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  • il y a 18 minutes
La répression et la violence sont-elles la seule réponse du gouvernement face aux lycéens qui se mobilisent ? On dénombre 119 blessés et plus de 1000 arrestations. Pour évoquer cette réponse répressive et les violences policières, Cyprien Caddeo reçoit Me Elsa Marcel.

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Transcription
00:01La répression et la violence sont-elles la seule réponse du gouvernement face aux lycéens et lycéennes qui se mobilisent
00:06depuis plusieurs jours pour dénoncer les conditions d'apprentissage ?
00:09Le ministère de l'Education nationale a donné mercredi 30 septembre les chiffres des blessés.
00:1385 élèves et 34 personnels, soit 119 personnes depuis le début du mouvement et plus de 1000 arrestations.
00:19Pas un mot en revanche du ministre sur les violences policières que de nombreux témoignages et vidéos attestent pourtant.
00:25Pour en parler, maître Elsa Marcel, avocate au barreau de Seine-Saint-Denis et membre du collectif d'action judiciaire
00:31qui défend les jeunes poursuivis ou violentés.
00:33Elsa Marcel, bonjour.
00:35Bonjour.
00:36Ma première question, c'est est-ce qu'aujourd'hui vous pouvez vous, avec votre collectif, dresser un bilan des
00:41violences policières sur le mouvement lycéen ?
00:42Puisque, encore une fois, le terme n'est pas abordé par le ministère.
00:47On ne peut pas dresser un bilan exhaustif parce que nous, on est intervenus en région parisienne essentiellement.
00:53On est intervenus à Stain, à Sarcelles, à Gonesse, à Sevran, à Saint-Denis et j'oublie sûrement des villes,
01:02à Paris.
01:05Mais pour dire qu'on peut de toute façon identifier des tendances qui sont celles qu'on connaît parce que
01:10malheureusement, elles ne sont pas nouvelles.
01:11Et voir comment est-ce qu'il y a une dynamique qui rappelle la manière dont les jeunes qui se
01:15sont révoltés après la mort de Naël ont été traités par la police, mais aussi par la justice.
01:20Et là, déjà, il faut commencer par remarquer que le simple fait qu'il y ait des policiers surarmés, donc
01:26des policiers de la PAC, de la police nationale et parfois même aussi de la police municipale,
01:30armés de LBD, de tasers, de 9 mm, de chiens, aux abords de lycées, face à des lycéens qui, en
01:40plus, pour beaucoup, sont très jeunes dans ce mouvement.
01:42Nous, on est intervenus au soutien de lycéens qui avaient 14 ans, 15 ans, 16 ans et qui tous ont
01:48été violentés, que ce soit au moment de leur interpellation,
01:50parfois au moment de leur transfert dans le commissariat, qui sont frappés à l'arrière des voitures.
01:53C'est ce qu'on a eu comme retour, notamment à Sarcelles, qui sont frappés dans leurs cellules.
01:57Moi, j'ai défendu un jeune de 14 ans qui m'a expliqué que des policiers étaient rentrés à partir
02:01de 20h30 dans sa cellule,
02:02qu'ils l'ont frappé, qu'ils lui ont dit « maintenant, ton avocate, elle n'est plus là pour
02:04te défendre ».
02:05On a un jeune du lycée Paul-Éluard qui, à la suite de sa garde à vue, est sorti avec
02:10une suspicion de fracture du crâne et qui a été hospitalisé en urgence.
02:13Et puis, on a évidemment ces images du jeune de Saint-Anne-la-Moune, Eden, que je défends également,
02:18qui a été victime d'un tir de lanceur de grenades lacrymogènes à bout portant en plein visage.
02:23Sa bouche a été explosée, il a une double fracture de la mâchoire, il a toutes ses dents cassées.
02:28Il faut mesurer ce que ça représente.
02:29C'est un jeune qui ne va pas pouvoir parler et s'alimenter normalement pendant des semaines et des semaines,
02:33qui aurait pu mourir, qui est dans un état de choc psychologique, sans même parler des séquelles physiques extrêmement graves.
02:41Et je pense que ça montre comment est-ce que le gouvernement est en train de traiter la colère lycéenne
02:46en s'attaquant à n'importe quel enfant qu'il trouve à sa portée.
02:50Parce qu'en fait, il y a des lycéens qui bloquent, il y en a qui ne bloquent même pas.
02:53Enfin, Eden, en l'occurrence, il n'était même pas en train de bloquer son lycée.
02:56Donc, je pense qu'il faut vraiment prendre la mesure de cette situation grave
03:00et voir qu'en plus, le gouvernement est en train de durcir le temps,
03:03puisque Darmanin a annoncé réunir les procureurs pour leur donner la directive de frapper vite et fort.
03:08C'est ce qu'ils font pour répondre à chaque phénomène de contestation,
03:11pour essayer de les mettre tous au garde à vue et d'uniformiser leurs réponses pénales.
03:14Et ensuite, ça donne un matraquage pénal extrêmement impressionnant.
03:19Et c'est la raison pour laquelle je pense qu'effectivement, il faut entourer ces lycéens de solidarité,
03:24faire très attention, dénoncer extrêmement fermement l'ensemble de ces violences.
03:28On a vu les images, évidemment, d'un lycéen qui serait bornier à Tours.
03:31Et il faut que ça s'arrête, puisqu'en fait, la colère de ces jeunes, elle est légitime.
03:35Elle doit pouvoir s'exprimer, elle doit pouvoir continuer à s'exprimer.
03:38Et il faut absolument qu'il y ait une réponse qui soit faite à ces violences policières.
03:44On a vu des symptômes extrêmement intéressants, que ce soit au lycée Paul-Éluard,
03:48mais dans d'autres lycées du 93, où des profs, des personnels,
03:52s'organisent pour défendre leurs élèves contre les charges de la police.
03:56On a vu ces images au Havre aussi de syndicalistes, de la raffinerie de Normandie notamment,
04:01de Siemens, etc., qui se sont organisées en chaîne pour protéger les lycéens,
04:06encore une fois, des charges de la police.
04:08Donc je pense que c'est aussi ce type de phénomène qu'il faut soulever
04:10et auquel il faut donner de l'importance.
04:13Vous citez l'exemple de ce qui s'est passé à Saint-Ouen-Lomone.
04:17Il y a une enquête de l'IGPN qui a été ouverte,
04:19il y a eu trois enquêtes en cours, je crois, enfin ouvertes en tout cas,
04:22depuis le début du mouvement lycéen.
04:24Est-ce que vous en attendez quelque chose ?
04:28Est-ce que c'est déjà un bon signal ?
04:30Après, on sait que les enquêtes de l'IGPN n'aboutissent pas toujours,
04:32c'est le moins qu'on puisse dire.
04:35Si vous voulez, en fait, surtout,
04:36ils sont contraints d'ouvrir cette enquête
04:38puisque les vidéos sont accablantes.
04:40On voit un enfant de 14 ans seul,
04:42entouré de trois policiers armés,
04:44dont un qui lui tire dans la tête
04:46à 1,50 m de distance.
04:48Et ça, c'est filmé et refilmé.
04:50Donc, en fait, ils n'ont pas le choix.
04:51Mais le problème, c'est que quand l'IGPN ouvre une enquête,
04:54ce n'est pas vraiment pour sanctionner un policier,
04:56c'est simplement pour donner l'illusion
04:58qu'il y a des garanties démocratiques
04:59qui permettent d'avoir un débat neutre et équilibré.
05:02Alors qu'en réalité, on voit que ce n'est d'ores et déjà pas le cas
05:05puisqu'en fait, ils commencent tous à dire
05:08qu'Éden serait également auteur de cette violence.
05:11Ce qu'on conteste fermement
05:13et ce qui participe tout simplement
05:15d'une aversion incusatoire absolument scandaleuse.
05:18Mais en plus, on a toutes les raisons de penser
05:21que malgré cette enquête,
05:22les faits risquent d'être minimisés.
05:24C'est la raison pour laquelle on dépose, nous,
05:26de notre côté, une plainte auprès du parquet
05:27dont on détaillera le contenu en début de semaine
05:30à l'occasion d'une conférence de presse
05:32pour qualifier les faits avec les termes
05:34que nous, on pense être applicables à la situation.
05:38Je l'ai dit, les chiffres des interpellations
05:39sont assez élevés.
05:41625 interpellations mercredi, 440 la veille.
05:44Donc on a un total de 1065 arrestations.
05:46Et ça, c'était le bilan du mercredi 30 septembre.
05:48Donc il a probablement forcément augmenté depuis.
05:51En tant qu'avocate, est-ce que vous avez souvenir
05:53d'un chiffre aussi élevé d'arrestations mineures ?
05:57Est-ce que ça nous renvoie, par exemple,
05:59au phénomène des révoltes urbaines
06:02après la mort de Naël, par exemple ?
06:06C'est vrai que c'est extrêmement impressionnant.
06:08Si on regarde par rapport aux dernières mobilisations
06:11qu'il y a eu, si on compte, le 10 et le 18 septembre,
06:14il y a à peu près un an,
06:16quand il y avait le début du mouvement Bloquons-Tout,
06:18c'est trois fois moins, même d'interpellations,
06:20sans même parler d'enfants.
06:23Donc effectivement, je pense que c'est colossal.
06:25Dire à la fois que ça s'inscrit dans la continuité
06:28du durcissement répressif auquel on assiste
06:30depuis plus de dix ans,
06:31puisque toutes les manifestations sont réprimées
06:33avec une brutalité absolument indescriptible,
06:35que ce soit la répression directement policière,
06:38mais aussi la répression administrative,
06:40puisqu'on a vu s'accumuler les arrêtés d'interdiction
06:43de manifester pris comme ça par la préfecture
06:46qui décide de si on peut exercer une liberté fondamentale ou pas,
06:50et voir que dans le contexte dont on parle,
06:53à la répression policière s'ajoutent effectivement
06:55ces offensives administratives,
06:56puisque maintenant il y a des interdictions de rassemblement
06:58dans des villes entières, aux abords d'établissements.
07:01Donc ça c'est vraiment du jamais vu.
07:03Et voir qu'en même temps, effectivement,
07:05pour moi il y a aussi un saut qui est franchi,
07:06qui rappelle, comme vous le disiez,
07:08le traitement des jeunes après la mort de Naël
07:10et la manière dont la répression redouble d'intensité
07:12quand il s'agit de la jeunesse des quartiers populaires,
07:14où l'objectif c'est vraiment de terroriser
07:18toute une génération,
07:19une génération qui fait peur au gouvernement,
07:21parce que c'est une génération politisée,
07:23qui a des revendications,
07:24qui n'a pas peur de les affirmer,
07:26et qui par ailleurs,
07:27et c'est la fameuse Gen Z,
07:29donc on voit les manifestations à l'échelle internationale,
07:31à tout un tas de différents phénomènes,
07:33et je pense que le gouvernement a très très peur
07:35de la politisation de cette génération,
07:37d'autant qu'elle n'est pas isolée,
07:38puisque la colère qu'elle exprime,
07:40elle est soutenue par les enseignants,
07:41elle est soutenue par les personnels,
07:43et elle fait écho à la colère accumulée
07:46par des millions de travailleurs
07:47pendant dix ans de Macronie.
07:49Donc en fait c'est tout ça
07:49qui est en train de s'exprimer dans la séquence,
07:51et c'est pour ça que le gouvernement
07:53redouble d'énergie pour une opération de communication
07:56qui vise à traiter la colère lycéenne
07:58par quelques cas isolés de violences présumées,
08:01alors même que tout le monde sait très bien
08:03que ce qui s'exprime non seulement
08:05ce n'est pas de la violence déchaînée
08:06de la part d'enfants,
08:07je veux dire personne ne peut croire
08:08ce récit sérieusement,
08:09mais surtout que les revendications
08:11parlent de quelque chose de très profond.
08:15Les jeunes que vous défendez,
08:17avec qui vous êtes entretenus,
08:18bien sûr,
08:18qu'est-ce qu'ils vous disent justement ?
08:20Parce que ce qui leur arrive,
08:21c'est qu'ils ont une première expérience
08:23pour certains d'un mouvement social,
08:25et ça se termine dans la répression la plus violente.
08:28Comment ils vous racontent ce qu'ils perçoivent finalement ?
08:31Donc c'est ça, faire de la politique,
08:32c'est se faire violenter par la police.
08:36Exactement, je pense qu'en fait
08:37c'est une génération qui est très politique
08:39et très consciente,
08:40donc il y a effectivement des jeunes
08:42qui sont très traumatisés, très choqués.
08:44Eden le premier,
08:45enfin il faut dire je pense qu'il a eu peur de mourir,
08:47qu'il a le sentiment qu'on lui a gâché sa vie
08:50de manière profondément injuste,
08:52et il y en a beaucoup dans sa situation,
08:55mais je pense aussi qu'il y a toute une génération
08:57qui n'a pas envie de se taire,
08:59qui se sent soutenue par ses enseignants,
09:01qui se sent soutenue par ses personnels,
09:03que ce sont des liens de solidarité,
09:04qui sont des acquis pour l'avenir,
09:06qui n'arriveront pas à effacer de ce point de vue,
09:09et je pense que c'est aussi ça
09:10que l'expérience que cette génération-là
09:12est en train de faire.
09:13Oui.
09:16Vous parlez de la réponse politique du gouvernement,
09:19on a entendu hier le ministre de l'Intérieur
09:20expliquer que le mouvement avait pour origine
09:23LFI et je cite ses proxys d'ultra-gauche,
09:26on dirait le terme proxy et l'on est neutre
09:28parce que c'est un terme qu'on utilise normalement
09:29en droit international pour évoquer
09:32par exemple le Hamas ou le Hezbollah,
09:34vous répondez quoi à cette tentative
09:36d'imputer toutes les causes de violences
09:39à la gauche radicale ?
09:42Non mais même eux, ils n'y croient pas.
09:44Je veux dire, le problème c'est qu'évidemment
09:46que les lycéens ont attendu
09:47ni la France insoumise, ni Révolution permanente,
09:49ni personne pour se mobiliser
09:52et que c'est l'expression
09:54d'une colère accumulée
09:56qui a ses raisons propres,
09:57qui sont tout à fait capables de formuler
09:59et je pense que même eux,
10:01s'ils sont un petit peu sérieux,
10:03ils voient très bien que ce n'est pas comme ça
10:04que se déclenchent des mobilisations.
10:07Et par ailleurs, est-ce que ça peut...
10:08Parce qu'on sent qu'il y a un pari du gouvernement,
10:10c'est celui du pourrissement du mouvement,
10:11c'est de dire que le mouvement va s'épuiser lui-même
10:14précisément parce qu'il y aura
10:16de la répression en face.
10:17Est-ce que vous pensez,
10:19est-ce que ce que vous disent les jeunes,
10:21c'est que les violences policières
10:24peuvent effrayer le mouvement
10:25et l'épuiser,
10:26ou au contraire ça peut être un vecteur
10:27de mobilisation supplémentaire ?
10:28C'est-à-dire que, au-delà-bas,
10:29c'était les conditions d'enseignement
10:30qui étaient le sujet.
10:31Les violences policières vont devenir
10:32le sujet de la lutte.
10:34Mais le problème, c'est que la répression,
10:36à l'échelle de l'histoire
10:39du mouvement révolutionnaire,
10:40ça n'a jamais empêché les révoltes,
10:41ça les a radicalisés.
10:43Je pense que la situation, elle est grave
10:45parce qu'effectivement, c'est terrifiant
10:46pour beaucoup de jeunes
10:47de se retrouver dans cette situation.
10:49Et évidemment que c'est le pari du gouvernement
10:50de combiner une répression policière brutale
10:53avec les lycées qui passent en distanciel
10:55et les arrêter d'interdiction
10:58de se rassembler dans des villes.
11:01Donc une répression très brutale
11:02et très dure.
11:03Après, le problème, c'est que ça ne résoudra
11:05aucun des problèmes de fin
11:07et qu'ils peuvent essayer de terroriser
11:08tant qu'ils veulent,
11:09mais que la réalité selon laquelle
11:11il y a toute une génération
11:12qui remet en question radicalement
11:14la politique du gouvernement,
11:15qui critique la dégradation
11:16de leurs conditions d'études,
11:17le manque de perspectives d'avenir,
11:19qui le fait en alliance
11:19avec les enseignants,
11:20tout ça, c'est une expérience
11:23qu'ils ne pourront pas effacer.
11:25Et que la manière dont ils sont en train
11:27de harceler et de matraquer
11:29la jeunesse de ce pays
11:30va laisser des traces
11:30et va aussi radicaliser
11:33toute une génération
11:33dans son expérience
11:34avec ce que c'est que l'État,
11:35ce que c'est que la police
11:36et voir comment on leur répond
11:37alors qu'ils pensaient simplement
11:39à exprimer des revendications politiques
11:40initiales et élémentaires.
11:43Et dernière question,
11:44Elsa Marcel,
11:44avant de vous laisser,
11:45est-ce que,
11:46quels sont les prochains jours
11:48pour votre collectif d'action judiciaire
11:50dont vous faites partie ?
11:51Ça va ressembler à quoi ?
11:53Vous avez d'autres jeunes
11:56qui nécessitent vos services ?
12:00C'est des journées très chargées
12:02parce qu'en fait,
12:03on combine des gardes à vue,
12:05des déferments,
12:06on est en train de recueillir
12:07tous les éléments nécessaires
12:08au dépôt de plainte
12:09pour les violences
12:10qui ont été subies par les jeunes.
12:11Là, on est en train de préparer,
12:13référer aux côtés d'autres organisations,
12:14notamment du staff,
12:15pour contester les arrêtés
12:16d'interdiction de se rassembler.
12:18Et on se tient à disposition
12:20de toutes celles et ceux
12:21qui sont intéressés
12:22pour s'opposer
12:23à ce durcissement autoritaire
12:24et à ce matraquage policier
12:28absolument inadmissible.
12:28Vous êtes combien d'avocats
12:29jusqu'à ce qu'on se représente ?
12:31Beaucoup.
12:33Là, je ne pourrais même pas vous dire
12:34à quel point est-ce qu'on a charbonné
12:38de manière quasiment ininterrompue,
12:40mais on est plusieurs dizaines.
12:42OK.
12:42Écoutez, merci beaucoup,
12:43Elsa Marcel,
12:44d'avoir pris le temps de nous répondre.
12:45Et puis, à une prochaine
12:46sur la chaîne de l'Humanité.
12:48Au revoir.
12:48Merci.
12:49Au revoir.

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