00:00On l'a vu cette année, que ce soit en Europe, que ce soit en Chine, que ce soit au
00:04Pakistan,
00:04les impacts climatiques sont partout, sécheresse, inondations, cyclones.
00:10Et donc c'est vraiment primordial que la COP27, qui aura lieu en Égypte, dans un pays africain,
00:16qui représente aussi les communautés les plus impactées par le changement climatique
00:21et qui pourtant en sont les moins responsables,
00:24il est impératif que cette COP puisse répondre aux impacts.
00:34Cette COP, pour nous, elle doit vraiment permettre de mettre au cœur des négociations
00:37la question des impacts climatiques et puisse réellement avancer sur les sujets
00:42comme l'adaptation au changement climatique, comme la finance climat,
00:45donc la finance qui va des pays du nord vers les pays du sud pour les aider dans leur transition
00:50écologique,
00:51et sur la question épineuse des pertes et préjudices,
00:54qui sont en fait les conséquences irréversibles du changement climatique.
00:57Donc une fois que la catastrophe est arrivée, une fois que l'inondation a eu lieu par exemple,
01:02comment est-ce qu'on aide les communautés impactées à se remettre de ces catastrophes
01:08et d'y apporter une réponse,
01:09puisqu'aujourd'hui c'est entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes dans le monde
01:13qui vivent dans des zones vulnérables au changement climatique.
01:20Donc l'accord de Paris, ça a été signé en 2015.
01:23Donc l'idée, c'était que tous les pays se sont mis d'accord pour limiter le réchauffement de la
01:27planète à 1,5 degré.
01:30Donc ça veut dire réduire ces émissions de gaz à effet de serre.
01:33Et donc forcément, les pays qui sont les plus émetteurs,
01:37et pas seulement maintenant, aujourd'hui, mais historiquement,
01:39par exemple, si on prend le cas de la France,
01:41c'est le 12e émetteur mondial.
01:43Aujourd'hui, c'est moins de 1% des émissions,
01:45mais ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas un énorme rôle dans les émissions de gaz à
01:50effet de serre.
01:51Donc l'idée, c'était vraiment que tous ces pays-là s'engagent à réduire leurs émissions
01:54pour limiter le réchauffement de la planète.
01:566 ans, 7 ans après, on voit que les émissions continuent d'augmenter.
02:01La seule baisse qui a eu était liée à l'arrêt de l'économie pendant l'épidémie de Covid.
02:06Et que les pays tardent, notamment les pays riches, les pays responsables,
02:11tardent à décarboner leurs économies, à réduire leurs émissions,
02:14et rechignent aussi à donner de l'argent aux pays les moins émetteurs,
02:19aux pays du Sud, donc la majorité des pays du continent africain,
02:23du continent asiatique, de l'Amérique latine,
02:25des petites îles du Pacifique, par exemple,
02:28qui sont vraiment menacées dans leur existence même par ces impacts climatiques.
02:33Donc on en est à un stade où vraiment les impacts se multiplient,
02:38s'intensifient, touchent toutes les régions du monde.
02:40Elles touchent aussi la France, touchent aussi l'Europe.
02:46Nous, on déplore énormément qu'au fur et à mesure des années,
02:49les COP, ça devienne en effet des espaces qui sont envahis par le secteur privé.
02:53Un secteur privé qui...
02:55Enfin, souvent des entreprises du secteur privé qui sont polluantes,
02:57qui contribuent à la crise climatique,
02:59et qui du coup se délestent de leurs responsabilités
03:02en se faisant passer pour des acteurs environnementaux et pour des écolos en fait.
03:09Et du coup, nous, on déplore totalement parce qu'on pense que ça en va de la crédibilité des COP,
03:13que ces espaces-là soient préservés des intérêts des entreprises privées polluantes,
03:18qui clairement ont un intérêt au statu quo,
03:21ont un intérêt à des objectifs climatiques les moins ambitieux possibles.
03:25Et on voit vraiment dans la COP qui a lieu là avec la présidence égyptienne
03:29qu'en effet, les sponsors, que ce soit Coca-Cola, que ce soit Microsoft,
03:33sont clairement des entreprises qui sont loin d'être vertueuses sur le plan climatique.
03:37Donc on appelle vraiment à réguler l'implication en fait des sponsors
03:43et notamment de choisir des sponsors alignés avec l'urgence climatique,
03:47en tout cas dont les actions contribuent à réduire la crise et non pas à l'augmenter,
03:52et à augmenter la place de la société civile
03:55et notamment des communautés impactées par le changement climatique
03:57dans les espaces de négociations internationales.
04:04On voit que l'argent existe et que c'est avant tout une volonté politique
04:07de décider si on le taxe ou pas.
04:10Et donc là, selon un rapport qui vient de sortir tout juste
04:14et qui est soutenu notamment par CARE, par Oxfam et par d'autres,
04:17on met en avant le fait qu'entre 2000 et 2019,
04:21l'industrie du secteur fossile a engrangé des profits suffisamment élevés
04:27pour couvrir 60 fois le coût des pertes économiques liées au climat
04:32qui ont été subies par 55 des pays les plus vulnérables au changement climatique.
04:36Donc cet argent, il existe.
04:38Il existe du côté des énergies fossiles,
04:40on peut taxer l'extraction des énergies fossiles,
04:43on peut taxer le secteur des émissions du secteur aérien et du secteur maritime
04:47qui ne font pas partie de l'accord de Paris.
04:50On peut mettre en place une taxe sur les transactions financières.
04:54La France l'a fait.
04:55Ce serait intéressant qu'elle puisse porter ce modèle-là auprès d'autres États
04:59parce qu'on sait que les besoins en termes de financement
05:02pour aider les pays du Sud,
05:03que ce soit pour réduire leurs émissions, pour s'adapter
05:05ou pour faire face aux pertes des dommages,
05:07vont être absolument faramineux.
05:09Et on sait que cet argent, on peut le trouver du côté notamment du secteur privé.
05:14Il ne s'agit pas d'aller déshabiller Pierre pour habiller Paul,
05:18notamment aller prendre dans l'enveloppe des 100 milliards
05:19qui de toute façon pour l'instant n'a même pas encore été complètement rempli.
05:23Donc il faut trouver des financements nouveaux additionnels.
05:31En tout cas, une prise de conscience de plus en plus forte
05:33de la part des citoyens de cet enjeu climatique
05:36qui notamment était remontée lors des élections présidentielles
05:39comme un enjeu majeur pour les électeurs et les électrices.
05:42Et en même temps, une incompréhension du fait que, par exemple,
05:46un pays comme la France a été doublement condamné pour inaction climatique
05:51alors même qu'il se présente comme champion de l'action climatique
05:55à l'échelle internationale.
05:57Donc les Français, bien sûr, ont envie de contribuer à cette transition.
06:03Donc on parle beaucoup des petits gestes, de la sobriété.
06:06C'est important, les petits gestes, mais c'est avant tout un cadre politique
06:10qui est évidemment nécessaire.
06:14Donc sur tout faire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre
06:16et notamment rehausser l'objectif français
06:18qui est pour l'instant de seulement moins 40% d'ici 2030.
06:21Il va falloir que la France s'aligne notamment sur l'objectif européen
06:24de moins 55% et puis s'adapter.
06:28Et ça, il y a un rapport très intéressant qui est sorti juste avant l'été
06:31qui dit que la France devrait investir au moins 2,3 milliards d'euros par an
06:36pour adapter le pays, notamment en renforçant les systèmes d'isolation
06:43des bâtiments qui accueillent du public, les écoles, les EHPAD,
06:48aider les ménages les plus précaires à rénover, isoler thermiquement leurs maisons.
06:54Donc voilà, il y a énormément à développer des plans de mobilité douce,
06:59que ce soit dans les villes, mais aussi dans les zones rurales.
07:03Donc il y a énormément de choses à faire, à la fois au national et à l'international.
07:10En 2009, déjà à Copenhague, les pays s'étaient entendus sur un rythme
07:14de 100 milliards de dollars par an qui n'a jamais été atteint.
07:16En 2020, on était sur 83 milliards, mais en plus des financements
07:21qui sont souvent faits sous la forme de prêts qui contribuent à endetter
07:23en fait certains États et avec des co-bénéfices, ce qu'on appelle
07:27les co-bénéfices climat, c'est-à-dire la part climatique de projets
07:30de développement qui est souvent surévaluée.
07:32Donc ce qu'on attend, c'est davantage de qualité dans ces financements climat,
07:35mais également un rehaussement de l'ambition en termes monétaires,
07:39puisque par exemple l'ONU est très claire sur le fait que d'ici 2030,
07:45on aurait un besoin de 150 à 300 milliards par an,
07:49rien que pour l'adaptation dans les pays en développement.
07:51Aujourd'hui, on est plus sur quelque chose de l'ordre de 30 milliards,
07:54donc on voit bien qu'il y a un enjeu d'augmenter significativement
07:57ces financements climat, et également d'inclure un mécanisme dédié
08:01à ce qu'on appelle les pertes et dommages, c'est-à-dire en fait
08:03les conséquences irréversibles du changement climatique,
08:05qui créent des inondations, des sécheresses terribles,
08:08et pour lesquels les pays en développement sont souvent peu armés
08:11et disposent de peu de marge de manœuvre.
08:13Et donc on appelle de nos voeux un mécanisme dédié de financement
08:16pour les pertes et dommages à cette COP27.