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  • il y a 1 jour
Maurice Ulrich, éditorialiste de l’Humanité, analyse la politique économique et surtout fiscale d'Emmanuel Macron.
Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01Madame Lagarde, quand elle était ministre de Nicolas Sarkozy, alors qu'elle est maintenant présidente du Fonds Monétaire International,
00:08Madame Lagarde, devant l'Assemblée Nationale, avait déjà dit il y a quelques années qu'il ne fallait pas culpabiliser
00:13les riches.
00:14Bien évidemment, personne n'y pense spécialement et on ne va pas aller traîner devant un tribunal.
00:18Mais voilà que maintenant, la République En Marche, par la voix d'une de ses porte-parole hors berger, nous
00:25dit
00:25« Mais moi, je ne veux pas qu'on pense que les riches sont coupables. »
00:29Non, bien sûr, peut-être, mais enfin, comme le disait un peu Francis Bacon, le philosophe anglais du XVIIe siècle,
00:36« Qui court après les richesses ne sera pas longtemps innocent. »
00:40Bon, passons là-dessus, on pourrait y revenir, c'était pas un peu pour plaisanter, quoique.
00:44Mais au fond, il faut s'interroger sans doute plus avant sur, bien sûr, la formidable inégalité que représentent les
00:53cadeaux faits par Emmanuel Macron aux ménages les plus riches.
00:57Simplement pour rappeler les chiffres rapidement, l'Observatoire français des conjonctures économiques à la fin d'été a publié un
01:04chiffre.
01:05En gros, 45% des gains qui étaient prévus à destination des ménages par les mesures fiscales seront empochés par
01:12les 10% les plus aisés.
01:14Et parmi eux, c'est encore ceux qui sont le fameux 1% les plus riches, qui représentent 280 000
01:20ménages, qui vont empocher le plus.
01:22Donc, c'est évidemment une injustice scandaleuse.
01:27Mais, plus avant, il faut s'interroger sur la logique de cet aménagement fiscal ou de ces cadeaux fiscaux.
01:34C'est qu'en favorisant le capital, en favorisant la circulation des masses financières,
01:39en réalité, le gouvernement Macron va accélérer, je dirais, le déséquilibre économique
01:44qui consiste pour les avateurs de dividendes à aller se placer sur les places les plus juteuses, les plus rentables
01:52immédiatement.
01:53C'est tout simplement une économie du coût, une économie de l'aubaine, une économie de la prédation.
01:58Et c'est ce type d'économie, cette logique économique qui fonctionne avec la loi travail.
02:03Parce qu'au fond, la mobilité, la flexibilité que va introduire la loi travail,
02:07elle correspond exactement à cette recherche capitalistique de coût d'aubaine de prédation à la ligne.
02:13Et donc, il y a déjà ça.
02:15Mais en plus, il faut peut-être se poser une question, au fond, encore plus fondamentale.
02:19À qui appartient l'argent des riches ?
02:21On dirait aux riches. Est-ce si sûr ?
02:24Parce qu'au fond, l'argent des riches, c'est quoi ?
02:26C'est tout simplement du travail accumulé.
02:28C'est le travail des autres.
02:30On va dire, par exemple, prenons Bernard Arnault, avec ses 46 milliards de fortune personnelle.
02:38Comment il a fait ? Il a fait des heures supplémentaires, il s'est levé tout le matin,
02:42il a, comment dirais-je, bien travaillé à l'école.
02:45Bien sûr que non, c'est absurde.
02:46Donc l'argent, personne ne peut nier qu'il y a des capitaines d'industrie, comme on dit, qui aient
02:52du talent, etc.
02:53Mais ils ne sont pas les seuls.
02:54Il y a bien d'autres gens qui ont du talent et qui ne gagnent pas de telles fortunes.
02:57Mais surtout, il s'agit essentiellement du travail des autres.
03:01Et évidemment, de la spéculation financière.
03:03Mais la spéculation financière, en dernier instant, c'est toujours du travail accumulé.
03:07D'ailleurs, on spécule sur le travail.
03:09On spécule sur le développement de la planète.
03:11Et donc, ou sur les matières premières.
03:13Et donc, en réalité, l'argent des riches, si on veut bien y réfléchir,
03:18ce n'est jamais autre chose qu'une captation de richesse à l'échelle d'un pays et à l
03:23'échelle du monde.
03:23C'est une captation de richesse au profit d'une caste.
03:27Et comme le disait Blaise Pascal dans ses pensées, dans le chapitre misère, justement,
03:34un peu nommé comme ça par, à contre-envoi, je dirais,
03:37il prenait l'exemple d'enfants qui jouent et il y en a un qui dit
03:41« Ce chien est à moi, ce chien est à moi. »
03:43Et Pascal poursuit en disant « Ce chien est à moi, » disait ce pauvre enfant,
03:46« C'est ma place au soleil, c'est là l'image et le commencement de l'usurpation de toute
03:51la Terre. »
03:53Sous-titrage Société Radio-Canada

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