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Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, était l'invité du Face à Face ce vendredi 2 octobre. Il évoque la mobilisation des lycéens et les débordements associés.
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00:00Bonjour Edouard Geffray, merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:03Vous êtes bien sûr le ministre de l'éducation nationale, colère lycéenne ou violences urbaines.
00:08Quelle réponse, quelle situation ce matin ?
00:11Très nombreuses questions évidemment, on vous attend sur toutes ces questions-là et en particulier sur la situation ce matin.
00:17Est-ce que vous avez des nouvelles ? Est-ce que vous savez combien de lycées bloqués, combien de lycées
00:21fermés ?
00:22Nous n'avons pas de chiffre de lycées bloqués ce matin, pas encore.
00:25En revanche, nous aurons un peu plus de 400 lycées qui seront fermés aujourd'hui.
00:29Soit parce qu'il y a eu des dégradations matérielles qui empêchent en fait l'accueil des lycéens.
00:33Je pense par exemple aux destructions de systèmes incendies et donc on ne peut plus accueillir des lycéens tant qu
00:37'ils n'ont pas été réparés.
00:39Soit parce qu'il y a des personnels qui ont été directement et délibérément visés.
00:43Et dans ce cas-là, il y a aussi mon devoir d'employeur qui est de protéger non seulement les
00:46élèves mais les personnels.
00:48Et dans ces hypothèses-là, l'établissement a été fermé aujourd'hui.
00:50Comment vous voyez la journée qui vient ? Vous aurez une rencontre, on va y revenir évidemment, avec les organisations
00:56syndicales.
00:56Mais est-ce que les éléments que vous avez, elles laissent imaginer un retour au calme ou au contraire une
01:04poursuite des mouvements ?
01:05À ce stade, c'est difficile à dire, notamment parce que ce qui circule sur les réseaux sociaux est généré
01:10par IA et généré par des gens qui ne sont pas les élèves des établissements.
01:15Et donc, ils peuvent laisser croire qu'il y a beaucoup d'abaissements concernés quand ce n'est pas le
01:18cas.
01:18Donc, c'est difficile à saisir. En revanche, ce sera, vous l'avez dit, une journée de dialogue, ça c
01:21'est sûr.
01:22Parce que je vais avoir aujourd'hui les organisations syndicales des personnels, les associations de parents d'élèves, les associations
01:28lycéens et les élus du Conseil de la vie lycéenne.
01:31Enfin ?
01:32Alors, non, pas enfin, parce qu'en fait, toute la semaine, on a vu, j'allais dire, des élus, notamment
01:37au niveau local, puisque l'une des difficultés de ce mouvement, c'est qu'il n'a pas de revendication
01:41nationale.
01:42Tout est parti de revendication locale, d'ailleurs assez diverse.
01:45Et en réalité, moi, ma conviction profonde, c'est qu'il y a des réponses qui pourront être trouvées très
01:50concrètes au niveau local.
01:51Et ça, on a déjà commencé à le faire.
01:52Mais quand je vous entends hier dire, dès lundi, une grande plateforme de concertation permettra à tous les lycéens qui
02:00le souhaitent, d'exprimer leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs propositions individuellement ou collectivement,
02:04chaque voix pourra être entendue, les contributions seront analysées localement et j'en organiserai une restitution nationale. Pensez-vous que
02:09ce soit à la hauteur ?
02:10Moi, je pense qu'aujourd'hui, nos jeunes, ils ont besoin de se sentir écoutés.
02:16Et donc, une plateforme ?
02:18Alors d'abord, c'est quand même... Pardon, mais...
02:20Non, mais ça me fait penser au grand débat, vous vous souvenez, après les Gilets jaunes ?
02:23Non, mais en fait, il y a deux...
02:24On ne sait pas ce que sont devenus les cahiers de doléances, on ne sait même pas s'ils ont
02:27été lus.
02:27Là, en l'occurrence, tout sera publié, mais surtout, il y a deux éléments, et soumis à l'IA, ce
02:31qui fait que justement, les gens pourront s'y interroger par eux-mêmes la base.
02:34Donc ça, c'est la première chose.
02:35Deuxième élément, ça rentre pour le coup, pour le coup, dans les codes de nos jeunes, parce qu'ils ont
02:39l'habitude d'aller très vite sur leur téléphone, etc.
02:41Et donc, j'allais dire, on utilise un outil qui est à leur portée.
02:44Puis, troisième élément, c'est que moi, je tiens à ce que l'expression puisse être à la fois individuelle
02:47et collective.
02:49Il y a des cadres collectifs organisés, notamment les conseils de vie lycéenne, qui sont actuellement réunis dans tous les
02:53établissements concernés.
02:55Il y a des instances académiques, il y a des instances nationales qui sont réunies en ce moment même.
02:59Mais il y a aussi des individus qui peuvent avoir besoin de s'exprimer sur ce qui ne va pas.
03:03Et ça donnera la possibilité comme ça d'avoir une photographie, si je puis dire exacte, puisque tous auront la
03:06possibilité de participer.
03:07– Les lycées qui, pour de nombreux d'entre eux, ont vécu des dégradations, des scènes de chaos, de cases,
03:14d'incendies, de jets de mortiers.
03:16Si on en vient d'abord à la question du bilan, on sait qu'il y a de nombreuses villes,
03:20que ce soit Nice, Dijon, Besançon, Valence, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Rennes, Saint-Etienne, Orléans, Strasbourg et Rouen,
03:25ainsi que leurs agglomérations, Nantes évidemment avec le lycée Nelson Mandela.
03:29Est-ce que vous avez une idée du nombre de lycées qui sont véritablement dégradés et même, j'allais dire,
03:35de la facture ?
03:36– Alors, il y a 1 207 lycées qui hier ont été perturbés ou bloqués. Ça, c'est la première
03:40chose.
03:41Depuis le début de la semaine, il y a probablement au moins plusieurs dizaines, voire plus d'une centaine de
03:47lycées,
03:47qui ont connu des dégradations, on va dire, sévères. Grilles renversées, loges incendiées parfois.
03:52Il y a même des logements de fonction qui ont été incendiés, il faut quand même le savoir.
03:55– Des logements de fonction dans lesquels il y avait des…
03:56– Des logements de fonction au lycée, dans un lycée à Lyon, qui était donc occupé par un personnel d
04:00'éducation nationale,
04:01qui a été saccagé par des individus extérieurs qui ont véritablement saccagé l'établissement.
04:07– Est-ce qu'il y a d'ailleurs des endroits où des incendies ont eu lieu,
04:12alors qu'il y avait des élèves, des professeurs qui ont été mis en danger ?
04:15– Hier à Nantes, vous avez vu le lycée Mandela dont l'entrée…
04:18Le lycée Mandela qui avait 10 ans, dont l'entrée a été ravagée par les flammes.
04:23Il y avait au moment où l'incendie s'est déclaré, 160 élèves en internat.
04:27– 160 élèves qui étaient à l'intérieur ?
04:29– À l'intérieur, en internat, qui ont été évacués évidemment par les personnels,
04:33auxquels je rends hommage d'ailleurs, parce que depuis une semaine,
04:35on a des personnes d'éducation nationale qui sont parfois visées
04:38et qui protègent une chose à laquelle je crois, qui s'appelle le service public de l'éducation.
04:43Et actuellement, ce qu'on voit, c'est une tentative de destruction dans certains endroits du service public de l
04:46'éducation.
04:46Donc quand on s'en prend au bâtiment, quand on s'en prend au personnel et que c'est un
04:50service public
04:51et que ce sont des agents publics, on cherche à détruire un service public.
04:53– On va en venir à la question de la responsabilité politique,
04:55puisque vous imputez notamment une forme de responsabilité à LFI et ses proxys,
05:00c'est les mots utilisés par Matignon hier.
05:03Mais comment vous distinguez ?
05:04Vous dites qu'il s'agit d'individus extérieurs au lycée.
05:07Et comment vous faites pour distinguer les casseurs ou ces individus
05:12dont vous dites qu'ils viennent pour détruire le service public de l'éducation et les lycéens ?
05:17– Alors quand on regarde ce qui se passe,
05:20et notamment j'appelle les proviseurs qui ont été blessés,
05:23pour savoir d'abord prendre leurs nouvelles.
05:24– Combien de proviseurs blessés ?
05:25– Alors à ce stade, on a eu 65 personnels blessés,
05:28on a eu 40 proviseurs parmi eux qui ont été blessés, 40 quand même.
05:31Donc je les appelle au fur et à mesure pour avoir évidemment de leurs nouvelles
05:34et puis pour leur apporter mon soutien.
05:36la plupart me disent, les personnes que j'avais en face de moi,
05:38ce n'étaient pas mes élèves.
05:40Quand même, au moment des faits violents.
05:44Donc on a des individus violents,
05:45ça a été aussi documenté par le renseignement territorial,
05:48qui ont été, prennent en otage le mouvement,
05:51infiltrent les groupes de lycéens,
05:53et ensuite évidemment des lycéens qui, j'allais dire,
05:56dans la chaleur du moment, suivent.
05:58Mais au départ, on n'a pas forcément de lycéens violents,
06:01ou en tout cas très peu.
06:02On a des individus extérieurs, très clairement,
06:04ça c'est documenté, qui sont là pour nuire.
06:07Actuellement quand même, quand vous avez des tirs de mortiers,
06:08je rappelle que les mortiers, ce n'est pas en vente libre.
06:10Vous ne les trouvez pas à l'épicerie à côté de chez vous.
06:12Donc ces gens-là aussi ont une logistique qui leur permet de faire ce qu'ils font.
06:15Une logistique, ça veut dire une organisation,
06:17ça veut dire une volonté, une anticipation.
06:18On va y venir, mais vous parliez des dégâts.
06:21Un certain nombre de présidents de régions,
06:23Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France,
06:26disent que les chiffres sont considérables,
06:28qu'ils se chiffrent à plusieurs millions d'euros de dégâts.
06:31Gérald de Darmanin dit qu'il va falloir que les casseurs payent,
06:34voire même y compris les parents.
06:37Quelle est votre position là-dessus ?
06:39Moi là-dessus, d'abord c'est effectivement les collectivités locaux
06:41qui engagent des financements potentiellement énormes,
06:43et c'est autant d'argent qui n'est pas mis dans la rénovation des bâtiments.
06:48Donc c'est quand même un peu embêtant,
06:49parce que par ailleurs, il y a quand même un gros travail fait par les régions
06:51pour rénover les bâtiments.
06:52On parle du lycée Paul-Éloire de l'autre jour, à Saint-Denis,
06:54il y a 45 millions d'euros qui sont engagés pour des travaux
06:56qui ont commencé cet été quand même.
06:58Donc il y a de l'argent qui est mis sur la table par les régions.
07:00Et donc tout ça, c'est de l'argent et des moyens qui sont distraits.
07:04Deuxième élément, qui paye ?
07:06Ça, c'est ça, j'allais dire, d'abord il y a un cadre légal,
07:08c'est-à-dire que je rappelle que quand on attrape un casseur
07:10et qu'il a cassé quelque chose,
07:10il peut être condamné à réparer ce qu'il a payé.
07:13Et après, il y a effectivement, j'allais dire,
07:15des débats entre les régions et les us locaux.
07:16Mais ça, c'est une autre histoire.
07:17Et certains évoquent, c'est le cas de Bruno Retailleau,
07:20je crois que ça a été évoqué aussi par une partie de la droite et du centre,
07:23l'idée de revenir à la loi Casseur,
07:25qui était une loi qui a été en vigueur jusqu'en 1981,
07:28qui est une loi qui disait que tous ceux qui participent
07:31sont co-responsables.
07:32Et d'ailleurs, se partagent en quelque sorte la facture.
07:35C'est une loi à laquelle François Mitterrand avait mis fin.
07:37Mais l'idée que ce n'est pas parce que vous n'êtes pas celui
07:39qui avait vraiment tenu le marteau pour casser, par exemple, une barrière,
07:42eh bien, que vous n'êtes pas aussi responsable
07:44et qu'il faut partager la facture de manière à ce que ce ne soit pas
07:47le contribuable qui paye.
07:47Qu'est-ce que vous pensez de cette idée ?
07:48Moi, le principe du qui casse-paye, je n'ai pas de problème.
07:52Après, dans ce genre de mouvement, on a beaucoup de lycéens
07:53qui, en fait, sont à moitié spectateurs
07:56ou se font surtout confisquer leur mouvement.
07:58C'est le cas quand même actuellement.
07:59Ils sont en train de se faire confisquer le mouvement par des individus.
08:01Je suis plus prudent.
08:03Vous avez parlé, c'est Matignon précisément,
08:07d'un mouvement de blocage des lycées
08:10par manœuvre organisée par LFI
08:12et ses proxys de l'ultra-gauche.
08:15Qu'est-ce que vous voulez dire ?
08:17Quand on regarde le film de ce qui s'est passé,
08:19les événements commencent le 18 septembre
08:21au lycée Saint-Exupéry à Créteil,
08:23où il y avait, objectivement, des problèmes,
08:25notamment de ressources humaines.
08:26Et c'est d'ailleurs notamment les professeurs
08:27qui, à ce moment-là, sont soutenus par leurs élèves.
08:30Il y avait un mouvement réel
08:32et avec, objectivement, une situation qui n'était pas normale.
08:35Au passage, ce qu'on a résolu
08:36pour la quasi-totalité dans la semaine qui est suivie, quand même.
08:39Parce qu'il manquait une infirmière,
08:40il manquait un directeur des travaux,
08:41il manquait une proviseur adjointe.
08:42Tout ça a été pourvu dans la semaine qui est suivie.
08:44Donc on a réagi et on a trouvé des solutions.
08:46Mais très clairement,
08:47trois jours plus tard, c'est-à-dire dès le 21 septembre,
08:49le lundi 21,
08:50vous avez un député LFI
08:52qui vient sur site,
08:53qui harangue la foule
08:55et qui incite sur les réseaux sociaux,
08:56ensuite, à propager le mouvement.
08:58Et ensuite, vous avez les députés LFI,
08:59Louis Boyard,
09:00vous avez les députés LFI ensuite
09:01qui font le tour des établissements
09:03en incitant au blocage,
09:05aux manifestations, etc.
09:06Et au moment où les choses dégénèrent,
09:08et c'est là que, pour le coup,
09:08il y a quand même un sujet,
09:09au moment où les choses dégénèrent,
09:11où des individus extérieurs
09:12commencent à tirer des mortiers, etc.,
09:13au risque de blesser les élèves,
09:15ces mêmes élus
09:17incitent à l'extension des blocages.
09:19Et c'est là que moi, je dis que c'est irresponsable,
09:21c'est quand on a responsabilité des mineurs,
09:22pardon,
09:22moi j'ai la responsabilité de 12 millions de mineurs.
09:25Aujourd'hui, il y a une chose que je sais,
09:26c'est que les envoyés sur des lieux de blocage,
09:29c'est les mettre en danger
09:30compte tenu des éléments qu'il y a autour.
09:31Et ça fait une semaine que je le dis.
09:33Il faut dialoguer.
09:33Je rappelle, pour ceux qui nous rejoignent,
09:35que vous êtes le ministre de l'Éducation nationale.
09:37Vous dites, si je vous écoute bien,
09:40qu'ils ont organisé ces blocages.
09:42C'est-à-dire, le premier Créteil,
09:44vous dites que c'est un mouvement spontané
09:46de professeurs et d'élèves,
09:49et j'ai le sentiment que vous donnez
09:50à ce premier mouvement une certaine légitimité.
09:53mais vous laissez entendre
09:55que la suite aurait été orchestrée,
09:58organisée, à la manœuvre.
09:59Qui, au fond, l'œuf et la poule ?
10:01Qui commence ?
10:02Qui incite ?
10:03Une fois encore, au départ,
10:04on a un mouvement,
10:05qui est un mouvement que je considère
10:07comme, j'allais dire, vraiment audible
10:09et auquel je réponds en plus.
10:11Mais après, il y a une part de mobilisation spontanée
10:15et puis il y a aussi une part de structuration
10:16et surtout de légitimation d'un mouvement.
10:18Quand vous avez des élus
10:19qui font autour d'un centre d'établissement
10:20et qui incitent publiquement au blocage,
10:22on ne peut pas dire qu'ils n'ont pas joué un rôle.
10:24Aujourd'hui, chercher à se défausser
10:25en disant non, non, non, c'est pas nous,
10:26c'est pas possible.
10:27Ils ont contribué très clairement
10:28à la cristallisation du mouvement.
10:30Mais ils l'ont assumé.
10:30Jean-Luc Mélenchon estime
10:31que c'est aussi l'inverse,
10:33que c'est les policiers,
10:35que c'est d'abord la responsabilité
10:37du gouvernement et des élus
10:38depuis longtemps
10:39d'avoir abandonné les lycées.
10:40Mais il dit ensuite
10:41que la sauvagerie policière,
10:42je le cite,
10:44avec aussi des accusations de racisme
10:45à l'endroit de l'État,
10:48ont envenimé les choses
10:49avant de dire hier
10:50que les insoumis appellent,
10:51je cite, à la non-violence
10:52des méthodes de lutte.
10:53Écoutez, je suis ravi
10:54qu'il appelle à la non-violence
10:55parce qu'il est temps.
10:56Parce que quand on emploie
10:56un vocabulaire
10:57de type discipline de combat,
11:00lutte, bloquer tout, etc.,
11:03avec des mineurs,
11:04il ne faut pas se demander ensuite
11:06si les interprétations sont subtiles.
11:09Et donc je suis très heureux
11:10qu'il appelle enfin la non-violence.
11:11Ça, c'est une bonne nouvelle.
11:12Mais de manière générale,
11:13si vous voulez,
11:13on peut chercher après ça
11:14la responsabilité indéfiniment.
11:15Non, il y a eu très clairement,
11:17et c'est leur choix politique,
11:19ils ont assumé dès le départ
11:21de vouloir cristalliser,
11:23reprendre et étendre le mouvement.
11:24Bon, c'est comme ça.
11:26Maintenant, ce qui compte,
11:26parce que, par exemple,
11:27moi, je suis responsable,
11:28au bout d'un moment,
11:29et notamment de mes élèves.
11:31Maintenant, ce qui compte,
11:31c'est de faire en sorte
11:32que nos enfants ne soient plus
11:33dans la rue
11:33parce qu'ils sont en danger.
11:35Donc ça veut dire
11:36qu'il faut que tout le monde
11:37se mobilise.
11:38On est une communauté éducative.
11:40Donc les parents,
11:41très clairement,
11:41doivent se mobiliser
11:42et doivent dire à leurs enfants
11:43ne pas être là-dedans.
11:44Les parents doivent se mobiliser ?
11:45Vous estimez que les parents
11:46ont une forme de responsabilité ?
11:47Non, mais je pense qu'actuellement,
11:49si vous voulez,
11:49c'est assez intéressant.
11:50La façon dont c'est traité,
11:51c'est comme si c'était
11:51un tête-à-tête
11:52entre l'État et les mineurs.
11:53Mais l'école,
11:54ce n'est pas un tête-à-tête
11:55entre l'État et les mineurs.
11:56L'école, c'est une communauté éducative.
11:58Vous avez des parents,
11:58vous avez des élèves,
11:59vous avez des professeurs.
12:00Donc vous leur dites
12:01calmer vos enfants ?
12:03Surtout, aidez-nous
12:04à les protéger.
12:05Aidez-nous à les protéger.
12:06J'avais Émilie tout à l'heure,
12:08une mère de famille,
12:09son fils est en première
12:10au lycée Balzac à Tours.
12:11Elle était en larmes
12:12quand elle m'a appelée sur RMC.
12:14Ça fait trois jours
12:15qu'elle demande à son fils
12:15de rester chez elle
12:17parce qu'elle a peur pour lui.
12:18Elle dit j'ai peur
12:19et je ne sais pas où on va.
12:20Et elle accusait d'un côté
12:23l'extrême-gauche,
12:24disait-elle,
12:25d'une forme de responsabilité.
12:27Mais elle disait de l'autre côté
12:28l'État n'est pas capable
12:29de tenir les choses.
12:30Elle vous sentait
12:31complètement débordée.
12:32Et elle disait par ailleurs,
12:33il n'y a aucun plan B.
12:34Moi je lui disais
12:35mais est-ce que votre fils
12:35a au moins des cours à distance ?
12:37Elle me disait non,
12:37il a reçu un polycopié en PDF.
12:40Ça ne sont pas des cours à distance.
12:41Elle était désespérée.
12:42Alors, il y a plusieurs choses.
12:44D'abord, je comprends
12:46qu'elle soit évidemment inquiète
12:46mais il faut reprendre
12:48les choses dans l'ordre.
12:49Aujourd'hui, il existe
12:50dans tous les établissements
12:51comme au niveau national
12:52des instances de dialogue
12:53qui sont en train de se réunir
12:54et qui fonctionnent.
12:55Et donc il faut dire à nos jeunes
12:57qu'ils sont représentés,
12:58qu'il y a des discussions,
12:59qu'il y aura des solutions
13:00et qu'ils pourront tous s'exprimer
13:02dès lundi, y compris individuellement
13:04pour pas, j'allais dire,
13:05être pris dans un moment...
13:06Mais honnêtement, j'ai l'impression
13:07que c'est quasiment un numéro vert
13:08que vous nous mettez en place.
13:09C'est-à-dire que je ne sais pas
13:10si c'est audible,
13:12si ça peut même passer
13:13le mur du son de ces...
13:15Il y a une question de savoir
13:16si la démocratie est encore audible
13:18quand tout le monde appelle
13:18à la contourner.
13:20C'est ça le problème.
13:21Si vous faites un court-circuit
13:22de la démocratie par la violence,
13:23évidemment la démocratie
13:24est au moins audible.
13:24Mais dans un état de droit,
13:26c'est ce à quoi je crois
13:26et ce que je sers,
13:27c'est quand même la démocratie
13:28qui permet d'en sortir.
13:29La démocratie,
13:30c'est se réunir dans des instances
13:33avec des élus
13:33ou même sans élus d'ailleurs.
13:35Les gens que je vais recevoir
13:36cet après-midi
13:36ne sont pas tous élus
13:37et ce n'est pas grave.
13:37Mais est-ce que vous ne regrettez pas
13:38de ne pas...
13:39Justement, vous dites
13:39que vous croyez au dialogue
13:40et à la démocratie.
13:41Est-ce que vous ne regrettez pas
13:42de ne pas leur avoir parlé plus tôt ?
13:44Mais la difficulté qu'on a eue,
13:45si vous voulez,
13:46c'est qu'une fois encore,
13:46si je prends le cas
13:47de Saint-Exupéry,
13:48nous avons traité
13:49un certain nombre de sujets
13:50depuis le mouvement s'est étendu
13:52et on voit bien
13:52que l'une des difficultés,
13:53c'est que c'est un mouvement
13:53qui n'a pas de revendication nationale.
13:55On n'est pas sur quelque chose
13:56de classique.
13:57Il n'y a pas un gros objet
13:58contre lequel les saints
13:59sont mobilisés
13:59et on pourrait discuter.
14:01Il y a un ensemble
14:02de revendications,
14:03souvent d'ailleurs très ancrées
14:05dans une réalité locale
14:06et donc aujourd'hui,
14:07l'enjeu, c'est à la fois
14:08de répondre à ces revendications locales
14:09et puis pour ce qui est
14:10du national,
14:11de distinguer les sujets,
14:11de l'apprendre avec eux.
14:12Mais quand on regarde,
14:13hier soir,
14:14vous avez annoncé
14:14que vous alliez renoncer
14:16dans le budget
14:17à remettre des frais d'inscription
14:19à l'entrée des BTS.
14:20Ça veut donc dire
14:20qu'ils ont bien fait
14:21de se mobiliser ?
14:22Alors ça, en l'occurrence,
14:23c'est pas le fruit
14:24de la mobilisation lycéenne
14:25et c'était quelque chose
14:26qui était parti bien avant,
14:27évidemment,
14:27dans le projet de loi,
14:28dans les travaux du projet de loi.
14:30Et d'ailleurs,
14:30l'idée, c'était quand même,
14:31là aussi,
14:31dans un cadre démocratique,
14:32qu'on ait un débat parlementaire
14:34sur une vieille question
14:36qui est que,
14:36notamment en classe préparatoire,
14:37aujourd'hui,
14:38vous avez un certain nombre
14:39d'élèves qui sont très favorisés,
14:40on ne parlait pas des boursiers
14:40et qui ne payent pour autant
14:41aucun frais.
14:42Bon,
14:43j'ai parlé hier
14:43avec les organisations syndicales.
14:45Je parlais avec les filles,
14:46je parlais avec les organisations syndicales
14:47qui,
14:48en conseil de superéducation,
14:49parce qu'il y avait
14:49conseil de superéducation,
14:51il y avait une inimité
14:52pour dire que ce n'était pas
14:53une bonne idée
14:55et donc,
14:55j'ai annoncé dès hier soir
14:57que, bien sûr,
14:57on prendrait l'initiative
14:58de le retirer.
14:59Sur les APL,
15:00est-ce que vous le ferez aussi ?
15:01Ça n'est pas forcément
15:03votre domaine de ces salariés du logement,
15:04mais ça touche beaucoup les jeunes ?
15:06Moi, je parle de ce qui me concerne
15:07et c'est une autre question.
15:09Mais sur ce sujet-là,
15:10en tout cas,
15:11très clairement,
15:11j'ai dit qu'on retirait la question,
15:13mais une fois encore,
15:13le cadre démocratique
15:15doit permettre
15:15de traiter tout ça.
15:16Cet après-midi,
15:17vous allez leur promettre quoi ?
15:18Vous allez leur dire quoi ?
15:19Ils appellent déjà
15:20à une journée décisive
15:22mardi prochain,
15:22le 6 octobre.
15:23D'abord,
15:24je vais les écouter.
15:25Pardon,
15:26mais c'est quand même ça la base.
15:27Parce qu'aujourd'hui,
15:28je ne suis pas sûr d'ailleurs
15:29qu'ils soient très écoutés,
15:30y compris médiatiquement.
15:30On les montre beaucoup,
15:31on montre beaucoup la casse.
15:32Nous, on a reçu beaucoup.
15:33J'ai reçu plusieurs
15:34des leaders syndicaux.
15:35Vous allez les écouter.
15:38J'ai su par mes confrères
15:39d'RTL
15:39que hier matin,
15:40alors que vous étiez
15:41physiquement dans les mêmes locaux,
15:43vous-même,
15:43ainsi que le leader lycéen,
15:46vous ne vous êtes même pas parlé.
15:48Vous n'avez pas profité
15:49de cette occasion
15:49en vous disant
15:50je vais aller le voir,
15:51je vais lui parler.
15:53Vous vous disiez quoi ?
15:54Que ce n'était pas le moment ?
15:55Que vous attendiez quoi ?
15:56Déjà,
15:57c'est pas forcément le moment
15:57dans l'entrée d'un studio
15:58de commencer
15:59à avoir une discussion de fond.
16:00Je l'ai salué
16:01et à l'entrée
16:02et à la sortie.
16:03On n'a effectivement
16:03pas eu une discussion de fond.
16:04Il se trouve que je le reçois
16:06cet après-midi
16:06s'il le souhaite.
16:07Je l'ai invité cet après-midi
16:08donc je pense qu'il sera là.
16:10C'est le représentant de l'USA.
16:11Ah, il n'a pas reprendu encore ?
16:12Écoutez,
16:12je n'ai pas vérifié ce matin
16:13avec mon secrétaire.
16:14Mais en quoi hier,
16:14il ne vous avait pas apprendu ?
16:15Il est invité en tout cas
16:16et je pense qu'il sera là
16:17et qu'on pourra avoir
16:18une vraie discussion.
16:20Comme d'ailleurs
16:20avec les autres associations lycéennes
16:21parce qu'il n'y en a pas qu'une
16:22et comme avec les élus lycéens.
16:24Je rappelle qu'il y a des élus lycéens
16:25partout en France.
16:26Et donc,
16:27pour reprendre ce qu'on faisait
16:28tout à l'heure
16:28parce que c'est comme ça
16:28qu'il est important.
16:29Un, on écoute.
16:30Deux, on voit ce qui relève
16:31de sujets nationaux
16:33et on traite les sujets nationaux.
16:35Et après, au niveau local
16:36et tous les recteurs
16:37sont en train de le faire
16:37et tous les témoins
16:38sont en train de le faire.
16:39On regarde ce qui relève
16:40du niveau local
16:40et on traite ce qui relève
16:41du niveau local.
16:42Il faut traiter les sujets
16:43que les lycéens nous communiquent.
16:46Ça, c'est clair.
16:48Mais ça se traite
16:49dans un cas d'une fois encore
16:50démocratique.
16:50Est-ce que vous aviez anticipé ?
16:51On a quand même l'impression
16:51que ce mouvement
16:52vous a largement échappé.
16:54Pour reprendre les mots
16:55d'Émilie, cette mère de famille,
16:56elle estimait d'ailleurs
16:57que ça avait échappé
16:57à tout le monde,
16:58y compris aux lycéens
17:00de l'origine du mouvement.
17:03Mais est-ce que ce mouvement
17:03vous a pas largement échappé ?
17:05Est-ce que vous l'avez pas
17:05sous-estimé ?
17:06Vous disiez,
17:07ça a commencé le 18 septembre.
17:08C'est vendredi dernier.
17:10Je n'aime pas beaucoup
17:11tweeter, encore moins,
17:12en mode alerte.
17:13Vendredi dernier,
17:15j'ai publié exprimant
17:17sur les réseaux sociaux
17:18en disant
17:19n'appelons pas
17:20à la génération des blocages.
17:21C'est irresponsable
17:22parce qu'on va mettre
17:23nos enfants en danger.
17:24Simplement,
17:25à ce moment-là,
17:26toute la France
17:26était publiée par un autre événement
17:27ou demeurant d'ailleurs
17:28qui s'est bien passé
17:28qui est la visite papale.
17:29On a presque envie
17:30qu'il revienne là,
17:30honnêtement,
17:31pour apaiser les choses.
17:31Oui, mais enfin,
17:32je veux dire,
17:33moi, vendredi dernier,
17:34j'étais déjà en train de dire
17:35et on était tous en train de dire
17:36attention,
17:37il y a quelque chose
17:37qui est en train de se passer.
17:38Ce mouvement est en train
17:39de se faire récupérer
17:40par des tiers.
17:41Donc, vendredi,
17:42vous avez l'impression
17:43de ne pas être entendu ?
17:44Non, ce n'est pas
17:45que je n'ai pas été entendu,
17:45c'est qu'il y a des gens
17:46qui ont continué sciemment
17:47à aller faire le tour
17:48des blocages
17:49et à attiser les flammes.
17:51Donc, effectivement,
17:52maintenant,
17:52on a une situation
17:53qui s'est dégradée
17:54parce qu'en fait,
17:55le mouvement a changé de nature,
17:57parce qu'il a été pris en otage
17:58très clairement
17:59par des groupuscules violents
18:00et c'est à ça
18:01qu'il faut mettre fin.
18:02Aujourd'hui,
18:03la question des lycéens,
18:04au fond,
18:05l'urgence,
18:06c'est la question
18:06de la lutte contre la violence.
18:08Quand vous dites
18:08des groupuscules violents,
18:09vous avez parlé,
18:10Matignon a parlé de LFI,
18:12de ces proxys d'ultra-gauche.
18:14Je recevais tout à l'heure
18:16le président de la région Grand Est
18:19qui disait qu'il y avait
18:20y compris
18:20des éléments internationaux,
18:22des gens qui venaient
18:23notamment d'Allemagne
18:25ou de Suisse,
18:26comparables, disait-il,
18:28à des situations
18:29de black bloc
18:29où on a des personnels,
18:31des personnes qui sont
18:32effectivement d'une sorte
18:33de lutte internationale.
18:35Est-ce que c'est aussi
18:35ce que vous constatez ?
18:37Alors,
18:38qui sont les profils ?
18:39Je crois juste un point.
18:41L'urgence,
18:42pour moi,
18:42en tant que l'Université Nationale,
18:44c'est les élèves
18:44et c'est les lycéens.
18:46Ça, c'est mon urgence.
18:47Et par ailleurs,
18:49il y a une nécessité
18:50d'ordre public
18:50qui relève du ministère
18:51à l'intérieur
18:52qui est de faire en sorte
18:53que des éléments
18:54ultra-violents,
18:54et donc là-dessus,
18:55je n'ai pas d'éléments
18:55à vous donner
18:55pour savoir s'ils viennent
18:56de l'étranger ou pas,
18:57mais a priori,
18:57ils sont quand même
18:58essentiellement du territoire national.
19:00Mais ça, c'est un sujet intérieur
19:01pour faire en sorte
19:02que ces éléments ultra-violents
19:04ne puissent pas nuire
19:04ni à nos services publics,
19:06ni aux biens,
19:07ni aux personnes.
19:08Edouard Jeffray,
19:10comment vous voyez la suite ?
19:11Vous avez dit tout à l'heure
19:12« j'ai alerté sur le fait
19:15que nos enfants
19:16étaient en danger ».
19:17Est-ce que vous redoutez
19:18un drame ?
19:20Quand vous avez
19:20des éléments violents,
19:22enfin ultra-violents,
19:23comme ceux qu'on a vus,
19:23hier, ils ont mis feu
19:24à un établissement
19:25dans lequel j'avais
19:26160 internes quand même.
19:28Quand même !
19:29Enfin, il faut se rendre compte
19:30de ce qui se passe.
19:31J'ai des personnels
19:32de la région à Marseille
19:34qui ont été aspergés d'essence
19:35parce qu'ils tentaient
19:36d'éteindre un incendie
19:36et on leur a tiré dessus
19:37des pétards.
19:39Donc, si la question
19:40est de savoir
19:41si dans un contexte
19:43de violence comme ça,
19:44il est possible
19:44qu'il y ait un drame
19:45qui à la fin se tourne
19:45contre nos élèves,
19:46contre le personnel,
19:47enfin, moi pardon,
19:48je considère déjà
19:49que des drames,
19:51certes pas ultimes,
19:53mais enfin quand même,
19:54il y a eu des situations dramatiques.
19:55Et c'est pour ça
19:56qu'une fois encore,
19:57je rappelle
19:58et j'appelle vraiment
19:59tout le monde
19:59au calme et à l'apaisement.
20:00La classe politique,
20:02les élèves,
20:03les jeunes qui essayent
20:04de les récupérer,
20:06il faut que tout le monde
20:06Vous estimez que la réponse
20:07policière a été proportionnée,
20:09c'est ce qui leur avait été demandé,
20:11proportionnée,
20:11mais on sait que 4 enquêtes
20:12de l'IGPN ont été ouvertes,
20:14au moins 4.
20:15Je crois que vous dites
20:16vous-même les chiffres
20:17et d'ailleurs les termes.
20:18Laurent Nunez
20:19a demandé une réponse policière
20:20qui soit évidemment
20:22et strictement proportionnée
20:23et qui tienne compte
20:23notamment de nos élèves
20:25pour les protéger.
20:27Ensuite, vous avez des gens
20:27qui s'infiltrent,
20:28qui sont ultra violents
20:29et c'est là que les choses
20:30deviennent évidemment plus compliquées.
20:31D'où l'importance
20:32pour les élèves
20:32d'être en cours
20:33ou d'être chez eux.
20:34Et puis,
20:35il y a effectivement
20:354 enquêtes
20:36qui ont été ouvertes
20:37pour mettre à jour
20:40des éventuels
20:42manquements
20:43de certains policiers
20:45aux obligations
20:46qui passent sur eux.
20:46Merci beaucoup Édouard Geffray
20:48d'avoir répondu
20:49à nos questions
20:50ce matin.
20:51Ministre de l'éducation nationale.
20:53Sous-titrage Société Radio-Canada
20:53Merci.