00:00 Le sens de cette mobilisation, c'est réunir à la fois les parents, les élèves et les professeurs,
00:04 plus largement tous les personnels de l'éducation,
00:06 pour demander un plan d'urgence pour l'éducation dans le 93.
00:11 Atal, remballe ton prix social !
00:14 Ni uniforme, ni groupe de niveau !
00:17 Des postes et des moyens, c'est ça qu'il faut !
00:21 On veut non seulement un rattrapage de l'argent et des moyens qui nous sont dus,
00:27 c'est-à-dire en termes de professeurs, d'AESH, d'infirmières ou d'assistants sociaux,
00:33 que nous au Collège Travail, on n'a pas.
00:37 En même temps qu'on demande un plan d'urgence, on demande la fin du choc des savoirs,
00:41 c'est-à-dire la réforme de Gabriel Atal par les groupes de niveau.
00:44 Pour nous, ce n'est pas par des groupes de niveau qu'on peut faire progresser les élèves,
00:47 c'est moins d'élèves par classe.
00:49 Donc on demande 20 élèves par classe maximum.
00:52 C'est comme ça qu'on peut arriver à une bonne éducation.
00:54 Parents, élèves et professeurs, c'est tous ensemble qu'il faut lutter !
01:01 Non seulement nous avons notre rôle d'enseignant,
01:02 mais en plus on a des rôles où il faut parfois se substituer aux parents,
01:07 on fait du social, beaucoup de prise en charge financière,
01:10 parce qu'on a beaucoup de parents qui n'ont pas forcément les moyens,
01:15 on a beaucoup d'élèves dont les parents ne parlent pas français,
01:18 donc c'est compliqué aussi d'aller chercher ses droits.
01:22 Donc du coup nous on est confrontés à ça tout le temps et on prend le relais
01:25 d'un tas d'organismes qui n'existent plus en fait,
01:28 qui est dû à la dégradation des services publics.
01:30 En fait les gens pensent aux vacances, alors que moi chaque année je pense,
01:38 si mon fils aura un accompagnement l'année qui suit.
01:41 La ESH est venue juste la première semaine du mois de septembre,
01:46 après elle est partie, elle est partie, je n'avais pas de nouvelles jusqu'au mois de mars.
01:50 J'ai entendu qu'elle a démissionné.
01:52 Et l'enfant quand il n'avait pas d'ESH, il commence à perdre confiance en lui,
01:57 c'était le cas de mon fils, il pleure chaque fois quand il rentre à la maison,
02:01 et franchement, mon fils il m'a parlé de suicide.
02:06 Ouais, imagine un enfant à 14 ans, il pense à ça parce qu'il est en détresse,
02:12 parce qu'il ne trouve pas l'aide qu'il a besoin.
02:15 Parents, élèves et professeurs, c'est tous ensemble qu'il faut lutter.
02:22 Pour chiffrer précisément par exemple dans notre collège,
02:25 les groupes de niveau pour les 6ème et 5ème vont représenter 51 heures hebdomadaires,
02:29 et pour cela on n'a aucune heure supplémentaire,
02:31 donc on n'aura plus aucune marge pour faire des projets scolaires qui se feraient chiffrables,
02:36 pour les heures supplémentaires exceptionnelles aussi, parce que c'est ça.
02:40 On risque de perdre beaucoup de demi-groupes, notamment en science,
02:42 en histoire, géographie et dans toutes les autres disciplines en fait,
02:47 en mettant la focale uniquement sur les mathématiques et le français,
02:51 et sans moyens supplémentaires.
02:53 Déjà rien que quand vous parlez de groupe de niveau à la piscine, ça les stresse.
03:00 Rien que ça.
03:01 Donc vous imaginez que là vous allez leur dire en CM2,
03:04 "Attention, tu seras chez les nuls ou chez les meilleurs."
03:07 Et comment ça se passe alors si à partir de la 6ème on est chez les nuls ?
03:10 Parce que c'est comme ça qu'ils vont se nommer,
03:11 il y aura le groupe des nuls et puis le groupe des bons.
03:14 Et on dit à un gamin "tu es dans le groupe des nuls" et tu portes ça toute ta vie.
03:17 Et en plus j'apprends ce matin qu'on enlèverait une heure de SECPA,
03:20 au SECPA par semaine, c'est-à-dire aux élèves qui ont le plus besoin d'être accompagnés,
03:25 pour pouvoir financer ces groupes de niveau, personne n'en veut.
03:29 Aucun syndicat d'enseignants n'en veut.
03:31 Aucune association de parents d'élèves n'en veut.
03:33 Attal, normal de ton tri social, ni uniforme, ni groupe de niveau !
03:40 En moyenne il y aura un an de perte de cours en Seine-Saint-Denis.
03:45 Il y a une inégalité fondamentale par rapport à d'autres départements
03:49 où les professeurs sont beaucoup moins remplacés,
03:53 sont beaucoup plus jeunes et sont beaucoup plus en situation contractuelle.
03:58 Donc c'est un plan de rattrapage contre les inégalités.
04:01 J'insiste, comme d'autres parties de la France, notamment dans le rural,
04:06 nous ne voulons pas plus, nous voulons simplement l'égalité républicaine.
04:10 [Musique]
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