Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures
⁣Attention, cette vidéo comporte des images de violences policières sur lesquelles la victime est plaquée au sol, en détresse manifeste.

Scarlett Bain, journaliste au service société, reçoit Christelle Victoire Killy, accompagnée de son avocat. En novembre 2024, elle avait été violemment interpellée par la police et avait victime de propos racistes et sexistes au commissariat.

ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/

📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr

✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite

📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Je demande au policier qui me tient par la gorge, qui m'écrache, j'arrive pas à respirer.
00:05Franchement, j'étais au bout, vous m'emmènerez, vous ferez ce que vous voulez, je n'arrive pas à respirer.
00:09Un monsieur de la BAC, il me demande, vous êtes né au Cameroun, vous êtes né à Douala,
00:13oh là là, les femmes noires, vous êtes belles, vous êtes des belles formes.
00:17Moi, j'adore les femmes noires, vous faites bien à manger, franchement, vous êtes exceptionnelles.
00:20Christelle Victor, merci beaucoup d'être présente, d'avoir accepté l'invitation de l'humanité.
00:25Maître Julier, c'est important aussi que vous soyez là, parce que ce que vous endurez ces derniers mois sont
00:33quand même complètement dingues.
00:34Vous avez été victime, en fait, d'une interpellation policière à Saint-Gracien le 16 novembre 2024.
00:41Donc, les faits remontent à à peu près plus de neuf mois.
00:46Avant peut-être de rentrer dans le vif du sujet, je propose qu'on regarde un extrait de votre interpellation.
00:54Je préviens, attention, les images peuvent être choquantes.
00:58C'est un poste qui a été fait par Assa Traoré.
01:03Je vous laisse découvrir cette vidéo.
01:11Il n'y a pas le son ?
01:22On peut le mettre le son, ouais.
01:24N'aie pas peur, n'aie pas peur, passe par là-bas, n'aie pas peur.
01:27Sergio !
01:29Sergio !
01:34Sergio !
01:35Sergio !
01:36Sergio !
01:37Sergio !
01:38Sergio !
01:43Je propose qu'on arrête ici.
01:47Donc, les images sont réellement choquantes.
01:50Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui s'est passé, en fait, cette journée du 16 novembre,
01:55les instants qui ont précédé votre interpellation ?
01:59Alors, déjà, merci de me recevoir.
02:01Déjà, merci de me recevoir aujourd'hui.
02:03Alors, le 16 novembre 2024, je me rendais tout simplement à un match de basket.
02:13Parce que je suis à côté de mes études, je suis coach de basket.
02:18Et je suis donc allée mettre de l'essence avant d'aller récupérer les enfants que je devais récupérer.
02:25Et je suis descendue, donc, par la voie principale à Saint-Gracien.
02:30Et je suis arrivée à une intersection où se trouve une ligne continue avec des pointillés à l'intérieur.
02:37Et en face, une ligne continue avec des pointillés à l'extérieur.
02:40En face de moi se trouvait, donc, la rue d'Orgemont qui mène au gymnase.
02:45Et se trouvait la voiture de la police nationale.
02:48Devant moi, il y avait une voiture qui a traversé la ligne et qui est partie.
02:57Moi, quand je voulais la traverser, j'ai été stoppée par la voiture de police.
03:04Et je ne l'ai pas traversée.
03:06Et la policière descend sa vitre en me disant
03:10« Madame, attention, vous ne pouvez pas traverser cette ligne-là.
03:14Je sais que tout le monde le fait. »
03:18Attends, je sais que tout le monde le fait.
03:22Même nous, les premiers.
03:23Mais il ne faut pas le faire.
03:24Il faut faire le tour du rond-point.
03:26Il ne faut pas du tout passer par là.
03:28Alors moi, je lui demande tout simplement
03:31pourquoi ils n'ont pas arrêté la voiture qui est passée avant moi.
03:34Et en lui expliquant que ça fait des années que cette signalisation est là.
03:38Que tout le monde passe comme il veut.
03:39Et que ça tombe sur moi.
03:42Je n'ai pas traversé la ligne.
03:43Je n'ai pas commis d'infraction.
03:45Et à ce moment-là, je décide du coup de partir.
03:49Et la dame me dit « De toute façon, c'est comme ça, pas autrement.
03:51Vous faites le tour du rond-point et vous partez. »
03:54Donc à ce moment-là, je suis un peu agacée
03:55parce que je devais aller récupérer des enfants
03:57qui avaient 9 et 10 ans.
03:59Je n'étais pas en retard, mais je ne voulais pas les faire patienter plus que ça.
04:04Donc je souffle et je pars.
04:06Donc je fais le tour du rond-point.
04:08La route, elle était à 50.
04:10Je fais le tour du rond-point.
04:11Je devais être peut-être à 40, quelque chose comme ça.
04:14Et quand j'arrive de l'autre côté, il faisait très beau ce jour-là.
04:20Il faisait chaud.
04:21Donc j'avais la musique un peu à fond.
04:24Donc je ne voyais pas trop ce qui se passait autour,
04:27à part devant moi pour suivre la route.
04:31Arriver en dessous du pont pour tourner dans la rue du gymnase,
04:37la rue était en travaux.
04:39Donc comme elle est en travaux,
04:41ça veut dire qu'il faut attendre que les voitures sortent pour pouvoir rentrer
04:45parce que de base, c'est une rue à double sens.
04:47Sauf que comme elle était en travaux,
04:49il n'y avait qu'un sens qui fonctionnait.
04:52Donc ce qui se passe, c'est que moi,
04:53il y avait simplement une voiture qui était au feu rouge
04:55quand c'est passé au vert qui part.
04:57Et moi, je tourne et j'arrive devant le panneau travaux
05:00qui est le panneau où il y a écrit aussi
05:02« Vous devez rouler à 30 ».
05:04Donc moi, j'arrive.
05:05Et à ce moment-là, j'entends des gyrophards.
05:07Mais franchement, je n'y prête pas trop attention
05:09parce qu'au final...
05:11Tu étais dans ta voiture,
05:12parce que jusqu'à là, tu respectais le code de la route.
05:15C'est ça, je respectais le code de la route.
05:17Je ne voyais pas du tout ce qui se passait.
05:17Tu ne penses pas que ça peut être pour toi.
05:18Si tu ne dis pas « J'ai intégré un feu rouge,
05:20ils sont derrière moi. »
05:22Et surtout que...
05:22Et puis l'incident était clos.
05:24Maître Juliette.
05:25L'incident était clos.
05:26Il n'y avait même pas eu d'incident.
05:27Au final, c'est juste...
05:28Oui, c'est ça.
05:31Il n'y a pas eu d'incident.
05:32Au final, c'était juste...
05:33C'est comme si un enfant...
05:34Une maman disait à son enfant
05:35« Attention, ne touche pas le four, c'est chaud. »
05:37C'était un peu ça.
05:39Oui, un petit rappel.
05:40C'était un petit rappel assez fort.
05:43Mais c'était un petit rappel.
05:45Juste de vous demander de parler proche du micro, c'est fort.
05:47Parce qu'il y a beaucoup de...
05:48Oui, ça va.
05:50Je vois dans le chat.
05:51Excusez-nous pour les problèmes de son.
05:53On va parler un peu plus fort.
05:54Et n'hésitez pas à nous redire.
05:56On va être attentifs.
05:57Merci en tout cas d'être avec nous.
05:59Donc, du coup, j'entends les gyrophares.
06:02Mais franchement, je ne me dis pas que j'ai fait quelque chose.
06:08Alors, je continue d'avancer.
06:11Et à ce moment-là, j'entends de plus en plus les gyrophares proches de moi.
06:14Et je me dis dans ma tête,
06:16Christelle, c'est sûr que c'est pour...
06:18Peut-être qu'ils vont rejoindre les pompiers,
06:20qu'il se passe quelque chose.
06:21Parce qu'il faut savoir que sur la rue qui mène au gymnase,
06:24un samedi à midi 30, en plein novembre,
06:28ça veut dire qu'il y a la sortie des petits qui sortent du foot,
06:31parce qu'il y a le stade de foot.
06:32Il y a ceux qui sortent du basket.
06:33Et il y a la caserne de pompiers.
06:35C'est très animé.
06:36Il y a des passages.
06:38Et franchement, ma ville en général, elle est animée le week-end.
06:41Saint-Gracien, dans le Val-d'Oise.
06:43Dans le Val-d'Oise.
06:44C'est très animé.
06:45Donc, du coup, en plus, il faisait beau.
06:47Donc, forcément, les familles étaient dehors.
06:48Il y a des commerces à côté, des restaurants.
06:51Donc, forcément, il y avait du monde.
06:53Et donc, les gyrophares se rapprochent de plus en plus.
06:56Et là, qu'est-ce qu'ils...
06:57Les gyrophares se rapprochent de plus en plus.
06:59Et à ce moment-là, je décide de tourner comme si je regardais mon angle mort.
07:04Et je reconnais, en fait, la dame avec qui j'ai discuté juste avant,
07:08qui me crie de suite en me disant
07:10« Arrêtez-vous ! Défaut d'obtempérer ! Arrêtez-vous ! Éteignez votre moteur ! »
07:14Elle est passagère du véhicule ? Passagère avant ?
07:16Oui, elle était passagère avant.
07:18Et c'était un monsieur qui conduisait à côté d'elle.
07:20À ce moment-là, franchement, sur le coup, je regarde partout autour de moi.
07:24Je me dis « C'est peut-être pas à moi qu'elle parle. »
07:26Parce que c'est pas normal.
07:27Oui, tu te sentais pas du tout en cul, pas habilité, de quoi que ce soit.
07:30Et donc, du coup, dans tous les cas, ce qu'il faut savoir,
07:33c'est que j'étais obligée de m'arrêter parce qu'il m'avait demandé de m'arrêter.
07:36Et en plus de ça, j'étais obligée de m'arrêter parce qu'il y avait les travaux.
07:41Donc, en fait, plus on continuait dans la rue,
07:43plus il y avait des travaux, plus il y avait des voitures qui étaient en stop
07:46pour pouvoir laisser d'autres voitures passer.
07:49Qui arrivaient en contresens.
07:50Qui arrivaient en contresens.
07:51Et en fait, c'était un peu fouillé.
07:54Et moi, je devais tourner.
07:55Et surtout, toi, tu voulais tourner à gauche.
07:57Tourner à gauche pour aller...
07:57Sur la vidéo, on voit au bout de l'immeuble qui est un peu orangé, en briques.
08:02C'est ça.
08:03Juste à gauche pour pouvoir tourner dans le parking du gymnase.
08:07Et même quand on tourne dans le parking, il y a forcément des voitures qui sortent.
08:11Donc, à un moment donné, il faut s'arrêter.
08:15Donc, moi, dans tous les cas, je m'étais arrêtée.
08:17Et la policière sort de sa voiture, s'approche de ma vitre.
08:20Donc, je baisse la vitre.
08:22J'enlève le son de ma musique.
08:25Et elle baisse.
08:26Elle me demande, madame, vous avez fait un défaut d'obtempéré.
08:30Et en plus, pourquoi, quand vous êtes partie, vous m'avez typé.
08:34Typé, ouais.
08:35D'accord.
08:36Donc, on va dire qu'à ce moment-là, j'ai commencé à me dire...
08:39Ok, Christelle.
08:41On va rester calme.
08:43On va rester calme pour le moment.
08:44Mais j'étais pas non plus trop calme dans le sens où je devais récupérer des enfants.
08:50Qui attendaient devant le gymnase.
08:52Et on avait un match qui était prévu à l'autre bout du 95.
08:55Parce qu'il faut pouver que 95, c'est un département qui est quand même assez grand.
08:58Nous, on est proche Paris.
08:59Et on allait à Chambly.
09:00Et Chambly, c'est dans l'Oise, mais c'est perçant Chambly.
09:03Donc, c'est vraiment à l'autre bout.
09:07Donc, j'étais un peu pressée.
09:08Bah oui.
09:08Et quand elle m'arrête, elle me dit, défaut d'obtempérer.
09:11Vous m'avez chipé en partant.
09:14Et en plus, après, elle rajoute, vous avez conduit vite.
09:17Je me dis, mais c'est lunaire.
09:18Ça n'a aucun sens ce que vous me racontez, madame.
09:20Mais pourquoi vous m'arrêtez ?
09:21Donc, au départ, on discute pendant 10 minutes.
09:24Je lui dis, mais madame, pourquoi vous m'arrêtez ?
09:25Je ne comprends pas.
09:26Qu'est-ce que j'ai fait ?
09:27J'ai franchi quoi ?
09:30Je n'ai rien franchi.
09:31Je n'ai pas coupé de ligne de stop.
09:35Je n'ai pas franchi un feu rouge.
09:36Donc, pourquoi vous m'arrêtez ?
09:37Je ne comprends pas.
09:39Et donc, du coup, à ce moment-là, elle me dit, écoutez, madame, c'est comme ça et pas autrement.
09:43Vous éteignez votre moteur.
09:45Alors, moi, je n'éteins pas mon moteur.
09:47Parce que, tout simplement, j'étais pressée.
09:49Je ne comprenais toujours pas pourquoi j'ai été arrêtée.
09:52Et je pars du principe que si un policier ou une policière nous arrête, il doit quand même nous expliquer
10:00pourquoi on est arrêtée.
10:02Au moins, peut-être me demander mon permis ou me demander mes papiers d'assurance.
10:06Rien de tout cela m'a été demandé.
10:08Donc, je ne comprenais pas pourquoi j'étais arrêtée.
10:10Donc, on continuait à parler dans ce sens.
10:14Et le ton commençait un tout petit peu à monter parce qu'à un moment donné, je lui dis, madame,
10:17je dois récupérer les enfants au basket.
10:20Ils m'attendent.
10:21C'est urgent.
10:23Donc, dites-moi pourquoi je suis arrêtée.
10:24Si vous devez mettre une amende, mettez-moi l'amende pour je ne sais qu'elle fait, à vrai dire,
10:30mais faites ce que vous devez faire.
10:31Mais dites-moi pourquoi je suis arrêtée.
10:32Vous ne pouvez pas m'arrêter en me disant, oui, mademoiselle, quand vous êtes partie, je vous ai chipée.
10:39Déjà, sortez-moi le texte de loi qui dit dans la loi qu'on n'a pas le droit de
10:43chipée, dans sa voiture.
10:45Et au-delà de ça, vous ne l'avez pas chipée.
10:46De toute façon, c'est un détail.
10:48Oui, il faut apprécier.
10:49Je ne l'ai pas chipée.
10:51C'est un acte qui t'a été reproché, mais que tu n'as pas fait.
10:54Je ne l'ai pas chipée, je n'ai pas franchie de ligne, je n'ai rien fait de tout
10:57cela.
10:59Et honnêtement, me connaissant, si je l'aurais chipée, je lui aurais dit.
11:03Voilà.
11:04Donc, je ne l'ai pas fait.
11:06Et à ce moment-là, elle se recule de la voiture.
11:09Elle fait le tour de la voiture, je ne sais pas.
11:11Elle regardait peut-être ma plaque de matriculation, mon coffre.
11:13Vraiment, j'avais...
11:14Elle cherchait quelque chose.
11:15C'est ça, elle cherchait un pet sur la voiture, certainement.
11:17Elle cherchait quelque chose.
11:18Et j'avais vraiment l'impression que j'étais en fait une délinquante.
11:22D'accord.
11:23Alors, je suis désolée.
11:24On pose la question dans le...
11:27Alors, c'est pas...
11:28Mais, tiper, ça veut dire quoi, en fait ?
11:30Alors, tiper, c'est un langage courant dans la communauté noire.
11:37Ça veut tout et rien dire.
11:38On est agacé, on va tiper.
11:40On fait tomber un stylo, on va tiper.
11:42Non, mais c'est le fait de faire un bruit.
11:43Avec la bouche, en fait.
11:45Oui, c'est le fait de faire...
11:45Comme ça.
11:46Voilà.
11:46C'est un bruit.
11:47C'est ça, c'est un bruit.
11:48C'est un signe de mépris.
11:49Pas forcément pour la personne qui est en face de nous,
11:51mais sur la situation qui se passe, en fait.
11:55Non, je me permets pour que tout le monde...
11:56Non, non, voilà.
11:57Ce qui était reproché, c'était juste ça.
11:59Oui, oui, c'est vraiment un bruit de bouche qu'on fait...
12:03Quand t'es un peu saoulé, quoi.
12:04Voilà, quand on est un peu agacé.
12:06Et c'est vrai que c'est beaucoup plus la communauté noire qui le fait.
12:09Donc déjà, elle pose un vocabulaire...
12:12Elle pose un vocabulaire qui est un peu limite.
12:14Ok.
12:15Très bien.
12:15Tu ne le fais pas habituellement, en plus.
12:16Au-delà de ça.
12:17Non, pas du tout.
12:18Je ne le fais pas.
12:18Ok.
12:19Du coup...
12:20Donc là, elle fait le tour du véhicule.
12:22C'est un stéréotype.
12:22Et là, finalement, ça commence à monter quand même...
12:24Alors, elle fait le tour du véhicule.
12:26Et à ce moment-là, moi, j'avais les mains sur le volant.
12:28J'avais mon téléphone qui était un peu là où il y a tout mon bric-à-brac.
12:32Et ce qui se passe...
12:33La musique tournait toujours ou pas ?
12:34La musique, elle était basse, mais elle tournait moins forte.
12:38Et après, à un moment donné, je l'ai arrêté tout simplement.
12:41Pour pouvoir entendre ce qui se passait et ce qu'on me disait.
12:44Et à ce moment-là, il y a un deuxième policier.
12:47Le conducteur de la police nationale qui sort.
12:50Et en fait, ce policier, je le reconnais.
12:52Je le reconnais pas parce que je le connais personnellement.
12:54Parce que dans Saint-Gracien, on se connaît.
12:57On se connaît.
12:57On se connaît.
12:58Et surtout parce que je savais que sa sœur, c'était mon esthéticienne.
13:04Je savais que mon ancienne esthéticienne avait un grand frère
13:07qui faisait partie de la police nationale.
13:09Et quand je l'ai vue, elle me l'avait déjà montré.
13:11Et quand je l'ai vue...
13:13Tu n'as pas eu de doute ?
13:15Oui, je n'ai pas eu de doute.
13:15Et puis, ils se ressemblent beaucoup.
13:16Donc, j'ai compris que c'était...
13:17Oui, il y avait un air de famille qui était très clair.
13:19Donc, du coup, je ne lui en ai pas fait part.
13:22C'était juste dans ma tête.
13:23Ah, il me dit quelque chose.
13:25Et à ce moment-là, il vient me parler.
13:26Il était avec un ton assez fort, mais plus calme que la policière.
13:31Et il me dit, madame, écoutez, coupez le moteur tout de suite.
13:34Pourquoi vous avez fait ça à ma collègue ?
13:35Donc, je ne comprends pas.
13:38Donc, je lui dis, mais monsieur, qu'est-ce que j'ai fait ?
13:39Il me dit, coupez le moteur, arrêtez de parler.
13:42Vous allez descendre de la voiture.
13:43Coupez le moteur, coupez le moteur, coupez le moteur.
13:46Je dis, mais monsieur, concrètement, pourquoi vous m'avez arrêtée ?
13:50Qu'est-ce qui se passe ?
13:51Moi, je ne couperais pas le moteur.
14:00Donc, à ce moment-là, où on va, en fait, en sachant qu'il y avait de plus en plus
14:06de voitures qui commençaient à arriver.
14:07De monde, de personnes qui s'arrêtaient.
14:10Et pour la petite fun fact, on était devant l'immeuble de sa sœur.
14:15Ah oui.
14:16Voilà.
14:17Donc, c'était vraiment...
14:17Devant son cabinet de céticine ou devant son logement ?
14:18Voilà, là où elle s'est venu.
14:20Voilà.
14:20Et donc, du coup, c'est vrai que c'était vraiment...
14:24C'était un monde qui est en train de se créer autour de moi pour je ne sais quelle raison.
14:28Et ce qui se passe, c'est qu'à ce moment-là, il se recule un peu.
14:32Et il y a le troisième policier, qui devait se rendre à l'arrière parce que je ne l'avais
14:37pas vu au début,
14:38qui sort de la voiture.
14:40Et lui, il est un peu plus virulent.
14:44Il arrive sur...
14:46Nerveux.
14:46Ouais, un peu plus nerveux.
14:47Il arrive sur ma portière.
14:50La vitre était baissée, donc il met les mains sur la vitre en me disant
14:54« Maintenant, vous taisez, vous descendez de la voiture, vous éteignez votre moteur. »
14:58Ouais, là, ça prend encore un autre degré.
15:00Ça prend un autre degré en sachant que la conversation était quand même assez forte,
15:06mais on restait quand même sur quelque chose de, entre guillemets, platonique au départ.
15:10Et là, on arrive sur un autre ton.
15:12Est-ce que vous pouvez expliquer ?
15:13Je vois une question.
15:14Ouais, pourquoi t'as pas coupé le moteur ?
15:16J'ai pas coupé le moteur tout simplement parce que je ne savais pas pourquoi on m'arrêtait.
15:20Mais j'étais pressée.
15:21Je commençais à prendre peur parce que je ne comprenais pas pourquoi on m'arrêtait,
15:25pourquoi j'étais là.
15:26Et surtout, pour moi, c'était lunaire ce qui se passait.
15:29Voilà.
15:29Et t'avais déjà eu affaire à la police ?
15:30Non.
15:31J'ai jamais eu affaire à la police.
15:33J'ai eu un accident de voiture, il y a quelques années de cela,
15:37où j'ai été confrontée à une situation très choquante,
15:40parce que j'ai failli perdre la vie.
15:41D'accord.
15:42J'ai été victime.
15:44La personne a pris la fuite et ça a fait ressurgir des traumas chez moi.
15:49C'est le problème qui se passe, c'est que je n'ai pas été emmenée à l'hôpital lors
15:54de cette situation.
15:55En fait, les policiers à l'époque s'étaient mal comportés avec elle.
15:58Et tu avais déjà une expérience qui fait que quand tu es en présence de la police
16:02et dans un contrôle routier en plus, tu te sens déjà pas...
16:07Je n'ai pas trop confiance en sachant que ça fait pratiquement dix ans que j'ai le permis.
16:11Je n'ai jamais été arrêtée, même pour présentation de permis ou même au péage ou quelque chose comme ça.
16:17Je n'ai jamais été arrêtée.
16:18C'était la première fois.
16:20Donc, quand j'ai eu mon accident de voiture, les pompiers, quand ils m'ont pris en charge,
16:25ils doivent toujours appeler le médecin du SAMU pour savoir dans quel hôpital on nous emmène.
16:28Il y a eu des questions qui ont été posées qui étaient assez déplacées sur mon ethnie
16:34en me disant que je suis forte, que je n'ai pas besoin d'aller à l'hôpital.
16:36Et en fait, les policiers, eux, ils ont écouté ce que le médecin du SAMU et les pompiers leur ont
16:42dit.
16:42Et ils m'ont déposé à une gare pour que je puisse prendre un train et rentrer.
16:48Sans t'orienter vers les pompiers, quoi.
16:50C'est ça.
16:51Alors, je propose qu'on revienne du coup quand même plus sur le cœur de l'histoire
16:55parce qu'on doit avancer.
16:56Malheureusement, on n'a pas beaucoup de temps.
16:57Tu étais stressée aussi en ce moment.
16:58Mais voilà, mais ce qui explique aussi le contexte, peut-être qu'on ne coupe pas le moteur.
17:03Et puis en fait, elle ne te l'a pas demandé tout de suite.
17:05Normalement, il y a une policière qui t'arrête.
17:06Là, il faudra voir aussi, même dans la modalité de l'intervention policière,
17:12comment elle s'est déroulée.
17:13Parce qu'on ne te demande pas tes papiers, on ne te demande pas ton permis.
17:18On ne te dit pas.
17:18Donc on comprend quand même qu'il y a une arrestation qui est un peu...
17:21Et tu ne coupes pas le moteur.
17:23On ne sait même pas ce qu'ils vont te demander.
17:25Et donc petit à petit, ça monte.
17:27C'est ça, en fait, on ne demande rien de...
17:29Enfin, pour moi, ça ne me semblait pas...
17:30Oui, tu ne te savais pas vraiment arrêtée, en fait.
17:33Il n'y avait pas d'incentivité.
17:34Et je ne comprenais pas.
17:35Et moi, je commence à prendre panique.
17:38Et à ce moment-là, le troisième policier qui arrive...
17:41Celui qui met les mains sur ta partie et qui dit « tu sors maintenant et tu... »
17:45Qui est assez virulent.
17:47Moi, à partir de ce moment-là, je commence à prendre peur.
17:50Il se recule.
17:51Et quand il se recule, avec son collègue,
17:53il met la main sur leur ceinture où il y a leurs armes.
17:55Donc il touche à leurs armes.
17:56Donc à ce moment-là, je me dis « Christelle, victoire, ta vie, elle est fichue. »
18:00Je prends panique.
18:01Et moi, il faut savoir une chose.
18:02Dès l'instant que je prends panique, dès l'instant que j'ai peur,
18:04j'appelle les miens.
18:05Et les principaux, c'est mes frères, mes grands frères.
18:08Donc j'ai quatre grands frères.
18:09Et j'ai décidé d'appeler Sergio, l'un de mes grands frères,
18:12qui était dans le gymnase où j'allais récupérer.
18:15Donc l'appeler, crier, crier son nom.
18:17Alors non, au départ, c'était au téléphone.
18:19D'accord, t'as encore ton téléphone.
18:20Parce que je n'étais...
18:21Je ne sais pas pourquoi je suis arrêtée.
18:22D'accord.
18:23Donc je prends mon téléphone et je dis au policier,
18:25je prends mon téléphone, j'appelle mon grand frère.
18:27Donc j'ai même pas eu le temps d'appuyer sur haut-parleur.
18:29Que, en fait, le policier qui a été virulent fait le tour de ma voiture,
18:34ouvre ma portière, coaché, passager,
18:38comme si c'était lui qui avait acheté ma voiture.
18:40Donc assez fort.
18:42Et il me dit, maintenant, vous descendez,
18:44et il arrache mon téléphone de ma main.
18:47Et du coup, ma main, elle part avec.
18:49Mon téléphone qui était relié à mon câble USB,
18:51mon câble USB se déchire.
18:53Et il jette mon téléphone par terre dans ma voiture.
18:56Et il se permet de couper le contact.
18:58Donc à ce moment-là, Christelle Victoire, calme, c'est fini.
19:03Parce que, pour moi, c'est une agression.
19:04Parce que je sais, malgré qu'ils me font croire que je ne connais pas la loi française,
19:10je sais que dès l'instant qu'on rentre dans la voiture d'une personne
19:13qui ne l'a pas autorisée et qui n'a aucune infraction,
19:16c'est comme si on rentrait dans notre propriété.
19:19On précise, au passage, puisqu'on rentre un petit peu dans des questions de droit,
19:23en fait, tu es en master de droit, tu as différents masters en droit,
19:25donc tu as quand même des notions aussi de ce qu'est la légalité.
19:29Oui, voilà, j'ai quand même fait plus de 8 ans d'études supérieures en droit.
19:34Je suis actuellement en train de faire un nouveau master en droit.
19:37Donc oui, je connais quand même à peu près ce que c'est la légalité.
19:39Je ne connais pas tout.
19:40Donc tu sais qu'on ne peut pas violer un véhicule comme ça,
19:42même si c'est la police, il est amusé de la violence,
19:44même si eux se pensent dépositaires d'une violence légitime.
19:48C'est tout le problème.
19:50Je ne connais pas tout, mais le peu que j'ai appris à l'école,
19:55je peux y répondre.
19:57Donc du coup, ce qui se pose, c'est qu'il fait cet acte-là qui déclenche tout.
20:04Parce que du coup, ça déclenche mon angoisse, mes traumas,
20:09et le fait que je vois rouge, tout simplement.
20:11Donc il refait le tour de la voiture,
20:15et à ce moment-là, il commence à vouloir me parler.
20:17Et du coup, là, moi, je suis hors de moi, je ne veux pas du tout lui parler.
20:21Je parle d'un ton fort avec lui.
20:22Et à ce moment-là, ils me disent de sortir de la voiture,
20:27d'enlever ma ceinture.
20:30Et moi, au-delà que je sois en études de droit,
20:33que je suis aussi traiteur à côté,
20:36et que je coache le basket,
20:38j'ai été joueuse de basket pendant un très long moment,
20:41jusqu'en championnat de France.
20:43Donc du coup, j'ai eu des traumas au genou.
20:45J'ai un ligament qui est croisé,
20:46et de l'autre, j'ai un problème homéniste.
20:48Ça veut dire que mes genoux sont fragiles.
20:50Parfois, ça m'arrive de marcher pendant longtemps,
20:52et d'avoir très mal au genou, et qu'ils gonflent.
20:54Donc du coup, quand j'entre, que je sors dans ma voiture,
20:56je fais un peu comme...
20:57Tu fais un peu attention.
20:58Voilà, je fais attention.
20:59C'est ça.
21:00Je me mets toujours mes pieds sur le côté.
21:02C'est pas pour être non chaleur entre...
21:03Voilà.
21:03C'est ça.
21:04Et donc du coup, pour pouvoir sortir de la voiture,
21:07forcément, il faut que je fasse cette manœuvre-là.
21:09Sauf qu'en fait, eux, ils n'ont pas du tout attendu.
21:12Ils m'ont pris mes mains.
21:13Ils m'ont sorti de la voiture.
21:15Et en fait, je fais un mètre 80.
21:17Les policiers sont plus petits que moi.
21:20Donc un policier qui veut me prendre la main
21:22va vous mettre le menotte.
21:23De l'autre côté, il y a un autre policier
21:24qui me tourmente,
21:26qui m'arrache un peu de partout.
21:29Donc au final, je tiens à préciser
21:31qu'ils me donnaient des coups dans le dos,
21:33en même temps,
21:34pour que je puisse arrêter de me débattre.
21:36Parce qu'ils voulaient me mettre les menottes.
21:38Sauf que...
21:39Tu ne te débattais pas ?
21:40Tu avais les bras plaqués.
21:42Au début,
21:43ce n'est même pas que je me débattais.
21:44C'est juste que j'avais deux personnes
21:45qui me tiraillaient des deux côtés.
21:48Et donc du coup, en fait,
21:49qu'est-ce que je peux faire ?
21:51Et le problème qui se passe,
21:52c'est qu'à l'heure actuelle,
21:53à ce moment-là,
21:54je ne savais toujours pas
21:55pourquoi j'avais été arrêtée.
21:57Pourquoi me mettre les menottes ?
21:59Parce que c'est quand même fort
22:00mettre les menottes à une personne.
22:01Ça veut dire que je suis une délinquante.
22:03Je suis fait quelque chose de très mal.
22:06Est-ce que tu peux expliquer
22:07la situation géographique,
22:09où on est exactement ?
22:10À droite, il y a quoi ?
22:11Il y a du monde autour ?
22:12Peut-être que je vais faire,
22:14je me permets,
22:14comme je vois qu'il y a pas mal de gens
22:15qui sont arrivés aussi dans la chaîne.
22:18Merci de nous avoir rejoints.
22:20Je vais remettre un extrait de la vidéo,
22:23qui est peut-être le moment
22:24le plus violent.
22:26Et j'avertis,
22:27image vraiment choquante.
22:28Avec le son.
22:29Alors.
22:37Voilà.
22:59On voit le plus agressif qui est sur toi.
23:03À droite, c'est le conducteur,
23:05plutôt plus calme, entre guillemets.
23:07Et ce qu'on ne voit pas sur l'image,
23:09c'est la policière qui appuie sur tes genoux.
23:11En fait, elle était accroupie
23:13sur mes genoux.
23:14D'accord.
23:15Elle mettait son poing,
23:16elle tenait mes genoux.
23:17Mais en fait,
23:18pourtant, je leur avais bien dit
23:19que j'avais un problème aux genoux.
23:21Et elle continuait à appuyer
23:22sur mes deux genoux, en fait.
23:23Et ça m'a fait extrêmement mal.
23:26À droite, là,
23:27ce qu'on ne voit pas,
23:27il n'y a pas de construction,
23:28c'est une voie de chemin de fer.
23:29En fait, on est en contrebas.
23:30Une voie de chemin de fer.
23:31Alors, on ne voit pas la vidéo,
23:32parce qu'en fait,
23:34quelques logements.
23:36Et après,
23:36après l'immeuble en briques,
23:39on rentre vers le gymnase,
23:40vers le gymnase de basket.
23:42Et si on va tout droit,
23:43il y a le stade de foot
23:44et il y a quelques logements en sim,
23:45c'est plus épars,
23:46plus étendu.
23:50Il n'y a pas trop de monde.
23:51En fait, le monde,
23:52c'est les parents d'élèves du basket
23:54qui attendent,
23:54qui sont garés,
23:55qui regardent paniqués.
23:56Et les quelques gens,
23:56les habitants qui commencent à descendre,
23:57à dire,
23:57mais c'est quoi ce bazar ?
24:00Maître, peut-être
24:00comme vous avez la parole,
24:01et pour rester un petit peu
24:04sur les images
24:05qu'on vient de visionner.
24:07Là, on assiste
24:08à un plaquage ventral,
24:10à presque une clé d'étranglement
24:12quand même à un certain moment.
24:13Ça fait quand même largement écho
24:16à tous les morts
24:17qui sont décédés
24:22des suites d'une interpellation
24:24de ce type de violence-là.
24:27Légalement, en fait,
24:28les policiers ont droit
24:29d'user comme ça
24:30de ce type de technique
24:31d'arrestation.
24:34Ils avaient été signalés,
24:35par exemple,
24:36en 2017
24:37par la Cour européenne
24:38des droits de l'homme.
24:39Il y a une loi
24:39qui devait passer,
24:42mais qui finalement n'est pas passée
24:43parce que la majorité
24:44prévidentielle
24:45n'avait pas voulu la voter
24:46en 2019.
24:47Donc, on en est où
24:48un peu de ce point de vue légal ?
24:50En fait, il faut revenir
24:51au grand principe.
24:51Le principe, c'est le principe
24:52de la proportionnalité
24:53et de la nécessité
24:55des gestes
24:56que font les policiers.
24:57Le problème, c'est que
25:00Christelle, en fait,
25:00ne présentait pas
25:01un danger particulier.
25:02Elle n'allait pas fuir.
25:04Elle était...
25:05Certes, elle ne voulait pas
25:06être menottée,
25:07mais elle ne les agressait pas.
25:09Elle n'était pas prête
25:09à se battre.
25:10Donc, ce n'était pas nécessaire
25:11de vouloir la plaquer.
25:12Trois personnes sur toi.
25:14En plus, c'est une femme.
25:16J'ai l'impression
25:17qu'on assiste à une scène
25:18de panique côté policier.
25:20En fait, c'est un truc...
25:21Ils se disent au départ
25:22qu'on n'a pas de motif
25:23pour l'arrêter.
25:24On ne sait pas trop
25:25pourquoi on va l'arrêter.
25:27Et finalement,
25:28ils sont débordés
25:29parce qu'ils commencent
25:30à avoir un attroupement
25:31et ils commencent
25:31à paniquer.
25:33Et c'est vrai
25:33que c'est totalement
25:36injustifié.
25:37Et pour le moment,
25:38on n'a, nous,
25:39toujours pas les réponses.
25:40Toujours pas les réponses
25:41à nos questions.
25:42Et le fait
25:43que ces vidéos-là existent,
25:45ce qui a beaucoup changé
25:47ces dernières années
25:48dans les violences policières,
25:49c'est qu'en effet,
25:50le téléphone
25:51est devenu quand même
25:52pour les victimes
25:55une opportunité
25:55d'avoir au moins
25:56une preuve
25:57de ce qu'ils ont
25:57vraiment subi.
25:58Donc ces vidéos-là,
25:59elles sont où ?
26:00Elles sont dans les mains
26:00de la...
26:01J'avance un petit peu
26:03dans le récit.
26:03Déjà la vidéo qu'il a faite.
26:05La vidéo, c'est une parent
26:06d'élève, une parent
26:06d'élève du basket
26:07qui l'a envoyée
26:09spontanément à Christelle.
26:12Ensuite, nous,
26:13on a déposé plainte
26:14fin novembre
26:15auprès du procureur
26:16de la République
26:17du tribunal correctionnel
26:18de Pontoise
26:19et aussi auprès
26:20de l'IGPN.
26:22L'IGPN,
26:23dès lors que j'avais mentionné
26:24qu'il y avait une vidéo,
26:25dans les cinq minutes
26:26que tu déposes
26:26de mon formulaire
26:27sur Internet,
26:28l'IGPN m'appelle.
26:29On veut la vidéo,
26:30on veut la vidéo.
26:33Mais ensuite,
26:34ils me disent
26:34bon, écoutez,
26:35ça a l'air sérieux,
26:35on va enquêter.
26:36On est en novembre.
26:38En février 2025,
26:39j'ai une réponse,
26:40un courrier
26:40qui me dit
26:41ah mais finalement,
26:43on a enquêté.
26:45Entre temps,
26:46je vous informe
26:46que les policiers,
26:47ils ont aussi fait
26:48une procédure
26:48contre votre cliente
26:49et elle est d'ailleurs
26:50convoquée le 13 décembre,
26:5323 décembre 2025
26:57et ça permettra
26:58de tirer les affaires au clair.
26:59Et puis il y a une phrase ambigüe,
27:00on ne comprend pas trop
27:01si l'IGPN me dit
27:04qu'ils vont en informer
27:05le procureur
27:05ou si c'est le procureur
27:06du fait de ma plainte
27:08qui va venir vers nous.
27:11Ce n'est pas très clair.
27:12Et en tout cas,
27:12je l'avais rappelé
27:13le policier,
27:15je l'avais reçu au téléphone
27:16et il m'avait dit
27:17non mais nous,
27:17pour nous,
27:17ça m'a choqué.
27:19Il me dit
27:19c'est juste un signalement,
27:20ce n'est pas une plainte.
27:21Pour nous,
27:22c'est...
27:22Il ne peut pas y avoir plus de...
27:24J'ai été choqué.
27:26Mais attendez,
27:27je ne comprends pas.
27:27Il y a quand même des faits.
27:29Voilà.
27:30Alors,
27:31là-dessus...
27:31Ah oui.
27:32On en fait...
27:32Pardon, excusez-moi.
27:33Non, j'en profite
27:34parce que du coup,
27:35on demande
27:35comment ça
27:36est une procédure
27:36envers Christelle.
27:37Victoire,
27:38c'est là toute la question.
27:39Vous savez que dans ce...
27:41Juste,
27:41qu'est-ce que tu risques ?
27:42Alors, on reviendra
27:43après aussi
27:44parce qu'il y a eu
27:44des propos très graves
27:45qui ont été tenus.
27:46Il faut savoir
27:47que Christelle,
27:47quand même,
27:47à la suite
27:48de ce plaquage
27:50et de ce casier étranglement
27:52a fait un malaise
27:53et est resté au sol
27:53sans que les pompiers
27:54ne soient appelés,
27:55a été emmenée
27:56dans la voiture
27:57durant lequel moment
27:58il y a eu des propos
27:59très particuliers.
28:00On reviendra dessus
28:01mais là peut-être
28:02pour continuer
28:03sur la plainte.
28:04Je donne le cadre général.
28:05A la suite de ça,
28:05elle est poursuivie
28:07pour outrage.
28:08Voilà.
28:08A la suite de ça,
28:09là, elle est interpellée,
28:10mise dans un véhicule
28:11de police,
28:12conduit au commissariat
28:13dans Gênes-les-Bains
28:14et là-dessus,
28:16il la place en garde à vue
28:17sans avocat au départ.
28:19La déconseillant fortement
28:21de prendre un avocat.
28:22Elle prend finalement
28:22un avocat commis d'office
28:23mais ils ont quand même
28:24commencé l'audition
28:24sans elle,
28:25sans avocat.
28:27Il faut savoir aussi
28:28qu'ils commencent l'audition.
28:29Ils font une audition
28:30avec dans la pièce annexe
28:32un policier qui écoute
28:34et qui interroge
28:35les autres policiers
28:35qui portent plainte contre elle.
28:37C'est du grand art.
28:39Et donc,
28:41moi, je n'étais pas l'avocat
28:42à l'époque.
28:43Et en fait,
28:45à l'issue de ça,
28:47de la déclaration
28:48de Christelle,
28:49de la ou des déclarations
28:51parce que je n'ai pas
28:51les pièces de Christelle
28:52et à la suite
28:54des déclarations
28:55des policiers,
28:56ils ont porté plainte contre elle
28:58pour outrage,
29:00violence et rébellion.
29:02outrage.
29:02Donc, on revient
29:03au type.
29:05Au type.
29:07Je pense que c'était ça.
29:08C'était ça.
29:09C'était la principale raison
29:10pour laquelle tu avais été arrêtée.
29:11Après, peut-être le refus de...
29:12Mais non,
29:13le paradoxe aussi,
29:14j'insiste.
29:15Moi, j'ai demandé
29:15la communication du dossier,
29:17de cette procédure
29:19depuis décembre,
29:20décembre 2024.
29:22on m'a dit
29:23c'est trop tôt,
29:24ce que je comprends.
29:25En avril,
29:25je refais un courrier,
29:27maintenant c'est bon.
29:28Ah non, non,
29:28l'affaire est bien audiancée,
29:29mais on n'a pas le dossier.
29:31Il dit le tribunal.
29:32Et là,
29:32j'ai refait un courrier
29:33seulement là,
29:34fin août,
29:35et j'attends toujours les pièces.
29:37Oui, donc ils enterrent
29:38les procédures
29:38comme ils essaient
29:39comme ça se passe souvent
29:41en cas de violences policières.
29:42En fait,
29:42ce type de procédure
29:43que font les policiers,
29:44c'est ce qu'on appelle
29:44une procédure baillon.
29:45C'est une procédure
29:46pour vous faire taire.
29:47C'est classique
29:48en matière de violences policières,
29:50malheureusement,
29:50mais c'est classique aussi
29:51plus largement
29:52dans d'autres domaines du droit.
29:54Par exemple,
29:54quand vous contestez
29:55un permis de construire,
29:56le promoteur fait une procédure
29:57contre vous pour vous faire peur,
29:58pour vous dire
29:58je vais vous demander de l'argent.
30:00C'est ça.
30:00C'est Didier Fassin,
30:01qui est un philosophe,
30:03sociologue,
30:03pardon,
30:03qu'on reçoit pas mal
30:05dans l'UMA,
30:05qu'on interview pas mal.
30:06Lui, il dit ça,
30:07il dit en fait,
30:08les outrages et rébellions
30:09sont un moyen pour les policiers
30:11d'anticiper une plainte
30:12pour violences policières.
30:13Et en fait, déjà,
30:15ils essaient de te faire taire
30:15avant même que tu...
30:18Et d'ailleurs,
30:19quand Christel va le raconter,
30:21il va raconter après
30:21ce qui s'est passé
30:23dans le véhicule et après,
30:24vous allez voir
30:25qu'ils avaient bien en tête
30:28cette procédure bâillée.
30:29Du moins,
30:29de se dire
30:30il faut qu'on se protège,
30:31c'est trop chaud pour nous,
30:32on n'est pas clair.
30:35On reviendra peut-être
30:36du coup
30:36sur la dimension judiciaire
30:38bien sûr du dossier
30:39qui est central,
30:40mais peut-être
30:41qu'on peut reprendre
30:41le cours du récit.
30:44Donc peut-être
30:44à partir du malaise.
30:46Oui,
30:47même je dirais
30:47avant le malaise.
30:48Je t'en prie.
30:50Alors,
30:50ce qui se passe,
30:50du coup,
30:51c'est qu'on me tirera
30:52de tous les côtés.
30:53Moi,
30:53il faut savoir
30:54que quand je suis plaquée
30:55au sol
30:57et que ma tête
30:58est en dessous
30:58de leur voiture,
31:00donc on le voit
31:00sur la vidéo,
31:03très clairement,
31:03je suis en crise de panique,
31:04en crise d'angoisse.
31:06Je me suis fait
31:07vraiment oppressée
31:08de tous les côtés.
31:09Le policière
31:09qui écrase mon genou,
31:10le policier
31:11qui met sa main
31:13sur son cou,
31:14toute sa main
31:14sur mon cou
31:16et le policier
31:17en face
31:18qui essaye
31:19de me parler
31:19en me disant
31:20« Mais donnez vos mains,
31:22vous n'êtes pas
31:22une enfant de 15 ans,
31:23donnez vos mains. »
31:24Mais pourquoi je donnerais
31:25mes mains en même temps ?
31:26Je ne comprenais pas
31:26pourquoi je devais donner
31:27mes mains,
31:28surtout que là,
31:28on était face
31:28face à une situation
31:30qui commençait
31:31à devenir grave.
31:33si demain,
31:34j'ai un policier
31:35en face de moi,
31:35je lui dirais
31:36« Si il y a une situation
31:36comme ça,
31:37je pense qu'il faudrait
31:37peut-être calmer
31:38la situation
31:39et pas envenimer
31:41les choses. »
31:42Et là,
31:42je trouvais
31:42que ça a été envenimé.
31:44Et moi,
31:45je continue de crier
31:46le nom de mon frère Sergio.
31:47Donc,
31:48mon frère Sergio,
31:49pour que vous compreniez
31:50un peu le contexte,
31:52il est aussi coach
31:52de basket dans le club.
31:54Comme mes frères.
31:56Excuse-moi,
31:57j'avance encore à tous.
31:58Donc,
31:59il est aussi coach
32:00de basket
32:00dans notre club.
32:03Et comme tous mes frères,
32:04parce qu'on est
32:05une famille de basketteurs.
32:07Pour vous expliquer
32:08un peu le contexte,
32:08on est vraiment
32:09une famille très lambda.
32:10Mon père,
32:10il est comptable.
32:11Ma mère,
32:12elle est sage-femme.
32:13Quand on est arrivé
32:13du Cameroun,
32:14on a poursuivi
32:15notre vie en France
32:16très tranquillement,
32:17sans problème.
32:18On a toujours été intégrés
32:19à Saint-Gracien
32:20par cette communauté
32:22dans le basket.
32:24Et on est des...
32:25Pour ma part,
32:26on est des anciens joueurs,
32:27des anciennes joueuses
32:27de basket,
32:28que ce soit au niveau
32:28ou au plus bas niveau,
32:30et des coachs.
32:31Donc,
32:32du coup,
32:32on est vraiment...
32:34Voilà,
32:34on est vraiment très épris
32:35de ce sport.
32:35Et donc,
32:36du coup,
32:36comme mon frère
32:37se trouvait dans ce gymnase-là,
32:38je ne faisais que de l'appeler.
32:39Je ne faisais que d'appeler
32:40le nom de Sergio.
32:41Eh oui.
32:41Parce que,
32:43dès l'instant que je panique,
32:44encore une fois,
32:44moi,
32:44c'est mes frères.
32:45C'est mon moteur de vie,
32:46donc c'est mes frères
32:47que j'appelle.
32:48Et du coup,
32:49ce qui se passe,
32:49c'est qu'il y a une maman
32:50qui va appeler mon frère.
32:51Donc,
32:52apparemment,
32:52mon frère est arrivé
32:53à ce moment-là.
32:54Et à ce moment,
32:56je vois que...
32:57On le voit sur la vidéo,
32:57mais c'est flouté.
32:59On le voit sur la vidéo.
33:00Mais à ce moment-là,
33:01en fait,
33:01je ne sais pas,
33:03je ne me sens plus.
33:04Je ne me sens plus.
33:05Donc,
33:05je demande au policier
33:06qui me tient par la gorge,
33:08qui m'écrache.
33:09Je ne respire plus.
33:09Je n'arrive pas à respirer.
33:11S'il vous plaît,
33:11genre là...
33:12On a tous en tête.
33:14Je n'arrive plus à respirer.
33:16Juste vraiment...
33:17Franchement,
33:17j'étais au bout.
33:18J'étais...
33:18Vous m'emmènerez,
33:19vous ferez ce que vous voulez.
33:20Juste je n'arrive plus à respirer.
33:21C'est ma sécu.
33:22Dans le micro,
33:23peut-être.
33:24Dans ma tête,
33:24c'était...
33:25Vous m'emmènerez,
33:25vous faites ce que vous voulez,
33:26mais je n'arrive juste plus à respirer.
33:27Donc,
33:27faites ce que vous voulez,
33:28mais je n'arrive juste plus à respirer.
33:30Donc,
33:30du coup,
33:31ce qui se passe,
33:32c'est qu'ils continuent.
33:33C'est juste comme s'ils ne m'entendaient pas.
33:35Il y a quand même le police
33:36qui continuait à me parler,
33:36la dame qui continuait à m'écraser.
33:38Et à ce moment-là,
33:39instant de survie.
33:40Franchement,
33:40instant de survie.
33:43Je n'avais pas le choix.
33:44La main qui...
33:45Toute sa main qui prenait mon coup,
33:47qui écrasait mon coup,
33:48j'ai décidé de le mordre.
33:50Je ne l'ai pas mordu
33:51parce que j'étais une folle.
33:52Non,
33:53je l'ai mordu
33:53parce que...
33:54Parce que tu te sentais partir.
33:55Je me sentais partir.
33:56Et pour moi,
33:56cette main-là,
33:57elle est enlevé le poids.
33:59Parce que dès l'instant
34:00qu'on pince ou quoi,
34:01on enlève la main.
34:02Mais en fait,
34:02pas du tout.
34:03Ce n'est pas du tout
34:03ce qui s'est passé.
34:04Comme vous avez pu le voir
34:04sur les vidéos,
34:05il a continué encore plus
34:07m'écraser la tête.
34:09Ma tête était vraiment écrasée.
34:12Je ne sentais plus du tout,
34:13du tout,
34:13du tout mon corps.
34:14Donc,
34:15à ce moment-là,
34:16je perds connaissance.
34:18Je perds connaissance.
34:20Je suis comme...
34:21Voilà.
34:22Je suis vraiment...
34:22Je perds connaissance.
34:23Je suis sans vie,
34:24quoi,
34:24en fait.
34:25Parce que je ne bouge plus.
34:26Ils essayent de me dire
34:28madame,
34:28madame,
34:28madame.
34:29Je ne bouge plus.
34:30Et j'ai pu voir dans la vidéo
34:32que des parents
34:33qui étaient présents
34:34me disaient
34:35« Mais qu'est-ce que vous faites ?
34:37Elle n'arrête plus
34:37à respirer.
34:39Grâce à vous,
34:39maintenant,
34:39elle a fait un malaise.
34:40C'est super. »
34:42À ce moment-là,
34:43vraiment,
34:44quand j'ai perdu connaissance,
34:47je ne pensais même pas
34:47que j'allais me réveiller.
34:48Très clairement.
34:49Je ne pensais pas du tout
34:49que j'allais me réveiller.
34:51Je ne pensais pas.
34:52Peut-être juste
34:53pour appuyer
34:54ce que tu es en train de dire.
34:56Pareil,
34:56on l'a dit
34:56que des cas de mort
34:58par asphyxie,
34:59à la suite
35:00d'une intervention policière,
35:01il y en avait de plus en plus.
35:02J'aimerais qu'on signale
35:03ce travail
35:04de nos confrères
35:05de Bastamag
35:06qui ont réalisé
35:07une réelle
35:09base de données
35:10qui documentent
35:13depuis quelque temps
35:14maintenant
35:14qui permet
35:15de voir
35:16tous les morts
35:17par différents types
35:19d'intervention.
35:19depuis 1990,
35:23vous voyez
35:23tout le nombre
35:24de morts
35:24et donc
35:25il y a 81 décès
35:26qui sont liés
35:26à un malaise
35:27ou une asphyxie.
35:28C'est quelque chose
35:30de réel.
35:30Je vous invite
35:30vraiment à consulter
35:31cette base de données
35:32qui est très importante
35:37pour appuyer.
35:38bien sûr
35:39qu'en plus
35:39c'est quelque chose
35:40dont on a conscience
35:41et je pense
35:42que de se retrouver
35:42dans la position
35:43dans laquelle
35:43tu t'es retrouvé,
35:45bien sûr
35:45que t'as peur
35:46pour ta vie
35:46et en plus
35:48de plus en plus
35:49ça arrive malheureusement.
35:50C'est ça.
35:51Surtout que
35:52on sait tout ce qui se passe
35:53dans le monde
35:53donc forcément.
35:54Donc à ce moment-là
35:56je pars reconnaissance
35:57et du coup
35:58ce qui se passe
35:58c'est que
35:59les policiers
36:00se retirent
36:01entre guillemets
36:01de moi
36:02et quelques temps
36:03après
36:04finalement
36:06à ce moment-là
36:07parce que
36:08moi franchement
36:09je ne pensais pas
36:09que j'allais me réveiller
36:11très clairement.
36:12Moi je pensais
36:13que c'était fini.
36:14Et là on se retire
36:14et donc quand tu te réveilles
36:16t'es où ?
36:17Il y a un peu
36:17des secours sur place ?
36:18Maître Julier
36:19vous voulez
36:20avoir une question ?
36:21Quand est-ce que la BAC arrive ?
36:22Il y a la BAC qui arrive après ?
36:23En fait je pense que la BAC
36:24et les autres policiers
36:25sont arrivés au moment
36:25où j'ai perdu connaissance.
36:26Parce que quand je me réveille
36:27il y a beaucoup de monde.
36:29Je vois mon frère
36:31je vois la BAC
36:32qui essaye de faire
36:34en sorte que les gens
36:34se reculent.
36:35Mais ils sont équipés
36:36la BAC ?
36:36C'est les policiers
36:38donc c'était d'autres policiers
36:39de la police nationale
36:40qui étaient équipés.
36:41Mais équipés
36:42avec des armes.
36:43Ouais d'accord.
36:44Fusiers à pompe.
36:44Voilà.
36:45Fusiers à pompe.
36:46Comme si j'étais...
36:46Les Rimbauds
36:48des...
36:48Donc ils étaient en train
36:49de quadriller
36:51la scène.
36:53Donc il y avait
36:54au moins
36:55franchement
36:55sauf vous mentir
36:56plus les gens de la BAC
36:57ils étaient peut-être
36:58du policier
36:58à un moment donné.
37:00Pour moi.
37:01Pour une femme
37:02qui avait peut-être
37:04pas traversé
37:05la bonne ligne
37:05arrêtée
37:06dit juste à la policière
37:07soufflait un peu.
37:08Donc là on se retrouve
37:09en train de 10 policiers
37:10par terre
37:11et se réveillant
37:13d'un évanouissement.
37:14C'est ça.
37:15D'accord.
37:15Et en fait
37:16ce qui se passe
37:16c'est que
37:18ils essaient
37:19de me relever
37:19et il y a le policier
37:20qui était beaucoup
37:21un peu plus calme
37:22qui me dit
37:22est-ce que vous voulez
37:23que j'appelle
37:24les pompiers ?
37:25Alors moi
37:26dans ma tête
37:26c'est en mode
37:26mais c'est sérieux ?
37:28C'est pas
37:28est-ce que vous voulez
37:29que j'appelle
37:29les pompiers ?
37:30C'est
37:30les pompiers sont là
37:31madame.
37:32Il y a la caserne
37:33à côté.
37:33Il y a la caserne
37:34à côté
37:34et on entendait
37:35des gyrophares
37:35parce qu'en fait
37:36ils allaient
37:37dans leur caserne
37:38les pompiers
37:38mais c'était pas
37:39pour moi.
37:41Donc dans ma tête
37:42je me suis dit
37:42en fait je revis
37:43ce que j'ai vécu
37:44deux ans auparavant
37:46comme si je comptais pas
37:48comme si j'étais pas aussi
37:48le 9 mois de 15 ans
37:50donc du coup
37:51c'est vrai qu'à ce moment là
37:51je comprends pas.
37:53On essaie de me relever
37:54je vois qu'il y a mon frère
37:55je vois qu'il y a
37:55de plus en plus de monde
37:57il y a même une maman
37:58qui me dit
38:00tu sais Christelle
38:01dès l'instant
38:01qu'ils ont vu ton frère
38:02ils se sont calmés.
38:03Je dis bah
38:05comme quoi ?
38:06Forcément
38:06qu'ils se sont calmés
38:07dès l'instant
38:07qu'ils ont vu mon frère
38:08parce que
38:09c'est pas pour faire genre
38:11mais mon frère
38:11frappe 95
38:12il ressemblait à un joueur
38:13de la NFL
38:14donc
38:15il était très calme
38:17et il était hyper calme
38:18mon frère
38:18il était hyper calme
38:20mon frère
38:21pour avoir parlé
38:22avec lui juste après
38:23ça
38:23il m'a expliqué
38:24que je suis restée calme
38:25parce que
38:25soit je restais calme
38:27soit c'était fini
38:28pour toi et moi
38:29d'accord
38:30donc il m'a dit
38:31et les parents étaient calmes
38:32aussi autour
38:32c'est ça
38:33il s'est juste
38:34qu'il fallait arrêter
38:35mais il était
38:35très calme
38:36et franchement
38:37pour ça
38:41je lui tire mon chapeau
38:42parce que
38:43je pense pas
38:43que tout le monde
38:45serait resté calme
38:45en voyant
38:46quelqu'un de sa famille
38:47comme ça
38:47d'accord
38:49juste
38:50pareil
38:50pour avancer un peu
38:51parce qu'on va peut-être
38:53repartir un peu
38:53sur la question
38:55juridique
38:55pourquoi finalement
38:57neuf mois après
38:58tu as fait ce post
38:59sur internet
39:01quelle est la nécessité
39:02peut-être
39:02maître Julien
39:03vous pourrez compléter
39:04tu pourras compléter
39:05on avait décidé
39:05de se tutoyer
39:07pardon
39:12du coup
39:13juste après ça
39:14je suis emmené
39:14dans la voiture
39:15de police
39:15non mais tu peux continuer
39:17si tu veux
39:18dans la voiture
39:18de police
39:19et au commissariat
39:20mais comme il ne nous reste
39:21pas beaucoup de temps
39:21c'est pour avancer
39:22aussi un peu
39:23sur la
39:23en gros nous
39:25Christelle a pris la décision
39:26de communiquer sur l'affaire
39:26tout simplement
39:27parce que c'est au point mort
39:28et on a l'impression
39:28que c'est complètement endormi
39:31et qu'on n'est pas entendu
39:32donc elle veut justice
39:34qui est normale
39:35et qu'on répond aux questions
39:36et la seule procédure
39:38qui avance
39:38c'est celle qui est contre elle
39:39alors c'est quand même aberrant
39:40oui parce que donc
39:40tu seras jugé normalement
39:41le 23 décembre
39:42on va demander une jonction
39:43et il y aura un renvoi
39:46le procès a lieu au tribunal
39:49de Pontoise
39:5123 décembre 2021
39:53et par ailleurs
39:54comme tu le disais tout à l'heure
39:56l'IGPN lui n'avance pas
39:58du tout dans son enquête
39:59fait l'être morte
40:00dit que c'est classé
40:01semble dire que c'est classé
40:02c'est pas très clair
40:03semble dire que c'est classé
40:04et qu'il y a une procédure
40:06le 23 décembre
40:07et puis il y a une autre plainte
40:08aussi qui avancera
40:09et qui permettra
40:09d'éclairer les choses
40:10donc là tu as été finalement
40:12obligé d'investir
40:13l'espace public
40:14pour toucher l'opinion
40:15et pour que ton affaire monte
40:16elle a été obligée aussi
40:18de faire elle-même
40:19tous les examens médicaux
40:20médicaux importants
40:22je n'ai pas pu aller
40:23aux unités médicaux judiciaires
40:25donc j'ai dû faire tout
40:26à mes frais
40:28tout à tes frais
40:29mais c'est ça
40:29parce que derrière
40:30c'est aussi des
40:31bien sûr
40:31c'est ça
40:32et je tiens quand même
40:33à préciser que
40:33c'est le 23 décembre 2025
40:3623 décembre 2025
40:38deux jours avant Noël
40:42donc les préparatifs de Noël
40:43cette année avec ma famille
40:44ça a été un peu compliqué
40:46donc du coup
40:47et là tu sens quand même
40:48du coup que ça commence
40:49à se mobiliser autour de toi
40:50les assos
40:52depuis que Christelle a posté
40:54oui il y a une réelle mobilisation
40:56ça commence à prendre
40:58on a beaucoup de demandes
40:59d'interviews
41:01et ça permet de faire
41:04des contacts politiques
41:06divers et variés
41:07qui appellent
41:08et qui commencent à s'intéresser
41:09mais c'est le début seulement
41:11d'accord
41:11malheureusement on va devoir se quitter
41:13mais je tenais quand même à le dire
41:14c'est vrai que dans le chat
41:15on a pu voir
41:16pas mal de personnes
41:18forcément soulever la question
41:20du racisme
41:23voilà si tu as envie
41:24d'en dire deux mots
41:26je vais en dire deux mots
41:27oui
41:29pourquoi la question du racisme
41:31revient
41:31très simplement
41:32quand j'ai été interpellée
41:33et que j'ai été mise
41:34dans la voiture de police
41:35j'étais dans la voiture de police
41:37avec la policière
41:38qui a pensé que je l'ai chipé
41:39donc déjà
41:40comme je vous ai expliqué
41:41chipé sa connotation
41:43voilà
41:43et il y avait donc
41:45le policier que j'avais reconnu
41:46qui conduisait
41:47et un policier de la BAC
41:48à côté de moi
41:48qui avait son bras autour de moi
41:50qui n'était pas dans l'équipage
41:51d'interpellation
41:52et qui était un monsieur de la BAC
41:53et à ce moment là
41:54ils avaient mes affaires
41:55ma carte d'identité
41:56etc
41:56et ils me demandent
41:57ah vous êtes née au Cameroun
41:58vous êtes née à Douala
42:00oh là là
42:00les femmes noires
42:01vous êtes belles
42:02vous avez des belles formes
42:03oh moi j'adore les femmes noires
42:04vous faites bien à manger
42:05franchement
42:06vous êtes exceptionnelles
42:07regardez
42:07vous êtes conduite
42:08dans une voiture de police
42:09pour aller au commissariat
42:10il fait beau
42:11il fait beau
42:12vous profitez
42:13voilà
42:13vous profitez de tout
42:14vous êtes une belle femme noire
42:15ne vous inquiétez pas
42:15tout va bien se passer
42:18et même au commissariat
42:20quand on a essayé
42:20de me
42:21quand on m'a palpé
42:22on m'a enlevé mes affaires
42:23etc
42:24il y a un des policiers
42:25qui m'a dit
42:26vous êtes sûr
42:26que vous ne portez pas une perruque
42:27parce que bon
42:27c'est toujours
42:28les gens de chez vous
42:29en général
42:31au cas où vous voulez
42:32vous prendre
42:33vous pendre avec
42:34on est obligé de vous demander
42:35si vous avez une perruque
42:36donc c'était petit à petit
42:37que l'unilation continuait
42:38même au poste de police
42:39et aujourd'hui
42:40j'en suis à l'un
42:42je précise que tu es française
42:43ah oui je suis française
42:45d'origine camerounaise
42:46mais je suis française
42:47donc j'ai on va dire
42:49quand même la double culture
42:50au final
42:51donc voilà
42:52bon bah j'aurais aimé
42:53que ça dure un peu plus longtemps
42:54parce qu'il y aurait encore
42:55beaucoup beaucoup à dire
42:56mais en tout cas
42:57l'humain
42:58va suivre
42:59l'évolution de ton affaire
43:00et là
43:01pour faire aussi
43:03la vérité avec toi
43:04parce que ça reste le rôle
43:05de journaliste
43:06merci vraiment
43:07beaucoup d'être venu
43:09d'être venu nous rencontrer
43:10et

Recommandations