit par l'intervenant
14:17auparavant,
14:18pour aller vers une dérive
14:19disons néolibérale,
14:21un peu classique de l'extrême droite,
14:23qui vient sur des...
14:25qui divise les salariés,
14:26qui attaque le syndicalisme,
14:28mais qui reprend une colère sociale,
14:30disons en sa faveur
14:31et essaye de structurer ça
14:32pour un vote vers l'extrême droite.
14:34Parce qu'aujourd'hui,
14:34ce qu'ils doivent tous nous interroger,
14:36mais je sais que tout le monde ici,
14:37on y est confronté là où on milite,
14:39là où on vit,
14:40là où on travaille,
14:42où on se présente aux élections,
14:43c'est quand même de voir
14:44que malheureusement,
14:46des salariés,
14:47des privés d'emploi,
14:48parmi notamment les plus pauvres,
14:50ceux qui vraiment en chient au quotidien,
14:52qui aujourd'hui ne supportent plus
14:53les politiques ultralibérales,
14:55qui sont encore en train de se développer
14:58avec M. Macron au pouvoir,
14:59donc c'est cette pauvreté-là,
15:01cet aspect de ne pas pouvoir vivre dignement,
15:04d'avoir une organisation du débat public
15:07qui montre des gens sur lesquels
15:10on focaliserait l'attention.
15:11Alors après, c'est l'étranger,
15:13c'est l'immigré,
15:14c'est le voisin qui bénéficie
15:16d'allocations sociales ou du RSA.
15:19Donc on voit bien que sur tous ces sujets,
15:21on doit les aborder,
15:22on doit les traiter avec ce qu'on est nous,
15:23c'est-à-dire des syndicalistes,
15:25c'est-à-dire des gens en charge
15:27d'organiser la revendication,
15:28de structurer le mouvement social,
15:30y compris dans les entreprises,
15:32dans les territoires et dans les professions.
15:33Donc voilà, il y a un gros enjeu devant nous.
15:36On en a, je pense, pour un petit moment,
15:39on va dire ça comme ça,
15:40mais je crois que ce qu'on peut souligner,
15:43moi je le dis humblement,
15:45ce qui est que dans notre,
15:46en tout cas dans l'organisation des affaires
15:48sur cette campagne,
15:49il y a encore énormément de travail,
15:51je ne ferai pas un cocorico ici
15:52pour dire que tout est réglé
15:54parce que ça serait mentir aux camarades ici présents,
15:57mais en tout cas un travail
15:58en train de réellement se structurer,
15:59de nombreuses organisations territoriales
16:02prennent à bras le corps ce sujet,
16:04et on sait que c'est un travail de langue à laine,
16:05c'est un travail de conviction,
16:06et qu'il faut qu'on équipe
16:07et qu'on donne confiance à nos délégués
16:09pour aborder ces questions
16:10dans l'entreprise,
16:11dans le syndicat,
16:12là où on est.
16:13Il y a eu des exemples,
16:14notamment dans ces derniers mois,
16:16je pense au Pas-de-Calais,
16:18je pense au Vaucluse,
16:19où y compris avec Solidaire,
16:20avec la FSU,
16:21on a fait des tracts communs,
16:22il y a eu des distributions
16:24de matériel unitaires
16:26à l'entrée d'usines,
16:27à l'entrée d'hôpitaux,
16:28et je pense que c'est des choses
16:29qu'on va devoir,
16:29et c'est notre volonté,
16:30de garder ce rythme de travail
16:32tout au long des mois et des années
16:34qui arrivent,
16:34au-delà, je le dis,
16:35des rendez-vous électoraux,
16:36parce que j'entends une petite musique
16:38là ces dernières semaines
16:39avec les histoires de congrès,
16:41de mal de dos et compagnie,
16:43et de lignes politiques
16:43au Front National,
16:44je pense qu'on est quand même
16:45dans une situation
16:46où les politiques ultra-libérales
16:48qui vont encore se développer,
16:49qui vont avoir des conséquences
16:50de plus en plus violentes,
16:51pour y compris aujourd'hui
16:52les salariés qui pensaient
16:54bénéficier d'un niveau de salaire
16:56leur permettant de vivre
16:56à peu près l'illumement,
16:57on voit bien que le danger
16:59est toujours là,
17:00et que l'extrême droite
17:01elle est toujours là aux aguées
17:02pour récupérer cette colère sociale,
17:03et avoir un discours de division
17:05sur lequel le syndicalisme
17:07a beaucoup à dire,
17:08et doit se battre,
17:08de façon vraiment virulente
17:10et déterminer ce que je pense
17:12que nous faisons,
17:13en tout cas ce que nous avons
17:14la volonté politique de faire
17:15au niveau de nos organisations syndicales.
17:19Merci Pascal.
17:27Alors, le travail effectivement
17:30se poursuit,
17:31se poursuit sur le terrain,
17:32et quelquefois il est même
17:37victorieux,
17:37on va dire,
17:38voilà,
17:38ce travail-là,
17:40et il redonne confiance,
17:43il redonne aussi de l'espoir,
17:44et on réussit à replanter
17:47quand même des jalons,
17:50et je crois que François
17:52est un de ces jalons-là,
17:54le travail qu'il a mené
17:56pendant la campagne
17:58des législatives
18:02dans sa circonscription,
18:05il a payé,
18:06mais il ne faut peut-être pas
18:09s'endormir là-dessus,
18:10je pense que lui,
18:12il reste vigilant,
18:13tout le monde reste vigilant,
18:15comment ça se passe,
18:17comment ça s'est traduit
18:18pendant la campagne,
18:19ce dont on est en train
18:20de parler,
18:20ce désintérêt aussi
18:21pour la politique
18:22que toi tu as voulu
18:24combattre,
18:25je crois que c'est par là
18:26que ça commence,
18:26le désintérêt pour la politique,
18:31quel regard tu peux
18:32nous apporter là-dessus,
18:34et sur la campagne,
18:35et sur les luttes à venir,
18:37parce que,
18:37comme je le disais,
18:38ce n'est pas fini.
18:38Alors,
18:40d'abord je veux dire une chose,
18:41c'est que cette fête de l'Huma,
18:43elle existe parce qu'il y a
18:44des tas de militants
18:45qui bénévolement montent
18:46les stands,
18:47et moi c'était la même chose
18:47pendant ma campagne,
18:48si je suis élu,
18:49ce n'est pas parce que
18:50je suis un héros,
18:51c'est parce qu'il y a
18:51des tas de petites mains,
18:52et là je vois Joseph
18:53qui était l'un de nos plus
18:54jeunes militants,
18:55qui est venu passer,
18:56ouais,
19:02qui est venu passer
19:04plusieurs week-ends
19:05dans la Somme
19:05à distribuer des tracts
19:07à Vignacour,
19:07et ainsi de suite,
19:08et c'est quand même
19:09comme ça qu'on a gagné.
19:10Alors ensuite,
19:11moi je voudrais repartir
19:13d'un...
19:13Si j'ai pu être candidat,
19:15c'est parce qu'il y a eu
19:16la volonté de Jean-Luc Mélenchon
19:18et aussi celle localement
19:19du Parti communiste
19:20avec Jacques Yénin,
19:21et je voudrais repartir
19:22d'un propos
19:23que Jacques Yénin
19:24me tenait
19:24il y a à peu près un an,
19:25j'avais laissé une campagne
19:27qui était
19:27« Nous ne voterons plus PS ».
19:29Et Jacques Yénin m'avait dit
19:32avec le sourire
19:33« Quand on veut faire
19:34les poches de quelqu'un,
19:36on ne le prévient pas avant,
19:37on ne va pas le crier sur les toits ».
19:38Et je pense que ça vaut aussi
19:40pour le Front National.
19:41Je pense que si on veut faire
19:42les poches du Front National,
19:43ce n'est pas en allant crier
19:44sur tous les toits
19:45qu'on va combattre le Front National.
19:47Voilà.
19:50Ce que je peux dire,
19:51on ne va pas être consensuel,
19:52mais je le dis quand même.
19:53Donc je rappelle
19:56des éléments chiffrés.
19:57Au régional,
19:58dans ma circonscription,
19:59le Front National
19:59fait 41% des voix
20:01au premier tour.
20:02Au premier tour
20:03de la présidentielle,
20:04Marine Le Pen
20:04fait 28% des voix.
20:06Et au premier tour
20:06de la législative,
20:08son candidat
20:09tombe à 15%
20:10et c'est nous
20:11qui sommes en deuxième position
20:12alors que Marine Le Pen
20:13était en première position.
20:14Je pense que
20:15si on va voir les gens
20:17dans ma circonscription
20:18qui votent Front National
20:20en leur disant
20:20« Non, il ne faut pas voter
20:21Front National, c'est nul,
20:22machin,
20:23Marine Le Pen
20:23et ça ne va pas marcher.
20:25Ça ne marche pas comme ça.
20:28Ça ne marche pas comme ça.
20:30Ça ne marche pas comme ça
20:31pour deux raisons.
20:32D'abord,
20:33parce qu'il peut y avoir
20:33une affection
20:35pour Marine Le Pen.
20:36Il y a une affection
20:37pour la personne
20:38de Marine Le Pen
20:38chez un certain nombre de gens
20:40et ce n'est pas parce que
20:40vous lui dites
20:41de plus l'aimer
20:41que les gens
20:42cessent d'avoir cet affect
20:43en veine de Marine Le Pen.
20:45Et ensuite,
20:46la deuxième raison,
20:47c'est qu'il est impossible
20:49de dire aux gens
20:50qui aujourd'hui vont mal
20:51que la cause de leur malheur
20:52c'est le Front National.
20:53Un Front National
20:54qui certes a dirigé
20:55quelques mairies,
20:56qui s'est fait élire vaguement
20:58dans quelques conseillers départementaux,
21:00mais ce n'est pas le Front National
21:01qui fait la politique du pays,
21:03ce n'est pas le Front National
21:04qui fait la politique de Bruxelles,
21:05ce n'est pas le Front National
21:07qui fait la politique
21:08des Hauts-de-France,
21:09ce n'est pas le Front National
21:10qui fait la politique
21:10de la ville d'Amiens.
21:11Donc si vous allez voir les gens
21:13en leur disant
21:13c'est la pote du Front National
21:14ou notre adversaire principal
21:17c'est le Front National,
21:18les gens,
21:19ils ne pichent pas,
21:20ce n'est pas vrai,
21:21ça ne peut pas marcher comme ça.
21:23Donc voilà,
21:23alors du coup,
21:24ça pose la question
21:25de l'objectif réel
21:26qui est poursuit.
21:27Est-ce que l'objectif réel
21:28qui est poursuit,
21:29c'est d'unifier
21:30derrière une candidature,
21:32ah ouais,
21:32je suis comme ça,
21:33je sais ça,
21:33je suis un peu trop énervé,
21:35machin,
21:35bon,
21:36ok,
21:37je vais baisser le volume.
21:39Est-ce que l'objectif
21:43c'est de dire
21:44république,
21:45unité
21:45et puis on s'unit tous
21:47derrière un candidat
21:47ou bien est-ce que l'objectif
21:49c'est vraiment
21:49de faire chuter le Front National ?
21:51Et je redis,
21:52si l'objectif est vraiment
21:53de faire le chuter le Front National,
21:54je pars en tout cas de mon coin,
21:55ce n'est pas en allant sortir
21:56des drapeaux
21:57en criant
21:57non pas sarane,
21:59anti-fasciste
22:00et tout ça
22:00que ça marchera.
22:06Vous pouvez huer,
22:07ceux qui ne sont pas d'accord
22:08ils peuvent huer,
22:08ça ne me dérange pas.
22:11Donc,
22:12moi je savais,
22:13j'ai résumé ça
22:14en une formule,
22:14j'ai dit
22:15mon coin,
22:16il a un fond rouge,
22:17le problème c'est
22:18qu'il s'est mis dessus
22:19une couche de brun,
22:21brun en picard,
22:22c'est de la merde
22:23et brun c'est évidemment
22:24aussi la couleur
22:25du Front National,
22:26mon travail c'est
22:27de nettoyer
22:27la couche de brun,
22:29mais ce n'est pas
22:30en allant dire
22:31non pas sarane
22:31que je vais y arriver.
22:32J'y arrive comment ?
22:33On a eu un débat avant
22:34et qu'à mon avis
22:34le débat d'avant
22:35avec Fabien,
22:36il répond à tout ça,
22:38c'est le combat
22:40il est contre la finance
22:42et surtout l'indifférence.
22:43Comment sortir les gens
22:44de la résignation ?
22:45Comment leur redonner envie ?
22:47Comment leur redonner
22:49le sentiment
22:49qu'entre les mains
22:51ils ne sont pas résignés,
22:53ils ne sont pas condamnés
22:54à l'impuissance ?
22:54Et je pense que
22:55c'est le combat
22:56qui est le combat principal.
22:59Alors pour donner
23:00un exemple,
23:01bon,
23:01au cœur de ma bataille,
23:03il y a eu Whirlpool.
23:05Whirlpool,
23:05ce n'est pas pour les 200 votes,
23:07en plus,
23:07ce n'était pas vraiment
23:08sur ma circonscription,
23:09mais ce n'est pas grave,
23:10mais c'était symboliquement,
23:12c'était,
23:13alors que les militants
23:13du Front National,
23:14moi,
23:14je n'avais pas encore
23:16l'investiture
23:17du Parti communiste
23:18quand il y a eu le truc,
23:20donc je me sentais mal à l'aise
23:22d'aller distribuer des tracts,
23:23mais les militants du UFN,
23:25eux,
23:25se sont jetés sur le truc.
23:26Donc il y avait
23:26une vraie bataille
23:27qui était un enjeu symbolique,
23:29c'est qui défend Whirlpool,
23:31c'est-à-dire
23:32qui défend les ouvriers,
23:33et pour qui sont
23:34les gens de Whirlpool,
23:35c'est-à-dire
23:35pour qui sont les ouvriers.
23:36Donc il y a eu
23:37une grosse bataille symbolique
23:39menée autour de ça,
23:39mais bon,
23:41moi,
23:41je prends le pouls,
23:42alors je suis protectionniste,
23:44sans complexe,
23:46on pourra venir
23:47sur le fond des idées,
23:48mais j'arrive en disant,
23:50voilà,
23:51il faut une taxe
23:51de 30% aux frontières
23:53sur les produits Whirlpool.
23:54J'entends les gens
23:55qui me disent,
23:55non mais ils disent,
23:57oui,
23:57tu as raison,
23:57il ne faut plus
23:58de produits Whirlpool
23:59sur le territoire.
23:59Je me dis,
23:59après tout,
24:00pourquoi pas ?
24:01Ben oui,
24:02pourquoi pas interdire
24:03les produits Whirlpool
24:04sur le territoire français ?
24:04Donc déjà,
24:05c'est une écoute,
24:06je reprends ça,
24:07et j'y vais,
24:07oui,
24:08allons-y à fond,
24:09on ne veut plus
24:09de produits Whirlpool
24:10sur le territoire français.
24:11Mais surtout,
24:11quand j'y vais,
24:12j'écoute,
24:12et puis j'ai plein de remarques
24:13sur les réfugiés,
24:14j'ai plein de remarques
24:15sur les assistés,
24:16et ainsi de suite.
24:17Pourquoi ?
24:17Parce que ces adversaires-là,
24:19les gens,
24:20ils les ont à côté
24:21de chez eux.
24:22Ils les voient tous les matins
24:23quand ils se lèvent.
24:24Tandis que le directeur
24:25Whirlpool,
24:25ils ne connaissent même pas son nom,
24:27il s'appelle Jeff Fetig,
24:28c'est moi qui l'aurai appris.
24:29Ils ne savent pas
24:30où est-ce qu'il habite.
24:31J'ai sorti une photo
24:31de sa maison,
24:32c'est un espèce de château,
24:34enfin c'est un double château,
24:35piscine,
24:36intérieur,
24:37terrain de tennis,
24:38accès direct à la plage,
24:4080 chambres,
24:4147 salades de vin,
24:42et je leur ai fourni ça,
24:43et je leur ai dit,
24:44maintenant,
24:45si jamais vous sortiez de l'usine
24:46et que vous aviez ça
24:47en face de chez vous,
24:48contre qui vous iriez gueuler ?
24:50Est-ce que vous diriez
24:51le réfugié l'assisté
24:52ou bien si vous iriez
24:53foutre le feu
24:54à cette baraque-là ?
25:02Et donc,
25:04ça c'est l'idée,
25:06elle est de reposer
25:07ce qu'un eux et un nous.
25:10Alors,
25:11je discutais avec un politiste
25:13qui s'appelle Patrick Loing,
25:14qui est prof à Amiens,
25:16et qui me disait,
25:17ben voilà,
25:18dans les années 70,
25:19c'était simple,
25:20il y avait les riches
25:21contre les pauvres,
25:23il y avait le capital
25:24contre le travail,
25:25il y avait les petits
25:26contre les gros,
25:27bon, voilà.
25:28Et après,
25:28la gauche,
25:29elle s'est mise à dire,
25:29surtout le parti socialiste,
25:31ouais, mais non,
25:32les choses sont plus complexes,
25:33c'est archaïque de penser comme ça,
25:35vous pouvez plus, machin.
25:36Mais c'est pas pour ça
25:37que les gens,
25:37c'est ce que c'est le politiste
25:39qui me dit ça,
25:40c'est pas pour ça
25:41que les gens,
25:41ils cessent de penser,
25:43ils continuent à penser
25:44le juste et l'injuste
25:45avec des divisions binaires.
25:47Donc,
25:47à la place de les riches
25:48et les pauvres,
25:49ça va être les salariés du privé
25:51contre les salariés du public,
25:53ça va être les hommes
25:55contre les fans,
25:56les handicapés,
25:57enfin, vous voyez un peu
25:57toutes les divisions
25:58qu'on peut trouver,
25:58et évidemment,
26:00le clivage central,
26:01les Français contre les étrangers.
26:03Et c'est devenu,
26:04comme on leur a dit,
26:05les petits contre les gros,
26:06ça marche plus,
26:07le clivage central,
26:08dans la tête des gens
26:09pour penser le juste
26:10et l'injuste,
26:11enfin, des gens qui vont mal,
26:12en tout cas,
26:13c'est devenu
26:13les Français contre les étrangers.
26:15Et donc,
26:15toute la bagarre
26:16est de remettre
26:18notre E,
26:18et notre nous,
26:20face aux eux
26:21et aux nous
26:22de Marine Le Pen.
26:23Voilà la ligne politique
26:25qui a été la mienne
26:26pendant les quelques mois
26:28de la campagne.
26:29Après,
26:29je pourrais dire un mot,
26:31éventuellement,
26:32si on y revient,
26:33sur la double réconciliation
26:34que je tente d'obtenir
26:35et sur le fond politique,
26:37mais je vais passer la parole
26:38à Fabien.
26:49Merci,
26:50merci François.
26:51Alors,
26:51moi,
26:52je suis élu
26:52d'une circonscription du Nord,
26:54la 20e,
26:54dans le Valenciennois,
26:56où le taux de chômage,
26:57il est autour de 20%
26:58avec des pointes
26:59à plus de 25%
27:01dans certaines communes.
27:02J'ai été tête de liste
27:04aux dernières élections
27:05régionales en 2015
27:07dans cette grande région
27:08des Hauts-de-France
27:09de 6 millions d'habitants,
27:11où il y a aujourd'hui
27:131 million de personnes
27:14vivant sous le seuil
27:15de pauvreté.
27:16Pendant cette élection régionale,
27:18pendant 6 mois de campagne,
27:21j'ai eu des médias
27:22qui n'ont eu de cesse
27:23à chaque fois
27:25de m'interroger
27:26sur la responsabilité
27:28que je prenais
27:28avec ma candidature
27:29et la liste
27:30que l'on défendait
27:31de faire passer
27:32le Front National
27:33à la région
27:34et de faire gagner
27:35Marine Le Pen.
27:36On a vécu ça
27:37sans arrêt
27:38et on le vit
27:39à chaque fois,
27:41à chaque élection,
27:42dans chacune
27:43de nos circonscriptions.
27:45Chez nous,
27:46dans les Hauts-de-France,
27:47dont fait partie
27:49le département de la Somme
27:50et dans le Nord-Pas-de-Calais,
27:52où on a le bassin minier,
27:55le Front National,
27:56on le vit depuis longtemps.
28:00Et je peux vous dire
28:01que c'est particulièrement
28:02agaçant
28:03d'être toujours interrogé
28:04sur le Front National
28:05ou d'avoir à faire des débats
28:07sur comment combattre
28:09le Front National.
28:10Entre nous,
28:11j'aurais rêvé cette année
28:12d'avoir une fête de l'Huma
28:13où on ne parlait pas
28:14du Front National
28:15à un moment
28:16où il tombe dans le trou.
28:21Mais François,
28:21il m'a dit
28:22« Mais justement,
28:23viens le dire,
28:23ça va faire du bien
28:24au débat. »
28:25Donc je suis venu le dire.
28:26Mais quand on vit
28:28avec le Front National
28:30dans une région
28:31comme la mienne,
28:32c'est important
28:33de dire ça
28:34parce qu'il ne faut pas
28:36qu'on se trompe
28:37de combat quand même.
28:39Chez nous,
28:40l'ennemi,
28:41c'est le chômage,
28:43c'est la misère,
28:44c'est la pauvreté
28:45et c'est l'abstention.
28:46C'est ça le problème
28:47qu'on a chez nous.
28:49La carte électorale
28:50du Front National,
28:51c'est la carte du chômage
28:52dans la région.
28:53C'est là où les taux
28:54de chômage sont
28:54les plus élevés,
28:55c'est là où le Front National
28:57s'est implanté.
28:58C'est ça
29:00ce à quoi
29:00on a à faire face
29:02dans notre région.
29:04Et quand nous,
29:04on dit
29:05« Le problème
29:06qu'il faut régler,
29:07c'est celui
29:08de l'emploi,
29:09de permettre
29:10à chacun
29:11de vivre dignement,
29:12avec un vrai travail
29:13et avec un vrai salaire,
29:15de remettre
29:16les usines
29:16chez nous.
29:17On est une terre
29:18d'industrie,
29:19une terre de travail.
29:20Si on veut faire
29:21baisser le Front National,
29:22il faut donner
29:23du boulot
29:24dans notre région.
29:25C'est ça
29:26le combat
29:26qu'on doit mener.
29:32Vous savez,
29:33je dis souvent,
29:35chez nous dans le Nord,
29:37les cœurs sont rouges
29:38mais la colère
29:39est noire.
29:40Et la colère,
29:41elle est sincèrement noire.
29:43Le Front National,
29:44c'est un outil
29:46qui est utilisé
29:48par le pouvoir
29:50en place
29:52depuis Mitterrand
29:53qui a commencé
29:53en 1981
29:54jusqu'à aujourd'hui.
29:56Le Front National,
29:57il sert
29:57à stériliser
29:59la colère.
30:01Votez Front National
30:02au premier tour
30:02et au second tour,
30:04vote, vote,
30:04on le met dans un bocal,
30:05on met un couvercle dessus,
30:07il n'aura jamais le pouvoir.
30:08Ça sert à ça,
30:09le Front National.
30:12Et on nous agite
30:13le Front National
30:14à chaque élection,
30:16à nous,
30:16comme candidats.
30:17Mais comment vous présentez
30:18votre candidature
30:19alors qu'il y a une menace
30:20Front National,
30:21mais vous ne pouvez pas faire
30:22une candidature unique
30:23à gauche ?
30:24Ou alors,
30:25bientôt,
30:26on va avoir des candidatures
30:27le Front National,
30:28il sera tellement haut
30:29qu'on nous dira
30:29mais il faut présenter
30:30une candidature unique
30:32de celui qui défend
30:33les valeurs de la République ?
30:34Et puis quoi encore ?
30:36C'est vers ça
30:36qu'on s'en va.
30:37Ils sont en train
30:38de niveler la politique
30:39par le bas
30:40et de faire en sorte
30:40qu'eux,
30:41ils conservent toujours
30:42le pouvoir
30:43et que nous,
30:44on ne présente plus
30:45nos candidatures,
30:46qu'on ne défend plus
30:47nos idées
30:47parce qu'il y a la menace
30:49du Front National.
30:53Applaudissements
30:55Le Front National,
30:56il ne se combat pas
30:57dans des réunions publiques
30:58comme ça.
30:59Je vous le dis sincèrement
31:00et en toute franchise.
31:02Nous,
31:02on le combat,
31:03on en fait des réunions
31:05comme toi,
31:05tu dois en faire
31:06à l'interne,
31:07entre nous,
31:08parce qu'on sait
31:09qu'il est là.
31:09Dans ma circonscription
31:10à l'élection présidentielle,
31:12Marine Le Pen,
31:12elle a fait 51%.
31:1551%.
31:15Et à l'élection législative,
31:18je suis arrivé en tête
31:19avec 23%
31:20et le Front National,
31:2222%
31:23et l'abstention,
31:2560%.
31:25Il n'y a pas de quoi
31:26être fier.
31:27Je n'ai pas le sentiment
31:28d'être bien élu
31:28et d'être victorieux.
31:29j'ai gagné un combat
31:31dans la douleur.
31:32On a monté l'Everest
31:33comme on dit
31:34avec les copains
31:34parce que c'était difficile
31:37et on ne pensait pas
31:37gagner sincèrement
31:38mais on l'a fait
31:39avec une force militante
31:41incroyable.
31:42On est allé chercher
31:43les voix une à une.
31:45On a rencontré
31:45des électeurs
31:46du Front National
31:48qu'on a convaincus
31:49de voter pour nous.
31:51On ne les a jamais pris
31:52pour des ennemis.
31:53On les a pris
31:54pour des gens
31:55qui regardent trop
31:56la télévision
31:57et qui se font
31:58abreuver
31:58par leur débat
32:00à eux.
32:06Alors,
32:07quand on arrive
32:08à aller les voir
32:09un à un
32:10dans ce travail
32:11de porte-à-porte
32:12de militants
32:14et pas que des militants
32:15du Parti communiste
32:16avec toutes celles
32:17et ceux
32:17qui ont rejoint
32:18le comité de soutien
32:19et qui se sont retrouvés
32:20sous la bannière
32:20l'humain d'abord
32:21qui était le slogan
32:23de ma campagne.
32:24Quand on a fait
32:25ce travail
32:25fin,
32:27patient,
32:28minutieux
32:28d'aller les voir
32:29un à un
32:30au porte-à-porte
32:31pour les convaincre,
32:32c'est comme ça
32:33qu'on a gagné
32:34et qu'on a fait
32:35ce score
32:35de 23%.
32:36mais le problème
32:37c'est qu'il y a
32:3860%
32:39qui ne sont pas
32:39allés voter.
32:4145 000 électeurs
32:42sur 81 000.
32:43Mais c'est incroyable.
32:45Ils sont en train
32:46de tuer la démocratie
32:48dans notre pays.
32:49Les 7 milliardaires
32:50qui détiennent
32:51les médias,
32:52ce sont eux
32:53qui nourrissent
32:54la pensée
32:54de tous.
32:55Ce sont eux
32:56qui détiennent
32:57le pouvoir.
33:01et de temps
33:02en temps
33:02ils nous agitent
33:04le Front National
33:05et nous
33:05on fonce
33:06dedans.
33:06Ce n'est pas ça.
33:07Le problème
33:08c'est eux.
33:09Le problème
33:09c'est la finance.
33:10Ils sont en train
33:11de tuer la démocratie
33:12mais le pouvoir
33:13c'est nous
33:13parce qu'en fait
33:14nous on est le nombre
33:15et quand on s'additionne
33:17tous les uns
33:17et les autres
33:18quelles que soient
33:19nos opinions
33:19mais avec l'idée
33:20de défendre
33:21les valeurs humaines
33:22au lieu des valeurs
33:23boursières,
33:24et bien là
33:24on gagne
33:25et on pourra
33:26gagner un jour
33:26je suis sûr.
33:42Il y a quelque chose
33:43que j'ai entendu
33:47dans vos discours
33:49à tous les quatre
33:49c'est la nécessité
33:52quand même
33:53de faire front commun.
33:54On évacue
33:55la question
33:56on va dire
33:58on évacue
33:58le mot FN
33:59on va dire
33:59mais pour essayer
34:00de recréer
34:02un eux
34:03et un nous
34:03pour essayer
34:04de refaire
34:06une union
34:06pour essayer
34:07de ramener
34:09vers les urnes
34:11des gens
34:11qui
34:11vers les urnes
34:12et pas seulement
34:13pas que vers les unes
34:14vers le débat public
34:16d'abord
34:16dans un premier temps
34:18comment on fait
34:18pour que les gens
34:20se réinvestissent
34:21de la vie publique
34:22il n'y a pas
34:23il n'y a pas de
34:25il n'y a pas
34:26de modèle
34:27comment on peut réfléchir
34:28on refait
34:29on refait un tour
34:30pour discuter de ça
34:31si vous voulez
34:31comment on fait
34:32pour arriver
34:33à réinvestir
34:35des gens
34:35dans le débat
34:37dans le débat public
34:38comment on fait
34:39pour les retirer
34:41vers de la réflexion
34:41collective
34:42quelque chose
34:43qui peut-être
34:43à terme
34:44peut arriver
34:45à combattre le FN
34:47même si vous n'aime pas
34:48l'expression
34:53moi je partage
34:54l'opinion
34:56et de François
34:57et de Fabien
34:57sur le fait
34:59que
35:01c'est pas en focalisant
35:02sur le
35:03sur le FN
35:05et en en faisant
35:06l'unique objet
35:08du débat politique
35:09que
35:10on parviendra
35:10à faire reculer
35:11les idées
35:12d'extrême droite
35:12dans la société française
35:14je partage aussi
35:16l'idée
35:17que
35:18on
35:19est dans
35:20une
35:22logique
35:23où on tente
35:23de nous enfermer
35:25dans un choix
35:27binaire
35:28Fabien n'a pas vécu
35:31chez nous
35:32mais
35:32moi
35:33en Provence
35:34à la Côte d'Azur
35:34j'ai été battu
35:36en 2015
35:37avec
35:39aux élections
35:40régionales
35:41et
35:41le piège
35:42s'est refermé
35:43sur nous
35:43parce que
35:44le face à face
35:45du deuxième tour
35:46ça a été
35:46le face à face
35:47entre la droite
35:49Estrosi
35:50et le FN
35:52Marion Maréchal
35:53Le Pen
35:54en l'occurrence
35:55voilà
35:55donc
35:56et je partage
35:58aussi une troisième idée
36:01forte
36:02c'est que
36:02on est
36:04dans une
36:06on se trompe
36:08de cible
36:09si on s'imagine
36:11aujourd'hui
36:11que la reconquête
36:13des classes populaires
36:14des quartiers populaires
36:15dans les entreprises
36:16ça passe
36:17par
36:18la lutte
36:20exclusive
36:21ou
36:22ouverte
36:22comme ça
36:23déclaré
36:24le no passaran
36:25de François
36:26tout à l'heure
36:27contre le Front National
36:28moi je crois
36:30que fondamentalement
36:32la question
36:32qui est posée
36:33la question politique
36:34et c'est la question
36:36qu'affrontent
36:37les communistes
36:38aujourd'hui
36:38c'est la question
36:39de la démocratie
36:41nous nous heurtons
36:42aujourd'hui
36:43Fabien il a dit
36:4460%
36:45moi je connais
36:46des cités populaires
36:47des quartiers nord
36:47de Marseille
36:48où il y avait
36:49jusqu'à 70-75%
36:50d'abstention
36:52voilà
36:52la grande question
36:54c'est la prise de distance
36:55à l'égard de la politique
36:57comment remobiliser
36:58aujourd'hui
36:59les classes populaires
37:00pour qu'elles affrontent
37:01le piège
37:03qu'on leur tend
37:03qui est de réduire
37:05le paysage politique
37:06à un affrontement
37:07entre une droite
37:10néolibérale
37:11macronienne
37:12par exemple
37:12et puis
37:14et puis
37:15l'extrême droite
37:16et ça
37:17ce piège là
37:17on ne le résoudra pas
37:19en hurlant
37:20no pas saran
37:21ou en hurlant
37:22su au FN
37:23on le résoudra
37:24en affrontant
37:25c'est pour ça
37:26que je parlais
37:26mais vous l'avez fait aussi
37:28de lutte contre la division
37:30ça c'est essentiel
37:32de recréer
37:33les conditions
37:34du lien social
37:35et de la solidarité
37:35mais c'est aussi
37:37une bataille d'idées
37:38c'est aussi
37:40une bataille d'idées
37:41Gramsci parlait
37:42de guerre des idées
37:43et nous ne la menons pas assez
37:45cette guerre des idées
37:46moi je me félicite
37:47que les organisations syndicales
37:49la CGT
37:50mais aussi la FSU
37:51mais aussi Solidaires
37:53et puis il y a
37:54l'organisation Visa
37:55qui regroupe
37:56beaucoup d'éléments
37:58du mouvement syndical
37:59ont pris l'offensive
38:00ils ont pris l'offensive
38:02sur ce terrain là
38:03mais ils ne le prennent pas
38:05ils ne prennent pas
38:06l'offensive en disant
38:07comment on fait
38:08juste reculer
38:09les idées du Front National
38:10ils le font
38:11en se battant
38:13sur les idées
38:13pour qu'elles puissent
38:15permettre
38:16le développement
38:17de notre action
38:18je vais prendre un exemple
38:19à toute l'actualité
38:21et je m'arrête
38:21parce que je trouve
38:22qu'il est très parlant
38:23l'affaire des travailleurs détachés
38:26vous avez deux attitudes
38:29dans une entreprise
38:30alors je ne sais pas
38:31ce qu'en passera
38:32à la caméra de la CGT
38:35où le nombre de syndicats CGT
38:38qui m'ont invité
38:39à des débats
38:40où on m'a dit
38:41ah ben oui
38:42mais il suffirait
38:45d'interdire
38:46et de les expulser
38:47mais ils sont partis
38:48d'idées qui ont été
38:49introduites dans l'entreprise
38:51par le Front National
38:52les travailleurs détachés
38:54ou
38:55c'était comme le débat
38:56des années 30
38:57à propos des immigrés
38:58ou vous
39:00vous intégrez
39:01le discours
39:02de l'exclusion
39:03ou alors
39:04à l'inverse
39:05vous allez les voir
39:07et vous voyez avec eux
39:08comment on va se battre
39:09ensemble
39:10pour qu'il y ait
39:12des droits sociaux
39:12pour tous
39:13des droits salariaux
39:15pour tous
39:15des droits d'égalité
39:17pour tous
39:17et en même temps
39:19on se bat
39:20à l'échelle européenne
39:21pour en finir
39:22avec une méthode
39:23absolument inadmissible
39:25et une loi
39:26qui est inadmissible
39:27mais quelque part
39:28le monde
39:31des classes populaires
39:33c'est dans le monde entier
39:34qu'il est confronté
39:36à ce piège
39:38à ras
39:39tendu
39:40par les
39:42néolibéraux
39:43et les
39:44populistes
39:46regardez ce qui se passe
39:47aux Etats-Unis
39:47regardez ce qui se passe
39:49en Europe
39:50en Pologne
39:50en Hongrie
39:51un peu partout
39:52aujourd'hui
39:53voilà
39:53donc sur le fond
39:56la grande question
39:58je l'ai dit tout à l'heure
39:59mais je le répète
40:00je suis convaincu
40:01c'est comment fait-on
40:03ensemble
40:04comment reconstituons-nous
40:05un nous social
40:07mais comment on reconstitue
40:08aussi un nous politique
40:10un nous politique
40:11qui pose la question
40:12de l'abolition
40:13du capitalisme
40:14et de son dépassement
40:15et qui pose la question
40:16aujourd'hui
40:17d'ouvrir une autre
40:18perspective politique
40:19et une autre perspective
40:20alternative
40:21sur le terrain économique
40:22sur le terrain social
40:23sur le terrain culturel
40:24sur le terrain écologique
40:26et bien évidemment
40:26sur le terrain
40:27tout simplement
40:27de la dignité humaine
40:35comment ça marche justement
40:36quand on décide
40:37de se colter
40:39avec ça
40:40est-ce qu'on a
40:43est-ce qu'on réussit
40:44à gagner des choses
40:45est-ce qu'on réussit
40:46à reprendre un peu
40:47de terrain
40:47alors là
40:48c'est un terrain
40:50spécifique
40:51de l'entreprise
40:51mais après
40:52je pense que
40:52je pense que la question
40:53elle peut se poser
40:55au-delà de l'élection
40:56aussi pour
40:57je pense qu'on est
40:58dans un débat intéressant
40:59où il y a des choses
40:59qui ne sont pas forcément
41:00opposées
41:01mais il y a des expériences
41:01diverses
41:02qui sont
41:02y compris sur la tribune
41:03qui sont venées
41:03moi ce que j'ai envie
41:04d'insister très lourdement
41:05c'est qu'à un moment donné
41:06la situation est là
41:08la question n'est pas
41:08de focaliser sur l'extrême droite
41:09le Front National
41:10Madame Le Pen
41:11père, fille, nièce
41:12et compagnie
41:12c'est pas ça la question
41:13la question c'est que
41:15syndicalement et politiquement
41:16on a reculé sur les questions
41:18des idées
41:18que porte l'extrême droite
41:20on a reculé
41:21sur les questions
41:21liées à l'économie
41:23on a reculé
41:24sur les questions
41:24liées au racisme
41:25on a reculé
41:26sur des questions
41:27qui auparavant
41:28étaient quand même
41:29plus structurées
41:30plus élaborées
41:31au sein de la classe ouvrière
41:32au sein des organisations
41:33diverses et variées
41:34donc qu'est-ce qu'on fait
41:35moi je pense
41:36qu'à un moment donné
41:36voilà
41:37il y a des expériences
41:38syndicales, politiques
41:39dans certains territoires
41:40moi
41:41ce que je suis persuadé
41:42parce qu'on a fait
41:43plein de tas de choses
41:44voilà
41:44on est certains
41:46ici autour
41:46y compris cette tribune
41:47on les combat bien sûr
41:48depuis des décennies
41:49on a fait des choses
41:50ça n'a pas marché
41:51y compris au sein
41:52du mouvement syndical
41:52on a fait des choses
41:53à un moment donné
41:54on fait venir des experts
41:55des gens qui vous racontent
41:56des trucs pendant des heures
41:57c'est pas ça que les salariés
41:58ont besoin
41:59ce qu'on a besoin
42:00c'est de gagner
42:00dans le corps militant
42:01qu'il soit politique
42:02qu'il soit associatif
42:03qu'il soit syndical
42:05la volonté
42:05et les armes
42:06c'est-à-dire
42:06des repères historiques
42:08des repères économiques
42:09des repères politiques
42:10pour aller
42:11au débat
42:12pour aller convaincre
42:13la question n'est pas
42:14d'aller voir
42:15le camarade
42:16ou le collègue de boulot
42:16ou le voisin
42:17lui dire
42:17t'es un sale con
42:18une fois que tu l'as dit
42:19t'es un sale con
42:19le débat il est terminé
42:20il n'y a plus de discussion
42:21mais à un moment donné
42:22pour les convaincre
42:23moi je ne pense pas
42:24que c'est
42:25qui que ce soit
42:26depuis un Facebook
42:27une télé
42:28ou je ne sais quoi
42:29qui va convaincre les gens
42:30on a besoin
42:31d'aller
42:33au combat
42:34au quotidien
42:35donc les délégués
42:36dans nos entreprises
42:37c'est à eux de le faire
42:38dans un village
42:40d'où tu viens
42:41bien sûr
42:41c'est aux militants politiques
42:42qui connaissent les gens
42:43d'aller discuter
42:44ce travail que tu as souligné
42:46c'est aussi ce qui se fait
42:47dans les entreprises
42:47ça ne se fait pas comme ça
42:48en deux minutes
42:49bon
42:49donc tout ça doit être complémentaire
42:51et moi je veux quand même
42:52revenir sur l'actualité
42:53parce que
42:53à juste titre
42:54on a souligné
42:55qu'on a des attaques
42:56en règle
42:56et que ça ne va pas ranger
42:57les affaires
42:58c'est à dire que
42:59ce qui se passe
42:59avec cette putain de loi travail
43:01qui risque de passer dans la vie
43:02si on n'est pas capable
43:03d'avoir un mouvement syndical
43:04social d'ampleur
43:05pour contrer ces ordonnances là
43:07on va
43:08alors je ne vais pas tout développer
43:09mais au moins sur un aspect
43:10lorsqu'on voit
43:10qu'on va réduire
43:11le nombre de délégués
43:12qu'on va réduire encore
43:13l'intervention des délégués
43:15pour représenter
43:16porter les critiques
43:17les revendications
43:18les questions des salariés
43:19on va encore éloigner de fait
43:20le débat
43:21qui aura entre la direction
43:22et les délégués
43:23de ce que vivent
43:24les salariés
43:25et ça
43:25et ça c'est catastrophique
43:27et ça ne va pas aider
43:28bien entendu
43:29à améliorer la situation
43:31parce que
43:32moi je suis d'accord
43:33avec ce qui a été dit tout à l'heure
43:34sur le eux et le nous
43:35voilà
43:35oui il faut
43:36il faut qu'on construise
43:37un nous de classe
43:38par rapport
43:39en effet à ceux qui possèdent
43:40aujourd'hui le capital
43:41l'exemple que tu as donné
43:42voilà en effet
43:42c'est plus comme ça
43:43avant dans la vallée de la Fench
43:44c'était facile
43:45le château il était au-dessus d'Ayange
43:46on voyait les devins d'elle
43:48on savait que le pognon
43:48il était là
43:49et on pouvait structurer
43:50on savait que c'était là
43:51que ça se passait
43:51aujourd'hui le capital
43:52il est structuré de telle façon
43:53que c'est beaucoup plus compliqué
43:54et donc nous aussi
43:55on doit être beaucoup plus
43:57volontaristes
43:58et pédagogiques
43:59pour expliquer
44:00comment est structurée
44:00aujourd'hui les forces du capital
44:01et comment en effet
44:02c'est de leur intérêt
44:03de diviser aujourd'hui
44:04les citoyens
44:05et les salariés de ce pays
44:06en effet en faveur
44:07des extrêmes droites
44:08parce que malheureusement
44:09il n'y a pas qu'en France
44:10qu'on est confronté
44:11il ne faudrait pas qu'on pense
44:12que c'est qu'une sphère franco-française
44:13on le voit en Allemagne
44:14on le voit ailleurs
44:15et donc c'est bien
44:16un enjeu vraiment politique
44:18dans le sens noble du terme
44:19majeur à mon avis
44:20dans les années qui viennent
44:22comment
44:23comment justement
44:24on s'y collette
44:25Fabien
44:26comment on fait ça
44:27sur le terrain
44:28comment ce nous
44:29d'ailleurs
44:29j'ai juste une question
44:30peut-être subsidiaire
44:31comment ce nous
44:32dont on parle
44:33on le fait vivre
44:34y compris en dehors
44:35des campagnes
44:37en dehors des moments
44:38où on est tous ensemble
44:39au quotidien
44:40comment on fait
44:40pour le faire vivre
44:41ce nous aussi
44:41c'est une question
44:43après
44:43tu viens avec ta question
44:45je vais venir avec ma réponse
44:46comme dirait l'autre
44:47et je voudrais revenir
44:48sur le capital
44:49parce que
44:50je vais vous raconter
44:52ce qu'a vécu
44:52Eric Bocquet
44:53sénateur communiste
44:54du Nord
44:55qui est allé
44:56visiter le siège
44:57de Facebook
44:59aux Etats-Unis
44:59dans la Silicon Valley
45:01et quand il est allé là-bas
45:03le directeur
45:05du site
45:06du siège
45:07a expliqué
45:07qu'il y avait
45:09une grande map monde
45:10avec tous les points lumineux
45:11avec tous les gens
45:12connectés à Facebook
45:13au moment où il était là-bas
45:15et il y avait
45:151,6 milliard de personnes
45:17de connectés
45:18et il explique
45:19l'objectif
45:21c'est qu'on atteigne
45:22les 4 milliards
45:23dans les années qui viennent
45:24et on est en train
45:26de voir
45:27pour aller
45:29mettre un satellite
45:31dans le ciel
45:32pour essayer
45:33de faire en sorte
45:34que les Africains
45:35ils puissent avoir
45:36une bonne liaison
45:37et avoir Internet
45:38et se connecter
45:39à Facebook
45:39ça veut dire
45:40que les mecs
45:41ils vont dépenser
45:41des centaines
45:42de milliards
45:43pour envoyer un satellite
45:44pour que les Africains
45:44aient Internet
45:45mais il y a 817 millions
45:48de personnes maintenant
45:49qui souffrent de la famine
45:51et notamment en Afrique
45:52leur logique
45:53leur priorité
45:54c'est celle-là
45:56et ça
45:57c'est le capitalisme
45:59d'aujourd'hui
46:00c'est ce capitalisme
46:02tenu par
46:03c'est plus que des financiers
46:05c'est ceux qui surfent
46:06sur les nouvelles technologies
46:07et la révolution numérique
46:10ceux-là
46:10leur objectif
46:11c'est d'être
46:13les rois du monde
46:15les champions du monde
46:16dans les années qui viennent
46:17le dernier
46:21palmarès
46:21du magazine Forbes
46:22qui fait
46:23qui liste tous les ans
46:25les plus grandes fortunes
46:26du monde
46:27je l'ai dit tout à l'heure
46:28à l'espace nord
46:29mais ils n'étaient pas là
46:30les gens
46:30donc je leur dis ici
46:33dans le magazine Forbes
46:36ils expliquent
46:37ah c'est pas le même classement
46:39d'ailleurs
46:39non c'est pas le même
46:41ils disent
46:42attendez je le cherche
46:43je cite leur mot
46:45du jamais vu
46:47année record
46:49un bond de 13%
46:52du nombre de milliardaires
46:54dans le monde
46:54on est passé de
46:561810 milliardaires
46:58l'année dernière
46:59à 2043
47:00aujourd'hui
47:02et la valeur
47:03nette globale
47:05de ces 2043
47:06milliardaires
47:07a augmenté
47:08de 18%
47:09par rapport
47:10à l'année dernière
47:10votre salaire
47:11elle n'a pas augmenté
47:12de 18%
47:12à vous
47:13leur fortune
47:14elle a augmenté
47:15de 18%
47:16et la valeur nette
47:18globale
47:19de ces 2000 milliardaires
47:21c'est 7000 milliards
47:24de dollars
47:25on parle en
47:26trillions de dollars
47:27c'est des sommes
47:28colossales
47:29jamais atteintes
47:30il n'y a jamais eu
47:31autant de richesses
47:32concentrées
47:33dans les mains
47:33d'une infime
47:35minorité
47:35de la population
47:36et parmi ces milliardaires
47:39les principaux
47:40les 5 premiers
47:41c'est Jeff Bezos
47:43Amazon
47:43c'est Zuckerberg
47:46Facebook
47:47c'est Bill Gates
47:48Apple
47:49c'est Airbnb
47:50c'est eux
47:52qui aujourd'hui
47:53deviennent
47:53les plus grandes fortunes
47:55du monde
47:55ils vont maîtriser
47:57notre mode de consommation
47:58et même
48:00nos modes de pensée
48:01en nous alimentant
48:03via Facebook
48:04via tous les réseaux sociaux
48:05les idées
48:07qu'il faut
48:07qui nous arrangent
48:09qui nous plaisent
48:10ils nous vendent
48:11de la presse
48:12la presse
48:12que nous on aime
48:13et donc
48:14on va vivre
48:15dans un monde
48:15de plus en plus
48:16où ces géants
48:17du numérique
48:18qui se comptent
48:19sur les deux doigts
48:20de la main
48:20vont bientôt
48:22détenir
48:22détenir
48:24les parts de marché
48:25les plus importantes
48:26que jamais
48:27des multinationales
48:28n'ont tenues
48:29dans le monde
48:30ils vont même
48:31aller plus loin
48:31puisque l'on l'a vécu
48:33en Europe
48:34ils décident
48:35de s'installer
48:36sur des continents
48:37en choisissant
48:38le pays
48:39qui est prêt
48:39à leur faire
48:40un taux d'imposition
48:41quasi nul
48:42c'est ce qui s'est passé
48:44avec Apple
48:45qui est allé
48:46s'installer
48:46en Irlande
48:47et qui a négocié
48:48un taux d'imposition
48:49à 0,05%
48:51alors que là-bas
48:52déjà
48:52c'est un paradis fiscal
48:54le taux d'imposition
48:55est à 12,5%
48:57ça veut dire
48:57que les mecs
48:59ils se croient permis
49:00de dire
49:01bon qu'est-ce qui me fait
49:02un taux à 0
49:02et je m'installe
49:03chez vous
49:04c'est ça
49:05et il y a des états
49:07il y a des pouvoirs
49:08qui courent derrière ça
49:09et qui disent oui
49:11non seulement
49:13ça veut dire
49:14qu'il y a une part
49:14importante
49:15de la richesse créée
49:16qui ne revient pas
49:17dans le budget
49:17des états
49:19mais ça veut dire
49:20que
49:20c'est la démocratie
49:21elle-même
49:22qui est touchée
49:23dans son coeur
49:24parce que
49:25la politique
49:25qu'ils sont en train
49:26de mettre en place
49:27avec Airbnb
49:28Amazon
49:29Facebook
49:30tout ça
49:31c'est l'ubérisation
49:32de la société
49:33c'est qu'il n'y a plus
49:34besoin d'état
49:36il n'y a plus besoin
49:37d'impôts
49:37et il n'y a plus besoin
49:39d'état
49:40on va s'occuper
49:41de tout
49:41on va s'occuper
49:42de la santé
49:43on va s'occuper
49:44de l'éducation
49:44on va s'occuper
49:45des enfants
49:46laissez-nous faire
49:47on va tout gérer
49:48et bien ça
49:50c'est la fin
49:51de la démocratie
49:52quelque part
49:52c'est la fin
49:53de la république
49:54pour laquelle
49:54il y a 200 ans
49:56des hommes et des femmes
49:56se sont battus
49:58c'est ça qui est en jeu
49:59aujourd'hui
49:59c'est pour ça
50:00vous voyez
50:02le débat du FN
50:03par rapport à ça
50:04il est loin
50:05l'enjeu
50:06il est là
50:06ils sont en train
50:07de mettre à mal
50:08nos démocraties
50:10et c'est
50:11c'est ça que nous
50:12on doit défendre
50:13on doit se battre
50:14pour une plus juste
50:15répartition des richesses
50:16mais aussi
50:17pour pouvoir
50:19vivre libre
50:20et dignement
50:21dans nos pays
50:22dans nos républiques
50:26je ne sais pas
50:27si le débat
50:28on a une petite opposition
50:31là-dessus
50:31je ne sais pas
50:31si le débat
50:32il est loin
50:33je pense que les questions
50:34sont aussi connectées
50:35et que peut-être
50:36en se battant
50:36contre l'un
50:37on se bat aussi
50:39contre l'autre
50:39mais bon
50:39comment on fait
50:40tu évoquais
50:41Fabien
50:43ces gens
50:44qui sont nombreux
50:45comme les deux doigts
50:46de la main
50:46mais les millions
50:47c'est nous
50:48comment on fait
50:49pour faire vivre
50:49ce nous justement
50:50et comment on fait
50:51comment on est
50:53créer du lien
50:53créer de la solidarité
50:54et faire vivre
50:56les 99%
50:57bon alors moi
51:01d'abord je suis
51:02très combatif
51:03je suis sportif
51:04quand on est sportif
51:06on a toujours
51:06des adversaires
51:07et je crois
51:08que ce qui détermine
51:09le nous
51:10c'est l'adversaire
51:12c'est une conviction
51:14une intuition
51:14que j'avais
51:14que j'ai retrouvé
51:15dans le bouquin
51:15de Chantal Mouffe
51:16tu sais
51:16je ne sais pas
51:17si tu as vu ça
51:18je ne sais plus trop
51:18sur le consensus
51:19mais enfin bon
51:19et donc voilà
51:20je crois que ce qui est déterminant
51:22c'est de définir
51:23le eux
51:24et le nous
51:25il se définit
51:26par rapport au eux
51:28c'est un processus
51:29d'exclusion
51:30c'est peut-être pas
51:32noble
51:32mais c'est un processus
51:33d'exclusion
51:34on exclut
51:35il y a des gens
51:36qu'on exclut
51:37qu'on s'y considère
51:37qui font plus du bien
51:39aux gens
51:39on les exclut
51:40on les détermine
51:41comme les adversaires
51:42et le nous
51:43se détermine
51:43et construit
51:45par rapport à ça
51:45ce matin là
51:46je suis tombé
51:48je suis passé vite fait
51:49à Fakir
51:49pour le débat
51:50en rassemblant
51:51toutes mes notes
51:51en disant
51:52putain
51:52il faut bien
51:52que je dise un truc
51:54donc voilà
51:54et j'ai ramassé
51:55tous mes dossiers
51:56que j'avais
51:56pendant la campagne
51:57pendant la campagne
51:58je le dis toujours
51:59je l'ai dit
52:00dans le débat d'avant
52:00mais je vais me répéter aussi
52:02que bon
52:04moi je me suis dit
52:04je m'appuyais
52:05sur les cercles de militants
52:06sur ce que j'appelle
52:07le premier cercle
52:07mais en même temps
52:09il y a un problème
52:10avec le premier cercle
52:11c'est que parfois
52:12ils ne passent pas
52:12auprès des gens
52:14les militants
52:14ils ont leur langage
52:16pendant la campagne
52:17on avait un truc
52:17qui s'appelait
52:18le magot d'éragot
52:18où on faisait mettre
52:19un euro
52:19à tous ceux
52:20qui disaient
52:20du mal de Mélenchon
52:21du parti communiste
52:23de la CGT
52:23et puis tout ça
52:24mais je pense
52:25qu'il faudrait aussi
52:27on aurait peut-être
52:27vu fortune aujourd'hui
52:28mais enfin bon
52:30mais je pense
52:31que ça serait bien aussi
52:32d'avoir une boîte
52:33des fois
52:33où chaque fois
52:34qu'il y a le mot libéral
52:35on fait mettre un euro
52:39néolibéralisme
52:40ultralibéralisme
52:40parce que
52:41ou bien précarité
52:42précarisation
52:43parce que des fois
52:44c'est le visage
52:45des gens
52:45c'est raconter des histoires
52:47qui portent
52:49beaucoup plus
52:49c'est-à-dire en travaillant
52:50sur les affects
52:51sur l'émotion
52:52sur la colère
52:53sur tout ça
52:54et qui fait que ça fonctionne
52:55beaucoup plus
52:55que par des statistiques
52:56et tout ça
52:57là je peux vous dire
52:58j'ai le classement
52:59des 500 premières fortunes
53:00de France
53:00moi
53:00challenge là
53:02qui vient de sortir
53:03cet été
53:03numéro magnifique
53:05magnifique
53:05magnifique
53:06vraiment
53:06je ne peux plus vous dire
53:08que vous allez l'acheter
53:08parce que ça y est
53:09c'est fini
53:09mais il y a 20 ans
53:11les 500 premières fortunes
53:13françaises
53:13équivalaient à 6%
53:16du PIB
53:17aujourd'hui
53:18c'est 24%
53:19d'accord
53:20donc ça représente
53:21un bouleversement
53:22macroéconomique
53:23considérable
53:23mais si je déjette
53:24ça aux gens
53:25mais pfff
53:27par contre
53:27vous avez vu
53:28ma petite connerie
53:29sur Maxence Bigard
53:30à l'Assemblée Nationale
53:32bon
53:32je ne sais pas
53:33ceux qui ne l'ont pas vu
53:34mais enfin
53:34il y a eu 1,2 million
53:35de personnes
53:35qui sont allées voir ça
53:36et finalement
53:37c'est une connerie
53:39mais ça les construit
53:41beaucoup plus
53:41contre le patronat
53:42que ma statistique
53:44macroéconomique
53:44sur le truc
53:45et moi
53:46j'ai ressorti ça
53:49parce que
53:50pendant la campagne
53:51je me disais
53:52il faut mettre des noms
53:53il faut mettre des visages
53:54sur les trucs
53:55et il se trouve que
53:55bon alors
53:56j'avais Dominique Seux
53:57j'avais Bernard Arnaud
53:58évidemment
53:59mais l'un des visages
54:00que j'avais
54:00c'était déjà à l'époque
54:01Jean-Paul Bigard
54:02qui venait de fermer
54:03donc l'usine
54:04à Haïs-sur-Somme
54:05et le premier réflexe
54:07que j'avais eu
54:07quand l'usine avait fermé
54:08donc c'était avant ma campagne
54:09mais je me préparais mentalement
54:10mais c'était juste
54:11d'avoir un tract
54:12très simple
54:13en disant
54:14qui est Jean-Paul Bigard
54:17156ème fortune française
54:18montrer sa tête
54:20et dire
54:21combien il a été touché
54:22de crédit impôt
54:22compétitivité emploi
54:24et voilà
54:24très rapidement
54:25pour bien montrer
54:26que
54:26c'est pas
54:27quelque chose
54:28d'éterrer le capitalisme
54:29ça s'incarne aussi
54:31alors après
54:32derrière
54:32il peut y avoir
54:32des fonds de pension
54:33des machins
54:33et tout ça
54:33mais à un moment
54:34on peut toujours trouver
54:35quand même
54:35le moyen de l'incarner
54:37tu me donnes encore deux minutes
54:38ou pas ?
54:39oui oui encore deux minutes
54:40et puis
54:40je te laisse
54:42je vais vous dire
54:43je suis d'accord
54:44avec un propos
54:44qu'a tenu Fabien
54:45là
54:46sur
54:49la stérilisation
54:50par le vote Front National
54:51je veux dire
54:52moi je combats
54:54je souhaite qu'on aille
54:55vers autre chose
54:56je déteste le vote Front National
54:57d'abord pour ces idées
54:59et tout ça
54:59mais aussi
55:00parce que
55:01c'est quelque chose
55:02qui gèle la société française
55:04c'est à dire que
55:05ça produit une division
55:07sur le terrain culturel
55:08et religieux
55:10de ce qui
55:10et on a là
55:11produit une réconciliation
55:13des classes populaires
55:14on pourra transformer
55:15on pourra combattre
55:16cette oligarchie
55:17qui est puissante
55:18et qui parvient
55:19avoir des ramifications
55:20dans le pays
55:21seulement si on obtient
55:22une réconciliation
55:24d'abord des classes populaires
55:25et il est évident
55:26moi dans ma circonscription
55:27j'ai le quartier nord d'Amiens
55:28donc à forte dimension
55:29d'origine immigrée
55:30et j'ai le Val de Nièvre
55:32qui votait très fortement
55:34Front National
55:34donc voilà
55:35et je pense que
55:36là il y a un enjeu
55:37c'est pour construire
55:39un bloc historique
55:40pour parler Gramschist
55:41pour construire
55:42un bloc historique
55:43qui permet de porter
55:44autre chose dans le pays
55:45il y a la nécessité
55:47premièrement
55:48de réconcilier
55:49les classes populaires
55:50entre elles
55:50mais ensuite
55:51il y a une autre réconciliation
55:53à opérer
55:53et là je citerai Lénine
55:56une situation
55:57pré-révolutionnaire
55:58éclate
55:58lorsque ceux d'en haut
56:00ne peuvent plus
56:01ceux d'en bas
56:02ne volent plus
56:02et ceux du milieu
56:03bascultent avec ceux d'en bas
56:04et bien il y a
56:06une fois opéré
56:07ou en même temps
56:08qu'on opère
56:09la réconciliation
56:10entre les classes populaires
56:11il y a la nécessité
56:12d'opérer
56:12une autre réconciliation
56:13qui est celle
56:14entre les classes populaires
56:16et ce que j'appelle
56:17la petite bourgeoisie intellectuelle
56:19mais enfin c'est nous
56:19je caricature
56:20d'accord
56:21bon voilà
56:22et là
56:23il y a cet enjeu là
56:24si on veut transformer
56:26la société demain
56:27il faut construire
56:28ce bloc historique
56:29qui
56:30voilà
56:31et ensuite
56:31je terminerai
56:33sur
56:33c'est la conclusion
56:34on est d'accord
56:34c'est la conclusion
56:36j'appelle moi
56:37j'appelle moi
56:37à se mobiliser
56:38dans toutes les occasions
56:40où c'est possible
56:41de le faire
56:41je suis aujourd'hui
56:42à la fête de l'humanité
56:43je serai
56:45jeudi
56:45dans les manifs
56:46à l'appel de la CGT
56:47de la FSU
56:48de Solidaires
56:48et ainsi de suite
56:49et je serai
56:51et je serai à Paris
56:52à la manifestation
56:54organisée par les insoumis
56:55et moi j'appelle
56:56à aller vers tout
56:57ce qui est possible
56:58pour rassembler
56:59pour montrer
57:00que le peuple est là
57:00je vous remercie
57:18je rebondis
57:19on va essayer
57:19de construire
57:23ou de reconstruire
57:24ce bloc historique
57:25l'année prochaine
57:25on va se mettre
57:26à vendre des parpaings
57:26parce que
57:27il y a des murs
57:29à faire tomber
57:29mais il y a aussi
57:30des choses à construire
57:31donc voilà
57:32c'était la première pierre
57:35peut-être
57:35d'un débat
57:35qui va se poursuivre
57:37dans la fête
57:38qui va se poursuivre
57:39ici
57:40ou ailleurs
57:41toutes les questions
57:42qui ont été évoquées ici
57:43sont de toute façon
57:45des questions importantes
57:45pour nous
57:46et qu'on va continuer
57:47à travailler
57:49je vous remercie
57:49merci

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