Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Les mobilisations des agriculteurs à travers toute l’Europe ont mis à nu les dérives de l’agriculture quand elle est laissée aux mains de l’agro-industrie qui condamne les agriculteurs à la pauvreté puis à la disparition, au sein d’un marché mondial sauvage qui aggrave encore la tendance, sans se soucier des conséquence sur l’environnement.
Une autre agriculture qui permette aux agriculteurs de vivre de leur travail en produisant une alimentation saine et respectueuse de l’environnement est pourtant possible.
Bilan réel des mobilisations, des « mesures » gouvernementales, de l’inertie de l’Union européenne, et perspectives, avec deux spécialistes de l’agriculture européenne :
-Sylvie COLAS, secrétaire nationale de la Confédération paysanne,
-et Claude GRUFFAT, député européen des Verts.

Téléchargez l'appli de l'Humanité 👉 https://app.humanite.fr
Abonnez-vous 👉 https://abo.humanite.fr/2243

📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ !
Retrouvez tous nos articles sur 👉 https://www.humanite.fr/
Notre page Facebook 👉 https://fr-fr.facebook.com/humanite.fr/
L'Humanité est aussi sur Twitter 👉 https://twitter.com/humanite_fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Alors comme vous le voyez, on est ici devant le Parlement européen où se déroule une manifestation
00:04à l'appel de 13 organisations, ONG, syndicats, dont la Confédération Paysanne.
00:10Ils manifestent contre la modification du règlement sur les OGM, bien sûr,
00:17mais ils manifestent aussi pour l'ensemble des questions qui se posent au monde agricole aujourd'hui.
00:21En Europe, il y a là des agriculteurs français, mais il y a aussi des agriculteurs allemands qui sont présents
00:27et d'autres pays qui sont présents devant le Parlement européen.
00:31On y entre et on va parler avec un député, avec la secrétaire générale, en réalité, de la Confédération Paysanne.
00:39On va parler de ces questions à l'intérieur. A tout de suite.
00:41Voilà, nous y sommes, à l'intérieur du Parlement européen.
00:44Donc, merci à vous, Sylvie Collin.
00:46Je rappelle que vous êtes la secrétaire nationale de la Confédération Paysanne.
00:51Merci d'être sur le plateau de l'Humanité.
00:53Et puis, Claude Gruffat, merci d'être là, député européen.
00:57Les Verts, Claude Gruffat, spécialiste des questions agricoles.
01:00Alors, avec vous, on va faire le point sur deux choses.
01:02Peut-être tout de suite, ce qui mobilise à l'heure actuelle les manifestants à l'extérieur du Parlement,
01:07on l'a vu, on va le revoir au cours de cette émission.
01:11Les OGM, donc, la question des OGM et du changement possible de réglementation concernant les OGM.
01:18Et puis, bien sûr, au-delà de ça, on va parler aussi,
01:21on va faire le point sur la situation des mouvements agricoles en France, bien sûr, et en Europe.
01:27Et surtout, qu'est-ce qu'on a gagné ou pas gagné du tout ?
01:30Vous allez nous le dire, bien entendu, merci à vous deux, en tout cas.
01:33Commençons peut-être avec vous, Sylvie Cohen, avec les OGM,
01:36puisque vous êtes l'un des groupes qui a mobilisé pour cette manifestation devant le Parlement européen.
01:42Donc, en gros, on va essayer de simplifier parce que c'est un petit peu technique quand même.
01:47L'UE veut changer la réglementation actuelle des OGM.
01:50Il s'agit en fait d'alléger drastiquement les conditions de mise sur le marché des OGM.
01:57Est-ce que vous pourriez nous expliquer en quoi exactement va consister,
02:02consisterait cette nouvelle réglementation par rapport à la situation actuelle ?
02:06Et puis, on parlera ensuite des conséquences.
02:08Alors, on nous parle d'ailleurs de nouveaux OGM,
02:11c'est-à-dire qu'en fait, les anciens restent limités et interdits de culture en France.
02:16Mais par contre, les nouveaux...
02:16On en a un autre et d'autres.
02:17Voilà, les nouveaux seraient autorisés, et notamment parce que tout simplement,
02:22on ne les considère pas comme des OGM.
02:24Ils appellent ça donc des nouveaux OGM.
02:26Mais en fait, c'est exactement la même chose que les précédents,
02:29c'est-à-dire qu'on n'a aucune évaluation du risque sur leurs conséquences
02:34par rapport à l'environnement, par rapport à la biodiversité.
02:37On voit qu'en plus, ils ne seront pas tracés,
02:40c'est-à-dire qu'il n'y aura plus d'étiquetage par rapport aux consommateurs
02:43ni par rapport aux paysans qui font ses propres semences,
02:46qui risquent à être contaminés, notamment s'il est sur une filière biologique.
02:50Et puis surtout, le fait, c'est qu'il y a le brevetage de ces nouveaux OGM
02:55qui va leur permettre de posséder l'intégralité du vivant des génomes de nos plantes.
03:01Et donc, demain, nous demander des royalties sur nos propres graines
03:05que nous semons depuis des générations, voire des millénaires,
03:08qui sont un bien commun.
03:10La semence, c'est un bien commun.
03:11Et eux vont en faire leur propriété et nous soumettre donc à une taxation.
03:15– Voilà, toutes les graines vont devenir une propriété industrielle
03:19avec un copyright, si on peut dire, sur ces graines-là, Claude Cuffard.
03:25– Et c'est ça qui est le problème, c'est que perdre notre souveraineté alimentaire
03:30en la livrant aux firmes, aux multinationales productrices de semences OGM,
03:36qui font plus qu'une… moi, je pense qu'ils font plus qu'une propriété des semences,
03:40ils font une propriété intellectuelle du monde du vivant, ce qui va encore plus loin.
03:44Et ce qui peut s'interchanger en termes d'échanges financiers
03:48entre les continents, entre les pays, etc.
03:50Ce qui veut dire que les pays n'ont plus de frontières.
03:52Les multinationales passent au-dessus, ça capa partout,
03:55et privent les citoyennes et les citoyens, d'où que ce soit sur la planète,
03:58mais là on est en Europe, donc les citoyens et les citoyens européens,
04:01de leur vraie souveraineté alimentaire, c'est-à-dire de leur capacité
04:04à produire leur alimentation comme ils l'entendent.
04:07Comme disait Madame, c'est ce qu'on fait depuis des millénaires et des millénaires.
04:12Donc on est dans une situation inédite.
04:15Et ce que je voudrais rajouter aussi, c'est que ces nouveaux OGM,
04:18on en parle depuis 2018, même avant,
04:21la Cour de justice européenne les a reconnus comme des OGM.
04:26Il n'y a pas des gentils OGM et puis des vilains OGM qu'on ne veut pas,
04:32qui sont déjà interdits.
04:33C'est des OGM, mais évidemment l'industrie est en train d'essayer
04:37de contourner tous les trucs.
04:38Bon là maintenant, on est à un moment où elle a trouvé l'appui
04:41des politiques de droite et d'extrême droite pour soutenir ce truc-là.
04:45Donc on mène une bataille au niveau de ce Parlement
04:48pour au moins avoir un cadrage de ces OGM
04:52et si possible l'interdiction de la commercialisation de ces OGM.
04:56Ça va être débattu là, au cours de cette session.
04:59Mais comme vous le dites, le résultat des courses,
05:01on le connaît pratiquement déjà.
05:03Le résultat des courses, c'est que le Parlement européen est à droite,
05:08il y a une majorité de droite large.
05:10Donc tant que ces groupes politiques ne reviendront pas
05:14sur cette lecture de l'avenir alimentaire de l'humanité,
05:18et qu'on fait place au profit et au business,
05:22parce que c'est ça qui est en train de se passer,
05:24demain, il y a des chances qu'on ne l'emporte pas comme on le souhaiterait.
05:29On passe peut-être, à moins que vous ayez un point à rajouter par rapport aux OGM,
05:33mobilisation, il y a une mobilisation qui est forte quand même sur cette question-là.
05:36J'allais dire peut-être, peut-être ce qu'il faut rajouter,
05:38c'est qu'il y a une mobilisation bien sûr d'un certain nombre d'agriculteurs,
05:42on le voit ici, et européens,
05:44on le voit ici devant le Parlement européen en ce moment,
05:46avec des agriculteurs qui viennent d'Allemagne,
05:48qui viennent des Pays-Bas de différents pays européens.
05:51Il y a aussi la mobilisation peut-être des gens, des consommateurs,
05:55parce que c'est une question qui est très sensible dans l'opinion, cette question-là.
05:59Oui, tout à fait, et il ne faut pas oublier que si on a beaucoup mobilisé
06:04au moment des grands fauchages d'OGM, et dans le Gers particulièrement,
06:07il y a eu les premiers essais d'OGM,
06:10dans ma région, dans le Gers, on arrivait à faire des débats avec 1000 personnes
06:14au plus profond de la campagne.
06:16Maintenant, les Français se sentaient protégés,
06:19il n'y avait pas d'OGM en France, il n'y avait pas d'OGM.
06:21Donc le débat est plus difficile à expliquer,
06:23et surtout avec cette sémantique de parler de nouveaux OGM,
06:27et surtout ce leurre toujours de faire croire que grâce à ces nouveaux OGM,
06:31on réglerait les problèmes liés au réchauffement climatique,
06:35et qu'on aurait des variétés qui résisteraient mieux à la sécheresse,
06:38et qui nous permettraient de continuer à produire beaucoup, facilement,
06:43et de garantir la souveraineté alimentaire.
06:45Donc l'argument est très populiste.
06:48Alors on passe peut-être à la situation globale des mouvements des agriculteurs,
06:53qui agitent toute l'Europe depuis plusieurs semaines maintenant.
06:58Où est-ce qu'on en est exactement à l'heure actuelle ?
07:01Claude Gruffard, on peut peut-être faire un petit point là-dessus.
07:04Quelle est la phase actuelle, après le départ d'un certain nombre
07:08de grandes organisations patronales agricoles, on va les appeler comme ça,
07:11du mouvement, qui était un mouvement très large, dont sont partis des tas d'idées,
07:18on a entendu débattre des tas de choses, je crois que c'était le côté un peu,
07:21enfin pas un peu, très positif de ce mouvement, dans tous les sens.
07:26Où est-ce qu'on en est à l'heure actuelle ?
07:28Pour moi, on en est à une pause, simplement.
07:32Parce que ce mouvement, il est légitime.
07:35Énormément d'agriculteurs ne gagnent plus leur vie,
07:37et travaillent énormément pour gagner, au moins pour le tiers d'entre eux.
07:41La question centrale, c'était le revenu.
07:43C'est ça, et la question du revenu n'a pas trouvé de solution
07:46dans les propositions du gouvernement.
07:49Donc, qu'est-ce qui s'est passé concrètement ?
07:51La FNSEA a gagné sur les questions environnementales.
07:54Ils ont fait reculer l'encadrement des pesticides,
07:57on a fait reculer tous les textes qui cadraient un petit peu ces questions-là.
08:02Ils sont en train de remettre en question les 4% de Jachère,
08:05qui en fait mobilisent 4% de la surface agricole,
08:09mais on parle de 0,4% de production là-dessus.
08:11C'est ça, expliquons le lien, cette histoire de Jachère,
08:12parce qu'on a entendu ça partout, les Jachères, ça y est,
08:15on a gagné le bout de terrain qui va nous servir à gagner de l'argent.
08:19Les 4% de Jachères sont en place depuis plus de 25 ans en Europe,
08:22ce n'est pas un sujet nouveau.
08:23Elles ont été suspendues au moment de la guerre en Ukraine,
08:26justement parce que l'industrie productiviste agricole
08:29a sauté sur la table pour trouver l'occasion de dire
08:31« Attention, on va avoir faim, il faut remettre tout en culture ».
08:33Tout remettre en culture pour produire quoi ?
08:350,4% de production supplémentaire.
08:37C'est ridicule.
08:38Donc c'est un faux sujet, c'est un faux nez
08:42qui satisfait la vindique populaire,
08:44enfin la vindique de la FNSEA par rapport à ces questions-là.
08:47Moi, ce que je constate aujourd'hui,
08:48c'est que la FNSEA et les industriels de l'agroalimentaire ont gagné
08:51parce qu'eux, ils ont fait sauter toutes les lignes qui les dérangent.
08:53Par contre, les agriculteurs, ils n'ont pas de revenus en plus.
08:55Donc pour moi, le problème n'est pas résolu.
08:57On est à un stand-by à une mi-temps
09:01qui va devoir à un moment retrouver.
09:03La politique agricole commune, puisqu'on est au niveau européen,
09:06c'est quand même là que les choses se jouent,
09:08elle utilise quoi, la politique agricole ?
09:10Elle utilise le productivisme à tout craint,
09:14robotique, numérique, génétique.
09:16C'était le slogan du président de la République française
09:18pour qualifier l'agriculture de demain.
09:20Ça fait rêver, ça fait rêver de manger ça.
09:23Et ça, ça veut dire quoi ?
09:24Ça veut dire que ça utilise de plus en plus de pesticides,
09:27ça utilise les OGM.
09:28Qui nous ont raconté une histoire il y a déjà 20 ans
09:31en disant que ça utilisera moins de pesticides ?
09:33Faux !
09:33Ça en est utilisé plus !
09:35Ça consomme aujourd'hui plus d'eau qu'avant.
09:37Tout ça pour avoir une agriculture
09:39qui ne gagne pas sa vie de port-partie.
09:41Qui gagne sa vie là-dedans ?
09:42Les gros industriels.
09:43Arnaud Rousseau, président de la FNSEA,
09:45700 hectares, c'est le modèle.
09:47C'est le modèle de la France agricole qu'on veut demain, ça ?
09:49Ça ne va pas faire la France des paysages,
09:50ça ne va pas faire la France de la territorialisation
09:53de l'alimentation,
09:54ça ne va pas faire la bio de proxétimité pour les cantines,
09:56ça ne va pas faire tout ça.
09:57Donc on est en train de partir, de renforcer un système
10:01qui a montré depuis tant d'années ses failles, ses faillites.
10:05La biodiversité est dans un état d'effondrement catastrophique.
10:0760% des populations d'oiseaux ont disparu en une quinzaine d'années,
10:1280% des insectes ont disparu,
10:14la fertilité des sols est en baisse partout dans le monde,
10:17mais aussi en Occident, chez nous, avec nos terres.
10:19Tout ça sont des éléments qui ne sont pas rassurants.
10:21La qualité de l'eau au robinet, vous avez vu où on en est ?
10:234 500, 4 600 forages qui ont fermé dans la dernière décennie,
10:26parce que l'eau n'est plus potable au robinet.
10:28Avec l'atrazine qui pose un problème,
10:30je vous rappelle que l'atrazine est interdite depuis 1994.
10:33Elle continue de polluer en augmentation les nappes.
10:37Mais oui, parce que les pesticides qu'on a mis en surface
10:38à un moment donné, le temps qu'ils descendent dans les sols,
10:41ça prend du temps.
10:4210 ans, 15 ans, 20 ans selon la nature des sols.
10:44Maintenant, on est en train de monter le niveau d'atrazine
10:46dans l'eau du robinet.
10:47On ferme les forêts.
10:50Mais on va où ?
10:50C'est quoi l'avenir ?
10:52Et effectivement, ça concerne aussi tout le monde,
10:54nous tous, consommateurs, citoyens, on va dire.
10:57Vous le disiez tout à l'heure,
10:58sachant que, c'est peut-être bon de le rappeler à l'occasion
11:00puisque vous avez parlé de la PAC,
11:01que la PAC, c'est les impôts tout simplement des Européens
11:04en dernière instance,
11:05que donc les gens ont tout de même un petit peu un droit
11:08de donner leur avis sur la manière dont l'agriculture
11:10devrait être faite en Europe à l'heure actuelle.
11:12À la Confédération Paysanne,
11:14Sylvie Collat,
11:15où vous en êtes ?
11:16À ce point, maintenant,
11:18comment vous analysez la situation
11:20et qu'est-ce que vous allez faire derrière ?
11:23Prenons peut-être un peu la situation de la France aussi.
11:27Il y a eu des annonces qui ont été faites,
11:29Claude Gruffa y faisait allusion tout à l'heure.
11:31Mais derrière ça,
11:32comment vous les analysez, vous,
11:33ces propositions, entre guillemets,
11:36et qu'est-ce que vous allez faire derrière ?
11:37Nous, justement,
11:39nous continuons de nous mobiliser.
11:40Il y a encore des barrages,
11:42alors qu'ils sont un peu plus mobiles,
11:43puisque maintenant, on est à l'amende.
11:45Dès qu'on bloque un tracteur un certain temps sur la route,
11:47il est verbalisable.
11:48Vous avez fait la garantie, l'accord entre les chaînes.
11:49Donc, on est obligé de bouger.
11:51Pour le coup, les tracteurs, ça sert à rouler.
11:53Donc, encore, dans le Grand Ouest,
11:55il y a des manifestations, ce soir, demain,
11:57qui vont continuer à exprimer notre...
12:03Alors, c'est même plus de la colère, là.
12:06C'est vraiment du mépris de tout le travail
12:08qu'ont fait beaucoup d'agriculteurs
12:10d'avancer vers plus d'écologie,
12:12parce que tous les agriculteurs sont conscients
12:14que le réchauffement climatique
12:16ne leur permettra plus de produire dans les bonnes conditions
12:18et que l'agriculture contribue en partie
12:21à ce changement climatique.
12:23Donc, il est normal qu'elle évolue aussi,
12:26comme tout un chacun,
12:27quand les gens roulent avec des véhicules électriques,
12:29ils essayent, eux aussi, de participer.
12:32Et beaucoup d'agriculteurs,
12:3380% des agriculteurs sont prêts à faire cet effort,
12:36mais moyennant qu'il y ait une compensation.
12:38Puisque forcément, sur du court terme,
12:40ils n'ont pas forcément le retour à l'investissement
12:43de mesures agroécologiques sur leur terre.
12:46Mais dans le temps, on sait que ça payera.
12:48Et ils en ont conscience,
12:49puisqu'ils ne peuvent plus produire aujourd'hui
12:51ce qu'ils produisaient il y a 5 ans,
12:53il y a 10 ans,
12:53il y a encore plus ce qu'il y a 20 ans.
12:54Donc, nous, on reste mobilisés et scandalisés
12:58par les propositions de M. Attal,
13:02de rabaisser les normes,
13:03parce que franchement,
13:06moi, je n'aurais jamais pensé vivre ça.
13:08Moi, j'ai connu le moment
13:09où l'agriculture bio s'est développée.
13:11J'ai été présidente des agriculteurs bio
13:14en 1992.
13:15On était 40 agriculteurs bio dans le Gers.
13:18On est 2000 agriculteurs bio dans le Gers.
13:2025% des agriculteurs.
13:22Et c'est 25% d'agriculteurs
13:24qui représentent 20% de la surface
13:27du département du Gers,
13:28qui est un des départements agricoles
13:29les plus importants,
13:31étaient satisfaits.
13:32Sauf qu'ils ne sont plus accompagnés.
13:33Ils avaient une aide au maintien de l'Europe
13:35qui a été abandonnée.
13:38Là, dernièrement, il y a eu des éco-régimes.
13:39Alors, on a ouvert les vannes
13:41pour que ce soit le moins-disant,
13:42c'est-à-dire le HVE,
13:44haute valeur environnementale,
13:45qui n'a aucune contrainte.
13:47Et tout d'un coup, l'administration
13:48s'est aperçue.
13:4980% des agriculteurs
13:50avaient souscrit à HVE
13:52parce qu'il n'y avait aucune contrainte
13:54environnementale.
13:54Mais pendant qu'on donnait
13:55pour le HVE,
13:57du coup, on ne pouvait pas financer
13:58les autres éco-régimes,
14:00les MAEC.
14:01Et là, on voit, je dirais,
14:02presque de l'amateurisme
14:04des politiques agricoles
14:05qui n'ont pas calibré
14:06l'attente des paysans
14:08d'aller vers plus, justement,
14:11de normes environnementales
14:12moyennant d'être compensées.
14:14et ils n'ont pas su donner
14:15l'argent en face.
14:16Et au contraire,
14:18ceux qui ont été
14:19les plus volontaires
14:20ont été pénalisés
14:21puisque les MAEC
14:23ne sont pas payés.
14:24C'est des agriculteurs bretons.
14:25Il y avait quand même
14:26mille dossiers non honorés
14:27alors que les agriculteurs
14:28ont signé leur contrat,
14:30ont mis des prairies.
14:31Ils ont mis des prairies
14:32en plus.
14:34Alors qu'aujourd'hui,
14:35on nous dit
14:35de plus en mai.
14:37Ce que vous dites là,
14:38c'est exactement
14:39le môme pénalisé
14:40m'est venu également en tête
14:41quand vous en parliez,
14:42tous les deux.
14:43Ce que vous êtes en train
14:43de dire là,
14:44c'est que ce mouvement-là
14:45non seulement n'a pas fait avancer
14:46quoi que ce soit
14:47sur le revenu des agriculteurs,
14:49mais qu'il pénalise
14:50ceux qui essayaient
14:51de faire quelque chose
14:51d'un peu mieux,
14:52on va le dire comme ça.
14:53C'est ça le résultat des comptes.
14:55Oui, et puis on détourne
14:57l'attention sur des faux problèmes.
15:01La paperasserie agricole,
15:02on la connaît,
15:02mais elle existe
15:03dans tous les secteurs agricoles.
15:04Le curage du fossé,
15:06mais par contre,
15:07ce qui nous inquiète beaucoup,
15:08c'est de voir que par exemple
15:09l'ANSES n'aurait plus sa place
15:10comme elle l'avait,
15:12l'Office français
15:13de la biodiversité.
15:15Donc là,
15:15on est vraiment
15:15sur des systèmes
15:17vraiment...
15:18Des organismes
15:18qui contrôlaient un peu
15:20tout de même.
15:21On est sur une radicalisation
15:22vraiment
15:23de tous les mouvements
15:26agri-environnementaux,
15:27écologistes
15:27autour de l'agriculture.
15:29Nous, on travaille la terre,
15:30on travaille du vivant.
15:32On ne peut pas arrêter
15:32notre production
15:33du jour au lendemain
15:34comme quand on construit
15:35un véhicule.
15:36Mais pour le coup,
15:36on voit bien
15:37qu'il n'y a pas de politique
15:38agricole de long terme
15:39et nous,
15:39on travaille sur un temps long,
15:41justement.
15:42Donc il y a une inadéquation
15:43et les paysans
15:44qui manifestent en ce moment,
15:46quel que soit leur syndicat,
15:47il y a un grand malaise,
15:48c'est de ne pas avoir de ligne.
15:50C'est-à-dire,
15:51on ne peut pas tous les deux ans
15:52nous dire de changer
15:52de modèle agricole.
15:53Et là,
15:54on voit bien
15:54que l'ancien modèle
15:55qui me fait penser
15:57que finalement,
15:58M. Attal,
15:59c'est la politique des vieux.
16:00Je suis désolée de le dire.
16:01C'est ce que faisait mon père
16:03il y a 40 ans,
16:03le productivisme.
16:04Mais aujourd'hui,
16:06on sait très bien
16:06quand on est paysan,
16:07ce n'est pas le rendement
16:08qui fait notre revenu.
16:10C'est le bon produit
16:11au bon moment
16:12qui n'a pas coûté trop cher,
16:13qui ne nous a pas
16:15endettés au-dessus
16:16de nos moyens
16:16et qui nous permet
16:17de pérenniser
16:19notre avenir.
16:20Et non pas
16:21de l'assassiner
16:22du jour au lendemain
16:22par un à-coup
16:23d'engrais,
16:24de produits phytosanitaires
16:27qui détruisent tout,
16:28qui font qu'on a des sols
16:29qui ne produisent plus rien.
16:30C'est ça.
16:31Et est-ce que vous êtes
16:32en train de dire
16:33à propos de la France,
16:36des propositions,
16:36en tous les cas,
16:37des résultats
16:37de ce qu'ont été
16:39les propositions
16:39gouvernementales en France,
16:41Claude Gruffat,
16:41c'est la même chose
16:42pour l'Europe.
16:44Régression,
16:45le mot,
16:45on emploie aussi
16:45le mot régression
16:46par rapport à ce qui avait
16:48tout de même été un peu acquis.
16:49On a l'impression
16:50qu'on est en train
16:51de le perdre là.
16:51Je pense à l'arrêt
16:53de l'éco-phito,
16:54etc.
16:54C'est-à-dire ces normes
16:57minimales
16:57qui faisaient aussi
16:58la réputation
16:59à un moment donné
17:00des institutions européennes,
17:01du Parlement européen.
17:02On disait
17:02quand même,
17:03c'est les gens
17:04qui essaient d'éviter
17:05qu'on mange trop
17:06de cochonneries,
17:07etc.
17:08Et ça,
17:08ça valorisait
17:09dans la tête des gens
17:10ce qu'étaient
17:10les institutions européennes
17:11et ce que pouvait être
17:12le Parlement européen.
17:13Et on a l'impression
17:13que là,
17:14on est en train de perdre.
17:16On est en train de riquer
17:17et ça valorisait aussi
17:18la qualité des produits
17:19agricoles d'Europe
17:20à travers le monde.
17:22Les dictages,
17:23etc.,
17:23tout ce qui a été mis en place
17:24depuis des décennies.
17:26Là,
17:27on a reculé.
17:28Là,
17:28si on regarde
17:28avec tout ce qu'on a fait
17:30sauter dans la réglementation
17:31en une demi-journée
17:32avec M. Attal,
17:34on est revenu en 2007
17:35en termes de réglementation.
17:37Donc,
17:37c'est tellement aberrant
17:39à un moment
17:39où toutes les questions
17:40de biodiversité,
17:41de qualité de l'air,
17:42de qualité de l'eau,
17:4360 000 morts
17:45prématurées
17:45à cause des pesticides
17:47en France,
17:48380 000 en Europe.
17:50Et on passe ça
17:51ce n'est pas un problème.
17:52Moi,
17:53je veux bien.
17:54On fait un plat
17:55quand on a 3 900 morts
17:56sur les routes
17:56par an en France.
17:57Là,
17:58il y en a 60 000.
17:58On passe ce silence,
17:59on n'en parle pas.
18:00Ce n'est pas sérieux.
18:03Et puis,
18:03on voit que
18:04dans les différents pays européens,
18:05ça pète un peu de partout.
18:06C'est la question
18:07que j'allais vous poser.
18:07Comment ça se passe
18:09ailleurs en Europe
18:09à l'heure actuelle ?
18:10Parce que
18:11les mêmes causes
18:11produisent les mêmes effets.
18:13C'est-à-dire que
18:13quand on a une politique
18:14agricole commune,
18:16elle est européenne,
18:17qui s'applique
18:18dans tous les États membres,
18:19on va à la même catastrophe.
18:21C'est-à-dire que
18:22c'est l'agriculture industrielle
18:23qui est soutenue
18:24et ce n'est pas
18:25l'agriculture plus petite
18:26qui est soutenue.
18:27Je vais juste donner
18:283-4 chiffres
18:28au niveau de la PAC
18:29pour qu'on se rende compte
18:31des volumes.
18:32Aujourd'hui,
18:33en France,
18:33c'est probablement
18:34la même chose en Europe
18:35mais je n'ai pas la certitude,
18:36mais en France,
18:37un agriculteur sur 3
18:38ne touche pas d'aide de la PAC.
18:39Il n'est pas dans le cadre.
18:40Trop petite ferme,
18:41trop petite surface,
18:42pas les bonnes productions,
18:43etc.
18:43Ou très peu.
18:46Oui, mais...
18:47Ingligeable.
18:48Ensuite,
18:481% des agriculteurs
18:50siphonnent 30%
18:52du budget de la PAC.
18:54Ceux-là,
18:55ils ne sont pas dans la rue.
18:56Ensuite,
18:57la deuxième marche,
18:5820% des agriculteurs
18:59siphonnent 80%
19:00du budget de la PAC.
19:02Ça veut donc dire
19:03que 80% des agriculteurs
19:05ne se partagent
19:06que 20% du budget.
19:07Évidemment,
19:08ils ne s'y retrouvent pas
19:08à la sortie.
19:09Mais ça génère quoi, ça ?
19:10Ça génère le fait
19:11qu'on a toujours
19:13une trop petite ferme
19:14pour y arriver.
19:15Et ça a un engrenage
19:17qui fait qu'il faut
19:18toujours grossir.
19:19La PAC en Europe,
19:20aujourd'hui,
19:21elle finance à l'hectare.
19:22C'est-à-dire plus
19:22d'un hectare,
19:23plus t'as d'aide.
19:23Donc, les plus petits
19:25s'en sortent mal,
19:26se font reprendre
19:28par les gros.
19:28Il y a une espèce
19:32de cycle
19:33qui s'est mis en route
19:34depuis 40 ans
19:35où les gros
19:35mangent les petits
19:37qui ne s'arrêtent pas.
19:39Alors, les petits,
19:39quand ils souffrent,
19:40etc.,
19:40évidemment,
19:41on les retrouve dans la rue.
19:41C'est ça,
19:42l'essence du conflit.
19:42Alors, ce conflit,
19:43il a lieu en France,
19:44mais il a lieu en Allemagne,
19:45pareil.
19:45Il a lieu en Hollande,
19:46pareil.
19:46Les tracteurs en Italie
19:48roulent vers Rome aujourd'hui
19:49pour la même raison.
19:50C'est-à-dire qu'on est
19:50dans une situation
19:52où on essaie d'instaurer
19:53en Europe
19:54un modèle d'agriculture
19:56industrielle
19:56qui ne s'applique pas
19:57à l'Europe.
19:58On n'est pas au Canada,
19:59on n'est pas aux États-Unis,
20:00on n'est pas en Nouvelle-Zélande,
20:02on n'est pas en Australie
20:03avec des immenses surfaces,
20:05etc.
20:05On n'est pas un continent
20:06d'agriculture industrielle
20:07et on n'est pas un pays
20:08en France
20:09d'agriculture industrielle
20:10du tout.
20:10Nous, on râle
20:11quand il y a une ferme
20:12des mille vaches,
20:12en Allemagne,
20:13il y a des fermes
20:13de 4000 vaches courantes,
20:15en Hollande,
20:15il y en a, etc.
20:17C'est-à-dire qu'ils ont
20:18un ton plus loin.
20:19Ben oui,
20:20mais quand on voit
20:20qu'en Europe,
20:21on a les mêmes conflits
20:22qui naissent
20:22alors qu'ils se installent
20:23plus loin dans l'industrialisation,
20:25ça veut dire
20:25que c'est infini.
20:26On n'en sortira pas
20:27avec ce modèle d'agriculture.
20:29Hors Plateau,
20:30tout à l'heure,
20:30on en parlait
20:31de la situation
20:32proche de nous,
20:32celle du Royaume-Uni
20:33à l'heure actuelle,
20:34qui est déjà
20:35dans cette phase-là.
20:37Le Royaume-Uni
20:38a fait en sorte
20:39d'arriver
20:40à 50 000 agriculteurs
20:41mais il y a déjà
20:42longtemps.
20:43Une petite profession.
20:44Ce qui fait qu'aujourd'hui,
20:46sur l'échelon politique,
20:47ils ne représentent plus rien.
20:48Sur un plan
20:49vivre de leur métier,
20:50ils dépendent des importations
20:51plus, plus, plus.
20:52Ils ne sont pas en situation
20:53de souveraineté alimentaire
20:54et ils ne sont pas prêts
20:55de le retrouver.
20:56Et puis,
20:57ce n'est pas pour ça
20:57que les paysans anglais
20:58sont heureux
20:58parce qu'ils ont la même
20:59situation de crise
21:00régulièrement.
21:01Et quoi ?
21:02En France,
21:02on veut la ferme ?
21:03La France,
21:04c'est 50 000 paysans.
21:06En 1955,
21:08on était 2 300 000 agriculteurs.
21:10En 1980,
21:11on était à 1 3 000 paysans.
21:14Et aujourd'hui,
21:15on est à 480 000.
21:17Et quoi ?
21:17On veut continuer comme ça ?
21:18Je sais que c'est le rêve
21:19de la FNSEA.
21:20Moi, mon rêve
21:21en tant que parlementaire européen
21:22qui soutient un modèle
21:23d'agriculture
21:24diversifié partout
21:25sur le territoire,
21:26mon rêve,
21:26c'est la France
21:27des 1 million de paysans.
21:28Ce n'est pas la même chose.
21:29Vous avez fait allusion
21:32aux accords commerciaux.
21:33En fait,
21:33on parle de cette question-là
21:34qui a été aussi une question
21:36qui a été beaucoup débattue
21:38sur les barrages,
21:40les manifestations
21:41des agriculteurs,
21:42etc.
21:42On entendait souvent
21:43quand on allait discuter
21:44avec eux
21:44cette question
21:45des accords internationaux
21:47qui ruinent aussi
21:48à l'heure actuelle
21:49une partie
21:49de l'économie agricole française.
21:54même chose
21:54à l'échelon européen
21:56des accords commerciaux.
21:58On va rappeler
21:59les derniers en vitesse.
22:01Et puis celui
22:02dont tout le monde parle
22:02en disant à nous
22:03non, non, c'est fini,
22:04le Mercosur, etc.
22:04Il faudrait peut-être
22:05mettre les choses
22:05au point sur cette question-là
22:07parce que ça continue.
22:09Mais les accords internationaux,
22:10nous, les écologistes,
22:12on a toujours été
22:12complètement opposés
22:13pour exactement
22:14les mêmes raisons
22:15qui sont évoquées
22:16par les paysans
22:17aujourd'hui
22:17dans la crise
22:18qui vient d'éclater.
22:19C'est-à-dire qu'il y a
22:20une concurrence déloyale
22:21qui se joue à leur égard
22:22qui est absolument insoutenable.
22:24Comment penser
22:25qu'on va importer
22:27des produits
22:27qui sont fabriqués,
22:29élevés,
22:30produits
22:30avec des méthodes
22:32interdites en Europe
22:33et qu'on va faire rentrer ça
22:34et que ça ne va pas faire
22:35une concurrence déloyale
22:36pour les producteurs européens ?
22:37Enfin, ce n'est pas sérieux.
22:38Donc ça,
22:38ce n'est absolument pas possible
22:40de continuer sur ce système-là.
22:42Après, on a un autre facteur
22:44qui reste toujours
22:45ce silence.
22:45C'est bizarre
22:46parce que les trucs,
22:46les éléphants,
22:47on ne les voit jamais dans la pièce.
22:49L'OMC qui impose
22:51des règles de commerce internationaux
22:53dont est victime
22:54l'agriculture européenne
22:55est devenue insupportable.
22:56L'OMC qui a été créé
22:58au début des années 90
22:59doit aujourd'hui
23:00être complètement revu.
23:01On doit reposer
23:02les choses différemment
23:03pour permettre des échanges.
23:04Parce que moi,
23:05quand je dis qu'on est contre
23:06les échanges bilatéraux
23:07tels qu'ils sont faits aujourd'hui,
23:09pourquoi on est contre ?
23:10D'abord,
23:11parce qu'ils sont écocidaires
23:12des deux bouts.
23:13Alors,
23:13ils sont déloyales
23:14pour l'agriculture européenne,
23:15ils sont écocidaires
23:16pour les pays de prévenance
23:18avec la déforestation,
23:19avec le non-respect
23:20des règles européennes.
23:21On utilise des pesticides
23:22interdits ici,
23:23on utilise des cultures industrielles,
23:25même chose.
23:25des OGM,
23:26des trucs et des machins.
23:27Et ici,
23:28ils ruinent l'agriculture locale.
23:30Et du coup,
23:31ils sont écocidaires aussi
23:31parce qu'il y a une agriculteur
23:32qui ne fonctionne pas.
23:33Ça veut dire des paysages
23:34en mauvais état,
23:35ça veut dire tout un tas de choses
23:36qui n'y collent plus non plus.
23:38Donc,
23:39à ce titre-là,
23:41on ne peut pas poursuivre.
23:42Et par contre,
23:43qu'on mette en place
23:44des vrais échanges multilatéraux,
23:47on va prendre l'exemple
23:48de la Nouvelle-Zélande.
23:49On vient de passer
23:50un accord commercial
23:51avec la Nouvelle-Zélande.
23:52On achète de l'agneau là-bas.
23:54C'est leur grosse production
23:55en extensif.
23:56Ils en ont énormément.
23:57En France,
23:58on a beaucoup de producteurs d'agneau.
23:59Tout ce qu'on achète,
24:00on n'en a pas besoin.
24:01Qu'est-ce qu'on fait ?
24:01On achète l'agneau en Nouvelle-Zélande
24:02et puis après,
24:02quand il est arrivé ici,
24:03on le revend en Chine.
24:05Non mais les gars,
24:06on ne pourrait pas faire
24:06un accord multilatéral
24:07qui pose des choses différemment.
24:09Que les Néo-Zélandais
24:10aient besoin d'en exporter,
24:11soit,
24:12que d'autres parties du monde
24:13en aient besoin,
24:14soit,
24:14mais dans ce cas,
24:15on l'organise comme il faut.
24:16On ne fait pas
24:17de l'importation en Europe
24:18de volume dont on n'a pas besoin
24:19pour après le réexporter.
24:20Mais ça,
24:21on voit ça
24:22à tous les étages.
24:25Alors qu'on dit
24:25qu'il faut arrêter
24:26les émissions de CO2
24:27et on fait des containers
24:28qui traversent la planète
24:30dans tous les sens,
24:31une absurdité totale.
24:32Donc,
24:33c'est ça
24:34qu'il faut remettre en question.
24:34Sylvie Collard,
24:35on le voyait tout à l'heure,
24:36on le voit d'ailleurs encore
24:37maintenant à l'extérieur
24:38du Parlement européen
24:38avec la manifestation,
24:40la mobilisation.
24:42La solidarité
24:43entre les agriculteurs
24:46intéressants,
24:46on va dire,
24:47d'Européens,
24:48elle existe.
24:49On le voit ici.
24:50Il y a des agriculteurs
24:51qui viennent de différents pays.
24:53C'est un point fort,
24:54ça, à l'heure actuelle.
24:55Cette autre Europe,
24:56j'allais dire,
24:56entre guillemets,
24:57qui n'est pas celle
24:57des institutions
24:58dont on est en train
24:59de parler là,
24:59mais celle de la solidarité
25:01européenne des agriculteurs
25:02qui voudraient faire autre chose.
25:04Complètement.
25:04Et nous,
25:05à la Confédération Paysanne,
25:06on a toujours eu
25:07cette solidarité
25:08avec tous les paysans
25:10et paysannes du monde,
25:11avec la Via Campesina
25:12qui représente
25:14200 millions de paysans.
25:15Il ne faut pas oublier
25:16que 80% des paysans
25:17n'ont pas de tracteurs.
25:18Nous, on parle
25:19de notre agriculteur
25:21de l'Occident,
25:21mais il faut regarder.
25:22Et en plus,
25:23dans tous ces échanges,
25:24comme disait M. Griffat,
25:26effectivement,
25:26le problème,
25:27c'est que non seulement
25:28on tire vers le bas
25:29tout le monde
25:30au sein de l'Europe,
25:31mais aussi
25:32dans tous ces paysans
25:33du monde
25:34où on n'a même plus
25:35la souveraineté alimentaire.
25:36C'est-à-dire,
25:36ils vont être capables
25:37de faire de la canne à sucre
25:38pour des grands groupes industriels
25:39qui nous vendent du soja
25:40et nous créent du diabète
25:42et de l'obésité.
25:44Voilà.
25:44Avec des travailleurs
25:45qui sont toute la journée
25:47en train d'être aspergés
25:49de pesticides,
25:50des paysans
25:51autour de ces plantations
25:52de canne à sucre
25:53qui ne peuvent plus
25:54travailler leur terre
25:55parce qu'ils n'ont plus l'eau,
25:56parce qu'on leur a pris
25:57l'eau bien commun,
25:58parce que parfois
25:59on leur a pollué
25:59leurs terres,
26:00sans parler de toute
26:01l'industrie
26:02qu'on vient piller
26:03aussi au niveau
26:04des minerais et autres.
26:05Donc il y a vraiment
26:06à repenser complètement
26:07nos relations au monde
26:08parce qu'on le voit bien,
26:09c'est en train
26:10de s'effriter.
26:11Et nous,
26:11la solidarité,
26:12bien sûr,
26:13avec l'Europe,
26:13on a ECVC
26:14qui est notre structure,
26:16qui est à Bruxelles
26:17où effectivement
26:18on a des confédérations
26:19paysannes en quelque sorte
26:21de chaque pays européen
26:23dont une partie
26:24était là aussi aujourd'hui,
26:26qui était là
26:26la semaine dernière
26:27à Strasbourg
26:28quand on a manifesté.
26:29On voit la force là.
26:30Ah oui,
26:30là c'était très impressionnant
26:32de voir cette solidarité.
26:34On était la première force
26:36devant le Parlement
26:37de Bruxelles
26:40via la Via Campestina
26:42et le CVC.
26:43Donc voilà,
26:44il faut se dire
26:45que les problèmes
26:46sont les mêmes
26:47sur l'ensemble
26:47de la planète
26:48et que tout le monde
26:49en est conscient
26:51et que tout le monde
26:51doit en avoir conscience
26:52qu'on est des êtres humains,
26:54que l'humanité
26:54et la solidarité
26:55ce n'est pas un vain mot
26:56et qu'à un moment,
26:57là où un paysan souffre,
26:59ici forcément
27:00qu'il y en a un autre
27:00qui souffre
27:01à l'autre bout du monde
27:01au même titre
27:02que tous les travailleurs
27:03parce qu'il faut parler aussi
27:04de tous les travailleurs
27:05de l'agriculture
27:06et on a pourtant
27:08une déclaration
27:09reconnue par l'ONU
27:10qui s'appelle l'Undrop
27:11qui est la déclaration
27:12des droits
27:13des paysans
27:14et des paysannes
27:15notamment par rapport
27:16à leurs semences,
27:17le droit de produire
27:18et de multiplier
27:20leurs semences,
27:20l'accès à l'eau,
27:22le travail bien sûr
27:23dans l'accès à la santé
27:24et on reprend
27:26tous ces droits
27:26et d'ailleurs
27:27au niveau de l'Undrop,
27:28on a obtenu
27:29d'avoir trois experts
27:30nommés par l'ONU
27:31pour faire la promotion
27:33et contrôler son application.
27:35Alors bien sûr,
27:36ce n'est pas contraignant,
27:37c'est l'ONU,
27:38mais c'est quand même
27:39une réflexion
27:40qui doit nous donner
27:42cette dimension,
27:43cette élévation
27:44de l'humain
27:44à aller vers quelque chose
27:46de positif pour tous.
27:47Un mot pour conclure,
27:48peut-être le gruffin,
27:49on nous avait dit
27:50au début de ce mandat,
27:52la présidente
27:53de la Commission européenne
27:53avait parlé du Green Deal,
27:55n'est-ce pas,
27:56qui était quand même
27:56le fagnon
27:58de cette séquence politique
28:03dans l'Union européenne,
28:05le Green Deal ?
28:07Le Green Deal,
28:07il avait trouvé son origine
28:08dans la campagne
28:09des Européennes
28:10qui était beaucoup plus
28:12porteuse pour les verts
28:13et pour l'écologie
28:14et l'environnement
28:15à ce moment-là.
28:16Ça avait mis quand même
28:16une sacrée pression
28:17sur la droite européenne
28:18pour ne pas l'effacer
28:19et l'écarter
28:20d'un revers de manche.
28:21Donc, ça avait fait l'objet
28:22d'une stratégie
28:23pour la mandature.
28:27Qu'est-ce qu'il en sort ?
28:28Si on parle du volet agricole
28:30du Green Deal,
28:31Farm to Fork,
28:32de la ferme à la fourchette,
28:33le contenu,
28:34c'était quoi ?
28:35Les grands points.
28:3625% des surfaces en bio
28:38en Europe.
28:38On est à 9,5%
28:39en moyenne aujourd'hui.
28:40La France est à 8,5%.
28:42L'Autriche,
28:43qui est le plus haut,
28:43est à 26%.
28:44Et l'Irlande,
28:45qui est le plus bas,
28:46et la Pologne,
28:46sont à 3%.
28:47Donc, on avait
28:48ce qui était déjà
28:49une belle étape.
28:50Deuxième point,
28:51c'est 50% de réduction
28:51des pesticides.
28:52Troisième point,
28:5450% de réduction
28:55des antibiotiques
28:56dans l'alimentation animale.
28:57Quatrième point,
28:58la réduction de 20%
29:00des engrais chimiques,
29:01etc.
29:02Donc, c'était
29:02une belle démarche,
29:03etc.
29:04On arrive en fin de mandat,
29:05qu'est-ce qui a été fait ?
29:0750% de réduction
29:08des pesticides
29:09dans le nôtre code,
29:10dans le règlement européen
29:11sûr,
29:13a été jeté
29:14littéralement
29:15à la poubelle
29:16avec une claque
29:17considérable
29:18à la Commission.
29:18La Commission a quand même
29:19dit, bon,
29:21toutes les directives
29:21qu'on a prises
29:22depuis 2009,
29:23qui sont les plans
29:23éco-phyto en France,
29:24mais il y a les mêmes
29:25en Europe.
29:25D'ailleurs,
29:26je souligne au passage
29:26qu'il y a des pays
29:27qui ont réduit
29:27leurs pesticides.
29:28Eux, ils l'ont suivi,
29:28le plan.
29:30Ça, il y a la fameuse
29:32surtransposition
29:33issue des directives.
29:34La France n'a rien.
29:36Ça a fait un bruit terrible
29:38dans la rue
29:39ces 15 derniers jours.
29:40En réalité,
29:41il n'y en a pas
29:41de surtransposition.
29:42Donc, réduction de 50%
29:45des pesticides,
29:45il n'y en a pas.
29:46On nous dit,
29:46il faut faire sauter
29:47les normes.
29:47On n'a pas commencé.
29:48Donc, tout ce qui était
29:50dans le Green Deal
29:51et dans le plan,
29:52il n'y a rien de commencé
29:53et on dit dans la manif
29:55que c'est déjà trop.
29:57On se moque un peu
29:58du public et du monde.
29:59On crie avant d'avoir mal,
30:01on n'a pas commencé,
30:02on n'a pas essayé.
30:02En clair,
30:05l'environnement,
30:06l'écologie,
30:07les transitions agricoles
30:08nécessaires
30:09pour la génération
30:10qui vient,
30:11les 1,5 degrés en 2050,
30:13etc.,
30:14on s'assoit dessus littéralement,
30:15on ne veut pas en entendre parler.
30:16C'est grave.
30:17C'est grave pour
30:18l'habitabilité de la planète,
30:20comme on dit.
30:20C'est grave pour
30:22la sécurité alimentaire
30:23sur la planète.
30:24C'est tout un tas
30:26d'éléments
30:26qui posent quand même
30:27sacrément question.
30:28Et bientôt les élections européennes,
30:29bien sûr.
30:30Le 9 juin prochain,
30:31il faut y repenser.
30:32Voilà.
30:32Je vous remercie énormément,
30:34beaucoup, vous deux,
30:35pour tout ce que vous nous avez expliqué,
30:37ce point très, très complet
30:38que vous venez de faire.
30:39Merci à vous
30:39et merci à vous également
30:41qui nous avez suivis.
30:42À très bientôt.
30:43Au revoir.
30:43Merci.
30:44Merci.

Recommandations