Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Passionnée par son métier, Virginie est Agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) dans une école d'Île-de-France. Chargée d'assister " la maîtresse " pour accueillir les enfants et leurs parents, elle aide à l'animation de la classe et prend en charge l'hygiène des jeunes élèves. Un rôle privilégié qui l'amène parfois à accompagner des enfants en situation de handicap, à réaliser seule des ateliers et à évaluer les enfants. Depuis la rentrée 2014-2015 à l'occasion des changements concernant les rythmes scolaires, les ATSEM ont vu leurs responsabilités s'accroître, mais pas leur salaire augmenter ! C’est pourquoi elles se sont mobilisées et ont formé le collectif "Atsem de France" dont la principale revendication est la reconnaissance en tant qu'agents territoriaux de catégorie B.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Virginie Jouani, bonjour. Alors vous êtes ADSEM. ADSEM, c'est un acronyme un peu mystérieux.
00:08Qu'est-ce qui se cache derrière ?
00:09Alors bonjour. Donc ADSEM veut dire Agent Territorial Spécialisé en École Maternelle.
00:16Alors concrètement, qu'est-ce que vous faites ?
00:18Alors nous, on a un peu la transition entre le cocon familial et l'école.
00:22C'est vrai que les enfants, quand ils arrivent à l'école, ils sont livrés un petit peu dans une
00:28collectivité
00:28où les repères ne sont pas les mêmes que dans l'environnement familial.
00:34Et on est là pour les rassurer, les accompagner tout au long de la journée.
00:41On est là pour leur bien-être.
00:43On est une bienveillance, un ange gardien un petit peu par rapport à toutes les activités qu'ils font dans
00:49la journée.
00:50On est amené à les accompagner en motricité, à des ateliers pédagogiques.
00:59Pendant le repas de la cantine le midi, où là c'est un rôle aussi important.
01:03Parce qu'on les incite aussi à découvrir les aliments, à un petit peu goûter à tout.
01:13Parce que l'enfant, c'est vrai, a plutôt envie de...
01:17De frites et pas d'épinages.
01:18Voilà, exactement.
01:20Donc voilà, les inciter un petit peu à la découverte de l'alimentation.
01:24Et puis, en encadrant évidemment l'hygiène, le petit passage aux toilettes.
01:30Les siestes ?
01:31Les siestes.
01:32Alors là, la sieste, c'est un moment aussi très important.
01:34Parce qu'on est là pour l'endormissement, pour l'aider à l'endormissement.
01:38Donc chaque enfant est un peu différent.
01:40C'est pareil, il se retrouve dans un cadre qui n'est peut-être pas sécurisant pour lui.
01:44Parce qu'ils sont beaucoup dans une pièce.
01:48Personnellement, j'encadre 28 enfants, qui est quand même un nombre important.
01:53Et là, il faut avoir un petit peu la main de fer dans le gant de velours.
02:00Apporter évidemment du calme.
02:02C'est un temps de repos, un temps de sieste.
02:04Mais aussi de comprendre les enfants qui n'arrivent pas à s'endormir.
02:07Et trouver un petit peu des petites solutions par une lecture.
02:12On le cajole.
02:13On lui apporte surtout ce qui fait que ça va l'aider à l'endormissement.
02:18Comme le petit doudou, la tétine.
02:20On veille à doudou-tétine.
02:22C'est vraiment précieux pour les aider à s'endormir.
02:25Parce qu'ils ont quel âge ? En fait, 3 ans, c'est ça ?
02:273 ans.
02:28Après la tranche d'âge, je peux t'amener à aussi surveiller des enfants de 4 ou 5 ans.
02:34Mais ça, ce n'est pas dans le temps de la sieste.
02:36Ça peut être dans un temps scolaire, à des ateliers pédagogiques par exemple.
02:40Alors, ils vous appellent comment ?
02:41Parce que maîtresse, l'institutrice, il n'appelle maîtresse.
02:44C'est sûr.
02:45Et vous, comment ils vous interpellent ?
02:46Des fois, ils nous appellent maîtresse.
02:49Mais voilà.
02:50Donc, on n'est pas les maîtresses.
02:51On est donc les assistantes.
02:55On a un peu le bras droit de la maîtresse, du maître.
02:58C'est vrai que c'est par Virginie, mon prénom.
03:02Mais c'est vrai que même pour les enfants, des fois, c'est un petit peu flou.
03:05D'accord.
03:06Et alors, vous êtes quand même toute la journée avec eux.
03:08Il n'y a pas de temps où vous quittez la classe ?
03:12Non, parce que c'est vrai qu'on est amené.
03:15Et de toute façon, c'est aussi une obligation d'être dans la classe.
03:18Parce que le professeur étant sinon tout seul, s'il y a un accident ou un enfant qui a envie
03:25d'aller aux toilettes, il faut un accompagnement.
03:27Donc là, on est sollicité.
03:29Donc, on est sollicité en permanence toute la journée.
03:31D'accord.
03:32Donc, vous avez des horaires même plus étendus que ceux des instituteurs et tristes.
03:36Oui, la pause méridienne, elle est vraiment toute petite chez nous.
03:40C'est de 20 minutes.
03:41Parce qu'on enchaîne, en fait, moi personnellement, de 8h15 à 17h30.
03:45Donc, j'accompagne les enfants tout au long de la journée.
03:50Donc, mon temps de repas est de 20 minutes.
03:53D'accord.
03:53Donc, 17h30, ça veut dire que ça, ça a aussi un petit peu évolué, je crois, avec la mise en
03:57place des rythmes scolaires.
03:59Exactement.
03:59Avant, l'école, c'était 16h30.
04:02Et maintenant, avec les rythmes scolaires, en fait, on finit la journée.
04:06Les professeurs terminent à 15h30.
04:09Après, aussi, il faut dire que chaque collectivité, chaque école a un peu ses horaires.
04:16Donc, ça peut différer d'une commune à une autre.
04:20Mais nous, personnellement, c'est 15h30.
04:22Donc là, les professeurs, elles finissent sa journée.
04:24Et nous, on prend le relais avec les rythmes scolaires.
04:26Donc là, on a encore une autre casquette, celle d'animatrice.
04:30Donc, on encadre, on fait réaliser des ateliers avec les enfants.
04:34Moi, personnellement, c'est compte et lecture.
04:37Je trouve ça super.
04:38C'est un moment aussi un peu de détente d'apporter par des histoires.
04:47C'est vous qui l'avez mis en place, cet atelier, qui le proposait ?
04:50Oui, oui, voilà.
04:51Parce qu'en fait, on a des thèmes.
04:53Donc, on peut être amené à faire aussi des activités sportives.
04:58Moi, cette année, mon rôle, c'est de lire.
05:00On les fait chanter, voilà, contes et chansons, chants.
05:05Donc, c'est rigolo de voir des petits garçons qui chantent des fois plus fort que les filles.
05:11C'est un moment aussi où on va amener un peu plus de détente.
05:15On ne veut pas non plus que ce soit dans un cadre complètement scolaire,
05:18parce qu'on n'est plus dans le scolaire.
05:19On est dans du périscolaire.
05:21Mais en même temps, il faut aussi cadrer quelque chose de productif.
05:26Pas de productif, mais quelque chose quand même qui a un sens.
05:30Donc, on ne peut pas les laisser dans une pièce et faire n'importe quoi.
05:33Donc, voilà, on fait suivant aussi les outils qu'on nous donne.
05:36On n'est pas très riche.
05:38Donc, des fois, c'est vraiment...
05:40Voilà, on fait un peu avec ce qu'on a et on essaie de le bien faire,
05:43en tout cas avec son cœur un maximum.
05:45Et puis, d'apporter un bon moment aux enfants.
05:48Alors, à vous entendre, on comprend que vous aimez beaucoup votre métier,
05:52que ça vous passionne.
05:54Mais j'imagine que vous avez aussi bien conscience
05:56que votre rôle est important dans le sens où...
05:59C'est un petit peu le premier contact de ces enfants de 3 ans avec l'école.
06:03Si ça se passe mal la première année,
06:05ça risque de se passer mal tout au long de la scolarité.
06:07Exactement.
06:08C'est très, très important parce que ça peut être un vrai traumatisme,
06:11un déchirement.
06:12Je disais le cocon familial.
06:14Et puis, d'un seul coup, on le projette dans une collectivité.
06:16Et là, il est avec tout le monde.
06:18Son petit cadre de confort à la maison, il n'y est plus.
06:23Le passage aux toilettes, par exemple,
06:25c'est quand même plusieurs toilettes en enfilade
06:28où l'enfant a moins d'intimité, il peut être plus timide.
06:31Donc, ça peut être là aussi.
06:32Il y a des moments où ça peut être des petits pipis sur lui.
06:35Et là, on est là aussi pour apporter ce côté rassurant à l'enfant.
06:39Des fois, je porte les enfants parce qu'ils ont tout simplement peur de s'asseoir.
06:44Parce qu'à la maison, ils sont peut-être encore sur un pot.
06:47Et que nous, on n'est plus dans ce même mobilier.
06:50Donc, on essaye d'adapter l'enfant au mobilier que l'on a,
06:53mais aussi avec une transition douceur.
06:56Et s'il y a des petits pipis, on le rassure.
06:59Je dis, moi aussi, j'ai déjà fait pipi dans ma culotte quand j'étais petite.
07:01Des fois, ça m'arrive encore, même grand.
07:04Voilà, on essaye de trouver un petit peu d'humour aussi
07:06pour dédramatiser quelque chose qui est, pour l'enfant,
07:09quelque chose de vraiment important.
07:11Parce qu'il est un peu gêné et puis qu'il n'a pas osé.
07:13Des fois, il y a des enfants qui n'osent pas vous dire qu'ils ont fait pipi sur eux.
07:16Et nous, il faut qu'on soit vraiment attentif à cela.
07:18Moi, j'ai vraiment à cœur de pardonner l'enfant
07:22avec une hygiène douteuse aux parents.
07:24C'est pas normal, quoi.
07:26Donc, voilà, je veille à ça.
07:28Propreté des mains, on leur apprend, c'est d'éducation, en fait.
07:33C'est d'éducation.
07:34Et puis, en préparant cette émission, vous me disiez aussi parfois,
07:37dans des cas plus dramatiques, ça peut être aussi de la détection
07:41au moment du coucher où vous les déshabillez un petit peu.
07:45Vous pouvez apercevoir des choses qui ne vont pas apparaître sur le corps d'un enfant.
07:49On va dire au mieux.
07:50Donc, c'est vrai qu'on a un petit peu aussi le rôle d'infirmière.
07:53Alors, dans les cas les moins importants,
07:56c'est on va détecter des petites maladies infantiles,
07:59les premiers petits boutons de la varicelle.
08:01Ça peut être des plaques, des fois, d'une allergie.
08:05Et puis, des fois, c'est un peu plus dramatique.
08:07Ça peut être des constats de bleu.
08:09C'est vrai que cette proximité avec le corps de l'enfant,
08:11on l'a au moment de la sieste, au moment du déshabillage.
08:14Et on a aussi cette proximité d'intimité avec l'enfant.
08:17Et l'enfant peut être amené à se livrer.
08:20Et des fois, c'est touchant.
08:23Vous l'avez déjà vécu, ça ?
08:24Oui, je l'ai vécu, malheureusement.
08:26On voit que ça vous aimait beaucoup.
08:29Après ça, il y a aussi toute la responsabilité
08:31d'éventuellement faire un signalement,
08:32de ne surtout pas se tromper.
08:33Oui, de ne pas se tromper,
08:35de ne pas anticiper des choses que ce n'est peut-être pas ça.
08:38Il y a sûrement une explication derrière tout ça.
08:41Il faut garder son calme.
08:42Il faut juste, par contre, se dire que s'il y a...
08:45De toute façon, dans tous les cas, il faut prévenir.
08:47Donc, ma hiérarchie, c'est mon professeur.
08:49Et le professeur, après, il fait ce qu'il doit faire.
08:51Donc, j'en réfère toujours.
08:53Je ne garde jamais ça pour moi.
08:54Si je suis avec une collègue,
08:55j'essaie de faire constater à une collègue.
08:57Mais on va le faire aussi dans la douceur.
08:59On n'est pas là pour que l'enfant,
09:00il ait aussi peur de ce qu'il nous a dit.
09:03Il faut qu'on le laisse dans un cadre sécurisant.
09:06C'est qu'il se sente bien.
09:08Donc, on peut le faire discrètement.
09:11Mais, voilà, j'en réfère toujours.
09:13Parce qu'en effet, on est là aussi pour...
09:17Voilà, pareil, peut-être, des choses dramatiques.
09:22Donc, c'est une énorme responsabilité.
09:24On comprend bien à travers ce que vous nous dites.
09:26Et alors, là, on va aborder la question
09:28qui nous amène un petit peu.
09:29C'est comment est récompensée cette responsabilité ?
09:32Je crois que votre statut, c'est fonctionnaire,
09:35mais de catégorie C.
09:36Concrètement, ça veut dire quoi ?
09:37Alors, de catégorie C,
09:39C'est vrai que, vu tout ce que l'on fait dans la journée,
09:45tout ce qu'on est amené à faire,
09:47je pense qu'on pourrait revendiquer la catégorie B
09:50qui est médico-sociale.
09:51Parce que c'est un flou complet.
09:53Même lorsque l'on fait des formations,
09:57on se retrouve avec des personnes qui sont en catégorie B.
10:01C'est des stages qui sont très enrichissants,
10:04qui sont variés.
10:05On nous apprend la psychologie de l'enfant,
10:07l'intégration de l'handicap,
10:09l'intégration d'un enfant en situation de handicap.
10:14Prochainement, je vais faire sur la violence
10:19en milieu scolaire et périscolaire,
10:22analyse et prévention.
10:24Tout ça, c'est très enrichissant.
10:26Ça nous apporte, et on peut au moins être auprès des enfants,
10:30en étant dans des conditions de formation optimales.
10:36Mais il n'y a pas de reconnaissance par rapport à tout ça.
10:38Ça ne nous apporte pas un plus au niveau du salaire.
10:41Alors concrètement, au niveau du salaire,
10:42c'est peut-être un excret,
10:43mais je vous demande, vous êtes payée comment ?
10:45Alors, moi, je gagne 1 500 euros par mois.
10:48Net.
10:48Net.
10:49C'est vrai que j'ai un concours.
10:55Donc après, ça peut aider à gagner un petit peu.
10:58Mais sincèrement, c'est...
11:00Ça reste très très bas.
11:01Ah oui.
11:02Pour l'utilité sociale que vous avez.
11:05Oui.
11:05Et donc, vous avez porté ces revendications de salaire,
11:09de reconnaissance, surtout,
11:11auprès de la ministre de la fonction publique.
11:13Très récemment, il y a eu des manifestations.
11:16Qu'est-ce que vous avez obtenu comme avancée ?
11:19Alors, ça dépend comment on veut voir les avancées.
11:21C'est vrai que ce que je trouve triste,
11:23et ce qui a été retenu,
11:24c'est plutôt la pénibilité du travail.
11:27C'est le reclassement.
11:30Et le rôle flou de l'ATSEM.
11:32C'est vrai que ça, ça serait une belle avancée.
11:35Par contre, le reclassement,
11:37la pénibilité du travail,
11:38j'ai l'impression qu'il faut qu'on attende
11:40qu'on soit toutes cassées
11:41pour qu'on aille nous mettre au tri sélectif des mairies.
11:44Qu'on nous reclasse ou...
11:45Enfin voilà, c'est pas...
11:47Quand on démarre un métier,
11:48c'est pas ça qu'on a envie de voir au bout, quoi.
11:50On a envie d'avoir plutôt les bonnes conditions de travail
11:52pour être là vraiment près des enfants
11:54et pas de se dire qu'il va falloir attendre
11:56peut-être un moment de sa carrière
11:58où on n'en peut plus,
11:59que là, on va enfin nous écouter
12:00et qu'on va nous reclasser
12:01parce que le métier est d'une pénibilité.
12:04Tout métier est pénible.
12:06Nous, c'est vrai que dans la journée,
12:08par exemple, au moment de la restauration scolaire,
12:12on se retrouve avec un niveau de décibel très important
12:15et ça a été démontré que, par exemple,
12:19à partir de 85 décibels,
12:21il faut un casque de chantier,
12:22des bouchons dans les oreilles
12:23et nous, on monte dans les 87 décibels.
12:26Donc oui, il y a de la pénibilité dans le travail.
12:29Au niveau du mobilier,
12:30on est sollicité à se baisser,
12:32à être à hauteur de l'enfant.
12:34L'enfant est petit,
12:35ce n'est pas le but de grandir à nous.
12:36Donc voilà, on se baisse
12:37et on est sollicité toute la journée
12:39à être à hauteur de l'enfant.
12:41Donc ça, c'est des problèmes de dos
12:46et puis diverses constatations
12:49qui ont été faites justement dans ce rapport.
12:52Mais alors, sans nier cette pénibilité
12:54que vous venez de nous expliquer,
12:55ce que vous nous dites aussi,
12:56c'est que vous auriez envie qu'on reconnaisse plutôt
12:59la richesse de ce métier
13:00et les compétences qu'il demande.
13:02Exactement.
13:02Voilà, c'est ça.
13:03La richesse.
13:03Et ça, ça n'a pas été fait.
13:04Ce n'est pas ce qui est abordé.
13:06Donc on nous dit, on retient trois choses.
13:09Après, les trois choses qui sont retenues,
13:11pour moi, ce ne sont pas les choses
13:12qui sont les plus essentielles,
13:13même si ça l'est.
13:14C'est une évolution.
13:15Mais ce n'est pas pour ça qu'on se bat.
13:17On se bat pour être reconnu.
13:18Reconnu pour le travail qu'on fait.
13:20Et le travail qu'on fait, il est très riche.
13:22Il est varié.
13:22Et on adore ce qu'on fait.
13:23Et on préfère être reconnu, en effet,
13:25en étant l'assistante du professeur
13:27que Madame Pipi.
13:28Voilà, tout le monde y gagne,
13:29de toute façon, parce que les enfants,
13:31c'est vraiment le rôle que l'on a.
13:33Et on a aussi le côté hygiène et propreté.
13:35Mais ça a vraiment évolué.
13:37En plus, ça, notre métier a évolué.
13:39Et la dernière fois, c'était en 92
13:42qu'on a eu un peu un rapport
13:45par rapport aux ADSEM.
13:46Depuis, il n'y a rien eu.
13:48Voilà, donc ça, depuis,
13:50il y a eu beaucoup d'évolution, oui.
13:52Donc voilà, on comprend que vous souhaitez
13:54être reconnu dans vos compétences
13:56et dans votre rôle.
13:58Mais alors, ADSEM, vous dites,
14:00on est une part classe au mieux.
14:03Donc, ça ne fait pas beaucoup par école.
14:05Est-ce que vous avez le temps,
14:06apparemment, vous l'avez fait,
14:07de vous parler entre vous,
14:10de constater le même ressenti,
14:13de vous mobiliser ensemble ?
14:15Comment ça se passe pour ça ?
14:16Alors, sincèrement,
14:17j'ai cru longtemps que j'étais toute seule,
14:19que personne ne vivait
14:22ce que je vivais, en fait, dans la journée.
14:24Et c'est parce qu'on n'osait peut-être pas se parler
14:27ou on pensait que c'était normal.
14:29Et on a créé un collectif, en fait,
14:32ADSEM de France,
14:33sur les réseaux sociaux.
14:35Et là, ça a vraiment libéré la parole.
14:37Vraiment.
14:38Les filles ont pu vraiment s'exprimer.
14:41C'était pas dans un cercle intime,
14:45mais presque, voilà,
14:46on s'exprime,
14:48on essaye de trouver des idées,
14:49on se pose des questions,
14:50toutes simples,
14:51mais voilà,
14:52il y a une écoute derrière.
14:54Et du coup,
14:55ça apporte vraiment un réconfort.
14:58C'est ça aussi, peut-être,
15:00qui a commencé à vouloir,
15:03enfin, où les filles ont voulu un petit peu de la reconnaissance,
15:06parce qu'on s'aperçoit, justement,
15:07que le métier a évolué,
15:08et que là, il n'y a pas de reconnaissance.
15:11Et on est toutes pareilles, voilà,
15:12on aimerait de la reconnaissance.
15:14Et la catégorie B,
15:15c'est vraiment quelque chose qui nous tient à cœur,
15:18et pour nous,
15:19ça serait vraiment un aboutissement de reconnaissance.
15:21Et la ministre a donné quel avis par rapport à cette demande ?
15:24Alors, elle n'a pas l'air d'être contre la catégorie B,
15:26sauf qu'on a l'impression
15:28qu'on passerait à un autre statut d'animatrice.
15:32C'est pas du tout ce qu'on veut, nous.
15:33Nous, ce qu'on veut, c'est continuer notre métier.
15:35S'il y a une progression et passer dans la catégorie B,
15:37c'est tout ce qu'on demande.
15:38On ne demande pas,
15:39on reste ADSEM que dans la catégorie C,
15:42et dès qu'on demande à évoluer
15:43et qu'on veut aller en B,
15:45là, on nous dit, vous allez être animatrice.
15:47Voilà, si je voulais être animatrice,
15:49j'aurais fait animatrice.
15:50Voilà, c'est un beau métier,
15:52mais je préfère celui-là d'ADSEM.
15:54Merci beaucoup, Virginie.
15:56Je vous en prie.
15:56Merci beaucoup à vous.
15:57Sous-titrage Société Radio-Canada
16:04Sous-titrage Société Radio-Canada
16:05Sous-titrage Société Radio-Canada
16:05Sous-titrage Société Radio-Canada
16:05– Sous-titrage FR 2021

Recommandations