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  • il y a 2 semaines
Au sommaire de l'émission du vendredi 28 avril, Patrick le Hyaric, directeur de l'Humanité, réagit aux sujets suivants : Utiliser le bulletin de vote "Macron" pour battre le FN, retour sur la marche pour les sciences du 22 avril, la bataille pour la réindustrialisation de l'ancien site PSA d'Aulnay-sous-bois, les droits de l'Homme au Bahreïn, l'entraide entre les étudiants français et exilés, la figure emblématique du footballeur du Red Star, Rino de la Negra, fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien avec ses camarades résistants de l'Affiche rouge.

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Transcription
00:06Bonjour et bienvenue dans Regards sur l'actualité. Bonjour Patrick Luyaric.
00:09Bonjour.
00:10Alors on commence tout de suite avec un chiffre.
00:1319,58% c'est la proportion d'électeurs qui ont choisi Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l
00:18'élection présidentielle.
00:20Au-delà de cet excellent résultat, porteur d'une véritable dynamique progressiste,
00:24on assiste à une décomposition des partis traditionnels qui, comme vous le dites dans votre éditorial de l'Humanité dimanche,
00:31rehausse considérablement l'enjeu des élections législatives des 11 et 18 juin prochains.
00:37Alors quelle recomposition du paysage politique vous semble souhaitable à l'issue de ce premier tour ?
00:42Ce qui est souhaitable, c'est que l'extrême droite n'arrive pas aux responsabilités.
00:50Or ce risque existe, nous ne sommes plus dans la même situation qu'en 2002.
00:55Et ce qui est souhaitable également, c'est que dès lors que nous aurons battu l'extrême droite,
01:02et il n'y a pas d'autre solution pour cela que d'utiliser le bulletin de vote de M.
01:07Macron,
01:08sans être d'accord avec lui, parce que nous ne votons pas pour lui pour approuver son programme,
01:14nous utilisons son bulletin pour rejeter le pire, pour rejeter le parti de la xénophobie, du racisme, de la haine,
01:22de ce nationalisme autoritaire,
01:26une autre étape sera ouverte, celle de construire une nouvelle majorité parlementaire à l'Assemblée nationale
01:34à l'occasion des élections législatives.
01:36Donc aujourd'hui, ce n'est pas une question de recomposition,
01:40la question qui est posée aujourd'hui aux humanistes, aux démocrates,
01:45c'est de rejeter l'extrême droite, c'est-à-dire de rejeter le pire qui est en train de
01:50poindre son nez,
01:51et de créer les conditions de battre la politique de M. Macron
01:56grâce à une autre majorité à l'Assemblée nationale, au Parlement plus généralement,
02:02mais à l'Assemblée nationale surtout,
02:04et la base de l'électorat des votes pour Jean-Luc Mélenchon
02:11est de bonne augure pour pouvoir construire cette nouvelle majorité demain
02:18grâce à une unité entre les forces des insoumis, des communistes,
02:22des personnalités écologistes qui se retrouvent dans la transformation sociale et environnementale,
02:28des personnalités socialistes qui se trouvent aussi dans ce courant
02:32et peut-être d'autres, peut-être des personnalités qui veulent s'y adjoindre
02:35et qui ont soutenu Jean-Luc Mélenchon.
02:37À ce propos, est-ce que le score qui va advenir au deuxième tour entre les deux candidats,
02:44s'il est très favorable pour M. Macron,
02:48est-ce que ça ne met pas plutôt la gauche en position de force pour être la vraie opposition,
02:54alors que si le score est assez proche entre les deux candidats,
02:58l'opposition serait en fait l'extrême droite, ce qui serait un petit peu compliqué ?
03:02Oui, il y a une question comme ça.
03:04On peut raisonner de cette manière-là, bien évidemment,
03:11mais M. Macron a eu tort de dire
03:15qu'il réclamait un vote pour son programme
03:18et non pas un vote contre Mme Le Pen.
03:22Il ne peut même pas, au premier tour, se revendiquer d'une adhésion à ce programme,
03:29même avec les 23% qu'il a fait,
03:31parce qu'une partie de gens qui sont des démocrates,
03:36qui refusent absolument le Front National,
03:38se sont portés sur lui précisément dès le premier tour pour cela,
03:42comme d'autres se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon pour peser du côté gauche.
03:47Donc, il ne peut pas, lui, se réclamer de cela.
03:51Et au second tour, encore moins,
03:53parce que, quoi qu'il dise,
03:55il n'aura fait qu'un peu plus de 20% des voix au premier tour,
03:59et donc ce n'est pas une validation de son programme.
04:02Et donc, dès lors qu'une majorité de gauche,
04:07et nous souhaitons une majorité de la gauche de la transformation sociale,
04:11non pas de la gauche qui nous a emmenés dans le mur que nous connaissons aujourd'hui,
04:15l'expérience, elle est terrible pour eux,
04:18et malheureusement, c'est M. Hamon qui a payé les pots cassés de la politique de M. Valls et de
04:24M. Hollande,
04:24mais les choses sont ainsi.
04:26Donc, la question, c'est de construire une majorité de transformation sociale, écologique et démocratique,
04:33c'est-à-dire pouvoir subvertir la Vème République pour passer à une nouvelle République,
04:39qui devrait être une République sociale, une République démocratique,
04:42une République de respect des citoyennes et des citoyennes,
04:45une République de l'égalité réelle, de la fraternité et non pas celle de la concurrence et de la haine.
04:52C'est une porte qui nous reste encore ouverte pour bousculer un peu le scénario qui s'est profilé ces
05:00derniers jours.
05:01Alors justement, le 1er mai doit-il, selon vous, avoir cette année une signification particulière ?
05:06Malheureusement, les organisations syndicales n'ont pas pu se mettre d'accord pour un 1er mai unitaire,
05:14mais la signification, c'est évidemment une signification de rejet de la haine,
05:20de rejet de la xénophobie, de rejet de la division, du rejet du nationalisme populiste autoritaire,
05:27et en même temps un 1er mai qui va dire que nous n'acceptons pas, nous ne supportons pas
05:37le projet de régression économique, sociale, voire démocratique,
05:42que nous propose le candidat qui est opposé à l'extrême droite.
05:47C'est le candidat de la finance et son projet est un projet pour la finance.
05:53Et donc on va dire les deux choses en même temps, c'est-à-dire pas d'extrême droite
05:58et vous n'aurez pas de chèque en blanc, vous n'aurez pas les mains libres
06:02pour mettre en œuvre un programme qui est la copie conforme des recommandations
06:10de la Commission européenne et de Mme Merkel, de la droite allemande,
06:15qui est celui de l'ordolibéralisme.
06:16C'est quoi l'ordolibéralisme ?
06:18L'ordolibéralisme, c'est de mettre l'État à la disposition des marchés financiers
06:24et des entreprises, non pas pour réguler, non pas pour encadrer,
06:30mais pour organiser la concurrence entre les hommes et les femmes,
06:35entre les entreprises, entre les collectivités territoriales, entre les territoires.
06:40Eh bien, nous allons dire ces deux choses-là en même temps
06:43dans le défilé du 1er mai de la CGT et de la FSU et de Solidaire.
06:48Je vous propose maintenant un retour sur la marche pour les sciences
06:52qui s'est tenue à Paris et dans le monde entier le 22 avril
06:55à l'occasion de la journée de la Terre.
06:57Si aux États-Unis, il s'agissait de réaffirmer la valeur de la vérité scientifique
07:01face aux élucubrations créationnistes ou climato-sceptiques portées par Donald Trump,
07:06à Paris, c'est la question des moyens donnés aux chercheurs qui étaient posés.
07:11Alors, quels enjeux pour la France d'avoir des laboratoires de recherche
07:14et des scientifiques de haut niveau ?
07:16D'abord, c'est une très bonne nouvelle qu'à l'échelle de la planète,
07:20des scientifiques, des chercheurs se lèvent contre les contre-vérités,
07:26contre la négation de réalité dont bonne partie est prouvée.
07:31Et ils ont raison de se lever pour réclamer la liberté dans leur recherche
07:37et la liberté de publication, évidemment, contre des sinistres personnages aujourd'hui
07:42qui répondent du nom de Trump, de Erdogan, peut-être de Poutine,
07:47vraisemblablement, notamment sur la question du réchauffement climatique.
07:52Et avoir des chercheurs, des laboratoires, mais pas seulement des laboratoires en France,
07:58il faut des laboratoires en France, mais qui soient connectés avec les laboratoires du monde entier.
08:03C'est la question du partage, du savoir, du partage des résultats de la recherche aujourd'hui
08:09qui nous importent parce que nous vivons dans un monde commun qui est menacé
08:13par différents événements, soit naturels, soit des événements atmosphériques,
08:23soit des événements climatiques, soit des révolutions en marche
08:27qui, si elles n'étaient pas maîtrisées, pourraient nous emmener au pire.
08:31On ne peut pas accepter n'importe quoi. Il faut à la fois de la recherche et il faut de
08:35l'éthique,
08:36parfois même des contre-pouvoirs éthiques.
08:39Et ceci, donc, est indispensable aujourd'hui, à l'heure où on a besoin de combattre de nouvelles maladies,
08:46à l'heure où on a besoin, vraisemblablement, de faire reculer les pollutions,
08:52mais de trouver des systèmes transitoires aujourd'hui dans la transition environnementale,
08:58précisément, et ça concerne la santé, ça concerne l'alimentation, ça concerne le bien-être humain,
09:04ça concerne nos paysages, ça concerne les plantes, ça concerne la biodiversité,
09:09ça concerne les espèces végétales et animales.
09:12Nous avons besoin absolument de cela.
09:14Et nous avons besoin de toutes ces recherches aujourd'hui,
09:18mais partagées, non pas privatisées, non pas appropriées par quelques-uns,
09:22notamment dans le numérique, qui pourraient alléger considérablement la peine des femmes et des hommes,
09:28mais les résultats, le profit de tout cela ne doit pas être accaparé par quelques-uns,
09:34mais doit être partagé par l'immense majorité et aider ceux qui sont aujourd'hui les plus démunis
09:41dans des pays dits en développement, de pouvoir partager également ces révolutions qui sont aujourd'hui à l'œuvre,
09:50la révolution écologique, la révolution numérique, la révolution démographique,
09:55la révolution en matière de santé et de protection sociale qui est nécessaire.
10:00Donc ce combat-là doit absolument être soutenu,
10:03mais moi je prends pour un signe de bonne santé que les scientifiques se lèvent de cette manière.
10:08On se rend maintenant en Seine-Saint-Denis, sur l'ancien site PSA d'Aulnay-sous-Bois.
10:13Plus de trois ans après la fermeture de l'usine qui produisait la Citroën C3,
10:17l'essentiel des terrains vacants, idéalement desservis, sont en friche.
10:21La CGT manifestait jeudi devant la mairie de la ville
10:24pour exiger que le site retrouve sa vocation industrielle et redevienne pourvoyeur d'emplois.
10:30On écoute l'un de ses représentants.
10:32On voit bien que sur ces terrains on peut faire quelque chose d'extraordinaire,
10:35c'est un terrain viabilisé, qui plus est, unique en Ile-de-France,
10:38alors qu'allons-nous faire de ces terrains-là ?
10:40Est-ce qu'on va faire de l'hybridation avec des logements qui pourraient être construits ailleurs,
10:43ou des bureaux où déjà il y a pléthore en Seine-Saint-Denis, et même ailleurs,
10:46ou alors on va vraiment avoir un projet, c'est-à-dire des pouvoirs publics,
10:50un état stratège qui réfléchit à quelque chose de global,
10:55et qui donne de l'espoir et des perspectives, des débouchés d'emplois
10:57pour les jeunes de nos quartiers où il y a 35-40% de chômage, ce qui n'est plus
11:02tenable.
11:02Alors Patrick, au-delà du cas d'Aulnay-sous-Bois,
11:05est-ce qu'un plan de réindustrialisation vous semblerait pertinent au niveau national ?
11:09Oui, il faut un plan de réindustrialisation et d'une industrie nouvelle,
11:13une industrie s'inscrivant dans la transition environnementale
11:16et allégeant la peine des êtres humains qui travaillent,
11:21utilisant le meilleur de nos technologies aujourd'hui.
11:23Et dans le cas du site de Aulnay-sous-Bois, il a été raconté beaucoup de bobards.
11:29Il faut aujourd'hui absolument empêcher que ça devienne un lieu de spéculation
11:34pour la spéculation immobilière,
11:38contre justement le développement de l'emploi et du travail,
11:42notamment pour les jeunes de Seine-Saint-Denis,
11:44dont une grande partie se trouve aujourd'hui à la recherche de l'emploi
11:49ou en besoin de formation pour trouver un emploi.
11:53Et il y a aujourd'hui une industrie nouvelle qui est en train d'émerger
11:58et il faut s'appuyer sur ceci avec des projets innovants.
12:03Il y a des projets numériques évidemment,
12:06mais il y a des projets en matière de recherche
12:10qu'il faudrait aujourd'hui également développer.
12:14Pourquoi l'Union européenne n'a pas, elle, ses Google,
12:23protégeant avec un autre modèle démocratique, un autre modèle social ?
12:30Pourquoi on n'est pas plus audacieux, puisque c'était un site dédié à l'automobile,
12:37pourquoi n'est-on pas plus audacieux qu'on ne l'est aujourd'hui sur le transport ?
12:42Un transport non polluant, qu'il soit un transport en commun
12:45ou qu'il soit un transport par voiture, on peut avoir ceci.
12:50Donc il y a beaucoup de choses à mettre en débat,
12:57à faire avec les populations, avec les élus locaux bien évidemment,
13:02avec les industriels et les syndicats.
13:04Et il faudrait qu'il y ait ce débat.
13:07Et de ce débat-là émergeront des multitudes de projets
13:12qui peut-être ne seront pas tous retenus,
13:15mais au moins c'est dans ce foisonnement-là qu'on peut trouver une solution
13:19qui place la Seine-Saint-Denis toujours vers le cap nouveau, vers un cap d'avenir.
13:25On passe maintenant à un sujet dont absolument personne ne parle.
13:29Patrick, vous avez interrogé la Commission européenne
13:32à propos de la tentative de dissolution du mouvement démocratique WAAD au Bahreïn.
13:37Alors, est-ce que vous pouvez nous préciser
13:38qui est ce fameux leader de cette organisation,
13:41Ebrahim Sharif, qui est en prison depuis 2011, je crois,
13:45et comment expliquez-vous le peu d'attention portée par l'Occident
13:48au non-respect des droits de l'homme dans cette monarchie pétrolière ?
13:51L'Occident, en général, donne des leçons de manière sélective
13:57en matière de droits de l'homme.
13:58Dans les pays arabes aujourd'hui, et dans un certain nombre de monarchies,
14:04il n'est fait aucune remarque.
14:05Au contraire, on continue à parler avec eux, à commercer avec eux,
14:09comme si de rien n'était.
14:11Et ceci concerne pas seulement les gouvernements,
14:14concerne aussi des associations de défense des droits humains.
14:19Et dans les pays arabes, il y a aujourd'hui de la répression,
14:24il y a aujourd'hui des gens qui sont menacés,
14:27il y a des organisations syndicales, des organisations progressistes
14:31qui sont interdites.
14:32Et c'est le cas du mouvement démocratique Ouad au Bahreïn,
14:37qui, à l'issue des printemps arabes,
14:42a réclamé un certain nombre de choses.
14:44En gros, la justice, plus de justice et plus de démocratie.
14:48Et c'est parce qu'ils réclament simplement un peu mieux de justice
14:53et un peu mieux de démocratie,
14:55qu'ils sont aujourd'hui mis en difficulté,
15:00interdits et emprisonnés.
15:02Et donc, d'ailleurs, ce mouvement,
15:05ça fait 52 ans qu'ils mènent une bataille
15:07pour plus de liberté dans ce pays.
15:11Et donc, l'Union européenne,
15:13qui est si prompte à donner des leçons
15:15quand on se dirige vers son regard
15:18vers certains coins de la planète,
15:21je leur demande aussi
15:23de regarder ce qui se passe dans ces endroits-là
15:27et de ne pas laisser emprisonner
15:29et mourir en silence des démocrates dans ces pays.
15:33Et concrètement, qu'est-ce que l'Union européenne peut faire ?
15:36Déjà, elle peut faire une remarque,
15:40puis une recommandation,
15:42puis quelques menaces au Bérain,
15:44puis décider d'avoir moins d'échanges,
15:51moins d'accords d'associations.
15:53Et évidemment, dès lors qu'on met des barrières à cela,
15:57il y a des attitudes qui pourraient changer.
15:59Malheureusement, elle n'est pas sur ce cap-là aujourd'hui
16:02parce que tout ça, évidemment, est couvert
16:06sous un grand intitulé lutte contre Daesh.
16:09Très bien.
16:10Mais Daesh, les fondamentalismes islamiques,
16:15prennent aussi leur source
16:17dans la privation de liberté
16:19et dans la régression sociale.
16:21Donc c'est comme, d'ailleurs,
16:23la montée de l'extrême droite ici.
16:25Plus il y aura de misère,
16:28moins on donnera la possibilité aux citoyennes
16:30et aux citoyens de participer à la vie démocratique,
16:34moins on les écoutera
16:35et on prendra en compte leur opinion.
16:37Eh bien, on aura là-bas la montée de fondamentalisme,
16:40le plus obscurantisme et rétrograde qu'il soit,
16:42comme nous l'avons ici.
16:44C'est un mouvement mondial
16:45et tout ceci est interconnecté.
16:48On évoque maintenant une initiative citoyenne.
16:51Depuis la rentrée 2015,
16:53des étudiants d'universités et de grandes écoles
16:55aident des jeunes de leur âge
16:57que la guerre a arrachées à leur scolarité
16:59à passer leur diplôme en France.
17:01Ils ont fondé l'association Infléchir
17:03qui propose des cours de français
17:04et un accompagnement personnalisé
17:06pour aider ces exilés à reprendre leurs études.
17:09Nous sommes allés à leur rencontre.
17:11Il fallait qu'on fasse quelque chose
17:12et que l'université, ce n'est pas juste un espace
17:15où on consomme des cours
17:18et puis on produit comme ça des étudiants à la chaîne
17:20qu'ensuite on lâche dans le monde du travail.
17:22C'est aussi un espace d'émancipation,
17:23un espace de solidarité,
17:25un espace d'humanisme.
17:26Là où on peut faire valoir le droit à l'éducation
17:28qui est quand même une de nos valeurs universelles.
17:30En fait, on a des valeurs
17:32et l'université doit servir à ça.
17:34Et je pense que qu'on soit reconnu
17:36dans nos actions en tant qu'association
17:39et qu'on soit aidé par les universités,
17:41c'est la preuve finalement
17:42qu'il y a quand même des valeurs qui persistent
17:43et que c'est important de les défendre.
17:45Je m'appelle Aya Aslo,
17:47j'ai 21 ans,
17:49je suis syrienne,
17:50je viens de Damas.
17:52Je suis en France depuis 2015,
17:55novembre 2015.
17:56Je voudrais faire mes études
17:58à l'université.
17:59Oui, j'ai passé mon examen,
18:01TCF,
18:02et je voudrais faire le droit.
18:05Et pourquoi le droit alors ?
18:07En fait,
18:08c'est un choix,
18:10après tout ce que j'ai vécu.
18:13Oui, c'est vraiment le droit,
18:15c'est très important dans la vie,
18:16en général,
18:17pour faire des liens entre les hommes,
18:21pour l'humanité,
18:22vraiment pour l'humanité.
18:25Alors, on imagine que tu seras plutôt avocate
18:28que juge.
18:29Oui, en fait,
18:29je voudrais étudier le droit international.
18:33On a énormément d'échanges,
18:34par exemple interculturels,
18:36entre la France et leur pays.
18:37Comment ça se passe là-bas ?
18:37Ce n'est pas toujours évident de l'aborder,
18:39parce que c'est souvent,
18:41la plupart du temps,
18:42des pays en guerre,
18:43on est d'accord.
18:44Mais malgré tout,
18:44on a quand même des échanges.
18:46Donc c'est très important ça.
18:47Mais c'est aussi un apprentissage humain.
18:50C'est encore une fois,
18:50c'est des personnes qui sont toujours là,
18:52qui luttent énormément,
18:53qui sont toujours bien,
18:54qui arrivent toujours en cours
18:55avec une attitude extrêmement positive.
18:57Et je pense qu'on a beaucoup à apprendre aussi
18:59à ce niveau-là,
18:59de leur force.
19:01Donc Patrick,
19:01on vient d'écouter successivement
19:03le fondateur de l'association,
19:05une apprenante syrienne
19:06et une professeure.
19:07Et on le constate,
19:08partout où des liens se tissent
19:10avec les exilés,
19:11la peur de l'autre
19:12et la xénophobie reculent.
19:13Comment faire alors
19:14pour lutter contre les fantasmes
19:16liés à l'immigration
19:17qui nourrissent le vote d'extrême droite ?
19:21Exactement comme ceux-là.
19:23Exactement ce qu'ils font.
19:25Ça, c'est le plus beau de la France.
19:28C'est le retour, en quelque sorte,
19:32des meilleures traditions
19:33que porte notre pays.
19:35Et puis vous avez vu
19:35la beauté de cette jeunesse,
19:38l'engagement de cette jeunesse.
19:41Et donc, moi, je crois que
19:43cette initiative-là
19:44doit être soutenue
19:45par tous les moyens.
19:46Notre journal, l'Humanité,
19:48devrait d'ailleurs être partenaire de cela.
19:50Parce qu'il n'y a rien de plus beau
19:52que de passer le savoir
19:54pour aider des gens,
19:58des jeunes,
19:58à s'émanciper,
20:00à faire leurs études,
20:02pour, certes,
20:04se débrouiller dans la vie,
20:06mais aussi devenir eux-mêmes
20:08des passeurs,
20:09c'est-à-dire cette longue chaîne
20:10qui va permettre l'émancipation humaine
20:12et qui, au bout du bout,
20:15nous fera faire monde commun.
20:16Et ces jeunes-là montrent la voie.
20:18Nous devons absolument
20:20les soutenir.
20:21Et c'est à l'opposé
20:23des discours de haine,
20:25des discours de zénophobie,
20:27qu'on entend
20:29durant cette campagne électorale
20:30de la part de la candidate
20:33de l'extrême droite
20:34et de la part aussi
20:36de certaines fractions de la droite
20:37qui ont complètement dérivé
20:41vers une droite extrême
20:42qui est elle-même très dangereuse.
20:46On est très loin
20:47de la fermeture des frontières,
20:49de la fermeture
20:51de ces mouvements de sens commun
20:53et de tout le reste.
20:55C'est ça qu'il faut encourager
20:56et c'est ça qui nous fera faire
20:58société ensemble et monde commun.
21:00Pour terminer,
21:01l'homme de la semaine,
21:02c'est Rino de la Negra.
21:04Alors que l'on célèbre
21:05les 120 ans du Red Star,
21:07le célèbre club de football
21:08de Saint-Ouen,
21:10ce joueur,
21:10promis à une belle carrière,
21:12incarne les valeurs
21:13antifascistes du club.
21:15Fils d'une famille
21:15d'immigrés italiens
21:16poussés à l'exil
21:17par le régime de Mussolini,
21:19le jeune Elie Droit,
21:20remarqué pour son talent,
21:22compte bien rejoindre
21:23l'équipe première
21:24lorsqu'il s'échappe
21:25du STO en 1942.
21:27En parallèle de ses entraînements,
21:29Rino de la Negra
21:30participait dans la plus grande discrétion
21:32aux opérations
21:33du groupe Manoukian.
21:34Cette double vie
21:35se poursuit jusqu'à son arrestation
21:37en novembre 1943.
21:39Dans sa dernière lettre,
21:40avant d'être fusillé
21:41avec ses camarades
21:42de l'affiche rouge
21:43au Mont-Valérien
21:44le 21 février 1944,
21:47il adresse
21:47le bonjour
21:48et l'adieu
21:49à tout le Red Star.
21:51Alors,
21:51une tribune
21:51du célèbre Stadbauer
21:53porte le nom
21:54de ce jeune héros.
21:55Que vous évoque son histoire,
21:56Patrick ?
21:57Ce n'est pas
21:59anodin
22:00que nous parlions
22:01de Rino
22:01en ce moment.
22:03Je crois que
22:05le meilleur
22:05que nous puissions faire,
22:08tout le temps,
22:09mais particulièrement
22:09dans les dix jours
22:10qui viennent,
22:12c'est de se souvenir
22:13de femmes
22:14et d'hommes
22:15comme celui-là.
22:17Rino
22:17comme Marie-Claude
22:19Vaillant-Couturier,
22:21comme
22:21Guy Mockay,
22:23comme
22:23le docteur Pesquet,
22:24une multitude
22:26d'hommes
22:27et de femmes
22:28qui ont
22:29donné leur vie.
22:32Et Rino,
22:34c'est
22:35une synthèse
22:36à la fois
22:38du sport populaire,
22:41de la résistance,
22:43de la culture ouvrière
22:44et du respect
22:45de la culture ouvrière
22:46et la fraternité
22:48parce que
22:49pendant très longtemps,
22:50le Red Star
22:51était
22:52précisément
22:53un lieu
22:54qui dénotait
22:56dans le sport
22:57en Ile-de-France
22:59et c'était
22:59un lieu
22:59où
23:00en quelque sorte
23:03de par le nom
23:05mais de par
23:05l'histoire,
23:08cette classe ouvrière,
23:09ces gens de peu,
23:11ils se retrouvaient
23:12au stade
23:12dans une ambiance
23:13conviviale,
23:14dans une ambiance
23:14de coopération
23:16parfois
23:17conflictuelle
23:18évidemment
23:18quand on affronte
23:19un autre club
23:21mais ça
23:21c'est le sport
23:22la bonne compétition
23:25n'est pas interdite
23:27la bonne confrontation
23:28n'est pas interdite
23:29et fait partie aussi
23:31de l'émancipation
23:32et Rino
23:32c'est tout ça
23:33à la fois
23:34et de ce point de vue
23:35lui
23:36et tous ceux
23:37qui à son image
23:38ont tant fait
23:39pour notre pays
23:41méritent
23:41non seulement
23:42le respect
23:43mais méritent
23:44qu'on pense à eux
23:46qu'on se remémore
23:48de leur parcours
23:49en permanence
23:50tant dans la résistance
23:51que dans la vie commune
23:54pour parfois
23:54rester humble
23:55parfois rester courageux
23:57face aux événements
23:59quand c'est nécessaire
24:00et parfois
24:02engagés
24:03comme ils l'ont été
24:05il faut les remercier
24:06pour tout cela
24:07Merci Patrick Luiaric
24:08Merci
24:09On se retrouve très bientôt
24:10pour un nouveau numéro
24:11de Regards sur l'actualité

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