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  • il y a 3 semaines
L’ensemble des photographies de la série « 55 femmes politiques » du collectif 55* sera présenté à la Fête de l’Humanité. Rencontre avec Stéphanie Murat, la photographe, et Stéphane Foenkinos, le modèle qui prête ces traits aux élues, icônes, passionaria ou souveraines qui ont imprimé leur empreinte un espace dominé par le masculin. Ils nous racontent comment un « jeu entre amis » s’est transformé en projet artistique sensible, engagé et… politique !
* Stéphanie Murat , Stéphane Foenkinos , Raphaëlle Desplechin , Catherine Attia-Canonne, Agathe Berman, Julie Le Guern et Vincent Villard.

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Transcription
00:02Stéphanie Murat bonjour. Bonjour. Stéphane Fuenkinos bonjour. Bonjour. Alors vous êtes pour
00:07l'une photographe et pour l'autre celui qui incarne les 55 femmes politiques photographiées
00:14donc par vous Stéphanie. C'est l'exposition 55 femmes politiques qui est présentée à la fête
00:20de l'humanité. Alors cette exposition suit une autre exposition sur le même principe qui s'appelait
00:2655 femmes écrivains ou écrivaines, je ne sais pas. Comment vous est venue l'idée de ce dispositif et de
00:34ces photos ?
00:35C'était un dimanche, il faisait moche dehors et on n'était pas très en forme tous les deux et
00:41j'avais
00:41envie de faire rire Stéphanie. J'avais le cheveu un peu gras, j'avais un col roulé, je me suis
00:47mis un plaid
00:47sur les genoux et elle m'a dit ne bouge pas et donc elle est allée me chercher une petite
00:54paire de
00:54lunettes fumées. Je les ai enfilées et elle m'a dit tu es Marguerite Duras. Donc on a beaucoup ri
01:01mais jusqu'au moment où elle est allée chercher son appareil photo, qu'elle a pris cette photo,
01:07qu'on l'a imprimée tout de suite pour voir un petit peu ce que ça donnait et le rire
01:12s'est
01:12transformé en un peu, on était tétalisé parce qu'il y a quelque chose qui nous a dépassé qui est
01:19sorti. Et cette photo a été le point de départ, quelques semaines plus tard ou mois plus tard,
01:27l'anniversaire d'une troisième compasse qui est Raphaël Despleuchins et on lui offre cette photo et
01:33tout de suite des gens nous disent mais c'est une photo de Duras et on dit non non c
01:37'est Stéphane
01:38et donc on nous a encouragé mais il faut en faire d'autres. C'est quand même un concept original
01:44et puis
01:45c'est un travail de comédien aussi que d'interpréter parce que c'est pas simplement se déguiser en,
01:50c'est trouver un peu l'essence de toutes ces figures à la fois de la littérature ou de la
01:55politique mais
01:57c'est à chaque fois trouver le geste, trouver le regard, on n'est pas du tout dans l'outrance
02:02malgré le fait que vous soyez un homme déguisé en femme. Comme des enfants qui jouent et qui ont fait
02:07des imitations et on va chercher des perruques et on va chercher des costumes et on regarde l'image du
02:11vrai,
02:12on essaye d'imiter, je sais pas, un truc qui est vraiment de l'ordre du jeu et de l
02:16'enfance en fait et
02:17c'est ça qui nous a fait que ça fait quand même dix ans que le dimanche après midi on
02:20l'habille en
02:21femme donc il faut quand même être un peu, voilà, il faut avoir envie de rigoler en fait et c
02:26'était
02:26ça notre, voilà, sauf qu'après il y a des gens qui ont vu, qui nous ont demandé patati patata
02:30mais au
02:31départ pas du tout pendant des années on l'a fait pour rire quoi. L'intellectuel du groupe étant
02:36Raphaël Despleuchins, c'est vrai qu'elle nous a aidé dans le fait de trouver des phrases, de savoir
02:41quelle avait été la motivation de ces femmes-là etc. Stéphane c'était vraiment le jeu, c'était
02:46d'interpréter, d'incarner comme comme vous disiez et moi d'essayer de saisir l'instant, enfin
02:53quelque chose de spontané aussi justement, de pas trop travailler et dans un instinct comme ça,
02:59un éclat tout d'un coup. D'ailleurs quand on faisait les photos de chaque personne, on passait
03:04peut-être dix minutes, un quart d'heure, on n'est jamais resté cinq heures sur un portrait, ça a
03:09toujours
03:09été quelque chose d'extrêmement, ouais j'ai envie de dire ludique et spontané quoi. Nous venons
03:14plutôt d'un milieu d'artiste et moi j'ai souvent été derrière plutôt que devant donc c'était aussi
03:23une manière de se déguiser, de ne pas se montrer directement. Et comment vous avez, vous avez choisi,
03:29c'est des femmes que vous aimiez aussi ? Comment ? C'était surtout trouver des femmes emblématiques,
03:34quelles qu'elles soient et d'où qu'elles viennent, c'est-à-dire que la parole politique entre guillemets
03:40et l'association de la politique avec les femmes, on s'est rendu compte à quel point elles étaient négligées
03:46parfois et quelles que soient leurs paroles. Donc c'était important pour nous, c'est ce qu'elles représentaient
03:53et c'est ça que Raphaël a aussi cherché et que toute notre équipe, on a évoqué des idées. Après
03:58il y avait des choses aussi
03:59techniques que je pouvais faire. Quand c'était les écrivaines, on allait plutôt vers ma ressemblance première.
04:06Là c'était un autre challenge parce qu'il y avait des femmes auxquelles je ne ressemble absolument pas a
04:11priori.
04:12Enfin, évidemment que le costume, il y a beaucoup de choses qu'il fait, mais c'est dans l'œil.
04:18Et d'ailleurs je me souviens quand on faisait les photos, donc moi j'étais avec mon appareil, Stéphane posait
04:24et Raphaël était à côté et Raphaël nous évoquait tout un tas de choses, nous coachait sur la femme
04:32dont on était en train de parler quoi. Et ça nous aidait en fait. Alors Stéphane, il bougeait de ma...
04:38Enfin, je ne sais pas comment vous dire et puis moi je captais... Enfin voilà, mais tout ça, c'est
04:41vraiment né d'une relation entre nous en fait.
04:45C'est pour ça que j'arrête pas de parler d'amitié, mais c'est vrai, je pense que je
04:47serais incapable de faire ça avec quelqu'un d'autre.
04:50Enfin, je veux dire... Et c'est peut-être pour ça d'ailleurs que...
04:52Que ça marche ?
04:53Oui, enfin en tout cas que ça a une singularité et quelque chose de sincère. On n'a pas cherché
05:00à faire, on a fait. Voilà.
05:04Laquelle a été la plus drôle à faire, la plus compliquée, la plus plaisante ?
05:11La plus drôle, il y en a eu beaucoup. Je pense que dès l'instant où j'étais en souveraine,
05:17donc quelles qu'elles soient, ça, les reines, ça c'est toujours excitant et drôle à faire, forcément.
05:22Vous en avez fait pas mal du coup.
05:24Oui, on en a fait pas mal. Il fallait quand même choisir les époques, il fallait choisir aussi les continents
05:31parce qu'il fallait un petit peu s'étendre.
05:35Mais donc forcément, les souveraines, ça a été drôle. Et les femmes politiques actuelles aussi.
05:40Et qu'est-ce que vous attendez de la confrontation avec le public de la fête de l'UMA, qui
05:45est peut-être pas le même public que le public des galeries, notamment ?
05:48Le plaisir, c'est surtout le fait que les gens soient touchés, étrangement.
05:52C'est-à-dire que souvent, quand on est dans la galerie, en voyant les visages et les regards, on
05:57a d'abord la première couche, c'est...
06:00Il y a du rire, forcément, parce qu'on voit le travail, on voit pas le déguisement, mais je pense
06:07que c'est plutôt le fait de se dire
06:08« Ah tiens, c'est quand même une personne qui fait ça ». Et ensuite, il y a la réflexion.
06:13Parce qu'avec la phrase, avec le slogan, on arrive à en faire quelque chose.
06:17Et la multitude de sites de photos, les unes à côté des autres. C'est vrai que tout d'un
06:20coup, les gens se...
06:22Voilà, il y a un truc de l'histoire que je trouve assez fort.
06:25C'est en fait, j'espère que la confrontation avec toutes les photos ensemble va faire résonance aussi par rapport
06:37au rôle de la femme et à la politique et qu'elle a sa place à la fête de l
06:42'humain.
06:42Sous-titrage Société Radio-Canada
06:46...

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