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  • il y a 2 semaines
À quelques jours de la COP27 de Sharm-el-Sheikh, en Égypte, plusieurs ONG tirent la sonnette d'alarme sur l'urgence à répondre (enfin) aux impacts du changement climatique.

Des ONG font toutes le même constat : la planète vit des situations climatiques plus alarmantes les unes que les autres et les réactions politiques ne sont toujours pas à la hauteur du problème. Plusieurs organisations ont organisé une conférence de presse commune au forum 104, à Paris, à quelques jours de la 27e conférence sur les changements climatiques à Sharm-el-Sheikh en Égypte, du 6 au 18 novembre.

Ces organisations se nomment Réseau Action Climat, Care France, CCFD Terre solidaire, Oxfam France, WWF France, Greenpeace, Women Engage for a common Future et Action contre la Faim. Leur point commun : dénoncer la portée destructrice de nos modes de production et de consommation.

Augmenter ses objectifs de réductions d'émissions
« Alors qu'un tiers du Pakistan est sous les eaux, l'OCDE a annoncé que les subventions publiques pour les énergies fossiles ont quasiment doublé en 2021 », explique en introduction, Aurore Mathieu, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat.

C'est dans ce contexte que va se tenir la COP27 en Afrique. L'heure n'est plus aux mesurettes mais bien d'augmenter ses objectifs de réductions d'émissions. Sept ans après l'accord de Paris, l'ambition climatique des pays développés doit être relevée et être au cœur des négociations, souligne l'experte climat.

3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des zones vulnérables
Afin d'être équitable à l'échelle mondiale, la réduction d'émissions doit notamment être plus rapide dans les pays développés alors que les pays en développement doivent bénéficier de financement climat afin de s'adapter aux conséquences dévastatrices du réchauffement sur leurs territoires.

Les représentants des différentes ONG soulignent également que la majorité des pays traversent des crises de diverses natures - énergétique, alimentaire, économique, sanitaire et que seule une réponse en accord avec les objectifs climatiques de long terme est durable. « Aujourd'hui, ce sont 3,3 à 3,6 milliards de personnes dans le monde qui vivent dans des zones vulnérables au changement climatique » déplore Aurore Mathieu.

Taxer les super-profits
Il n'y a pas que les records de chaleur qui ont été battus ces dernières années, les super-profits se sont également envolés. « Selon un récent rapport soutenu par Oxfam et Care France, entre 2000 et 2019, l'industrie du secteur fossile a engrangé des profits suffisamment élevés pour couvrir 60 fois le coût des pertes économiques liées au climat /.../ donc cet argent existe » nous explique Fanny Petitbon, responsable plaidoyer chez Care France.

« La France, parce que responsable historiquement des émissions, a un rôle beaucoup plus important à jouer, elle doit réduire ses émissions plus vite que la moyenne et doit aider financièrement les pays impactés afin de les aider à réussi

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Transcription
00:00On l'a vu cette année, que ce soit en Europe, que ce soit en Chine, que ce soit au
00:04Pakistan,
00:04les impacts climatiques sont partout, sécheresse, inondations, cyclones.
00:10Et donc c'est vraiment primordial que la COP27, qui aura lieu en Égypte, dans un pays africain,
00:16qui représente aussi les communautés les plus impactées par le changement climatique
00:21et qui pourtant en sont les moins responsables,
00:24il est impératif que cette COP puisse répondre aux impacts.
00:34Cette COP, pour nous, elle doit vraiment permettre de mettre au cœur des négociations
00:37la question des impacts climatiques et puisse réellement avancer sur les sujets
00:42comme l'adaptation au changement climatique, comme la finance climat,
00:45donc la finance qui va des pays du nord vers les pays du sud pour les aider dans leur transition
00:50écologique,
00:51et sur la question épineuse des pertes et préjudices,
00:54qui sont en fait les conséquences irréversibles du changement climatique.
00:57Donc une fois que la catastrophe est arrivée, une fois que l'inondation a eu lieu par exemple,
01:02comment est-ce qu'on aide les communautés impactées à se remettre de ces catastrophes
01:08et d'y apporter une réponse,
01:09puisqu'aujourd'hui c'est entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes dans le monde
01:13qui vivent dans des zones vulnérables au changement climatique.
01:20Donc l'accord de Paris, ça a été signé en 2015.
01:23Donc l'idée, c'était que tous les pays se sont mis d'accord pour limiter le réchauffement de la
01:27planète à 1,5 degré.
01:30Donc ça veut dire réduire ces émissions de gaz à effet de serre.
01:33Et donc forcément, les pays qui sont les plus émetteurs,
01:37et pas seulement maintenant, aujourd'hui, mais historiquement,
01:39par exemple, si on prend le cas de la France,
01:41c'est le 12e émetteur mondial.
01:43Aujourd'hui, c'est moins de 1% des émissions,
01:45mais ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas un énorme rôle dans les émissions de gaz à
01:50effet de serre.
01:51Donc l'idée, c'était vraiment que tous ces pays-là s'engagent à réduire leurs émissions
01:54pour limiter le réchauffement de la planète.
01:566 ans, 7 ans après, on voit que les émissions continuent d'augmenter.
02:01La seule baisse qui a eu était liée à l'arrêt de l'économie pendant l'épidémie de Covid.
02:06Et que les pays tardent, notamment les pays riches, les pays responsables,
02:11tardent à décarboner leurs économies, à réduire leurs émissions,
02:14et rechignent aussi à donner de l'argent aux pays les moins émetteurs,
02:19aux pays du Sud, donc la majorité des pays du continent africain,
02:23du continent asiatique, de l'Amérique latine,
02:25des petites îles du Pacifique, par exemple,
02:28qui sont vraiment menacées dans leur existence même par ces impacts climatiques.
02:33Donc on en est à un stade où vraiment les impacts se multiplient,
02:38s'intensifient, touchent toutes les régions du monde.
02:40Elles touchent aussi la France, touchent aussi l'Europe.
02:46Nous, on déplore énormément qu'au fur et à mesure des années,
02:49les COP, ça devienne en effet des espaces qui sont envahis par le secteur privé.
02:53Un secteur privé qui...
02:55Enfin, souvent des entreprises du secteur privé qui sont polluantes,
02:57qui contribuent à la crise climatique,
02:59et qui du coup se délestent de leurs responsabilités
03:02en se faisant passer pour des acteurs environnementaux et pour des écolos en fait.
03:09Et du coup, nous, on déplore totalement parce qu'on pense que ça en va de la crédibilité des COP,
03:13que ces espaces-là soient préservés des intérêts des entreprises privées polluantes,
03:18qui clairement ont un intérêt au statu quo,
03:21ont un intérêt à des objectifs climatiques les moins ambitieux possibles.
03:25Et on voit vraiment dans la COP qui a lieu là avec la présidence égyptienne
03:29qu'en effet, les sponsors, que ce soit Coca-Cola, que ce soit Microsoft,
03:33sont clairement des entreprises qui sont loin d'être vertueuses sur le plan climatique.
03:37Donc on appelle vraiment à réguler l'implication en fait des sponsors
03:43et notamment de choisir des sponsors alignés avec l'urgence climatique,
03:47en tout cas dont les actions contribuent à réduire la crise et non pas à l'augmenter,
03:52et à augmenter la place de la société civile
03:55et notamment des communautés impactées par le changement climatique
03:57dans les espaces de négociations internationales.
04:04On voit que l'argent existe et que c'est avant tout une volonté politique
04:07de décider si on le taxe ou pas.
04:10Et donc là, selon un rapport qui vient de sortir tout juste
04:14et qui est soutenu notamment par CARE, par Oxfam et par d'autres,
04:17on met en avant le fait qu'entre 2000 et 2019,
04:21l'industrie du secteur fossile a engrangé des profits suffisamment élevés
04:27pour couvrir 60 fois le coût des pertes économiques liées au climat
04:32qui ont été subies par 55 des pays les plus vulnérables au changement climatique.
04:36Donc cet argent, il existe.
04:38Il existe du côté des énergies fossiles,
04:40on peut taxer l'extraction des énergies fossiles,
04:43on peut taxer le secteur des émissions du secteur aérien et du secteur maritime
04:47qui ne font pas partie de l'accord de Paris.
04:50On peut mettre en place une taxe sur les transactions financières.
04:54La France l'a fait.
04:55Ce serait intéressant qu'elle puisse porter ce modèle-là auprès d'autres États
04:59parce qu'on sait que les besoins en termes de financement
05:02pour aider les pays du Sud,
05:03que ce soit pour réduire leurs émissions, pour s'adapter
05:05ou pour faire face aux pertes des dommages,
05:07vont être absolument faramineux.
05:09Et on sait que cet argent, on peut le trouver du côté notamment du secteur privé.
05:14Il ne s'agit pas d'aller déshabiller Pierre pour habiller Paul,
05:18notamment aller prendre dans l'enveloppe des 100 milliards
05:19qui de toute façon pour l'instant n'a même pas encore été complètement rempli.
05:23Donc il faut trouver des financements nouveaux additionnels.
05:31En tout cas, une prise de conscience de plus en plus forte
05:33de la part des citoyens de cet enjeu climatique
05:36qui notamment était remontée lors des élections présidentielles
05:39comme un enjeu majeur pour les électeurs et les électrices.
05:42Et en même temps, une incompréhension du fait que, par exemple,
05:46un pays comme la France a été doublement condamné pour inaction climatique
05:51alors même qu'il se présente comme champion de l'action climatique
05:55à l'échelle internationale.
05:57Donc les Français, bien sûr, ont envie de contribuer à cette transition.
06:03Donc on parle beaucoup des petits gestes, de la sobriété.
06:06C'est important, les petits gestes, mais c'est avant tout un cadre politique
06:10qui est évidemment nécessaire.
06:14Donc sur tout faire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre
06:16et notamment rehausser l'objectif français
06:18qui est pour l'instant de seulement moins 40% d'ici 2030.
06:21Il va falloir que la France s'aligne notamment sur l'objectif européen
06:24de moins 55% et puis s'adapter.
06:28Et ça, il y a un rapport très intéressant qui est sorti juste avant l'été
06:31qui dit que la France devrait investir au moins 2,3 milliards d'euros par an
06:36pour adapter le pays, notamment en renforçant les systèmes d'isolation
06:43des bâtiments qui accueillent du public, les écoles, les EHPAD,
06:48aider les ménages les plus précaires à rénover, isoler thermiquement leurs maisons.
06:54Donc voilà, il y a énormément à développer des plans de mobilité douce,
06:59que ce soit dans les villes, mais aussi dans les zones rurales.
07:03Donc il y a énormément de choses à faire, à la fois au national et à l'international.
07:10En 2009, déjà à Copenhague, les pays s'étaient entendus sur un rythme
07:14de 100 milliards de dollars par an qui n'a jamais été atteint.
07:16En 2020, on était sur 83 milliards, mais en plus des financements
07:21qui sont souvent faits sous la forme de prêts qui contribuent à endetter
07:23en fait certains États et avec des co-bénéfices, ce qu'on appelle
07:27les co-bénéfices climat, c'est-à-dire la part climatique de projets
07:30de développement qui est souvent surévaluée.
07:32Donc ce qu'on attend, c'est davantage de qualité dans ces financements climat,
07:35mais également un rehaussement de l'ambition en termes monétaires,
07:39puisque par exemple l'ONU est très claire sur le fait que d'ici 2030,
07:45on aurait un besoin de 150 à 300 milliards par an,
07:49rien que pour l'adaptation dans les pays en développement.
07:51Aujourd'hui, on est plus sur quelque chose de l'ordre de 30 milliards,
07:54donc on voit bien qu'il y a un enjeu d'augmenter significativement
07:57ces financements climat, et également d'inclure un mécanisme dédié
08:01à ce qu'on appelle les pertes et dommages, c'est-à-dire en fait
08:03les conséquences irréversibles du changement climatique,
08:05qui créent des inondations, des sécheresses terribles,
08:08et pour lesquels les pays en développement sont souvent peu armés
08:11et disposent de peu de marge de manœuvre.
08:13Et donc on appelle de nos voeux un mécanisme dédié de financement
08:16pour les pertes et dommages à cette COP27.

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