00:00Hey girls, b-boys, superstar DJs, here we go !
00:30Oui, les résultats des élections régionales en décembre avec le Front National à 40%, les fondages qu'on peut laisser
00:39tous avec Marine Le Pen qualifiée pour le deuxième tour à tous les coups, et peut-être pour le deuxième
00:46tour de l'élection présidentielle.
00:47Donc une situation extrêmement dangereuse.
00:50Alors, moi je vais essayer de me limiter dans mon propos, puisque j'ai encore une fois le plus intéressant,
00:56c'est partout dans vos questions, dans mon propos, à présenter à la fois qu'est-ce qui se fait,
01:05pourquoi, puisque j'expliquais le sous-titre qu'évoquait un instant Pierre,
01:11pourquoi ce type d'Europe qui est en train de se construire nourrit finalement la montée des nationalismes, ce que
01:19j'appelle dans le bouquin de national-libéralisme, pourquoi c'est ça ?
01:22Pourquoi l'Europe c'est le problème ? Et ensuite, dans la deuxième partie, pourquoi l'Europe c'est aussi
01:28la solution ?
01:30Parce que justement, si on veut éviter de sombrer dans un national-libéralisme, il faut absolument trouver les moyens de
01:39résister en France et aussi en Europe avec des forces qui existent en Europe pour résister.
01:46Alors, je voudrais juste, puisque il y a, pour développer le premier point et montrer à quel point cette Europe
01:57telle qu'elle se construit, fait le lit, fait le jeu du national-libéralisme, pour ne pas dire, est conduit
02:08vers ce national-libéralisme.
02:10Il y a l'exemple qui me vient à l'esprit, qui est plus récent dans l'actualité, c'est
02:18le Brexit.
02:20Le Brexit, c'était... Comment ça s'est passé le Brexit ? On a eu une initiative du Premier ministre
02:30britannique, David Cameron, pour une initiative un peu...
02:34qui subit la pression de son Front National à lui, qui s'appelle l'UQIP, pour le Banque-Bretagne, et
02:40qui, pour répondre à cela, a choisi, pour avoir des coups d'étrange, a choisi de l'avoir référendaire.
02:47Et pour se propulser, et pour faire gagner le oui à ce réperrendum, il a consulté ses partenaires européens, et
03:01ses partenaires européens ont répondu en faisant un sommet pour le maintien de la Grande-Bretagne,
03:08dans le monde pour le maintien, avec des clauses d'exemption qui étaient négociées par Cameron.
03:17Cameron, sous la pression du nationalisme britannique, Cameron a négocié en février, et ça, c'est passé un peu inaperçu,
03:26la presse française n'a pas relevé, tout ça.
03:28Mais qu'a négocié Cameron à ce moment-là ? Il a négocié le fait que les travailleurs des pays
03:38européens, les immigrés venus d'autres pays européens,
03:42ne bénéficient plus de la même couverture sociale que les travailleurs britanniques de souche pendant sept ans.
03:52que ces travailleurs venus de Pologne, de Roumanie, etc., ne bénéficient plus des mêmes allocations familiales,
04:01que le niveau de leurs allocations familiales soit indexé sur le niveau de vie de leur pays d'origine.
04:09Moi, je ne développe pas, parce que là, on a la préférence nationale.
04:16Il y a d'autres, d'autres, ici en France, pour évoquer cette question-là, qui parlent de préférence nationale.
04:21C'est-à-dire que l'ensemble des chefs d'État européens, en février, a donné carte blanche à Kémois,
04:29plus que carte blanche, ou a permis de modifier le rapport de la Grande-Bretagne avec le reste de l
04:36'Union européenne,
04:38sur ce plan, en l'autorisant à pratiquer la préférence nationale.
04:43Et ça, ça a été signé par l'ensemble des chefs d'État européens.
04:47Donc, Merkel, Hollande, etc., ont approuvé cela.
04:52On sait comment l'histoire s'est terminée.
04:55Malgré ces concessions faites à la droite nationaliste,
05:01oui, à l'aile nationaliste du Parti conservateur britannique,
05:06malgré ces concessions faites, c'est le nom qu'il a emporté.
05:13Donc, voilà, il y a, à mon sens, cet exemple montre combien l'Union européenne,
05:23telle qu'elle se construit aujourd'hui, avec ce principe qui est aujourd'hui,
05:27au départ, l'Union européenne, c'était le principe développé, la concurrence, etc., la compétition.
05:33Le principe de compétition était très fortement avancé au moment du traité de Rome.
05:40Sauf qu'au moment du traité de Rome, c'était un autre contexte politique, géopolitique, etc., je passe,
05:47mais il y avait aussi des principes de coopération et de solidarité
05:53qui ont été introduits dans le fonctionnement de l'Union européenne.
06:01Et ça, ces principes-là, peu à peu, la caractéristique de ces dernières années,
06:07c'est que le principe de compétition qui l'emporte de plus en plus,
06:11avec des règles de plus en plus contraignantes,
06:14avec, et bien aussi, puisque ce principe de compétition s'applique,
06:18c'est la loi du plus fort qui s'applique de plus en plus,
06:21donc la loi du plus fort, c'est la loi du capital allemand.
06:26Et donc, ce principe de compétition qui relègue de plus en plus,
06:37aujourd'hui, avec le budget européen, il y a eu des choses de fait pour la solidarité européenne,
06:46avec des règles de cohésion.
06:48Donc on va respecter les règles de dictée.
06:51Je vais juste un mot pour venir, parce que je voulais absolument vous dire,
06:55je vous disais, l'Europe, c'est à la fois le problème,
06:58et je viens de vous poser pourquoi, mais c'est aussi la solution.
07:01Voilà, donc ça se donne.
07:02Parce que, oui, non mais parce que, alors juste un mot,
07:06parce qu'il y a des résistances qui se développent en Europe.
07:09Alors, on l'a vu avec l'arrivée d'un pouvoir de gauche radical en Grèce,
07:17qui est toujours là, qui n'a pas été, malgré toutes les pressions qui ont été mises sur lui,
07:22l'an dernier, chacun l'a encore en tête, qui n'a pas été éradiqué.
07:25Il y a ce qui monte en Espagne avec Podemos, il y a ce qui se passe en Portugal
07:31avec le nouveau gouvernement de gauche, allié socialiste, allié à la gauche radicale.
07:37Il y a des résistances qui existent.
07:40Et là encore, l'exemple britannique est très intéressant,
07:43parce qu'il y a la montée en Grande-Bretagne de Jeremy Corbyn,
07:48qui est ce travailliste qui fonctionne sur une ligne anti-Blaire,
07:54et qui a eu une campagne extrêmement difficile à conduire pour le maintien dans l'Union Européenne,
08:02parce qu'il était à la fois pour le maintien, mais pour changer totalement l'Union Européenne.
08:06Il était à la fois critique sur, et à juste titre, sur la manière dont l'Union Européenne se construisait,
08:15se réalisait, et il est à la fois critique là-dessus,
08:19et en même temps, il me disait qu'il n'y a aucune solution dans une fuite en avant nationaliste,
08:26un repli de la Grande-Bretagne dans une fuite en avant nationaliste,
08:30et au contraire, la solution passe par un changement, une refondation de l'Europe.
08:36Et le résultat, votre ouvrage, il est tellement excellent, je le conseille à tout le monde,
08:41sauf que j'ai l'impression que vous ne le conclisez pas.
08:44Pour massacrer la construction européenne, vous dénoncez une hégémonie allemande,
08:51et en lisant votre ouvrage, on s'est dit que c'est impossible,
08:55croire que cette Europe-là peut être réformée,
08:57et vous finisez en disant, et vous venez de le dire,
09:02que l'Europe, dès que se montre aujourd'hui,
09:05et que vous venez de dire que l'Europe, c'est le problème, et aussi la solution.
09:09Mais c'est quoi que c'est une manière de créer des illusions
09:14sur un projet de naissance ?
09:17Les faits que vous dites qu'au départ, à l'écouté des rangs,
09:20il y a des mini-touches, soit disant progressistes,
09:23c'est justement pour confondre les gens comme vous,
09:25pour les faire croire, et on va dire ça.
09:29C'est quoi que l'Europe peut devenir progressiste,
09:32c'est presque la même chose que partait l'OTAN,
09:34plus devenir pacifiste.
09:37On est pris dans un autre type,
09:39un autre type, mais complètement bouleversé,
09:43complètement changé, un autre type de coopération européenne.
09:47Quand je reprends l'Allemagne d'instant,
09:50puisque vous dites, l'Allemagne domine effectivement,
09:53Schoyble, on a vu le Christ Roll qui a pu jouer l'an dernier,
09:58dans ses tiroirs, Schoyble, il a aussi un plan B,
10:03il a fait fonctionner un économiste de renom dans le pays,
10:09qui est toujours là, qui est toujours à son ministère,
10:11et qui prône le retour au Deutschmark.
10:16Et donc, le retour au Deutschmark ou l'euro du Nord.
10:19Donc, qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça,
10:22par rapport à ces gens qui veulent, qui pensent,
10:26qu'avec le retour au Deutschmark ou l'euro du Nord,
10:29l'Allemagne, le capital allemand, installerait mieux sa domination en Europe.
10:34Parce que le clivage que vous avez aujourd'hui en Allemagne,
10:37qui apparaît comme dans votre pays européen,
10:40mais en Allemagne c'est plus particulier,
10:42vous avez un clivage entre les gens comme Schoyble, Merkel, etc.,
10:47qui pensent qu'il faut le statu quo,
10:50qu'un éclatement de l'euro serait tout à fait...
10:57aurait été... serait une telle secousse que le capital allemand
11:00en aurait quelque... serait quelque peu touché par ça.
11:08Il y a ça, il y a ce qui est le statu quo,
11:11mais il y a un clivage et une scission au sein de la classe dirigeante allemande
11:15qui s'exprime sur le plan politique par l'émergence de ce parti d'extrême droite, l'AFD.
11:22L'AFD est pour l'extrême droite allemande,
11:25et pour le retour au Deutschmark,
11:27et pour l'euro du Nord,
11:31et sur des bases, tout en cultivant un discours extrêmement xénophobe, etc.
11:38Donc, comment ?
11:40Il y a cet aspect-là,
11:42et il y a l'aspect beaucoup plus encourageant
11:45de résistance qui se développe en Allemagne.
11:48On a eu, on a eu l'an dernier,
11:53toujours aujourd'hui,
11:54un mouvement,
11:55il y a Die Linke qui était là,
11:57qui était dans la fête,
11:58et puis il y a surtout, il y a aussi,
12:01des militants syndicaux qui se sont mobilisés.
12:04On n'en a pas assez entendu parler en France,
12:09mais l'an dernier,
12:10quand le gouvernement Syriza s'est retrouvé dans une difficulté,
12:13quand il y avait une campagne raciste,
12:16anti-grec en Allemagne,
12:18avec Bitsa et tout,
12:19ce journal en tirage,
12:21qui a appelé à signer une pétition
12:25pour ne pas financer ces fédéans de grecs
12:28en titre dans le journal.
12:31Quand il y avait cette campagne-là,
12:33il y a des gens qui en sont levés dans le pays,
12:35et en particulier les syndicalistes,
12:37et le président du syndicat allemand
12:40est allé, a fait le voyage d'Athènes
12:43pour aller soutenir Tsipras,
12:45alors que son gouvernement,
12:47Choye Bleu, etc.,
12:49lui proposait d'envoyer 500 fonctionnaires
12:51du ministère des Finances allemand
12:52pour régler les problèmes
12:54que ces grecs ne savaient pas traiter tout seul.
12:58et le président du syndicat allemand
13:01en disant qu'on sombre dans le populisme,
13:04dans l'extrémisme.
13:05Ils ont fait ça et ce n'est pas possible.
13:08L'arrivée d'un pouvoir,
13:10ils ont fait une notion,
13:12ils ont fait, je termine avec ça,
13:14ils ont fait une motion,
13:15ces syndicalistes allemands,
13:17pour dire,
13:19nous, l'arrivée d'un gouvernement de gauche
13:21anti-austérité en Grèce,
13:24ce n'est pas un problème pour l'Europe,
13:25mais au contraire une chance.
13:27Donc, voilà,
13:28il y a nécessité
13:31de s'appuyer sur ces mouvements-là,
13:33mais ce sont des mouvements européens
13:35pour construire,
13:37refonder totalement l'Europe.
13:39Sinon,
13:40c'est la voie ouverte,
13:42c'est la voie ouverte pour les nationalistes.
13:46Merci Bruno !
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