00:05Bonjour à tous, un gentil monstre vert, une monstre sanguinaire et la jolie escapade d'adolescents
00:13l'été sont au programme cette semaine avec Shrek 3 à l'intérieur, le film gore et d'horreur de
00:19la
00:19semaine et enfin Et toi t'es sur qui ? Le premier film de Lola Doyon pour parler de ces
00:23trois films
00:23qui n'ont absolument rien à voir les uns avec les autres. J'ai essayé une transition mais en fait
00:28ça ne marchait pas du tout, j'ai le plaisir d'être avec Bernard Achaud, bonjour et Jean-Philippe Guérard.
00:33Bonjour. Allez Shrek, c'est parti pour un troisième épisode, voilà notre petit bonhomme vert, enfin le
00:38gros bonhomme vert marié à Fiona et il va devoir prendre la succession du trône, on lui demande
00:43de devenir roi mais Shrek il n'a pas du tout envie, il n'a pas du tout envie hein
00:47Bernard ? J'ai l'impression
00:48que le chiffre 3 il porte malheur au film en ce moment, il y a eu Spider-Man 3, trois
00:53fois plus de
00:53trois fois moins de plaisir et là Shrek 3, je vois pas trop ce qu'il peut y avoir comme
00:58constant multiplicateur, trois fois plus de quoi, j'en sais rien, c'est sans doute trois fois moins
01:02d'imagination, c'est une déception majuscule et je suis un tout petit peu saillant en disant ça
01:07parce que Shrek avait placé la barre du cinéma d'animation en image de synthèse très très haut
01:12par non seulement son accomplissement technique, par son humour, par la féerie du premier, par
01:17les gags bidonnants du deuxième et là on a l'impression d'une espèce de recyclage extrêmement
01:23paresseux, des mêmes gags, des mêmes personnages, il n'y a aucune péripétie nouvelle, aucun trait
01:29d'humour à tant soit peu inédit, c'est juste une redite en dix fois moins bien et à ce
01:34niveau-là
01:35on se contrefoue de savoir que c'est en effet techniquement c'est à peu près sublime.
01:41Jean-Philippe ?
01:42Ben oui, c'est-à-dire qu'au bout d'un moment on se demande à quoi ça sert effectivement
01:45de faire des films en 3D
01:47qui essayent d'être de plus en plus proches de la réalité parce qu'une fois qu'ils auront réussi
01:50à singer la réalité
01:51ça ne sera plus la peine de faire des films en 3D. Alors la seule nouveauté, puisque Bernard disait il
01:56n'y a pas de nouveauté
01:56la seule nouveauté effectivement qu'on nous vend c'est que maintenant quand il y a des scènes de foule
01:59tous les figurants sont différents, tous les costumes des figurants sont différents, tous les poils du chapoté sont différents
02:04mais on s'en fiche, c'est pas le problème.
02:06On ne regarde pas le film avec des lorgnons, on ne va pas compter les poils ou regarder les figurants
02:10qui a le souci de ma copine ou de mon copain.
02:12Il n'y a plus d'idées, le problème c'est que le cinéma au départ c'est quand même
02:15un scénario
02:16et là on a vraiment l'impression effectivement que le scénario ils s'en sont préoccupés au dernier moment
02:19et qu'ils sont déjà en train de faire Shrek 4 et on peut être très inquiet.
02:23Voilà, Shrek en VO c'est avec Rupert Everett, Cameron Diaz et Mike Myers en VF, c'est Alain Chabat
02:30qui s'y colle.
02:31Voilà donc Shrek le 3ème habillé pour l'hiver.
02:33Avant de mettre notre trip sur la table, nous allons parler du premier film de Lola Doyon
02:38« Et toi t'es sur qui » qui était présenté au dernier festival de Cannes dans la sélection «
02:42Un certain regard ».
02:43Le film nous raconte les aventures d'Elodie, une jeune adolescente de 15 ans
02:47qui avec sa copine du même âge dans un look plutôt gothique
02:50passe le pari de passer la nuit avec un garçon avant les grandes vacances.
02:55Le pari de copine est idiot mais rien ne va se passer comme prévu
02:59et les amis du groupe vont s'en mêler, Jean-Philippe, est-ce que ce n'est pas une très
03:03jolie surprise ce premier film ?
03:04Moi je trouve que c'est un film d'une fraîcheur totale, c'est un film qui ne doit rien
03:07justement au marketing, à la fabrication.
03:10Lola Doyon donc est la fille de Jacques Doyon mais n'est pas la fille de Jane Birkin.
03:14Voilà, bon, c'est une précision importante.
03:16Et elle a quand même roulé sa bosse sur beaucoup de tournages, elle a été première assistante.
03:20De son père et de Cédric Tapiche notamment.
03:22Et surtout elle a un ton de son âge, elle parle de gens qu'elle connaît visiblement, c'est pas
03:27fabriqué.
03:27Moi ça m'a fait penser un petit peu à l'esquive, je trouve qu'il y a quelque chose
03:31de vrai.
03:32Alors j'ai l'impression, c'est peut-être une impression de l'extérieur, que les gens qu'elle montre
03:36ils existent pour une fois.
03:37C'est pas des jeunes entre guillemets de cinéma comme on a pu le voir dans Elfone il y a
03:43quelques temps, des jeunes qui n'existent pas.
03:45Là il y a une vraie réalité et puis surtout les sentiments sont forts, ils existent, le sujet est grave.
03:50Le sujet c'est comment est-ce qu'on fait compter nos jeunes filles la première fois.
03:55Et ça c'est un sujet grave et qu'elle traite à la fois avec gravité et avec légèreté.
03:59Avec cette chose il me semble Bernard, mais vous allez me contredire si vous en avez envie, c'est que
04:03les dialogues sonnent étonnamment juste.
04:05C'est que d'habitude dans les films d'adolescents il y a toujours des mots d'auteur trois fois
04:08par réplique et que là c'est d'une justesse incroyable.
04:11Je vais vous contredire tout en vous donnant 100% raison, je trouve que tout dans le film sonne juste.
04:16Il y a une espèce de miracle dans le film de Lola Doyon, elle arrive à capter tout ce qu
04:22'est l'adolescence d'aujourd'hui, des années 2000.
04:25Dans 300 ans, quand les futures critiques de cinéma ou quand on s'intéressera à la France des années 2000,
04:32on pourra se servir de ce film là comme d'un témoignage sur ce qu'était la jeunesse à une
04:39époque donnée.
04:39Non seulement les dialogues, mais les codes de langage, la dépendance à la technologie, les portables, les codes vestimentaires, le
04:48fait de devoir briller auprès des autres en disant qu'on a couché ou qu'on n'a pas touché,
04:54etc.
04:55Et c'est pas seulement, et en même temps je suis d'accord avec vous deux, c'est pas seulement
04:58une histoire de fille, mais il y a aussi des portraits de garçons extrêmement bien vus.
05:03Le petit coq qui saute sur tout ce qui bouge mais qui au fond a un cœur d'artichaut.
05:06Le meilleur ami qui est secrètement amoureux de sa meilleure amie et qui n'ose pas lui dire.
05:12Il y a une espèce d'alchimie comme ça qui se fait et je pense qu'avec toute sa légèreté,
05:17c'est un film bizarrement suffisamment solide pour rester très très très longtemps.
05:21Alors je ne pourrais pas vous citer tous les comédiens, mais en tout cas ils sont tous absolument merveilleux ces
05:26adolescents, filles comme garçons.
05:28Enfin on peut citer Christa Terrell, Lucie Desclozo, Gaël Tavares.
05:32Ils sont absolument merveilleux, voilà. Et toi, t'es sur qui le petit bijou de la semaine ?
05:37On en arrive maintenant à l'intérieur, le premier film de Julia Maury et Alexandre Bustillo avec Alison Paradis et
05:43Béatrice Dalle.
05:44Soit donc l'histoire d'une femme qui est prête à tout, et quand je dis prête à tout c
05:48'est pour rester polie,
05:49pour récupérer le bébé à venir d'une autre, incarnée elle par Alison Paradis.
05:54Nous sommes en huis clos, la nuit, dans une maison, et ça va très très mal se passer.
05:59C'est un film gore, il y en a suffisamment peu en France pour qu'on s'arrête sur celui
06:02-là.
06:03Bernard, est-ce que vous avez frémi d'horreur ?
06:05Non, j'ai frémi d'hilarité.
06:08En effet, objectivement, c'est ce qu'on a vu de plus gore dans l'histoire du cinéma français.
06:13Et le film, il arbore un petit peu son interdiction au moins de 16 ans comme une légion d'honneur.
06:17Regardez jusqu'où on est allé, à quels extrêmes, les chers éclatés, les fœtus martyrisés.
06:22Avec tout de même cette perversion d'avoir une héroïne victime enceinte.
06:25Oui, mais ce n'est même pas transgressif.
06:28Ça me rappelle un peu dans la bêtise provocatrice ce film d'horreur, au mauvais sens du terme,
06:33plutôt ce film horrible qui était Shaitan, le film de Kim Shapiro avec Vincent Cassel.
06:37Une espèce de volonté affichée de ruer dans les brancards,
06:40et à l'arrivée, ça s'avère aussi inoffensif qu'une blague carambar.
06:43C'est vrai qu'il y a du gore, mais en même temps, il y a tellement peu d'atmosphère
06:50qui est installée,
06:51il y a tellement peu sens de l'espace, de l'angoisse, du fait de nous attacher ou pas au
06:56personnage.
06:56C'est en effet une démonstration d'effets spéciaux très très réussie.
07:01Alison Paradis, je ne suis pas sûr que ce premier film puisse servir de piédestal à un début de carrière,
07:06parce que je la trouve très mal filmée, je ne la trouve pas intéressante.
07:10Béatrice Dalle, qui est formidable quand elle se tait, donc elle se tait souvent dans le film,
07:13donc c'est plutôt pas mal, une espèce de spectre comme ça.
07:16Il faut dire à sa décharge que les dialogues sont quand même particulièrement grotesques.
07:20Ça n'aide pas, il y a des dialogues un peu difficiles.
07:21En même temps, ils ont accepté tous les deux le film, elles le disent en promo avec beaucoup de plaisir,
07:24parce qu'on n'avait jamais vu ça, mais ce n'est pas parce qu'on n'a jamais vu
07:27ça et jamais fait ça
07:27que c'est une raison pour le faire et pour aller voir.
07:30Jean-Philippe, est-ce que vous aussi, vous êtes aussi sévère ?
07:33Moi, je pense que c'est un film qui est un peu trop fait comme une carte de visite des
07:36réalisateurs
07:37pour aller tourner aux Etats-Unis. C'est clairement, ils savent très bien que le gore n'est pas un
07:40cinéma
07:41qu'on pratique en France, et ils font comme plein de cinéastes ont pu faire ces dernières années,
07:45de jeunes cinéastes.
07:46Voilà, il y a des réalisateurs qui avaient fait l'an dernier un film que j'avais trouvé,
07:49mais immonde, qui s'appelait Il, et qui était, alors, lui portait vraiment en bannière un truc,
07:55c'était tiré d'une histoire vraie, ce qui est aussi le cas de plein de films américains aujourd'hui,
07:59parce qu'on va tellement loin dans l'horreur qu'il faut dire que c'est tiré d'une histoire
08:02vraie pour que ça aille là.
08:03Là, ce n'est pas le cas. Là, effectivement, toutes les scènes d'exposition,
08:06c'est-à-dire toutes les scènes où elle parle, au début, sont effarantes,
08:08dès qu'elles ouvrent la bouche, c'est effarant, le reste est, effectivement, hilarant.
08:13C'est-à-dire que, je ne sais pas s'il y a des gens qui vont prendre ça au
08:15premier degré,
08:15mais ce n'est pas l'exorciste, quand même. Il faut mettre les choses à leur place.
08:20Vous dites hilarant, mais quand même, moi, j'étais assez scotillante.
08:24Je pense que pour une femme et pour un homme, ce n'est pas tout à fait la même perception
08:26des choses,
08:27surtout pour les femmes enceintes. Maintenant, effectivement, c'est quand même drôle.
08:31Enfin, je veux dire, il y a un moment donné, on ne peut pas prendre ça au premier degré.
08:35C'est une très bonne comédie, en fait.
08:37À ce point-là, Bernard, que vous y allez.
08:39C'est une très bonne comédie.
08:39Voilà.
08:40Alors, en tout cas, c'est une très bonne comédie qui est interdite au moins de 16 ans
08:44et fortement déconseillée aux âmes sensibles.
08:46Le film a été présenté lors de la semaine de la Critique au dernier Festival de Cannes.
08:50Les membres du jury de la Camérador étaient là, puisque le film concurrait pour la Camérador.
08:54Et on a vu certains membres du jury quand même partir au bout d'une demi-heure,
08:57absolument scandalisés et s'offusquants de l'horreur du film.
09:01C'est trop d'honneur.
09:01Vous comprenez quand même ce genre de réaction ?
09:03C'est trop d'honneur à faire.
09:04C'était Clotilde Courreau, pour ne pas la citer.
09:05Oui, c'est trop d'honneur, je trouve.
09:07Elle n'a peut-être pas l'habitude de voir du cinéma d'horreur.
09:09Pourtant, elle a des éprouvants.
09:11C'est ce que j'allais dire.
09:12Elle a tourné elle-même.
09:13Ou alors, c'est le traitement réservé au corps de la femme.
09:16Peut-être que c'est une réaction viscérale, c'est respectable,
09:19mais le film ne mérite pas cet honneur.
09:21Ce n'est pas Funny Games, ce n'est pas The Great Ecstasy of Robert Carmichael,
09:26deux films qui avaient fait une grosse sensation à cœur.
09:28D'accord, c'était des films très éprouvants.
09:29Non, mais qui donnaient vraiment envie de sortir, parce que c'était insupportable.
09:33Et là, c'est une conscience de sépale carré.
09:35Bon, alors, pour une plus grande comédie sanguinolente de l'année
09:39ou arnaque du siècle, à vous de juger avec à l'intérieur,
09:42donc je rappelle, avec Béatrice Dalle et Alison Paradis,
09:44le premier film d'Alexandre Brustillo et Julien Maury.
09:47Donc, sur ces trois films, il vous en reste un,
09:50et toi, t'es sur qui ?
09:51Le premier film de Lola Doyon,
09:53que mes chers confrères vous recommandent chaudement.
09:55À la semaine prochaine.
09:56Merci les garçons.
09:57Au revoir.
09:57Au revoir.
09:58Au revoir.
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