00:00Alors qu'Edouard Jeffress exprime, on l'écoute, pardon.
00:02Parce que je voulais d'abord venir au contact des équipes pédagogiques qui ont été très éprouvées ici,
00:08parce que c'est un lycée qui a été, comme vous l'avez vu, attaqué, en partie saccagé d'ailleurs,
00:13avec des équipes qui ont été absolument remarquables, de sang-froid,
00:17et qui ont voulu en fait protéger ce qu'on a de plus cher, c'est-à-dire le service
00:20public de l'éducation.
00:23Je voudrais quand même revenir en un mot là-dessus parce que c'est important.
00:26Vous avez vu ce qui s'est passé hier aussi à Lormont, à côté de Bordeaux,
00:31on a un établissement qui a été saccagé, alors qu'il y avait 700 élèves à l'intérieur,
00:36et on a à nouveau un proviseur, une équipe, qui ont protégé les élèves, qui ont protégé le bâtiment.
00:44Au passage d'ailleurs c'était la seule formation d'imprimerie de toute la Nouvelle-Aquitaine,
00:47et donc comme ici, nous avons des élèves qui ont été des milliers d'élèves,
00:52et même des dizaines de milliers d'élèves, qui ont été privés d'enseignement,
00:56parce qu'ils ont subi, ou parce que les bâtiments ont subi des violences.
01:02Et des violences qui sont inqualifiables, notamment contre les personnels,
01:05qui ont été, comme ici, délibérément ciblés.
01:09Et puis à côté de ça, vous avez vu ce matin l'autre visage de cette manifestation.
01:14Le visage démocratique, avec des jeunes qui disent ce qu'ils ont à dire,
01:18ils ne sont pas complaisants, ils n'ont pas été, si je puis dire, triés sur le volet,
01:23ils ont des revendications, ils portent aussi les demandes de leurs camarades,
01:26mais ils les portent dans un cadre structuré, dans un cadre démocratique, dans un cadre respectueux.
01:33Et finalement, ceux-là, même si je me réagis que vous soyez nombreux ce matin,
01:37c'est peut-être un peu les oublier, quoi.
01:39Il y a un risque, au bout d'un moment, de perte de vue des revendications,
01:42au profit, j'allais dire, d'une couverture des difficultés et des troubles.
01:47Et donc ces revendications, évidemment, elles sont entendues.
01:49Vous vous entendez ce matin, d'ailleurs, il y avait des sujets de bâtisse scolaire.
01:53Alors on est dans un lycée qui est en cours de réfection complète,
01:54puisqu'il y a 150 millions d'euros qui sont engagés par la région Île-de-France.
01:57Mais il y a évidemment une frustration qui s'exprime par rapport au fait
01:59qu'ils sont les derniers élèves dans le vieux bâtiment,
02:01pendant que les nouveaux sont en cours de construction.
02:03Mais il y a des questions qu'il faut évidemment entendre.
02:06Il y a des questions sur les employés de temps qui sont chargés,
02:10la charge des programmes aussi, vous l'avez dit ce matin.
02:13Il y a des questions, évidemment, autour du remplacement.
02:17Et comme vous le savez, j'ai à la fois hier pris un certain nombre de décisions
02:22sur la démocratie scolaire, pour justement faire en sorte
02:24que les instances démocratiques fonctionnent.
02:26Et puis aussi, en matière de remplacement.
02:29D'ailleurs ici, c'est un cas typique.
02:30Il manque actuellement un professeur d'histoire-géographie,
02:33qui grâce à la fois aux outils qu'on a et aux moyens qu'on arrive à libérer,
02:37sera pourvu, je parle sous contrôle du recteur,
02:39mais dans les prochaines heures, ou en tout cas en début de semaine prochaine,
02:43au moment de la réouverture de ce lycée.
02:45Et donc voilà, ces élèves ont besoin d'être entendus,
02:48ils ont besoin qu'on agisse.
02:49Ils n'ont pas besoin qu'on leur fasse des fausses promesses.
02:51Ils n'ont pas besoin que qui que ce soit récupère politiquement leur mouvement.
02:54Pas un mouvement de politisation de la jeunesse,
02:57c'est un mouvement d'éveil de la conscience politique de la jeunesse,
03:00ce qui n'est pas la même chose.
03:02C'est au sens noble du terme, parce qu'ils ont un certain nombre de demandes
03:05et qu'il faut une fois encore les écouter, venir sur le terrain,
03:08écouter aussi ce qu'ils nous disent sur la plateforme,
03:10dont tout le monde ricanait au début,
03:11mais qui a quand même 66 000 contributions,
03:14c'est-à-dire plusieurs dizaines de milliers de contributions par jour,
03:17puisqu'elle a été ouverte il y a trois jours.
03:19Et tout ceci forme ce qu'on appelle une démocratie mature,
03:22et dont en fait nos élèves sont en train de devenir des futurs acteurs.
03:27Voilà un peu ce que je voulais vous dire,
03:29avec finalement aussi ces deux facettes qui sont, je crois,
03:31tristement incarnées pour la première par cet établissement,
03:34et remarquablement incarnées pour la seconde par cet établissement,
03:38et avec tous mes remerciements à l'équipe pédagogique,
03:39qui une fois encore, comme partout en France, a été absolument remarquable.
03:43Vous les trouvez où, les 3 000 professeurs ?
03:45Alors, nous avions, donc j'ai demandé à ce qu'on identifie l'ensemble des professeurs remplaçants,
03:52ce qu'on appelle les titulaires de zones de remplacement dans notre jargon,
03:55donc les professeurs remplaçants, qui n'étaient pas affectés devant l'élève.
04:00C'est pour ça que ça a pris quelques jours, et il y en a très précisément 3 024.
04:06Donc ces 3 024 professeurs, ils ont vocation évidemment à être affectés dans les établissements,
04:11soit en soutien, lorsque, j'allais dire, leur discipline ne correspond pas immédiatement à besoin,
04:17mais ça permet par exemple de prendre des petits groupes, de lutter contre grandes difficultés scolaires,
04:20ou d'ailleurs d'avoir du rattrapage pour des lycéens qui ont été privés de cours ces derniers jours,
04:26soit, et surtout, c'est ça l'objet, pour remplacer les professeurs qui sont absents,
04:33pour certains, depuis plusieurs semaines, avec, comme je vous l'ai dit, un ciblage prioritaire sur les 114,
04:40ce que j'ai appelé lycées en situation rouge, c'est-à-dire ceux qui ont vraiment un manque de
04:45professeurs depuis plusieurs semaines,
04:47et puis évidemment, en deuxième rideau, si je puis dire, les suivants.
04:51Et la deuxième chose, c'est qu'on a donc autorisé le recrutement de plusieurs centaines de professeurs
04:56supplémentaires par les rectorats, pour là aussi faire en sorte que dans les disciplines
05:00où on a vraiment une tension dans le vivier, c'est-à-dire qu'on n'a pas de remplaçant,
05:03on puisse en trouver très rapidement lors des prochains jours.
05:05– 3000 professeurs, monsieur le ministre, qui n'étaient pas devant élèves,
05:10c'est-à-dire, pourquoi ils n'étaient pas devant élèves ?
05:11Est-ce que c'était en raison d'une question géographique ?
05:14Est-ce que ça veut dire le fait qu'on va pouvoir étendre la zone géographique
05:17dans laquelle des professeurs TZR vont pouvoir être affectés tout en restant dans leur académie,
05:22comme vous l'avez indiqué hier soir ?
05:24– Alors, nous ne changeons pas les règles du jeu de leur affectation.
05:26En revanche, nous avons beaucoup travaillé sur l'optimisation de leur affectation.
05:31Alors là aussi, c'est pareil, si vous voulez, c'est le genre de choses qui ne se fait pas
05:33en huit jours.
05:33Donc en réalité, ça fait un an qu'on y travaille,
05:35puisque ça fait un an que j'ai lancé des travaux sur l'optimisation de nos systèmes d'information.
05:40Ça ne passionnait pas les foules.
05:41Mais maintenant, je suis content de voir que ça les intéresse.
05:44Et d'ailleurs, je suis content de voir que vous vous intéressez autant à ces expériences de l'éducation,
05:47alors que ça fait un an qu'il s'y passe à la fois des choses compliquées,
05:50mais aussi des choses merveilleuses, comme toujours dans la vie.
05:52Mais donc, au passage, on a donc travaillé depuis un an sur cet outil.
05:56J'en ai vu ce matin, d'ailleurs, l'utilisation en réctorat de l'académie.
05:59C'est un outil qu'on a aussi dopé à l'IA,
06:01et qui permet d'avoir une géolocalisation plus précise
06:07et qui mesure le temps de transport des professeurs.
06:10Et ça, ça nous aide évidemment à les affecter.
06:11Parce que si vous affectez quelqu'un à le bout de sa zone
06:14et que tous les jours, il fait je ne sais pas combien de temps en voiture, etc.,
06:17vous compliquez évidemment singulièrement sa tâche.
06:19Et donc, on a en fait optimisé nos processus.
06:22Ça, c'est la première chose.
06:23Et on a aussi optimisé, si je puis dire, la qualité de vie de nos remplaçants.
06:30Ces dispositifs-là, en fait, ils ont pour certains à peine quelques jours.
06:33Je vois qu'on a un peu boosté les choses ces dernières semaines.
06:36et ils nous permettent aujourd'hui d'utiliser toute la ressource disponible,
06:39c'est-à-dire ces 3 000 professeurs.
06:41Et donc, ces 3 000, ils sont déjà au courant de leur affectation ?
06:44Alors, ces 3 000 professeurs, donc, ils sont en cours,
06:47ils sont en train de contacter en direct, si je puis dire, par les académies.
06:50Je pense par exemple que celui qui va arriver à la réouverture du lycée en histoire-géographie
06:54doit être probablement appelé ce matin, vous voyez.
06:56Donc, c'est de cet ordre-là.
06:57Généralement, ça se passe en 12 à 24 heures.
07:01Et donc, ils vont connaître progressivement leur affectation dans la journée
07:04ou peut-être en début de semaine, parce qu'il y a évidemment toujours un petit temps de réglage.
07:08Je rappelle, vous savez qu'on a quand même 3 800 lycées, 3 millions d'élèves.
07:13Au passage, d'ailleurs, plus de 87% de ces lycées sont ouverts aujourd'hui.
07:16Je le signale aussi.
07:17Donc, c'est important.
07:17On a quand même des élèves qui sont devant des professeurs.
07:19Vous avez lancé presque 4 000 au lycée, là.
07:21Presque 4 000, vous avez dit.
07:22C'est-à-dire qu'en fait, il y a plus de 3 000 professeurs remplaçants qui sont déjà devant
07:25un élève.
07:26Enfin, qui vont donc être devant un élève.
07:28Il y a plusieurs centaines de recrutements supplémentaires.
07:30Donc, oui, on avoisinera probablement au total.
07:33Avec tout ce qu'on libère, on avoisinera probablement, on tutoiera probablement les 4 000 équivalents temps plein.
07:38Il y a des journalistes qui avaient montré que c'était très facile de se faire recruter comme remplaçants.
07:43Parfois, les recrutements étaient faits un peu à la va-vite, justement.
07:45Et qu'il y avait des personnes qui n'étaient pas forcément compétentes devant les élèves.
07:47Comment s'assurer que tous ces remplaçants, ils soient suffisamment compétents pour assurer leur tâche ?
07:52Alors, ces remplaçants, ce sont des personnes qui ont passé les concours.
07:55Améliorer la formation, vous payez, vous recrutez-vous ?
07:58Oui, bien sûr, mais alors, on va y venir après, madame, si vous voulez.
08:02Donc, ces remplaçants, ce sont des titulaires.
08:05Donc, ce sont des gens qui ont passé les concours.
08:07Et par ailleurs, on est effectivement en train de recruter des contractuels
08:09et qui seront évidemment recrutés dans des conditions de qualité suffisantes
08:15avec évidemment une audition par les inspecteurs, etc.
08:17Est-ce que vous comprenez néanmoins, monsieur le ministre,
08:19que pour les téléspectateurs, les lecteurs, les auditeurs
08:22qui ne sont pas trop familiers de systèmes éducatifs,
08:24c'est compliqué de comprendre qu'il y avait à date 3000 TZR,
08:273000 professeurs remplaçants titulaires,
08:30qui n'étaient pas devant une classe ?
08:32Bien sûr.
08:33Mais d'abord, je pense que tout le monde peut comprendre
08:35que le remplacement, c'est quelque chose qui, à l'échelle d'une population
08:37de 330 000 professeurs, bouge tout le temps.
08:39Vous voyez, c'est un organisme vivant, l'éducation nationale.
08:42Et puis, par ailleurs, il y a un moment, il faut dire les vérités.
08:45Je ne vais pas cacher le fait qu'il y avait 3000 personnes
08:47qui n'étaient pas actuellement affectées devant un lèvre.
08:48Elles l'auraient peut-être été dans trois semaines ou dans un mois.
08:50Mais pour l'instant, ce qui est sûr, c'est qu'elles ne le sont pas.
08:52Donc soit on se dit, c'est un peu compliqué,
08:55on va les garder en réserve, etc., etc., on verra plus tard.
08:58Soit on se dit, on les utilise dès maintenant, on les mobilise.
09:01Et moi, si vous voulez, j'ai un devoir de vérité quand même.
09:03On a un devoir de vérité et d'action.
09:05Bon, donc je dis les choses.
09:06Je crois les avoir toujours dites, d'ailleurs.
09:08Certains me reprochent d'être technique.
09:10Mais il y a un moment, en fait, technique, ça veut dire aussi
09:11qu'on dit la vérité des prix et qu'on arrête de mentir aux gens.
09:14Soit par omission, soit volontairement.
09:17Moi, je ne suis pas comme ça.
09:17Donc, il faut dire les choses.
09:19Les choses, c'est qu'il y avait 3000 professeurs hier
09:22qui n'étaient pas affectés devant un élève.
09:23Et donc, on peut affecter devant un élève.
09:25C'est quand même dommage de se priver de 3000 professeurs
09:27dans la situation où on a besoin d'en passant.
09:28Et par ailleurs, on doit une action aux élèves.
09:32Les élèves sont nombreux à parler du remplacement.
09:35Là-dessus, maintenant, ils savent qu'il y a un plan d'action engagé.
09:37Est-ce que tout sera parfait tout de suite, etc. ?
09:40Je ne sais rien.
09:41Mais en tout cas, on va pouvoir tenir les compteurs très précisément.
09:42Et je rendrai compte, d'ailleurs, très précisément
09:44au fur et à mesure sur l'évolution du nombre de lycées
09:46en situation rouge, etc.
09:48Mais ils vont très vite voir les choses changer dans leur quotidien.
09:50Rouge, orange, c'est quoi la distinction ?
09:52Est-ce qu'il y a un chiffre, un nombre de taux d'absence
09:55à partir duquel on dit ce lycée rouge, l'hôtel, un tel...
09:59Alors, on n'a pas pu y balaises, y compris parce qu'elle évolue tous les jours.
10:03Et donc, vous voyez, qu'une très probablement d'heure
10:05va se réduire considérablement au cours des prochaines heures
10:08et des prochains jours.
10:09Mais l'idée, grosso modo, c'est qu'on a regardé
10:12les établissements dans lesquels il y avait à la fois
10:14un nombre important de professeurs qui étaient absents.
10:18Donc, rapporté, évidemment, en volume.
10:20Mais ça peut être un, deux, trois professeurs absents, non remplacés.
10:23C'est-à-dire qu'ils étaient bien nommés en début d'année pour la plupart,
10:25mais ils n'étaient pas remplacés au moment d'être absents.
10:27Et par ailleurs, on a regardé la durée des absences.
10:29C'est-à-dire qu'on voit bien que le préjudice n'est pas le même
10:32en termes d'apprentissage si vous avez un professeur
10:34qui n'est pas là depuis la rentrée et qu'on n'a pas pu remplacer
10:36et si vous avez un professeur qui est malade pendant quelques jours.
10:39Et donc, la priorité, c'est que les établissements ne restent pas
10:42sans enseignement durablement, a fortiori.
10:44C'est un a fortiori, mais dans les classes avec sa main,
10:46parce que ça leur porte préjudice.
10:48Et comment on explique que ce travail n'a pas pu être fait plus tôt ?
10:51Dernière question.
10:51Et comme je vous le disais, en fait, c'est un travail qui est...
10:54Enfin, il ne faut pas ignorer ce qui a été fait précédemment.
10:56C'est un travail qui est fait depuis des années.
10:59Au passage, d'ailleurs, sur l'emplacement de courte durée,
11:01on a triplé le nombre de remplacements de courte durée en deux ans.
11:06Donc, il y a un travail qui est fait tous les jours.
11:09Après, la nouveauté, il faut encore tout ça avec une gestion
11:13de 440 000 personnes pour les collèges et les lycées.
11:17Après, l'autre dimension, c'est que quand vous en faites une priorité,
11:20fut-elle discrète, et que vous dopez aujourd'hui nos outils,
11:23notamment avec de l'IA qui permet d'éviter une fois encore
11:25d'affecter des gens trop loin de chez eux, etc.,
11:28mécaniquement, vous gagnez en efficacité.
11:30Et on a des professeurs qui voulaient être devant élèves,
11:32qui n'y étaient pas toujours parce qu'on n'avait pas les affectés,
11:33qui maintenant le sont et le sont mieux.
11:36On a un dernier bilan, juste, M. le ministre,
11:38du nom de personnels de l'éducation nationale
11:40qui ont été blessés depuis le début des mouvements.
11:44Malheureusement, la journée d'hier nous a fait passer
11:46le cap des 100 personnels blessés.
11:47Je n'ai pas encore de chiffre définitif.
11:49Je vais évidemment le communiquer prochainement,
11:51mais je ne l'ai pas en tête à cette heure.
11:52Mais on a malheureusement passé le cap de 100 personnels blessés.
11:55Et je salue une fois encore la qualité, le dévouement,
12:00on l'a encore vu ce matin, remarquable,
12:02des personnels de direction et de l'ensemble des personnels
12:05qui ont été victimes d'attaques en protégeant une fois encore
12:09notre bien le plus précieux, c'est-à-dire l'école,
12:11et en protégeant en réalité la possibilité pour nos élèves
12:15de poursuivre les cours, de revenir en cours,
12:18de préparer les examens, d'apprendre tout simplement,
12:21de grandir, de s'épanouir et de pouvoir s'exprimer
12:23dans un cas de légal.
12:24Merci.