Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
"Angela Merkel plébiscitée par les français" et le rapport entre le système solaire de Ptolémée et la vision de Jean Tirole, prix Nobel d'économie : deux sujets qui ont attiré l'attention de Maurice Ulrich, journaliste à l'Humanité. Réalisation : Abrahim Saravaki

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:06Un sondage nous dit que les Français aiment bien Angela Merkel, pourquoi pas ?
00:11Mais en revanche, il voudrait aussi que la France fasse les mêmes réformes que l'Allemagne.
00:15Alors peut-être qu'il serait utile, au lieu de répéter l'Allemagne, l'Allemagne,
00:19de leur expliquer que les réformes qui ont été mises en place il y a plus de 10 ans par
00:24Gerhard Schröder,
00:25ça aboutit quand même à des salaires à 400 euros par mois pour un certain nombre de gens.
00:29Les petits jobs à 1 euro de l'heure et 6 millions de travailleurs pauvres.
00:33Donc ce n'est peut-être pas exactement ce qu'on souhaite pour la France,
00:35d'autant que les équipements en Allemagne sont de plus en plus dégradés.
00:38Mais ça ne fait rien, il s'agit, on parle bien de réformes,
00:42parce que les réformes, ça consiste à retourner en arrière d'une manière générale.
00:46C'est comme le courage. Le courage, c'est, en politique, c'est demander aux autres de faire ce qu
00:51'on ne voudrait surtout pas faire soi.
00:53Et alors les réformes courageuses, ça c'est formidable, ce sont les réformes au carré.
00:58Par exemple, Emmanuel Macron mène actuellement des réformes courageuses.
01:02C'est-à-dire qu'il veut mettre en cause des 35 heures, davantage de flexibilité,
01:07et bien sûr, le travail du dimanche.
01:09Donc finalement, les réformes courageuses d'Emmanuel Macron,
01:12au nom de la liberté, bien sûr, puisque ça s'agit de la liberté,
01:15ça veut dire que les travailleurs auront moins de temps libre.
01:18Donc la liberté, c'est moins de temps libre.
01:25Après l'OCDE, le fossé entre les riches et les pauvres s'est aggravé depuis 30 ans.
01:30Jamais les inégalités n'ont été aussi criantes.
01:32Alors, à quoi est-ce que c'est dû ?
01:34Au capitalisme peut-être, au fait qu'il y en a qui s'enrichissent et que d'autres s'appauvrissent
01:38?
01:38En fait, non. Pour Jean Tirole, le prix Nobel d'économie, dont on nous a fait grand cas,
01:43pour Jean Tirole, la question, c'est pas capitalisme ou pas capitalisme.
01:46La question, c'est que les marchés ne fonctionnent pas très bien,
01:49donc il faut les réguler, il faut les régler.
01:51Et tout ça, pour arriver, on nous explique-t-il, au bout du compte, au marché parfait,
01:56c'est-à-dire que tout marcherait très bien.
01:59Voilà, donc régler, régler, régler, avec des techniciens, des scientifiques,
02:03des gens qui savent ce qu'est l'économie et qui donc vont faire les réglages nécessaires.
02:07Alors, tout ça, ça fait un peu penser quand même au système de Ptolémée.
02:11Ptolémée était un astronome grec qui avait établi avec assez de finesse,
02:15finalement même, beaucoup de finesse, les mouvements de la voûte céleste,
02:17au point qu'on pouvait presque s'y fier.
02:19Sauf qu'il fallait tout le temps les régler, parce que c'était très compliqué le système de Ptolémée.
02:23Il fallait régler, régler, régler, avec des scientifiques, avec des gens qui faisaient des calculs.
02:27Pourquoi ? Parce qu'il y avait un problème de fond.
02:30C'est que le système de Ptolémée, il était fondé sur l'idée que la Terre était au centre de
02:34l'univers.
02:35Et donc, il a fallu qu'arrive Copernic,
02:39et ce qu'on a appelé la révolution copernicienne,
02:41pour que le monde tourne un peu plus rond.
02:43C'est peut-être la même chose avec le capitalisme.
02:55C'est parti !

Recommandations