Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 minutes
Dans son édito du 09/10/2026, Paul Sugy revient sur les blocus des lycées.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Au fond, quand on parle d'une génération, rien n'est jamais plus mensonger que l'usage du singulier.
00:04Dire ainsi, la jeunesse a rarement eu de sens.
00:06Comme leurs aînés, les jeunes françaises sont une génération fragmentée.
00:10Et parmi les clivages qui fracturent cette jeunesse,
00:12donc on en voit un se dessiner sous nos yeux depuis quelques jours,
00:15il y a ceux qui sont pour les blocages et ceux qui sont contre.
00:18La minorité activiste qui revendique bruyamment,
00:22et puis face à elle, la majorité silencieuse,
00:24qui, elle, aimerait simplement continuer d'étudier normalement,
00:27sans être assimilé aux formes grégaires et violentes que prend le mouvement de colère des lycéens.
00:31Alors, ces deux camps ont désormais chacun leur visage.
00:34Vous voulez nous parler ce matin d'Éloine et de Louise.
00:36Oui, je suis sûr que vous les connaissez déjà.
00:38On les connaît si on va sur les réseaux sociaux.
00:41Sur les réseaux sociaux, un peu à la télévision ici depuis quelques jours.
00:44Ce sont donc deux jeunes, un lycéen parisien, face à lui une étudiante champenoise.
00:48Ils se sont affrontés sur un plateau de télévision mercredi soir,
00:50mais par leur parcours respectif, aussi bien que par leur discours sur les réseaux et à la télévision,
00:55ils se distinguent, au fond, comme chacun le messager de leur camp respectif.
00:59Éloine, d'abord, est un meneur de bande, proche de la France insoumise.
01:03Quand il ne surjoue pas une forme de personnage de cinéma sorti d'un autre âge,
01:06en exagérant ses mimiques ou en forçant la voix à la télévision,
01:09il s'égosillait devant ses camarades en criant « à cab » dans un mégaphone.
01:13Tous les flics sont des bâtards.
01:15C'est ce qu'il dit.
01:15À la télévision, il prend ses interlocuteurs de haut,
01:19il parle à Bérénice Levesque, pourtant une éminente enseignante,
01:22sans déférence aucune.
01:24Il défend les professeurs, mais lorsqu'il en a un en face de lui,
01:27il n'est pas capable de le respecter.
01:29Face à lui, donc, Louise Montangon émarge à l'Uni
01:32et figurait sur une liste du RN au municipal.
01:35Sa verve n'est pas surjouée, mais elle est parfois chirurgicale.
01:38Quand, sur un plateau de télévision face à elle,
01:40un lycéen se plaint de son emploi du temps trop chargé,
01:43elle s'en empare, regarde précisément ce qu'il en est
01:46et lui fait observer qu'il commence à 10h le lundi et mardi,
01:48sort à 15h le vendredi.
01:50Le petit pépère devrait survivre.
01:51Face à Gabrielle Attal, elle accuse l'ancien Premier ministre,
01:54sans se laisser démonter, d'être le visage du laxisme
01:57et de la chute du niveau scolaire.
02:00Et quand elle rencontre Judith Vintraub du Figaro
02:02pour se livrer un petit peu,
02:03elle n'a pas de mots assez durs pour décrire les Blackbourges,
02:06ces bourgeois et fils de bourgeois,
02:08qui se distraient entre deux cours magistraux parisiens,
02:10en singeant une révolution,
02:11qu'ils n'auront de toute façon pas besoin de faire,
02:13puisque leur place à eux au sommet de la méritocratie est assurée.
02:16Paul, j'ai le sentiment qu'entre Éloine et Louise,
02:18vous avez une légère préférence.
02:19Je vous mets au défi de le prouver, Romain.
02:21Mais remarquez quand même le paradoxe de la situation.
02:23On découvre, avec le récit que nous fait Louise,
02:27qu'une étudiante de droite aujourd'hui dans une faculté de France
02:29ne peut pas aller suivre ses cours en présentiel
02:31parce qu'elle est menacée à cause de ses idées.
02:34Et j'ai le sentiment qu'il y a un paradoxe
02:35dans toute la séquence qu'on a vécue,
02:36c'est-à-dire que les lycéens puis les étudiants
02:39qui, pendant deux semaines, ont manifesté bruyamment,
02:41auront au fond permis que la majorité silencieuse,
02:43celle représentée par cette étudiante,
02:45et bien à la fin tire les marrons du feu
02:47et va probablement sortir renforcée politiquement de cette séquence.
02:52Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations