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  • il y a 5 heures
Animé par Sébastien Crépel.
La Fête de l’Humanité sera, cette année encore, le lieu pour débattre librement et en toute franchise.
Et parce que le peuple de gauche a besoin de perspectives mobilisatrices.

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Transcription
00:00Merci d'être là. Bonjour Sophie.
00:03Bonjour, je crois qu'on est chaud pour faire une manif là en fait.
00:06La manif ça sera après le débat.
00:09Comment ça après ?
00:11Pendant si vous voulez, en condition que ce ne soit pas trop bruyant.
00:14En tout cas nous sommes très heureux de te recevoir pour la première fois à l'Agora en tant que
00:19secrétaire général de la CGT.
00:21Tu avais déjà participé à des débats précédents, à d'autres fonctions.
00:25Notre invitation coïncide avec une rentrée difficile pour une majorité de salariés et de leur famille,
00:33pris à la gorge par un coût de la vie qu'ils n'arrivent plus à suivre,
00:36alors que les salaires, les pensions, les allocations ne suffisent plus pour faire face aux dépenses de la vie courante.
00:43On leur dit du côté du pouvoir que cela pourrait être pire,
00:47que des mesures ont été prises pour protéger leur pouvoir d'achat,
00:51que le pire est derrière nous, et on leur conseille de serrer les dents en attendant des jours meilleurs.
00:57En tout cas les syndicats, eux, invitent les travailleurs à reprendre le chemin de la lutte tous ensemble
01:02avec une journée d'action interprofessionnelle le 13 octobre.
01:07Tu nous diras dans quelques instants ce que tu penses de cette situation,
01:12ce que tu attends aussi de cette rentrée sociale.
01:15On parlera aussi de la répression anti-syndicale qui frappe durement les syndicalistes,
01:23de la transition écologique qui questionne en profondeur le travail, sa finalité, les productions.
01:31On parlera aussi de la progression de l'extrême droite qui menace notre démocratie
01:35et qui préoccupe aussi la CGT.
01:38Mais d'abord, je propose que tu nous dises quelques mots de ton syndicat, la CGT,
01:44de ce que signifie ton élection comme secrétaire général à la tête de la Confédération.
01:51Tu as été élu, je le rappelle, en mars, au congrès de la CGT, à Clermont-Ferrand,
01:57et ton profil tranche avec la suite des précédents secrétaires généraux.
02:03Une femme, une cadre qui n'a pas fait ses classes au Parti communiste,
02:08est-ce que cela témoigne d'une évolution du syndicat qui se féminise
02:13et qui se diversifie aussi dans le profil des salariés qui le représentent ?
02:19Évolution de la société, oui.
02:21Évolution de la CGT, je pense beaucoup moins,
02:23parce qu'on a toujours beaucoup caricaturé la CGT.
02:26Des femmes, d'abord, il y en a toujours eu à la CGT.
02:29La CGT, elle a été fondée en 1895.
02:32Voilà.
02:36Et donc en 1895, au congrès fondateur de la CGT,
02:39c'était une femme qui présidait la séance du congrès fondateur.
02:43Et c'était la seule de la salle, c'est ça le problème quand même.
02:46Et donc pourquoi est-ce qu'elle était présidente de séance ?
02:49Elle s'appelait Marie Saderne, parce qu'elle était corsetière
02:52et qu'elle était à la tête de la plus grande grève du moment, 90 jours de grève.
02:56Il y avait une grande combativité des femmes à l'époque.
02:58Donc tout ça pour dire que des femmes dans la CGT, il y en a toujours eu,
03:03après, elles ont dû se battre avec et dans la CGT aussi.
03:07Et donc, c'est pas une nouveauté, mais par contre, c'est important de dire
03:11que le fait d'avoir une femme secrétaire générale, c'est pas arrivé naturellement.
03:14C'est arrivé parce que depuis la création de la CGT,
03:17il y a des femmes qui se battent dans l'organisation,
03:19des féministes qui s'organisent et qui disent qu'il faut qu'il y ait des femmes
03:22à tous les niveaux de l'organisation.
03:25Et la deuxième chose par rapport à ça, c'est qu'il faut surtout pas penser
03:28que c'est la fin de l'histoire et que c'est bon, il y a une femme secrétaire générale,
03:31donc on peut plier les gaules.
03:33Il y a une femme secrétaire générale, c'est une étape importante,
03:35ça montre que les femmes sont capables d'arriver à tous les niveaux de responsabilité,
03:39mais il faut surtout pas que je sois l'arbre qui cache la forêt
03:42et qu'on arrête.
03:44Au contraire, ça doit amplifier le développement féministe de la CGT
03:48et amplifier la syndicalisation des femmes à la CGT
03:58qui sont de plus en plus nombreuses à rejoindre la CGT.
04:02Merci Sophie.
04:03Alors 2023, on le sait, restera comme l'année des grèves
04:07et des manifestations intersyndicales contre la réforme des retraites.
04:12Qu'est-ce que tu retiens de cette lutte ?
04:13Est-ce qu'on peut dire qu'il s'agit d'un tournant dans l'histoire du mouvement syndical
04:17en dépit du fait qu'elle n'a pas débouché malheureusement sur la victoire espérée ?
04:22La CGT en sort-elle renforcée auprès des salariés ?
04:27Oui, clairement, on a écrit ensemble une page de l'histoire sociale,
04:30on est à un point de bascule.
04:33D'abord, je pense qu'il faut qu'on soit toutes et tous hyper fiers
04:35de ce qu'on a fait ensemble, on a fait un truc incroyable ensemble.
04:44Il faut aussi qu'on se dise que, en fait, dans presque tous les pays européens,
04:49avec ce rapport de force, on aurait gagné,
04:51parce qu'ailleurs, en Europe, il n'y a pas la 5e de la République
04:54et donc il n'y a pas un président de la République
04:56qui peut imposer une réforme contre le Parlement,
04:59contre les syndicats, contre l'opinion
05:00et contre l'ensemble des Françaises et des Français.
05:08Et puis, ce qui est important de se dire dans ce point de bascule,
05:12c'est que c'est un point de bascule démocratique
05:14avec ce néolibéralisme pour qui, maintenant,
05:18pour le capital d'une façon générale,
05:21donc le patronat et puis les forces politiques qui sont à son service,
05:25la démocratie est un problème.
05:26Et c'est ce qu'on a vu dans cette mobilisation.
05:29La démocratie était un problème parce que ça empêche
05:32d'imposer des réformes régressives à une population
05:34qui est de plus en plus lucide et qui les refuse.
05:36Donc la question démocratique, elle est centrale pour la suite.
05:39Démocratie au niveau institutionnel.
05:42Évidemment, cette 5e République, il faut en finir,
05:43mais si on avait ne serait-ce qu'un droit à référendum,
05:46on aurait pu empêcher cette réforme de s'appliquer.
05:50Et puis démocratie dans les entreprises
05:52puisqu'on est confronté à un grand autoritarisme patronal.
05:55Donc ça, c'est, je pense, les leçons à en tirer
05:58sur la centralité de la bataille démocratique
06:01face au capital qui est tellement minoritaire aujourd'hui
06:05puisqu'il y a une nouvelle lucidité.
06:07Il est tellement minoritaire que sa seule arme,
06:09c'est la répression et le passage en force.
06:11Et donc il y a besoin que nous,
06:12on construise de nouvelles solidarités face à la répression.
06:15Et c'est ce qui se fait avec des convergences très fortes
06:18entre le mouvement syndical, le mouvement écologiste
06:22et puis ce qui se passe aussi dans les banlieues
06:25avec la révolte des banlieues qui a été matée
06:28à coup de comparution immédiate.
06:35Et avec, c'est important de le dire,
06:37plus de 600 mineurs qui ont été incarcérés.
06:40C'est grave d'envoyer des enfants en prison.
06:41Oui, il y a eu des vols, il y a eu des magasins vandalisés,
06:46il y a eu des choses qui sont mauvaises
06:49et sur lesquelles il y a besoin que la société dise non,
06:51c'est évident, mais ce sont des enfants.
06:53Et donc des enfants, ce qu'il faut,
06:55c'est renforcer les moyens de la protection judiciaire
06:57de la jeunesse, renforcer les moyens
06:59de l'aide sociale à l'enfance
07:00qui sont aujourd'hui exsangues.
07:06Donc il faut s'organiser face à cette répression
07:09pour faire face, faire converger nos luttes
07:12et puis surtout se dire que si Macron a pu imposer sa réforme,
07:17c'est ce qu'on peut qualifier de victoire à la pyrus.
07:20Alors Macron, il aime bien,
07:22quand même, il a un égo,
07:24je pense qu'une bonne psychanalyse,
07:25ça lui ferait du bien.
07:26Et donc de lui-même,
07:30de lui-même quand même,
07:31il ose se comparer à Jupiter, le dieu des dieux.
07:34Bon, il faut le faire.
07:36Mais du coup, s'il s'intéresse à l'histoire romaine,
07:39il ferait bien de la réviser un petit peu
07:41parce que Pyrus, c'était un roi à l'époque romaine
07:44qui était assez belliqueux,
07:45qui ressemblait pas mal à Macron
07:46et qui pensait qu'il pouvait gagner contre les Romains.
07:49Donc il multipliait les batailles,
07:50il en a gagné un certain nombre,
07:52mais à chaque fois qu'il les a gagnées,
07:53c'est au prix de pertes humaines extrêmement importantes.
07:56Et donc au final,
07:57il a jamais pu gagner contre Rome
07:59et Rome est devenue ce qu'on en sait,
08:01c'est-à-dire un grand empire.
08:02Et finalement, avec cette bataille des retraites,
08:05c'est une victoire à la Pyrus
08:06puisque Macron la gagne grâce à la Vème République,
08:09mais il a d'énormes pertes.
08:10Il faut qu'on en soit conscient.
08:11Il n'a plus de majorité à l'Assemblée nationale.
08:14Il est obligé d'organiser des nuits
08:17aux chandelles à Saint-Denis
08:18avec toutes les forces politiques
08:20pour espérer trouver une majorité
08:21sur un projet de loi
08:22qu'il ne trouve même pas quand même à la sortie.
08:25Il n'a plus aucune majorité dans le pays.
08:27Et donc il n'est même plus capable
08:29d'aller inaugurer le mondial de rugby
08:31sans se faire huer par 80 000 supporters.
08:43Et donc tout le monde se demande
08:45comment il va finir ses 4 ans de quinquennat.
08:47Et la preuve, c'est qu'au sein même de son gouvernement,
08:49le match est ouvert pour savoir qui va le remplacer.
08:51Donc il y a vraiment une ambiance de fin de règne
08:54qui montre que le pouvoir est extrêmement affaibli
08:57par ce passage en force.
08:58De notre côté, il faut qu'on soit bien conscient
09:00de tous les points qu'on a marqués,
09:02toutes les graines qu'on a semées
09:03pour qu'on puisse les arroser ensemble.
09:05La 1re graine qu'on a semée,
09:08c'est le fait d'avoir remis
09:10les organisations syndicales,
09:11la CGT aussi, au centre du jeu.
09:14Donc pour la CGT, on a plus de 40 000 personnes
09:17qui ont fait le choix de se syndiquer.
09:19Si on cumule pour toutes les organisations syndicales,
09:21c'est plus de 100 000 personnes.
09:28C'est très, très, très important en fait.
09:30Parce que si on réfléchit,
09:32pourquoi est-ce qu'on n'a pas pu arracher le poing
09:33face à Macron ?
09:34C'est parce que face à un néolibéralisme ultra radicalisé
09:38qui n'en a plus rien à faire de la bataille de l'opinion
09:40puisqu'en fait, ils s'en fichent d'être réélus
09:42puisqu'ils savent qu'ils vont être recyclés par le capital
09:44et qu'après, ils vont avoir des propositions juteuses
09:47de responsabilité dans les entreprises.
09:49Donc ça ne suffit pas de gagner la bataille de l'opinion,
09:51il faut gagner la bataille de la grève.
09:53Pour gagner la bataille de la grève,
09:55la grève, ça ne se décrète pas, ça se construit,
09:57ça s'organise en fait.
09:58Et donc les secteurs dans lesquels la CGT a réussi
10:01à impulser des grandes grèves reconductibles,
10:03notamment le secteur de l'énergie qui a été
10:05fer de lance de la mobilisation contre la réforme des retraites,
10:08vous avez raison de les applaudir.
10:14Et ce n'est pas pour rien qu'ils sont aujourd'hui au cœur
10:16de la répression organisée par le gouvernement et le patronat.
10:19Et donc ce secteur de l'énergie, le secteur des transports aussi,
10:24le secteur du traitement des déchets,
10:26ce sont des secteurs qui sont très syndiqués,
10:28dans lesquels on est très organisé.
10:30Et donc l'enjeu pour pouvoir faire progresser le rapport de force,
10:33c'est de faire reculer les déserts syndicaux.
10:35Il y a 40% des salariés du privé
10:40qui n'ont pas de syndicat dans leur entreprise.
10:42Quand on n'a pas de syndicat dans son entreprise,
10:44mais le droit de grève, c'est juste de la théorie,
10:46on ne peut pas faire en vrai.
10:47La grève, ça s'exerce collectivement,
10:49il faut qu'on soit organisé collectivement.
10:51Donc la première tâche qu'on a à faire,
10:53c'est de syndiquer très largement
10:55et d'enclencher un grand mouvement de syndicalisation,
10:57comme il y a eu en 1936, comme il y a eu en 1945,
11:00comme il y a eu en 1968.
11:06Toutes les grandes avancées sociales,
11:08si on regarde dans l'histoire sociale,
11:10toutes les grandes dates de l'histoire sociale
11:12en matière de conquête sociale,
11:13c'est les moments où les organisations syndicales
11:16et syndiculièrement la CGT
11:17étaient au plus fort de leurs effectifs.
11:19Les conquêtes sociales,
11:20elles ne sont jamais arrivées toutes seules dans le bec,
11:22elles sont arrivées parce que nous étions massivement organisés.
11:25Et le dernier élément par rapport à ça,
11:27c'est que ce syndiqué,
11:28c'est très important dans ce contexte de crise démocratique,
11:30parce que ce syndiqué,
11:32ce n'est pas aller soutenir un syndicat
11:34ou soutenir la CGT,
11:35ce syndiqué, c'est s'organiser.
11:37Ça veut dire que chacune et chacun,
11:39on s'organise pour agir nous-mêmes
11:41et ne pas attendre que les choses nous tombent
11:44toutes cuites dans le bec,
11:45parce que ça n'arrive jamais comme ça,
11:46ou que d'autres agissent à notre place
11:48et qu'on les soutiendrait.
11:49Ce qu'il faut faire,
11:50c'est que toutes et tous,
11:51nous nous organisions à partir de notre travail
11:53pour reprendre le pouvoir face au patron,
11:55pour reprendre le pouvoir face à ce travail
11:58qui est de plus en plus vidé de son sens
11:59et pouvoir nous affirmer collectivement
12:01en nous organisant.
12:08La deuxième graine,
12:10et après je finirai là-dessus,
12:12c'est la question de l'unité syndicale.
12:15La question de l'unité syndicale,
12:16c'est quand même un grand acquis du mouvement.
12:19Alors évidemment, ça ne gomme pas les différences.
12:21Ce n'est pas pour rien
12:22qu'il y a huit organisations syndicales françaises.
12:24Ce n'est pas pour rien que la CGT et la CFDT,
12:26notamment, sont deux syndicats différents.
12:27On a plein de points de désaccord.
12:29On pourrait en débattre pendant des jours,
12:31des nuits, durant.
12:33Ça pourrait être passionnant d'ailleurs.
12:34Mais cette intersyndicale, en fait,
12:36elle est très importante
12:37parce que c'est ça qui rassemble,
12:39qui donne la pêche,
12:40qui donne le cap
12:41et qui permet de rassembler largement
12:44le monde du travail.
12:45Alors qu'en face,
12:46la seule stratégie du capital,
12:48c'est d'abord la répression
12:49et c'est ensuite pour occulter le clivage de classe
12:53qui est de plus en plus flagrant.
12:55En fait, il y a une lucidité sur le fait
12:57que la classe du travail
12:59doit s'organiser face au capital.
13:02Leur stratégie pour occulter ce clivage,
13:04c'est de multiplier les débats identitaires.
13:07Ce n'est pas pour rien qu'ils ont lancé
13:08le débat de la Baia à la rentrée.
13:09C'est parce qu'ils savent qu'avec ça,
13:10la gauche va se prendre la tête
13:12pendant au moins deux mois
13:13et que comme ça, la rentrée sociale,
13:15ça pourrait être discret.
13:17La question de l'immigration, c'est pareil.
13:19Toutes ces questions,
13:20le fait de mettre en opposition
13:21le racisme et l'antisémitisme
13:23et donc d'alimenter des débats nauséabonds,
13:26tout ça pour diviser la classe du travail.
13:28Donc avoir une intersyndicale unie,
13:30c'est ça qui permet d'être aussi la boussole
13:33dans ces temps troublés,
13:34alors que la stratégie de Macron,
13:36c'est de faire monter un maximum l'extrême droite.
13:38Une des dernières boussoles,
13:40c'est les organisations syndicales
13:42qui donnent le cap
13:43et qui sont capables de se mettre d'accord
13:44sur les points essentiels.
13:45Et donc ça, ça fait partie des acquis.
13:52Et ce qui est très important,
13:53c'est que là, on donne encore le cap
13:56avec une journée d'action,
13:57on va en parler je pense tout à l'heure,
13:58le 13 octobre,
13:59qui porte notamment sur la question des salaires
14:01qui est le sujet numéro un de la rentrée,
14:03c'est la question des salaires
14:04parce qu'aujourd'hui, en France,
14:06c'est important de le dire,
14:07la France est de plus en plus un pays de rentier.
14:09On ne vit plus de son travail.
14:11Par contre, on vit toujours de mieux en mieux
14:13de sa rente et de son capital.
14:15et donc, il y a besoin de gagner
14:17des augmentations de salaires
14:18et c'est pour ça que
14:19toutes les organisations syndicales
14:21appellent au 13 octobre.
14:23Ça tombe un vendredi,
14:24comme ça, ça nous permet aussi
14:25de mettre l'humour de notre côté.
14:28Le vendredi 13,
14:30au lieu de jouer à l'euro million,
14:32il vaut mieux participer
14:33aux euro-manifestations
14:34organisées par les organisations syndicales.
14:42Je ne sais pas.
14:44Alors, je voudrais qu'on s'arrête
14:46quelques minutes sur la répression syndicale,
14:49la répression anti-syndicale,
14:50tu l'évoquais.
14:52On l'a vu, de nombreux syndicalistes
14:54sont inquiétés pour leurs actions de grève
14:55à un niveau jamais vu auparavant.
14:58Le secrétaire général de la CGT Énergie,
15:00lui-même, Sébastien Ménespillé,
15:02a été convoqué au commissariat.
15:03On n'avait jamais connu ça.
15:06Est-ce qu'on peut parler de menaces globales
15:09sur les libertés syndicales en France ?
15:11Est-ce que tu es inquiète du cours des événements
15:13et du durcissement du discours du gouvernement
15:16sur l'action syndicale ?
15:18Oui, clairement, c'est gravissime.
15:20Je tire un signal d'alarme démocratique.
15:22C'est non seulement une inquiétude
15:24sur les libertés syndicales,
15:25mais une inquiétude sur les libertés tout court.
15:27Parce que les discours du gouvernement
15:29sont gravissimes.
15:30Quand on entend le ministre de l'Intérieur
15:33qualifier les lanceurs d'alertes climatiques
15:35et environnementaux d'éco-terroristes,
15:38c'est gravissime.
15:39Le terroriste, c'est grave.
15:40On sait ce que c'est en France, quand même.
15:41Ca a tué des dizaines de personnes en France
15:45avec des attentats graves.
15:46Nous comparer à des terroristes,
15:48au moins, ça a le mérite de la vérité.
15:49Ils nous comparent à des terroristes, oui,
15:51parce qu'ils utilisent l'arsenal antiterroriste
15:53contre nous.
15:53Et c'est d'ailleurs ce que nous avions dit à l'époque
15:55quand ils avaient multiplié ces lois répressives.
15:57On croit rêver quand on entend le ministre de l'Intérieur
16:01dire qu'il faut arrêter de subventionner
16:04la Ligue des droits de l'homme,
16:05tout simplement parce qu'elle a osé jouer son rôle
16:08et envoyer des observateurs sur les violences policières
16:10à Sainte-Solines.
16:11La Ligue des droits de l'homme.
16:19On a un gouvernement qui appelle ouvertement
16:22à mettre en banqueroute la Ligue des droits de l'homme
16:25créée après l'affaire Dreyfus, quand même.
16:27Où en est-on aujourd'hui ?
16:28C'est gravissime.
16:30Et alors, en matière de liberté syndicale,
16:33maintenant, il y a de plus en plus de dirigeantes
16:35et de dirigeants de la CGT
16:36qui sont poursuivis devant les tribunaux.
16:38Donc Sébastien Ménespillé,
16:39qui est secrétaire confédéral de la CGT,
16:41qui est secrétaire général de la Fédération de l'énergie
16:43et qui est poursuivi.
16:44Pourquoi ?
16:44Tout simplement parce qu'il est le secrétaire général
16:47de la Fédération qui a été fer de lance
16:48de la mobilisation pendant la bataille des retraites.
16:50Et c'est ça qui dérange.
16:56Le problème, c'est que le gouvernement donne le ton
16:59en matière de répression syndicale.
17:01Évidemment, le patronat n'attend que ça.
17:03Et on sait que Macron est adepte de la théorie du ruissellement.
17:06Là, on a une théorie du ruissellement de la répression.
17:08C'est pour ça qu'il tape sur les premiers dirigeants
17:10pour que ça ruisselle ensuite sur tous les militantes
17:13et militants syndicaux.
17:14Comme ça, les patrons se sentent autorisés
17:15à licencier des militants syndicalistes.
17:18J'étais il y a 2 minutes avant de rentrer dans le débat
17:21avec Nicolas, le délégué syndical de la CGT à Sonélog.
17:25Sonélog, c'est un entrepôt de logistique dans le Vaucluse.
17:28Ils ont fait 3 semaines de grève.
17:30Au bout de 3 semaines de grève et de 2 médiations,
17:32on a réussi à arracher pas des augmentations de salaire,
17:34mais juste des primes.
17:35Il a fallu 3 semaines de grève pour avoir des primes.
17:38Et le résultat, c'est que 3 jours après la reprise,
17:41la moitié des grévistes ont été convoqués
17:42pour entretien de licenciement.
17:44Et là, Nicolas, délégué syndical CGT,
17:46il est toujours dehors.
17:47Ca fait 6 mois qu'il a été licencié,
17:49qu'il est sans salaire.
17:50Nous avons saisi l'inspection du travail
17:52qui a validé son licenciement.
17:53C'est grave.
17:54Il y a une pression de plus importante
17:56sur les inspections du travail.
17:59Qui n'ont pas les moyens de travailler,
18:01c'est un problème,
18:02et qui sont sous pression du patronat local
18:04avec des mouvements clientélistes importants.
18:07Là, il y a un appel qui est fait au niveau du gouvernement,
18:10sauf que cet appel n'est pas suspensif.
18:12Et en attendant, ça fait plus de 6 mois
18:14que Nicolas n'a pas de salaire,
18:15alors qu'il a une famille à nourrir.
18:17Donc on en est là en France aujourd'hui,
18:19alors que le droit syndical, le droit de grève,
18:21je rappelle que ça fait partie des libertés fondamentales
18:23garanties dans la Constitution
18:25et dans le droit international.
18:27Et ce qui est grave, en fait,
18:29dans ce glissement répressif,
18:32c'est 2 choses.
18:33D'abord, c'est le signal que ça donne à l'international.
18:36On a vu quand même pendant l'été
18:38une nouvelle humiliation de la France à l'international
18:40avec ce qui s'est passé au Niger,
18:42puis au Burkina Faso.
18:44Si la France, maintenant,
18:47n'a plus aucune crédibilité au niveau international,
18:50c'est aussi parce qu'elle n'est plus crédible
18:52en termes de pays des droits sociaux
18:53et pays des droits humains.
18:54Qui est-on maintenant pour venir donner des leçons
18:56en matière de liberté à d'autres pays du monde
18:58quand on se comporte comme ça en France ?
19:01Applaudissements
19:06Et puis, l'autre point très grave
19:08sur cette question des libertés,
19:10c'est que le gouvernement est en train,
19:13en plus tout à fait sciemment,
19:14il le sait, on lui dit, il le sait très bien,
19:16de faire tomber toutes les digues par rapport à l'extrême droite.
19:19Parce que le problème, c'est que maintenant,
19:23c'est l'extrême droite qui se fait la défenseuse des libertés
19:26avec, de l'autre côté, un gouvernement
19:28qui se permet des choses juste incroyables.
19:31Et que si un jour, par malheur,
19:34l'extrême droite arrivait au pouvoir,
19:36elle n'a même plus besoin de changer la Constitution.
19:38Tous les outils sont là
19:39pour avoir une politique extrêmement répressive
19:43et mettre à bas notre démocratie
19:45et des dizaines et des dizaines d'années
19:47de luttes sociales et de conquis sociaux.
19:50Alors, beaucoup de dossiers sont sur la table
19:52pour la rentrée sociale.
19:54Avant d'aborder le fond,
19:56je voudrais te poser d'abord une question de méthode.
19:59Est-ce qu'il faut discuter avec le gouvernement ?
20:02On sait que la CGT, à la sortie du dernier congrès,
20:05avait exclu de discuter avec Elisabeth Borne
20:08si elle ne retirait pas sa réforme des retraites.
20:11Mais il y a d'autres dossiers sur la table.
20:13Je pense à la conférence sociale,
20:14sur les salaires, les minimas de branche
20:17annoncés par Emmanuel Macron.
20:18Est-ce que cela a une utilité de discuter avec eux ?
20:21Peut-on espérer gagner quelque chose ?
20:24D'abord, à notre congrès,
20:26on avait validé le fait
20:27qu'on allait, avec l'intersyndicale,
20:30rencontrer le gouvernement
20:32pour exiger ensemble le retrait,
20:33la réforme des retraites, ce que nous avons fait.
20:35Alors, moi, ce que je voulais dire d'abord,
20:37c'est que la CGT ne discute pas
20:39avec le gouvernement ou avec les patrons.
20:40Moi, je discute avec vous,
20:42avec mes amis, mes camarades, mes copains, mes voisins,
20:44mais je ne veux pas discuter avec les patrons.
20:46Nous, on négocie.
20:47Et on négocie comment ?
20:49Sur la base de nos revendications,
20:51du rapport de force et de nos exigences.
20:53Et là, vis-à-vis du patronat et du gouvernement,
20:56la méthode, elle est claire.
20:57On va les rencontrer quand on en a envie, d'abord,
21:00et sur la base de nos revendications
21:02et de notre ordre du jour.
21:04Et c'est ce que nous avons fait depuis le début.
21:07Et ce qui est intéressant, quand même,
21:09à constater, c'est que grâce à l'unité syndicale
21:11et au fait qu'on a réussi à faire en sorte
21:13que ce soit à peu près la méthode retenue
21:14par les organisations syndicales,
21:17le gouvernement et le patronat changent un peu de ton.
21:20Et enfin, en ce début d'année,
21:23le gouvernement a découvert un nouveau mot
21:25puisqu'il nous a parlé de salaire.
21:27Miracle.
21:28Ça fait des mois, des années qu'on disait
21:30au gouvernement et au patronat
21:31qu'il y a un problème de salaire.
21:32Donc enfin, ce mot est arrivé dans leur vocabulaire.
21:34Donc comme quoi, il ne faut vraiment pas désespérer
21:35de la nature humaine ?
21:36Tout le monde peut progresser, même le gouvernement.
21:39Donc on nous annonce une conférence sociale
21:41sur les salaires.
21:43Donc évidemment, cette conférence sociale sur les salaires,
21:46ça peut être beaucoup de parlottes pour pas grand-chose.
21:48C'est quand même les rois de la com'.
21:49Mais en attendant, il faut quand même savoir
21:51qu'ils n'en voulaient pas du tout
21:52que de cette conférence sociale sur les salaires.
21:54D'abord parce que les salaires, pour eux,
21:55c'est un gros mot.
21:56Et ensuite parce que si tenté qu'on puisse parler salaire,
21:59c'est dans l'entreprise avec le patronat,
22:01mais pas au niveau national interprofessionnel.
22:04Parce que ce que les patrons ne supportent pas,
22:06c'est que le législateur, les pouvoirs publics,
22:08aient leur mot à dire sur la question des politiques salariales.
22:11Ce que les patrons ne supportent pas,
22:13c'est qu'il y ait un SMIC,
22:13un salaire minimum interprofessionnel
22:15qui soit fixé par le gouvernement et pas par eux,
22:17et qu'il y ait des règles au niveau interprofessionnel.
22:20Et donc nous, cette conférence sociale sur les salaires,
22:24on va y aller évidemment sur nos revendications
22:26pour dire que c'est pas la boucle prix-salaire,
22:30parce que c'est leur nouveau délire en fait.
22:32Faut qu'ils arrêtent la drogue.
22:34Ça n'existe pas.
22:35Faut qu'ils nous disent,
22:37mais nous on cherche, on trouve pas.
22:40Par contre, ce qui existe, c'est la boucle prix-profit.
22:44Et justement, pour mettre fin à cette boucle prix-profit,
22:47donc cette explosion des prix,
22:48parce que les multinationales ne veulent pas baisser leurs marges
22:52et les actionnaires ne veulent pas baisser leurs dividendes,
22:54notamment dans l'agroalimentaire,
22:56pour y mettre fin,
22:57les pouvoirs publics doivent avoir une action résolue.
22:59Et donc il faut d'abord commencer par augmenter les salaires.
23:02Il faut augmenter le SMIC.
23:04Il faut mettre en place ce qu'on appelle
23:06une échelle mobile des salaires.
23:07Ça existait en France jusqu'en 1982.
23:11Donc pour les plus anciens d'entre vous,
23:14c'était le tournant de l'austérité.
23:16Donc c'est pas pour rien que quand on a changé
23:18de politique économique en France,
23:19on a commencé par mettre fin à cette échelle mobile des salaires
23:23parce que c'était une garantie en fait,
23:24que les salaires ne pouvaient pas baisser
23:27et que le pouvoir d'achat des salariés était garanti.
23:29Donc cette indexation des salaires sur les prix,
23:32elle existe encore juste à côté de chez nous.
23:33Elle existe en Belgique et au Luxembourg.
23:35Et aux surprises, en Belgique ou au Luxembourg,
23:38il n'y a pas de boucle prix-salaire.
23:39Par contre, en Belgique ou au Luxembourg,
23:41il y a moins d'inflation qu'en France,
23:43il y a moins de chômage qu'en France
23:44et il y a plus de croissance.
23:50Donc nous allons faire cette proposition toute simple.
23:53Nous allons aussi dire qu'il faut conditionner
23:58les aides publiques aux entreprises
24:00puisque je rappelle, c'est chaque année 200 milliards
24:02d'aides publiques aux entreprises
24:04sans contrepartie ni condition.
24:06Bon, après, à force de brasser des milliards,
24:10on s'y repère pas beaucoup,
24:11donc c'est important d'avoir des comparaisons.
24:13200 milliards, c'est un tiers du budget de l'Etat.
24:16Ces 200 milliards, si on reprenait la main dessus,
24:18on aurait un levier majeur pour transformer l'économie,
24:21pour augmenter les salaires, pour répondre aux défis environnementaux,
24:24pour financer nos services publics.
24:25Donc c'est un enjeu central de conditionner ces aides
24:28et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle
24:29ils ne veulent pas en entendre parler.
24:31Et puis la dernière chose qu'on va porter,
24:34et encore une fois de façon unitaire
24:35lors de cette conférence sociale
24:37qui aura lieu courant octobre,
24:39c'est la question de l'égalité femmes-hommes
24:41parce qu'on en parle beaucoup trop peu dans le pays,
24:43mais quand même c'est important de dire
24:44qu'en 2023, les femmes sont toujours payées
24:4725% de moins que les hommes.
24:56Et c'est tellement installé
24:57que c'est comme si ça ne dérangeait personne.
24:59Et en fait, cette question-là,
25:01c'est une question centrale d'affrontement avec le capital.
25:0425% d'augmentation de salaire,
25:06gagner 25% d'augmentation de salaire pour les femmes,
25:08c'est à peu près ce qu'on a gagné
25:10après mai 68 dans les accords de Grenelle.
25:12Il faut mesurer ce que ça veut dire.
25:1425% de salaire en moins pour les femmes,
25:16c'est un énorme dumping social
25:18qui est organisé pour faire baisser les salaires
25:20de toutes et tous.
25:21Donc c'est un enjeu pour toutes et tous,
25:23cette égalité salariale.
25:25Et c'est d'ailleurs important de noter
25:28que cette journée du 13 octobre,
25:30qui va nous permettre de porter
25:31toutes ces propositions sur les salaires
25:33et de mettre cette conférence sociale sous pression,
25:36dans son intitulé, dans son titre,
25:38il y a l'égalité femmes-hommes.
25:39C'est la première fois
25:40que les 8 organisations syndicales françaises
25:42appellent à la grève et aux manifestations
25:44pour l'égalité salariale femmes-hommes.
25:51Alors bon, mieux vaut tard que jamais,
25:54diront les mauvaises langues, je suis d'accord.
25:56Mais prenons cet appel au mot
26:00et multiplions partout sur les lieux de travail
26:02les revendications sur les salaires,
26:03mais aussi spécifiques pour revaloriser
26:05les métiers féminisés qui sont dévalorisés
26:07et moins bien payés.
26:09Alors, merci.
26:11Il y a les salaires.
26:13Il paraît qu'il y a un autre problème aussi dans le pays,
26:15en tout cas le patronat s'en plaint,
26:17c'est les difficultés de recrutement persistantes,
26:21en particulier dans les secteurs dits en tension.
26:24Alors, dans le même temps,
26:26je fais le lien entre les deux
26:28parce que ça me semble important,
26:29une actualité est passée quasiment
26:30sous les radars médiatiques ces derniers jours,
26:33c'est celle de la mort de six saisonniers
26:35durant les vendanges dans la Champagne
26:38et dans le Beaujolais.
26:39On accuse la chaleur,
26:40on verra ce que l'enquête qui est en cours
26:43conclura à la fin,
26:45mais plus largement,
26:47est-ce que le problème du recrutement
26:49dont se plaint le patronat
26:51ne cache pas un problème
26:54beaucoup plus épineux
26:55de conditions de travail et de salaire ?
26:58Les salaires, on en a parlé,
27:00mais en tout cas des conditions de travail.
27:01Qu'est-ce qui ne marche plus
27:02entre les Français
27:04et les offres d'emploi
27:06telles qu'on leur propose aujourd'hui ?
27:08Bon, d'abord, il faut relativiser
27:10ce problème de recrutement.
27:11Il y a toujours en France
27:115 millions de personnes
27:12qui sont privées d'emploi,
27:13c'est la première violence sociale.
27:17Et si on regarde
27:19les offres d'emploi non pourvues,
27:22oui, il y en a un certain nombre
27:23dans des métiers dits en tension.
27:25Et effectivement, ces métiers en tension,
27:27c'est scoop les métiers
27:28les moins bien payés
27:29avec les conditions de travail
27:30les plus difficiles.
27:32Donc si le patronat veut pouvoir
27:34améliorer le recrutement
27:35sur ces métiers,
27:36il faut augmenter les salaires
27:37et modifier les conditions de travail
27:38et modifier aussi les horaires
27:40parce qu'en général,
27:41sur ces métiers-là,
27:42il y a des horaires atypiques
27:43avec du travail de nuit,
27:45le soir, le week-end,
27:46d'énorme amplitude horaire,
27:47des trous au milieu,
27:48par exemple les boulots de serveurs,
27:49les boulots dans l'hôtellerie,
27:51les boulots aussi dans l'agriculture
27:53où il y a ce type d'horaire
27:54ou chez le particulier employeur
27:56sur aide à domicile,
27:57assistante maternelle, etc.
27:59Donc il faut qu'il y ait
28:01des négociations qui s'ouvrent
28:02dans tous ces secteurs.
28:03Et le problème,
28:04c'est qu'aujourd'hui,
28:04le patronat refuse.
28:06Et donc la solution du patronat
28:08et du gouvernement
28:09pour résoudre les difficultés
28:11de recrutement,
28:11en fait, leur solution,
28:12c'est de couper les allocations chômage
28:14et de forcer les allocataires du RSA
28:16à travailler à n'importe quelle condition.
28:18En fait, c'est pour ça
28:20que cette question
28:21de l'assurance chômage
28:22de France Travail et du RSA
28:24nous concerne toutes et tous,
28:26y compris ceux qui sont en boulot.
28:27Parce que pourquoi est-ce que
28:29gagner l'assurance chômage,
28:32gagner une sécurité sociale,
28:33une protection sociale,
28:34ça a été un combat
28:34de tout le monde du travail ?
28:36Parce que quand on n'a pas
28:37de protection contre le chômage,
28:38on accepte des boulots
28:39à n'importe quelle condition
28:40et ça organise le dumping
28:42et ça permet au patronat
28:43de faire un chantage
28:44à l'emploi généralisé.
28:45Et donc c'est pour ça
28:46que le patronat
28:47et le gouvernement
28:47en veulent particulièrement
28:49au régime d'assurance chômage
28:51et aux allocataires du RSA
28:53et veulent leur imposer
28:55de travailler
28:56à n'importe quelle condition
28:57en baissant les droits sociaux.
28:59On a actuellement
29:00une négociation
29:01sur l'assurance chômage
29:02qui s'est ouverte
29:03depuis une semaine
29:04qui est très importante.
29:06Il faut vraiment sortir
29:06cette négociation
29:07de l'opacité
29:08parce que ce qui va nous permettre
29:09de peser
29:09et d'imposer
29:11au patronat
29:12de descendre
29:14de sa tour d'ivoire
29:15c'est si ces négociations
29:17elles sont sous l'œil
29:19et la surveillance collective
29:20des salariés.
29:21Et le point positif
29:23c'est que encore une fois
29:24les graines
29:24que nous avons semées
29:25pendant la mobilisation
29:26des retraites
29:26elles sont bien là
29:27puis elles sont en train
29:27de germer.
29:28Les organisations syndicales
29:30pour la première fois
29:31sont unies
29:32dans ces négociations
29:33nous travaillons
29:33en intersyndicales
29:34et à ce stade
29:35l'ensemble
29:36des organisations syndicales
29:38disent nous refusons
29:39la lettre de cadrage
29:40scandaleuse du gouvernement
29:41nous refusons
29:42que le gouvernement
29:42se serve
29:43dans les caisses
29:44de l'assurance chômage
29:45et utilise
29:46les prestations
29:47les allocations chômage
29:48pour aller fliquer
29:49les allocataires
29:50du RSA
29:51et nous refusons
29:52de signer
29:53un accord
29:53qui dit ça.
29:54Et bien ça du coup
30:00ça change en profondeur
30:02le rapport de force
30:02et ça force
30:03le patronat
30:04à changer de ton
30:05jusque là
30:05le patronat
30:06nous disait
30:07moi c'est pas mon problème
30:08nous on est d'accord
30:09avec la réforme
30:09du gouvernement
30:10donc voilà
30:11on le laisse faire
30:12en matière d'assurance chômage
30:13là le patronat
30:14est en train de commencer
30:15à changer de ton
30:16et de commencer
30:17à accepter
30:19de rentrer
30:19dans la négociation
30:20c'est pour ça
30:20encore une fois
30:21qu'il faut qu'on soit
30:21nombreux et nombreuses
30:22le 13 octobre
30:23parce que ça sera aussi
30:24un levier pour mettre
30:25sous pression
30:25cette négociation
30:26sur l'assurance chômage
30:27qui nous concerne
30:28toutes et tous
30:29comme salariés
30:30et qui concerne
30:31évidemment
30:32les 5 millions
30:32de privés d'emploi
30:33je rappellerai juste
30:34un chiffre
30:34c'est qu'aujourd'hui
30:36il y a moins de 40%
30:37des personnes inscrites
30:39à Pôle emploi
30:40qui touchent
30:41une indemnité chômage
30:42c'est gravissime
30:43ça veut dire
30:44qu'une majorité
30:45de privés d'emploi
30:46aujourd'hui
30:46et au RSA
30:47voire n'a rien
30:48et le sujet
30:49dont ils refusent
30:50de parler
30:50c'est le non-recours
30:51aux droits sociaux
30:52puisque on sait
30:53que le scandale
30:54c'est pas la fraude sociale
30:55et donc
30:55c'est soi-disant français
30:57qui tricherait
30:58sur les allocations
30:59familiales
31:00ou sur les allocations
31:01logement
31:01ou les allocations chômage
31:02c'est le non-recours
31:03aux droits
31:03parce que tout est fait
31:05pour nous rendre
31:05toujours plus difficile
31:06le fait de faire valoir
31:07nos droits
31:08avec des règles
31:12de plus en plus
31:14incompréhensibles
31:14pour le commun
31:15des mortels
31:16des agents
31:17de moins en moins nombreux
31:18et qui ne peuvent plus
31:19recevoir
31:20et accompagner
31:20les privés d'emploi
31:21et maintenant
31:22pour faire respecter
31:23ces droits
31:24ces missions impossibles
31:25il faut avoir
31:26une thèse d'informatique
31:27déjà pour savoir
31:28utiliser les plateformes
31:30les différentes plateformes
31:31numériques
31:31maîtriser par coeur
31:32le droit social
31:33et puis surtout
31:33avoir un certain
31:34nombre d'alliés
31:35pour pouvoir
31:35se faire entendre
31:36puisque c'est
31:37maintenant
31:37de plus en plus
31:39difficile
31:39ne serait-ce que
31:40d'avoir une personne
31:41au téléphone
31:41pour pouvoir régler
31:42son dossier
31:43et donc ça
31:44c'est pas fait par hasard
31:46c'est pas seulement fait
31:47pour faire des économies
31:48de personnel
31:48ça en fait évidemment
31:49mais c'est fait
31:50pour nous culpabiliser
31:51en permanence
31:52et pour faire comme si
31:53ces droits
31:53qui sont des droits
31:55que nous avons acquis
31:56que nous avons payé
31:57par notre travail
31:57ce sont nos cotisations
31:58ce sont nos salaires
31:59pour faire comme si
32:00ces droits étaient
32:01des privilèges
32:02et que les personnes
32:04qui en joueraient
32:05devraient se justifier
32:06et seraient en fait
32:07des assistés
32:07non il n'y a pas
32:08d'assistés en France
32:09s'il y a des assistés
32:09en France
32:10il y en a
32:10oui moi je les connais
32:11c'est les patrons
32:12qui sont assistés
32:14avec
32:23qui sont biberonnés
32:25à coup d'aides publiques
32:26puisque comme je le disais
32:27tout à l'heure
32:27c'est 200 milliards d'euros
32:28d'aides publiques
32:29chaque année
32:30qui vont dans les poches
32:31des patrons
32:32donc ça ça s'appelle
32:33une drogue dure
32:34donc je leur passe un message
32:35il faut qu'ils décrochent
32:35vite on peut les aider
32:37et puis
32:40les autres assistés
32:41évidemment
32:42c'est les actionnaires
32:43d'une façon générale
32:44qui vivent au crochet
32:45de la société
32:46et qui vivent mieux
32:47de leur rendre
32:47que nous
32:48de notre travail
32:49c'est ça qu'il faut
32:50qu'on puisse
32:51faire comprendre
32:52et expliquer
32:53ensemble aujourd'hui
32:54alors
32:55merci
32:56on évoquait
32:57les métiers en tension
32:59mais dans les services
33:00publics aussi
33:01les besoins
33:02criants de personnel
33:03sont partout
33:05est-ce qu'on peut
33:06accepter le discours
33:06du gouvernement
33:07sur la réduction
33:09de la dette publique
33:09qui
33:10à ces dire
33:11en tout cas
33:11empêcherait
33:12d'embaucher
33:13dans les secteurs clés
33:14je pense notamment
33:15à l'hôpital
33:16et à l'éducation
33:19non évidemment
33:20une autre question
33:21non
33:23là on est
33:24vraiment sur
33:25les services publics
33:26à une étape critique
33:27de paupérisation
33:28de nos services publics
33:29à un niveau
33:30de gravité
33:31incroyable
33:32ce qui s'est passé
33:33cet été
33:33dans les hôpitaux
33:35avec en plus
33:36un ministre de la santé
33:36qui dit tout va très bien
33:37madame la marquise
33:38ça va bien
33:39enfin c'est gravissime
33:40on sait qu'en août
33:41il y a eu 400 décès
33:42supplémentaires liés
33:43à la chaleur
33:44combien de ces décès
33:45sont liés au fait
33:46qu'il y a plein de services
33:47d'urgence
33:47qui ont été obligés
33:48de fermer
33:49l'état de la chaleur
33:50l'état de nos écoles
33:51est gravissime
33:52on sait qu'il y a
33:5350% des établissements
33:54scolaires dans lesquels
33:55il manque au moins
33:56un enseignant
33:56l'état de nos universités
33:58et de l'enseignement supérieur
33:59j'en parle même pas
34:00c'est une honte
34:01en termes de paupérisation
34:02des enseignants-chercheurs
34:11l'état de
34:12peut-être le pire
34:15de mon point de vue
34:15c'est l'état
34:16de l'aide sociale
34:17à l'enfance
34:17on en parle peu
34:18mais l'aide sociale
34:20à l'enfance
34:20c'est
34:22la protection
34:24la protection
34:25des enfants
34:26en danger
34:26en danger
34:27par exemple
34:28parce que
34:28victime de violences
34:29sexuelles à la maison
34:30victime de violences
34:31tout court
34:32en difficulté sociale
34:33etc
34:34la protection sociale
34:35de l'enfance
34:36elle est complètement
34:36exsangue
34:37avec des professionnels
34:38qui ne peuvent plus
34:39travailler
34:39et qui voient
34:40des enfants
34:40en danger
34:41partir à la dérive
34:42qu'ils ne peuvent plus
34:43accompagner et protéger
34:45et c'est vraiment
34:46en 1945
34:47quand la France
34:48était ruinée
34:49à l'époque
34:49dans le programme
34:50du conseil national
34:51de la résistance
34:51il y avait justement
34:53un élément central
34:54qui était
34:55la protection judiciaire
34:56de la jeunesse
34:57qui était de dire
34:57parce que la jeunesse
34:58en 1945
34:59elle est sortie
34:59elle était très abîmée
35:00il y avait
35:01beaucoup d'orphelins
35:03des parents
35:04qui étaient morts
35:05déportés
35:05beaucoup de violences
35:06qui s'étaient passées
35:06pendant la guerre
35:07ça avait fait
35:07beaucoup de mal
35:08aux jeunes
35:09et là
35:10il y a eu
35:10une rupture
35:11complète de politique
35:12on a fermé
35:12les bagnes pour enfants
35:13il y avait ça
35:14quand même
35:14avant la guerre
35:15il faut se le rappeler
35:16et on a investi
35:17sur la protection
35:18de l'enfance
35:19la protection
35:19de la jeunesse
35:20et aujourd'hui
35:21on est en train
35:21de revenir
35:22à ce qui se passait
35:23avant 1945
35:24à arrêter
35:25tout ce travail éducatif
35:26et pourquoi est-ce
35:27qu'on avait fait ça
35:28en 1945
35:28parce qu'on avait
35:29cette lucidité
35:29de savoir
35:30que c'était notre avenir
35:32le plus grave
35:33et le plus révoltant
35:34c'est que
35:34tous ces enfants
35:35en souffrance
35:38qu'est-ce qu'on est
35:39en train de fabriquer
35:40comme catastrophe
35:41pour la suite
35:41parce qu'on le sait
35:42qu'un papa
35:43qui est violent
35:44c'est souvent un papa
35:45qui a subi de la violence
35:46quand il était enfant
35:47et donc on a
35:48des politiques de prévention
35:49des leviers de prévention
35:50entre les mains
35:50qu'on refuse d'actionner
35:52tout simplement
35:52parce qu'on considère
35:53que les services publics
35:54sont un coût
35:55alors qu'ils sont
35:56un investissement
35:57et ça c'est un discours
35:59culpabilisant
36:03insupportable
36:03qui est entretenu
36:04pour culpabiliser
36:05les fonctionnaires
36:06et pour mettre
36:07sous l'étau
36:08toutes les revendications
36:09des fonctionnaires
36:10je tiens d'ailleurs
36:11à dire
36:11que la situation
36:13de paupérisation
36:13des services publics
36:14il y a un enjeu majeur
36:16c'est la reconnaissance
36:16des qualifications
36:17et des salaires
36:18parce qu'effectivement
36:19il y a un problème
36:20d'attractivité maintenant
36:21des carrières dans le public
36:22quand on est diplômé
36:24être payé
36:26autour du SMIC
36:27toute sa vie
36:28parce qu'on est fonctionnaire
36:29évidemment il y a une vocation
36:30mais à un moment
36:30il faut aussi pouvoir
36:31faire bouillir la gamelle
36:32et donc il faut revaloriser
36:34les métiers
36:35de fonctionnaire
36:36et le dernier point
36:37sur la question
36:38de la fonction publique
36:39c'est que
36:40c'est un investissement
36:41et le privé
36:42le sait bien
36:43dans beaucoup de secteurs
36:44on voit
36:45ce à quoi son assiste
36:46c'est un recul
36:47des services publics
36:48et par contre
36:48une explosion
36:49du privé lucratif
36:52le capitalisme
36:53pour vivre
36:53au fond
36:54c'est le principe même
36:56il y a besoin
36:56de trouver toujours
36:57de nouveaux secteurs
36:58à marchandiser
36:59là ils ont déjà
37:00marchandisé énormément
37:01il y a les secteurs
37:02de la culture
37:03le secteur évidemment
37:05de l'industrie
37:06de l'économie
37:07etc
37:07maintenant ce qu'il leur reste
37:09à marchandiser
37:10c'est la protection sociale
37:11d'où l'offensive
37:11sur les retraites
37:12mais aussi tout le secteur
37:14du relationnel
37:14le secteur du soin
37:15et du lien
37:16c'est là qu'est le nouveau lieu
37:18d'affrontement
37:18avec le capital
37:20et c'est le nouveau lieu
37:22de lucrativité
37:24les fonds se tournent
37:25essentiellement
37:26sur la petite enfance
37:27la prise en charge
37:28des personnes âgées
37:29dépendantes
37:29l'école
37:30il n'y a jamais eu
37:31autant d'élèves
37:32scolarisés dans le privé
37:33que depuis très longtemps
37:34parce que c'est un lieu
37:36où faire des bénéfices
37:37et donc
37:39faire reculer
37:40le service public
37:40c'est notamment
37:42c'est évidemment
37:43une stratégie austéritaire
37:44pour les finances publiques
37:45mais leur objectif
37:46est de laisser un boulevard
37:47au privé lucratif
37:48pour ouvrir
37:49une nouvelle place
37:50au marché
37:51et à la spéculation
37:51et c'est pour ça
37:52que c'est très grave
37:53et qu'il faut avoir
37:54une position très claire
37:58on ne peut pas
38:00on ne peut pas
38:01laisser la prise en charge
38:03des personnes
38:04l'accompagnement
38:05des personnes
38:06que ça soit
38:06l'accompagnement
38:07des enfants
38:08l'accompagnement
38:08des aînés
38:09l'éducation
38:10aux mains des actionnaires
38:11aux mains du privé lucratif
38:13pas de subvention publique
38:15pour le privé lucratif
38:25si on veut faire
38:26des économies
38:28il suffit juste
38:29de couper
38:30les subventions
38:30aux privés lucratifs
38:31ça fera faire
38:31beaucoup d'économies
38:32à l'état
38:33donc c'est une proposition
38:34de la CGT
38:36merci
38:38alors
38:39je le disais
38:40en introduction
38:40avec toi
38:41une femme
38:42dirige désormais
38:43la CGT
38:44une autre femme
38:45a été élue
38:46tout récemment
38:47à la tête
38:47de la CFDT
38:49est-ce que finalement
38:49on ne pourrait pas se dire
38:50que c'est un signe
38:52un signe
38:53que le monde du travail
38:54et les entreprises
38:55doivent prendre
38:56le train
38:56de leur époque
38:57en accélérant
38:58le rythme
38:59de la réduction
38:59des inégalités
39:01femmes-hommes
39:01tu le disais
39:02toi-même tout à l'heure
39:03sur le plan des salaires
39:04mais on sait
39:04qu'il y a beaucoup
39:05d'autres inégalités
39:07qui frappent les hommes
39:07et les femmes au travail
39:08il y a des freins
39:09à l'évolution des carrières
39:10ça explique d'ailleurs
39:11une partie
39:12de l'écart
39:14salarial
39:14il y a des droits
39:15à la retraite
39:16qui sont encore aujourd'hui
39:17très inégalitaires
39:21quel bilan tires-tu
39:22des mesures
39:23qui ont été
39:23déjà engagées
39:24on a parlé
39:25d'index
39:26oui je crois
39:27que ça s'appelait comme ça
39:27d'index d'égalité
39:28hommes-femmes
39:29dans les entreprises
39:30on a parlé
39:32de parité
39:33dans les conseils
39:34d'administration
39:35des entreprises
39:37mais est-ce que ça
39:38finalement
39:39change
39:40la vie
39:40des femmes au travail
39:42non
39:42ça s'appelle
39:43du féminisme
39:43washing
39:44en fait
39:44c'est que
39:45le capital
39:45comprend aussi
39:46très bien
39:47et c'est pour ça
39:48que le capitalisme
39:50est toujours là
39:50200 ans après sa création
39:52c'est que
39:52ils savent récupérer
39:53les tendances
39:54récupérer toutes les dynamiques
39:55et ils peuvent
39:55tout récupérer
39:57et donc
39:58ils ont bien compris
40:00la dynamique de mobilisation
40:01des femmes
40:02et donc
40:02ils essayent de récupérer
40:03cette dynamique
40:04en faisant comme si
40:05ils agissaient
40:06pour les femmes
40:08donc l'index
40:09égalité salariale
40:10je pense que tout le monde
40:11a bien conscience
40:12il est fait
40:13justement
40:14pour occulter
40:15les inégalités
40:16entre les femmes
40:16et les hommes
40:17il a été construit
40:18avec des biais grossiers
40:19qui permettent
40:20à 95% des entreprises
40:21d'avoir
40:22une très bonne note
40:23et en fait
40:24moi j'ai juste
40:26un conseil à donner
40:26une entreprise
40:27qui a une mauvaise note
40:28il faut qu'elle change
40:28de DRH
40:29c'est qu'elle ne sait pas
40:32utiliser
40:33tout ce que la loi
40:34lui permet
40:35pour grâce
40:36à l'index
40:37se fabriquer
40:37elle même
40:39une bonne note
40:40et pouvoir invisibiliser
40:41les écarts de salaire
40:42donc cet index
40:43il faut le changer
40:44en profondeur
40:44après la bonne nouvelle
40:45c'est que les biais
40:46sont tellement grossiers
40:47c'est que c'est pas très compliqué
40:48de le changer en fait
40:49je vais pas rentrer
40:50dans les détails techniques
40:50mais donc toutes les organisations
40:52syndicales sont d'accord
40:53là dessus
40:54ensuite
40:54en fait
40:55les seuls changements
40:58comment dire
40:58un peu vigoureux
40:59qui ont été mis en place
41:00par le gouvernement
41:00c'est l'égalité
41:02par en haut
41:02c'est le seul endroit
41:03où il y a des sanctions
41:04en fait
41:04sinon
41:06en matière d'égalité
41:07femmes-hommes
41:07c'est un peu comme si
41:08on disait
41:08qu'on limite
41:10la vitesse
41:10à 90 km heure
41:11ce qui est important
41:12de le faire
41:13d'avoir des limitations
41:14de vitesse
41:14mais qu'il n'y a pas
41:15de radar
41:16et qu'il n'y a pas
41:17de policier
41:18pour mettre les amendes
41:19en matière d'égalité
41:20femmes-hommes
41:20il y a un code du travail
41:21qui dit
41:21il faut appliquer
41:22l'égalité salariale
41:23entre les femmes
41:23et les hommes
41:24ça fait 50 ans
41:25que ça dure
41:25mais il n'y a aucune sanction
41:26pour les entreprises
41:27qui ne respectent pas
41:28donc à partir de là
41:29quand on sait ça
41:30on comprend mieux
41:30pourquoi ça ne bouge pas
41:31et pourquoi
41:32il y a toujours
41:3325% d'écart de salaire
41:35entre les femmes
41:35et les hommes
41:36donc la première chose
41:37qu'il faut faire
41:37c'est mettre des sanctions
41:40et en fait
41:41le seul sujet
41:42sur lequel
41:43on a imposé des sanctions
41:44c'est sur la féminisation
41:45des conseils de direction
41:47évidemment
41:47c'est important
41:48qu'il y ait des femmes
41:49à tous les niveaux
41:49qu'il y ait aussi
41:50des femmes pédégères
41:50des femmes
41:52au conseil d'administration
41:53mais c'est une vision
41:55élitiste
41:56de l'égalité femmes-hommes
41:57encore une fois
41:58c'est la théorie
41:58du ruissellement
41:59à la sauce Macron
42:00c'est pas parce qu'il y aura
42:02plus de femmes patronnes
42:03que l'ensemble
42:04des femmes
42:05du monde du travail
42:05se porteront mieux
42:06on a connu
42:07une femme patronne
42:08des patrons
42:09Laurence Parizeau
42:10la situation des femmes
42:12n'a pas du tout
42:12été améliorée
42:13pire
42:13à l'époque
42:14elle a failli nous imposer
42:15le contrat
42:16première embauche
42:17donc à la CGT
42:18on a justement
42:20une vision
42:20d'un féminisme
42:22lutte des classes
42:22ou d'un syndicalisme
42:24féministe
42:25où on pense
42:26qu'il faut lier
42:28en profondeur
42:29la lutte contre
42:29les rapports
42:30d'exploitation
42:31liés au capitalisme
42:31et la lutte contre
42:32les rapports
42:33de domination
42:33liés au patriarcat
42:34et c'est les deux batailles
42:35qu'il faut mener ensemble
42:48alors on sort
42:49d'un été
42:50caniculaire
42:51est-ce que la question
42:53environnementale
42:54ne doit pas devenir
42:56prioritaire
42:56dans les productions
42:58pour tenir compte
42:58de leur impact
42:59sur le climat
42:59et puis
43:01incidemment
43:02on peut aussi
43:02se poser la question
43:03est-ce que
43:03la transition écologique
43:04peut-être une chance
43:05pour l'industrie
43:06ou au contraire
43:07une menace
43:08sachant que
43:09certaines voies
43:09mettent en avant
43:10aussi l'exigence
43:11d'une décroissance économique
43:13pour tenir compte
43:14des exigences
43:17de la limitation
43:19du réchauffement climatique
43:20bon d'abord
43:21en fait
43:22ce qui est important
43:22de dire
43:24c'est que
43:25la question environnementale
43:26on le voit
43:26c'est pas pour rien
43:27qu'il y ait une répression
43:28aussi violente
43:28par exemple
43:29à Sainte-Solines
43:29c'est que maintenant
43:31elle est au coeur
43:31de l'affrontement de classe
43:33et que plus on tarde
43:34à prendre
43:35la question environnementale
43:36plus ça va augmenter
43:39la violence
43:40des rapports de classe
43:41et le fait
43:42que tu as cité
43:43la mort
43:44de 6 saisonniers
43:45cette semaine
43:46dans les vendanges
43:47c'est important
43:48de dire
43:49que la chaleur
43:50tue
43:50oui
43:51la chaleur
43:51tue
43:52et y compris
43:52en France
43:53et la chaleur
43:54tue des travailleuses
43:54et des travailleurs
43:55elle tue
43:56des travailleuses
43:57et des travailleurs
43:58dans le secteur agricole
43:59elle tue
43:59des travailleuses
44:00et des travailleurs
44:00dans le secteur
44:01de la construction
44:01en bref
44:02dans tous les secteurs
44:03dans lesquels
44:03on travaille en extérieur
44:04où on a aussi
44:05les métiers
44:06les plus pénibles
44:06et donc
44:07oui
44:08cette question
44:09environnementale
44:10il faut qu'on la porte
44:11en permanence
44:11et tout le temps
44:12d'abord
44:12pour obtenir
44:14des mesures
44:16sérieuses
44:16de prévention
44:17et de protection
44:18des travailleuses
44:19et des travailleurs
44:19donc la CGT
44:20elle revendique
44:20une température
44:22maximum
44:22de travail
44:23en reprenant
44:25c'est les normes
44:25il y a des chercheurs
44:27qui ont fait des travaux
44:27on connait très bien
44:28les atteintes à la santé
44:29des chaleurs
44:30donc le fait
44:32que le travail
44:33doit être interdit
44:34au-delà
44:35d'une certaine
44:36température
44:37en extérieur
44:39il faut également
44:40rétablir
44:40les comités
44:41hygiène
44:41et santé
44:42et sécurité
44:42pour avoir
44:43de vraies politiques
44:43de prévention
44:45évidemment
44:49d'ailleurs
44:50petit message
44:51à Christophe Béchut
44:52je crois que c'est lui
44:52le ministre de l'environnement
44:53enfin on l'entend pas trop
44:54mais il me semble que c'est lui
44:56les CHSCT n'existent plus
44:57parce qu'il avait expliqué
44:59que tout allait bien
45:00face à la canicule
45:01parce qu'il y avait
45:02les CHSCT
45:03et que les salariés
45:03pouvaient se faire entendre
45:04donc non non
45:05Macron les a supprimés
45:06en 2017
45:07mais s'il a des bonnes nouvelles
45:08à nous annoncer
45:09qu'il n'hésite pas
45:09on est disponible
45:10pour les remettre en place
45:18donc la question environnementale
45:19il faut s'en saisir d'urgence
45:21parce que plus on tarde
45:23plus les conséquences
45:24seront violentes
45:25pour nous
45:26et il faut s'en saisir d'urgence
45:28parce que
45:29en fait
45:30pour répondre
45:31aux défis environnementaux
45:32il y a une obligation
45:33de transformer en profondeur
45:35l'outil productif
45:36on ne peut pas
45:38répondre à cet enjeu
45:39si
45:40on se limite
45:41à des mesures
45:42sur la consommation
45:43la culpabilisation individuelle
45:45des pratiques individuelles
45:47c'est l'outil productif
45:47qu'il faut changer
45:48par exemple
45:49dire qu'il faut
45:51consommer
45:51utiliser moins
45:52d'emballages plastiques
45:53c'est très juste
45:53il faut
45:53mais en fait
45:54souvent on n'a pas le choix
45:55on ne peut pas faire autrement
45:56tous les produits
45:57sont sur-emballés
45:58par exemple
45:58dire qu'il faut
45:59des circuits courts
46:00et qu'il faut acheter
46:01des choses
46:03produites en France
46:04je pense que tout le monde
46:05ici a envie d'acheter
46:05des choses produites en France
46:07sauf que
46:07souvent on ne peut pas
46:08parce que
46:09nos salaires
46:09ne le permettent pas
46:10et puis surtout
46:10il y a plein de produits
46:12qui sont tout simplement
46:13plus produits en France
46:14le textile
46:15qui est un des secteurs
46:15les plus polluants
46:17plus rien n'est produit
46:18en France
46:18donc il faut
46:19relocaliser la production
46:21pour supprimer
46:22l'impact environnemental
46:23du transport
46:24qui est le premier facteur
46:25d'émission des gaz
46:26à effet de serre
46:27et puis relocaliser
46:28la production
46:29c'est aussi
46:30imposer des normes
46:31sociales et environnementales
46:32parce que
46:33quand on délocalise
46:34on délocalise aussi
46:35la pollution
46:36puisque
46:38nos jeans
46:38et nos vêtements
46:39qu'on achète
46:40et qui sont fabriqués
46:41en Chine
46:41et maintenant au Vietnam
46:42parce que la Chine
46:43c'était trop cher
46:44ils sont fabriqués
46:45en dehors de toute norme
46:46sociale et environnementale
46:47donc la relocalisation
46:48c'est les transports
46:49mais aussi
46:50les normes environnementales
46:51et ensuite
46:59il faut
47:00donc relocaliser
47:01c'est indispensable
47:02mais il faut aussi
47:02faire évoluer
47:03notre outil productif
47:05il faut sortir
47:06du produit
47:07toujours plus
47:08à moins bonne qualité
47:09produire des produits
47:11plus durables
47:11et y compris
47:12d'ailleurs
47:13on sait que
47:13il y a 20 ans
47:14en fait
47:15les choses qu'on achetait
47:16aussi chères
47:17elles étaient
47:18beaucoup plus solides
47:19et qu'elles nous tenaient
47:2010, 15, 20 ans
47:21maintenant
47:22la stratégie du capitalisme
47:24pour nous faire consommer
47:24toujours plus
47:25c'est l'obsolescence programmée
47:27il y a besoin
47:28de mettre en place
47:29une économie circulaire
47:30donc d'avoir
47:32moins de consommation
47:33de matière première
47:34des produits recyclables
47:35et qui durent
47:36plus longtemps
47:37qui consomment
47:38moins d'emballages
47:39etc.
47:40et donc pour ça
47:41le levier fondamental
47:43c'est qu'il faut
47:43que les travailleuses
47:44et travailleurs
47:45aient des droits
47:45au travail
47:46pour se faire entendre
47:47aujourd'hui
47:48le problème
47:49c'est qu'on est
47:49trop souvent
47:50des passagers clandestins
47:51en matière de stratégie
47:52industrielle
47:53ou stratégie
47:53environnementale
47:54par exemple
47:55vous avez peut-être
47:56entendu parler
47:57de l'entreprise
47:59ST Microelectronics
48:00à Grenoble
48:02en Isère
48:04les camarades
48:05sont là
48:05magnifiques
48:06donc elles sont là
48:07vous pouvez venir
48:08leur parler après
48:09donc la CGT
48:11exigeait
48:12depuis de longues années
48:13que la production
48:15soit augmentée
48:15c'est un enjeu
48:16de souveraineté
48:17parce que c'est
48:17des puces
48:18qui sont fabriquées
48:19dans cette usine
48:20et que si on perd
48:21la maîtrise
48:22des puces
48:22on perd la maîtrise
48:23de la révolution
48:24numérique
48:25et donc on a obtenu
48:26à peu près
48:27un doublement
48:28des capacités
48:28de production
48:28sauf que fabriquer
48:30des puces
48:30ça consomme
48:31énormément d'eau
48:32et que je pense
48:33qu'on commence
48:33à comprendre
48:34avec les épisodes
48:35de canicule
48:35que l'eau
48:36c'est une nouvelle
48:36ressource
48:38sur laquelle
48:39on va s'affronter
48:39avec le capital
48:40parce qu'il y a
48:41un enjeu
48:41d'accaparement
48:42de cette ressource
48:42et de ce bien commun
48:43et donc
48:45c'est bien
48:46on gagne
48:46le gouvernement
48:48annonce enfin
48:49le doublement
48:50de la capacité
48:50de production
48:51de ST Microelectronics
48:52à coût d'aide publique
48:53de façon très importante
48:54parce qu'ils ont quand même
48:55signé des gros chèques
48:56pour le patronat
48:56et par contre
48:57aucune prise en compte
48:59de l'impact environnemental
49:00alors que la CGT
49:01a une proposition
49:02toute simple
49:03au lieu d'utiliser
49:04de l'eau propre
49:05pour fabriquer
49:06les puces
49:07il faudrait recycler
49:08toujours la même eau
49:09pour éviter
49:11de consommer
49:11toutes les ressources
49:12en eau
49:13de la région
49:14et pourquoi
49:15cette proposition
49:16évidente
49:17n'est pas prise en compte
49:18tout simplement
49:19parce que ça coûte
49:19plus cher
49:20en termes d'équipement
49:21de production
49:22et le problème
49:23c'est que les camarades
49:24de ST Micro
49:25font cette proposition
49:26mais aujourd'hui
49:27ils sont passagers
49:28clandestins
49:28on n'a aucun moyen
49:30d'imposer cette proposition
49:31et surtout de conditionner
49:32les aides publiques
49:33massives
49:34dont bénéficie l'entreprise
49:35à la prise en compte
49:36de cette proposition
49:37cet exemple
49:38je pourrais le démultiplier
49:39avec toutes les entreprises
49:40de ce pays
49:41et donc c'est pour ça
49:42que dans les batailles
49:43de la CGT
49:44il y a le fait
49:45de gagner des droits
49:46supplémentaires
49:47pour porter la question
49:48environnementale
49:49à l'entreprise
49:49et faire primer
49:51les objectifs environnementaux
49:53sur les aides publiques
49:55en termes de conditions
49:56d'aide publique
49:57et puis le dernier point
49:59sur lequel je voulais insister
50:00sur la question environnementale
50:03c'est que
50:05comment ?
50:07j'ai rien compris
50:10armement
50:11oui
50:12c'est vrai que j'aurais pu
50:13en parler tout à l'heure
50:14sur la question de l'austérité
50:16dans les services publics
50:17c'est que le budget
50:18de l'armement
50:18n'a jamais été aussi élevé
50:20et que c'est un problème
50:22aujourd'hui
50:22dans les désordres
50:23qui sont organisés
50:24à l'échelle mondiale
50:25on sait que
50:25beaucoup spéculent
50:27sur ces désordres
50:28et qu'il y a une industrie
50:29qui se porte bien
50:30c'est l'industrie
50:31de l'armement malheureusement
50:32et d'ailleurs
50:33en termes de projet alternatif
50:34la CGT à Thalès
50:36donc Thalès
50:37c'est une des grandes entreprises
50:38qui agit dans le secteur
50:39de l'armement
50:40et donc la CGT à Thalès
50:42elle a construit
50:42un projet incroyable
50:44à partir des technologies
50:45qui sont utilisées
50:46pour fabriquer
50:47des engins de guerre
50:48elle a
50:49avec ces mêmes technologies
50:50construit un projet
50:51d'imagerie médicale
50:52parce qu'en fait
50:53avec ces technologies
50:53on peut travailler
50:54dans le médical
50:59et donc en fait
51:01ce projet est génial
51:02parce que ça montre
51:03combien par l'action syndicale
51:05l'action syndicale
51:07elle est révolutionnaire
51:07parce que de l'intérieur
51:08à partir du travail
51:09on peut réorienter
51:10en profondeur
51:11la finalité du travail
51:12on part d'une industrie
51:12de l'armement
51:13qu'on transforme
51:14en industrie de la santé
51:15et donc ce projet médical
51:17que les camarades de Thalès
51:19donc je sais pas
51:19s'ils sont là
51:20portent depuis 10 ans
51:22là il est en passe
51:23de porter ses fruits
51:24parce qu'on a construit
51:26tout un projet
51:27et le problème
51:28c'est que
51:28alors qu'on gave
51:30d'aide publique
51:31toutes les multinationales
51:32et tous leurs projets
51:33nous il nous faut
51:3310 millions d'euros
51:34pour que ce projet
51:35porte ses fruits
51:36et pour l'instant
51:36on nous les refuse
51:37mais on est en train
51:38de faire bouger les lignes
51:39et je pense que
51:40dans quelques mois
51:40on pourra annoncer
51:41une bonne nouvelle
51:42avec ce projet
51:43qui va porter ses fruits
51:49mais je voulais juste revenir
51:50à ce que je voulais dire
51:51au début
51:51sur la question environnementale
51:52c'est que
51:54la question environnementale
51:55pourquoi est-ce que
51:56c'est indispensable
51:57de la porter
51:58quand on est des acteurs sociaux
52:00d'abord parce que
52:01c'est une question
52:01de crédibilité
52:02en direction des jeunes
52:03on n'est pas crédible
52:04si on n'est pas capable
52:04de leur dire
52:05dans 5 ans
52:06dans 10 ans
52:07quelle sera
52:07l'habitabilité
52:08de la planète
52:09on peut pas seulement
52:10parler salaire
52:10sans parler
52:11de l'état
52:12de notre planète
52:13ensuite parce que
52:14porter la question
52:15environnementale
52:15c'est empêcher
52:16les mises en opposition
52:17délétères
52:17entre le social
52:18et l'environnemental
52:19parce qu'on sait bien
52:20qu'on nous enferme
52:20toujours dans le chantage
52:21par exemple sur l'automobile
52:23les pouvoirs publics
52:24découvrent
52:25là aujourd'hui
52:26maintenant en 2023
52:27que le diesel
52:27c'est polluant
52:28bon ça fait 70 ans
52:30qu'on le sait ça
52:30mais ça fait 70 ans
52:32que l'industrie du diesel
52:33elle est ultra subventionnée
52:34en France
52:34et que le gouvernement
52:35ne réfléchit pas
52:36sur ces questions là
52:37ils le découvrent aujourd'hui
52:39et donc là maintenant
52:39ce qu'on nous annonce
52:40c'est la fin brutale
52:41immédiate du diesel
52:42et donc ça va se traduire
52:44on a les chiffres
52:45par 50 000 suppressions d'emplois
52:47pas dans 10 ans
52:48dans 3 ans
52:49c'est maintenant
52:50là on est en train
52:50de supprimer
52:51tous les emplois
52:52dans l'automobile
52:52en refusant
52:54de mettre en place
52:54ce que la CGT propose
52:55c'est à dire
52:56une sécurité sociale professionnelle
52:57qui permet de garantir
52:59quand il y a une transformation
53:00environnementale
53:01d'une industrie
53:02il y en a plein
53:02qu'il faut transformer
53:03la première chose
53:04qu'il faut dire
53:04c'est on sécurise
53:05et on maintient les emplois
53:06on maintient les emplois
53:08on forme
53:08on transforme les qualifications
53:09on transforme l'industrie
53:10quand c'est nécessaire
53:11pour que les mêmes salariés
53:12puissent faire un autre travail
53:14s'il y a des industries
53:15qu'il faut transformer
53:16c'est ce qu'on a fait
53:17par exemple à Gardanne
53:18une centrale à charbon
53:21donc j'espère que les camarades
53:22de Gardanne sont là
53:23et au bout de 5 ans de lutte
53:25la CGT a enfin obtenu
53:27la réouverture de la centrale
53:28avec un nouveau procédé
53:29de production
53:30et avec 5 ans de lutte
53:31on a maintenu
53:32le contrat de travail
53:33des salariés
53:33et donc pourquoi est-ce que
53:35c'est important de porter
53:35cette question environnementale
53:37parce qu'en fait
53:38ce que je voulais dire
53:39c'est que
53:40si on veut vraiment répondre
53:41à la question environnementale
53:42en fait
53:43il faut fondamentalement
53:45remettre en cause
53:45le partage des richesses
53:46et c'est pour ça
53:47que le capital ne veut pas
53:48traiter cette question environnementale
53:50c'est parce que
53:50on a en face de nous
53:51des gens qui sont profondément cupides
53:53et qui veulent
53:54continuer à voyager
53:55dans leurs jets
53:55leurs hélicoptères
53:56et à utiliser
53:58leurs piscines privées
53:59le problème
54:00il est là
54:01tout simplement
54:02malheureusement
54:02et donc
54:03nous qui sommes
54:05comment dire
54:06des militants
54:06d'une transformation profonde
54:08de la société
54:08et du modèle capitaliste
54:10le meilleur argument
54:11aujourd'hui
54:11pour expliquer
54:12pourquoi est-ce qu'il faut
54:12le transformer en profondeur
54:14c'est la question environnementale
54:15parce qu'on sait que
54:16pour y répondre
54:16il faut une planification
54:18environnementale
54:19on peut pas faire les choses
54:20au coup par coup
54:20et laisser le marché répondre
54:21il faut des investissements
54:23publics massifs
54:24il faut aussi des investissements
54:25privés massifs
54:26il faut des services publics
54:27qui soient forts
54:28et qu'il faut transformer
54:29en profondeur
54:29le modèle productif
54:30et qu'il faut mettre en place
54:31une sécurité sociale
54:32professionnelle
54:32tout ça c'est des propositions
54:34que la CGT
54:35elle porte depuis des années
54:36face au mur environnemental
54:37c'est une nécessité
54:39et dernier point
54:40sur cette question
54:40je suis désolée
54:41je fais long
54:41mais en fait
54:42la question environnementale
54:43elle est vraiment
54:44centrale dans le contexte
54:45c'est que
54:46si on ne traite pas
54:47cette question environnementale
54:48c'est encore un boulevard
54:49à l'extrême droite
54:50qu'on laisse
54:50parce que là
54:51dans les points d'inquiétude
54:53qui font que
54:55vraiment
54:57plus que jamais
54:58l'extrême droite
54:58est aux portes du pouvoir
54:59il y a aussi
54:59cette question environnementale
55:00l'extrême droite
55:02elle prospère
55:02on le voit en Allemagne
55:04partout dans le monde
55:04elle prospère
55:05sur cette injustice
55:07environnementale
55:07et sur une forme
55:08de pragmatisme
55:10sur
55:10oui les éoliennes
55:11c'est moche
55:11ça défigure nos paysages
55:14oui on veut
55:15faire reculer
55:16le niveau de vie
55:17des françaises
55:18et des français moyens
55:19sur un climato-scepticisme
55:20aussi
55:20et donc
55:21l'extrême droite
55:22elle prospère
55:23sur les désordres environnementaux
55:24il suffit de parler
55:25de la question des réfugiés
55:26pourquoi est-ce qu'il y a
55:27de plus en plus de réfugiés
55:28et que ça va augmenter
55:29à cause des désordres climatiques
55:31à cause du fait
55:32qu'il y a
55:33de plus en plus de pays
55:34qui vont devenir
55:34tout simplement
55:35inhabitables
55:36et donc si on ne répond pas
55:37en profondeur
55:38à la source
55:39à la question environnementale
55:40de fait
55:41il y a des mécanismes
55:42de repli
55:43qui vont se construire
55:44de toutes parts
55:44et qui alimentent
55:46la progression
55:47de l'extrême droite
55:48Merci
55:49Merci Sophie
55:50Merci Sophie Binet
55:52On est arrivé
55:54au terme de ce débat
55:57On vous invite
55:58à participer
55:59massivement
56:00au 13 octobre
56:01la journée intersyndicale
56:03sur les salaires
56:05sur l'égalité salariale
56:06entre les hommes
56:07et les femmes
56:07sur les conditions
56:09de travail
56:09l'humanité y sera aussi
56:11on rendra compte
56:12la préparera en amont
56:14Merci à tous
56:30Merci Sophie
56:32Merci Sophie

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