- il y a 13 heures
Les mouvements sociaux dans les pays du Sud ont fait émerger de nouvelles forces politiques qui remettent en cause les mesures d'austérité et proposent de remettre l'humain au coeur du projet européen. Débat avec les députés européens Edouard Martin ( France ), Stélios Kouloglou ( Grèce ) et Florent Marcellesi ( Espagne ).
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00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15Alors Grèce, Espagne, autre voie pour l'Europe.
00:18On pourra également d'ailleurs parler de ce qui se passe au Portugal par exemple,
00:21ou même en France bien entendu.
00:23Dans le contexte de l'après-Brexit, qu'est-ce que l'expérience de ces pays
00:28peut nous apporter aujourd'hui ?
00:30Qu'est-ce que les crises dans ces pays nous disent de ce qu'il faut faire
00:33et surtout pas faire pour l'Europe ?
00:35C'est une grande question bien entendu, une question plus réelle,
00:38une question un peu ambitieuse.
00:39On va en parler avec vous, si vous le voulez bien.
00:41Stelios Kouloglou, merci d'être là.
00:43Vous êtes député gauche unitaire européenne, gauche vert nordique, je le rappelle.
00:48Edouard Martin, vous faites partie du groupe des socialistes et démocrates.
00:51Merci aussi d'être là.
00:52Je le dis parce que je sais que vous avez beaucoup d'activité dans cette session
00:54et que c'est bien que vous ayez pu prendre du temps pour parler.
00:59Et Florent Marcellési, alors vous êtes français, vous vivez en Espagne,
01:02vous partagez entre guillemets la session avec l'autre député, Jordi Sébastien,
01:11qui à l'heure actuelle est titulaire.
01:12Vous, vous êtes son suppléant.
01:13Vous êtes d'un groupe qui s'appelle Europrimavera au départ.
01:16Vous avez eu un député.
01:17Vous êtes donc député espagnol et vous allez prendre la succession du titulaire.
01:22Là, en octobre, voilà.
01:24Donc, vous êtes suppléant et vous êtes du parti écologiste Éco, on le dit,
01:30qui est l'un des partis, on va en reparler tout à l'heure en détail,
01:33qui fait partie de la coalition à l'heure actuelle.
01:36Et vous êtes ici.
01:37Vous êtes et vous serez avec votre collègue dans le groupe des Verts,
01:41Alliance Libre Europe.
01:42J'en ai terminé.
01:44Revenons, si vous le voulez bien, d'un mot sur le Brexit,
01:46parce qu'on ne peut pas y échapper, bien sûr,
01:49qui fonctionne un petit peu aujourd'hui comme un élément déclencheur
01:53de tout un tas de questions, de nouvelles réflexions sur l'Europe,
01:57puisque, qu'on le veuille ou non,
01:59les électeurs d'un pays et pas n'importe lequel d'un grand pays
02:02ont décidé de quitter l'Union européenne.
02:04Flot d'analyse, flot de commentaires depuis 15 jours.
02:07Comment est-ce que vous, les uns et les autres,
02:09vous interprétez ce résultat ?
02:11Parce que c'est évidemment important à tous les niveaux,
02:14au niveau européen.
02:16Quelles seront, selon vous,
02:17quelles sont, selon vous, les causes profondes de ce vote ?
02:20Qu'est-ce qui, au fond, a été rejeté dans l'Europe ?
02:23Est-ce que vous pouvez, les uns et les autres, répondre à ça ?
02:25Peut-être en commençant avec vous, Stélios.
02:27Je pense que c'est bien évident que l'Europe n'est plus attractive
02:33comme c'était le cas il y a quelques années.
02:36Alors, parce qu'à la fois, les conditions sociales,
02:41les acquis sociaux de l'après-guerre qui ont fait l'Europe attractive
02:46sont menacés et coupés pays par pays,
02:50comme c'est le cas récemment avec la France,
02:53les lois sur le travail.
02:56Et la démocratie aussi ne fonctionne pas,
03:01comme c'était évident avec les Grecs,
03:04qui ont voté deux, trois fois pour changer,
03:08modifier un petit peu la politique imposée,
03:11tout en respectant les règles,
03:13mais ils ont été pinis, finalement,
03:18pour leur vote.
03:18On va parler en détail, bien sûr, de la situation en Grèce.
03:21Oui.
03:23Alors, qu'est-ce qui se passe maintenant ?
03:26À mon avis, c'est évident que pour les autres pays européens,
03:33notamment pour la France,
03:35et pour le gouvernement français,
03:38pour M. Hollande, personnellement,
03:40je pense que le vote, le Brexit,
03:43est la dernière chance de changer le paysage politique,
03:47de relancer les campagnes pour le gouvernement et les élections présidentielles.
03:54Mais je suis vraiment déçu du fait qu'il est étonné et déçu aussi,
04:01parce qu'en disant les réactions dans le Parlement par les partis concernés,
04:10il semble que personne ne comprenne qu'est-ce qui se passe vraiment.
04:16C'est comme les bateaux titaniques qui vont droit vers l'iceberg,
04:26tandis que là, le capitaine Soeublé et l'équipe dansent sur le pont.
04:36Donc, perte d'attractivité de l'Europe,
04:40Édouard Martin, qu'est-ce que vous en pensez vous aussi ?
04:42Quelle interprétation vous donnez finalement de ce vote ?
04:45Parce qu'encore une fois, on l'a dit à plusieurs reprises,
04:49un référendum, c'est un peu brutal,
04:51c'est une question, c'est oui et non la réponse,
04:54c'est un peu binaire,
04:55on ne sait pas exactement ce que les électeurs veulent dire,
04:58ce qu'ils disent.
04:59On sait qu'elle a été la campagne,
05:02on sait qu'ils ont été les thèmes de campagne,
05:03notamment à la fin,
05:05qui étaient quand même des thèmes de campagne
05:07qui tournaient autour des questions de xénophobie, etc.,
05:10menées par l'équipe,
05:12mais on ne sait pas non plus exactement
05:13ce que les électeurs veulent dire.
05:15Comment vous, vous l'interprétez, ça ?
05:17Écoutez, moi, je ne suis pas dans la tête des électeurs,
05:19donc je ne sais pas ce qu'ils pensent,
05:21mais effectivement, vous avez raison de souligner
05:23que ça a été une campagne quand même horrible,
05:28farouchement opposée, on va dire les choses,
05:30à l'immigration.
05:31Et dans beaucoup de pays européens,
05:33aujourd'hui, le thème de l'immigration
05:35fait mouche à chaque fois qu'un parti nationaliste
05:38xénophobe ou extrémiste pointe
05:41l'importance de l'immigration,
05:47ça fait mouche à chaque fois.
05:48Et ce n'est pas vous, les Grecs,
05:49qui allez dire le contraire,
05:50avec l'Aube dorée,
05:51nous en France avec le Front National, etc.
05:53Sur le Brexit, moi, j'ai simplement envie de dire
05:55que le référendum a au moins le mérite
05:57de la clarification.
05:59On met un terme à 40 ans de
06:01« je t'aime moi non plus avec la Grande-Bretagne ».
06:04Alors, pour des raisons peut-être
06:05qui nous échappent, effectivement,
06:07mais au moins, on ne peut pas dire
06:09qu'avec la Grande-Bretagne et l'Europe,
06:12ça a été toujours une grande histoire d'amour.
06:14Donc ça, tout le monde est...
06:15Mais en même temps,
06:17mais en même temps,
06:18si on en revient au monde du travail,
06:20au monde ouvrier britannique,
06:22on ne peut quand même pas dire
06:23que l'Europe a été de moins value
06:26pour le droit,
06:27les droits sociaux
06:28et les droits des travailleurs.
06:29On ne peut pas dire ça.
06:31Ça serait faux.
06:31Et c'est factuel, on peut le vérifier.
06:33Donc moi, je le regrette, évidemment.
06:35Maintenant, moi, ce que je crains derrière le Brexit,
06:38et là, je vous rejoins,
06:39c'est qu'ici,
06:40personne n'a rien compris.
06:42En tout cas, si, ils ont très bien compris,
06:43c'est que ma crainte à moi,
06:45c'est que, justement,
06:47ce n'est pas plus d'Europe
06:48ou une Europe mieux d'Europe.
06:50C'est une Europe beaucoup plus libérale.
06:52C'est effectivement moins d'Europe
06:55sur des sujets transversaux.
06:57Et ça va être encore un peu plus
06:59la concurrence exacerbée entre les pays.
07:02Et donc, qui va payer la facture à chaque fois ?
07:06C'est le monde du travail,
07:07les ouvriers, etc.
07:08C'est ma crainte.
07:09Parce que je peux vous assurer
07:11que j'ai entendu depuis 15 jours comme vous
07:12tous les hypocrites et tous les faux-culs
07:14de tous bords en disant
07:15« il faut changer l'Europe,
07:16il faut changer l'Europe ».
07:17Mais je ne suis pas sûr
07:18que dans le changement préconisé
07:19dans la tête de certains,
07:20on ait la même définition
07:21de ce que nous voulons pour l'Europe.
07:23C'est ça, ma crainte.
07:24Et on va le savoir très vite.
07:26Regardez déjà,
07:27entre ceux qui disent
07:28à la Grande-Bretagne
07:28« il faut vite sortir,
07:30il faut clarifier votre situation »,
07:31puis ceux qui disent
07:32« attendez, attendez,
07:33on ne va pas aller trop vite ».
07:34Et je tiens simplement à souligner
07:36que Nigel Farage
07:39ne s'y est pas trompé.
07:41La semaine dernière à Bruxelles,
07:42lorsqu'il fait son discours,
07:44même pas d'au revoir,
07:45il est toujours là.
07:46Encore un hypocrite, toi.
07:48Encore un hypocrite
07:49qui est toujours en train
07:50de dénoncer la mauvaise utilisation
07:52de l'argent public, etc.
07:53Mais lui, ça ne l'emmerde pas
07:55de savoir que les 6 400 euros
07:56qu'il empoche tous les mois,
07:57c'est de l'argent public,
07:58c'est les impôts.
07:59Et il reste.
07:59Il a décidé de rester.
08:00Là aussi, souligner
08:03les contradictions
08:03des uns des autres.
08:04Mais Farage a dit
08:05« attention à ce que vous allez faire
08:06avec nous ».
08:07Les accords commerciaux.
08:09La Grande-Bretagne
08:10est bénéfique pour l'Europe.
08:11Attention au marché
08:12de l'automobile.
08:14Il pourrait y avoir demain,
08:15si nous prenions la décision
08:17de mettre, par exemple,
08:18des droits de douane supérieurs
08:19pour les importations
08:20d'automobiles,
08:21ça pourrait nuire
08:22à votre industrie automobile.
08:24Qui est visée à travers ça ?
08:25C'est l'Allemagne
08:26qui est visée.
08:27Et notamment le groupe Volkswagen.
08:29Voilà.
08:31Florent Marcelli
08:32dit « votre interprétation
08:33à vous de ce Brexit,
08:35déjà réaction
08:35et puis interprétation
08:36également des causes
08:38et des raisons
08:38qui ont fait
08:39qu'on en arrive
08:40à cette situation
08:40avec une situation
08:42qui, on vient de le dire
08:43il y a deux secondes,
08:44qui n'est pas claire du tout. »
08:46Notre première réaction,
08:47surtout depuis l'Espagne,
08:48c'est une conséquence directe
08:50pour nous en Espagne
08:51parce que le Brexit
08:51a eu une conséquence,
08:54c'est d'avoir
08:55un vote de la peur
08:56aux élections espagnoles
08:57qui étaient trois jours
08:58après le Brexit.
08:59On l'a dit à un moment donné,
09:00on s'est dit
09:00est-ce que c'est vrai ?
09:01Est-ce qu'il y a bien
09:02eu une incidence ?
09:03Il y a eu une incidence.
09:04C'est difficile à quantifier,
09:05bien sûr,
09:05parce qu'on n'a pas encore
09:06d'analyse profonde là-dessus,
09:09mais on sent très bien
09:10que le Parti populaire,
09:11principalement,
09:12même le Parti socialiste aussi,
09:13ont utilisé cet argument
09:14pour expliquer que
09:15« où l'inospodemos »
09:16la question dans laquelle
09:17on se trouvait
09:17était effectivement
09:19le reflet des populistes
09:21qu'on retrouve en Angleterre
09:24et au Royaume-Uni.
09:25Donc c'était vraiment...
09:25Et on a bien vu
09:26beaucoup de gens
09:27qui effectivement se disent
09:27« bon, c'est vrai
09:28qu'on a un parti
09:29actuellement conservateur
09:30qui est corrompu,
09:31un parti qui a fait...
09:32qui a décotiqué
09:34la loi du travail,
09:36un parti qui a détruit
09:38l'environnement,
09:38mais au moins,
09:39on sait ce qu'il y a
09:40et on préfère ça
09:41à un nouveau,
09:42au changement
09:42et au populisme.
09:43Donc on a eu effectivement
09:44un effet assez contraire
09:46du Brexit vers ça.
09:48Le deuxième effet aussi,
09:48c'est que toutes les forces
09:49en Espagne
09:49se sont bien prononcées
09:51pour dire « on rappelle,
09:52on est pour l'Union européenne,
09:53même au nidospodemos »
09:54justement pour éviter
09:55de tomber dans ce piège
09:55et de dire « nous,
09:56nous sommes les anti-européens ».
09:57Non, nous ne sommes pas anti-européens,
09:58mais nous sommes contre
09:59certaines politiques de l'Europe
10:00justement d'austérité
10:01qui a vraiment fait
10:02le pire de ce qu'on peut imaginer
10:04en Espagne ou en Grèce,
10:05par exemple.
10:06Parce qu'effectivement,
10:07vous vous plaignez du chômage
10:07en France,
10:08mais si on regarde le chômage
10:09en Espagne,
10:09on parle de plus de 20%
10:10de chômage,
10:11une précarité,
10:12une pauvreté
10:13qui est vraiment au-delà
10:14de l'imaginable
10:14dans votre pays,
10:15par exemple.
10:16Donc c'est ça
10:16la conséquence du Brexit
10:17très très très simple.
10:19On y reviendra aussi
10:20tout à l'heure en détail
10:20sur la situation de l'Espagne.
10:22Mais je pense aussi
10:22que la première conclusion
10:23qu'on peut avoir sur le Brexit,
10:24au-delà de l'effet que ça a sur l'Europe,
10:26c'est aussi l'effet sur le Royaume-Uni,
10:27tout simplement.
10:28C'est le Royaume des Unis
10:29qu'on a.
10:29Ce n'est plus un Royaume-Uni.
10:30C'est l'Ecosse
10:31qui veut rester
10:32une Européenne
10:33et tout ça.
10:33Bien sûr,
10:34elle ne veut pas rester
10:34dans le Royaume-Uni.
10:35C'est l'Irlande du Nord
10:36qui veut la réunification
10:37avec l'Irlande.
10:38Et c'est Gibraltar aussi
10:39en Espagne
10:40qui est en train de penser
10:41pourquoi pas avoir
10:42une co-souveraineté
10:43partagée avec l'Espagne
10:44et dans un conflit
10:45qui est déjà centenaire.
10:47Donc effectivement,
10:48je pense que
10:48les premières actions
10:49qu'on a au Royaume-Uni,
10:50c'est aussi
10:51une grande méfiance
10:53dans la politique
10:54qui repart
10:54parce que tous les leaders
10:55du Brexit
10:55sont partis
10:56un par un.
10:57Ils ne veulent pas
10:57assumer leur victoire
10:58qui n'est pas une victoire
10:59d'ailleurs parce que
10:59c'est une victoire
11:00totalement empirique.
11:01C'est une victoire
11:01qui ne sert à rien
11:02parce qu'en fait,
11:03les gens ont voté
11:04non pas seulement
11:04contre l'Europe,
11:05ils ont voté
11:05contre les politiques
11:06d'austérité.
11:06Mais qui a mis en place
11:07les politiques d'austérité
11:09durant 20 dernières années
11:10en un Royaume des Unis ?
11:12Clairement,
11:13ce sont les politiques
11:14de Thatcher
11:14et de ses descendants.
11:16Donc ce n'est pas forcément
11:16toujours les politiques
11:17de l'Union européenne
11:17qui ont été
11:19pointées du doigt
11:19dans ce référendum.
11:20Est-ce que vous diriez
11:21quand même que l'Union européenne,
11:23c'est elle finalement
11:24qui donne en ce moment
11:25en Europe du carburant
11:26au populisme
11:27en ne répondant pas
11:28finalement aux questions
11:29des gens ?
11:29Est-ce que vous êtes
11:31d'accord pour dire ça ?
11:32La politique économique
11:33qui est menée.
11:35L'économie libérale, etc.
11:35Vous parlez du conservateur
11:37comme vous le disiez tout à l'heure.
11:38L'oligarchie qui gagne,
11:40l'1% qui gagne,
11:42qui devient plus riche
11:43tandis que 99%
11:46devient plus pauvre.
11:50les accusations
11:51qui sont grignotées,
11:53coupées.
11:54Alors c'est comme ça,
11:56il y a un incontentement
11:59par lequel
12:01l'extrême droite gagne.
12:04Pas en Grèce.
12:05Et pas non plus dans l'Espagne,
12:07mais c'est pour ça
12:08qu'on veut parler
12:08de cette expérience.
12:09Il y a des raisons historiques
12:11pour ça.
12:11Parce que tous les trois pays
12:13ont vécu
12:14des dictatives récentes.
12:16et alors l'esprit
12:18des fascistes
12:19reste très fort
12:21quand même.
12:25C'est l'Europe
12:26qui donne du carburant
12:27au populisme
12:28de tous bords.
12:29Je ne suis pas
12:29complètement d'accord.
12:30Évidemment,
12:30l'image qui est renvoyée,
12:32c'est celle-ci.
12:32Je ne suis pas en train
12:33de dire que l'Europe
12:34est devenue sociale
12:34tout d'un coup.
12:35Ça se saurait.
12:36Mais néanmoins,
12:37j'insiste beaucoup
12:38pour pointer
12:39la responsabilité
12:41et l'hypocrisie
12:42des chefs de gouvernement.
12:43Je vais vous prendre
12:44un exemple factuel.
12:45La Grande-Bretagne,
12:46puisqu'ils viennent de voter
12:47la sortie de l'Union européenne.
12:49Lorsqu'en début d'année,
12:50face à la crise
12:51de l'acier,
12:53notamment la concurrence
12:53déloyale de la Chine,
12:55M. Cameron dit à Londres
12:56« je ne peux pas aider
12:57le secteur de l'acier
12:58parce que Bruxelles
12:59me l'interdit »
13:00ou c'est écrit
13:01que c'est interdit.
13:02Bruxelles n'interdit pas.
13:04Et en même temps,
13:05on obtient une réunion
13:06d'urgence
13:06le 15 février
13:08à Bruxelles
13:08avec les ministres
13:09de l'industrie
13:10pour dire qu'il est temps
13:11de moderniser
13:12les instruments
13:12de défense commerciales,
13:13donc de mettre en place
13:14des droits de douane
13:15beaucoup plus importants
13:17pour éviter
13:17cette concurrence déloyale.
13:18Quel est le pays
13:19qui s'y oppose ?
13:21La Grande-Bretagne.
13:22Donc en quoi
13:23Bruxelles est responsable ?
13:25Donc il faut aussi
13:25pointer l'hypocrisie
13:28et le manque de courage
13:29de certains chefs d'État
13:31et Cameron est le roi
13:32par excellence
13:33de l'hypocrisie.
13:36Des larmes de crocodile,
13:38Cameron est un faux cul.
13:39Je vous le dis
13:40très honnêtement,
13:41Cameron est un faux cul.
13:42Mais ce n'est pas le seul.
13:43Non, ce n'est pas le seul.
13:44Vous avez raison, hélas.
13:45Je vous donne par exemple
13:46l'exemple
13:47de Monsieur Soeiblé
13:49qui toujours insiste
13:51qu'il faut respecter
13:52les règles
13:52et implémenter
13:54les accords.
13:54Vous avez raison.
13:55Et vous savez
13:55qu'il y a un accord
13:57sur l'union bancaire
14:00qu'il faut appliquer.
14:02Et c'est l'Allemagne
14:03qui trouve toujours
14:04des prétextes
14:05pour les chénarocs
14:07qui n'a pas appliqué.
14:07Je ne suis pas votre...
14:11Pour les grecs,
14:13on nous fait fous.
14:15Il y a de quoi.
14:17Alors,
14:18tandis qu'on nous donne
14:19des leçons
14:19qu'il faut appliquer.
14:21L'autre fois,
14:23Soeiblé,
14:23pendant un débat
14:24public avec Tsipras,
14:25il a dit
14:26« It's the application stupid ».
14:28C'est l'application...
14:29C'est pas,
14:31disons,
14:32qu'on a un idiot.
14:34Alors,
14:36lui,
14:36il n'applique pas
14:37les accords.
14:40Petite question,
14:41mais vous y avez répondu
14:41il y a deux secondes
14:42d'une certaine manière,
14:43Edouard Martin.
14:44Est-ce que vous considérez
14:46que le Brexit,
14:46c'est le moment
14:48pour ouvrir
14:48une séquence politique nouvelle
14:49ou est-ce que c'est mal engagé ?
14:51Comment vous voyez ça ?
14:52Parce que ça crée
14:53quand même une certaine ambiance,
14:54j'allais dire,
14:54dans l'Europe.
14:55et y compris ici,
14:57dans ce Parlement.
14:58C'est difficile
14:59à décider de ça.
15:00Triste,
15:01c'est tendu
15:01et en sont les uns
15:02les autres
15:03qui veulent essayer
15:04de tirer l'Europe
15:06un peu plus
15:07au service des citoyens,
15:08un peu plus
15:09une Europe politique,
15:10une Europe sociale.
15:11L'Europe sociale,
15:12ça fait 30 ans
15:13qu'on en parle,
15:14c'est comme le monstre
15:14du Loch Ness,
15:15tout le monde en parle,
15:16personne n'a jamais vu.
15:17Et puis,
15:18il y a,
15:18je crains,
15:19la majorité
15:19qui,
15:21au sous-couvert
15:21de ce Brexit,
15:22c'est de dire
15:23« On ne va pas assez loin
15:24dans les réformes,
15:25donc les réformes libérales. »
15:28Et donc,
15:28c'est un peu
15:28ce qui s'est passé
15:29en Espagne
15:29avec effectivement
15:30le détricotage
15:31du Code du travail.
15:32C'est ce qui s'est passé
15:33dans d'autres pays,
15:34l'Allemagne,
15:35l'Angleterre,
15:36chez vous,
15:37maintenant la France.
15:38Et c'est ça,
15:39ma crainte.
15:40et en même temps,
15:41moi,
15:42j'attire l'attention
15:43des citoyens européens.
15:44Et ce n'est pas
15:45leur faire offense
15:46que de dire ça.
15:48Vous avez raison,
15:49on joue souvent
15:49sur les peurs.
15:50Et d'ailleurs,
15:51c'est le résultat
15:52des dernières élections européennes,
15:53le 25 mai 2014,
15:54on a aussi senti
15:57cet effet peur
15:58qui a joué.
15:59On a quand même
16:00l'Europe qu'on mérite.
16:02Attendez,
16:02tous ces gens-là,
16:03ils sont libéraux,
16:04ils sont à droite,
16:05vous avez raison,
16:06c'est vrai.
16:06Mais qui les a élus ?
16:08Personne n'a pris le pouvoir
16:09par les armes.
16:10Moi, ce que je veux dire,
16:12parce que maintenant,
16:12il faut arrêter l'hypocrisie,
16:14il faut arrêter
16:15d'être à peine élu
16:17qu'il faut déjà penser
16:17à la prochaine élection,
16:18il faut simplement rappeler
16:20aux citoyens
16:21que lorsqu'on met
16:22un bulletin dans l'urne,
16:23ça a aussi une incidence
16:24sur la vie de tous les jours.
16:26Si la majorité
16:28a voté libéral,
16:29on ne va pas les engueuler
16:30qui mettent en place
16:31une politique libérale.
16:32Ils ont été élus pour ça.
16:34Ça, je pense qu'il faut aussi
16:36avoir l'honnêteté intellectuelle
16:37de le dire.
16:37On reviendra sur cette question
16:39du rapport entre le social
16:40et le politique
16:41dans les pays
16:41et globalement en Europe.
16:43Peut-être qu'on va s'arrêter
16:45quelques secondes.
16:45Vous connaissez tous
16:46la situation.
16:47On va en parler bien sûr
16:48avec vous,
16:49Stélius Cologlou,
16:50qui la connaissait mieux
16:51que nous tous.
16:52Mais peut-être aussi
16:53dire les choses
16:54concernant ce qui se passe
16:55en Grèce.
16:56C'est-à-dire que
16:57quels sont les résultats
17:01de ce qui est des mesures
17:02d'austérité
17:03qui ont été imposées
17:04par l'Europe.
17:05Le constat, c'est que la dette,
17:07pour l'instant,
17:08n'a pas diminué.
17:09Que le chômage,
17:10qui avant les mesures
17:12était un chômage presque normal
17:13en Grèce,
17:14comparable à ce qu'on peut avoir
17:15dans des pays
17:16comme la France,
17:18a énormément augmenté depuis.
17:22Alexis Tsipras,
17:23dont nous parlions tout à l'heure,
17:24l'a expliqué la semaine dernière
17:25devant les parlementaires
17:26du Conseil de l'Europe.
17:29Comment vous analysez
17:32cette crise grecque
17:34depuis un an ?
17:35Rien de ce qui n'a été décidé
17:37par l'Europe
17:38ne fonctionne en réalité
17:39du point de vue même
17:40de la stricte rationalité,
17:42j'allais dire,
17:42économique
17:43et des conséquences politiques.
17:46Écoutez,
17:47la situation devient
17:48de plus en plus difficile
17:49pour les gens
17:51parce que
17:53cette nouvelle mesure
17:55d'austérité
17:57provoque plus de récession.
17:59Alors maintenant,
18:01pour tous les citoyens,
18:02y compris
18:05les gens,
18:06les travailleurs,
18:07tout ça,
18:07il faut qu'ils payent
18:08100%
18:10des impôts
18:11pour l'année prochaine.
18:13Pas seulement pour l'année
18:14qu'ils doivent payer,
18:15mais aussi pour l'année prochaine.
18:17Ça, c'est appliqué
18:18pour les entreprises
18:18et ça commence aussi
18:20pour les professions libéraux,
18:25disons,
18:26les avocats,
18:27les docteurs,
18:27tout ça,
18:27on va l'appliquer
18:28pour tout le monde
18:29l'année prochaine.
18:30Ça, les gens
18:32sont vraiment désespérés.
18:33Je trouve des gens
18:34qui n'ont pas
18:35l'argent
18:36pour payer
18:37leurs taxes.
18:39Alors ça,
18:40de l'autre côté,
18:42on a aussi
18:44l'optimisme
18:46que quelque chose
18:47que l'économie
18:48va se réchauffer
18:50à partir
18:51de l'automne,
18:54ça va quelque chose
18:55bouger
18:55et faire
18:56que les gens
18:58voient
19:00la lumière
19:01au bout du tunnel.
19:02Ça,
19:02c'est peut-être
19:04psychologique,
19:05mais au niveau pratique,
19:06ça ne marche pas.
19:09On attendait
19:09beaucoup de choses
19:10de la part
19:11des résultats
19:13espagnols
19:14parce que c'est
19:16un gouvernement
19:17basé
19:18de la gauche
19:19ou de la centre-gauche.
19:20On avait deux exemples
19:21en Europe
19:22où on pouvait
19:23faire une alliance.
19:25Ça a été perdu.
19:26Et en plus,
19:26il y a la question
19:28des réfugiés
19:28qui a été presque
19:30oubliée
19:31pour l'instant
19:33au moment
19:34où la Turquie
19:36et l'accord
19:37avec la Turquie
19:39marche plus ou moins.
19:41Alors,
19:41personne ne s'intéresse.
19:43L'argent donné
19:44à la Grèce
19:46n'est pas suffisant.
19:48Ça veut dire
19:48qu'il y a pas mal
19:49d'argent
19:50de l'État grec
19:51qui se dirige
19:53pour les réfugiés.
19:57Tandis que
19:57l'aide donnée
20:00de la part
20:01de la communauté
20:02de l'Union européenne
20:04va au NG,
20:06au ONG,
20:07mais pas
20:08au gouvernement grec.
20:11Alors,
20:11c'est ça la situation.
20:13On est inquiète.
20:16Mais,
20:16c'est pas
20:17ça c'est
20:18la situation
20:19en prison
20:20en Grèce.
20:20En Grèce,
20:21c'est un miracle
20:22que l'Obs Doré
20:24n'a pas encore
20:27profité
20:29de la crise
20:30avec les réfugiés
20:31parce que
20:32tous les réfugiés
20:33sont bloqués
20:33en Grèce
20:34à ce moment-là.
20:35On a des camps
20:36partout,
20:37on essaye
20:40de les organiser
20:42en espérant
20:45que les accords
20:46conclits
20:47pour les relocations
20:49des réfugiés
20:52soient respectés.
20:54Parce que l'autre problème,
20:55c'est que
20:55alors on dit
20:56qu'il faut respecter
20:57les accords
20:58et tout ça,
20:58mais ça,
21:01Mars,
21:01si concerne
21:03l'argent
21:04et si concerne
21:05les banques,
21:05si concerne
21:06les droits humains,
21:07si concerne
21:07les humains,
21:08ça,
21:08alors on n'applique pas,
21:11on n'applique pas.
21:13C'est très juste.
21:14L'Hongrie
21:16organise
21:16un référendum
21:17au mois de septembre
21:20pour,
21:21s'ils acceptent,
21:231000 réfugiés.
21:27C'est ça,
21:27l'enjeu,
21:28c'est 1000 réfugiés.
21:30Figure-toi,
21:311000 réfugiés
21:32tandis qu'en Grèce
21:33se trouve.
21:35Edouard Martin,
21:36votre analyse,
21:37votre regard justement
21:37sur cette année
21:38de crise grecque
21:39par rapport à ce qu'on est
21:40en train de faire.
21:41Je partage ce qui est dit,
21:42c'est qu'ici,
21:43il y a des traités
21:44et ils n'ont pas tous
21:45la même valeur.
21:47Vous avez raison,
21:49la commission,
21:50le gendarme,
21:51entre guillemets,
21:52de la bonne application
21:53des traités
21:53est intransigeante
21:55avec la Grèce.
21:57Elle ne laisse rien passer.
21:58Un centime,
21:59c'est un centime.
22:00Vous nous devez un euro,
22:01vous allez rembourser un euro
22:02et non pas 99 centimes.
22:05Mais effectivement,
22:06sur les droits de l'homme,
22:07le droit,
22:09l'obligation à l'asile,
22:11bien traiter les personnes
22:13qui fuent la guerre,
22:14je rappelle.
22:15C'est des personnes
22:15qui fuent la guerre.
22:16Personne ne quitte
22:17son pays par plaisir.
22:20Il n'y aura,
22:21et je tiens à le dire fort,
22:22le plus fort possible,
22:23il n'y aura jamais
22:24de mur assez haut
22:25et de barbelés
22:26assez coupants
22:26pour empêcher
22:27des personnes
22:28qui fuent la misère
22:29et la guerre
22:29d'essayer de les franchir.
22:30Il faut que les menteurs,
22:33les leurres de tous bords
22:34arrêtent avec ça.
22:35Je suis issu
22:36d'une famille
22:37qui a quitté l'Espagne,
22:38l'Espagne de franco,
22:40l'Espagne de la misère
22:41et il y en aura d'autres
22:43ailleurs,
22:44hélas,
22:44trois fois hélas.
22:45On a une double responsabilité,
22:47c'est-à-dire que,
22:49puisque souvent,
22:50les opposants
22:50à recevoir les immigrés,
22:52c'est de dire,
22:52vous comprenez,
22:53économiquement,
22:54on ne peut pas les recevoir,
22:55ça impacte notre économie.
22:57Je tiens simplement
22:58à rappeler
22:59que rien que
23:01la vente d'armes
23:02de l'Union Européenne
23:03vers ces pays-là
23:04qui sont en guerre,
23:05ça représente
23:05plusieurs dizaines
23:06de milliards d'euros
23:07chaque année.
23:08Donc, c'est-à-dire
23:09que la guerre en Syrie,
23:10la guerre en Irak,
23:11en Afghanistan,
23:11etc.,
23:12nous rapporte
23:13des dizaines
23:13de milliards d'euros,
23:14nous donne des centaines
23:15de milliers d'emplois
23:17à nous, Européens.
23:18Et par-dessus le marché,
23:19on refuse
23:20que ces gens-là
23:21viennent se protéger.
23:23Attendez, il faut...
23:23La guerre dans laquelle
23:24nous sommes impliqués,
23:24les pays européens
23:25sont pareil impliqués.
23:26En plus, en plus.
23:27On est directement responsables.
23:28Souvenons-nous 39-45,
23:30quand même.
23:30Bon, moi,
23:30je n'ai pas connu ça,
23:31mais c'est encore
23:32dans nos têtes.
23:33Je veux dire,
23:34qu'ont fait les Français
23:35lorsqu'on subissait
23:35les bombardements allemands ?
23:39Ceux qui pouvaient essayer
23:40de mettre leur famille
23:40à l'abri,
23:41ils n'ont pas hésité
23:42et qui ne ferait pas
23:43la même chose ?
23:44Et moi, la Grèce,
23:45ça me fait penser
23:45à la chose suivante,
23:46c'est qu'on a une voiture
23:47qui est quasiment
23:49sur la réserve
23:50et la Commission européenne
23:51lui agrandit encore
23:56le temps de voyage
23:58avec moins d'essence.
24:00Donc, à un moment donné,
24:01tout le monde sait
24:02que la Grèce finira
24:04par tomber en panne.
24:05La seule inquiétude,
24:08mais elle est importante,
24:09et vous avez raison,
24:10c'est la panne,
24:11elle va donner naissance
24:12à quoi ?
24:13C'est ça,
24:14notre inquiétude.
24:15Elle va donner naissance
24:16à quoi ?
24:17Si c'est une révolution
24:18désœillée, pacifique,
24:20etc.,
24:21pour changer le monde
24:22à travers un bulletin
24:23dans l'urne,
24:24j'ai envie de dire,
24:25tant mieux.
24:25Mais si c'est pire que ça,
24:28je pense que l'Europe
24:29n'a pas tiré les leçons
24:31de son passé récent.