Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Alors qu’Oxfam révèle que les inégalités de genre touchent particulièrement le milieu agricole, l’Humanité est partie à la rencontre d’Yseult Delgeon, agricultrice en Ile-de-France.

Ses mains protégées du froid glacial par ses gants, Yseult Delgeon découpe les feuilles abimées de ses poireaux. Elle l’admet : « Je viens d’un milieu privilégié de l’agriculture ». Sa production est Bio, domaine du milieu agricole dans lequel les femmes sont surreprésentées. Pourtant, selon un rapport Oxfam paru ce mercredi 1er mars, et intitulé « Les inégalités sont dans le pré », les femmes sont sous représentées et désavantagées dans l’agriculture. Parmi les agriculteurs actifs de France métropolitaine, on retrouve 29% d’agricultrices seulement, qui gagnent en moyenne 29% de moins que leurs homologues masculins. Un écart de salaire d’un quart supérieur à la moyenne française des inégalités salariales liées au genre.

Mais sur l’exploitation que co-gère Yseult Delgeon avec Boris Canal à Saint-Augustin (Seine-et-Marne), pas question de discrimination liée au genre. Ici, on embauche ceux qui veulent travailler pour une agriculture responsable et respectueuse de la terre. La taille et la carrure ne comptent pas, seuls sont requis sur le CV : les compétences, l’envie de travailler et la capacité à « prendre soin des légumes ».

Abonnez-vous à l'Humanité 👉 https://abo.humanite.fr/2243

📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ !
Retrouvez tous nos articles sur 👉 https://www.humanite.fr/
Notre page Facebook 👉 https://fr-fr.facebook.com/humanite.fr/
L'Humanité est aussi sur Twitter 👉 https://twitter.com/humanite_fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:04Selon un rapport Oxfam paru aujourd'hui sur les inégalités de genre dans le milieu agricole,
00:08les femmes y sont sous-représentées et désavantagées. Seulement 29% d'agricultrices
00:13pour 29% de salaire en moins, soit un quart de plus que la moyenne des écarts de salaire en
00:17France. Alors aujourd'hui l'humanité est partie à la rencontre d'Iseult, agricultrice en Ile-de-France.
00:33Ça fait six ans que j'ai changé de métier. Avant j'étais sage-femme à l'hôpital public. Je
00:38cherchais un autre métier pour qu'il fasse sens pour moi et d'un point de vue personnel je commençais
00:43à m'intéresser au réchauffement climatique, à me rendre compte en fait de tous les liens de l'alimentation
00:50dans beaucoup de problèmes de société. Mais à ma petite échelle en fait je ne pourrais pas non
00:55plus dire que j'ai été discriminée à des moments où vraiment le fait d'être une femme ça m
01:01'a pesé.
01:21Quand je suis arrivée ici en stage donc c'était une de mes premières expériences en maraîchage,
01:27ma première idée c'était de me dire je vais tester parce que j'ai l'impression que c'est
01:32un métier qui
01:33pourrait me plaire mais par contre je suis sûre que j'y arriverai jamais parce que je suis une femme
01:37et
01:38parce que je suis petite en plus. Et là en fait j'ai l'impression que c'est pas le
01:42facteur vraiment
01:43limitant. Il y a une différence de force physique sûrement avec un homme quelqu'un de plus grand mais
01:50bon je pense pas que ce soit le plus limitant en fait. Je sais qu'ici Isolde et Boris qui
01:55sont
01:55associés ils se tirent le même salaire. Pour les salariés ici il n'y a pas du tout de différence.
02:02Toujours selon le rapport Oxfam intitulé les inégalités sont dans le pré, les femmes sont
02:06sur-représentées dans les pratiques agricoles durables. L'élevage extensif, circuit court ou comme ici le bio.
02:11Aujourd'hui dans le bio il y a du bio un peu ce qu'on appelle industriel et du bio
02:15quand même plus à taille
02:16humaine et je pense que c'est pour ça qu'il y a plus de femmes dans le bio que
02:20dans le reste de
02:21l'agriculture ce qui est l'agriculture conventionnelle parce que il y a quand même pas mal de ce qu
02:26'on
02:26appelle le care, prendre soin des légumes, passer beaucoup de temps à faire des tâches de care et
02:31c'est vrai que même dans les fermes où il y a beaucoup d'hommes il y a certaines tâches
02:36qui sont
02:37toujours réservées aux femmes et on n'en sort pas forcément avec l'agriculture biologique.
02:41On est plus sur des petites surfaces, moins de mécanisation, plus de temps passé à s'occuper des légumes.
02:48Je pense que c'est pour ça qu'il y a beaucoup de femmes et beaucoup de ventes directes aussi,
02:51de liens avec le consommateur. On nourrit des gens et ces gens nous parlent, c'est très concret.
02:56Malgré tous les stéréotypes qui existent, tout ce qu'on a mis dans notre tête, quand on est une femme
03:01on
03:02s'identifie bien à l'agriculture biologique. Il y a quelque chose quand même dans ce métier qui est
03:05prendre soin et prendre soin bah pour moi ça devrait être l'affaire de tous. Or dans notre société c
03:10'est
03:10plus l'affaire des femmes. Aussi bien donc mon associé et moi, si on travaille bien aussi ensemble c'est
03:16qu'on l'a ce côté voilà on veut que les légumes soient beaux, on veut que la terre soit
03:21belle,
03:21on veut en prendre soin. C'est vraiment je pense une manière de penser qui devrait se répandre,
03:26prendre soin de ce qu'on a comme prendre soin de la planète.
03:43Nous ce qui nous motive ici c'est entre autres, être aussi sur des rapports humains qui soient justes en
03:51fait.
03:52Voilà encore une fois, que ce soit sur la question du genre ou toute autre question, enfin voilà on essaie
03:56d'être normalement sur des rapports entre personnes qui ne soient pas basées sur la domination en fait
04:03et justement qui soient basées sur l'échange donc c'est ce qu'on essaie de mettre en place ici
04:06et je pense
04:06qu'effectivement plus ce sera vrai partout, mieux ce sera quoi.
04:10Dans l'exploitation d'Isolt et Boris, pas de place pour les stéréotypes de genre. Ici les valeurs d'égalité,
04:15d'échanges et de partages ainsi qu'une même vision de l'alimentation et de l'écologie sont les seuls
04:20critères déterminants
04:21pour le recrutement de nouveaux collaborateurs.
04:22Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Recommandations