Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
Pour quelles raisons l'Europe n'est-elle pas à la hauteur des défis du péril climatique ? Explications et débat avec deux députés européens, Claude Turmes (Verts-ALE) et Gilles Pargneaux (S et D), à l'occasion de la COP 23.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Générique
00:12Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:16La COP23, la Conférence internationale sur les changements climatiques,
00:20se tient en ce moment, comme vous le savez, à Beaune, en Allemagne.
00:24Quels sont les enjeux de cette conférence,
00:26qui intervient donc un an après la COP21, la Conférence de Paris ?
00:30Et que fait, on est là pour en parler, l'Europe dans cette lutte contre le réchauffement climatique ?
00:35On en parle avec vous, Claude Tourmès.
00:37Bonjour, vous êtes député européen, membre des Verts Alliance Libre Europe.
00:42Vous êtes plus que 100 bourgeois.
00:43Mais oui, donc j'aurai un petit accent.
00:46Très bien, merci d'être là.
00:47C'est la première fois que vous êtes sur ce plateau.
00:49Et puis Gilles Paragnon, qu'on reçoit souvent ici sur ce plateau.
00:52En revanche, vous êtes également député européen, membre des Socialistes et Démocrates.
00:57Alors, on ne va pas revenir sur les constats et les chiffres.
01:00Tout le monde les connaît à peu près.
01:02Il y a eu, en début de semaine, lundi, une tribune qui a été signée, d'ailleurs,
01:05dans Le Monde, où 15 000 scientifiques, 15 000 scientifiques,
01:09qui viennent de 184 pays, mettent encore une fois le doigt
01:12sur la dégradation catastrophique de l'état de l'environnement à l'heure actuelle dans le monde.
01:18Donc tout le monde, et au courant, personne ne conteste plus réellement
01:22qu'il puisse y avoir des effets, bien sûr, des problèmes climatiques
01:27sur l'ensemble de l'environnement et qu'il puisse y avoir
01:29de très graves problèmes d'environnement à l'heure actuelle sur la planète.
01:32Un mot déjà sur la place de cette conférence.
01:35Donc la COP, on le disait, la COP 21 l'an dernier à Paris.
01:38Les États, en gros, se sont engagés sur un certain nombre d'objectifs climatiques.
01:42Il s'est passé un certain nombre d'événements, d'ailleurs, depuis la COP 21,
01:45notamment un de taille, puisque les États-Unis ont retiré leur signature de cet accord.
01:52L'an prochain, il y aura une nouvelle conférence qui aura lieu en Pologne,
01:55où les pays, cette fois-ci, si on a bien compris,
01:58devront présenter des vrais projets concrets, réels.
02:02On va mesurer exactement comment chaque pays s'engage
02:05dans cette lutte contre l'échauffement climatique.
02:07J'allais dire, je viens à vous, Claude Tourmès,
02:10à quoi ça sert, celle-ci, la COP 23, aujourd'hui ?
02:14Celle-ci, c'est surtout pour trouver 2 milliards.
02:18Le retrait de Trump, en fait, n'est pas très grave en ce moment au niveau du contenu.
02:25Mais comme il a retiré de l'argent américain,
02:28il faut que l'Europe, le Canada, la Chine trouvent de l'argent
02:32pour compenser, en fait, ça, parce que, c'est clair,
02:37les pays industriels doivent compenser et aider, en fait,
02:40les pays africains et d'autres à maintenant mettre en place des énergies renouvelables,
02:45mais aussi parce que le problème climatique est déjà bien avancé,
02:48il faudra aussi les aider dans la désaffectification,
02:52protéger leurs côtes si les eaux montent.
02:55Donc, l'enjeu, c'est surtout cet enjeu-là
02:58de ne pas avoir une friction inutile entre l'Europe et l'Afrique
03:05parce qu'il y aurait un manque d'argent.
03:08On va en reparler un peu plus en détail tout à l'heure,
03:10si vous le voulez bien, de ce retrait des États-Unis
03:13qui n'est pas sans conséquence.
03:14Les États-Unis sont le deuxième pays pollueur du monde,
03:17donc ça a forcément des conséquences.
03:21Reprenons quand même, de manière précise, si vous le voulez bien,
03:25cette question de la baisse, si on peut dire comme ça,
03:29de la baisse de l'augmentation de la température, on va le dire comme ça.
03:32Les derniers rapports sur le climat montrent que les engagements de Paris
03:36ne suffiraient pas, d'après ce qu'on a compris,
03:38à limiter la hausse des températures
03:39qui serait de l'ordre de 1,5, 2 degrés d'ici la fin du siècle.
03:45C'était l'objectif, rappelons-le, de la COP 21.
03:48On en est aujourd'hui à plus que ça, 3 ou 4.
03:51Ça veut dire quoi, Gilles Pargnon ?
03:53Ça veut dire qu'il faut déjà, là, tout de suite,
03:55revoir ces objectifs à la hausse ?
03:57Comment se pose la question ?
03:59C'est tout le débat politique.
04:00Pour compléter ce que vient de dire Claude Turmès,
04:02on voit bien que cette COP 23 est une COP finalement cruciale.
04:09Elle n'est pas seulement qu'intermédiaire.
04:12Depuis cet accord historique, il y a 2 ans maintenant, à Paris,
04:15on voit bien que 2 ans plus tard, on est loin du compte
04:19par rapport à cet objectif de limitation de la température mondiale
04:23à 2 degrés, voire 1,5 degré.
04:26Et on a vu se multiplier malheureusement les catastrophes naturelles
04:31au cours de ces deux dernières années,
04:33y compris au cours de ces derniers mois.
04:35Donc il faut absolument qu'au-delà du débat vis-à-vis des États-Unis,
04:41et Claude a raison de dire qu'il y a un problème financier
04:45compte tenu des engagements à terme des États-Unis,
04:48mais il faut absolument que cette COP puisse être aussi la COP
04:53qui mette en place des bases d'un dialogue de conciliation
04:57pour faire en sorte que nous puissions ainsi avoir la possibilité,
05:02à l'occasion de la COP 24 en Pologne dans un an,
05:05d'avoir un texte qui soit contraignant et qui puisse dire
05:11« Allez, on y va, sinon on va aller à la catastrophe ».
05:14Et donc il y a un problème, c'est qu'à Paris,
05:17on a décidé que chaque pays doit faire des plans,
05:21mais on n'a pas détaillé quoi exactement.
05:23Et donc aujourd'hui, on se trouve dans une situation,
05:26c'est que la Chine va faire un plan.
05:28Après, est-ce qu'on peut comparer ce plan
05:31avec le plan australien ou le plan européen ?
05:34Et donc la COP, elle sert à déterminer,
05:37à être plus précis.
05:40Et puis bien sûr, au-delà de la question financière
05:44que j'ai évoquée,
05:46on a tout fait la semaine dernière pour montrer,
05:50même si Trump est un idiot au climat,
05:55l'Amérique continue à faire des choses.
05:57Donc il y avait le gouverneur brown californien
06:01qui était au Parlement européen aussi.
06:03Et en fait, ce qui est génial,
06:05c'est que les villes américaines,
06:07ils sont tellement motivés maintenant par l'absence de Trump
06:11qu'ils mettent les bouchées doubles.
06:13Et très important de comprendre,
06:15même aux États-Unis, les énergies renouvelables.
06:18Donc il y a un boom éolien et solaire aux États-Unis
06:22en ce moment, malgré Trump.
06:24C'est donc pour ça que l'accord de Paris indiquait
06:27que ce dialogue de facilitation doit démarrer en 2018,
06:32donc l'année prochaine,
06:33pour parvenir à une révision à la hausse
06:37des contributions nationales dès 2020.
06:39Et donc c'est pour ça que l'enjeu de cette COP 23
06:42n'est pas seulement technique ou technocratique,
06:46mais aussi politique.
06:47C'est là aussi où l'Europe n'est pas conséquente.
06:51Voilà, on va parler du rôle de l'Europe.
06:53Mais avant, je voudrais poursuivre un petit peu
06:56sur ce que vous disiez.
06:57Pascal, tout le monde se pose cette question.
06:59En réalité, qui va s'engager ?
07:01On dit aujourd'hui, ah oui, mais les entreprises,
07:03les villes américaines et les entreprises aussi,
07:06un certain nombre d'entreprises ont dit qu'elles allaient.
07:08Qui va en réalité s'engager dans ce combat
07:10pour le réchauffement climatique ?
07:12Qui va présenter des projets ?
07:13On dit beaucoup, effectivement,
07:14les villes, des entreprises,
07:17mais les États aussi.
07:19Non, non, mais l'accord de Paris
07:22est un accord intergouvernemental.
07:24Bien sûr.
07:25Donc c'est le gouvernement Macron,
07:28du président Macron,
07:29qui est en charge de faire bouger la France.
07:33Et derrière, il faut bien sûr aussi comprendre
07:35le défi qui est devant nous.
07:37On a à peine 30 ans.
07:40Dans 30 ans, plus aucun chauffage au gaz.
07:44Dans 30 ans, plus aucune voiture qui roule au diesel.
07:49Plus aucune production d'électricité
07:52à base de gaz et de charbon.
07:53Donc il faut agir vite.
07:55Et pour agir vite, sur le transport.
07:58Mais Macron, il doit être ultra content
08:01qu'il y a Anne Hidalgo à Paris
08:03qui avance sur le transport.
08:05Je ne peux pas avancer en tant qu'État
08:09si je n'ai pas les villes avec moi.
08:11Et donc, une des batailles,
08:12d'ailleurs, dans une législation européenne
08:14dont je suis le rapporteur en ce moment
08:16sur ce qu'on appelle la gouvernance,
08:19les plans 2030-2050 en Europe,
08:21qui est en fait maître Paris en réalité en Europe,
08:23je me bats pour que les gouvernements
08:26acceptent finalement qu'avant de faire
08:28un plan climat-énergie,
08:30ils discutent avec les villes.
08:31C'est absurde de faire des plans
08:34dans lesquels la ville de Paris,
08:36de Lyon ou de Lyon n'auraient pas
08:38s'envoi.
08:38Bien sûr, deux choses par rapport
08:39à ce que vient de dire Claude.
08:41Par rapport aux États-Unis.
08:42Donc on sait aujourd'hui,
08:44sous l'impulsion du gouverneur de Californie
08:46qu'on a vu la semaine dernière à Bruxelles,
08:49Jerry Brown,
08:49il y a 30 États sur 50
08:51qui sont favorables à ce que les États-Unis
08:54continuent à œuvrer contre les changements climatiques.
08:57Il y a aussi 200 maires,
09:01là sous l'impulsion de l'ancien maire de New York,
09:04Michael Bloomberg,
09:05qui ont aussi indiqué leur volonté de continuer.
09:08Et puis il y a aussi
09:09toutes les grandes entreprises,
09:11les grands groupes privés,
09:12dont Apple, Google, Nike,
09:15Starbucks, Amazon, Adidas,
09:17qui eux aussi souhaitent œuvrer dans cette lutte.
09:20Donc on voit bien que l'autre Amérique,
09:23l'autre Amérique par rapport à celle de Trump,
09:25ont envie, et on l'a vu d'ailleurs cette semaine,
09:28à Bonn, dans un débat qui a été organisé,
09:31où cette autre Amérique
09:32est venue apporter la contradiction
09:34face aux émissaires ou aux officiels des États-Unis.
09:37Ça c'est la première chose.
09:38La deuxième, effectivement,
09:40il faut maintenant qu'on mette en situation
09:43les régions et les villes,
09:45partout dans le monde,
09:46pour être partie prenante de cette lutte de l'ONU
09:51pour ce changement climatique.
09:53C'est la lutte contre les changements climatiques.
09:55Alors vous évoquez l'Europe, évidemment,
09:57on est là pour en parler.
09:58Quel rôle joue l'Europe dans cette lutte ?
10:00À quel niveau elle intervient
10:01et quel rôle elle peut jouer ?
10:04Et quel rôle, disons, jusqu'à maintenant,
10:06elle joue ?
10:07Comment vous la voyez ?
10:08Comment vous la sentez l'Europe dans cette affaire ?
10:10L'accord de Paris,
10:11c'était un succès diplomatique
10:13du gouvernement Hollande,
10:15mais c'était aussi un succès diplomatique
10:17de la diplomatie européenne.
10:18En fait, c'est la diplomatie européenne
10:20qui a aidé la France à avoir cet accord.
10:24Donc, à Bonn, la diplomatie européenne
10:27continue à peser, à jouer son rôle.
10:29Le deuxième rôle de l'Europe,
10:31c'est de montrer qu'on ne veut pas aller
10:34sur un chemin de 3 degrés,
10:36parce que bonjour les dégâts,
10:39surtout sur les îles et autres,
10:41mais qu'on doit rester sous les 2 degrés.
10:43Et là, l'Europe n'est pas bonne,
10:45parce que ce que l'Europe,
10:47ce que les chefs d'État,
10:49y inclut le président Hollande,
10:51a proposé en octobre 2014,
10:55donc un an et demi,
10:57ou plus qu'une année avant Paris,
10:59ne suffit pas.
11:00Et donc, le vrai moment de vérité
11:03pour l'Union européenne,
11:04c'est le 28 novembre,
11:06un matin, un mardi matin,
11:08quand le Parlement européen,
11:10dans la Commission Industrie et Énergie,
11:11va voter sur les objectifs 2030,
11:14énergie renouvelable,
11:14et les objectifs européens
11:17sur l'efficacité énergétique.
11:18Et on se bat ensemble
11:20avec les socialistes,
11:21contre les conservateurs,
11:23pour que l'Europe fasse au moins
11:245% de renouvelable.
11:26Parce que si l'Europe ne va pas plus loin
11:28que cette mauvaise décision
11:30ou proposition des chefs d'État
11:32d'octobre 2014,
11:34l'Europe va, dans la prochaine décennie,
11:37envoyer tellement de charbon
11:39et de CO2 dans l'atmosphère,
11:40que l'Europe ne va plus jamais
11:42pouvoir tenir ses accords.
11:45Et c'est ça, notre bataille.
11:47C'est là qu'est la difficulté,
11:48parce que, force est de constater
11:49que l'Europe n'est pas
11:51complètement à la hauteur
11:52des enjeux tels que nous le souhaiterions,
11:55nous, les parlementaires européens.
11:56Même si le commissaire Cagnetté
11:58est très proactif,
12:00c'est pas lui qui est remis en cause.
12:02Par contre, les États membres,
12:03pour certains,
12:04sont les mauvais élèves
12:05de cette lutte contre les changements climatiques.
12:07L'Allemagne, la Pologne,
12:09on l'a vu encore récemment,
12:11des statistiques ont été données,
12:13et on est encore loin,
12:14dans ces deux pays,
12:15sur nos objectifs de développement
12:18des énergies renouvelables.
12:19Même si l'Allemagne,
12:20en ce moment,
12:21il y a les négociations de coalition,
12:23les Verts au gouvernement,
12:24la priorité des Verts en Allemagne,
12:26c'est de fermer les centrales nucléaires,
12:29les centrales charbon,
12:31après avoir fermé les centrales nucléaires.
12:32Et le problème,
12:34en ce moment que j'ai avec la France,
12:37c'est qu'ils ont un super ministre de l'énergie
12:42qui est absent en Europe.
12:44M. Hulot est complètement absent en Europe,
12:47contrairement à M. Borloo.
12:49Moi, j'ai négocié avec M. Borloo,
12:52en 2009, la directive renouvelable.
12:54Moi, mon appel, c'est aussi...
12:56Moi, c'est très bien les grands messes
12:59de M. Macron en décembre,
13:00mais derrière, ça ne suit pas.
13:03Moi, je veux un M. Hulot
13:06qui est présent au niveau européen
13:08pour nous aider à se passer...
13:10Parce que nous, on va gagner au Parlement européen
13:12le vote sur les renouvelables et la puissance.
13:14C'est la question que j'allais vous poser.
13:15On va gagner contre les conservateurs.
13:18Mais après, il faut que,
13:20donc, deux semaines après, mi-décembre,
13:23la France sera dans un conseil des ministres de l'énergie.
13:27Donc, Hulot sera dans un conseil des ministres de l'énergie
13:29dans lequel il faudra aller plus loin
13:31que les 27 % d'énergie renouvelable.
13:33Claude a dit qu'il a travaillé avec Jean-Louis Borloo.
13:37Moi, je travaille effectivement avec Nicolas Hulot
13:39et Emmanuel Macron sur ces sujets.
13:41Je pense que c'est des sujets qui sont primordiaux.
13:44Et c'est vrai que la France s'est engagée
13:47à ce qu'en 2020, les énergies vertes
13:50représentent 23 % de sa consommation d'électricité.
13:54Or, aujourd'hui, on est à 16 %.
13:56Donc, il y a un gap qu'il nous faut combler
13:59entre maintenant et dans trois ans.
14:01Et là, il y a la nécessité qu'effectivement,
14:03la France et Nicolas Hulot puissent faire des propositions.
14:06À l'image de ce que les Britanniques, d'ailleurs,
14:09ont pu faire, puisque ce sont eux
14:11qui sont les premiers de la classe.
14:13Mais derrière ça, il y a une dimension industrielle.
14:15Oui, c'est la question que j'allais vous poser tout à l'heure.
14:17Les industriels sont dedans.
14:18On parlait de l'autonomie tout à l'heure
14:20et des véhicules électriques.
14:21On sait que l'Europe n'est pas très bien placée.
14:23Alors, les Chinois en produisent plus que nous.
14:25Dimanche, moi, j'étais à Bonn de vendredi,
14:28samedi, dimanche, lundi.
14:29Dimanche, j'étais dans une réunion
14:31avec le chef du RTE, du réseau chinois.
14:35Le gars, il a un million d'employés.
14:37Il a déjà 450 000 bornes électriques.
14:41Il est en train de faire l'Internet des voitures électriques.
14:45La Chine avance sur le solaire, sur l'éolien.
14:48Et donc, en Europe, l'Allemagne a bien joué sur le côté industriel.
14:54Où est la France sur l'éolien sur terre ?
14:56Où est la France sur l'éolien en mer ?
14:59Donc, pour moi, ce qui me fait pleurer,
15:02c'est que dans cet axe franco-allemand,
15:05la France, aussi parce qu'elle n'a pas de vraie stratégie industrielle,
15:10parce qu'elle n'a pas de vraie ambition industrielle,
15:13là, on a effectivement des propositions à faire en matière d'éolien offshore sur mer.
15:17On a une façade maritime qui est désapportée.
15:20On en parle, mais rien n'avance.
15:21Là, il y a la nécessité d'aller de l'avant, d'être punaise.
15:24La France a, il y a 11 ans,
15:26la France a fait un appel d'offres sur l'éolien en mer.
15:3111 ans après, il n'y en a pas une seule.
15:34Comment est-ce que je veux qu'Alstom soit compétitif,
15:39créer de l'emploi sur la façade atlantique,
15:43si je n'arrive pas à mettre en 11 ans une centrale, une grotte ?
15:48Ce qui est important aussi.
15:49Les Hollandais, la petite Hollande, la petite Danemark,
15:52a réussi.
15:53Le Danemark est le numéro un des ventes de technologies vertes en Chine.
16:02Même devant, les Allemands et la France.
16:05Oui, la Norvège, la Suède.
16:08Vous vouliez ajouter quelque chose.
16:10C'est très important que, dans le débat que nous avons,
16:14Claude Turmès est vraiment un spécialiste,
16:16le spécialiste de l'énergie ici au Parlement européen.
16:19Et notre volonté, c'est d'être facilitateur pour les États membres
16:23qui en ont besoin, notamment la France.
16:26Ce matin, j'ai vu le ministre portugais.
16:29Là où la France peut avancer au niveau industriel,
16:31c'est l'éolien flottant.
16:33Pourquoi est-ce que la France est bonne dans ça ?
16:35Parce que si je fais de l'éolien flottant,
16:37je dois avoir un algorithme,
16:40je dois avoir des mathématiciens
16:42qui savent calibrer parce que ça va chavirer.
16:45Et donc, maintenant, après que les jeunes Français,
16:50les matheux Français sont allés à Londres
16:52nous faire ces produits horribles de fast trading,
16:56qui est spéculatif,
16:58aujourd'hui, les jeunes Français s'engagent...
17:01Sur quelque chose d'environnement, quelque chose d'utile.
17:03Et donc, maintenant, je veux qu'on fasse un appel d'offres européens,
17:08Portugal, France, Norvège, Écosse,
17:12sur l'éolien flottant.
17:13Pour que la France avance.
17:15On travaille aussi avec Claude,
17:15on travaille aussi sur développer les échanges
17:18en ce domaine énergie renouvelable
17:20avec le sud de la Méditerranée.
17:22Il est important, comme tu le rappelais tout à l'heure,
17:25que nous puissions faire des propositions
17:27sur le continent africain.
17:29Et on sait, par ailleurs,
17:31qu'il y a des pays comme le Maroc,
17:33mais pas seulement,
17:34qui sont en pointe sur le développement des énergies renouvelables.
17:37Donc, là encore, l'Europe et la France
17:40doivent être en première ligne
17:41pour permettre le développement des énergies renouvelables.
17:44La semaine prochaine,
17:45il y aura un sommet Union européenne-Afrique.
17:47Et le rêve que Gilles Parnieu,
17:51Jean-Louis Borloo et moi,
17:52qu'on avait il y a trois ans,
17:54que la Commission européenne fasse un fonds
17:56pour aider le développement des énergies en Afrique,
17:59il s'est concrétisé.
18:00Donc, la semaine prochaine,
18:02le président Juncker va,
18:04présenter au chef d'État africain
18:06un fonds de 3,5 milliards
18:08pour amener,
18:10comme Jean-Louis le dit,
18:11pour amener la lumière dans les villages africains,
18:13parce que sinon,
18:14les Africains,
18:15ils viennent...
18:16Et c'est vrai aussi par rapport à l'immigration.
18:18Il fait l'interview pour l'immigatoire, bien sûr.
18:20Mais maintenant, quel est le problème ?
18:21Le problème, c'est que
18:23ce fonds a été construit
18:25pour que l'Allemagne participe,
18:28pour que le Luxembourg participe,
18:30pour que la France participe.
18:31Donc, le président Macron,
18:34il va faire un sommet à Paris.
18:37Je sais que Rockefeller...
18:39Alors, celui-là, ce sommet-là,
18:40il est...
18:41Ah, mais il est très important.
18:42La fondation Rockefeller
18:43et la fondation Bill Gates
18:46a pris contact avec la Commission européenne
18:48pour mettre de l'argent dans le front.
18:50La France, jusqu'à aujourd'hui,
18:52n'a mis zéro euro.
18:55L'Allemagne a mis...
18:55Donc, c'est...
18:57Comment est-ce que vous voulez
18:58que l'Europe pèse par rapport à la Chine ?
19:00C'est les grands pays.
19:15Donc, la banque publique française
19:17que les Allemands prennent la cave de...
19:20Tu vois, c'est ça.
19:21Ça doit être ça, l'Europe.
19:22La Commission européenne qui coordonne
19:24et que les États-Unis
19:25ne soient pas derrière.
19:26Ce sommet international
19:27que Emmanuel Macron souhaite organiser
19:29le 12 décembre,
19:31c'est un sommet qui,
19:32politiquement, est très important
19:33parce que ça doit relancer
19:35la machine politiquement
19:37au-delà de la COP 23
19:39et avant la COP 24 de...
19:41Un petit mot de la Chine
19:42puisque vous l'avez évoqué
19:43l'un et l'autre,
19:44premier responsable mondial
19:46d'émissions de gaz à effet de serre.
19:48Vous croyez réellement
19:49à son engagement,
19:51à sa détermination ?
19:54Est-ce que c'est solide ?
19:55Est-ce que c'est...
19:55Parce que c'est énorme
19:56l'engagement de la Chine
19:57par les États-Unis.
19:57Dimanche, comme j'étais
19:58dans cette réunion de Irène,
20:00donc à l'Organisation mondiale
20:01des renouvelables,
20:04donc le chef du State Grid China,
20:07un million d'employés,
20:09en fait, qu'est-ce qu'il a dit ?
20:12Il a dit, nous allons mettre la Chine
20:15sur le rail solaire, éolien,
20:18voiture électrique, smart grid
20:20et après, il a dit,
20:22et mon grand leader,
20:25le président qui est presque maintenant
20:27le statut de Mao,
20:29donc ils sont...
20:29C'est ce qu'on raconte.
20:30Non, mais lui, ils ont un projet
20:32qui s'appelle la route de la soie.
20:34Oui, c'est ça.
20:35Et je vous promets,
20:36ce qui va se passer,
20:38la Chine va prendre
20:39les technologies vertes,
20:41le changement climatique
20:42pour envahir la planète entière.
20:46C'est bien, parce que...
20:49L'économie verte, ils y passent.
20:50Ils ont compris l'intérêt.
20:51Non, mais écoute,
20:52sur le solaire,
20:53ils ont déjà,
20:53ils ont raflé tout.
20:54Ils sont en train de devenir
20:56très puissants sur les liens.
20:58Ils sont très puissants
20:59sur tout ce qui est les réseaux
21:02et sur les voitures électriques,
21:05ce que Renault, Peugeot, Citroën,
21:07ce que Mercedes fait,
21:08c'est à pleurer.
21:09Bien sûr.
21:09On va se faire bouffer
21:10par les Chinois.
21:12Si on ne bouge pas.
21:13Ce qui est vrai aussi,
21:13excuse-moi,
21:14ce qui est vrai aussi,
21:15c'est le financement
21:17par les Émirats Arabes Unis
21:18ou l'Arabie Saoudite.
21:20Ils savent que le pétrole
21:22a été leur or noir
21:24du XXe siècle,
21:25mais pour le XXIe siècle,
21:26ils savent que les énergies renouvelables,
21:28c'est leur or vert.
21:29Et j'étais récemment
21:30aux Émirats Arabes Unis
21:32où leur investissement
21:33partout dans le monde
21:34va être très important
21:35sur les énergies renouvelables.
21:37Concernant Nour,
21:39qui est cette grande centrale
21:41thermique solaire
21:42à Ouarzazat au Maroc,
21:44le premier financeur,
21:45c'est l'Arabie Saoudite.
21:473,6 milliards dollars.
21:49Qui ne va pas très fort en ce moment.
21:50Il faut comprendre,
21:52on va entrer
21:53dans une nouvelle géopolitique
21:54de l'énergie.
21:55Le pétrole
21:57va être
21:57très bon marché.
21:59L'Arabie Saoudite
22:00l'a compris déjà,
22:01clairement.
22:01Oui, mais vous avez compris
22:03que les changements
22:04au Venezuela,
22:05derrière les changements politiques,
22:07c'est que Maduro,
22:08ça a cassé vide.
22:10Et l'Arabie Saoudite,
22:12alors ils sont en train
22:13de s'endetter,
22:14s'endetter,
22:14mais au moins,
22:15ils ont maintenant compris
22:16que l'avenir c'est le seul.
22:17Mais quitte de M. Poutine.
22:19Donc le grand,
22:20et moi j'ai dit
22:21à mes copains à Berlin,
22:23donc du gouvernement,
22:25du nouveau gouvernement vert,
22:26il faut maintenant aussi,
22:29après des années
22:30où on s'est entrechoqué
22:31avec la Russie sur le gaz,
22:33il faut maintenant trouver
22:34un nouveau compromis énergique.
22:36Est-ce que vous savez
22:37qu'en dehors du Maroc,
22:38le sud du Maroc,
22:39c'est le meilleur endroit
22:41pour faire de l'éolien,
22:43le deuxième meilleur endroit
22:44au monde,
22:45il est où ?
22:45Il est juste à côté
22:46de la Finlande,
22:47sur le territoire russe.
22:48Donc pourquoi est-ce
22:49qu'on ne fait pas
22:50un partenariat avec la Russie
22:52pour que la Russie
22:53fasse aussi de l'éolien ?
22:54Et d'ailleurs, dimanche,
22:55il y avait un jeune chercheur
22:57du plus grand labo russe
23:01sur les nanomatériaux
23:04et les Russes sont très avancés
23:06sur la prochaine génération
23:07du solaire.
23:08Donc il s'y intéresse.
23:09Et donc la Commission européenne
23:10mais aussi le président Macron,
23:13c'est le moment
23:13de dire à Poutine,
23:16écoute, nous on ne veut pas
23:17que toi, tu sois
23:18le nouveau Venezuela,
23:19nous on veut t'aider
23:20à passer à autre chose.
23:23Alors, on va terminer
23:24un petit peu ce débat.
23:25Qu'est-ce que serait
23:26une COP 23 réussie,
23:28j'allais dire, selon vous ?
23:29Qu'est-ce qu'il faudrait
23:30qu'il en sorte
23:30qui vous ferait dire
23:31bon ben c'est bon,
23:32on va dans le bon chemin,
23:33on avance ?
23:35Moi, c'était déjà un succès
23:38parce qu'il n'y avait pas seulement
23:39200 villes américaines
23:42mais il y avait 6 000 villes européennes
23:44et d'ailleurs l'Europe a lancé
23:45un projet de ville
23:47qui s'engage
23:48sur le climat mondial.
23:50Il y a les investisseurs
23:52du renouvelable,
23:52donc il y avait 20 000 personnes
23:55qui bougent
23:56et donc maintenant,
23:57il faut que les gouvernements
23:58bougent plus.
23:59C'est ça.
24:01Et il faut absolument
24:02que l'Europe soit crédible,
24:04crédible en interne,
24:05donc il faut aller plus loin
24:06sur les objectifs renouvelables
24:08et efficacité
24:09et il faut que l'Europe
24:10gagne son pari
24:11avec l'Afrique.
24:12Il faut maintenant
24:13que les 3,5 milliards,
24:15que la France et l'Allemagne
24:17mettent aussi de l'argent
24:17parce qu'en Afrique,
24:20la population va doubler.
24:22Le changement climatique,
24:23ça se gagne aussi en Afrique.
24:24Gilles Parniaud,
24:27c'est quoi une bonne COP ?
24:28Je suis tout à fait d'accord
24:30avec ce que vient de dire
24:31Claude Turmèche.
24:32Je pense qu'il faudrait aussi
24:33que les régions et les villes
24:35soient complètement intégrées
24:36au processus.
24:37Il faut le mettre, non ?
24:39Il faut qu'elles le soient
24:40maintenant officiellement.
24:42Il faudrait déjà
24:43qu'elles soient officiellement
24:44intégrées au niveau européen.
24:45Tu sais que la droite
24:46dans cette maison,
24:47la droite et les libéraux
24:48me refusent
24:49de donner un rôle
24:51aux villes
24:52dans les plans.
24:53On est tous les deux
24:53dans ce rapport
24:55qui va être adopté
24:57et voté prochainement
24:59par le Parlement européen.
25:00On ne va pas jouer
25:01les...
25:01On ne va pas lire
25:02dans le mar de café,
25:03mais votre idée,
25:05c'est quoi ?
25:05Vous avez l'impression
25:06quand même
25:07qu'on va dans le bon chemin
25:08et que cet objectif
25:09qu'il faut réaliser
25:10malgré tout...
25:11Parce que là,
25:12on ne parle plus
25:12de chiffres comme ça.
25:13On est dans un combat politique
25:16qui n'est pas gagné.
25:17Et donc,
25:17c'est pour ça
25:18qu'il faut continuer
25:18à faire en sorte
25:19que l'opinion publique mondiale
25:21soit mobilisée.
25:23Rien n'est jamais acquis.
25:24Par contre,
25:24on voit bien,
25:25depuis deux ans,
25:26on est un petit peu
25:27l'arme au pied.
25:28Et donc,
25:28il va falloir
25:29que l'on n'y aille.
25:30C'est une question
25:30si on est dans une course.
25:31On n'a plus beaucoup de temps.
25:33Le gouverneur Brown,
25:34donc le Mike Brown
25:35de Californie,
25:36il a dit,
25:36et il a commencé
25:38en politique
25:38il y a 50 ans
25:39quand il s'est battu
25:40contre la guerre
25:41en Vietnam.
25:41il a dit,
25:43de grâce,
25:44comprenez,
25:45vous pouvez rater
25:47une négociation
25:48entre les syndicats
25:49et les patrons
25:49sur le prochain accord collectif.
25:52Vous pouvez rater
25:53une réforme de taxes.
25:55Mais vous ne pouvez pas rater.
25:57Si on rate
25:58l'enjeu climatique,
26:00le problème de la migration
26:01va être,
26:02le problème de la pauvreté
26:04va être beaucoup plus grave.
26:05Et d'autres,
26:06et d'autres.
26:06et donc il faut comprendre
26:07avec la nature.
26:08C'est le monde
26:09qui t'a parlé.
26:09Il y a très peu
26:10à négocier.
26:11On respecte la nature
26:12ou on ne la respecte pas.
26:13Et moi,
26:14j'ai l'impression,
26:14il inclut le président
26:17Macron,
26:19mais le président Juncker,
26:21il n'a pas compris
26:22l'urgence.
26:23Et d'autres aussi,
26:24c'est ça notre problème,
26:25c'est qu'on a
26:26des leaders politiques
26:27qui n'ont pas compris
26:29que sur le chambange
26:30de la climatique,
26:31c'est maintenant,
26:31c'est pas après 2030.
26:33On le disait.
26:33C'est savoir avoir
26:34un chiffre en tête
26:36où l'enfant
26:37qui naît cette semaine
26:39dans cette première quinzaine
26:41de novembre
26:41va connaître majoritairement
26:43la fin du siècle,
26:44dans 83 ans,
26:46compte tenu
26:46de notre espérance de vie.
26:47Donc il faut faire en sorte
26:48que c'est une course de vitesse.
26:50Voilà.
26:51Merci à vous deux.
26:52Merci beaucoup.
26:53Merci à ceux
26:54qui nous ont suivis.
26:54Et puis il y a
26:55deux autres débats,
26:56je vous le rappelle,
26:56à retrouver sur le site
26:57de l'humanité.fr.
26:59Un sur les Paradise Paper,
27:00obligatoire bien sûr,
27:01et l'autre sur le glyphosate.
27:02On est encore
27:02dans l'environnement.
27:03On en a parlé.
27:05Vous pouvez le retrouver
27:06sur notre site.
27:07Merci à vous.
27:07Au revoir.
27:10Au revoir.
27:13Au revoir.
27:15Au revoir.
27:16Au revoir.
27:17Au revoir.
27:18Au revoir.

Recommandations

  1. BFM
    il y a 5 mois